Aile "de la belle-mère"

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Finalement, le linteau prévu du côté de la cuisine semble coller :

8 juin 2018.

8 juin 2018.

8 juin 2018.

Les feuillures sont à leur place :

8 juin 2018.

8 juin 2018.

Sébastien a fini de retailler le linteau du côté de la salle-à-manger :

8 juin 2018.

8 juin 2018.

8 juin 2018.

Entre les deux linteaux, nous ne reposerons pas de pièces de bois mais des dalles de granit d'épaisseur suffisante pour soutenir la maçonnerie à la terre du dessus :

8 juin 2018.

Le problème est que Sébastien n'a pas trouvé, dans mes stocks, de pierres de dimensions appropriées pour combler ce vide de 60 cm de large. Il faudra donc que Frédéric LEBON nous trouve le nécessaire, en taille et en couleur. En attendant, le chantier de cette porte est suspendu dans l'état suivant :

8 juin 2018.

Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit car j'étais inquiet d'entendre la pluie tomber si abondamment.

Et à 6 heures du matin, la pluie n'a toujours pas cessé et voici le spectacle que je découvre dans le salon de l'"aile de la belle-mère" :

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Il s'agit là du douzième dégât des eaux depuis le début de l'année, le quatrième depuis le début de juin !

(Les formes blanches sont des lits "Tréca Grand Impérial" qu'il n'avait pas été possible de mettre à l'abri à l'étage en raison de l'étroitesse de la trémie de l'escalier.)

P.S. (à 8 heures du matin) :

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Heureusement, Christian avait pris la précaution de surélever les literies. Eles ne devraient donc pas avoir été trop touchées (à vérifier).

Malgré les protections qui auraient dû empêcher l'eau de couler dudit salon vers la cuisine-provisoire-qui-dure, celle-ci est également inondée :

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Au moins cette fois-ci, les meubles de cette pièce, ayant été surélevés, n'auront pas souffert.
On sait que j'ai dû, ces derniers mois, négocier avec les banques de la place pour m'endetter sur la durée la plus longue possible, afin de m'aider à financer une partie du programme de restauration qui reste à mener à bien.

Compte tenu de mon âge et de ma situation, le montant envisagé pour ce crédit est de 250 000 € et je n'ai pas pu repousser l'échéance finale au-delà de ma 82ème année.

Cette négociation n'a pas été facile sur la place de Domfront, en dépit de la présence de 4 (au moins) établissements bancaires (dont celui qui tient mon compte principal) dans cette localité de moins de 5 000 habitants. Finalement, aucun des 3 consultés dans notre capitale favorite n'a été capable d'articuler quoi que ce soit qui corresponde à mon besoin et c'est avec la Société Générale de Flers que je devrais conclure.

Celle-ci a toutefois conditionné son offre à la présence d'une assurance-vie sur la durée du crédit. Aucune des banques consultées ne disposait dans son catalogue d'une offre d'assurance-vie adaptée. J'ai donc dû me débrouiller pour trouver un assureur-vie qui accepte de couvrir le remboursement du crédit au cas où je décéderais avant 2034. Grâce à mon courtier d'assurances favori, je suis entré en relation avec "Metlife".

Comme il est normal, "Metlife" conditionne à son tour son offre aux réponses à un questionnaire sur mon état de santé que voici :

Au 2(b) de ce questionnaire, je ne peux répondre affirmativement puisque, tous les soirs, le monde étant ce qu'il est, j'avale trois comprimés (un pour la tension, un pour le cholestérol et un pour la prostate).

Donc il fallait que j'aille faire remplir un questionnaire plus détaillé par mon médecin traitant :

En l'absence du Dr SCHONBRODT, je me suis fait ausculter hier par sa remplaçante (un médecin d'origine africaine).

Celle-ci m'a examiné autant que possible mais nous sommes tombés d'accord sur le fait que, sauf à vivre avec moi, elle ne saurait répondre à des questions sur ma consommation d'alcools ou de stupéfiants. En outre, il lui est demandé d'indiquer mon numéro de carte d'identité et elle trouve que ce n'est pas son rôle, ce que je ne saurais contredire. Ce questionnaire est donc bizarre.

