Terrassement

Bien que la réalisation des travaux sur la ferme soit un projet à long terme, je vais le commenter ici.

Dans un premier temps, voyons en quel état se trouvait la ferme en 2006, au début de l'intervention musclée de Claude MARTIN explicitée par les précédentes photos.

Les plans suivants ont été dressés par Lucyna GAUTIER, l'épouse de l'architecte des bâtiments de France alors en poste dans l'Orne.

A part la transformation en cours d'une fenêtre du mur pignon Sud en porte, ces plans sont conformes à la réalité d'aujourd'hui, du moins pour l'aspect extérieur du bâtiment.

Le premier dessin représente la façade Ouest de la ferme :

Façade Ouest de la ferme, avant travaux.

On observe que, sur cette façade exposée aux intempéries, les ouvertures sont rares. Dans les combles, c'est moi qui avais fait remplacer les vélux par des houteaux. Au rez-de-chaussée, de gauche à droite sur le dessin précédent :
- la première ouverture, montée en briques rouges, date du XIXème siècle ;
- la porte suivante existait lorsqu'un garage en parpaings était accolé au bâtiment ; j'en ai déjà fait restaurer le linteau ;
- du temps du garage, suivait une porte donnant sur un coin buanderie qui jouxtait le garage au Sud ; c'est moi qui ai fait supprimer cette buanderie en même temps que le garage et remplacer la porte en question par une ouverture imitée de la première, en briques rouges ;
- c'est au niveau de la fenêtre carrée suivante que le parement extérieur de pierres s'était écroulé lors des travaux confiés à Claude MARTIN ; ce parement a été remonté mais, à cette occasion, la grille de cette fenêtre, qui était également tombée, n'a pas été remise en place ;
- la porte suivante donnait sur l'ancienne cuisine-living ; comme le montre le dessin, elle était entourée de briques, en l'occurence blanches et très dégradées ;
- la dernière ouverture du rez-de-chaussée est la fenêtre, entourée de briques blanches, donnant sur l'ancien salon.

A l'étage, une fenêtre entourée de briques blanches éclairait une chambre comportant, dans un angle, une cheminée ; c'est par cette cheminée qu'avait pénétré l'humidité à l'origine de l'attaque de mérule dans cette partie du bâtiment ; comme le rappelle ce dessin, la tempête de 1999 avait arraché les deux persiennes de cette fenêtre.

Le dessin suivant représente la façade Est de la ferme, celle qui donne vers le manoir.

Façade Est de la ferme, avant travaux.

C'est sur ce dessin que l'on comprend à quel point le bâtiment est disparate.

L'extension Sud, de 6 m 40 de long, soit moins du quart de l'ensemble, se distingue par sa toiture mal assortie au reste du bâtiment puisque le parti retenu par le constructeur avait été d'ajouter cette extension R+1 en conservant la même ligne faîtière. D'où ce hiatus des pentes des couvertures qui m'a toujours heurté. Comme côté Ouest, les deux ouvertures de cette façade de cette extension sont bordées de briques blanches très abîmées ; comme sur l'ensemble de cette extension, les linteaux extérieurs sont en granite taillé de façon sèche. La tempête de 1999 a arraché une persienne de la fenêtre à l'étage, qui donnait sur une seconde chambre.

La partie centrale de la ferme, d'environ 9 m 50 de long, est la plus ancienne, comme le montre son appareil de pierres. Les linteaux y sont en bois, relativement récent pour la fenêtre et la porte de l'ancienne cuisine-pièce à vivre, mais fatigué et même vermoulu pour la fenêtre et la porte suivante qui desservaient une chambre.

La partie Nord de la ferme, d'environ 12 m 50 de long, soit près de la moitié de l'ensemble, est restée, encore aujourd'hui, sinon dans son jus, du moins telle qu'elle avait été aménagée, à des fins agricoles, par de lointains prédécesseurs. Compte tenu de la forme cintrée des fenêtres et, surtout, de leur montage en briques rouges, on peut penser que cette partie du bâtiment a été modifiée, sinon bâtie, au XIXème siècle.

Sur cette façade Est, mon intervention s'est bornée à ce jour à remplacer trois portes vermoulues, celles de la partie agricole et, à l'étage, à faire habiller les lucarnes de bardeaux de châtaignier.

