Désultoirement vôtre !

Courriel envoyé à mon aîné la nuit dernière (j'ai juste occulté la phrase où j'évoquais la confidence qu'il venait de me faire sur sa situation fiscale) ; ce texte éclaire différentes facettes des débats familiaux qui peuvent exister chaque fois que le propriétaire d'un monument historique essaye d'organiser sa succession dans de bonnes conditions :

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : mercredi 20 décembre 2017 01:15
À : T.F.
Objet : RE: Chaslerie

Il est heureux qu'après tant de semaines à rester silencieux tu t'exprimes enfin. Je dis ceci sans ironie car je connais tes autres charges d'emploi du temps.

Je réponds à tes questions :

1 - Sur la non-spoliation de ton frère :
- je comprends que nous sommes d'accord pour reconnaître qu'il est exclus que tu interviennes sur le logis sans y être fondé juridiquement, y compris aux yeux de ton frère et même si, par extraordinaire, il ne comprenait pas la situation ;
- ce que je fais de l'argent que tu règles le jour J n'est pas de ton ressort ni de celui de ton frère : si je décède à J+1 sans avoir dépensé cet argent, il vous revient selon les règles applicables ; si je survis et le claque au jeu ou de quelque façon que ce soit, c'est de ma seule responsabilité, sauf à me mettre sous tutelle, ce qu'il faudrait justifier.

2 - Sur l'étalement dans le temps du paiement du prix de la nue-propriété en question :
- je me déclare amusé que tu feignes d'oublier que, pour parer à des situations de trésorerie tendues, il existe pour les débiteurs solvables (dont, à ma connaissance, tu fais partie) un procédé classique qui s'appelle le crédit bancaire ;
- en tant que salariés de banques, toi et ton épouse bénéficiez certainement de conditions avantageuses ;
- je suppose que vous avez remarqué que, au moins dans un proche avenir, les taux fixes sont bas ; au demeurant, les intérêts seraient déductibles (ce qui renforcerait l'attrait de crédits en cas de taux élevés) ;
- enfin, je puis mettre à ta disposition une partie des droits à prêts d'épargne-logement dont mon foyer fiscal dispose (y compris, peut-être, à ton nom et suite à mon épargne).
Dans ces conditions, je ne vois nulle raison pour que je te serve de banquier pour cette opération en te consentant des délais de paiement.

3 - Sur la prise en charge d'un salarié :
- je t'adresserai d'ici à la fin de l'année (afin que tu puisses te prévaloir du règlement au titre de ta déclaration de revenus 2017) une facture de l'APIJOMM libellée au nom de la S.C.I. de la cave ; (...) ;
- puisque cette facture sera établie après que tu auras pu constater que Benjamin ne te fait courir aucun risque de responsabilité au jour en question, je pense que tu veilleras à ne pas en retarder le règlement ;
- bien entendu, une telle facture te sera adressée à la fin de chacune des prochaines années dans des conditions et pour des motifs analogues.

4 - Sur la possibilité de dialoguer dans la durée :
- il ne me semble pas qu'au moins cette fois-ci, ce soit moi qui aie fui le dialogue ; ta mère, par exemple, me reprocherait plutôt, si j'ai bien compris, d'être trop bavard en général ;
- pour l'avenir, il t'appartient de mesurer ton risque (mesurer les risques, je crois me souvenir que c'est d'ailleurs une pratique de banquier, ta profession) ;
- le fait est que je compte bien te faire bénéficier, autant que ma santé me le permettra, de mes 26 ans d'expérience (durée à parfaire) dans l'intérêt du monument.

5 - Sur le rythme des travaux :
- j'ai d'ores et déjà pris des dispositions nécessaires pour que l'essentiel de la tranche 1 des menuiseries du logis puisse être réglé, donc rendu déductible, avant le 31/12/17 ; comme Patrice Cahart et moi te l'avons expliqué, il y avait urgence puisque, toutes choses égales par ailleurs, les "droits à déduction" de 2018 seront, en l'état du débat budgétaire devant le Parlement, deux fois moindres que les autres années ;
- au-delà de cette tranche 1, la priorité me semblerait de mettre en place un chauffage astucieux, si possible central, ceci nécessitant tout d'abord une étude du genre de celle que je t'ai recommandée il y a longtemps déjà ;
- au-delà du chauffage, la priorité suivante me paraîtrait concerner la moitié Nord du logis, sans oublier les chambres d'enfant, salles d'eaux et cuisine à prévoir ; il vous revient de savoir combien de temps vous accepterez de loger dans le fournil de la ferme en attendant.

6 - Sur le suivi du chantier :
- je comprends fort bien que tu n'aies pas le temps de t'occuper des parties les plus astreignantes de la vie du chantier ;
- je t'ai proposé de t'épauler dans ces tâches.

7 - Enfin, sur la "tournure charmante et enlevée" de mon courriel de ce soir :
- je me borne à te remercier pour ce compliment auquel je suis sensible, même s'il "m'en touche une sans faire bouger l'autre" selon l'expression consacrée.

Je demeure à ta disposition pour répondre à tes questions éventuelles.

K du B-P

P.S. : Je crois que j'avais oublié de t'informer que le volume de l'ancienne cuisine du bâtiment Nord sera dévolu à mon bureau-bibliothèque.

