Tour Louis XIII

Le nettoyage par le vide, en cours au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII, permet de remettre à jour la meurtrière qui se trouve à l'angle Sud-Ouest de cette tour. L'orientation de cette meurtrière confirme que la maçonnerie des écuries est postérieure à cette tour.

12 avril 2012, où une meurtrière réapparaît...

Ce grand nettoyage de printemps n'est pas terminé mais on y verra plus clair une fois brûlés les liteaux que j'entreposais là depuis une éternité (à droite de la photo) ; en revanche, je vais conserver, pour je ne sais quel usage, les belles planches de chêne (à gauche de la photo) qu'avait déjà mises de côté François LEVÊQUE (lorsque j'ai acheté la Chaslerie, elle étaient abritées par un appentis de fortune, le long de la façade Ouest) :

12 avril 2012, ce que les Normands appellent du

Voici une partie des bûches prêtes au départ (10 des 20 stères enlevés à ce stade, et ce n'est pas fini) :

12 avril 2012, paré à appareiller !

Quand je pense qu'une visiteuse du site avait eu le toupet de qualifier un aussi beau bois d'"échauffé" (cf message du 12 mars 2012 sous l'onglet "Annonces") !

Au verso du document, une date, le 17 mars 1883 (soit un an avant l'incendie qui ravagea le logis de la Chaslerie), et la signature d'un LEVÊQUE :

L'inscription au verso du plan de 1883.

Qui était ce LEVÊQUE ? Si j'interprète ce que je vois, je note que cette signature largement lévogyre est dominée par le souci de ne pas rater l'accent circonflexe, et j'y devine un signe de hauteur dont le signataire devait escompter qu'il soit respecté par autrui comme il lui paraissait justifié. D'après la date, cet ayant-droit de GOUPIL pourrait bien être Charles, "né le 14 juillet 1823, avocat, juge et Président du Tribunal Civil de Vire, (qui) épousa le 26 avril 1864, à Tinchebray, Emilie CHANCEREL", selon l'ouvrage consacré aux RUAULT du PLESSIS VAIDIERE et à leurs alliances.

Le document est un plan aquarellé, très bien conservé, de la Chaslerie et de ses terres environnantes à l'époque. Je viens de le retrouver dans un recoin des boiseries de mon bureau, au premier étage de la tour Louis XIII. Il avait été laissé à l'intention de son successeur, moi en l'occurence, par Brigitte LEVÊQUE lorsque j'ai acheté la Chaslerie, il y a 21 ans.

En haut du plan, un croquis retient mon attention. Il est simplifié puisqu'aucun angle de la cour n'est droit en réalité mais il indique l'affectation des volumes du rez-de-chaussée à l'époque :

Le plan du rez-de-chaussée des bâtiments sur cour en 1883.

Ainsi, le bâtiment Nord abritait alors, exclusivement, une cave et des caveaux. Dans le logis, la salle à manger actuelle était alors la cuisine, tandis que le salon actuel était divisé en deux, avec une salle à manger et une chambre desservis par un couloir qui permettait d'accéder à une bibliothèque, pièce aujourd'hui inhospitalière. De l'autre côté de la cour, dans la tour Louis XIII, la pièce dont je retire actuellement les bûches était alors une seconde cuisine. Ce qu'on appelle aujourd'hui l'écurie avait bien cette fonction mais était alors divisé en deux, avec deux portes sur cour donc. Dans l'"aile de la belle-mère" actuelle, il y avait déjà les deux pièces que nous connaissons mais celle qui sert aujourd'hui de cuisine précaire était alors une cave et celle qui la jouxte (où j'ai déposé mon rameur) était une remise.

Le voisinage immédiat du manoir en 1883.