A noter, sur cette façade, la présence de portes de pas moins de 4 styles différents, années 1930 à gauche vers l'ancien salon, début des années 1990 (juste avant que je n'achète la ferme) vers l'ancienne cuisine-pièce à vivre, date indéterminée mais relativement récente pour la suivante vers l'ancienne chambre du rez-de-chaussée, enfin style agricole pour les dernières. C'est d'ailleurs pour tâcher d'atténuer ces disparités que j'avais fait peindre toutes les huisseries extérieures, à l'époque en "bleu charron" qui s'est beaucoup adouci depuis.

A noter aussi le mic-mac des linteaux. J'ai déjà signalé les différences de matériaux, granite moderne, chêne récent ou chêne très ancien. Mais ce qui frappe aussi, c'est l'absence d'unité au niveau des hauteurs des linteaux, donnant à penser que tout cela a été monté à la "va-comme-je-te-pousse", sans aucune idée d'ensemble.

Cet état de fait me pose problème. Je me demande quel parti retenir pour la restauration de cette façade. Sauf à démonter et remonter l'ensemble du parement extérieur, ce qui serait évidemment coûteux, on verra toujours la différence entre les trois appareils de pierres, c'est-à-dire le fait que le bâtiment résulte de trois phases constructives mal coordonnées à l'évidence. On peut se dire qu'un rejointoiement homogène apporterait enfin un peu d'unité et que, au pire, on pourrait toujours faire pousser des plantes grimpantes pour masquer, autant que faire se peut, les cicatrices aujourd'hui trop visibles (il faudrait alors veiller à ce que les racines correspondantes ne bouchent les drainages, si nécessaires ici).

Il conviendra, à tout le moins, d'introduire un peu d'unité dans les styles des portes, d'ordre dans les hauteurs des linteaux et d'homogénéïté dans leur matériau. En l'état de mes réflexions, j'incline pour cette façade vers des linteaux en vieux chêne mais en bon état ; je ne vois guère comment on pourrait éviter de changer tous les linteaux et pratiquement toutes les huisseries de cette façade...

Le pignon Nord appelle peu de commentaires :

Pignon Nord de la ferme, avant travaux.

Le pignon Sud fait apparaître, à l'étage, une fenêtre condamnée depuis longtemps. Un conduit de cheminée montait dans le coin Sud-Ouest et sortait par la superstructure décentrée que l'on aperçoit sur ce dessin. Dans la pièce du rez-de-chaussée, le niveau du sol était sensiblement inférieur à celui du terrain avoisinant, ce qui ne pouvait qu'exacerber les problèmes de remontée d'humidité.

Pignon Sud de la ferme, avant travaux.

Le plan du rez-de-chaussée confirme que celui-ci n'était habitable que sur la moitié de sa surface. L'escalier desservant l'étage avait été installé dans un coin de la cuisine-salle à vivre. Cette pièce comportait deux murs de refend, mais j'ai fait abattre celui la séparant de la chambre du rez-de-chaussée.

Plan du rez-de-chaussée de la ferme avant travaux.

Le plan du comble montre que seuls 40 % en étaient aménagés, la moitié de ce volume étant d'ailleurs réduite par la pente du toit.

Plan du comble avant travaux.

La "coupe AA" apporte trois informations supplémentaires :

Coupe longitudinale de la ferme avant travaux.

- la disparité des niveaux du sol selon les pièces, l'ancien salon se trouvant ainsi, en particulier, abaissé de 31 cm par rapport à la cuisine-salle à vivre voisine ;
- la faible hauteur des plafonds dans toutes les pièces (2 m 35, dont 2 m 22 sous poutre), sauf dans l'ancien salon grâce, en particulier, à cet artifice (2 m 67) ;
- l'absence de plancher intermédiaire au niveau de la porte charretière, de manière à pouvoir garer un tracteur.

Enfin, la "coupe BB" confirme la faible hauteur des plafonds, notamment à l'étage :

Coupe transversale de la ferme avant travaux.

A ce stade de ma présentation des travaux envisagés sur la ferme, il me revient, avant d'ouvrir un débat éventuel avec W.F. - si toutefois il le veut bien -, d'indiquer quelles sont les questions qui me sembleraient à régler prioritairement.