(Fin de citation)

A ce stade de nos échanges, il me semble que le point pratique à régler de toute urgence est de savoir si, oui ou non, mon aîné souhaite pouvoir se prévaloir des "droits à détaxation" de la tranche 1 au titre de 2017. A ce sujet, il ne lui reste que quelques jours, moins d'une semaine, pour se décider.
Je viens de dialoguer avec mon correspondant à la D.R.A.C.

D'après ce que j'ai retenu, il n'y aurait pas de problème de principe pour que je règle les factures d'acomptes que l'on sait avant le 31 décembre prochain et bénéficie dans la foulée des subventions prévues initialement en faveur de mon aîné.

Cela me paraissait ne pas faire un pli mais j'ai préféré m'en assurer en temps utile.

P.S. (du 8 janvier 2018) : Les choses semblent s'être compliquées depuis cet échange téléphonique, au moins au niveau des modalités. Je m'emploie à essayer d'aplanir les difficultés.

Il est de fait que j'ai réglé en temps utile, avant la fin de l'exercice 2017, les devis d'acomptes dont j'avais parlé à mon interlocuteur sans toutefois lui préciser qu'il y avait eu un changement de menuisier par rapport à une phase antérieure de réflexion.
Là et au moment où j'espérais passer enfin le relais, il convient donc que je change mes plans du tout au tout, c'est-à-dire réfléchisse au programme de travaux qu'il me reviendra de mener à bien au cours des prochaines années, en définissant mes priorités et en veillant aux financements.

En toute logique, il faudrait commencer par le chauffage. Mais le contact avec l'expert qui aurait pu me conseiller a été perdu par incurie, là aussi, du relais pressenti, de sorte qu'il va me falloir me mettre en chasse d'un nouveau professionnel. Il aurait été souhaitable de calibrer un chauffage central pour tous les bâtiments sur cour. Toutefois mes limites financières m'obligeront à me cantonner à une "bulle" qui devra, en tout état de cause, englober le bâtiment Nord et le rez-de-chaussée de la moitié Nord du logis.

Quant aux pièces que j'essayerai d'aménager, ce seront prioritairement les suivantes :
- mon bureau-bibliothèque au rez-de-chaussée du bâtiment Nord ; la préséance donnée à cette pièce tient à deux facteurs : d'une part, ce sera celle où je séjournerai de loin le plus de temps, c'est-à-dire la majeure partie de mes journées quelque chose comme 350 jours par an ; d'autre part, à la Chaslerie et de mon vivant, j'entends que les livres passent avant les casseroles : si mes petits-enfants ont quelque chose à retenir de moi, que ce soit cette leçon ;
- une cuisine au rez-de-chaussée de la tour Nord-Est, c'est-à-dire attenante à la salle à manger ; après 26 ans de chantier et Carole ayant vocation à passer dorénavant une plus grande partie de l'année en ma compagnie, il est en effet nécessaire de nous doter enfin d'un tel confort ; son aménagement sera soigné, l'évacuation de la hotte de cuisson pouvant se faire par la cheminée de cette tour ; il reste à déterminer si une arrière-cuisine pourra, comme je le souhaiterais, être aménagée à la place de la chaufferie actuelle du bâtiment Nord ;
- la salle-à-manger du logis dont on doit faire sauter ce qui reste d'enduits au ciment sur les murs ; les linteaux des passages vers la cuisine et le bâtiment Nord devront être rehaussés. Cette pièce devrait enfin nous permettre de convier à déjeuner ou à dîner des invités tout au long de l'année, chose incommode actuellement (avec la cuisine de l'autre côté de la cour) et, de surcroît, impossible l'hiver.

Dans ce contexte, l'aménagement du cabinet de toilettes du rez-de-chaussée du bâtiment Nord est repoussé à une phase ultérieure (lorsque notre état de santé ne nous permettra plus de monter à l'étage). En attendant, l'accès au cabinet de toilettes du 1er étage du même bâtiment sera réservé à Carole et à moi, les visiteurs, quels qu'ils soient, devant dorénavant, pour leurs ablutions, se satisfaire d'un fournil. Ces dépendances ont été restaurées dans ce but et il n'est que temps qu'elles y concourent en tant que de besoin.

Quant aux financements, je devrai avoir massivement recours à l'emprunt, d'autant que j'aurai à faire face, parallèlement, à d'importants frais de remise en état de notre domicile parisien, parties communes incluses qui vont à vau-l'eau depuis que j'ai livré l'immeuble, et plus particulièrement depuis que Carole a fait en sorte que la gérance soit confiée au copropriétaire minoritaire. La priorité sera donnée à cette dernière propriété dans la mesure où elle produira des revenus locatifs en phase avec le marché.

J'ai déjà commencé à me renseigner sur les meilleurs financements disponibles sur la place. On a compris que, dans ce domaine également, je ne peux compter sur aucune assistance, y compris de gens dont c'est, paraît-il, le métier et qui, toute honte bue, n'hésitent pas à se proclamer - du moins tant qu'ils estiment que ce ne sera pas répété - incompétents en la matière.