Quoi qu'il en soit, j'ai appris que ma taille était tombée de 1 m 87 (mon souvenir) à 1 m 83. Diable !

Surtout, lors de l'examen, ma tension était à 14, y compris après repos. Donc j'excède la limite indiquée en la matière sur le questionnaire. Il paraît que le fait que je n'avais pas fermé l’œil la nuit précédente suffirait à expliquer cet écart.

Il est néanmoins possible que mes soucis habituels, causes de mes insomnies à répétition en général et de celle-ci en particulier, suffisent à ce que "Metlife" retire son offre.

Dans ce cas, je n'aurais guère de solution de rechange puisque je sais, depuis le début de nos débats familiaux de l'hiver dernier, que :
- Carole, qui refuse le principe que je m'endette à mon âge, n'accepterait vraisemblablement pas de s'endetter à mes côtés ou de me cautionner ;
- mon aîné, consulté à l'époque de ma négociation bancaire, avait immédiatement refusé de se porter caution en ma faveur.

On n'est jamais si bien servi que par les siens. La restauration des vieilles pierres prend parfois l'allure d'un chemin de croix.
J'avais souhaité une deuxième réunion de chantier, trois semaines après la première, non seulement parce que le compte rendu de celle-ci ne m'était toujours pas parvenu, mais surtout parce que je pensais qu'un tête-à-tête avec Arnaud PAQUIN serait utile pour préciser certains points qui m'avaient échappé lors des débats précédents avec les artisans. Et le fait est que cette seconde réunion aura été très utile pour moi.

Nous nous sommes tout d'abord rendus au 1er étage de la tour Sud-Ouest pour examiner, en présence de Christian, les désordres de la charpente, au-dessus du passage vers la salle dévastée. On se souvient qu'une sablière intérieure a tourné (ou avait été mal posée consécutivement à l'incendie de 1884) en avant du plan du parement. A son habitude (il avait fait la même chose il y a trois semaines, cette fois-là dans les combles du colombier), Arnaud PAQUIN, a escaladé la charpente tel un singe (avantage de n'avoir que 40 ans)...

12 juin 2018.

... et s'est mis d'accord avec Christian sur les modifications à effectuer, une fois que le linteau que l'on sait aura fini d'être relevé :

12 juin 2018.

Je retiens qu'il résulte des observations d'Arnaud PAQUIN que, consécutivement à l'incendie de 1884, la charpente du logis a fini d'être restaurée avant que ne commence la restauration de la charpente de la tour Sud-Ouest. C'est ce qui explique la présence de ce surprenant bout de sablière en porte-à-faux, preuve d'un certain bâclage du travail d'alors.

Dans la "pièce dévastée", Arnaud PAQUIN a relevé au laser tournant les cotes du sol :

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Il en ressort que la hauteur disponible pour l'isolation thermique ou le revêtement futur (vraisemblablement un parquet) n'est que de 7 cm par rapport au seuil constitué par le granit du dallage de la cage d'escalier du logis.

13 juin 2018.

13 juin 2018.

Comme je m'en doutais, Arnaud PAQUIN recommande de conserver ce seuil comme niveau 0, c'est-à-dire de ne pas introduire de marche dans la salle dévastée, marche destinée à accroître l'épaisseur disponible. Par voie de conséquence, il est exclus (du moins à ce stade de nos réflexions) de recourir à la solution d'un chauffage par le sol dans ce volume où nous nous en tiendrions donc au réemploi de radiateurs de fonte dans les embrasures de fenêtres. Il faudra commencer par poser des lambourdes sur les entrevous du sol, puis par remplir les interstices avec un produit isolant (dont je n'ai pas retenu le nom). Comme il ne sera pas dans mes moyens de restaurer le parquet en question (car la restauration du plafond devrait passer avant et sera coûteuse si on veut faire les choses bien), il conviendra que Christian fixe provisoirement auxdites lambourdes un dallage léger de bois permettant de ne pas abîmer l'isolation nouvelle tout en redonnant un certain usage à la pièce, notamment aux fins de garde-meubles dans un premier temps.

