Vie des associations

«Aucun propriétaire ne peut se dire à l’abri» : sur terre ou en mer, ces projets éoliens qui révoltent les amoureux du patrimoine

RÉCIT - Des plages du Débarquement à la roche de Solutré, pétitions et recours judiciaires se multiplient pour tenter d’empêcher leur installation.


Le château du village de Chanzeaux et le clocher de l'église sont des monuments historiques classés. A ce titre ils sont protégés par des règles de construction strictes dans un rayon de 500m... En dépit de ces règles strictes, la construction d'éoliennes de plus de 100 m de haut dénaturant le paysage est validée par les autorités locales. Gilles BASSIGNAC/Divergence

C’est un département qui compte parmi les moins ventés de France… Et qui voit, depuis plusieurs années, se multiplier les projets éoliens. De plus en plus démesurés. « La Saône-et-Loire, qui dispose d’un patrimoine bâti, paysager et culturel exceptionnel, bénéficiant de quatre labels « Villes et Pays d’art et d’histoire », va-t-elle bientôt accueillir les plus hautes éoliennes de France ? », s’alarment les associations de lutte contre ces projets, réunies en une fédération départementale, Vent de Sottise. Alors que le décret définissant la programmation pluriannuelle de l’énergie 2025-2035 (PPE-3) en France devrait être publié cet été, de nombreuses alertes se font entendre de la part de la société civile, inquiète d’un « saccage paysager » et d’une « perte d’attractivité » des campagnes. « Sous couvert de « transition », s’effare Julien Lacaze, président de l’association Sites & Monuments, la PPE-3 prépare, en seulement dix ans, la transformation de nos territoires ruraux en zones semi-industrielles ! »

L’« évaluation environnementale stratégique » de cette PPE-3 l’admet : « Les éoliennes modifient le paysage dans lequel elles s’insèrent par leur hauteur, leur envergure, leur positionnement et leur nombre, souligne le rapport gouvernemental. À long terme, le développement de l’énergie éolienne présente des risques de saturation du territoire. Une fois que les sites les plus propices auront été exploités, les développeurs de nouveaux projets pourraient se tourner vers des sites moins consensuels ».

« Comment, après un tel constat, considérer que le doublement de la production d’énergie éolienne terrestre comme le développement massif de l’éolien en mer - qui pourrait atteindre une vingtaine de structures offshore en 2035 -, prévus dans la PPE-3, auront un "impact neutre" sur les paysages et le patrimoine ? », s’étonne Julien Lacaze. Mêmes interrogations à la Commission supérieure des sites, perspectives et paysages, chargée de conseiller le gouvernement sur ces questions, qui s’en est émue auprès des ministres de la Transition écologique et de l’Industrie. « La question des conséquences paysagères de l’industrialisation de nouveaux espaces jusqu’à présent essentiellement ruraux reste ainsi posée, souligne-t-elle auprès du Figaro. Les membres de la Commission demandent une stratégie ambitieuse d’accroissement de la protection paysagère. »

Des implantations de plus en plus proches de sites d’exception

Selon Sites & Monuments, « les opérateurs éoliens proposent des implantations de plus en plus proches de sites exceptionnels : biens Unesco, Grands Sites de France, zones de biodiversité exceptionnelle ou au large de paysages littoraux ou montagnards précieux ». « De nombreux paysages remarquables sont, malgré la présence de monuments historiques, retenus pour l’implantation de nouveaux projets, créant une forme de conflit d’usage, précise Julien Lacaze. Pour défendre ces lieux, d’interminables recours judiciaires sont engagés, alors qu’il serait judicieux de les protéger clairement en amont, de façon opposable. Nous proposons des zones d’exclusion définitive de l’éolien. »

Au large des îles vendéennes d’Yeu et de Noirmoutier, la première des 61 éoliennes vient d’être installée, avec une mise en service prévue pour la fin de l’année. Un peu plus au nord, entre Groix et Belle-Île, ce sont deux ensembles de 13 et de 35 mâts flottants de plus de 300 mètres de haut, qui pourraient « barbeler l’horizon », à 19 kilomètres des côtes. « Des monstres aussi hauts que la tour Eiffel !, s’épouvante Éric Guillot, de l’association Préserver l’identité environnementale de Bretagne-Sud et des îles contre l’éolien en mer. Les vues sur les célèbres aiguilles de Port-Coton, peintes par Monet, seraient irrémédiablement saccagées. »