Dans le voisinage immédiat du manoir, je note particulièrement que le "Pournouët", à l'Est du manoir et entre les douves, était alors qualifié de jardin ; le circuit de l'eau était plus complet qu'aujourd'hui puisque, à la sortie des douves, l'eau se répartissait en deux bras partant d'un endroit différent de l'actuel, dont l'un des deux, aujourd'hui disparu, courait à travers les terres et parallèlement au Baudouët. Je note qu'il y avait bien alors un mur au fond de la douve Nord, celui qui est actuellement en cours de restauration et que j'appelle le "mur Ouest de la douve Nord" ; enfin, je retiens qu'il y avait bien un pont, clairement représenté sur ce plan, pour franchir le ruisseau alimentant les douves, pont dont je voudrais rétablir l'usage si j'arrive jamais à trouver les financements pour restaurer le mur d'escarpe des douves.

Par ailleurs, ce plan lève un mystère pour moi puisque j'avais lu, notamment dans le manuscrit de Louis GRAVELLE (pour les références, voir sous l'onglet "Bibliographie") qu'il y avait, au Tertre Linot une source alimentant l'abreuvoir situé au milieu de la cour du manoir mais je ne comprenais pas de quoi il s'agissait. Voici donc la réponse :

Le mystère résolu de la source du Tertre Linot.

Cette source existe toujours et explique que le jeune Maxime LEBOUTEILLER ait "coulé" le Valtra à cet endroit l'an dernier, en contrebas de l'ancienne carrière qui se trouve au bout de l'"allée principale", alors qualifiée d'Avenue. A la fin du 19ème siècle, cette source alimentait donc un petit ruisseau qui contournait le "petit bois" actuel et longeait les terres de la Thierrière avant de se jeter dans le canal d'arrivée d'eau dans les douves. Pas de trace en revanche, au moins à cette époque, d'une desserte directe de l'abreuvoir le long de l'"allée principale".

Voici les derniers plans laissés dans mon bureau par Brigitte LEVÊQUE, qui apportent quelques informations supplémentaires sur la Chaslerie, depuis sa vente comme Bien National.

1 - Un plan du début du 19ème siècle, porté sur une sorte de calque qu'a mangé par endroits l'encre utilisée ; il a été collé, il y a longtemps, sur un papier de meilleure qualité :

Plan de la 1ère moitié du 19ème siècle.

2 - Un plan que je daterais de la moitié du 19ème siècle puisqu'il fait ressortir la partition de la Chaslerie entre les deux adjudicataires de la vente comme Bien National avant qu'apparemment, un ayant-droit de GOUPIL réussisse la réunification :

Peu d'informations utiles au verso...

Le plan consécutif à la partition de la Chaslerie.

Notons sur ce 2ème plan que le canal d'arrivée d'eau aux douves a été détourné vers l'Est. Le logis, comme l'aile Ouest et le "Pournouët", était alors clairement divisé en deux lots. Le tracé actuel de la D22 y faisait son apparition (ce qui devrait permettre de dater ce document).

3 - Une copie, réalisée en 1949, du plan cadastral alors en vigueur :

Le plan est daté du 22 février 1949.

La copie du plan cadastral en vigueur en 1949.

J'apprends ici que deux bâtiments avaient été construits dans l'arrière-cour, adossés au mur du manoir au fournil. L'existence d'un pont au-dessus du canal d'arrivée d'eau dans les douves était clairement indiquée, avant même, donc, que le cours de ce canal ne soit modifié (ce qui était arrivé avant 1883, ainsi qu'on a pu le noter sur le message précédent). On peut également remarquer que la douve Sud se prolongeait derrière la charretterie. Retenons donc que ce plan était le plan cadastral encore en vigueur en 1949 mais qu'il avait été dressé avant 1883.

4 - Enfin, un plan de 1962, dressé à l'occasion d'un échange de terres auquel devait alors réfléchir Henri LEVÊQUE :

Ce document confirme qu'à l'époque, on se rappelait l'existence d'une canalisation reliant la source du Tertre Linot au manoir. J'y remarque également que la "route de Domfront à Lonlay-l'Abbaye" (actuelle D22) avait tangenté à une époque pas si lointaine l'extrémité Sud de l'Avenue de la Chaslerie.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 16 Avril 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Tour Louis XIII - Par corps de métier - Par lieu
0
Avec l'aide de Claude MARTIN, la place se libère pour la future chaufferie, au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII. On retrouve là, posés sur le sol de terre battue, des corbeaux de cheminée en granit oubliés...

