Terrassement

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 11 Décembre 2011
Journal du chantier - Terrassement - Dans l'Orne - Par corps de métier - Annonces
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J'ai téléphoné hier à mon terrassier, Philippe JARRY, pour savoir où il en était de l'enlèvement du lot de pierres achetées récemment à Domfront. Philippe m'a répondu que, lorsqu'il est arrivé avec son engin, le lot avait disparu.

Ceci ne m'étonne guère. Il y a, comme cela, des gens qui ne peuvent s'empêcher d'être des faux-jetons. Il faut faire avec !

Pour vous prouver que je n'exagère pas quand j'évoque la boue de notre chantier de restauration, voici dans quoi nous marchons et roulons actuellement :

15 décembre 2011, le terrain derrière le fournil du manoir.

Igor et Valentin améliorent cependant, petit à petit, le drainage du terrain. A cet effet, nous avons imaginé de ménager des sas en parpaings, puisque ceux-ci sont perméables :

15 décembre 2011, exemple de notre nouveau savoir-faire en matière de drains.

@ W.F. :

Dans le prolongement de ma précédente réponse, voici qui te montrera l'état présent du fond de la douve Sud. Ce filet d'eau court jusqu'au bief aval.

15 décembre 2011, le fond de la douve Sud à proximité du canal d'arrivée.

Je pense que, rapprochée de la photo précédente te montrant les ornières derrière le fournil du manoir, cette vue plongeante te convaincra qu'on ne pourrait travailler au fond de la douve sans, d'abord, détourner temporairement ce ruisseau.

Excellente nouvelle pour le chantier du mur Ouest de la douve Nord : je viens de recevoir l'autorisation de la D.R.A.C. de commencement de travaux avant que ne soit signé l'arrêté de subvention espéré. Le chantier est donc parfaitement en règle :

16 décembre 2011, autorisation de commencement de la restauration du mur Ouest de la douve Nord.

Certes, pour les raisons déjà signalées (urgence du projet, arrivée des mauvais jours, nécessité pour moi d'occuper mes salariés), je n'avais pas attendu, loin s'en faut, ce document pour entreprendre ce qui me semblait nécessaire. Mais il est beaucoup plus confortable d'être ainsi formellement couvert.

En tout cas, merci à tous les agents des affaires culturelles qui ont œuvré à ce premier résultat !

Tel un Petit Poucet rêveur égrenant dans sa course des rimes, j'ai déjà donné, sur ce site, de nombreux indices des travaux du mur Ouest de la douve Nord. Je rappelle à ce sujet mes messages des 11 et 24 septembre, 20 octobre, 6, 11, 12 et 19 novembre, 10 et 16 décembre derniers.

Je vais désormais pouvoir vous en dire un peu plus.

Juste après les Journées du patrimoine, nous avons bien sûr commencé par les terrassements. Comme dirait W.F., ceux-ci ont vite pris une dimension pharaonique :

PPF au fond du trou.

Au départ, si nous avions envisagé des fondations de béton de 80 cm d'épaisseur, nous avions pensé n'en enterrer que la moitié en-dessous du fond de la douve ; cela représentait néanmoins, sous le niveau du sol du fournil, un trou de 4,20 m de profondeur et de plus de 15 m de longueur :

Le trou des fondations.

Le trou des fondations.

Bien sûr, il a fallu prolonger ce trou au-delà des 15 m en creusant une rampe en pente douce, afin de permettre au tracteur "Valtra" de passer, ne serait-ce que pour livrer au pied du mur les matériaux indispensables :

La rampe d'accès au chantier.

La rampe (bis).

Puis vint le moment de fabriquer le coffrage destiné à être rempli de béton :

Début de la fabrication du coffrage des fondations.

Pose ensuite des ferrailles destinées à armer le béton :

Des ferrailles sur trois niveaux, rien de moins...

et l'on peut voir que nous n'avons pas lésiné sur la quantité de ferrailles :

... et encore des ferrailles !

Au total, la fondation mesure 15 m de long, 80 cm de haut et 1,50 m de large ; ça devrait tenir un moment, je pense.

Le coffrage enfin prêt à recevoir le béton.

C'est Valentin qui s'est chargé de mélanger le béton à la bétonnière...

... tandis qu'Igor faisait le va-et-vient entre la bétonnière et le coffrage :

Vue d'ensemble du chantier en cours de coulage du béton :

18 m3 de béton transportés à la brouette, ce n'est pas rien ; il a fallu plusieurs jours de travail pour réaliser cet exploit...

