Terrassement

Igor, en vacances cette semaine, m'a proposé de venir nous donner un coup de main à la Chaslerie. J'ai tout de suite accepté.

Je me suis dit qu'il pourrait finir de gratter les restes de ciment sur les murs du troisième étage du colombier et creuser à la mini-pelle les fossés pour enterrer les tuyaux bleus du foreur.

En ce qui concerne les restes de ciment à gratter et autres interventions en maçonnerie du 3ème étage du colombier, l'architecte m'a confirmé depuis la mi-novembre que ces travaux, s'inscrivant dans le droit fil de mes efforts antérieurs pour faire disparaître les horreurs manifestes de mes prédécesseurs, ne nécessitent pas d'autorisation particulière.

Donc Igor a pu commencer, dès aujourd'hui, par faire tomber l'enduit de ciment autour de la fenêtre Nord-Oust :

7 janvier 2019.

On s'est alors aperçu qu'il serait trop difficile de remplacer par des pierres les parpaings de béton disposés autour des fenêtres lorsqu'elles ont été percées. Je me bornerai donc là, pour l'essentiel, à substituer de la chaux au ciment des éveils, ce qui permettra de ne pas tout casser à cet endroit :

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

Par ailleurs, ne pouvant décemment pas garder le ciment et la brique creuse de la niche du coin Nord-Ouest de la pièce, j'ai demandé à Igor de les faire sauter...

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

... mais là, nous avons eu la surprise de tomber sur une feuillure en bonne qualité de maçonnerie de pierres...

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

... avec des pierres de seuil convenablement agencées...

7 janvier 2019.

... de sorte que j'ai décidé de ne pas faire disparaître cette niche mais de la conserver pour y installer, le moment venu, un rangement de menuiserie. Je comprends en effet que cette niche était une porte, trop basse pour pouvoir être utilisée en tant que telle de nos jours, qui a été percée et proprement maçonnée dans le courant du XIXème siècle, lorsque d'anciens trous de colombe ont fait les frais de cette opération. Cette porte basse a été bouchée et salopée dans les années 1950, lorsque a été percée la porte centrale qui demeurera, comme l'a prévu le projet de juillet dernier de l'architecte. Conclusion : je ne vais guère rétablir les trous de colombe initiaux dans la moitié Ouest du mur Nord du colombier. Juste remettre un peu d'ordre dans ceux qui entourent la niche de cette partie du mur.

En revanche, il est confirmé que la niche Nord-Est est bien, en totalité, une saloperie bâclée des années 1950. Donc là, pas de quartier : on fera disparaître cette horreur et on rétablira à sa place les trous de colombe envolés :

7 janvier 2019.

J'ai demandé hier soir au foreur comment procéder pour enterrer les tuyaux d'évacuation des puits.

Voici sa réponse, ce matin :

(Début de citation)

Tout d'abord, les tuyaux de forage peuvent effectivement être enterrés mais les tuyaux gris d'évacuation valent moins cher (tube de forage alimentaire : 9.65 euros H.T. le mètre) ; à vous de voir.

Il faut tout d'abord ouvrir les tranchées afin d'y poser les tubes d'évacuation et ensuite creuser tout autour des forages afin de poser des drains autour avec du cailloux 20x40 et d'orienter les drains dans les tubes d'évacuation.

Le cailloux et les drains posés, recouvrir les drains de cailloux 20x40 et ensuite idéalement poser des buses de puits par exemple de 50 cm de haut mais enterrées pour quelle ne dépassent pas du sol. (voir plan schématique joint ; excusez-moi je ne suis pas un grand dessinateur).

Tant que les PAC ne sont pas installées, j'ai peur qu'en fermant la vanne le forage déborde davantage entre la cimentation et le terrain ; donc il vaut mieux la laisser ouverte.

(Fin de citation)

Comme indiqué hier, j'envisageais de demander à Igor de faire le nécessaire. Mais Christian craint que les chenilles de la mini-pelle ne défoncent le terrain ; il me recommande donc ce matin d'attendre le retour des beaux jours pour donner suite, non sans ajouter qu'il sait lui aussi conduire la mini-pelle.
A l'heure où je déjeunais d'un cassoulet à ma cantine favorite, j'ai reçu, sur mon téléphone portable, un long courriel d'un membre du fan club. Ce que j'appelle un membre de qualité du fan club puisqu'il n'hésite pas à s'exprimer sur notre site favori à propos de sujets divers. Je me souviens qu'à l'occasion de la dernière présidentielle, nos opinions divergeaient ; je ne sais si, à ce jour, "Nicodème" (c'est son pseudo sur ce site) a admis que son candidat, qui fut élu, était surtout une bulle médiatique, nous n'en avons pas reparlé. Nicodème s'est également intéressé à mes réflexions sur le choix du mode de chauffage de notre manoir favori et nous a tenu informés du résultat de ses propres recherches en la matière.