P.S. : Discussion ce matin avec Carole :

- à la Chaslerie, il lui faut une salle-de-bains avec baignoire ; j'observe que ce ne pourrait être qu'une salle-de-bains au 1er étage de la tour Nord-Est (donc au-dessus de la future cuisine), ce qui obligerait à restaurer et chauffer la chambre attenante (donc à en changer rapidement la poutre pourrie au plafond) ;
- à Paris, il lui faut un appartement proche de ses petits-enfants, ce qui, en l'état de l'occupation de notre immeuble, me paraît incompatible avec les orientations précédentes qui obligent à rentabiliser les lieux au mieux et dans les meilleurs délais ;
- elle exclut que les travaux, quels qu'ils soient, soient financés à nos âges par emprunt ;
- elle exclut de même qu'ils le soient par son épargne (si elle en a, ce que j'ignore puisque, depuis bientôt deux ans, je lui réclame en vain sa comptabilité).

Ainsi, avec toute cette suraccumulation de contraintes, à un mois du départ en retraite de Carole, l'histoire s'accélère tout d'un coup. Nous approchons de l'heure de vérité. Toutes mes tentatives pour trouver des solutions ont échoué. Je ne vois plus d'issue, sauf à prendre les décisions draconiennes et irréversibles qui, seules, restent sur la table comme je l'ai signalé.

Car il est clair que, de mon côté, s'il y a une chose dont j'exclue de me séparer, c'est de la Chaslerie.
L'Adoration des Rois Mages, 1609 ; 1628-1629, Pierre-Paul Rubens (Westphalie, Siegen, 1577 – Belgique, Anvers, 1640).
Technique et support : Huile sur toile.
Style Baroque.
Dimensions : 355,5 cm x 493 cm.
Museo Nacional del Prado, Madrid, Espagne.

Ce tableau fut réalisé par Rubens en 1609, bien que plus tard Rubens lui-même le retravailla et l'amplifia, entre 1628 et 1629, pendant son second voyage en Espagne.

N.D.L.R. : Contemporain de la Chaslerie.
Je viens d'adresser à la D.R.A.C. de Normandie le courriel suivant :

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : mardi 26 décembre 2017 10:05
À : (...)@culture.gouv.fr
Objet : Chaslerie - Programme 2018 de travaux subventionnés

Cher Monsieur,

D'après ce que je comprends, mon aîné, suivant en cela mes recommandations, avait prévu que le programme subventionné de travaux sur les menuiseries extérieures du logis de la Chaslerie concerne :
- les deux fenêtres de la tour Sud-Ouest,
- les quatre fenêtres de la pièce du 1er étage du logis au-dessus du salon (que j'appelle "la pièce dévastée", sous-entendu par l'incendie de 1884),
- les fenêtres et la porte principale de la cage d'escalier (j'ai un doute sur l'inclusion de la porte d'entrée en question dans son programme).

Est-ce que, en l'état de l'arrêté de subvention (dont je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'adresser une copie), il serait possible de modifier ce programme :
- en substituant à la tour Sud-Ouest les deux fenêtres du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est (il y en a une troisième, à l'étage de cette dernière tour, qui ne serait pas englobée dans le programme 2018 révisé) ;
- en conservant dans la "salle dévastée" la fenêtre Sud (qui est la plus délabrée) mais en substituant aux trois autres les trois de la salle-manger du logis ?

Le programme 2018 subventionné de restauration de menuiseries couvrirait ainsi, si vous le permettez, les pièces suivantes du logis :
- le rez-de-chaussée de la tour Nord-Est,
- la fenêtre Sud de la pièce du 1er étage au-dessus du salon,
- la salle-à-manger,
- la cage d'escalier (sans changement).

Ce changement de programme résulte de la modification de perspectives qu'induit pour moi le retrait de mon fils dont je vous ai informé. Puisque mes ressources sont limitées à mes moyens de retraité, il me paraît en effet nécessaire de donner la priorité, toutes choses égales par ailleurs, aux menuiseries extérieures des pièces à la restauration intérieure desquelles j'entends donner la priorité.

Pour autant, je ne renonce pas à la restauration des autres menuiseries extérieures. Je me réserve donc de solliciter pour celle-ci une nouvelle subvention le moment venu, idéalement au titre de 2019, sous réserve de vérification que j'aurais les moyens, sans doute par emprunt à long terme, de couvrir le solde.

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)
Par lettres recommandées A.R. de ce jour, j'ai adressé à Sébastien LEBOISNE (menuisier), à l'entreprise BODIN (maçon) et à Roland FORNARI (forgeron) les chèques d'acomptes convenus pour leurs travaux de 2018.

Ce formalisme est destiné à couper court à toute interrogation éventuelle du fisc. Il ne me reste plus qu'à espérer que la ligne de trésorerie pour laquelle j'ai signé un contrat la semaine dernière soit en place à temps.

P.S. du 2 janvier 2018 : La B.P.O. m'annonce que " le prêt travaux a bien été débloqué sur (mon) compte en date du 29 décembre."
Me voici de retour à notre manoir favori après la réveillon. Je retrouve ma chambrette glacée, il est grand temps que je me penche sérieusement sur ces questions de chauffage.

Sur le fond de notre programme de travaux favoris, je compte lancer rapidement la tranche relative à la moitié Nord du rez-de-chaussée du logis, c'est-à-dire, principalement, nous équiper enfin d'une cuisine agréable, facile d'accès et chauffée ; là aussi, mon souci de disposer d'une arrière-cuisine posera vite la difficile question du mode de chauffage à retenir.

