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Mots-clés : loi de fourcade

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Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 18 Février 2011
Journal du chantier - Ferronnerie - Logis
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En matière de bâtiment, et notamment de restauration de monuments historiques, Roland FORNARI a coutume de dire qu'"une erreur répétée est un parti architectural". J'aime assez cette façon optimiste de canaliser la critique quand elle s'exprime une fois le travail réalisé.

De mon côté, je rassure parfois mes artisans en leur disant, beaucoup plus prosaïquement, qu'"il faut savoir accepter les petites conneries car ainsi, lorsqu'il y en a une grosse, elle se voit moins". Comme on le constate ici, mes artisans et moi, nous n'hésitons pas à théoriser nos travaux ; on appelle d'ailleurs la dernière remarque la "loi de FOURCADE" ; elle me paraît encore plus accommodante que la "loi de FORNARI", dans la mesure où elle n'impose pas de réitérer les âneries pour les rendre acceptables.

Observons au passage que mon goût pour la Haute Epoque rend l'application de ma "loi" beaucoup moins déplacée ou dangereuse que s'il s'agissait pour nous de restaurer des bâtiments du siècle de Louis XIV ou du XVIIIème siècle.

L'intervention des équipes de Roland FORNARI à la Chaslerie montre cependant que cette "loi" a des limites. Mais, je m'empresse de le dire, tout finit bien et Roland FORNARI s'est comporté comme un "gentleman" en acceptant sans rechigner le moins du monde mes remarques sur ses dernières livraisons.

A première vue, les nouvelles grilles de la façade Est du logis (deux petites au rez-de-chaussée de la tour Nord-Est et une grande à la fenêtre de la salle-à-manger), telles qu'elles ont été reposées cette semaine, complétaient très bien cette façade. Voici une vue d'ensemble prise ce matin dans la brume :

18 février 2011, les trois nouvelles grilles à l'Est du logis de la Chaslerie.

Voici le détail de l'une des deux nouvelles grilles de la tour :

18 février 2011, l'une des deux grilles du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est.

On se souvient peut-être que Roland FORNARI avait déjà livré et installé ces deux grilles pour les dernières "Journées du patrimoine", à la mi-septembre 2010, mais je lui avais alors demandé de les redéposer pour pouvoir en allonger les barreaux horizontaux. J'avais en effet commandé des grilles avec ce que j'appelle à tort un "aspect de moucharabieh", c'est-à-dire avec des retours du métal jusqu'à la pierre ; je demande en effet que le plan de la grille ne se confonde pas avec le plan de la paroi extérieure du mur mais en décolle d'une dizaine de centimètres ; je trouve que cela donne "plus de vie" à la grille (accessoirement, cela empêche les pigeons de décorer les fenêtres car ils en sont alors trop éloignés...).

Depuis septembre dernier, la correction a bien été faite mais, cette fois-ci, j'observe que les barreaux verticaux ne reposent pas sur l'appui de la fenêtre, comme demandé, ce qui est regrettable.

18 février 2011, le motif de refus des petites grilles.

La grande grille, quant à elle, est, dans l'ensemble, satisfaisante à mes yeux :

18 février 2011, la grande grille de la fenêtre Est de la salle-à-manger du logis.

J'aime bien, en particulier, les fleurs en haut des barreaux verticaux...

18 février 2011, les fleurs en haut de la grande grille.

... ainsi que les rondelles de métal en bas des deux barreaux verticaux extérieurs inspirées d'une grille du manoir de Lambosne à Clairefougère (à côté de Cerisy-Belle-Etoile) signalée à Roland FORNARI par notre ami François POUGHEOL. Mais j'observe que l'"aspect moucharabieh" que je souhaitais est raté puisque les barreaux horizontaux sont, de part et d'autre, trop courts de 5 bons centimètres. Surtout, je suis très déçu que, pour implanter les œillets nécessaires à la fixation de la grille au mur, les compagnons de Roland FORNERI aient osé percer des granits séculaires ; ils ont même négligé de réutiliser une paire d'œillets d'origine qui restent donc inemployés.

J'ai donc refusé ces travaux en l'état. Les grilles ont dû être une nouvelle fois déposées.

Il sera facile de remédier au défaut des petites grilles. En revanche, pour la grande, il conviendra de décaler légèrement vers l'intérieur de la grille les deux barreaux extérieurs, de manière à pouvoir en cintrer différemment les extrémités.