Toujours au premier étage du logis, cette fois dans mon ancienne chambre (au-dessus de la salle-à-manger), Arnaud PAQUIN est, comme moi, d'avis que le parquet à marqueterie bricolée dans les années 1950 (sans doute à partir de vestiges d'un appartement du quartier de la rue de l'Alboni à Paris issu de la fortune GOUPIL, telle qu'héritée par les LEVÊQUE) ne mérite pas d'être conservé :

12 juin 2018.

Nous le ferons donc sauter et, dans la foulée, en profiterons pour faire sauter l'horrible truc peint en crème entre les solives qui le supportent...

12 juin 2018.

... et, tant qu'on y est, remplacerons les deux poutres au plafond de la salle-à-manger et ferons en sorte que les nouvelles solives respectent la règle du "tant pleins que vides". Et, encore, si mon porte-monnaie n'est pas asséché, ferons en sorte que les corbeaux, tous détériorés par l'incendie de 1884, soient remplacés, ...

12 juin 2018.

... y compris au plafond des pièces au rez-de-chaussée des tours, ...

12 juin 2018.

... par des granits conformes à l'original, tel qu'on a pu l'observer au manoir du Bas au Teilleul.

Pour ce qui concerne le passage, au premier étage du logis, entre mon ancienne chambre et la tour attenante, Arnaud PAQUIN et moi sommes d'accord pour ne pas en relever le linteau, bien que bas, car celui-ci, pourtant réalisé en béton à la suite de l'incendie de 1884, ...

12 juin 2018.

... nous semble de forme suffisamment harmonieuse pour être conservé en l'état, si possible.

A ce sujet, tout dépendra des découvertes que l'on fera lorsque, dans 15 jours et avec le concours d'Igor, je ferai tomber l'enduit des murs de la pièce du 1er étage de la tour Nord-Est.

Là, une fissure a retenu l'attention d'Arnaud PAQUIN :

12 juin 2018.

Elle lui semble caractéritique d'un cisaillement dû, par exemple, à un tassement relatif de la tour par rapport au corps du logis, ainsi que l'explicite son dessin suivant :

12 juin 2018.

Dans la chambre, de nouveau, Arnaud PAQUIN a observé un assemblage de pierres voisin du passage (plus précisément, entre la cheminée et le passage), ...

12 juin 2018.

... et s'est demandé si ce n'était pas là la trace d'une ancienne niche dans le mur. Je lui ai répondu que non car la même cicatrice est visible de l'autre côté du mur, ce qui donne plutôt à penser qu'il y avait là une ancienne ouverture, communiquant avec un volume qui se serait situé au-dessus de la chaufferie actuelle, au fin fond du bâtiment Nord (ou, plutôt, de ce qui l'a précédé car celui-ci, tel qu'il nous est parvenu puis que je l'ai modifié, date du début du XIXème, même s'il a été salement bidouillé du temps de mes prédécesseurs immédiats, comme en témoigne le "bleu des mers du Sud" cher à la veuve de mon vendeur).

Arnaud PAQUIN et moi sommes ensuite allés observer la qualité du travail de l'entreprise BODIN au rez-de-chaussée du logis. Il n'y a rien à signaler de particulier au passage entre la salle-à-manger et la tour Nord-Est.

En revanche, le matin-même, profitant de l'enlèvement des échafaudages qui obstruaient, depuis le début du chantier, le passage entre la cuisine et la salle-à-manger, j'avais observé que Sébastien n'avait pas tenu compte de ma commande formelle d'en relever le linteau de 30 cm mais s'était contenté de 8 :

12 juin 2018.

Je souhaitais donc recueillir l'avis de l'architecte sur l'attitude à adopter devant cette erreur, heureusement encore corrigeable facilement à ce stade du chantier.

