Administraaaâââtion

Dix-huit mois ne s'étaient pas encore écoulés depuis le début de notre collaboration et ce bénéficiaire d'un monopole public commençait à me signifier qu'il ne s'intéresserait qu'à des tranches de travaux suffisamment rémunératrices pour lui.

Voici en effet l'excellent projet préparé par un très bon artisan qui, lui, avait consacré du temps pour y réfléchir. Il s'agissait alors d'aménager le futur "bureau-bibliothèque-de-mes-rêves", déjà en style Louis XVI, au rez-de-chaussée du bâtiment Nord (dans l'espace dévolu actuellement à la future cuisine).
(Et désolé pour mon insuffisante maîtrise du scanner quand il s'agit de reproduire des documents de grand format) :







J'avais voulu intéresser à ce projet ledit bénéficiaire de ce monopole légal :


Voici la réponse que je m'étais attirée, bien loin de mes souhaits mais ô combien révélatrice du fossé qui allait s'élargir entre nous et que, trop longtemps, je voulus ignorer, tant il est vrai qu'un passionné de vieilles pierres aux moyens financiers limités n'a pas la même échelle de valeurs qu'un mercenaire :


Je mets ce message en ligne ici pour rendre hommage à Pascal BRESSON et pour inviter l'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" à ne pas hésiter à s'inspirer des dessins de cet artisan pour l'exécution de ma commande ; donc, dès que nous aurons résolu la question préalable, en cours d'examen, du parti à retenir pour le plafond du 1er étage du colombier ; à ce dernier sujet, on sait que, là comme ailleurs, je ne saurais me satisfaire des horreurs des années 1950.
La relation semblait pourtant partir sur de bonnes bases. Je signalais ce que j'observais et qui me paraissait présenter de l'intérêt et mériter une réponse rapide et l'architecte réagissait utilement. Ainsi, lorsqu'il me convainquit, en liaison avec l'entreprise BODIN qui opérait sur le chantier, de ne pas substituer telles quelles au dallage du seuil piétonnier de la cour les belles dalles de granit auxquelles je pensais (reliquat des travaux qui venaient d'être réalisés, à ma grande satisfaction, au rez-de-chaussée de la cage d'escalier du logis) :


Finalement, et ainsi que ce site doit le rapporter quelque part, nous décidâmes de maintenir inchangé l'ancien niveau de la cour (identique à celui de l'avant-cour), donc de tailler des escalopes dans mes belles dalles et de les poser à la chaux au-dessus de l'ancien seuil.

Je raconte tout ceci ici car cela peut être utile à l'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" dans son dialogue, dont je lui laisse bien volontiers la charge et même le monopole, avec le service régional d'archéologie alerté par mon "officier traitant", tant cet honorable fonctionnaire paraissait horrifié par ce qui, à le suivre dans son réquisitoire, pourrait être, par un chef manquant d'un minimum de discernement, qualifié ni plus ni moins que d'exactions (tu parles !) de ma part (je lui souhaite de n'avoir que des paroissiens aussi dévoués que moi à leur monument), ainsi que je l'ai compris quand il m'a été soufflé dans les bronches le 7 février dernier.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 17 Mai 2020
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Charpente-couverture - Aile "de la belle-mère"
0
Il avait parfois été possible de dialoguer utilement, comme à l'occasion de la préparation d'un rapport administraaaâââtif de plus sur la restauration de la charpente et de la couverture du colombier :


Et le fait est que, s'il est une chose que fait remarquablement cet architecte du patrimoine, c'est torcher des rapports qui ont tout pour plaire à l'administraaaâââtion : c'est abondant, intéressant, bien rédigé, en résumé de quoi valoir de bonnes notes à n'importe quel concours administraaaâââtif.

Du point de vue du maître d'ouvrage, ça peut néanmoins être frustrant, comme ici avec le refus d'examiner au fond la question pourtant signalée d'une éventuelle similitude, à l'origine, des charpentes du colombier et de la tour Louis XIII.

Voici néanmoins le document dont méritent, en tout état de cause et avec le recul de cinq années, d'être retenus les plans et diverses photos sur l'état pitoyable avant la restauration entreprise :

En bonne logique administraaaâââtive de l'emmerdement maximum, l'étude préalable (pardon, il faut désormais dire, la loi ayant encore changé, "étude de diagnostic") consacrée par Benoît MAFFRE aux menuiseries extérieures du logis ne suffisait pas bien qu'elle ait reçu l'imprimatur des meilleurs experts :


Il fallait encore déposer, entre autres, une demande d'autorisation de travaux... :

... à laquelle était joint un nouveau rapport, comme si le précédent n'avait pas suffi.
Donc re-paperasses :


Tout cela pour aboutir à ceci :


Et ce n'en était bien sûr pas fini, ainsi que ce site le relate par ailleurs.