En attendant, dans le Var, près du sommet de la montagne Sainte-Victoire, les 22 éoliennes implantées depuis 2020 continuent de narguer les amoureux des paysages magnifiés par Cézanne. « L’ancienne autorisation a finalement été jugée valide par le Conseil d’État, malgré nos deux victoires devant le tribunal administratif et la cour administrative d’appel, rapporte le président de Sites & Monuments. Nous allons relancer le contentieux sur la question des espèces protégées… »


Le château de Saint-Point, où a vécu Alphonse de Lamartine. Le Figaro

Car, pour l’instant, devant la justice, ce sont plutôt les enjeux de biodiversité qui l’emportent. Pour la première fois en France, en avril, deux parcs éoliens ont été mis à l’arrêt, et leurs exploitants, lourdement condamnés pour destruction d’oiseaux protégés. La même semaine, le tribunal correctionnel de Montpellier a ordonné l’immobilisation des 31 mâts du parc d’Aumelas, dans le centre de l’Hérault, pour quatre mois - soit la période de présence sur le site du faucon crécerellette. Puis l’arrêt, pour un an, du parc éolien de Bernagues, après la mort d’un aigle royal.

Même si la défense de sites remarquables a déjà fait capoter des projets. Le 3 avril, la cour d’appel administrative de Nancy annulait l’autorisation de construction d’un parc de 63 éoliennes dans les Ardennes, le plus grand projet terrestre en France. Jugeant notamment que « les seuils d’alerte admis pour apprécier le phénomène de saturation visuelle sont largement dépassés » pour les riverains. En 2023, le Conseil d’État avait tranché : pas d’éoliennes du côté de chez Proust ! Estimant que le projet près d’Illiers-Combray (Eure-et-Loir) « risquerait de porter une atteinte significative » à des paysages « étroitement liés à la vie et à l’œuvre de l’écrivain », il l’avait définitivement enterré. Il y a un mois, c’est la proximité de sites inscrits ou classés, et notamment du menhir dit la pierre du Diable, à Lécluse (Nord), qui a motivé le rejet, par le Conseil d’État, d’un projet d’installation de six éoliennes dans le Pas-de-Calais.

Une distance minimale de 500 mètres

L’Hexagone compte environ 11.000 éoliennes, réparties entre quelque 2 650 parcs. « C’est devenu un souci constant pour nous, soupire le vice-président de La Demeure historique* Patrice Cahart, dont le manoir de la Fresnaye, le seul du Perche à avoir survécu à la guerre de Cent Ans, est aujourd’hui menacé par deux projets éoliens. Aucun propriétaire ne peut se dire à l’abri, à part peut-être sur la Côte d’Azur. Les monuments historiques sont très mal protégés, puisque la loi de 2010 leur accorde la même distance minimale que pour une habitation classique, 500 mètres. Déjà bien trop court ! Or, depuis 2010, la taille des éoliennes a doublé, leur puissance a triplé, l’aire balayée par une pale a quadruplé. Et les 500 mètres n’ont toujours pas été révisés… »

Président du Syndicat des énergies renouvelables, Jules Nyssen fait valoir que « la question de l’esthétique, c’est subjectif ». Et que « les espaces disponibles sont de plus en plus restreints ». « On a fait beaucoup de progrès technologiques ces dernières années, qui permettent d’implanter un plus petit nombre d’éoliennes, mais plus puissantes, développe-t-il. Elles sont de plus en plus hautes, mais aussi de plus en plus silencieuses. Chez nous, on ne voit pas les dégâts occasionnés, dans plein d’autres pays, par les puits de pétrole ou les techniques d’extraction du gaz de schiste ! Tout le monde est bien content d’avoir accès à l’énergie, mais avoir les infrastructures près de chez soi, c’est plus compliqué… C’est pour cela que cela nécessite beaucoup de dialogue pour impliquer la population et les élus locaux. »

