Journal du chantier

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le vendredi 13 juillet 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Logis
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Il y a toujours pour moi quelque chose de miraculeux dans les interventions de Sébastien DUVAL pour reconstituer des granits cassés au fil des siècles. Ainsi de cet appui du fenestrou de l'entrée du logis que j'ai hélas oublié de photographier avant le début de l'intervention chirurgicale en question.

Voici néanmoins les outils de l'artiste et ses matières premières :

13 juillet 2018.

L'état du chantier au début de l'intervention (des morceaux de granit sont collés pour boucher sommairement, car initialement, les trous résultant d'un arrachage très brutal - en quels temps de crise ? ou de bêtise ? - d'anciens barreaux verticaux) :

13 juillet 2018.

L'état du chantier près de sa fin (il y a juste un détail à peaufiner, plus l'ensemble à brosser) :

13 juillet 2018.

13 juillet 2018.

13 juillet 2018.

Etonnant, non ?
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le vendredi 13 juillet 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Ferronnerie - Menuiserie - Logis
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Long coup de fil d'Arnaud PAQUIN ce soir pour me rendre compte de sa visite du jour à Sébastien LEBOISNE dans son atelier de Virey.

Les deux hommes se sont mis d'accord sur le détail des travaux de restauration des menuiseries extérieures du logis.

Il en est ressorti une série de décisions sur l'option, finalement, d'un double vitrage, sur les choix de ferronneries ou sur le mode d'assemblage des pièces de bois, tous points sur lesquels je m'en remets à ces experts.

J'ai fait part à Arnaud PAQUIN de mes idées de restauration de meurtrières. Il a trouvé que j'avais beaucoup évolué depuis l'époque récente où j'envisageais froidement d'en supprimer une pour percer une porte. J'ai eu beau jeu de faire valoir qu'"il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis".
Il me paraît utile de consigner à part un point important de la conversation avec Arnaud PAQUIN hier soir et qui me revient alors que je me remémore pourquoi j'ai changé d'avis sur cette meurtrière. En fait, tout cela était lié à mon désir d'implanter mon bureau dans le bâtiment Nord. A partir du moment où j'ai envisagé de l'installer dans l'"aile de la belle-mère", cela a, en quelque sorte, rebattu les cartes.

Or Arnaud PAQUIN me disait hier sa satisfaction devant le projet d'"escalier-en-facteur-commun" auquel il est parvenu et dont il va bientôt me communiquer les plans. Surtout, il ajoutait qu'il ne voyait pas l'entrée principale de l'"aile de la belle-mère" au niveau de cette cage d'escalier mais bien, comme l'avait préconisé Benoît MAFFRE, au milieu de l'ancienne écurie.

Et pourquoi pas, en effet ? Il y a là ce que j'appelle, sous la future "salle de concert" que j'imagine à l'étage, une sorte de "réserve foncière" qui peut, dans le principe, aider à dénouer certaines des contradictions ou des ambiguïtés de la restauration de l'aile Ouest.

Et c'est ainsi que, petit à petit, cheminent les idées et avance la "conception organique", pourrait-on dire, de l'usage que l'on compte donner à terme aux différents volumes encore vides de vie.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 14 juillet 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Menuiserie - Logis - Aile "de la belle-mère"
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Un autre point important du propos d'Arnaud PAQUIN hier soir me revient en mémoire, utile à consigner à part, également. Il s'agit de la porte principale du logis.

On se souvient que j'ai éprouvé beaucoup de difficultés à admettre que la porte qui donne sur l'escalier actuel de l'"aile de la belle-mère" (escalier complètement foireux car réalisé lors de ces années 1950 si funestes pour l'intégrité de notre manoir favori) soit le vestige de la porte principale d'avant l'incendie de 1884. Mais j'y suis parvenu tout récemment. Ce faisant, j'imaginais que la nouvelle porte principale du logis, celle à réaliser au cours de cette 1ère tranche de restauration des menuiseries extérieures du logis, serait entièrement neuve et c'est ainsi, d'ailleurs, que je lisais le devis approuvé par la DRAC.

Or Arnaud PAQUIN a changé hier, là aussi, ma façon de voir. Il trouve qu'il faut conserver, partout où c'est possible, les vestiges du passé. Donc il préconise de remettre à sa place, carrément, ladite porte.

