Charretterie

La lettre de Hugues HOURDIN aux deux architectes du patrimoine pressentis est partie hier.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : samedi 23 octobre 2021 10:27
À : "Cambérabéro"
Cc : Hugues HOURDIN ; (...) ; C. F.
Objet : RE: Pensées

Cher "Cambérabéro",

Vous mettez exactement le doigt sur la principale question soulevée par l'experte-comptable que le futur trésorier de la SVAADE et moi-même avons rencontrée avant-hier pour définir professionnellement les modalités opérationnelles définitives de l'intervention de l'association.

Imaginer que, malgré tous nos efforts et nos soins divers, variés et constants, nous n'arrivions pas à mettre en place un cadre "ad-hoc", respectueux de toutes les lois et de tous les règlements (qui prolifèrent dans ce pays) et coupant court de façon formelle aux appréciations malveillantes de mauvais esprits (qui ne manquent jamais, ni les premières, ni les seconds) voudrait dire que la politique régionale d'aide au patrimoine ne serait que de la poudre aux yeux pour les gogos, en Normandie sans doute mais aussi dans d'autres régions, voire dans toute la France.

Je vous le demande clairement : ceci vous semblerait-il envisageable ?

Amicalement,

PPF

P.S. : Maîtrise d'ouvrage, pas maîtrise d'œuvre, je fais, moi aussi et souvent, l'erreur...

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De :"Cambérabéro"
Envoyé : samedi 23 octobre 2021 10:11
À : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Objet : Pensées

Cher PPF,
Certaines nuits je pense à vous (oui, je sais, c'est bizarre).
Vous appréciez la franchise et les discussions sans circonvolutions, cela me simplifie la tâche de vous présenter la nature de ces pensées.
J'ai de plus en plus de mal à imaginer un modèle dans lequel la SVAADE, sous sa forme actuelle, puisse poursuivre efficacement ses deux objectifs : l'organisation de spectacles, et la restauration du lieu pour les accueillir. La bonne gestion du premier est un frein permanent à la réalisation du deuxième, surtout à cause de l'énorme déséquilibre des sommes engagées.
Inévitablement, des esprits suspicieux songeront que l'activité de l'association n'est qu'une façade pour financer sa réelle intention : rénover le manoir de PPF avec le maximum de subventions. Le montage de l'opération (bail avec l'association, transfert de la maitrise d’œuvre, but déclaré) ne contribue pas à lever ces doutes.
Parallèlement, des personnes pourraient rejoindre l'association, et son bureau, intéressés par son but artistique, mais étrangères à sa deuxième ambition par rapport à la Chaslerie, et s'en détourner. Ce serait bien plus simple d'organiser ces manifestations sans devoir se préoccuper de cet encombrant monument pas chauffé. L'énergie des débuts est soluble dans l'ampleur de la tâche.
Je n'ai pas toutes les connaissances du dossier, que vous avez nécessairement accumulées, pour juger de la réalité de ce qui précède, ni pour souffler un début de solution alternative. Il s'agit juste d'un avis sur l'impression, plutôt négative, que pourrait donner la SVAADE, vue de l'extérieur. En vous ôtant le poids de la maitrise d’œuvre du chantier, vous avez surtout peut-être gagné une nouvelle source de tracas.
Cependant, j'espère beaucoup me tromper, et que le chantier redémarre, que le manoir se retrouve rapidement dans un état où il serait durablement sauvé. Car pour l'instant, son bâti, sain mais brut, n'est pas à l'abri d'une récupération par un margoulin qui le transformerait en hôtel de luxe ripoliné.

Amicalement,

LG

(Fin de citation)

En complément de cet important échange, je voudrais couper court à des interprétations stupides que l'on voit fleurir en certaines occasions (dans le secteur, on avait vu cela lors de la mise en vente du manoir de la Saucerie et j'avais alors volé dans les plumes de l'auteur d'insinuations dont la presse locale s'était faite l'écho).

La restauration d'un monument historique comme la Chaslerie est tout sauf un exercice rentable. J'ai déjà fourni, via ce site, tous détails sur les données en cause. Les voici résumées :
- la Chaslerie m'a coûté à l'achat environ 3,5 MF en 1991, ce qui était alors le prix d'un appartement parisien ;
- sa restauration depuis trente ans m'a coûté plus de 4,5 M€ de mes fonds propres, désormais proches de l'épuisement, soit près de dix fois le prix d'achat ; les subventions et autres recettes perçues par moi au titre du manoir n'ont pas atteint au total 12 % du coût des travaux menés à bien ;
- au bout de trente ans de travaux, je n'y dispose, pour y vivre en résidence principale et y accueillir mes proches, que de 65 m2 habitables toute l'année ;
- la valeur marchande des bâtiments de la Chaslerie avait été estimée professionnellement il y a quelques années et confirmée par le fisc lors du "contrôle fiscal approfondi" dont j'avais fait l'objet ; elle serait peu différente du prix d'achat ; le fait que, pour les plus de 18 ans à venir, l'essentiel de la Chaslerie soit loué à une association indépendante des propriétaires est, à elle seule, de nature à casser encore la valeur marchande du bien dans l'hypothèse où il viendrait à quiconque l'idée de s'en séparer ;
- j'ai l'habitude de tenir tous mes dossiers en ordre donc serais à tout moment en position de fournir tous justificatifs de mes dires et prétentions.