La première concerne assurément le niveau final du sol au rez-de-chaussée. On a en effet compris que le terrain est doublement en pente, d'une part du Nord au Sud, d'autre part de l'Ouest à l'Est. Cette question est d'ores et déjà sur la table, puisqu'on vient de commencer ces travaux par le positionnement de la porte extérieure de la nouvelle cuisine-salle à manger.

La première contrainte rend difficile de garder le même niveau de sol sur toute la longueur du bâtiment. Alors, combien de niveaux différents prévoir, où placer la (ou les) marche(s) intérieure(s) nécessaire(s), jusqu'où descendre ces niveaux sans risquer de voir ressurgir les infiltrations d'eau et sans compliquer la mobilité entre l'extérieur et l'intérieur du bâtiment, au niveau des portes extérieures ? On a vu qu'avant travaux, il y avait de multiples niveaux, en particulier un pour la future cuisine-salle à manger, un pour le futur salon et, sans doute, au moins un troisième pour le reste du bâtiment (correspondant aux futures salle de jeux, entrée et lingerie) ; la chaufferie peut, sans problème, avoir un autre niveau encore.

Compte tenu de la seconde contrainte, je ne vois pas comment on échappera à une marche au moins entre la future entrée principale, sur la façade Ouest, et la future salle de jeux. On doit aussi se demander si une autre marche ne sera pas nécessaire entre cette future salle de jeux et le futur salon ; j'aimerais l'éviter, de manière à permettre qu'un jour, la salle de jeux et le salon puissent facilement ne former qu'une seule très grande pièce (de plus de 85 m2), ce qui permettrait d'y organiser des réunions nombreuses, dans un cadre impressionnant dès lors que le plafond n'y serait pas trop bas.

La seconde série de questions à résoudre prioritairement concerne justement les hauteurs sous plafond. Car il est encore loisible de modifier la hauteur d'accroche des poutres qui soutiennent le plancher du 1er étage. Nous devrons en tout état de cause tenir compte d'une part, du niveau en-dessous duquel il ne serait pas raisonnable de descendre le sol du rez-de-chaussée, d'autre part, de la ligne faîtière de la couverture que, sauf dans l'extension éventuellement, il n'est pas question de modifier. Entre les deux, nous devrions pouvoir choisir la hauteur du plafond du rez-de-chaussée de manière à donner à ses pièces une ampleur qu'à part dans l'ancien salon, elles n'avaient pas autrefois. Mais, plus on donnera de la hauteur au rez-de-chaussée, plus il faudra être astucieux dans la fabrication des escaliers intérieurs... et plus ce sera compliqué. A l'étage, on pourra envisager d'avoir plusieurs niveaux de plancher mais il faudra penser aux conséquences sur les hauteurs des lucarnes, dans les chambres ainsi que vues de l'extérieur du bâtiment. On pourra aussi se demander si, à l'étage, on peut éviter d'avoir également plusieurs niveaux de plancher, en fait au moins deux.

Une troisième série de difficultés apparaît quand on songe au phasage du chantier, c'est-à-dire à l'étalement dans le temps de la réalisation de ses différentes tranches. On peut en effet imaginer de ne pas tout réaliser parallèlement mais de se contenter d'abord du "volume des parents", à savoir au rez-de-chaussée, la cuisine-salle à manger et le salon et à l'étage, la "chambre des parents" et leur salle de bains et dressing ; il faudra cependant ne pas oublier dès cette première tranche le positionnement de la future chaufferie de l'ensemble (c'est la nécessité d'implanter assez tôt un nouveau conduit de cheminée qui devrait donc nous obliger à choisir d'entrée de jeu l'emplacement final de la chaufferie).

Et je n'évoque pas davantage d'autres questions déjà signalées :
- le choix de la forme de la couverture de l'extension Sud de la ferme ;
- le matériau des linteaux extérieurs à mettre en place aux ouvertures ;
- le mode de chauffage à retenir ; je pense à ce stade à un chauffage par le sol au rez-de-chaussée et par radiateurs à l'étage.

Ce qui paraît sûr, d'ores et déjà, c'est qu'on ne devrait plus oublier d'inclure en temps utile dans la maçonnerie des fourreaux de plastique pour l'électricité, voire d'autres fluides.

Marie FRULEUX est l'adjointe d'Anne CHEVILLON, l'architecte des bâtiments de France en charge du service départemental d'architecture à Alençon.