« Cinq “tours Montparnasse” sur la crête dominant le château ! »

En Saône-et-Loire, au pays de Lamartine, « on a découvert le projet l’été dernier ». « Au début, devant les discours rassurants, j’étais plutôt favorable, se souvient Étienne de Baecque, propriétaire de Saint-Point, château des XIIe et XIVe siècles devenu, à partir de 1820, la demeure familiale du poète. Puis j’ai débusqué un projet démentiel : cinq “tours Montparnasse” sur la crête dominant le village et le château ! Car, dans des régions peu ventées comme la nôtre, pour être efficaces, les éoliennes doivent atteindre de 230 à 250 mètres. » Pendant les Journées du patrimoine, les visiteurs signent la pétition « en masse », et une association se monte, qui compte rapidement près de 500 membres. « J’ai compris qu’une grande partie de la population tenait énormément à ses paysages et à ses monuments, indique Olivier Lorne, président du collectif Nature et horizons. Mais ce projet a complètement cassé l’unité de notre intercommunalité, désormais divisée entre ceux qui sont culpabilisés par le réchauffement climatique, et les autres, diabolisés en réfractaires au progrès. »

À la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), on nous a dit que les monuments historiques n’avaient pas beaucoup de poids dans la décision…
Gérard Pradelle, secrétaire de l’Association de sauvegarde de l’environnement Marigny-Saint-Micaud (ASEM-StM)


« À aucun moment, dans les jolies plaquettes des promoteurs, le patrimoine n’était évoqué, rapporte Étienne de Baecque. Mais quand on a appris aux élus que ça se verrait de la roche de Solutré, ça a été déterminant. L’opposition des villageois a ébranlé un des trois maires participant au projet, qui s’est désisté. On a gagné une première manche, même si cela n’est pas fini… »

Un peu plus au nord, c’est un autre projet gigantesque qui pointe le bout de ses pales. Sur une commune, Saint-Micaud, où se dresse l’un des plus beaux menhirs de Bourgogne, dit la pierre aux Fées, classé aux monuments historiques et haut de plus de 6 mètres : « Face à lui, ce serait des éoliennes de 247 mètres !, s’écrie Gérard Pradelle, secrétaire de l’Association de sauvegarde de l’environnement Marigny-Saint-Micaud (ASEM-StM). À la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), on nous a dit que les monuments historiques n’avaient pas beaucoup de poids dans la décision… Heureusement, nous avons des espèces rares d’oiseaux, qui ont fait ajourner le projet. » En attendant, « toute économie basée sur l’activité touristique est compromise, et nos villages deviennent des repoussoirs », s’emporte Vent de Sottise.

Une histoire de gros sous qui pollue tout

Dans le Calvados, au bord de la Dives, « c’est une vallée patrimoniale remarquable qui risque d’être saccagée, avec l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, les châteaux de Vendeuvre, Grisy, Carel, tous classés ou inscrits et ouverts au public !, s’insurge Jérôme Serrat, propriétaire de Carel, belle demeure de la fin du XVIIe s., entourée de douves. Six projets dans un rayon de 6 km autour de notre château ! C’est une histoire de gros sous qui pollue tout. Rendez-vous compte que l’un des maires a été contacté par 16 promoteurs éoliens ! Ni les propriétaires ni les communes ne s’intéressent aux tonnes de CO2 économisées ; mais les ressources pour les communes, communautés de communes et département sont considérables. Un propriétaire terrien, à Vendeuvre, se serait vu proposer 27 000 euros par an pour une éolienne. “La fourchette basse”, m’a précisé un négociateur ».