Sur le fond toujours, Carole m'a demandé de lui préciser comment je compte nous permettre de sortir un jour de la spirale des travaux dans laquelle mon tropisme indéniable pour l'optimisation fiscale nous a plongés depuis belle lurette. Elle a compris que, jusqu'à présent, je finançais mes excès en la matière par ponction sur mon épargne financière mais que, désormais, je vais devoir recourir à l'emprunt. Donc il faut que je simule divers scenarii pour savoir jusqu'où je peux m'endetter sans risquer de nous envoyer dans le mur. En contrepartie, je lui ai demandé comment, de son côté, elle comptait maîtriser son flux de dépenses de consommation qui m'inquiète beaucoup, maintenant que ses revenus vont être réduits de moitié, joies de la retraite obligent.

Bref, nous entrons dans une phase d'ajustements qui ne sera pas toujours facile à vivre, même si nous conservons le recours de mettre en location notre domicile parisien, une hypothèse que Carole refuse à ce jour mais qui, selon moi et en l'état du marché, suffirait à régler une part significative de nos problèmes financiers.
Voici les photos que je viens de prendre du dégât des eaux.

Igor a commencé à passer une serpillière sur le sol :

4 janvier 2018.

D'après lui, le problème ne provient pas du regard dans le passage entre la cuisine et le salon, où il ne décèle rien d'anormal...

4 janvier 2018.

... ni, comme je l'avais cru au départ, d'une entrée des eaux par une porte extérieure ou une fenêtre

4 janvier 2018.

... mais de deux trous dans la maçonnerie, au ras du sol mais en-dessous du terrain qui se trouve à l'Ouest du bâtiment :

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

Si Igor dit vrai, il faudra boucher ces trous et drainer le terrain extérieur tout le long de la façade.

En attendant, voici quelques photos du capharnaüm entreposé là :

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

Mon cadet a réagi et m'a informé qu'un sous-ensemble du bazar lui appartenait. Il pourra se rendre compte, grâce à ces photos, d'une partie du problème.

Quant à l'aîné, sans doute trop absorbé par son travail (ce que je peux comprendre), il reste vis-à-vis de moi en plongée profonde.

Bien entendu et dès hier, j'avais commencé à retirer les sacs et objets les plus fragiles qui baignaient là-dedans ; hélas, par capillarité, le contenu des sacs en papier était déjà gâté.

P.S. (à 17 h 30) : Carole vient de m'apprendre que mon aîné et son épouse passeront samedi afin de constater les dégâts sur leurs biens.

P.S. (du 5 janvier 2018) : Igor m'a communiqué les photos qu'il a prises hier, à ma demande, avec son téléphone, alors qu'il venait de commencer à intervenir :

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

4 janvier 2018.

Le dégât des eaux n'est pas cantonné à deux pièces de l'"aile de la belle-mère". Voici ce que je constate au 1er étage de la tour Louis XIII :
- le vitrage d'occultation de la meurtrière a laissé entrer la pluie ; toute la maçonnerie a pris l'eau et le tanin de la porte y a diffusé ; des bibelots ont souffert (je les ai retirés) :

4 janvier 2018.

- les menuiseries extérieures orientées vers l'Ouest n'ont pas suffi à contenir les eaux à l'extérieur des bâtiments. Voici, par exemple, une autre photo prise au même 1er étage de la même tour :

4 janvier 2018.

Puisque des objets qui m'appartiennent ont été atteints, je vais faire intervenir l'assurance. Voici le courriel que je viens d'adresser à mon courtier favori :

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : jeudi 4 janvier 2018 11:07
À : (...)
Objet : Manoir de la Chaslerie - Dégât des eaux dû à la tempête

Cher Monsieur,

Je vous signale que la tempête en cours a occasionné des dégâts significatifs dans diverses pièces de mon manoir.

Je n'ai pas encore fini de passer l'inspection et vous préciserai les choses un peu plus tard.

Auriez-vous l'obligeance de me rappeler en quoi consiste ma couverture en la matière, pour des dégâts touchant tant le bâtiment que son mobilier ?

D'avance merci.

Cordialement,

PPF

(Fin de citation)

Pendant que je poursuis mon inspection, Igor continue à éponger les sols :

4 janvier 2018.

Il me dit que de l'électro-ménager appartenant à mon cadet a été touché :

4 janvier 2018.

Il a eu la bonne idée de surélever des meubles en plaçant des tomettes sous leurs pieds :

4 janvier 2018.

Malheureusement, il reste de nombreux cartons intransportables en l'état (ici ce n'est pas grave car il s'agit de bouteilles) :

4 janvier 2018.

Enfin, il me confirme qu'au rez-de-chaussée de l'"aile de la belle-mère", ce ne sont pas les menuiseries extérieures qui ont lâché mais que la source du problème est à rechercher au pied de la façade Ouest :

4 janvier 2018.

Encore un dégât des eaux, cette fois dans le fournil du manoir. J'avais pourtant pris la précaution de confier à un plombier ayant pignon sur rue le soin de couper l'eau avant la période des gelées. Voici le résultat, signalé par Franck LIEGEAS lors de sa tournée ce matin :

8 janvier 2018.

8 janvier 2018.

8 janvier 2018.

8 janvier 2018.

8 janvier 2018.

Espérons que ce plombier soit bien assuré.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : lundi 8 janvier 2018 17:47
À : (...)
Cc : Th.F.
Objet : RE: Chaslerie - Programme 2018 de travaux subventionnés

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour votre célérité remarquable après mon appel de tout à l'heure mais me déclare particulièrement étonné par ce que vous m'écrivez.