16 avril 2012, la cheminée au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII.

... ou des pièces de chêne, tout aussi oubliées, de l'ancien pressoir :

16 avril 2012, des morceaux de l'ancien pressoir à poiré.

Beaucoup de bois part immédiatement au feu, loin dans un champ du Tertre Linot :

16 avril 2012, du bois qui ne fera plus long feu...

Bonjour Monsieur,

Mes sincères félicitations pour vos travaux de restauration et pour ce "journal du chantier". Quel plaisir de suivre, presque en direct, les différentes avancées de votre entreprise !

Il est très problable que vous ayez d'ores et déjà connaissance de l'accessibilité au plan cadastral de 1824 de votre commune. Si ce n'était pas le cas, voici le lien, voir la section A.

Et pour toute autre recherche dans l'Orne...

Cordialement,

Mathieu

N.D.L.R. : Merci beaucoup, cher et mystérieux Mathieu. J'ignorais l'existence de ces liens. J'ai réussi à ouvrir le second. Donc vous nous apprenez que le cadastre encore en vigueur en 1949 datait en fait de 1824. Je comprends également que le plan que je datais du milieu du 19ème siècle (celui où apparaît la D22 et où le canal d'arrivée de l'eau dans les douves a été détourné vers l'Est) est effectivement postérieur à 1824...

Comme il pleut beaucoup, j'ai demandé à Igor et Valentin d'interrompre leur travail sur le mur Ouest de la douve Nord. Ils vont donc commencer à gratter les murs de la future chaufferie (au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII) en vue de les rejointoyer. Il conviendra également de retirer la terre battue de cette pièce, d'en drainer le sol puis, sans doute, de prévoir un revêtement de sol moins rustique. Nous procéderons cependant par étapes car je ne sais pas ce qu'on va découvrir à l'occasion.

Igor et Valentin ont pris l'initiative de regrouper au milieu de la pièce les poutres et planches qui étaient adossées aux murs. Je pense qu'il faudra les remiser ailleurs (sans doute dans la cour et sous bâche) le temps que dureront ces travaux.

17 avril 2012, Valentin à la fenêtre.

Il règne une telle humidité et un tel froid dans cette pièce que la lentille de mon appareil photo numérique se couvre immédiatement de buée...

Bonjour,

Il me semble qu'il y a comme une forme d'arc de décharge au-dessus de l'embrasure de tir. Lorsque cela sera nettoyé, pourriez-vous me refaire une photo ?

D'après les différentes vues du cadastre, votre avenue actuelle date de quand ?

Bonne journée !

N.D.L.R. : Vous, vous avez le coup d'oeil ! En fait, pour l'embrasure de tir qui se trouve à l'angle Sud-Ouest de la tour Louis XIII, il y a deux arcs de décharge, un sur chaque mur (les coulures blanches sont de la chaux, datant de la restauration de la charpente et de la couverture de cette tour, vers 1970 à ma connaissance).

17 avril 2012, l'arc de décharge sur la partie gauche de l'embrasure de tir, à l'angle Sud-Ouest de la tour Louis XIII.

17 avril 2012, l'arc de décharge sur la partie droite de l'embrasure de tir, à l'angle Sud-Ouest de la tour Louis XIII.

J'anticipe votre prochaine question : il n'y a pas de tel arc de décharge sur la meurtrière qui se situe à l'angle opposé de la pièce. Celle-ci devait déboucher sous le cul de l'échauguette dont on aperçoit les vestiges au Nord du manoir, accolés à la tour Louis XIII ; on peut imaginer que cette échauguette a disparu avant le milieu du 18ème siècle, lorsque le bâtiment qui se trouvait dans la cour mais à son Nord a été rasé, sans doute à la suite d'un premier incendie (avant celui qui a dévasté le logis en 1884) :

17 avril 2012, l'embrasure de tir, à l'angle Nord-Est de la tour Louis XIII.

