Peinture

Et voici maintenant les commentaires que m'inspire la restauration de l'intérieur de la chapelle de notre manoir favori :

Comme l'illustrent les photos du D.O.E. de l'artisan, ces travaux ont eu lieu alors que l'architecte en chef des monuments historiques en charge de ce chantier avait omis d'assurer préalablement la mise hors d'eaux du bâtiment. Elle avait en effet laissé les deux fenêtres de la chapelle ouvertes aux intempéries, les occultations provisoires ayant été installées, à l'initiative de l'artisan et par celui-ci. Un détail parmi d'autres ; à mes yeux, une faute professionnelle manifeste, s'ajoutant à l'incurie et à la désinvolture constatées plus généralement sur mon chantier de la part de cette bénéficiaire d'un monopole public.

Je m'étais plaint de son attitude auprès de la D.R.A.C.

A ma connaissance, l'inspection générale des monuments historiques a rédigé un rapport sur ces faits avérés, le rédacteur étant Yves LESCROART, que je ne connaissais pas à cette époque.

Malgré mes demandes auprès de la D.R.A.C., je n'ai jamais pu avoir communication de ce rapport.

Quant à cette architecte en chef des monuments historiques, elle n'intervient plus dans l'Orne depuis cette affaire. Elle a, semble-t-il, été promue puisqu'elle a reçu en apanage la restauration de la cathédrale de Strasbourg, dossier à propos duquel elle s'est vite répandue dans la presse en protestant contre l'insuffisance des crédits d'Etat qui lui étaient alloués.

Détail annexe : l'architecte en chef des monuments historiques qui lui a succédé dans l'Orne, et à qui donc j'ai dû m'en remettre jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de la retraite, était un alcoolique notoire. A la chapelle, il a évincé, pour des motifs futiles, la restauratrice de vitraux avec qui je prévoyais de faire affaire pour lui substituer un de ses compagnons de beuverie. Au passage, le devis que j'ai dû régler, de mémoire sans aucune subvention, avait, comme par hasard, explosé : le prix de compétences aussi distinguées, sans doute ?

Mais le point le plus frappant de la restauration de ces peintures murales, du moins à mes yeux et à ceux du public qui ne manque pas de continuer à s'en étonner, est qu'elles ne doivent pas couvrir plus de 5 % de la surface des murs.

Il y a donc eu beaucoup d'efforts pour, somme toute, pas grand chose.

La raison principale de ce fiasco tient selon moi à l'application étroite qui a alors été faite de la "charte de Venise".

Je comprends fort bien qu'il faille des règles pour éviter des abus mais - je vous le demande un peu - n'eut-il pas mieux valu à la Chaslerie, par exemple, prendre un peu de hauteur par rapport à ce que de telles réglementations peuvent avoir - appelons un chat un chat - de stupide ?

Cette idée de savoir prendre un peu de hauteur par rapport à des réglementations étouffantes me paraît très importante. Nous connaissons tous des fonctionnaires particulièrement zélés qui appliquent étroitement des réglementations dont ils savent eux aussi le caractère excessif. C'est bien triste car, ce faisant, que servent-ils en réalité ? Leur carrière ? Leur tranquillité ? Un peu de courage, que diable !

Car il est clair qu'au moins dans ce pays, on excelle à pondre toujours plus de règles, toujours plus détaillées et exigeantes, pour forcer les gens à la vertu. Un chouette programme, vraiment ! Et tout ça crée, bien sûr, de nouveaux emplois publics, donc grève toujours plus les budgets publics. Et pour quel résultat, je vous le demande ? Le déclin, à l'évidence ; regardez autour de vous toute cette chienlit ! Et jamais aucun responsable, ce sont les rois pour se défiler, j'en sais quelque chose...

Mais ceci est une autre histoire dont je ne me cache pas, au demeurant, pour la raconter, en espérant que cette façon de procéder me vaudra quelques ralliements de qualité :

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 2 mars 2020
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Peinture - Bâtiment Nord - Fournil du manoir
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J'ai reçu en fin d'après-midi un peintre spécialisé dans les pigments naturels :

2 mars 2020.