Édouard Héry, qui vient d’acquérir le domaine de Grisy, bâti entre le XVIe et le XVIIIe siècles, est tout aussi amer : « Devant l’ampleur des travaux, nous avons décidé de louer la ferme et le château quelques semaines par an, explique-t-il. Est-ce que la vue d’éoliennes de 220 mètres de haut séduira nos futurs clients ? J’en doute et ce sera alors la fin de l’aventure. La mairie nous remercie chaleureusement pour ce que l’on fait, mais lorsque l’on sait que le maire et (ou) ses enfants sont propriétaires de parcelles, sur lesquelles seraient implantées des éoliennes, on ne peut qu’être très en colère. »

À quelques kilomètres de là, le châtelain de Vendeuvre, demeure XVIIIe s. entourée d’un parc labellisé « jardin remarquable », devrait voir « trois mâts juste en face, à 1 500 mètres, en covisibilité directe ». « La préfecture me dit qu’il n’y a que là qu’on peut en mettre !, s’étrangle Alexandre de Vendeuvre. C’est un objectif politique, et, même si le conseil municipal a voté contre, la préfecture respecte les procédures. » Les oiseaux rares et les chauves-souris vont-ils sauver le château ? Le propriétaire l’espère, qui a saisi l’architecte des bâtiments de France, la Drac, l’Office français de la biodiversité…

«Un monument historique tous les un ou deux kilomètres»

Dans un avis de mai 2020 concernant un projet sur les communes de Barou-en-Auge et de Norrey-en-Auge, l’architecte des Bâtiments de France (ABF), notant que « le cours de la Dives compte quasiment un monument historique tous les un ou deux kilomètres », avait estimé que « les impacts par rapport à l’équilibre existant entre les éléments patrimoniaux repères et le paysage seront forts ». Citant « le cas le plus significatif » de l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, consacrée en 1067 en présence de Guillaume le Conquérant, avec laquelle les éoliennes, « plus de deux fois plus hautes que ses tours », « seront en concurrence visuelle directe », il avait donné un avis défavorable. Pas suffisant, cependant, pour émouvoir le Conseil d’État qui, après trois ans de bataille judiciaire, vient de valider le projet.

Les promoteurs pensent qu’en subventionnant ici un musée, là une commune, ils peuvent tout acheter.
Un administrateur de l’association Libre Horizon


Sur la côte du Bessin, l’ambiance n’est guère plus paisible. Au large de Courseulles-sur-Mer, les travaux de construction d’un parc de 64 éoliennes sont en cours. À deux pas des plages du Débarquement, qui font l’objet d’un projet de classement au Patrimoine mondial de l’Unesco. « À plus de 10 km des côtes », insiste EDF Renouvelables, qui souligne que « l’engagement du parc sur le devoir de mémoire s’est matérialisé par la création du groupe de travail composé de représentants des communes du littoral, d’historiens, d’associations d’anciens combattants, de représentants de musées et d’acteurs de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale ». Pour rendre hommage aux 156 000 soldats ayant participé au débarquement, en 1944, chaque éolienne portera le nom d’un navire emblématique.

« On veut profaner un cimetière marin, et on considère que nommer ces machines honore les morts !, s’offusque un administrateur de l’association Libre Horizon. C’est une réponse indécente. Les promoteurs pensent qu’en subventionnant ici un musée, là une commune, ils peuvent tout acheter. Pourquoi ne pas fusionner ce projet avec celui prévu à Barfleur, implanté, par le même opérateur, à une quarantaine de kilomètres des côtes ? Sur les plages du Débarquement, le très fort impact visuel compromet gravement le classement à l’Unesco. Alors qu’un tel classement permettrait de rappeler le caractère sacré de ces lieux, afin de les préserver à tout jamais ».

*auteur de La Peste éolienne (Hugo Publishing, 2021)
Considérations d'un dimanche matin, à l'heure du petit-déjeuner :



P. S. (à 9 heures 30) : Honte à moi : j'ai écrit MAURIN et non MORIN ! Je copierai donc cent fois que "Hervé MORIN est le président de la région Basse-Normandie."

Ceci dit, je pense qu'on voit l'idée...

P.S. 2 (à 18 heures 16) : "Shame on me !"

Président de la Région Normandie, œuf corse !