J'ai reçu hier, de Marie FRULEUX, le courriel suivant :

"Suite à notre conversation téléphonique, je vous précise les points suivants :

-pour le mur des douves Nord, immeuble classé au titre des Monuments Historiques, en application de l'article 2 du décret 09-749 du 22 juin 2009, la maitrise d'Âœœuvre sera assurée par un architecte du patrimoine (architecte titulaire du diplôme de spécialisation et d'approfondissement en architecture, mention "architecture et patrimoine"). Ces travaux sont soumis à une demande d'autorisation sur monument classé au titre des Monuments Historiques (article l 621-9 du code du patrimoine et articles 19,20 et 21 du décret du 30 mars 2007).

-pour l'allée, les travaux seront soumis à déclaration préalable au titre du code du patrimoine (L621-27 du code du patrimoine) ; la déclaration prévue est souscrite quatre mois au moins avant la date de leur réalisation. (...)"

En d'autres termes :

- pour la restauration des douves de la Chaslerie, je suis dispensé de faire intervenir un architecte en chef des monuments historiques ; j'en suis heureux car je n'avais pas gardé un bon souvenir des deux A.C.M.H. à qui j'avais dû m'en remettre au cours des dernières années, à savoir Mme SCHMUCKLE-MOLLARD et M. RONSSERAY ; je ne suis cependant pas dispensé de confier la maîtrise d'oeuvre à un "architecte du patrimoine", ce qui est une qualification moins pompeuse, amplement suffisante ici à mon avis ; mon intention est donc de charger Lucyna GAUTIER, qui connaît bien la Chaslerie, de préparer le dossier à soumettre à l'administration pour obtenir des subventions qui seront fort bienvenues, tant pour le mur Nord des douves que pour leur mur d'escarpe (voir photos de l'état actuel de ces murs sur deux messages de ce blog, en date des 27 et 31 août derniers) ; pour la réalisation, je n'ai aucun doute que Pascal, assisté si nécessaire d'hommes toutes mains, saura faire et qu'il sera inutile de mandater une des ces très coûteuses entreprises agréées pour la restauration des monuments historiques ;

- pour l'allée principale du manoir, je prends acte du fait que les travaux d'entretien que j'entends y mener ne seront pas subventionnés ; le bon côté de la chose est que je suis dispensé de préparer tout dossier compliqué ainsi que de faire intervenir quiconque autre que mes employés ; nous pourrons donc avancer à notre seul rythme, en tenant compte seulement de la météo et de ce que nous découvrirons sur place, au fur et à mesure de ce chantier.

Je suis donc très satisfait des positions ainsi exprimées par l'administration. Elles sont claires, aussi simples à mettre en œuvre que possible et tout à fait adaptées, à mon avis, aux deux cas d'espèce.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 26 Octobre 2010
Journal du chantier - Plomberie-chauffage - Terrassement - Abords, Avenue, terrasse - Bâtiment Nord
En l'état du chantier, il n'y a plus aucun radiateur en fonctionnement à la Chaslerie. Le circuit de chauffage qui desservait le cabinet de toilettes et le dressing attenant à ma chambre a été coupé, dans l'attente de l'intervention du peintre au printemps prochain.

Donc l'hiver sera dur. Ce matin, l'herbe alentour était gelée, comme le montre cette vue du départ de l'allée principale. Les pierres alignées dans l'herbe sur la gauche de l'allée indiquent l'emprise que devrait avoir celle-ci après restauration.

26 octobre 2010.

Dès 7 h 30 ce matin, alors qu'il faisait encore nuit noire, Pascal triait les pierres le long de la D 22. Bernard est ensuite venu lui donner un coup de main. Comme on le voit, ils ont pris grand soin de ne pas abîmer les cerisiers sauvages qui avaient poussé au milieu des tas de pierres :

26 octobre 2010, Pascal et Bernard au travail dans le froid du matin.

Le long de la haie, les tas de pierres, rassemblées selon leur taille, commencent à donner envie de les remaçonner enfin.

26 octobre 2010, les tas de pierres désormais triées.


Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 27 Octobre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Abords, Avenue, terrasse - Murs divers
Achetée le 6 mars dernier sous la pression de Pascal, la mini-pelleteuse a d'ores et déjà été utilisée 300 heures à la Chaslerie. En moins de huit mois, elle aura donc été amortie. Voilà une bonne nouvelle car je n'étais pas sûr que nous en aurions un usage suffisant. C'est tout de même un gros engin pour un particulier. Pascal est désormais expert dans sa conduite, ce qui n'était pas non plus évident "a priori".