La preuve ? La première menuiserie de la première tranche de cet intéressant programme n'est toujours pas posée à ce jour. Et les ouvertures correspondantes continuent à attendre le bon vouloir des uns et des autres derrière leurs fermetures provisoires en feuille de plastique.

Mais ça, oui, on en a pondu de la paperasse !
Quelle existence passionnante !

Ainsi au moins peut-on espérer avoir enfin un jour tout fait dans les formes auxquelles veille une si scrupuleuse administraaaâââtion.

Et si encore les décisions que l'on voudrait m'imposer me convenaient ? Mais pas du tout, comme je l'ai expliqué mille fois. Je vais ainsi me retrouver, parce que le titulaire d'un monopole légal au caractère de cochon et de surcroît mal contrôlé n'a jamais voulu écouter mes arguments pourtant très sérieux, avec une porte principale du logis qui m'aura coûté un bras et qui, après ce ratage manifeste, au moins à mes yeux, de tous ces très éminents correspondants, me restera en travers.

Faites-moi confiance sur un point : on n'a pas fini d'en entendre parler !
(C'est en tout cas mon sentiment à cette heure).
Cet architecte du patrimoine qui a fini par me planter avec mon chantier avait néanmoins de belles qualités, outre celle de pondre de volumineux rapports qui plaisent tant à l'administraaaâââtion.

Ainsi, relisant, dans le cadre de cet exercice fascinant, toutes les pièces des dossiers qui lui sont consacrées (encore un et demi à écluser à cette heure), je lui reconnais un excellent suivi de chantier grâce, notamment, à ses compétences techniques, réelles et importantes, et à sa capacité, très appréciable mais hélas très rare dans sa corporation et selon mon expérience, à produire rapidement des comptes rendus de chantier très bien faits à tous égards.

De plus, d'après ce que m'a dit l'excellent Franck LIEGEAS, il sait peser sur la facturation des entreprises, dans l'intérêt des maîtres d'ouvrage, d'une façon dont Franck se souvenait encore plusieurs années après les faits. Cela aussi est très rare selon moi.

J'écris ceci ici pour rappeler que je me veux objectif dans mes appréciations, quelles qu'elles soient et à toutes fins utiles.
Voici donc cette fameuse porte qu'au mépris de tous les arguments historiques ou de bon sens que j'ai rappelés, l'on voudrait m'imposer pour l'entrée principale du manoir favori :


Malgré mes meilleurs efforts, je n'arrive toujours pas à m'y faire : je la trouve incongrue à cet endroit ; elle ne correspond ainsi pas à mon goût, donc à mon souhait.
Il est 6 heures 30 du matin, j'arrive au terme du pensum que je m'étais imparti avant que l'architecte du patrimoine n'arrive, vers 11 heures, au manoir favori afin de poursuivre sa "mission n°2".

Je m'offre le plaisir de terminer cette revue en apothéose, avec la mise en ligne des documents qui ont clos ma relation avec un bien pénible titulaire du monopole légal en question.

Le coup est arrivé lors d'une rencontre sur place, en présence de mon "officier traitant". J'avais rendu compte de l'incident sur le site favori en un message que ledit fonctionnaire m'avait demandé de retirer parce que la photo de sa silhouette y apparaissait à deux endroits. Voici donc ledit message dont j'ai pris le soin de faire disparaître les photos incriminées sur le tirage-papier que je viens de scanner :


Et voici les derniers échanges qui m'ont valu, selon toute vraisemblance, d'être ni plus ni moins que black-listé longtemps par les dignes représentants régionaux de ladite corporation ; un haut-fonctionnaire retraité du ministère de la culture, mandaté à cet effet par mes soins, aura échoué à faire lever ce sympathique veto :


Comme on le constate ici une nouvelle fois, je n'ai pour ma part rien à cacher. J'espère que cela évitera à d'autres les impasses que j'ai explorées.