Allez, cent lignes de plus !
L'exhaustivité de mes archives risquerait d'en pâtir, j'ai oublié de scanner ce document reçu il y a deux ou trois jours :

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : lundi 2 juin 2025 17:24
À : arnaudpaquin architecte <arnaudpaquin.architecte@gmail.com>
Cc : Jacques BROCHARD ; Guillaume BEESAU ; C. F. ; T. F. ; W. F.
Objet : RE: PC maison de la cave

Monsieur,

Dans le prolongement de nos derniers échanges relatifs à la cave, je comprends qu'il n'y a, bien sûr, plus l'ombre de la moindre contestation sur les faits que tant la cave que la ferme sont inscrites à l'I.S.M.H., tant pour les intérieurs que pour les extérieurs, ceci en application d'un arrêté ministériel du 2 novembre 1926.

J'ai étudié plus avant le document que m'a transmis votre collaboratrice le 26 mai dernier. Celui-ci se présente sous la forme d'un fichier "pdf", ce qui est utile mais je souhaiterais qu'à l'avenir vous me transmettiez également et systématiquement des tirages-papier de format A3. A défaut, je m'abîmerais les yeux comme avec ce fichier-ci. De plus, mon ordinateur a refusé d'imprimer les dernières pages de ce "pdf", un incident déjà survenu à maintes occasions lorsque nous travaillions de concert à votre "étude de diagnostic d'ensemble". Ce type d'incident se produisant un peu trop souvent sur mon imprimante comme sur d'autres, j'en déduis qu'il y a quelque chose qui coince dans vos fichiers "pdf", un défaut que je ne rencontre jamais lorsque j'essaye d'imprimer d'autres "pdf" venus d'ailleurs. Il y aurait donc, à ce sujet, un problème technique chez vous précisément.

Voici mes commentaires particuliers définitifs :

- Page 1 : je confirme que mon épouse et moi serons le maître d'ouvrage. J'ai eu un doute mais ai vérifié que la chose est possible en l'état de la détention de la S.C.I. porteuse de la nue-propriété de la cave et que cela le restera même si la géographie du capital de cette S.C.I. varie dans le temps (du moins de mon vivant ou de celui de mon épouse).
- Page 5 : il y a une flèche de trop pour indiquer les accès à la cave, celle qui est au sud-est du bâtiment ; elle ne correspond en effet à rien. Elle n'apparaît d'ailleurs plus sur la page 7.
- Page 12 gauche :
x 2ème alinéa : tourner ce texte au conditionnel : "Il est envisagé, en l'état du dossier, que la restauration de la cave puisse servir de résidence, soit à des artistes ou à de jeunes scientifiques, soit aux propriétaires qui y logeraient le nombre d'années nécessaire pour mener à bien le chantier défini, pour les bâtiments sur cour, par l'"étude de diagnostic d'ensemble du manoir de la Chaslerie" (étude dont la D.R.A.C. a accusé réception à la date du 10 octobre 2024)". Phrase suivante, écrire : "Ainsi cette maison qui, depuis sa construction datée de 1762, abrita très longtemps une famille attachée au service du manoir, retrouvera une fonction analogue après la fin de sa mise aux normes de confort contemporaines."
x 3ème alinéa : au lieu de "où tout reste à faire", écrire "où beaucoup reste à faire".
x 4ème alinéa, écrire : "L'appentis abritera une grande partie de la future chaufferie, étant entendu qu'on envisage de recourir à l'aérothermie, ce qui nécessiterait l'installation d'une pompe à chaleur dont l'on veillerait à minimiser les impacts visuel et sonore". Là, il faudra peut-être que vous développiez, en vous assurant qu'il n'y aurait pas trop de déperdition d'énergie au cas où ladite pompe serait installée de l'autre côté de la haie la plus proche.
- Page 17 : ce plan est daté d'avril 2025, ce qui est bien (ou juin, puisque la sortie du projet de P.C. semble tarder quelque peu). Mais est-il exact pour ce qui concerne l'étage (portes et colombes notamment) ?
- Page 19 : le projet à l'étage me semble reproduire les mêmes inexactitudes que celles remarquées au titre de la page 17.
- Page 23, la coupe AA me paraît comporter les mêmes types d'inexactitudes ; idem pour la coupe BB. Ne faudrait-il pas que vous preniez le temps de revenir mesurer tout cela avec votre engin de compétition ?
- Page 24 : il me paraît indispensable, vu la technicité du sujet et l'ambition affichée au 2ème alinéa de la page 13, que vous fournissiez la coupe du dispositif isolant à fixer contre les chevrons de manière à continuer de laisser voir les pannes et les croix de Saint-André. Vous avez fourni de telles coupes pour les sols, comme il convenait.
- Page 27 : je pense nécessaire que vous expliquiez quelque part que les trois portes extérieures du bâtiment principal appellent des travaux significatifs, en maçonnerie comme en menuiserie, pour remédier aux défauts évidents de leurs pierres de seuil et de leur étanchéité à l'air et à l'eau. De même, je suis étonné que vous n'ayez pas rappelé la nécessité de la restauration des menuiseries de fenêtres ou de fenestrous car cela participe à l'évidence à la mise hors d'eau du bâtiment. Idem pour le haut des murs, entre sablières, où l'étanchéité laisse grandement à désirer en l'état actuel du bâtiment. Je me permets d'insister tout particulièrement sur ces questions d'étanchéité avant tous autres travaux car je ne fais pas mystère d'avoir été échaudé par l'expérience subie du fait d'une de vos collègues, A.C.M.H., lors de la restauration de la chapelle.
- J'aimerais être saisi, sans plus attendre, des autres pièces du dossier, formulaires divers, qu'il me reviendrait de signer.