Voici le plan sommaire des tas de pierres le long de la D22 que Pascal trie depuis 4 semaines :

Plan pour le suivi du tri des pierres le long de la D 22.

Sur ce plan, il y a 5 secteurs, marqués de 1 à 5. Chacun a 30 mètres de long. Chaque petit rond représente une benne de camion de terrassier ; certains ronds sont plus grands, lorsque le terrassier a déversé son chargement 2 ou 3 fois au même endroit. Les ronds rouges (il y en a 8, je le précise car les couleurs sont mal passées au "scanner") représentent des tas de granite, les bleus, de grès, et les verts, de grès mélangé à de l'argile (donc plus longs à trier).

Lorsque j'ai dressé ce plan, le 9 octobre dernier, Pascal, qui travaille du Sud au Nord (donc en direction de Lonlay), en était rendu au tiers du secteur 2, là où l'on voit sur mon schéma de tout petits ronds (ils correspondent à des tas de grès trié selon la taille). Aujourd'hui, il travaille au niveau du tiers du secteur 4 ; il a donc dépassé la zone des cerisiers sauvages (marqués par de petites croix sur le plan). Il lui reste ainsi à trier 8 tas dans le secteur 4 et 6 dans le secteur 5. Sachant qu'il passe en moyenne une demi-journée par tas, il n'aura pas terminé avant la fin de la semaine prochaine, si le temps reste propice. Autrement dit, il en aura eu pour 6 semaines de travail, malgré les coups de main précieux de Bernard et de Claude.

Ce sera quand même une bonne chose de faite. On y verra enfin clair dans l'état de nos stocks avant de se lancer, éventuellement, dans les travaux nécessaires au niveau des douves...

En fait, pour la restauration de l'allée principale de la Chaslerie, tout se trouve conditionné par le refus de mes voisins (actuellement les frères VINCENT) de me vendre la bande de terrain dont j'aurais besoin pour conserver à la chaussée son emprise actuelle. Ce blocage m'oblige en effet à déporter la chaussée de quelques mètres vers l'Est si je veux replanter l'avenue d'arbres dans des conditions incontestables par ces voisins.

Ces voisins prétendent en effet que la moitié du talus le long de leur terrain leur appartient. C'est aussi ce qui est illusté sur le plan détaillé de l'allée que j'ai fait établir, dès avril 1992, par la S.C.P. OLLIVIER-PELLE, géomètres-experts à Alençon. Sur ce document, trop large pour être scanné en entier avec mon matériel, le Nord est en haut. En voici un extrait, au départ de l'allée :

Ce plan détaillé semble ainsi confirmer que, si le talus qui se trouve à droite de l'allée en descendant m'appartient en totalité, ainsi que le fossé qui le longe, il n'en irait pas de même pour le talus de gauche que je serais censé partager avec mes voisins. Puisque l'allée est, sur une largeur de 8 mètres, donc avec ses deux talus, inscrite à l'I.S.M.H., on arriverait à une situation absurde où ces voisins pourraient continuer à bloquer la restauration tant que je ne me déciderais pas à en décentrer la chaussée. Comme l'on voit, cette question est délicate ; elle a d'ores et déjà donné lieu à de longs débats sur lesquels je reviendrai dans la rubrique "Sujets divers", puisqu'il ne s'agit pas là, à proprement parler, de faits qui ont leur place dans le "journal du chantier" ; mais plutôt dans le vrac des "Sujets divers", entre un article sur la généalogie et un autre sur la géologie ; dans une sous-rubrique à créer, si l'on veut, et qui pourrait s'intituler "moeurs locales"...

Accessoirement, ce plan détaillé montre que l'allée commence à 158 m d'altitude et a 534 m de long entre, d'une part, ce départ au Sud du manoir et, d'autre part, la double porte cochère et piétonnière du manoir. Au total, la dénivellation est de 20 m ; la pente moyenne est donc de l'ordre de 4 % mais elle n'est pas constante puisque le profil de l'allée est globalement concave, l'arrivée s'effectuant au terme d'un faux-plat.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 31 Octobre 2010
Journal du chantier - Terrassement - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse - Charretterie
Je vais maintenant vous expliquer à quel stade nous en sommes rendus de la restauration de l'allée principale de la Chaslerie.