Soyons clairs : je n'ai jamais rencontré "Nicodème" dans le monde réel, c'est en se connectant à notre site favori, je ne sais pourquoi ni à quelle occasion, qu'il s'est intéressé à mon aventure de restaurateur de vieilles pierres. Nous sommes ensuite devenus "amis Facebook" à sa demande, de sorte que je sais qu'il travaille dans l'immobilier au Maroc, qu'il est en train de se construire une grande maison du côté de Marrakech et qu'il aime parcourir son pays d'adoption en "Land-Rover", en tenue de bédouin et dans des paysages dignes du film "Le patient Anglais".

Voici donc ce qu'il vient de m'écrire et que je cite "in extenso" :

(Début de citation)

De : (...)@gmail.com
Envoyé : mardi 8 janvier 2019 12:38
À : Pierre-Paul Fourcade
Objet : Tuyaux puits canadien

Hello PPF, bonne année !

Pour la réalisation de mon puits canadien, à Marrakech , j'ai utilisé des tuyaux d'évacuation en PVC de 200mm type SN2 (résistance à 2 bars de pression) à environ 5 €/m acheté chez Ferroplast. Il ne me parait pas utile de prendre de la qualité alimentaire. Beaucoup plus solide que le PVC gris.

Voici une description du puits canadien qui devrait être achevé cette semaine :


Il s'agit de tuyaux PVC orange de 6m de long et diamètre 200mm. Ils s'emboitent par des joints caoutchouc.

La tranchée fait 50m x 3m x 3m et nous avons enfoui 8 séries de tuyaux à 3m de profondeur à l'arrivée. La tranchée fait un coude pour éviter un arbre existant.

Les tuyaux sont posés en 2 nappes de 4 séries, ceci afin de respecter un intervalle de 1m en largeur et 50 cm en hauteur et favoriser les échanges thermiques avec la terre.

Il y a une pente de 2% pour évacuer l'eau de condensation par un siphon en entrée de l'air (photo avec la dalle en béton posée sur un hérisson de galets).

Les tuyaux se rejoignent dans une grande buse qui entre dans le local technique, dans la maison, puis va sur le toit où est positionné un ventilateur-évaporateur. L'air ainsi aspiré et refroidi (2 fois : par le puits canadien puis dans le ventilateur en évaporant de l'eau) passe alors dans des canalisation souples dissimulées dans les faux plafonds.

Bon courage.

Pour ton architecte :

Il me semble que que tu réclames de la franchise dans les échanges avec tes lecteurs, donc je me jette à l'eau.

Je crois que tu as tendance à vouloir résoudre les conflits en montant des dossiers et en écrivant des palanquées de messages, destinés notamment à montrer que tu as raison, et donc implicitement que l'autre a tort. Je te suggère une solution plus courageuse sur le plan de l'amour-propre : va le voir, parle-lui et excuse-toi, ceci dans l'intérêt de la poursuite de ton chantier, sinon, c'est 6 mois de plus à en trouver un autre. Sans compter que tu dois être connu comme le loup blanc dans la profession.

Beaucoup d'échanges avec les personnes que tu cites dans tes messages décrivent des situation conflictuelles ou a minima contiennent des remarques blessantes qu'elles lisent probablement (femme, fils, belle-fille, Christian, architecte(s),etc...). Cela te rend sûrement malheureux et c'est contre-productif pour ton chantier.
La définition de l'EMPATHIE me parait digne d'être méditée.

Amicalement

Nico(...)
Mob : +212 666 (...)

(Fin de citation)

Bon, me voici habillé pour l'hiver !

Ce courriel m'interpelle d'autant plus que, dans sa partie consacrée à l'architecte, le deuxième paragraphe répète mot pour mot le conseil que, pas plus tard qu'il y a trois jours, m'a donné ma mère, lectrice très assidue de notre site favori (c'est à son intention que je mets en ligne des photos de notre descendance pendant le laps de temps où cela m'est autorisé).
(Si ce n'est que, forte d'une expérience continue de plus de 67 années, ce qui n'est pas rien, ma mère admet que j'ai toujours raison, "qualité FOURCADE" oblige...).

Quant au paragraphe suivant, il est évidemment en phase avec les retours que j'obtiens, quand il y en a, des intéressés. En termes psychanalytiques, on dirait, je crois, que je n'ai pas beaucoup de surmoi. C'est un fait.

Je vais bien entendu prendre tout cela en considération.