Arnaud PAQUIN, ainsi consulté, est d'avis que je peux me contenter de la hauteur actuelle du linteau, donc laisser Sébastien poursuivre sur sa lancée, tout en négociant avec l'entreprise BODIN un "discount" sur sa prochaine facture. Je vais donc demander à Cédrick COOS de m'indiquer la solution qu'il préfère, y compris le "discount" qu'il serait disposé à me consentir à ce sujet.

Je voulais également qu'Arnaud PAQUIN me donne son avis sur le positionnement de la (ou des) porte(s) à installer dans ledit passage. Depuis les travaux des années 1950, il y avait là deux portes, l'une ouvrant dans la salle-à-manger et posée en applique sur le mur, l'autre, posée en applique dans la cuisine et ouvrant dans le passage.

Arnaud PAQUIN est d'avis que, compte tenu notamment de la présence d'une "grotte" dans le passage entre l'entrée et la salle-à-manger (je désigne ainsi le fait que la porte de séparation est posée côté entrée et ouvre vers la salle-à-manger, sans qu'il y ait de seconde porte occultant le passage en applique sur le mur Sud de ladite salle-à-manger), il n'y a pas d'inconvénient à procéder de même en face, dans le passage entre la salle-à-manger et la cuisine. La porte unique en question serait donc posée côté cuisine, contre la feuillure existant dans le granit, et ouvrirait vers le passage. Il n'y aurait plus de seconde porte comme il y en avait une depuis les années 1950.

A ce stade de mes réflexions, cette solution me semble la meilleure. Arnaud PAQUIN m'a toutefois fait observer que le parement de granit, à l'entrée du passage côté cuisine, date sans doute du début du XIXème siècle, c'est-à-dire de la construction du bâtiment Nord. Cette dernière remarque, si j'en tire je ne sais encore quelle conséquence, me paraît seule à même de pouvoir justifier à mes yeux un changement du parti proposé par Arnaud PAQUIN sur cette question.

Nous nous sommes enfin rendus dans l'"aile de la belle-mère". Arnaud PAQUIN a observé que le pied du mur Ouest du salon est désormais totalement perméable à l'eau de la moindre intempérie.

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Il est néanmoins d'avis qu'il n'y a pas lieu de relever le sol, à l'intérieur de la pièce, de plus de la hauteur d'une marche. Il trouve que l'idée d'installer là le bureau-bibliothèque-de-mes-rêves est excellente, est d'accord avec moi pour prévoir une séparation entre ce bureau-bibliothèque et la cage d'escalier, est d'accord pour réfléchir à la forme de l'"escalier-en-facteur-commun" nécessaire, est d'avis qu'il y a lieu de supprimer la cheminée dans mon futur bureau-bibliothèque-de-mes-rêves mais considère que la pièce sera suffisamment vaste pour qu'il soit inutile d'en déplacer le mur Nord, enfin en infère comme moi qu'il y aura lieu de translater vers le Nord la fenêtre Ouest de cette pièce.

Tout cela me convient.

A l'extérieur du bâtiment, Arnaud PAQUIN a observé les lieux en détail et en a conclu qu'il serait souhaitable d'aménager une rigole en béton le long du mur Ouest de l'"aile de la belle-mère", rigole qui serait à réaliser sur le modèle suivant :

12 juin 2018.

Il est entendu que je ferai d'abord rechercher jusqu'où descendent les fondations de ce mur, y compris du côté de la tour Louis XIII. Je chargerai Igor de ce travail, à moins que Christian ne sache conduire la mini-pelle, ce que j'ignore à ce stade.

En repartant, Arnaud PAQUIN a observé les moulures du mur Sud de la cour...

12 juin 2018.

12 juin 2018.

... et en a déduit que ce mur datait de la première moitié du XVIIIème siècle, c'est-à-dire de l'époque où les LEDIN, à l'aise financièrement, avaient procédé à d'importants travaux d'amélioration sur leur résidence secondaire.