D'abord, voici dans quel état elle se trouvait lors de notre achat :
- une première vue vers le Nord, en direction du manoir :

28 février 1993, en arrivant sur le manoir.

- une seconde vue vers le Sud et l'entrée de l'allée :

28 février 1993, en direction du bourg de La Haute Chapelle.

De prime abord, elle paraissait donc tout à fait accueillante.

En fait, malgré cette apparence pimpante, le chemin n'était plus carrossable que pour les tracteurs agricoles, tant il était défoncé, et les arbres semblaient souvent rabougris, des fils barbelés s'y étant en outre enkystés.

Tout à mon idée d'inclure dans ma restauration le renouvellement des arbres, j'ai donc fait abattre les chênes, souvent creux et malades, en question :

Mars 1993, abattage des chênes, ici un arbre creux.

On a ainsi retrouvé, dans nombre de ces arbres, les marques noires provoquées par l'impact d'une bombe américaine à la Libération :

Mars 1993, des marques noires troublantes.

En 1997, des travaux de terrassement ont permis de faciliter l'entretien du terrain derrière la charretterie...

16 novembre 1997, terrassements derrière la charretterie.

... et de rétablir un talus disparu en bas de l'allée :

22 novembre 1997, rétablissement du talus sur le faux-plat.

En 2008, 17 ans donc après l'achat de la Chaslerie, aucun compromis n'avait toujours pu être trouvé avec les frères VINCENT, les agriculteurs voisins. J'ai donc décidé de tourner la page et me suis résolu à envisager un déplacement de la chaussée de l'allée. Les tilleuls que j'avais déjà fait planter à l'arrivée sur le manoir ont donc dû, pour la moitié d'entre eux, être transplantés de quelques mètres vers l'Est :

18 janvier 2008, transplantation de tilleuls près du manoir.

Voici d'ailleurs l'un des frères LEMARINIER à l'oeuvre :

18 janvier 2008, transplantation de tilleuls.

Le terrassier JARRY est ensuite intervenu pour déplacer de 8 mètres vers l'Est l'un des deux talus de l'allée, celui à droite en descendant. Le voici au travail en bas de l'allée :

6 février 2008, déplacement du talus à droite en descendant.

et le voici en haut de l'allée :

6 février 2008,déplacement du talus et creusement du fossé à droite en descendant.

Lors de ce travail, nous étions convenus que Philippe JARRY devait sauver un maximum d'arbres du talus de droite, afin de ne pas trop déséquilibrer l'allée :

8 février 2008, de jeunes chênes sont replantés sur le talus.

Nous en avons également profité pour récurer les fossés et poser des drains le long de l'allée :

Depuis lors, nous nous sommes bornés à maintenir la chaussée en état carrossable, quitte à la rempierrer de temps à autre, comme ici en 2010 :

7 juin 2010, Bernard en train de rempierrer la chaussée.

Désormais, la future emprise de l'allée ne fait plus débat. Les travaux à venir vont consister à en déplacer la chaussée de 4 mètres vers l'Est et à planter des arbres de haute tige (essence à définir) de part et d'autre de cette avenue :

26 juillet 2010, l'allée principale vue de son extrêmité Sud.

Il faudra également préciser le tracé de l'allée lors de sa traversée de l'avant-cour ; c'est d'ailleurs pour me rendre compte des effets produits que, comme l'on sait, j'ai placé des blocs de granite sur la pelouse de l'avant-cour.

A ce stade, la priorité est donc de déposer la demande d'autorisation prévue par la réglementation. J'imagine que la réalisation pourrait intervenir avant l'été prochain.

Projets relatifs aux douves (2/10) :

Il me semble que le plus simple, pour présenter les travaux à effectuer sur les douves, est de nous promener au fil de l'eau.