Plusieurs choses ont en effet mal vieilli dans le bâtiment Nord et je souhaite un devis et des recommandations sur les produits à employer :

2 mars 2020.

2 mars 2020.

2 mars 2020.

2 mars 2020.

2 mars 2020.

2 mars 2020.

Les menuiseries extérieures orientées vers le Sud ont beaucoup fané :

2 mars 2020.

Bien que le fournil du manoir ne serve strictement jamais, on en profiterait pour repeindre également ses menuiseries extérieures.
Nous en sommes toujours, avec Igor, à discuter du point de savoir s'il sera recruté en C.D.D. ou en C.D.I. Cela dépendra uniquement de la réglementation applicable pour lui permettre de faire prendre en charge la formation professionnelle qu'il souhaite. Aux dernières nouvelles, il lui faut être en C.D.D. six mois avant le début du stage. Tout cela n'est pas neutre pour moi car la facture des charges sociales s'en ressentira.

Ceci dit, j'ai décidé que son nouveau contrat sera avec moi et non plus avec l'APIJOMM. Et qu'il sera déclaré autrement qu'auprès de la M.S.A., comme cela avait été le cas quand je l'avais déjà salarié en direct. Car j'en ai marre des complications ridicules et demandes grotesques de ces bureaucrates à propension parasitaire particulièrement développée. Désormais, ils auront face à eux une association sans salariés (j'ai déjà fait le nécessaire pour Francis), sans trésorerie et sans responsable désireux de leur répondre. Autant dire un mur : tous leurs courriers, quels qu'ils soient, y compris les assignations, iront directement au panier. Et s'ils ne sont pas contents, ce sera la même chose, ils iront se faire cuire un œuf à ma santé.

Pour ce qui concerne le fisc, ce qui devait être réglé l'a été, semble-t-il. Par chèque simple, sans recourir à des virements impossibles à mettre en place en pratique, compte tenu du binz, bien connu des employeurs, du "prélèvement à la source" auquel je m'étais longuement heurté. J'en remercie les fonctionnaires du service des impôts de Domfront (l'équipe de M. DAGUET) qui ont su prendre les bonnes décisions en la matière.

Pour autant, le nouveau contrat d'Igor prévoira, comme pour Francis, qu'il pourra être mis à la disposition des autres adhérents de l'APIJOMM que moi, ceci en tant que de besoin pour eux et toujours à prix coûtant, comme il convient.
La réunion de l'après-midi, avec l'architecte du patrimoine, se sera également déroulée dans un excellent climat.

Certes, je reconnais qu'il est parfois difficile d'introduire un ordre administraaaâââtif dans ma façon de vivre notre chantier favori. L'architecte du patrimoine fait des efforts méritoires pour essayer d'y parvenir et moi, rien pour l'en dissuader. Au contraire.

La bonne nouvelle pour elle (et pour l'administraaaâââtion) est en effet que je suis volontaire pour lui confier la maîtrise d’œuvre de tous mes travaux, et même pour la charger d'obtenir dès que possible toutes autorisations administraaaââtives requises en l'état des textes applicables, y compris pour des travaux que je n'engagerais pas moi-même. En réalité et pour parler franchement, je souhaite purger dès que possible mon chantier de tous ces préalables officiels dont je sais, d'expérience, à quel point ils peuvent être chronophages, laborieux et largement imperméables à d'autres contraintes vécues, sur le terrain, comme très importantes (et ceci, sans doute, quel que soit le maître d'ouvrage, s'il a un minimum de moelle). Donc sortons dès que possible de ce qui peut être vécu comme autant de cauchemars.

Pour autant, je ne suis pas prêt à abdiquer sans me battre dans mes revendications que jamais, je dis bien jamais, on n'en rabatte sur la qualité des travaux, ceci dans l'espoir constant qui est le mien, depuis trente ans bientôt, de servir toujours au mieux l'intérêt du monument.