Quant à l'Avenue, elle date sans doute de la construction du manoir puisqu'elle reliait celui-ci à Domfront. J'ai acheté à Bernard, il y a quelque temps, des terres où passait la suite de l'allée, entre les distances de 500 mètres (534, pour être précis) et 2 km environ du manoir ; j'ai restauré cette portion, et l'ai plantée de hêtres tout le long ; ceux-ci ont actuellement une cinquantaine de centimètres de hauteur. Pour ce qui est des 534 premiers mètres qui sont inscrits à l'I.S.M.H., la restauration en est toujours au stade de l'étude...

0
En allant dîner ce soir à Céaucé, je me suis arrêté chez un couple de jeunes Anglais qui, à ma connaissance, étaient susceptibles de vendre l'ancien dallage très rustique d'une porcherie. Il y en a pour 40 m2. Nous avons topé. J'espère pouvoir réutiliser ces pierres pour le sol de la future chaufferie, dans la tour Louis XIII. Cela devrait avoir plus d'allure qu'un revêtement moderne.

Comme il fait un temps exécrable cet après-midi (y compris de la grêle à répétition !), j'ai demandé à Igor et Valentin d'interrompre le chantier extérieur du mur Ouest de la douve Nord et d'aller commencer à gratter, à l'abri, le sol au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII :

23 avril 2012, Igor et Valentin à l'abri.

J'étais persuadé que ce sol était en simple terre battue ; c'est en tout cas ce qu'on voyait après avoir retiré toutes les bûches accumulées dans cette pièce.

Or Igor et Valentin n'ont pas tardé à mettre à jour une première couche de dallage et, sous celle-ci, une seconde !

23 avril 2012, les deux dallages superposés au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII.

Et dire que j'ai déjà topé, il y a quelques jours, pour un dallage ancien de porcherie... Je vais donc me retrouver avec trois fois trop de pierres pour l'usage que j'en ai. Sauf à ce que j'imagine de substituer à la terre battue de la charretterie, qui ne me donne pas satisfaction, un revêtement avec mon trop-plein de pierres.

On le voit sur cet exemple, ce n'est pas toujours facile de bien calibrer les matériaux nécessaires pour les restaurations programmées...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 24 Avril 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Tour Louis XIII - Par corps de métier - Par lieu
0

24 avril 2012, le nettoyage s'est poursuivi dans la tour Louis XIII.

Igor et Valentin ont enlevé hier une bonne cinquantaine de centimètres de matériaux divers au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII. En fait, il n'y avait de double pavage qu'à l'entrée. Ailleurs, l'argile était mêlée à quelques morceaux de tomettes ou d'ardoises anciennes. On a également retrouvé quelques débris de verre. Mais toujours pas de cadavre. Et encore moins de trésor...

Hélène LEROY-PEETERS
rédigé le 24 Avril 2012
Journal du chantier - Tour Louis XIII - Anecdotes - Dans l'Orne - Par lieu - Désultoirement vôtre ! - Annonces
0
Pas de cadavre en vue ? Mais vérifiez bien dans les conduits de cheminée... Surtout lorsqu'on a une verge de 13 mètres comme à la Tour Louis XIII !
Malheureusement je vous cite un fait divers qui s'est réellement passé dans notre bocage, à Saint-Aubert-sur-Orne (année 1990)...

Le petit ramoneur.