Alors que les compagnons de Roland FORNARI étaient revenus ce matin pour poser les deux autres grandes grilles de la façade Est (celles du salon), je leur ai dit qu'ils pouvaient les remporter à l'atelier, avec les trois autres, de manière à ce que l'ensemble corresponde à ma commande. Ils ont donc soigneusement mesuré les granits des deux fenêtres du salon afin de ne pas recommencer l'erreur de la fenêtre de la salle-à-manger.

Comme Roland FORNARI, joint par téléphone, et eux n'ont fait aucune difficulté pour obtempérer, je leur ai dit que, pour la fenêtre de la salle-à-manger, je renonçais à leur faire restaurer les granits malmenés ; les œillets y resteront tels qu'ils les ont posés et ce loupé fera partie de l'histoire de la restauration de la Chaslerie. Je me dis en effet qu'après tout, la fenêtre en question avait déjà été "bidouillée" au XVIIIème siècle, de manière à en abaisser l'appui ; on peut donc admettre que les fixations de la grille y aient une "histoire particulière à raconter".

Roland FORNARI m'a assuré que l'ensemble des grilles aura été modifié et pourra être reposé avant la fin de la semaine prochaine ; je l'en remercie.

P.S. : Je reste songeur. Nous vivons dans une époque barbare. Armés de perceuses électriques à la pointe de tungstène, les compagnons de Roland FORNARI n'ont pas réfléchi deux secondes avant de porter une atteinte pratiquement irrémédiable à des granits sculptés il y a plusieurs siècles. Au lieu d'insérer leurs œillets au niveau des joints entre les granits (comme cela se faisait traditionnellement et comme ils en avaient plusieurs exemples sous les yeux), ils n'ont pas hésité à perforer n'importe où ces pierres vénérables. Ils se sont ainsi comportés là comme des automates dépourvus de sensibilité. C'est tout à fait navrant. Surtout, cela me démontre une fois de plus que ma présence est indispensable pour suivre chaque étape délicate du chantier.

Donc, si, dans le cadre de mes nouvelles occupations professionnelles, je ne pouvais me libérer assez, il se pourrait bien qu'un jour prochain je me résolve à prendre des décisions pénibles sur le contenu du programme de travaux et sur les moyens que j'y consacre.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 21 Décembre 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Tour Louis XIII
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Voici la pierre choisie pour le centre du pavage de la future chaufferie (mes chaussures donnent l'échelle) :

21 décembre 2012, la pierre centrale.

Jonathan me fait observer que cette pierre est fendue. Ceci me paraît sans incidence. En revanche, il m'indique que, d'après lui, il serait malvenu de poursuivre avec mon idée de calepinage selon les diagonales car cela l'obligerait à tailler des pierres dont la surface visible est bombée et a été usée par le passage d'animaux divers ou de roues de charrettes. Bonne remarque ! Donc, en plein accord avec Jonathan, je renonce à mon idée d'autant plus facilement, d'ailleurs, qu'un calepinage trop soigné (ou chichiteux) serait un non-sens à la Chaslerie.

Sur ces bases, Jonathan commence à installer les premières dalles au coin bastionné de la pièce, c'est-à-dire à son angle Nord-Ouest :

21 décembre 2012, les premières pierres du dallage.

Il faut parfois équeuter certaines pierres à la scie circulaire (un outil dont les contrôleurs des Ministères de la Culture et des Finances ne semblent pas connaître l'existence, ce qu'on regrette pour eux...) :

21 décembre 2012, l'équeutage des pierres.

Pour mémoire, le centre de la pièce (croisement des diagonales) est, sur la photo suivante, au "x" mais, en raison du caractère bastionné de la tour, je choisis de déporter la pierre carrée vers l'Ouest, à l'emplacement du "+". Je procède ainsi en application de la bientôt fameuse "loi de FOURCADE" selon laquelle, je le rappelle, "il faut veiller à toujours faire des petites conneries ; ainsi, le jour où on en fait une grosse, ça se voit moins". Après mûre réflexion et maintes expériences diverses, l'application de cette loi est en effet recommandée par votre serviteur dans les restaurations de bâtisses "Haute Epoque" ou assimilées.

21 décembre 2012, le

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 22 Mai 2013
Journal du chantier - Menuiserie - Bâtiment Nord
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Sébastien LEBOISNE vient de finir de poser les deux portes palières du 1er étage du bâtiment Nord.

22 mai 2011, Sébastien au travail.

Elles ont été réalisées selon mes instructions.

22 mai 2011, la porte palière de la chambre Ouest du premier étage du bâtiment Nord.