S'agissant de l'architecte, j'ai commencé à rédiger à son intention un projet de lettre que je ne lui enverrai pas dans sa version actuelle. Je n'étais pas encore arrivé tout seul à l'idée de lui téléphoner pour essayer de rétablir le contact. Car, pour avancer, il n'y a rien que j'apprécie autant qu'être sûr de mes arrières. Or je n'ai pas encore achevé mon "home work". Mais ça avance, petit à petit et, je l'espère, dans la bonne direction.
Une réunion cette après-midi à laquelle participaient notamment deux représentants de l'entreprise "LEMASSON", fabriquant de pompes à chaleur, me laisse très perplexe :
- je comprends que ma responsabilité est en première ligne pour les forages dont les résultats m'ont causé un certain inconfort ;
- je suis dissuadé d'opter pour une chaufferie centrale en raison des déperditions de chaleur et du coût des tuyaux de transport de l'eau chauffée ;
- il m'est vivement recommandé de faire intervenir un bureau d'études pour définir mes besoins de puissance de chauffage en fonction des isolations thermiques qui seraient mises en place ainsi que des parts relatives des radiateurs et du chauffage par le sol ;
- enfin, il m'est indiqué que le "tarif jaune" d'EdF ne serait pas nécessaire, au moins pour la première tranche de chauffage que j'envisage.

Dans ces conditions, inutile de s'étonner que j'aie beaucoup de mal à avancer sereinement sur ce dossier aussi difficile et coûteux qu'enquiquinant pour moi.
Les propos de Jean-Louis BERCAITS, dirigeant de "LEMASSON", et Maxime HELYE, "responsable Applications spécifiques" de la même entreprise, ont commencé à faire leur chemin dans mon esprit. En particulier, j'avais compris hier que je pourrais avoir intérêt, moi aussi, à abandonner le principe d'une chaufferie centrale au profit de l'installation de plusieurs chaufferies desservant chacune une partie de l'ensemble de mes bâtiments (l'une de ces chaufferies pouvant utilement être établie dans l'arrière-cuisine du bâtiment Nord).

Ainsi, ce matin, je me suis réveillé avec l'idée de remettre en cause les schémas définis, à l'intention d'Arnaud PAQUIN, dans ma lettre du 10 avril et mon courriel du 20 novembre derniers. Comme on le sait, j'y exprimais mes "desiderata" de l'époque en matière de restauration de notre manoir favori (sans oublier d'évoquer l'urgence relative des différentes tranches de travaux envisagées ou, si l'on préfère, le calendrier souhaité pour leur réalisation).

Mes vues seraient dorénavant les suivantes :

- je retiendrais l'idée de renvoyer à mon successeur l'installation du chauffage du colombier ainsi que du premier étage du logis, du reste de l'"aile de la belle-mère", de la tour Louis XIII et de la chapelle ; je me bornerais donc à une pompe à chaleur dans l'arrière-cuisine du bâtiment Nord ;

- par voie de conséquence, je limiterais en principe l'horizon des travaux que je financerais au bâtiment Nord en entier (donc y compris le cabinet de toilettes jouxtant la "chambre mortuaire", la cuisine à l'emplacement-même de celle qui existait lorsque j'ai acheté notre manoir favori et donc cette arrière-cuisine) et à la moitié Nord du logis (c'est-à-dire la salle-à-manger, la chambre au-dessus, la tour Nord-Est et la cage d'escalier). Ainsi, je m'abstiendrais de toute intervention significative (autre que la restauration des menuiseries extérieures) dans le reste du logis (c'est-à-dire le salon, la "salle dévastée" et la tour Sud-Ouest).

Bien entendu, je me réserverais la possibilité d'en faire davantage, selon mes disponibilités et celles de toutes les contreparties en cause sur de tels projets.

A ce stade de mes réflexions, il me semble que cela pourrait fonctionner pour moi et constituer une base utile de dialogue avec l'architecte (ou les architectes) en charge de mon projet.
Excellente réunion de travail, hier après-midi, à la D.R.A.C. à Caen.

Lors de sa venue à notre manoir favori le 15 novembre dernier, le conservateur régional des monuments historiques m'avait nettement recommandé de focaliser mon programme de travaux de restauration sur un petit nombre de projets clairs pour tout le monde.

Face à mon interlocuteur d'hier, aussi attentif que bienveillant, j'ai pu expliquer où j'en suis en la matière. Je crois que j'ai été compris.
Au courrier du jour, le compte rendu des forages effectués le mois dernier par David BREBANT, ainsi qu'une analyse chimique de l'eau trouvée.

En résumé :
- les deux puits sont artésiens, ce qui est rare,
- le premier puits (dit "de pompage") a un débit de 35 m3/h, ce qui est très important, et le second (dit "de rejet"), un débit de 5 m3 environ, ce qui, m'indique le foreur, devrait suffire pour nos usages ;
- l'eau est très ferrugineuse, ce qui entraînera des frais d'entretien du circuit amont de l'aquathermie, mais le pH est favorable.

Ce soir, David BREBANT m'a passé un long coup de fil pour me rassurer sur les résultats de ces forages. Je l'ai tenu informé sur l'état de mes cogitations sur la suite des travaux et la manière de me faire aider, peut-être par un bureau d'études, en plus d'un (ou de deux) architecte(s). Nous sommes convenus de repousser le creusement de tranchées pour enfouir divers tuyaux à l'époque où le terrain serait de nouveau capable de supporter des engins de chantier, donc vers mai prochain. David BREBANT m'a promis son concours pour cette opération.