Le béton dans sa masse.

... qui, le soir, laissait Igor fourbu et rêveur :

Igor à proximité du fournil du manoir, en train de contempler l'état d'avancement du chantier.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 4 Janvier 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Murs divers - Par corps de métier - Par lieu
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Il était prévu initialement que la fondation de béton du mur Ouest de la douve Nord dépasse de 40 cm au-dessus du fond de la douve.

Les 40 cm de hauteur de béton dépassant du fond de la douve.

C'est dans le même esprit que nous avions procédé pour la douve Sud. Mais, à la réflexion, l'idée d'apercevoir du béton au pied du futur mur m'a semblé fâcheuse. J'ai donc demandé à Igor d'habiller la partie visible de la tranche de béton avec des pierres et, pour commencer, de compléter la première fondation par une plus petite semelle latérale, armée elle aussi, de manière à supporter le poids de ces nouvelles pierres. Ainsi fut fait, du moins sur la partie centrale de la fondation qui n'avait pas vocation à être recouverte de terre, une fois le chantier terminé :

La semelle complémentaire.

Lorsque la petite semelle latérale fut sèche, Igor put monter les premiers rangs de pierres, comme demandé, c'est-à-dire en en profitant pour donner du fruit au futur mur :

Les premiers rangs de pierres.

Je dois dire que l'effet me parut vite excellent :

Un premier coup d'oeil satisfaisant.

Le chantier pouvait donc se poursuivre sur de bonnes bases...

Un maître d'ouvrage satisfait.

... ce qu'il ne manqua pas de faire :

Cette fois, c'est parti !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 6 Janvier 2012
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Murs divers - Par corps de métier - Par lieu
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Les deux parements du mur Ouest de la douve Nord.

Le mur Ouest de la douve Nord a, au minimum, 80 cm d'épaisseur (et plus de 1 m à sa base, compte tenu du fruit donné à la construction).

Lucyna GAUTIER, l'architecte, ayant beaucoup insisté sur la nécessité que le mur soit très solide pour résister à la pression de 4 m de terre et de l'eau des sources, nous avons veillé à prévoir, entre les deux parements, un coeur de béton armé :

Le démarrage mur vu du Nord-Est.

Dès le début, nous avons pensé à disposer des passages pour l'eau à travers le mur :

Une première réservation pour le drainage du terrain derrière le fournil du manoir (démarrage du mur vu du Sud).

On comprend aussi pourquoi nous avons laissé des tiges de fer sortir du dessus de la fondation de béton :

Igor et Valentin en plein travail (vus du fond de la douve, photo prise en regardant vers le Sud-Ouest.

Le sol gorgé d'eau complique beaucoup la tâche d'Igor et Valentin :

12 janvier 2011, derrière le fournil du manoir.

Valentin essaye d'ouvrir une voie permettant d'accéder plus facilement au chantier du mur Ouest de la douve Nord :

12 janvier 2012, Valentin et le

Pendant ce temps, Igor nettoye la mini-pelleteuse, de nouveau en panne :

12 janvier 2012, Igor et la mini-pelleteuse.

Heureusement pour nous, Maxime est passé dans l'après-midi pour réparer cet engin si utile. Si j'ai bien compris, le problème tenait à un filtre encrassé. Bravo Maxime et merci pour ton aide !

J'ai demandé à Igor et Valentin de profiter de l'opportunité offerte par les terrassements du mur Ouest de la douve Nord pour mettre en place, au niveau du fournil du manoir, un drainage de compétition. Je suis en effet las de constater que l'humidité remonte dans les murs de ce fournil, nuisant ainsi à son confort potentiel.

Une fois de plus, avec le souci de bien faire qui les caractérise et beaucoup d'application, Igor et Valentin ont interprété extensivement mes instructions, au risque de déchausser ce bâtiment dont les fondations sont superficielles. :

12 janvier 2012, Igor en train de déplacer un rosier, Valentin en train de creuser un fossé.

Au fond du fossé, nous avons immédiatement coulé une semelle de béton...

14 janvier 2012, la semelle en béton du drainage du fournil.

... sur laquelle nous avons agencé une rigole en parpaings perméables, destinée à retenir la terre sur ses côtés et à être prochainement remplie de gravier disposé autour d'un tuyau de drainage :

21 janvier 2012, la rigole du drainage à l'Ouest du fournil du manoir.