En effet, selon le seul document en ma possession à ce jour, au timbre de la préfète de Région, que m'a communiqué mon aîné hier (...), je suis bien le "bénéficiaire" de la subvention. Il est en outre précisé, à l'article 1er de ladite "convention", que celle-ci porte sur les "menuiseries du 1er étage du logis et de la tour attenante".

Par conséquent, je vous prie, dans le prolongement de ma demande de communication de pièces du 26 décembre dernier, de bien vouloir me transmettre l'ensemble des pièces du dossier sur lesquelles vous pensez pouvoir vous fonder. Vous avez compris, je pense, que, dans les circonstances particulières que je vous ai dites, je cherche à éviter les conséquences très préjudiciables pour un monument classé ouvert au public d'une interprétation comme celle dont vous avez bien voulu me tenir informé.

En outre, j'appelle votre attention sur le fait qu'en liaison avec l'architecte du patrimoine qu'il avait mandaté, mon fils, qui agissait "par délégation" de ma part ainsi qu'il est précisé sur la convention préparée par vos services et qu'il avait signée, avait changé d'artisan pour un volet du dossier (ainsi que cela était arrivé précédemment, pour d'autres dossiers, sans que cela ne pose jamais de problème à la D.R.A.C.). Je vous prie donc de bien vouloir me confirmer que vous ne désavouez pas le travail ainsi effectué par l'architecte du patrimoine en cause. Vous savez que j'ai déjà réglé, à titre d'acompte et avec votre accord téléphonique, une fraction importante du devis de l'artisan ainsi préféré comme des deux autres et je ne voudrais pas qu'un revirement de la doctrine administrative rende impossible la poursuite du chantier.

Bien cordialement,

PPF

__________________________________________________

De : (...) <(...)@culture.gouv.fr>
Envoyé : lundi 8 janvier 2018 16:30
À : Pierre-Paul Fourcade
Cc : (...) ; (...)
Objet : Re: Chaslerie - Programme 2018 de travaux subventionnés

Monsieur,

Pour faire suite à votre message et à notre entretien de ce jour, j'ai le regret de vous informer que le bénéficiaire de la subvention ne peut être modifié au profit d'un autre. De la même façon, l'objet comme le contenu de votre programme subventionné ne peuvent être changés.

La seule solution serait d'annuler la subvention prise, mais vous ne pourriez prétendre ensuite à une autre subvention sur ces mêmes travaux. De plus, les crédits mobilisés seraient perdus pour la DRAC (nous ne pouvons récupérer les crédits une fois l'exercice budgétaire clos) et nous ne pouvons reprogrammer une nouvelle subvention cette année au manoir de la Chaslerie, les dossiers en attente étant trop nombreux.

Je vous rappelle que le bénéficiaire de la subvention a deux ans pour commencer les travaux. Il serait sans doute préférable de maintenir cette subvention et de rechercher une solution avec le bénéficiaire pour mettre en oeuvre les travaux dans un délai raisonnable.

Pour plus de détails sur le volet administratif de ce dossier, vous pouvez contacter Mme (...), responsable de la cellule programmation.

Je reste à votre disposition pour toute autre question.

Bien cordialement

(...)

__________________________________________________

Pierre-Paul Fourcade a écrit le 26 décembre 2017 :

Cher Monsieur,

D'après ce que je comprends, mon aîné, suivant en cela mes recommandations, avait prévu que le programme subventionné de travaux sur les menuiseries extérieures du logis de la Chaslerie concerne :
- les deux fenêtres de la tour Sud-Ouest,
- les quatre fenêtres de la pièce du 1er étage du logis au-dessus du salon (que j'appelle "la pièce dévastée", sous-entendu par l'incendie de 1884),
- les fenêtres et la porte principale de la cage d'escalier (j'ai un doute sur l'inclusion de la porte d'entrée en question dans son programme).

Est-ce que, en l'état de l'arrêté de subvention (dont je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'adresser une copie), il serait possible de modifier ce programme :
- en substituant à la tour Sud-Ouest les deux fenêtres du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est (il y en a une troisième, à l'étage de cette dernière tour, qui ne serait pas englobée dans le programme 2018 révisé) ;
- en conservant dans la "salle dévastée" la fenêtre Sud (qui est la plus délabrée) mais en substituant aux trois autres les trois de la salle-manger du logis ?

Le programme 2018 subventionné de restauration de menuiseries couvrirait ainsi, si vous le permettez, les pièces suivantes du logis :
- le rez-de-chaussée de la tour Nord-Est,
- la fenêtre Sud de la pièce du 1er étage au-dessus du salon,
- la salle-à-manger,
- la cage d'escalier (sans changement).

Ce changement de programme résulte de la modification de perspectives qu'induit pour moi le retrait de mon fils dont je vous ai informé. Puisque mes ressources sont limitées à mes moyens de retraité, il me paraît en effet nécessaire de donner la priorité, toutes choses égales par ailleurs, aux menuiseries extérieures des pièces à la restauration intérieure desquelles j'entends donner la priorité.

Pour autant, je ne renonce pas à la restauration des autres menuiseries extérieures. Je me réserve donc de solliciter pour celle-ci une nouvelle subvention le moment venu, idéalement au titre de 2019, sous réserve de vérification que j'aurais les moyens, sans doute par emprunt à long terme, de couvrir le solde.