J'ai objecté que tout le bas de cette porte d'origine (du moins qui fut en place durant la période allant de la première moitié du XVIIIè siècle jusqu'à 1884) était vermoulu lorsque j'ai acheté la Chaslerie et que c'est même à Sébastien LEBOISNE que j'avais, il y a déjà quelques lustres, confié le soin de la retaper.

Aucune importance, m'a répondu Arnaud PAQUIN.

Soit. Je note que j'en serai quitte pour financer rapidement deux portes au lieu d'une.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 14 juillet 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Logis
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Au travail dès 7 heures du matin, le courageux Igor commence par dégager des briques creuses qui l'obstruaient la meurtrière Ouest au 1er étage de la tour Nord-Est :

14 juillet 2018.

14 juillet 2018.

Du fenestrou de mon cabinet de toilettes (au 1er étage du bâtiment Nord), j'observe la scène :

14 juillet 2018.

14 juillet 2018.

Victoire, la voie est libre !

Revenons dans la tour :

14 juillet 2018.

14 juillet 2018.

A la réflexion, je me dis que cette ouverture est bien suffisante pour l'usage que nous en aurons, agrémenter un peu une future salle de bains, et qu'il ne sera pas nécessaire de substituer là des granits taillés aux grès de la fente du parement extérieur. Après tout, il faut, pour observer cette meurtrière-ci de l'extérieur, se tordre le cou au fenestrou de mon cabinet de toilettes. Pas besoin, donc, de jeter l'argent par la fenêtre, concentrons nos efforts sur les trois autres meurtrières de la même pièce.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 14 juillet 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Logis
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Pour la 2ème meurtrière du 1er étage de la tour Nord-Est, celle orientée au Sud, la pioche a également été bonne :

14 juillet 2018.

14 juillet 2018.

14 juillet 2018.

Extérieurement, cette intervention du jour n'apparaît guère :

14 juillet 2018.

14 juillet 2018.

Igor me dit que ce que, sur le parement extérieur de cette meurtrière, je prenais pour du granit, à droite du trou, n'est que du grès.

Quant aux deux dernières meurtrières supposées, elles ont bel et bien disparu, selon moi lors du remontage de la tour, aussi bien à l'Est...

14 juillet 2018.

... qu'au Nord :

14 juillet 2018.

La suite lundi, en dialoguant avec Cédrick COOS.

Par ailleurs, Igor s'étant aperçu que je manquais de chaux à badigeonner et de cire, a arrêté là, donc tôt, ses interventions pour ce week-end. Rendez-vous est pris pour samedi prochain.
Arrivée de Paris vers une heure du matin, Carole a souhaité que je lui montre les travaux en cours.

Je lui ai fait admirer le nouveau linteau du passage entre la future cuisine et la salle-à-manger (elle a aimé) mais impossible d'aller plus loin car le terrain est plein d'obstacles et l'éclairage électrique déglingué ou démantibulé un peu partout.

Elle aura bien le temps de découvrir tout cela demain, y compris la poussière du chantier, notamment dans le salon ou sur une maquette en bois de bateau que Sébastien et Benoît n'ont pas pris la précaution d'éloigner ou de protéger lorsqu'ils ont travaillé au rez-de-jardin de l'entrée du logis. Je sens que, dans quelques heures, dès que le jour se sera levé, je serai accusé d'être le responsable de tout ce capharnaüm alors que, si cela n'avait tenu qu'à moi, je n'aurais pas gardé dans le logis la moindre trace d'une vie sociale possible au cours de quelques prochains semestres.

Pour être précis, j'espère encore que mon épouse, dont le moins que je puisse dire est que sa présence ne m'aura guère entravé dans mes travaux depuis un certain nombre de mois, ne se remettra pas, dès la prochaine aube, à me bombarder d'ordres dans l'espoir, que j'imagine être encore le sien, de réintroduire, en véritable Pénélope, un minimum d'équilibre bourgeois dans mon binz habituel et favori.
Quand je parlais de capharnaüm et de poussière, je n'exagérais pas.

15 juillet 2018.

15 juillet 2018.

15 juillet 2018.

15 juillet 2018.

15 juillet 2018.

15 juillet 2018.

15 juillet 2018.

D'ailleurs c'est bon connu, je suis un modèle de mesure dans mes propos et de tempérance itou.

P.S. (à 13 h 30) : Carole, à qui je viens de montrer tout cela, réagit bien.

J'ai même fait passer, comme une lettre à la poste, l'idée que c'était une connerie de vouloir conserver un salon pendant les travaux du logis. Dont acte.