A Florence, dans le Jardin de Boboli, c'est-à-dire chez les grands-ducs de Toscane, Mr T. a remarqué un mode de drainage des allées que nous ne saurions copier à la Chaslerie, tant il est luxueux. Voici en effet la bouche, en pierre sculptée, d'évacuation de l'eau vers une canalisation souterraine :

Une observation inédite de Mr T.

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J'ai demandé ce matin à Igor et Valentin d'arrêter de travailler. En effet, à 10 heures du matin, ils n'avaient pratiquement rien fichu. Je ne peux quand même pas les payer à se tourner les pouces alors qu'il fait une température de -5°C.

La mini-pelleteuse, qu'ils avaient omis de mettre à l'abri, ne redémarre plus.

Enfin, malgré ma demande expresse, aucun d'eux ni Bernard n'a mis de fagot dans l'auge de la cour où l'eau a gelé, au risque d'en détériorer le granit. Je suis mécontent de ce manque de sérieux et de bon sens.

P.S. : En début d'après-midi, Bernard, que je suis allé récupérer à Saint-Mars-d'Egrenne, a réglé le dernier problème.

La photo par satellite suivante permettra de comprendre où en soit rendus Igor et Valentin de l'élagage des quelques 30 000 arbres plantés au Sud du manoir dans la semaine précédant la grande tempête de Noël 1999 :

Vue du grand champ au Sud du manoir.

Sur cette photo où le Nord est en haut, on reconnaît, à gauche, la route D22 et, au centre, la ligne droite de l'allée principale. A droite de cette dernière, le grand champ est divisé ici en zones numérotées 1, 2, 2bis, 3 et 4 ; il est complété par les parcelles proches numérotées ici 5 et 6. Au total, les parties ainsi numérotées représentent une surface d'une dizaine d'hectares.

A ce jour, Igor et Valentin ont élagué tous les arbres des zones 1, 2 et 3. Autant dire qu'ils ont d'ores et déjà élagué une petite moitié de la surface plantée en 1999, soit plus de 10 000 chênes et hêtres. Demain, ils poursuivront au niveau du 2 bis.

Lorsque le temps le permettra, ils reprendront leurs travaux de terrassement, drainage et maçonnerie au mur Ouest de la douve Nord, travaux qui avaient bien sûr été interrompus en raison de la récente vague de froid.

Après le dégel du sol et alors que le terrain s'assèche lentement, j'observe l'apparition de micro-fissures sur le pignon Ouest du fournil du manoir, comme si le cul du four avait commencé à se cisailler. J'attendais ce type de réaction de la part des murs de cette construction montée à la terre. Il était certain que les joints ne suffiraient pas à garantir la stabilité de l'édifice. Mais, avant de poursuivre les travaux de drainage, il va falloir que je surveille avec soin.

26 février 2012, l'angle Sud-Ouest du fournil du manoir.

26 février 2012, l'angle Nord-Ouest du fournil du manoir, vu de l'Ouest.

26 février 2012, le haut du mur Nord du fournil du manoir, vu de l'extérieur du bâtiment.

Car j'entends déjà Guy HEDOUIN rappeler : "Je vous l'avais bien dit !"

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 28 Février 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Fournil du manoir - Par corps de métier - Par lieu
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Igor et Valentin n'ont pas tardé à intervenir au pied du fournil du manoir, afin d'achever le drainage de son pignon Ouest. Ils ont procédé en suivant à peu près correctement mes instructions :

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (1).

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (2).

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (3).

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (4).

Il faudra que je vérifie si le béton coulé sur le gravier est bien disposé en devers, vers l'extérieur du bâtiment. En outre, j'aurais préféré qu'il soit enterré plus profondément et soit segmenté pour en faciliter le démontage le cas échéant.

Bonsoir,

Alors là, si ce drainage fonctionne, courez vite déposer un brevet.

J'ose espérer que ce n'est pas votre architecte favori qui vous a conseillé cela. Si tel était le cas, je rentre dans les ordres dès demain.

J'aime assez l'expression "le démontage le cas échéant".

Je ne manquerai pas de suivre l'évolution de cette affaire.

Bonne soirée !

N.D.L.R. : Et moi, je constate que vous ne vous connectez plus tous les jours à notre site favori...