Transmission du patrimoine

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 2 mai 2018
Désultoirement vôtre ! - Transmission du patrimoine - Références culturelles
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Au déjeuner d'hier, j'ai remarqué que la conversation s'animait quand ces jeunes gens évoquaient ce que j'appelle leur frénésie de consommation, par exemple leur prochaine semaine de vacances au bord de la mer.

(c) Frezh Burak.

Je me suis alors senti étranger au monde de mes hôtes et autres voisins de table. Ou même exclus de celui-ci. Donc conscient, une nouvelle fois, que j'avais échoué, malgré mes efforts, à transmettre une tout autre échelle de valeurs.
J'ai reçu cette après-midi la visite des mes amis Dominique et Maryvonne LEMAIRE, en transit entre la Bretagne et Paris.

3 mai 2018, la photo est ratée car il s'y est ajouté un effet, dit artistique, indésiré.

Je leur ai bien sûr montré l'état du chantier et Maryvonne, bien que membre du fan-club donc censée me lire, s'est étonnée que je ne me dépêche pas pour mettre à la disposition de mes petits-enfants des pièces propres à les héberger.

J'ai rappelé mes principales contraintes :
- la financière, désormais aiguë pour moi, d'autant que les toubibs, toujours prompts à ouvrir le parapluie et à faire tourner le compteur, me font passer toute une cascade d'examens plus perfectionnés les uns que les autres avant qu'une compagnie d'assurance-vie ne condescende à s'engager face à moi, préalable à l'octroi du crédit bancaire par ailleurs bouclé dans son principe,
- l'administraaaâââtive dans la mesure où, pour la bonne règle, tous les travaux que j'entreprends devraient faire l'objet d'autorisations dont les demandes sont toujours très longues et complexes à préparer et dont l'instruction se trouve d'autant plus longue et complexe également que je prétende y greffer des demandes de subventions,
- la fiscale, qui m'oblige à maintenir vaille que vaille un certain rythme de travaux,
- la difficulté d'organiser un chantier qui fait intervenir tant de corps de métier, notamment pour les salles d'eaux, alors que la disponibilité des bons artisans pose souvent problème dans le secteur,
- la grande difficulté du choix d'options de base, comme le mode de chauffage et l'emplacement de la chaufferie, alors que je dois me débrouiller, face à des plombiers prescripteurs, pour m'entourer de conseils de personnes à la fois compétentes et neutres.

Maryvonne m'a alors déclaré que je devrais néanmoins faire le maximum pour pouvoir bien accueillir mes petits-enfants.

J'ai confirmé que je ne pouvais aller plus vite mais que, si mes fils voulaient que j'accélère, il leur était toujours loisible, surtout l'aîné, de mettre la main au porte-monnaie sans conditionner ce geste par des exigences farfelues.

Maryvonne en a conclu que, dans ces conditions, mes descendants ne viendraient sans doute pas souvent à la Chaslerie de mon vivant.

J'ai répliqué qu'ils se leurreraient si, dans ces mêmes conditions, ils imaginaient pouvoir se rattraper ensuite.
Lors de nos débats d'avant-hier, mon aîné a contesté pour la première fois mon calcul selon lequel, avec les subventions que je lui avais obtenues, la tranche 1 de restauration des menuiseries extérieures du logis ne lui aurait coûté que 0,8 % de son prix. Il a mis en avant l'idée que lesdites subventions auraient été soumises à l'impôt, donc qu'il aurait dû en rendre à l'Etat 44,2 %.

Son calcul est exact si l'on considère que sa carrière de restaurateur de vieilles pierres devait s'arrêter juste après avoir financé cette tranche 1. Mais cette hypothèse est manifestement fausse, pour ne pas dire absurde.

J'en déduis donc que, sauf à supposer que ce fils est idiot, ce que j'exclus bien entendu, mon aîné a été, lors des échanges qui nous ont opposés, soit de mauvaise foi, ce qui me paraît envisageable, soit désireux de ne s'engager dans notre chantier favori que sur la pointe des pieds, au mieux, ce qui me semble correspondre davantage à un trait dominant de son caractère, bien connu de nos services. Sans doute avait-il déjà d'autres projets en tête lors du dernier clash, autrement plus attractifs à ses yeux. En effet, l'idée de se coller sur les bras, d'emblée, un aussi gros investissement immobilier que celui pour lequel il vient de toper à Paris ne doit pas dater d'hier, mais au moins de l'époque où il me menait la vie dure que l'on sait.

De façon plus générale, il est clair que j'affaiblis ma main en faisant part au jour le jour de mes intentions, surtout lorsque j'ai affaire à un interlocuteur aussi madré et apte à cacher son jeu. Mais, sur ce sujet, on ne me changera pas. A ce jour, tous ceux qui s'y sont essayé s'y sont cassé les dents, ici comme ailleurs. Cette franchise de ma démarche (d'aucuns diront cette connerie) explique sans doute une partie de l'intérêt de ce blog pour les tiers. Et j'y tiens.

De fil en aiguille, je pourrais évoquer ici l'idée à laquelle me fait penser, à propos de la mise en place du "prélèvement à la source", l'argumentation tordue de mon fils. Mais ce serait tout mélanger, donc je garde cette idée pour plus tard.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 20 mai 2018
Désultoirement vôtre ! - Transmission du patrimoine - Pouvoirs publics, élus locaux - Anecdotes
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Je viens de terminer ma déclaration de revenus en ligne. D'année en année, le formulaire est de plus en plus compliqué à remplir. Cette fois-ci, j'ai joint à ma déclaration le texte suivant :

(Début de citation)

D'après le "tableau des déductions à joindre à la déclaration des revenus 2017 (monument ouvert à la visite payante)" établi sur le modèle fourni par la "Demeure Historique", j'aurais dû pouvoir inscrire en case 6DD de ma déclaration un déficit déductible du revenu global de 12 290 €. Or je n'ai pas trouvé cette case lors de ma déclaration en ligne.

Accessoirement, je n'ai pas retrouvé les justificatifs de mes dons donnant droit à l'application de l'art. 200 du c.g.i. mais il y en a eu, ne serait-ce qu'en faveur de "Maisons paysannes de France", des "Vieilles Maisons Françaises", de la "Demeure Historique", etc.

(Fin de citation)

La dernière corvée de cette série, avant mon prochain départ en Sicile avec les "Amis du Houlme", consistera à mettre dans les circuits des assureurs qui me les ont réclamés tous les comptes rendus des examens médicaux que j'ai dû subir ces derniers temps. Devrait ensuite pouvoir être débloqué, par l'excellente agence de Flers de la Société Générale, l'emprunt de 250 000 € à 16 ans (j'en ai donc pris jusqu'à ce que j'atteigne 82 ans...) que j'ai dû solliciter pour couvrir les prochaines factures de travaux sur notre manoir favori.
Avant de partir, j'ai donné à Christian l'instruction de, prioritairement :
- couper l'herbe dans les "nouvelles terres" en veillant particulièrement aux plantations les plus récentes ;
- abattre le mur en parpaings qui, dans le bâtiment Nord, sépare l'ancienne cuisine et la chaufferie ; il me paraît en effet temps que nous nous rendions compte de ce que pourrait représenter une nouvelle cuisine de 9,60 m de long.