Le printemps fait sortir les anglais qui viennent prendre leurs quartiers dans leur résidence secondaire sur le continent. La Normandie est à quelques heures de chez eux. Au temps de la splendeur de la livre sterling et de la prospérité, il était de bon ton dans la bonne société de posséder un pied à terre, si possible original et en tout cas placé sous le sceau de l"'authenticité.
A Saint Aubert sur Orne , charmante bourgade d"une centaine d'"âmes, il est une maison qui correspond au goût typiquement anglais. Les gens d'"ici l"appellent « la maison à la tourelle ». Les propriétaires en confient le gardiennage à une voisine qui est également chargée du ménage.
Ce samedi, ils arrivent pour passer quelques jours, mais la maison n"'a pas été chauffée depuis un moment. Il fait un peu frais. Une flambée dans la cheminée s'"impose. L'"homme, un ancien officier de l'"armée des Indes, ouvre la trappe qui ferme le foyer. A cet instant précis tombe une chaussure. Surprenant n"'est-il pas vrai ? Impossible d"'apercevoir quoi que ce soit, le conduit est coudé. Cette technique de construction favorise l"'évacuation de la fumée et empêche la chute brutale de la grêle. Intrigué malgré tout, le colonel fait part de sa découverte à la voisine, laquelle conseille d"'allumer le feu afin de vérifier si le tirage se fait normalement. Un peu de fumée se répand dans la pièce, mais rien de vraiment anormal. Malgré tout, le doute s'"est installé. D"'où venait cette chaussure de sport, car il s"'agissait bien d"une chaussure de tennis d"'une pointure normale pour le pied d"'un adulte. Quelques facétieux en goguette auraient-ils improvisé un lancer de godasses.. Il fallait donc tenter de résoudre cette énigme. Qui d"'autre que les gendarmes pour apporter leur concours à la recherche de la véritéÂ… ? Les hommes en uniforme étaient confrontés aux mêmes interrogations que les propriétaires. Il fallait en référer au Procureur de la République. Le transport de justice eut lieu et le magistrat ne pouvait conclure, mais comme la cheminée fonctionnait bien, il n'"y avait pas lieu de s"'alarmer. Le calme de la campagne n"'était donc pas troublé, pas plus que l'"ordre public et c"'est dans cette atmosphère apaisée que les anglais ont terminé leurs vacances printanières.
Le second chapitre nous entraîne au début de l"'automne avec une nouvelle migration britannique. Quelques jours auparavant, la voisine est prévenue de leur arrivée, comme à l"'accoutumée, elle effectue une mise en état des lieux. A sa grande surprise, le sol est recouvert d"une quantité incroyable de mouches mortes et il règne dans le salon une odeur indéfinissable. Après un bon courant d"'air, et un balayage soigneux, les choses en restent là jusqu"'à l'"arrivée des occupants en fin de matinée. Cette fois encore, la température ambiante mérite un peu de chauffage et donc un petit feu dans la cheminée.
Rien de plus simple, il suffit d"ouvrir la trappe. Un ancien colonel de l'"Armée des Indes doit pouvoir faire face à toutes situations, mais en la circonstance, on se demande s'"il n"a pas perdu un tant soit peu une once de son flegme. Une chaussure chaussant un pied, un tibia et un péroné sont tombés dans l'"âtre. A bien y regarder, quelques lambeaux de tissu accompagnent cette chute intempestive.
En moins de six mois, la paire de tennis est reconstituée, là n"'est pas l"essentiel ainsi que le fait justement remarquer la dame anglaise. Le maire, les gendarmes, la justice et les pompiers se rendent sur place. Ce sont les pompiers qui sont chargés de l"'exploration et qui récupèrent les restes d"un corps coincé dans la cheminée. L"'identification criminelle va pouvoir commencer dans le laboratoire spécialisé de la gendarmerie de Lyon.
Subsiste une interrogation majeure qui est-ce ? Depuis quand ce corps est-il là, pour quelle raison ? Comment cela a-t-il pu se produire, alors que personne n"a vu d"'échelle ? Les supputations vont bon train dans la commune, chacun a un peu son avis sur la questionÂ…. D"'après les premières constatations, il s'"agit d"un homme jeune. Le scénario le plus probable est qu"'il aurait tenté de cambrioler la maison en passant par la cheminée, il aurait glissé et serait resté coincé. Selon un médecin, il serait mort de soif, les reins se seraient bloqués entrainant une perte de connaissance. « Il a probablement souffert le martyre. »
Les autorités sont confrontées à un autre problème. Il est fait obligation à la commune de prendre en charge l'"inhumation. Ce n"'est pas une mince affaire. Le budget voté par le conseil municipal n'"a pas prévu ce genre de dépense, finalement le préfet autorise l"'inscription au chapitre des fêtes et cérémonies.
Dans le petit cimetière, en face de l'"église, le vieux curé qui dessert la paroisse donne sa bénédiction « Inconnu, qui que tu sois, quoi que tu aies fait, quelle que soit ta religion, repose en paix. »
Quelques heures plus tard, à la nuit tombante, une voiture s"'arrête le long du cimetière. Plusieurs personnes en descendent discrètement. Le lendemain matin, on découvre un bouquet de fleurs sur la terre fraichement remuée. Depuis, plus rien. En apparence, personne n"'est venu se souvenir sur cette tombe.
Il faudra plusieurs mois avant que ne puisse être révélée avec certitude l"'identité de cet homme jeune né dans une ville voisine. Il était connu des services de police pour des faits mineurs. L'"ADN avait parlé. Sa famille ne s'"était pas manifestée, elle avait l'"habitude de ses absences prolongées.
Devant un thé, la dame anglaise tient salon, elle affirme que sa maison a désormais une histoire. La valeur marchande augmente puisqu'"il s"'agit de la maison du petit ramoneur.