Je tâcherai d'en faire autant, bien que, dorénavant, la faible profondeur de mes poches me cause souvent des cauchemars.

En résumé, excellente réunion de travail avec Arnaud PAQUIN.

La balle est dans mon camp pour rechercher les fondations du mur "Ouest" de l'"aile de la belle-mère".

Elle est surtout dans le sien pour, dans les meilleurs délais :
- me fournir le mode d'emploi des isolations thermiques à incorporer au sol du rez-de-chaussée et du 1er étage du logis ;
- rédiger sa note d'expert à l'assureur suite aux dégâts des eaux ;
- définir l'"escalier-en-facteur-commun" de l'"aile-de-la-belle-mère".

P.S. : Relisant mes notes prises en vue de cette réunion ou au cours de celle-ci, ...

12 juin 2018.

... je m'aperçois que j'ai omis de parler ici de quelques autres sujets abordés hier. Ainsi :

- les peintures des menuiseries extérieures vont changer de qualité ; en effet, je ne suis pas satisfait de la peinture micro-poreuse que j'utilisais jusqu'ici, l'expérience ayant montré qu'elle mutait rapidement sous l'effet des ultra-violets pour donner un truc mauve salement blanchissant qui ne me plaît guère. A ce sujet, Arnaud PAQUIN recommande des pigments naturels et doit m'en communiquer les références, sachant que nous nous sommes mis d'accord sur un orange foncé dénommé "Vauban" dans la collection en question. Donc finis les délavements tristounes, ça va péter, ça va chanter, je ne vous dis que ça !

- à propos des vitrages des nouvelles menuiseries extérieures, des considérations tenant aux dimensions des petits bois conduisent Arnaud PAQUIN à recommander de changer la feuille de route de Sébastien LEBOISNE en substituant aux doubles vitrages prévus sur le projet de Benoît MAFFRE des verres feuilletés de qualité dite "Ruysdaël". Nous y perdrons en efficacité thermique (le coefficient "UG" doublant de 1,4 à 3), ce que j'aurai à signaler au plombier pour le dimensionnement du chauffage, mais nous y gagnerons beaucoup en solidité (il faut que je pense aux ballons de mes petits-fils...) et en esthétique. Donc j'ai donné mon accord de principe ;

- pour répondre à une remarque récente de Pascal BRESSON, Arnaud PAQUIN m'a confirmé que les petits bois des fenêtres de Sébastien LEBOISNE sont bien prévus avec des moulures contre-profilées ;

- enfin, j'ai fait part à Arnaud PAQUIN des difficultés que nous pourrions avoir à trouver un dallage de granit de la qualité "ad hoc" pour le sol de la salle-à-manger, tout en faisant valoir qu'il n'y avait pas de raison d'opter déjà pour un autre choix de revêtement. Les recherches se poursuivent donc, à la diligence de Frédéric LEBON de l'entreprise BODIN.

Accessoirement, je retiens qu'Arnaud PAQUIN m'a également parlé d'une retraite salutaire qu'il a effectuée dans un monastère du côté de Vichy comme des orientations du pape actuel, ce qui m'a beaucoup intéressé bien que cela sorte clairement du champ officiel de nos travaux.

P.S. 2 : Arnaud PAQUIN m'avait déjà prouvé ses qualités d'alpiniste il y a trois semaines, en escaladant la charpente du colombier. Après l'avoir ainsi observée de près, il m'avait confirmé que, comme me l'avait déjà affirmé Benoît MAFFRE et en dépit de ma résistance devant cette thèse, la charpente dudit colombier datait, y compris pour sa partie la plus massive, de l'époque où ce bâtiment avait reçu une couverture mansardée, donc du milieu du XVIIIème siècle. Autrement dit, toute trace d'une éventuelle charpente antérieure, de forme analogue à celle de la tour Louis XIII, a bel et bien disparu.