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)

A la réflexion, je me dis que la dernière phrase de mon courriel de ce jour (le 8 janvier 2018) est ambigüe en ce sens qu'elle pourrait donner à penser que, lors de la conversation téléphonique dont il est question, soit le 22 décembre 2017, j'avais donné les noms des artisans mandatés, dont celui de l'artisan changé, ce qui n'est pas le cas, notre conversation étant restée à ce sujet sur un plan général dans le contexte de l'instauration du prélèvement à la source alors, à ma connaissance, toujours pas promulgué.

Je voudrais ajouter une question que la communication des documents éclairera sans doute, à propos de la formulation que j'ai citée, à l'article 1er de la convention : pourquoi, par exemple, n'y est-il pas fait mention des menuiseries extérieures de la cage d'escalier, alors qu'il est rappelé qu'un reliquat de subventions pour les enduits de cette cage d'escalier reste à consommer, les raisons de cet état de fait ayant été exposées et admises, à ma connaissance, de longue date ? Le simple fait que soit cité en annexe de la Convention un devis du forgeron prouve pourtant que ces menuiseries doivent bien figurer dans le champ de la subvention de cette "1ère tranche de restauration des menuiseries extérieures du logis de la Chaslerie", formulation qui avait cours lorsque j'avais suivi ce dossier.
Vincent PICAULT, entrepreneur de Domfront, est passé hier après-midi à notre manoir favori. Je lui ai demandé de préparer des devis pour, notamment :
- dans le logis, relever les 3 linteaux de porte que l'on sait,
- dans le logis également, enduire les murs de chaux selon le modèle que je lui ai montré, choisi par l'architecte du patrimoine
- dans la ferme, restaurer une gouttière de cuivre et un arbalétrier.

Vincent m'a réclamé les plans intérieurs du logis. Je profite de mon insomnie pour les rechercher dans les pages "Logis" de notre site favori.

Je viens ainsi de retrouver un message du 3 mai 2014 sur la géothermie, un sujet dont je vais devoir également me préoccuper. Si, comme le dit l'article, il faut, pour enterrer les tuyaux extérieurs, prévoir un terrain de deux fois la surface intérieure à chauffer, je me dis que la terrasse de notre manoir favori pourrait y suffire, complétée, si nécessaire, par une partie du "Pournouët", choisie à un endroit où ne seraient jamais plantés d'arbres et où n'auraient plus à circuler des poids lourds.

De même, je retrouve des messages du 13 septembre 2016 et du 12 octobre 2016 indiquant quel produit utiliser pour l'entretien des cache-radiateurs du bâtiment Nord ; je vais en avoir besoin car les verrous n'ayant pas été poussés à la fenêtre de ma chambrette par un ou une maniaque de l'aération, les récentes tempêtes ont ouvert cette fenêtre en mon absence et la pluie a nettement tâché cette menuiserie cirée.

Ah, après 3 heures de recherche, voici un plan qui pourrait aider, mis en ligne ici pour la première fois le 7 avril 2017 :

Mon aîné, qui se trouve à 5 000 km d'ici, a néanmoins réussi à me transmettre ce matin le fichier "Excel" relatif aux travaux de la "1ère tranche de restauration des menuiseries extérieures du logis", ainsi que je l'appelle. La D.R.A.C. avait reçu communication de ce fichier à sa demande car, pour une raison qui tend à m'échapper, elle aurait voulu modifier des taux de T.V.A.

En outre, ce fichier démontre qu'en plus des travaux indiqués à l'article 1er de la "Convention" au timbre de la préfète de région ou encore en titre de l'Annexe 1 qui sous-tend cette convention, l'ensemble des travaux relatifs à la cage d'escalier du logis, y compris la porte d'entrée principale, a bien été inclus dans les travaux sommairement récapitulés à l'Annexe I. Le libellé de cet article 1er et celui du titre de cette annexe sont donc, à tout le moins, incomplets.

Il est possible que des informations importantes sur les pièces qui ont servi à étayer le dossier, tel qu'il paraît avoir été instruit, ne me soient pas encore connues. On sait que je n'ai pas manqué de réclamer ces dernières.
Mais, à ce stade du débat, et tout en restant ouvert à tous les arguments valables qui pourraient être invoqués, j'avoue que j'aurais plutôt tendance à en douter.

Le fait est que ce type de dossier est toujours complexe à maîtriser sous toutes ses facettes, de sorte que même des personnes dotées de la meilleure volonté pourraient y commettre des erreurs ou des abus d'interprétation. Donc, bien que me sentant fort de l'expérience qui est la mienne, je me garderai de jeter la moindre pierre à quiconque, soucieux que je suis que ce dossier avance dans l'ordre et la sérénité.
L'une des contre-propositions que j'avais imaginées et que mon aîné n'a jamais voulu entendre à ce jour consistait à rechercher un compromis entre la "priorité aux casseroles", telle qu'elle sous-tend une réflexion (isolation thermique incluse...) dont on avait bien voulu me fournir un avant-projet, ...

... et mes propres desiderata, tels que pris en compte par un excellent artisan :


Cette piste envisageable pour un compromis m'est apparue plus nettement lorsque je me suis penché sur un vieux plan :

Voyez-vous ce à quoi je pense ?