Ainsi, l'une ouvre vers le palier quand l'autre s'efface dans la chambre. Autant dire que tout paraîtrait de guingois à un observateur à l'œil exercé. Mais, outre qu'il n'existe aucun angle permettant de voir les deux portes simultanément, je rappelle la "loi de Fourcade", dûment validée par une longue pratique, et qui s'énonce en substance de la manière suivante : "Il faut toujours penser à faire de petites conneries ; comme cela, le jour où on en fait une grosse, elle se voit moins !"

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 16 Janvier 2014
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Bâtiment Nord
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On l'a compris, il est fait maintes applications de la "loi de FOURCADE" sur ce chantier. La journée d'avant-hier en a apporté une nouvelle preuve.

Ainsi, pris d'un doute tardif, j'ai demandé à Igor de carreler la partie intérieure de l'appui du fenestrou de la cage d'escalier du bâtiment Nord (ouf, c'est dit !)

14 janvier 2014.

La régularité du quadrillage a fait ressortir le caractère quelque peu dissymétrique de l'ouverture.
Mais, après tout, quelle importance ?

Il y a quelques jours, j'ai envoyé à Dominique LEMAIRE le courriel suivant :

(début de citation)

Cher Domino,

Après que tu as brillamment relevé le gant à propos des éoliennes, je te propose un autre défi.

Il s'agirait pour toi d'illustrer deux lois fondamentales :

- la loi de FORNARI : "Une erreur répétée est un parti architectural".

- la loi de FOURCADE : "Il faut toujours penser à faire de petites conneries. Ainsi, le jour où une grosse est commise, elle se voit moins".

Toutes appréciations, philosophiques ou autres, sont bien entendu libres et même bienvenues.

Amitiés,

PPF

(fin de citation)

En guise de cas pratique immédiat, il s'agirait de déterminer si la coupe en zigzag des sablières du colombier obéit à la première loi ou à la seconde.

Je verse au dossier quelques photos des sablières de la chapelle, réalisées par le même artisan sur un bâtiment classé du même manoir :

1er juin 2015.

1er juin 2015.

1er juin 2015.

1er juin 2015.

Thierry me fait observer que les greffes qu'il avait réalisées antérieurement à la Chaslerie étaient droites, comme sur la tour Nord-Est :

1er juin 2015.

... et qu'il en était allé de même pour les travaux réalisés pour mon prédécesseur dans les années 1970, sur la tour Louis XIII :

1er juin 2015.

1er juin 2015.

Bien que ces photos ne soient pas très claires, je confirme que toutes les greffes réalisées sur les sablières de la Chaslerie ont été droites, qu'elles aient été réalisées par le même artisan (chapelle, tour Nord-Est) ou par son prédécesseur (tour Louis XIII).

La question paraît donc se poser de savoir si, sur le colombier, nous ne serions pas, en introduisant la novation de greffes en zigzag, en train d'appliquer simultanément les deux lois d'anthologie rappelées ci-dessus. J'interroge donc de nouveau l'architecte.

P.S. : J'insiste avec d'autant plus de conviction que les raccords de sablières ont été droits tant sur les écuries (dont la charpente a été restaurée l'an dernier sous le contrôle du même architecte)...

1er juin 2015.

... que sur le bâtiment Nord :

1er juin 2015.

En fait, il n'y a qu'un endroit où la coupe est oblique, c'est à l'angle du bâtiment Nord et du logis...

1er juin 2015.

... et le résultat en est complètement raté.

J'ai reçu cette après-midi la visite de M. André DEGON, accompagné de son épouse Edna. Ce journaliste prépare un ouvrage consacré à 50 monuments historiques normands, à paraître au printemps 2020, sans doute dans la collection "Itinéraires" de "Ouest-France". J'ai appris que notre manoir favori a été inclus dans cette liste sur la recommandation du comité départemental du tourisme, ce dont je remercie vivement ce dernier.