Je me range à cet avis, l'affaire est entendue et le dossier désormais clos pour moi.
Lors d'une conversation téléphonique hier, Arnaud PAQUIN m'a mis en garde contre le risque que le réseau d'EdF ne permette pas de desservir notre manoir favori au "tarif jaune" nécessaire pour la géothermie (profonde), formule de chauffage qui, à ce jour, aurait ma préférence en dépit de son coût et en raison, notamment, de sa facilité d'entretien et du caractère non invasif de la chaufferie correspondante. Il me recommande le chauffage au bois et, comme je lui signale l'encombrement du stockage du bois déchiqueté et la lourdeur des manipulations de ce combustible, me pousse vers le chauffage aux granulés. Je vais donc chercher à me renseigner davantage sur cette solution.

Par ailleurs et plus généralement, compte tenu de l'importance et de la complexité du programme de restauration du logis, tel que je l'envisage à ce stade de mes réflexions, et de l'opportunité d'en cerner les ordres de grandeur du coût avant d'en planifier le calendrier, je souhaiterais (je n'en ai pas encore parlé clairement à Arnaud PAQUIN) lui confier la réalisation d'une "étude préalable" à ce sujet. Je vais d'abord essayer de savoir si la D.R.A.C. pourrait subventionner une telle étude. Je sais en effet qu'il y a quelques années, elle disposait d'une ligne de crédits pour cela.

De telles études préalables sont souvent susceptibles d'apporter, au moins aux tiers, des informations rares et intéressantes sur les monuments historiques qui en sont l'objet. A ce propos, j'ai cherché à me procurer l'étude préalable à la restauration de Notre-Dame-sur-l'Eau, une église qui fut longtemps considérée par les LEDIN (propriétaires de la Chaslerie jusqu'à la Révolution) comme leur chapelle familiale. Cette étude préalable vient d'être réalisée par un architecte du patrimoine autre que MM. MAFFRE ET PAQUIN. Selon mes informations, ledit architecte du patrimoine, qui m'avait promis de me communiquer ce document lorsque j'envisageais de le mandater pour succéder à Benoît MAFFRE, aurait demandé dernièrement à la mairie de Domfront, maître d'ouvrage en la matière, vers qui je me suis naturellement tourné (après avoir constaté que cet architecte du patrimoine ne tenait pas parole à mon égard), d'en freiner la diffusion au point que l'agent communal qui détient ce dossier vient de solliciter l'avis de la C.A.D.A. sur cette question.
J'avoue être d'autant plus surpris de cette évolution de ma requête que je pense être fondé, pour au moins trois raisons, à obtenir communication dudit document :
- je suis contribuable en France et cette étude a, j'imagine, été subventionnée par la D.R.A.C.,
- je paye des impôts locaux à Domfront-en-Poiraie et cette commune a dû prendre en charge, j'imagine, la part non subventionnée par l'Etat du coût de l'étude,
- l'histoire de cette église est intimement liée à celle du manoir dont je suis le propriétaire et je détiens des informations en la matière telles que je m'étonne de n'avoir pas été interrogé à ce sujet, parfois malmené par ceux que j'appelle, y compris CAILLEBOTTE (acheteur au kilo du chartrier de la Chaslerie qu'il a interprété à sa façon vers 1830), les "érudits locaux auto-proclamés".
J'attends donc avec impatience la réponse de la C.A.D.A. et, d'ici là au moins, m'interroge sur le comportement de l'architecte du patrimoine en question, qui ne tient pas parole et, si j'analyse bien la situation, chercherait ensuite à mettre des bâtons dans les roues à celui qui a choisi de ne pas le retenir pour encadrer ses propres travaux.
Hier après-midi, j'ai poursuivi mon enquête sur le meilleur combustible en recevant la visite du plombier-chauffagiste-électricien recommandé par Marc CHALUFOUR.

J'ai commencé par l'interroger sur le chauffage aux granulés et il m'en a immédiatement dissuadé en raison des contraintes d'entretien de la machinerie qui nécessitent une présence quasi-quotidienne près de la chaudière, ce qui est peu compatible avec le caractère de résidence secondaire qu'aura très vraisemblablement notre manoir favori une fois que j'aurai passé l'arme à gauche.