Je me propose donc de rédiger une suite de messages qui seront consacrés, les uns après les autres :
- au bief amont, qui se trouve à 500 mètres environ au Sud-Est du manoir, sur le cours du Beaudouët ;
- au canal d'alimentation des douves, qui commence à une bifurcation du bief amont et finit au milieu de la douve Sud ; ce canal a donc plus de 500 mètres de long et nous examinerons ses trois sections, notamment son débouché dans la douve Sud où l'érosion a beaucoup détérioré les terrassements de 1991 ;
- au mur Ouest de la douve Sud, qui a donc déjà été restauré en 2007-2008 ;
- au mur d'escarpe, long de 130 m et représentant 500 m3 de maçonnerie, qui retient les terres du Pournouët le long de la douve Est ;
- au mur Ouest de la douve Nord, dont la restauration, dont je montrerai l'urgence, est d'ores et déjà programmée pour les prochains mois ;
- au bief aval, qui se trouve au coude entre la douve Est et la douve Nord et qui devrait comporter de nouveau un dispositif de barrage pour permettre à l'eau de monter dans les douves ;
- au canal de sortie des douves, long de quelques dizaines de mètres avant sa jonction avec le lit du Beaudouët.

Je rappelle que le Beaudouët (ou Choisel) est un ruisseau affluent de l'Egrenne au lieu-dit Gué-Viel, un nom qui désigne à l'évidence un vieux gué. Comme expliqué à l'onglet "Histoire" de ce site internet, je suis d'avis que c'est ce vieux gué qui a justifié l'implantation d'un manoir à la Chaslerie. Enfin, je signale que, pour l'administration, le Beaudouët est un "cours d'eau de première catégorie", ce qui signifie qu'il est considéré comme fréquenté par des salmonidés.

Projets relatifs aux douves (3/10) :

La première station de notre promenade le long du circuit des douves est au bief amont.

Le plan ci-joint montre une partie de la parcelle de la Chaslerie après remembrement (la parcelle "ZT 5"). On voit que ce plan, document officiel désormais, passe totalement sous silence toute haie, toute douve, etc... C'est à mes yeux un bel exemple de la brutalité absolue avec laquelle peut agir la procédure de remembrement, lorsqu'elle en arrive à nier ainsi, en quelque sorte, tout ce qui constitue le patrimoine et la culture (mais pas d'une certaine forme, désolante on peut le dire alors, de l'agriculture...) :

Le plan cadastral en vigueur en 2010...

Sur ce plan, le Nord est à gauche ; outre les bâtiments d'habitation ou agricoles, seul y figure le cours du Beaudouët. Quant au bief amont, sa trace se perd sur ce plan ; il faut imaginer ce monument historique classé à côté des chiffres "3.68" : d'après ce que je comprends, ce "3.68" désigne la longueur, en mètres, de la section du Beaudouët où est implantée cette vénérable construction...

Peu documenté, donc, sur la carte, ce bief amont l'est aussi peu parmi les photographies dont je conserve le tirage-papier. Je n'en ai en effet, à ce jour, pris qu'une photo montrable sur ce site. La voici :

Janvier 1992, le bief amont.

Elle date de 1992. Depuis lors, cette maçonnerie, qui avait dû être restaurée au ciment il y a une cinquantaine d'années, a encore dû se délabrer. Il faudra que je retourne la voir.

On va assez rarement à cet endroit car il se trouve sur les terres louées au fermier, Hervé LEMOINE, et, surtout, parce que ce bief amont est bâti au pied d'une tourbière où les sangliers ont l'habitude de se rouler dans les sphaignes et où un cheval se serait enlisé il y a peut-être un siècle, d'après ce qu'on raconte dans le pays.

Il conviendrait de démonter entièrement et de remonter ce bief amont, en vue notamment de remettre en état d'usage le mécanisme permettant de détourner une partie des eaux du Beaudouët vers le canal d'alimentation des douves. D'un point de vue technique, il paraît judicieux de ne pas restaurer ce bief amont tant que la circulation de l'eau ne s'effectue pas dans de bonnes conditions en aval. Autant dire qu'il ne serait pas incongru de le restaurer en dernier.

Accessoirement, il faudra peut-être que j'explique, dans la rubrique "Sujets divers", pourquoi la remise en état de cette bifurcation ne pose aucun problème au regard du classement du Beaudouët en "1ère catégorie". Cela ressort, en effet, d'une action en justice désormais éteinte et constituant un autre exemple de ce que j'appelle les "moeurs locales"...

P.S. du 8 novembre 2010 : Je suis allé, hier matin, me promener près du bief amont. Les nouvelles photos ne sont pas très lisibles car la végétation masque cette construction. Voici, en tout cas, ce que cela donne, vu de l'aval (comme ci-dessus ; l'on comprend que, depuis 1991, une partie de la maçonnerie a chuté dans le lit du ruisseau...