En l'état du chantier, je n'avais, pour nous asseoir commodément, que la pièce qui sert de cuisine dans le bâtiment Nord. Accueil spartiate donc. Notre site favori étant connu, j'ai voulu apporter un éclairage complémentaire en insistant sur ma méthode (ou, si l'on préfère, ma non-méthode) de restauration : toujours être attentif à "ce que nous disent les vieilles pierres", sans idée préconçue, sans précipitation ; également, lorsqu'un bon artisan est à l’œuvre, le laisser exprimer à sa façon ce qu'il ressent face au monument (l'exemple de Roland FORNARI étant particulièrement illustratif de cette façon de procéder ; j'ai évoqué la "loi de FORNARI" et la "loi de FOURCADE", bien connues du fan-club ; j'ai également cité Roland BOUSSIN à propos du dôme ou de l'aile Ouest et montré en détail les performances miraculeuses de l'entreprise BODIN, notamment dans la cage d'escalier du logis). Enfin, j'ai fait état de la difficulté, dans le monde contemporain, de transmettre de telles propriétés, c'est-à-dire de trouver quelqu'un qui soit digne du cadeau si c'en est un, ou capable de porter le fardeau si l'on considère - ce qui paraît raisonnable - que tel est le cas. Je n'ai pas dissimulé ma solitude souvent, face à l’œuvre écrasante, mais aussi, de temps à autre, mes coups de bourdon. J'ai expliqué qu'ayant choisi de maîtriser autant que faire se peut mon environnement immédiat, je suis d'avis, par souci de simplification dans un monde devenu trop complexe, que je n'ai, en réalité, de compte à rendre à personne sur ma façon de procéder dans mes travaux, si ce n'est au monument lui-même, avec lequel je me sens en dialogue constant.

Bref, si mes hôtes, tout à fait charmants, ne sont pas repartis en pensant que je suis un illuminé, je crois que j'aurai de la chance. Je les ai invités à revenir pour que nous poursuivions nos échanges. Il est déjà prévu qu'on se revoie dans quelques jours, au bord de la Seine, en aval de Rouen, pour admirer l'"Armada de la Liberté" à partir d'un endroit qu'ils apprécient tout particulièrement, m'ont-ils confié.

P.S. (du 25 mai 2019 à 2 heures) : Mes interlocuteurs m'ont demandé si, pour la restauration de Notre-Dame de Paris, je préférerais une restauration à l'identique ou un "geste contemporain". J'ai répondu que je ne connais pas suffisamment le dossier pour avoir un avis à ce stade, ce qui pourrait servir à prouver qu'au-delà de ma devise béarnaise revendiquée, je suis devenu un vrai Normand. Ainsi, aussi étonnant que cela puisse paraître, je me suis montré ouvert à une "disruption" à ce sujet. A dire vrai, en répondant de la sorte, je songeais à mon attitude très négative à l'époque où j'ai vu un énorme chantier se développer sous mes yeux de jeune fonctionnaire de la rue de Rivoli : j'étais horrifié, alors, mais, dès que je l'ai vu sortir de terre, j'ai trouvé que la "pyramide de PEI" est une grande réussite. De même, je me rappelle les polémiques engendrées par les "colonnes de BUREN" (qui avaient l'avantage essentiel, à mes yeux, de faire disparaître de l'enceinte du Palais-Royal les automobiles des conseillers d'Etat) ; là, le résultat (son bitume, ses spots bleus, quand ils marchent, ses grilles dignes du R.E.R.) me réjouit médiocrement. Donc, ai-je conclu ce propos, tout cela est, selon moi, affaire d'appréciation fine dans les différents cas d'espèce. Il n'en demeure pas moins - et l'on retrouve ici, au-delà de mon anti-macronisme primaire, la trame de mon expérience (je n'ose écrire de ma pensée) - que vouloir mener à bien en cinq ans un chantier comme celui de Notre-Dame est d'une connerie et d'une inculture monumentales et parfaitement intolérable.

Ils m'ont également interrogé sur les raisons de mon intérêt pour les vieilles pierres. Là, entre autres raisons que j'ai évoquées, j'ai souhaité rendre un hommage appuyé à mon prof d'architecture à Polytechnique, Auguste ARSAC, disparu prématurément et à qui j'aurais beaucoup aimé faire visiter le happening du chantier permanent de notre manoir favori. Au lieu de nous assommer avec un cours magistral, cet enseignant qui m'a marqué préférait commenter des diapositives relatives à des matériaux de construction traditionnels, en en vantant les mérites pour sensibiliser au respect dû au savoir-faire des artisans les jeunes ingénieurs et probables futurs constructeurs que nous étions. Peut-être ai-je pensé immédiatement à ce prof parce que, dès leur arrivée, mes hôtes m'avaient transmis le salut amical d'un carva fieffé dans le secteur et qu'ils venaient de visiter dans le cadre de leur exploration.