Nous avons donc surtout parlé de géothermie profonde ("géothermie par sondes verticales", doit-on plutôt dire), ce qui n'est pas étonnant puisque mon interlocuteur était venu me remettre son devis en la matière et me le commenter, et s'était, pour cela, fait accompagner du représentant de "LEMASSON" dans le Calvados ainsi que d'un professionnel multi-habilité à réaliser lesdits sondages.

Ce devis prévoit, pour ma "tranche 1 de restauration" (couvrant le bâtiment Nord, le rez-de-chaussée du logis, le colombier et la chapelle), l'installation de deux chaudières de type "T-118" et 1 200 mètres de forages.

Il est entendu que je vais étudier ce devis à tête reposée, en le comparant aux deux autres déjà reçus de concurrents.

J'ai néanmoins posé les questions complémentaires suivantes :
- peut-on s'assurer préalablement qu'EdF a un réseau suffisant pour que le "tarif jaune" puisse être mis en place à la Chaslerie ?
- quel serait le coût pour moi de l'installation, du côté de mes "nouvelles terres", d'un système photo-voltaïque de génération d'électricité dont la production suffirait à couvrir les besoins d'électricité du chauffage par géothermie profonde ?
- quelles sont la durabilité et les contraintes d'entretien des canalisations de chauffage par le sol ?
- peut-on installer un chauffage par le sol quand on ne dispose que de 7 cm d'épaisseur pour l'isolation, le chauffage et le revêtement du sol ?

Il m'a été promis que je recevrai des réponses écrites détaillées à toutes mes questions (y compris sur les inconvénients des granulés).

De façon générale, l'équipe que j'avais ainsi en face de moi m'a fait excellente impression.

P.S. : J'ai oublié de signaler à mes interlocuteurs que, pour les fenêtres et aux dernières nouvelles, on ne retient plus la formule de doubles vitrages (avec UG de l'ordre de 1,4) mais celle de verres feuilletés de type "Ruysdaël" dont l'UG est de 3. Il conviendrait donc qu'ils me disent si cela change beaucoup le calibrage, donc le coût, de leur projet.
La question du choix du combustible se complique.

Ludovic ANTOINE (c'est le nom de l'artisan venu hier m'apporter son devis) m'a téléphoné ce matin. Je lui avais entretemps communiqué la dernière facture d'EdF pour le manoir. D'après les renseignements qu'il a obtenus, le passage au "tarif jaune" serait très coûteux pour moi car je devrais payer le raccordement.

Donc sa première suggestioin a été de me proposer d'abandonner l'idée de deux pompes à chaleur du modèle "T 118" de "LEMASSON" et d'y substituer une pompe plus importante, du modèle "T 130", qui pourrait être complétée, à titre d'appoint, par une chaudière au fuel.

J'ai fait part de mes réserves à l'encontre du fuel, la plus importante à mes yeux étant la cheminée à prévoir, avec tout l'encrassage et les ramonages qui s'ensuivent. Ludovic m'a affirmé que l'évacuation pourrait se faire "par ventouse", la sortie des gaz brûlés pouvant être dissimulée au milieu des rhododendrons du puits Ouest du manoir. Il paraît qu'une telle combinaison permettrait de limiter très nettement la longueur des forages à prévoir (700 m au lieu de 1 200 pour la seule "tranche 1" du programme de restauration intérieure), donc le coût de l'investissement immédiat.

Restait à résoudre la question du "tarif jaune". L'idée de Ludovic est d'essayer de jouer sur le fait que je suis également abonné en "tarif bleu" d'EdF via la ferme. Si l'un des deux abonnements était dédié à l'installation géothermique et l'autre au reste des instruments consommateurs d'électricité, on devrait pouvoir se contenter de deux "tarifs bleus".

J'ai demandé à Ludovic de recaler son devis en conséquence, sans oublier d'y inclure l'option d'une production photo-voltaïque d'une partie de l'électricité nécessaire pour tout ce bazar.