Or je sais d'expérience que la D.R.A.C. n'est pas toujours encline à favoriser mes souhaits que mes travaux soient dignes du label "qualité FOURCADE", tel du moins que je l'entends. Ainsi, par exemple, j'avais reçu un accueil pour le moins tiède lorsque j'avais fait part de mon souhait que des granits de la salle-à-manger, gravement endommagés par l'incendie de 1884, soient restaurés. J'ai néanmoins tenu bon, c'est-à-dire, en pratique, financé seul 100 % du coût de ces travaux et, désormais, personne, même parmi les critiques les plus exigeants, ne remet en question la qualité de ces réalisations.

J'entends, tant que je vivrai, poursuivre dans cet esprit.

C'est pourquoi je considérerais que constitueraient des atteintes inacceptables à ma façon de porter ce chantier que, par exemple, je sois empêché de substituer :
- au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII et pour ce qui concerne sa cheminée, à l'infâme bricolage que nous connaissons (linteau cassé, posé à l'envers, absence de pièces essentielles, insuffisance marquée d'autres pièces) la cheminée dite "du Houlme" dont j'ai récemment fait l'acquisition et que Sébastien DUVAL, assisté par Igor, saurait fort bien traiter ;
- au plafond de la salle-à-manger du logis, à la poutraison actuelle (poutres rachetèques, l'une de surcroît bouffée d'aubier, solivage en sous-effectif, disparition des corbeaux), un modèle "tant pleins que vides" inspiré du manoir jumeau déjà repéré (le Bas au Teilleul) ;
- au plafond de mon futur "bureau-bibliothèque-de-mes-rêves", au 1er étage du colombier, à la poutraison actuelle (massacrée dans les années 1950 par le sauvage que l'on sait), une poutraison digne des boiseries et rayonnages Louis XVI que j'entends installer là.

On comprend qu'il reste encore un travail de conviction à réussir pour que je puisse avoir le sentiment que le train est sur de bons rails.

Nous sommes convenus, l'architecte du patrimoine et moi, de nous revoir à Paris, à son bureau.
Echange de courriels, pendant le week-end, avec l'architecte du patrimoine, en vue de mieux cerner ce que pourrait être le périmètre de l'extension de sa mission (au-delà de la "mission EXE" sur les menuiseries extérieures).

Elle prend son rôle très à cœur et c'est très bien. Mais j'ai des idées arrêtées sur certains sujets sur lesquels j'ai réfléchi depuis des années.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : vendredi 20 mars 2020 12:45
À : (...)architecte@gmail.com
Objet : RE: DOMFRONT Manoir - Budget prévisionnel

Merci.

Bien cordialement,

PPF

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De : (...)architecte@gmail.com
Envoyé : vendredi 20 mars 2020 12:29
À : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Objet : Re: DOMFRONT Manoir - Budget prévisionnel

Bonjour,

Je comprends. Je vais vous faire un devis pour une mission partielle.
On pourra faire un avenant quand la situation sera améliorée et quand le montant des travaux sera établi.
Bien cordialement,
(...)
Architecte DPLG - Architecte du Patrimoine

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De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : vendredi 20 mars 2020 11:44
À : (...)architecte@gmail.com
Cc : C.F. ; T.F.
Objet : RE: DOMFRONT Manoir - Budget prévisionnel

Madame,

Je ne suis pas capable de vous répondre. Particulièrement dans le contexte présent. Préparez donc au mieux les deux hypothèses si vous le voulez bien.

Bien cordialement,

PPF

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De : (...)architecte@gmail.com
Envoyé : vendredi 20 mars 2020 10:50
À : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Objet : DOMFRONT Manoir - Budget prévisionnel

Bonjour,

Afin de vous faire une proposition financière, auriez-vous un budget prévisionnel pour l'ensemble des travaux qui feront l'objet du dossier administratif de dépose auprès du gouvernement?
Vais-je avoir une mission jusqu'à l'autorisation administrative ou bien une mission complète (suivi de chantier?)

Bien cordialement,

(...)
Architecte DPLG - Architecte du Patrimoine

(Fin de citation)