Peut-être pas si je ne vous explique pas comment lire les trois plans ci-dessus :

- le premier est orienté de façon telle que le Nord soit en haut ; il montre toute l'extension qu'aurait la cuisine pour mon aîné ; sur cet avant-projet, l'espace dévolu à la cuisine irait de l'entrée actuelle du bâtiment Nord à la chaufferie actuelle, soit une longueur de 2,5 travées entre les poutres du plafond ; il y aurait ainsi au Nord de cette pièce 2 fenêtres et un fenestrou (qu'aux dernières nouvelles il était question de transformer en 3ème fenêtre) ;

- sur le deuxième, le Nord est en bas du document ; le projet s'étend sur 2 travées et comporte deux fenêtres au Nord ; il correspond au volume d'une ancienne cuisine (celle de mes prédécesseurs immédiats) et va de l'entrée du bâtiment Nord à la chaufferie actuelle ; ce "projet pro-books" comporte des rayonnages sur trois côtés de la pièce mais aucun au Sud ;

- le troisième montre, si je comprends bien, l'état des lieux vers 1960 ; le Nord est à gauche ; l'intérêt de ce plan, du moins à mes yeux, consiste en la séparation qui y figure entre le volume dénommé "office" (en haut à gauche du plan) et celui qualifié de "cuisine salle de séjour du personnel agricole".

Retenons l'idée de cette cloison du troisième plan, elle va fonder ma contre-proposition. Avant d'indiquer cette dernière, je dois préciser qu'aujourd'hui, l'espace entre la tour Nord-Est et l'"office" du troisième plan a été couvert et abrite la chaudière actuelle.

Cette contre-proposition consiste à :

- limiter l'espace dévolu à mon bureau-bibliothèque à une travée (au lieu de deux), à savoir la plus proche de l'entrée actuelle du bâtiment Nord ;

- affecter à la "nouvelle cuisine" 1,5 au lieu de 2,5 travées du premier plan, c'est-à-dire tout le volume imaginé, y compris la chaufferie actuelle, jusqu'à la poutre qui barre le plafond au milieu du volume actuel ;

- installer ailleurs (dans la tour Sud-Ouest ?) la chaudière pour pouvoir ménager un passage entre cette "nouvelle cuisine" et la pièce du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est où serait installée un petite salle-à-manger utilisable très agréablement pour les petits-déjeuners ou les repas à moins de six convives.

En d'autres termes, dans ma contre-proposition :

- je divise par deux l'espace dévolu à mon bureau-bibliothèque mais je préserve sa position privilégiée juste à côté de l'entrée du bâtiment Nord et sa vue sur ce qui se passe dans la cour ; il conserve ainsi les caractères de tour de garde et de P.-C. central auxquels je suis très attaché ; les inconvénients sont de réduire les panneaux disponibles pour les rayonnages de bouquins et d'empêcher la disposition d'une vraie table de réunion au milieu de la pièce ;

- j'empêche certes la grande perspective intérieure sur une cuisine conçue comme le centre du monde en enlevant l'équivalent d'une travée mais je redonne l'équivalent, sinon en surface, du moins en usage, dans la tour ; c'est beaucoup plus commode pour le maniement de la vaisselle, qui peut être ainsi mise en commun avec la grande salle-à-manger du logis ; je donne un sens à la porte actuelle entre la chaudière et l'arrière-cour qui devient l'accès pratique et discret de la cuisine à l'arrière-cour (on peut imaginer et je recommanderais une porte comportant une partie vitrée pour apporter la lumière du jour au passage) ; point important, le passage entre la cuisine et la grande salle-à-manger deviendrait très commode, dès lors que le linteau en aurait été relevé (comme j'en ai l'intention en tout état de cause).

Bref, la principale difficulté de cette contre-proposition est pour moi de voir comment je peux aménager un bureau-bibliothèque réduit de moitié en surface au sol. Je vais commencer à y réfléchir car, même si ma contre-proposition était rejetée par la jeunesse (je n'ose plus l'appeler la "jeune classe concernée" après ce qu'elle me fait endurer), il me semble qu'elle a tout pour séduire Carole. Et je crois que l'idée d'un coin repas dans la tour, bénéficiant ainsi du soleil du matin, serait particulièrement agréable à vivre pour des retraités désireux d'accueillir leurs petits-enfants.

Isn't it fu-fute ? What you say, what you say ?
D'après les derniers échos recueillis à la meilleure source qui soit, en tout cas la plus accessible (et je l'en remercie), "le bénéficiaire d'une subvention est celui dont le RIB a été entré dans l'ordinateur. Une fois que c'est fait, on ne peut plus rien changer."

Etonnant, non ?

P.S. : Malgré cette intéressante définition de la notion de "bénéficiaire d'une subvention", il est cependant possible que nous arrivions à nous en sortir pour ne pas perdre le bénéfice de cette manne aussi bienvenue que conquise de haute lutte depuis trois ans qu'on y travaille. Touchons du bois !
Dans le prolongement du dernier prolongement, je me dis que je pourrais passer ansuite le manche à la jeunesse ex-concernée pour qu'elle restaure, en le matelassant d'isolations thermiques aussi épaisses qu'elle en conserverait la lubie, le 1er étage du logis.