J'espère que vous pourrez me communiquer pour signature un dossier corrigé, complet et définitif lors de la réunion de chantier que vous avez programmée pour le 10 juin prochain. Ce serait, me semble-t-il, une excellente (et rare) occasion de vous faire rencontrer le maçon auquel je pense pour la cave, ceci en présence d'Igor (puisqu'il connaît les mélanges mis en œuvre pour les torchis entre colombes et pourra communiquer la recette).

De façon générale, je rappelle une nouvelle fois et avec une insistance maintenue que, pour la cave comme pour les autres bâtiments qui appellent des travaux, il me semble indispensable d'organiser dans les meilleurs délais une purge complète de toutes les procédures de demande de permis de construire ou d'autorisations de travaux. En effet, l'expérience des douze dernières années sur les menuiseries extérieures du logis a surabondamment démontré à quel point ces procédures peuvent être contraignantes, chronophages, coûteuses et tatillonnes. Et je n'aurai plus longtemps la vigueur suffisante pour faire face à tant de tracas artificiels et sans valeur ajoutée évidente ni suffisante.

Si cela peut être utile, je pourrais récapituler les dates des différentes demandes pertinentes, notamment formulées à votre intention. Je les conserve toutes soigneusement.

L'essentiel pour moi est d'avancer enfin d'un bon pas, tant que je suis là et en position d'épargner à mes successeurs, quels qu'ils soient, de vains tracas !

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)
Igor me dit ne pas avoir été informé qu'il devrait, en fin de chantier, fournir un "dossier des ouvrages exécutés". Je lui demande donc de documenter toutes les étapes significatives de son intervention.

Ce qu'il fait est très technique :

3 juin 2025.

3 juin 2025.


Il me dit que les coffrages que j'ai photographiés hier soir ne sont toujours pas remplis de sa mixture.


Vous aviez remarqué ? À dix petits jours d’intervalle, ont été élus deux chefs d’État de formation mathématique ! D’abord le nouveau pape, l’Américain Léon XIV, titulaire d’une licence de mathématiques ; puis Nicușor (« Nicoushor ») Dan, professeur d’université et vainqueur surprise de la présidentielle roumaine.

Il se trouve que Dan a été mon condisciple à l’École normale supérieure, au début des années 1990. Si on nous avait dit qu’un futur chef d’État se trouvait parmi nous… on n’aurait certainement pas pensé à cet étudiant à l’air rêveur et à la spectaculaire tignasse romantique. Un vrai « bestial » (fortiche, dans l’argot taupin), deux fois médaillé d’or aux Olympiades internationales de mathématique avec le score maximal – exploit réalisé par une poignée de personnes seulement dans l’histoire du concours. Père ouvrier, mère comptable : il incarnait la méritocratie scientifique roumaine. Et sa présence parmi nous, avec d’autres de ses brillants compatriotes, témoignait de la vieille et précieuse amitié intellectuelle franco-roumaine, qui s’est hélas délitée dans l’indifférence.