Je conclurai mon envoi en adressant une nouvelle fois de vifs et chaleureux remerciements à Arnaud PAQUIN, architecte du patrimoine mais, avant tout, gentleman, pour avoir eu le cœur de me sortir d'un aussi incroyable pétrin.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 19 Mai 2020
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Plomberie-chauffage - Bâtiment Nord
0
L'entreprise "ERMENEUX" est en train de remplir de fuel la cuve qui alimente la vieille chaudière de l'arrière-cuisine. Il y en aura pour 2 000 litres :

19 mai 2020.

2 000 litres, cela représente un peu moins de deux ans de chauffage de mes 65 m2 habitables actuels.

Deux ans, j'imagine que c'est le temps qu'il faudra pour "purger" mes dossiers de toutes les autorisations administraaaâââtives que j'ai demandé à l'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" de recueillir avant de relancer les travaux lourds.

Autrement dit, j'anticipe que, pendant deux ans encore, on devra perdre notre temps à peigner la girafe avec l'efficacité cent fois constatée, avant que les dernières paperasses, notamment celles qui m'ont été réclamées le 7 février dernier, ayant reçu les derniers coups de tampon réputés indispensables, on puisse enfin passer aux choses sérieuses. En particulier, aménager le rez-de-chaussée du bâtiment Nord, donc virer cette vieille chaudière.
Je pense avoir retrouvé, dans l'un des derniers dossiers compulsés, le nom de l'architecte qui aurait commis les plans des travaux des années 1950 :


On comprend ainsi que le conseiller général de l'Orne (canton de Passais) faisait appel aux services de l'architecte qui avait reconstruit Flers. Et l'on n'est guère surpris que le ciment n'ait pas manqué par ici aussi.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 20 Mai 2020
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Peinture - Bâtiment Nord
0
A la lumière du jour, j'ai du mal à me faire à cette couleur :

20 mai 2020.

J'aurais préféré quelque chose qui flashe mais Carole a choisi cette eau tiède et n'en démord pas :

20 mai 2020.

Emmanuel LESCUYER ponce la porte d'entrée du bâtiment Nord dont le bas présentait de nombreuses gerçures :

20 mai 2020.

20 mai 2020.

20 mai 2020.

Il fait subir le même sort à la porte provisoire entre la cuisine et la salle-à-manger qui n'avait jamais été aussi bien traitée :

20 mai 2020.

20 mai 2020.

Mais puisque c'est là du provisoire qui risque de devoir durer encore un moment...
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 20 Mai 2020
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Peinture - Bâtiment Nord
0
Travail de l'après-midi :

20 mai 2020.

Et nous n'en sommes qu'à la première couche :

20 mai 2020.

20 mai 2020.

Ce "rouge Vauban" fabriqué par Emmanuel LESCUYER me plaît beaucoup pour le manoir favori :

20 mai 2020.

20 mai 2020.

20 mai 2020.

Je reprochais à la peinture précédente d'avoir fané trop vite et d'avoir de plus tourné au violet. Là, mes vieilles pierres vont prendre un coup de fouet bienvenu :

20 mai 2020.

20 mai 2020.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 24 Mai 2020
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Peinture - Bâtiment Nord - Fournil du manoir
0
Emmanuel LESCUYER ("Mr SPOON" pour un des ses clients Anglais) aura passé la semaine à poncer des menuiseries et à y passer la première couche de peinture.

Il fabrique lui-même ses couleurs. Son travail est impeccable...

21 mai 2020.

... et je trouve son "rouge Vauban" du plus bel effet :

21 mai 2020.

21 mai 2020.

21 mai 2020.

21 mai 2020.

En ce qui concerne son "bleu charron" du fournil du manoir, il est prévu qu'il renforce l'outremer pour la seconde couche ; celle-ci l'occupera, là et ailleurs, la semaine prochaine :

22 mai 2020.

22 mai 2020.

22 mai 2020.

22 mai 2020.

22 mai 2020.

22 mai 2020.

Il remet également en beauté les volets intérieurs du fournil que j'avais choisi de laisser bruts :

22 mai 2020.

Mastic avant la seconde couche :

25 mai 2020.

25 mai 2020.

25 mai 2020.

25 mai 2020.


Voici la marque de peinture (norvégienne) qu'utilise Mr SPOON pour le rouge Vauban :

25 mai 2020.


Pour la peinture tilleul et pour le bleu charron, c'est lui qui fabrique ses mélanges.

Passage de la seconde couche :

25 mai 2020.


Et, bien sûr, Guguss a voulu participer au travail :

25 mai 2020.

Il a l'air malin, notre loïde !