Car si ces jeunes font des horreurs là, ce n'est pas trop grave dès lors qu'on peut imaginer qu'un jour ultérieur, un esthète aussi avisé que fortuné ferait sauter ce caparaçon à l'occasion de la restitution à la charpente de ses dimensions et positionnement d'origine.

Bon, en attendant, ces jeunes auront certainement voulu cloisonner la très belle pièce (belle potentiellement, je rappelle que je l'appelle la "salle dévastée", sous-entendu par l'incendie de 1884) qui se trouve au-dessus du salon. Mais l'esthète imaginé saura y remédier en installant là la magnifique chambre de maître de 60 m2 au sol que le bâtiment appelle de toutes ses forces.
Très intéressante visite ce matin chez mon voisin François LAUTOUR, à Lonlay-l'Abbaye.

J'ai commencé par admirer une superbe taque de fonte qui, paraît-il, pèse 500 kg :

17 janvier 2018.

J'ai parlé de la taque de la Chaslerie qui est fêlée et François LAUTOUR m'a dit qu'il est possible de la réparer en vissant à son arrière des joints de métal (surtout, ne rien souder).

Puis François LAUTOUR m'a montré son installation de chauffage par géothermie. Voici le principal appareil qui fait un certain bruit du fait de la pompe de circulation qu'il contient en plus du compresseur :

17 janvier 2018.

Pour un plus grand confort, l'installation est complétée par un "buffer" silencieux, chargé de réguler la température de l'eau dans le circuit des radiateurs :

François LAUTOUR, ancien de "LUREM" puis fondateur et P.D.-G. de France-Elévateurs (qu'il a vendu à "Etna"), connaît et pratique la technique ainsi qu'en témoignent, à son domicile, ses impressionnants ateliers de travail du fer, du bois et du vin (il produit son propre vin à partir de vignes plantées derrière sa maison) ainsi que sa collection de motos, dont une superbe "Indian" des troupes américaines de la Seconde Guerre Mondiale qu'il a conservée dans son jus, pneus inclus, et qui ferait un malheur chez les "Pawn Stars" de Las Vegas. Malheureusement, avant de prendre en photo ces engins, j'ai fait tomber mon appareil photo sur le sol en béton, ce qui l'a mis H.S.

Quoi qu'il en soit, j'avais grand intérêt à écouter cet expert et praticien. Il m'a appris que, pour chauffer ses 150 m2, il a fait forer 3 puits de 100 mètres de profondeur, ce qui n'est pas possible dans tous les sols (cela ne convient pas dans les sols argileux car les parois du puits ne sont pas assez solides pour le foreur qui ne peut plus récupérer alors son coûteux trépan). Dans chaque puit, sont enfilés quatre tuyaux de type "plymouth" permettant un double va-et-vient de l'eau glycolée qui y circule avant que sa chaleur ne soit récupérée par le compresseur où un échangeur thermique fonctionnant sur le principe de l'échauffement de l'embout d'une pompe à vélo en transfère la chaleur à un second circuit d'eau qui alimente les radiateurs. François LAUTOUR insiste sur l'importance de l'isolation thermique des plafonds des pièces ainsi chauffées, tout en indiquant qu'il existe des isolants peu épais grâce à l'inclusion de feuilles d'aluminium.

Bien entendu, la longueur des puits doit être proportionnée à la surface à chauffer. François LAUTOUR précise que, pour 150 m2 à chauffer sous 2,50 m de hauteur de plafond, il faut une puissance de chauffe de 15 kW, ce qui correspond à 300 m de puits, donc ici 3 puits de 100 m de profondeur chacun, sachant qu'on compte un apport de 50 W par mètre de puits, le forage coûtant (...) €/m.

Il fait valoir qu'il existe de la géothermie de surface (à 1,20 m du sol), moins coûteuse à installer puisqu'il y suffit d'une mini-pelle, qui suppose également que le terrain ne soit pas argileux (sinon, les tuyaux ne sont plus en contact avec la terre dès que la glaise se rétracte, ce qui les rend inopérants). Il va d'ailleurs me communiquer les coordonnées d'un de ses amis qui a mis en place une installation géothermique de surface.

Enfin, pour la Chaslerie, il m'incite à me renseigner sur l'aérothermie, tout en me signalant que celle-ci ne fonctionne guère quand il fait moins de 0° C, ce qui oblige à maintenir un chauffage de substitution pour les jours de grand froid, certes rares en Normandie.

P.S. : Au moment de mettre en ligne ce message, j'ai téléphoné à François LAUTOUR pour le lui lire afin de m'assurer que je n'écris pas d'âneries. Lorsque je lui ai dit que sa photo est désormais en ligne sur notre site favori, j'ai appris que ce voisin fait déjà partie de notre fan-club favori !
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : jeudi 18 janvier 2018 20:09
À : Soul Bernard
Objet : Ouest-France : Domfront. Le conseil régional donne carte blanche à la cité médiévale

Monsieur le maire,

Suite à l'article d'Ouest-France, je vous signale que l'"Association pour la restauration, la défense et l'animation du manoir de la Chaslerie" est prête, ainsi bien sûr que les propriétaires, à participer à la réflexion que vous allez sans doute organiser.

Il n'est certainement pas nécessaire que je vous redise que le patrimoine domfrontais ne se limite pas à la citadelle.

A la Chaslerie, on ne demande pas mieux que de vous aider, notamment sur des projets concrets d'animation ou, au moins autant, de restauration du patrimoine.

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)