De retour en Roumanie après sa thèse, avec d’autres camarades revenus de l’étranger, Dan fonda une École normale supérieure à Bucarest, sur le modèle des ENS de France et de Pise (cette dernière elle-même fondée sur le modèle français). Mais quelques années plus tard il s’engageait corps et âme pour la sauvegarde des bâtiments historiques de Bucarest, gagnant des dizaines de procès contre des opérations immobilières véreuses.

Son action est appréciée, et à la troisième tentative, le voilà maire de Bucarest. Encore quelques années et à la présidentielle, il s’engouffre dans un trou de souris – deuxième place surprise au premier tour, à moins de 1 % devant le candidat chrétien-démocrate ; première place surprise au second tour, où il rattrape 20 points de retard sur le candidat d’extrême droite, du jamais-vu dans une démocratie depuis presque quarante ans.

Comment concilier ce parcours unique avec son profil politique plus conservateur que révolutionnaire ? Il y a un fil rouge dans son engagement passionné, la sauvegarde des traditions. Sauver la brillante école scientifique roumaine contre la fuite des cerveaux, sauver les monuments de Bucarest contre la corruption mafieuse, sauver la démocratie roumaine et le projet européen contre le péril techno-facho-populiste de Georgescu ou Simion. Un politique amoureux des traditions, cela peut être rageant quand on veut faire bouger la société, mais peut être un allié précieux quand il s’agit d’arrêter la vague noire des « prédateurs » brossés par Giuliano Da Empoli.

N.D.L.R. : Mathématicien, couronné aux "Olympiades des mathématiques", défenseur des vieilles pierres...

Il y a quelque chose qui me parle dans ce parcours.

Pas vous ?

Toutefois mes sources roumaines favorites (suivez mon regard...) me disent être des plus réservées sur ledit personnage :

4 juin 2025.

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : jeudi 5 juin 2025 14:53
À : eremiaigor@yahoo.com <eremiaigor@yahoo.com>
Cc : arnaudpaquin architecte <arnaudpaquin.architecte@gmail.com> ; Guillaume BEESAU ; Jacques BROCHARD ; C. F.
Objet : La Chaslerie - Photos, avant travaux, des granits encadrant les fenêtres de la salle à manger du logis, côté ouest.

Pour répondre à ta demande :

vers 1900.

10 juillet 2022.

10 juillet 2022.

10 juillet 2022.

10 juillet 2022.

4 novembre 2024.

4 novembre 2024.


PPF

(Fin de citation)
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : jeudi 5 juin 2025 15:06
À : eremiaigor@yahoo.com <eremiaigor@yahoo.com>
Cc : arnaudpaquin architecte <arnaudpaquin.architecte@gmail.com> ; Guillaume BEESAU ; Jacques BROCHARD ; C. F.
Objet : La Chaslerie - Logis - Tranche A - Maçonnerie

Pour t'aider dans la préparation de ton "dossier des ouvrages exécutés" :

,Extrait des documents PAQUIN.

Extrait des documents PAQUIN.

10 juillet 2022.

10 juillet 2022.

30 avril 2025.


Je pourrai compléter, si tu le souhaites.

PPF

(Fin de citation)
Le travail d'Igor n'a que très peu avancé aujourd'hui :
- il n'est apparu sur le chantier que vers 10 heures 15 ;
- Carole, qui, quand elle est ici, a certainement besoin de dames de compagnie (femmes de ménage ou autres), a papoté avec lui et Francis pendant une très large demi-heure, autour d'une tasse de café, de biscuits et de carrés de chocolat ;
- la bruine ne permet pas, me dit-il, ses travaux à base de résine ;
- donc il a quitté le chantier à 15 heures 30 et il n'y a rien eu à faire pour le retenir, ni le rappel du fait qu'une partie des travaux programmés se situe à l'intérieur du logis, ni celui du retard déjà occasionné par son imprévoyance initiale quant à l'approvisionnement en résine, ni celui du retard qu'il impose au début des interventions des autres artisans.