N.D.L.R. : Je vois qu'avec vous, aucun terme technique ne tombe dans l'oreille d'une sourde (apprenez toutefois que la longueur de l'attribut en question est de 15 mètres et non de 13, vous me le copierez 100 fois)... Dans la version que je connaissais, le petit ramoneur avait un frère qui l'accompagnait ce jour-là et qui, prenant peur et désireux d'aller chercher du secours, aurait perdu le contrôle de son véhicule et se serait lui-même tué sur la route.

Pour nous réchauffer malgré les intempéries, à défaut de reléguer de nouveau Igor et Valentin dans la tour Louis XIII, nous allons travailler en écoutant le 4ème concerto pour piano de Sergueï PROKOFIEV !

P.S. : Non, même en musique, il n'y a vraiment pas moyen de travailler dehors avec un temps pareil ! Je suspends donc les travaux sur le mur Ouest de la douve Nord. Repli ordonné vers la tour Louis XIII, où je comprends que les morceaux de tomettes retrouvés provenaient du 1er étage (emplacement de mon bureau actuel) et avaient été précipités là lors de l'effondrement de la charpente et de la couverture de la tour, en 1931. Le revêtement du sol du rez-de-chaussée avait alors reçu le choc, de sorte qu'une partie avait dû en être arrachée lors des déblaiements ultérieurs. Le trou avait ensuite été comblé tant bien que mal. Ainsi, tout s'éclaire !

Dès cette fin d'après-midi, le sol de la future chaufferie a été récuré par Igor et Valentin. Voici ce que cela donne :

25 avril 2012, le mur Sud de la future chaufferie.

25 avril 2012, le coin Nord-Ouest de la future chaufferie.

On observera tous les tuyaux destinés à alimenter la future chaudière ; il faudra sans doute les abaisser. Le tuyau jaune en altitude est celui par lequel passe l'eau froide vers la cuisine actuelle, au rez-de-chaussée du colombier. Quel confort, n'est-ce pas ?

24 avril 2012, Valentin et Igor en plein travail.

25 avril 2012, la cheminée de la future chaufferie.

Donc, encore une journée où Igor et Valentin n'auront pas besoin de berceuse pour s'endormir !

P.S. : La météo des prochains jours est tout aussi mauvaise. Il va falloir que je réfléchisse aux travaux à effectuer en attendant le retour d'un temps plus clément...

La pluie aura au moins un avantage : elle lavera le dallage que nous sommes allés récupérer à Céaucé et qui se révèle de meilleure qualité que l'ancien dallage de la tour Louis XIII.

27 avril 2012, le dallage de Céaucé entreposé dans la cour.