P.S. 2 (du 25 mai 2019 à 8 heures) : Mes interlocuteurs m'ont posé d'autres excellentes questions comme celles de savoir où s'arrête une restauration et quelle époque retenir quand la construction des bâtiments s'est étalée, comme ici, sur plusieurs siècles.

La première ne se pose pas encore dans le cas de la Chaslerie, où nous sommes, à vue d'homme (à la mienne en tout cas), devant un "work in progress". Tout au plus ai-je pu indiquer que, lorsque se termine une tranche de travaux ici, j'ai coutume de donner rendez-vous aux artisans dans 150 ans, histoire de vérifier si leur travail a tenu le coup. Une perspective qu'ils comprennent.

Quant à la seconde, elle est très délicate. Puisque je suis encore loin d'en avoir fini ailleurs que dans mes 65 m2 restaurés et habitables (un record au bout de 28 ans de travaux...), je demeure libre de pousser le curseur à différentes profondeurs. Disons que, pour les pièces principales, j'aimerais leur redonner tout le lustre qu'elles ont eu à leurs meilleures époques. Mais cela ne suffit pas, j'en suis conscient, à régler le débat. Là aussi, une approche prudente et une maturation progressive paraissent de bonnes façons d'éviter les erreurs. Sachant toutefois que, selon mon expérience, toute erreur de restauration est corrigeable. Il suffit de payer un peu plus cher et de faire refaire quand on l'estime nécessaire.

Une telle approche est, bien entendu, peu compatible avec la priorité aux résultats qu'affichent les contemporains excités. Ici, je sais que "ma danseuse" (comme l'appelle, comme pour s'en défier, mon aîné) n'a pas fini de me surprendre et de me polariser. D'une façon qui me dépasse et à laquelle, à vrai dire, je ne saurais et ne pourrais résister, quand bien même je le voudrais ou, pire, le devrais.
Chaque fois que Carole passe ici, désormais, je ne sais comment elle s'y prend mais elle détraque l'une des portes coulissantes de la douche. A sa demande, Igor a dû consacrer hier une partie de la matinée à essayer d'en remettre les roulettes dans leur rail. Ce type d'incident ne m'arrive jamais alors que je dois utiliser cette douche, bon an, mal an, vu nos modes de vie pour le moins séparés, une bonne douzaine de fois plus souvent qu'elle.

Pour le reste, Igor a continué à restaurer les trous que l'on sait. Le mur Est est fini (du moins de ce point de vue) :

25 mai 2019.

25 mai 2019.

La partie Ouest du mur Nord est en bonne voie :

25 mai 2019.

25 mai 2019.

Il reste néanmoins une trentaine de trous à traiter, la quasi-totalité à droite de l'entrée actuelle dans cette pièce.

Compte tenu du fait que la porte de gauche sera ultérieurement (et de nouveau) la porte d'entrée dans ladite "chambre des tourtereaux", il faudrait qu'on en relève le linteau. La porte de gauche a dû servir jusqu'au XVIII ème siècle, celle de droite est une création des années 50. Selon les plans d'Arnaud PAQUIN, la porte de droite donnera accès à un cabinet de toilettes ; donc cette voie de passage doit être maintenue. J'hésite sur le parti à retenir : (1) donner aux deux portes la même hauteur en harmonisant leurs linteaux ? Si oui, quelle hauteur de linteau retenir ? (2) maintenir une nette différenciation entre les deux portes ? A première vue, je pense à une cote mal taillée, une solution intermédiaire, ne serait-ce que par application de la "loi de FOURCADE" ("toujours faire de petites conneries, etc...").

Quoi qu'il en soit, la semaine prochaine, Igor devra prioritairement (1) dégager à la mini-pelle, et avec l'aide de Francis, la poutre dans laquelle Sébastien LEBOISNE aura à tailler les linteaux de fenêtres (plus les deux linteaux de porte en question ? ou un seul ?), (2) dès que Philippe JARRY, le terrassier, sera intervenu, commencer à rejointoyer le pied du mur Ouest.

Et déjà les deux tiers du C.D.D. d'Igor sont passés. Nous évoquons la suite, mais ce Dace revendiqué est très dur en affaires...