Résultat des courses, voici l'essentiel du boulot d'aujourd'hui :

5 octobre 2025.

5 octobre 2025.

5 octobre 2025.

5 octobre 2025.


Je lui ai demandé de me rapporter les échafaudages prêtés il y a plusieurs mois. Cela lui permettra de sécuriser son travail mieux qu'avec les échelles ou les escabeaux trouvés ici et de mettre en place les parapluies utiles.

Quant au souhait de pouvoir organiser, dans la salle-à-manger du logis, la troisième mi-temps du concert du 7 juin prochain, je suis prêt à l'abandonner car le chantier a déjà pris trop de retard.
A la demande d'Igor, j'ai photographié les défauts, côté extérieur, des granits des deux fenêtres en cours de travaux. Il prétend que nombre de ceux-ci n'étaient pas suffisamment visibles avant la dépose des menuiseries correspondantes pour qu'il en ait tenu compte dans son devis ayant servi de base au calcul des subventions :

5 juin 2025.

5 juin 2025.

5 juin 2025.

5 juin 2025.

5 juin 2025.

5 juin 2025.

5 juin 2025.

5 juin 2025.

5 juin 2025.


En clair, cela signifie que, si je ne me contente pas d'un travail incomplet, les suppléments seront à ma charge à 100 %.
Sébastien LEBOISNE passera demain matin à 8 heures pour voir les linteaux des fenêtres de la "tranche A". Il indique qu'il pourrait y avoir "de la quincaillerie à modifier".

P.S. (du 6 juin 2025 à 8 heures 30) : Sébastien est venu constater qu'il y a lieu que le ferronnier modifie la longueur de ses crémones. Lui attend la livraison des vitres.

De façon plus générale, la coordination du chantier m'apparaît bizarre, Sébastien ayant parlé d'une livraison de la "tranche A" tout juste avant le concert du 26 juillet.
Igor m'a expliqué que l'apparition d'une végétation sous l'appui d'une fenêtre de la salle-à-manger (celle du nord-ouest) résulte du fait que le mortier de terre et les joints de chaux ont disparu à divers endroits, ce qui laisse l'eau entrer facilement et même le jour passer comme sur la photo suivante :

6 juin 2025.


Il rebouchera cela avec un coulis de chaux la semaine prochaine.
À propos du serpent de mer que constitue le choix du mode de chauffage du manoir favori :


Il va me falloir creuser ces problématiques rapidement. J'ai beaucoup de questions à poser. Il semble que "ChatGPT" puisse être un bon interlocuteur pour moi, ne serait-ce qu'en raison de sa neutralité supposée au milieu de tous les professionnels inféodés à telle ou telle filière.

Commençons !


Il est clair que la tyrannie administrative, bien connue de nos services et réputée pour son efficacité qui fait de ce pays un paradis à tous égards, a trouvé un terrain de choix avec toutes les questions dont se sont emparés - ne serait-ce qu'au titre d'interlocuteurs obligés - les écolos-socialos du genre de l'ADEME. Il paraît évident que, pour notre plus grand bonheur, de tels citoyens règnent en maîtres et sans partage sur de tels sujets.

Accessoirement, je tendrais à me lasser du fait que "ChatGPT" commence la plupart de ses réponses par des phrases du genre : "Ah que voici une excellente question que tu m'as posée là !". Je le sais, quand même, que je ne suis pas trop con. Donc pas la peine de me le répéter sans cesse, ça en deviendrait lassant !
Où l'on voit l'emprise des offices de tourisme sur quelques informations locales (bien que d'un intérêt supérieur, œuf corse )...


... mais où l'on voit également que la bataille autour du "projet MORIN" bien connu localement et sur de plus larges bases, en Normandie ou sur la Terre entière, n'est pas nécessairement perdue pour ce qui concerne le manoir favori :


Haut les cœurs donc, et préparons-nous à l'abordage, avec toute la délicatesse du toucher de balle qui nous caractérise à l'évidence !