J'attends désormais le retour du plombier pour qu'il examine comment masquer ses tubes dans le sol restauré de la future chaufferie. Il faudra en outre résoudre un problème de drainage car, l'ancien dallage ayant été retiré de la tour, on y marche pour le moment sur de l'argile molle car saturée d'eau.

Bonsoir,

Tiens donc, vous avez de l'eau... Je connais un spécialiste du drainage, il habiterait, paraît-il, dans le Domfrontais.

J'arrête mes persiflages, vous allez rire jaune.

A première vue, je dirais plutôt pavage que dallage, me semble-t-il.

Bon week-end !

N.D.L.R. : Pour le pavage, vous avez peut-être raison. Pour le drainage, c'est une autre affaire !

Puisqu'il n'est pas possible, ce matin, de travailler dehors, Igor passe le kärcher sur les murs de la future chaufferie. Le voici en plein travail :

8 mai 2012, Igor dans ses oeuvres.

Mais je devine un visiteur sceptique, quelque part dans le Grand Nord (suivez mon regard...).

Pour celui-ci, voici la preuve, Igor présentant les armes sur le pas de la porte :

8 mai 2012, Igor à la pause.

Bonjour,

Je vois que vous aimez les ambiances humides afin de mettre en exergue vos talents de "maître ès drainages".

Quant au nid, n'y aurait-il pas dans votre secteur, un "Asio flammeus" ?

Bonne APM !

N.D.L.R. : Soyons précis, que diable ! Voulez-vous dire un "Asio flammeus sandwichensis" ? En tout cas, les hirondelles protégées par Carole n'ont pas tardé à revenir examiner les lieux dans la tour Louis XIII, une fois le ménage fait de main de maître (même si on ne les voit pas sur ma photo...) :

8 mai 2012, la future chaufferie briquée comme un sou neuf.

Pendant qu'Igor et Jonathan charriaient des pierres à proximité du mur Ouest de la douve Nord, je vous ai préparé un petit reportage sur les différents types de pierres que l'on trouve à la Chaslerie.

Sur les bâtiments les plus anciens, il s'agit de grès ferrugineux de formes assez diverses, comme ici sur la tour Sud-Ouest :

11 mai 2012, les pierres les plus fréquentes dans les murs de la Chaslerie.

La tour Louis XIII a, quant à elle, été montée en grès schisteux :

11 mai 2012, les grès schisteux au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII.

Sur les deux premiers mètres de hauteur du mur Ouest dés écuries, on remarque toutefois une pierre appelée "pierre blanche" ou "pierre froide" ou encore "pierre de Domfront".

11 mai 2012, la façade Ouest des écuries.

Ainsi, les constructeurs successifs de la Chaslerie ont eu recours à, au moins, trois carrières différentes. On peut penser que celle de grès ferrugineux était la plus proche. En tout cas, c'est surtout de pierres de cette dernière qualité que j'ai besoin pour remonter les murs de douve.

Si vous connaissez, dans le secteur, des bâtiments en ruine montés avec le même grès ferrugineux, je vous prie de me le signaler. J'irai voir s'il y a moyen de compléter ainsi notre approvisionnement.

Carole s'impatiente de l'indisponibilité du salon. En outre, elle se déclare très réticente à l'idée que de futures planches du plafond aient servi précédemment dans un wagon à bestiaux.

De tous côtés, il me faut donc expliquer, justifier, relancer... Qui a cru que la vie de restaurateur de vieilles pierres était un long fleuve tranquille ?

Le fait est que, pour une durée indéterminée, le salon du logis demeurera inutilisable :

1er juin 2012, l'état du grand salon.

La cour n'est pas dans un meilleur état, dans l'attente du repavage de la future chaufferie :

1er juin 2012, l'état de la cour.

Mes employés et moi ne pouvons quand même pas être actifs simultanément sur tous les fronts, sans aide et sans financements supplémentaires, tout juste bons à recevoir critiques et doléances de certains visiteurs épisodiques ou, pire encore, à se faire continuellement mettre des bâtons dans les roues par divers plumitifs du secteur !