P.S. (à 8 h 30) : Vérification faite, la porte de la douche coulisse désormais sans le moindre frottement. Cet Igor est vraiment doué.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 19 Avril 2023
Journal du chantier - Charpente-couverture - Cave
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Adrien me dit que, pour l'écartement des poteaux marquant l'entrée dans la future chambre et la future salle-de-bains, il a respecté les cotes du plan établi par Arnaud PAQUIN. Donc 90 cm pour la première et 1 m pour la seconde. Je ne me souviens plus ce qui avait justifié ce traitement différencié :
- soit la "loi de FOURCADE" en vertu de laquelle "lorsqu'on restaure un monument ancien de ce genre, il faut toujours faire de petites conneries ; ainsi, quand on en fait une grosse, elle se voit moins" ;
- soit mon souci de faciliter le passage d'une baignoire de bonnes dimensions, sachant que, depuis une trentaine d'années, il n'y a plus de baignoire à la Chaslerie et que cela nous manque.

Adrien me demande si je verrais un inconvénient à ce que les futures soles de la cloison de la salle-de-bains soient en châtaignier car il n'a pas trouvé dans mes stocks de poutre de chêne de bonnes dimensions. En fait, je n'y vois aucun inconvénient, un tel mélange me paraissant conforme aux pratiques locales souvent constatées :

19 avril 2023.

19 avril 2023.

19 avril 2023.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 25 Avril 2023
Journal du chantier - Ferronnerie - Bâtiment Nord - Cave
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Alexandre GURY est venu ce matin essayer de trouver une solution aux problèmes que je lui avais signalés, portant l'un sur la facilité d'ouverture du fenestrou de l'arrière-cuisine du "bâtiment Nord", l'autre sur son étanchéité à l'air. Il m'a montré qu'il n'y en a pas.

Malgré cet échec relatif, je lui ai demandé de fabriquer deux menuiseries métalliques ouvrantes pour remplacer les menuiseries fixes de bois des deux fenestrous de la future salle de bains à l'étage de la "cave". Il en a pris les mesures :

25 avril 2023.


Sans doute suis-je convaincu de la pertinence de la "loi de FORNARI" (à ne pas confondre avec la "loi de FOURCADE") selon laquelle "une erreur répétée est un parti architectural".
Travaux de l'après-midi dans la cuisine :

18 février 2026.

18 février 2026.

18 février 2026.

18 février 2026.

18 février 2026.

18 février 2026.

18 février 2026.


Il y a eu des échanges entre Xavier et moi à propos du bon positionnement de l’ilot central comme du meuble posé contre les granits. J'ai fait part de mon opinion selon laquelle, dans un monument historique disons (pour simplifier) du XVIè siècle, il n'y a pas lieu d'introduire des symétries trop nettes. Ainsi, nous avons décidé de nous affranchir du strict respect des plans du cuisiniste pour :
- accroître un peu la largeur du passage entre l'ilot central et le mur portant les granits ; ceci s'est fait au détriment de la largeur de l'espace entre l'évier et l'ilot central ;
- mieux centrer sur le pan de mur partiellement en granit les meubles qui doivent y être posés ; de ce fait, la largeur visible des granits encadrant le passage vers la salle-à-manger ne sera pas la même des deux côtés, mais un peu plus large du côté de ce meuble.

Ces deux modifications sont destinées, en reculant marginalement les obstacles que constituent l'ilot central et le meuble bas en question, à fluidifier les mouvements de personnes entre la cuisine et la salle-à-manger.

"Casser les symétries" est aussi une conséquence de la "loi de FOURCADE", loi empirique (et que l'on pourrait même qualifier d'humaniste, du moins à sa façon) bien connue de mes services.
Dans l'après-midi, le cuisiniste Ghislain BARBREL...

24 février 2026.


... et le marbrier Jean-François BENOIT...

24 février 2026.

24 février 2026.


... m'ont fait approuver leur modèle de bec de corbin pour les plans de travail en quartzite "Taj Mahal" :

24 février 2026.

24 février 2026.


Puis j'ai donné mon accord pour que, sous les trois fenêtres de la cuisine, le haut du "siporex" soit fermé par du quartzite et non par du bois.

Ces pierres seront posées dans la semaine du 9 au 13 mars prochain, après quoi le maçon pourra badigeonner les murs.

P.S. (à 19 heures) : Pour éviter qu'une ferronnerie de la fenêtre sur cour n'oblige à abimer le quartzite à cet endroit, je viens de proposer au cuisiniste de raboter le haut du "siporex" correspondant, sachant que les deux fenêtres qui se font face dans cette pièce sont à des hauteurs différentes par rapport au sol.
Ghislain BARBREL m'a tout de suite dit que c'est une excellente idée.

L'on voit là, si c'était encore nécessaire, toutes les ressources qu'offre une saine et judicieuse application de la "loi de FOURCADE" bien connue de nos services.