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Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 31 octobre 2019
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Annonces - Dans l'Orne
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Soucieuse de récupérer un meilleur usage de ses jambes grâce à des soins de kiné intensifs, ma mère avait émis le souhait d'un retour à la "Résidence du Parc" à Bagnoles où elle avait été si bien traitée l'an dernier. Grâce, j'imagine, à sa crédibilité dans le corps médical, ma sœur avait réussi à lui retrouver une place dans cet établissement.

Mais ma mère vient de renoncer à déménager une nouvelle fois, même pour un bref séjour. Et cela se comprend. Ma sœur cherche donc désormais un nouveau kiné qui lui viendrait en aide à Alençon plus efficacement que l'actuel, si possible.
La bonne nouvelle du jour est une grande nouvelle pour notre chantier favori : il s'est tenu aujourd'hui, à la Chaslerie, une réunion de chantier normale ! Cela fait plus de deux ans et demi que ce n'était pas arrivé.

M. LESCROART était présent, en sa qualité d'assistant du maître d'ouvrage, ainsi que Sébastien LEBOISNE, le menuisier, et Robert HOGUE, le ferronnier. La conservation régionale était représentée par mon interlocuteur habituel et favori, grand expert en matière de menuiseries extérieures (j'observe que son site internet - un travail de bénédictin très réussi - a beaucoup évolué depuis ma dernière visite qui doit remonter à deux ans, de mémoire). La nouvelle architecte du patrimoine (celle recommandée par Arnaud PAQUIN ; elle m'a demandé de ne pas citer son nom) nous a présenté ses dessins et a dialogué devant moi avec les artisans et les autres participants. Ces débats étaient très techniques et ont permis de régler tous les problèmes relevés.

Il m'a été posé quelques questions, notamment de savoir si les impostes des fenêtres (toutes au rez-de-chaussée du logis) devraient être ouvrables ou non ; j'ai répondu que oui, afin de faciliter le lavage des vitres. De même, j'ai demandé qu'il n'y ait pas de volets intérieurs aux fenêtres de la cage d'escalier, sauf à celle du rez-de-chaussée (donnant sur les jardins).

Ont ainsi été passées en revue toutes les fenêtres des tranches 1 et 2 de la restauration des menuiseries extérieures du logis mais aussi les lucarnes du colombier (mon idée de donner à la lucarne Sud un aspect évoquant l'ancien usage du lieu a été retoquée) et des écuries.

A propos des menuiseries métalliques des meurtrières, j'ai rappelé qu'à ma connaissance, il n'y avait dans le secteur qu'un artisan capable de les réaliser, la S.A.R.L. PICARD. M. HOGUE m'a signalé qu'Alexandre GURY, déjà intervenu de façon très satisfaisante à la Chaslerie en relais de Roland FORNARI, saurait également traiter cette question.

La réunion s'est poursuivie par une visite du chantier car seront également restaurées par cette nouvelle architecte du patrimoine et ces artisans :
- la porte entre l'arrière-cuisine et l'arrière-cour, qui sera d'un modèle fortement inspiré de celui de la porte du logis sur la terrasse, cette dernière telle que magnifiquement restaurée par Pascal BRESSON en 2014 sous le contrôle de Benoît MAFFRE ; j'ai toutefois demandé qu'y soit incorporé un judas ;
- la porte extérieure du 1er étage de la tour Louis XIII ; à cet endroit, la porte actuelle, qui est mourante et déjà très bricolée, sera remplacée par une nouvelle porte à dessiner
- et, bien sûr, la porte principale du logis ; à ce propos, toutes les hypothèses ont été envisagées et il est finalement prévu que le linteau ne devrait pas être abaissé et que l'architecte proposera de nouveaux dessins, sans doute d'une porte à deux battants comme actuellement ; la barre de porte sera restaurée mais n'aura pas de nécessité fonctionnelle.

Je signale que, si le heurtoir acheté dernièrement aux enchères à Vire a beaucoup plu à l'ensemble des participants et a été déclaré digne d'orner la porte principale du logis, les targettes, achetées à la même vente, ont été jugées trop volumineuses pour la porte entre l'arrière-cuisine et l'arrière-cour et plutôt proportionnées à une porte cochère (avis aux amateurs, je suis donc prêt à les céder).

Enfin, la restauration des "poutres pourries" au premier étage du logis a été évoquée, pour laquelle il est prévu une restauration à l'identique qui serait subventionnable au titre des monuments classés.

A noter que, lors de la visite du salon, il m'a été demandé tout particulièrement de ne rien y entreprendre sur les boiseries intérieures avant d'avoir sollicité et obtenu le feu vert de la D.R.A.C. Utile rappel pour moi car on se souvient que, dans le cadre de la mise en place espérée du chauffage par le sol, j'envisageais de faire disparaître ces boiseries qui m'ont toujours semblé de mauvaises qualités de matériaux, d'inspiration et d'exécution, ne serait-ce que parce qu'elles font partie des travaux réalisées par mon prédécesseur des années 1950, travaux que j'ai de longue date pris en grippe, à juste titre selon moi. La nouvelle architecte du patrimoine est au contraire d'avis qu'il faut se demander si ces menuiseries ne mériteraient pas d'être sauvées, quitte à y envisager d'assez importantes modifications, comme sous les fenêtres ou en matière de logements des volets intérieurs. J'ai conclu cette partie du débat en disant que, de toutes façons, j'entendais laisser ce choix à la charge de mes successeurs, non sans ajouter qu'en tout état de cause, Carole sera heureuse que ces boiseries soient, au moins dans l'immédiat, mises à l'abri de ma furie restauratrice (je rappelle à toutes fins utiles que ces boiseries proviennent d'un appartement du début de la IIIème République du quartier de la rue et du square de l'Alboni à Paris, dont mes prédécesseurs avaient hérité, avec beaucoup d'autres biens dans le même quartier, du fait de leur alliance avec les fameux (?) GOUPIL, bâtisseurs du mastoc château de Tessé-la-Madeleine, planté là en face du château de Couterne, et avec une tour de plus, pour des raisons bien connues de mes services).

Comme on approchait de deux heures de l'après-midi, j'ai emmené déjeuner à la pizzeria de Domfront ceux de mes hôtes qui en avaient encore le temps. Nous y avons agréablement devisé de sujets divers, notamment des derniers propos du général GEORGELIN qui, comme on pouvait s'y attendre, émeuvent beaucoup et même révoltent les professionnels du patrimoine, toutes catégories confondues.

P.S. (à 9 heures) : Je m'aperçois que l'architecte a laissé à ma disposition, dans la cuisine (ou la pièce en faisant fonction) de notre manoir favori, un jeu des plans et dessins qui ont été étudiés hier. Je l'en remercie. Bien que le papier en soit de grandes dimensions, je tâcherai d'en scanner des morceaux afin de les mettre en ligne, ceci aux simples fins habituelles de documentation.

P.S. 2 (à 10 h 30) : J'ai omis de consigner que j'ai entraîné mes hôtes sous les combles de la tour Louis XIII. Ils ont pu y constater que les lucarnes et leurs alentours, bien que restaurés dans les années 1970 (très mal de mon point de vue), auraient besoin d'être changés.

De façon plus générale, il y aurait lieu de traiter, au-delà des lucarnes, toutes les ouvertures de l'aile Ouest. De quoi nourrir des tranches 4 et 5 de restauration des menuiseries extérieures de notre manoir favori. A ce stade de nos rapports, je pense que l'architecte du patrimoine venue hier présente toutes garanties de savoir prendre en charge cela aussi de la meilleure façon.