7 novembre 2011, le bief amont entrevu de l'aval.

... et de l'amont :

7 novembre 2010, le bief amont vu de l'amont.

Projets relatifs aux douves (4/10) :

Deuxième étape du circuit des douves, le canal d'alimentation.

Ici non plus, je ne dispose pas de beaucoup de photos, et il a coulé beaucoup d'eau sous les ponts comme le montre celle-ci me représentant, il y a plus de 18 ans, en train d'essayer de bâtir un barrage, juste à côté du bief amont, pour éviter que l'eau ne continue à couler d'abondance dans ce canal. Derrière moi, on aperçoit la première section, rectiligne, de ce canal :

Janvier 1992, les ragondins sont plus doués pour barrer un cours d'eau.

La deuxième section longe d'abord des terrains désormais plantés de chênes, puis ce qu'on continue d'appeler "le champ de Mauduit". Voici justement Carole et les enfants, avec deux de leurs cousins, en train de se promener le long de cette seconde section, qui avait été terrassée de frais quelques mois plus tôt, durant l'été 1991 :

Décembre 1991, promenade le long du canal d'alimentation des douves.

Désormais, ce canal s'est de nouveau envasé et des aulnes glutineux y ont poussé spontanément (je veux dire sans intervention humaine). A noter que, lors des travaux de 1991, la pelleteuse avait rencontré quelques grilles en travers du canal, dont l'usage n'apparaissait pas clairement et qui avaient été éliminées.

La troisième section de ce canal d'alimentation est celle qui m'inquiète le plus. Elle a été restaurée en 1991, là où elle se situait sous l'Ancien Régime (voir plan cadastral sous Louis XV) et aboutit dans la douve Sud. Mais, très vite, l'érosion a chamboulé la jonction, comme le montre cette photo qui n'est que de 18 mois consécutive aux terrassements de remise en état :

Février 1993, débouché du canal d'alimentation dans la douve Sud.

Sous un autre angle, l'effet est encore plus impressionnant :

Février 1993, les effets de la puissance de l'eau...

Heureusement, là aussi, des aulnes glutineux ont poussé spontanément ; leurs racines permettent sans doute, telles celles de palétuviers roses, de freiner cette évolution préoccupante. Mais il est certain que, tôt ou tard, quand nous ferons de nouveau le ménage dans ce canal, nous aurons à régler, d'une manière ou d'une autre, ce problème d'érosion.

Il paraît cependant évident que, lorsque les douves seront de nouveau en eau, cette érosion sera grandement freinée car il n'y aura plus, à cet endroit, de chute d'eau comme actuellement.

En fait, sur ce canal d'alimentation, les travaux à effectuer à l'avenir devraient consister pour l'essentiel à :
- curer périodiquement le canal ; la mini-pelle sera de nouveau précieuse pour cette tâche ;
- consolider la confluence du canal avec la douve Sud ; là, je n'ai pas d'idées très claires ; peut-être faut-il imaginer un rempierrage ou, carrément, le coulage de béton au fond du canal ;
- et, sans doute, prévoir un pont ou une passerelle, en maçonnerie rustique mais de qualité (comme nous savons faire...) pour pouvoir passer directement de l'allée principale du manoir à la parcelle située à l'Est de la douve Est ; de la sorte, il serait possible de faire à pied un grand tour à l'extérieur du Pournouët, avec de très belles vues sur le manoir et sur son mur d'escarpe supposé restauré. On peut toujours rêver...

Voici, pour terminer et fixer les idées, un extrait du plan que la S.C.P. OLLIVIER-PELLE, géomètres-experts, avait levé du débouché de ce canal :

Le débouché du canal d'alimentation dans la douve Sud.

Sur ce plan, le Nord est en haut : la douve Sud est donc orientée horizontalement ici, et le canal d'alimentation y arrive verticalement, en bas à gauche de cet extrait (en faisant la différence entre les cotes rapportées, on comprend qu'il a 2 mètres de profondeur et que la chute d'eau en a 1 de dénivelé, par rapport au fond de la douve au débouché) ; la butte oblongue, en bas à droite du plan, correspond aux limons retirés des douves par le terrassier et entassés là, en attendant qu'ils perdent leur acidité, donc que le fermier les estime bons à répandre dans ses champs (ils ont désormais disparu du paysage).

P.S. du 8 novembre 2010 : Lors de ma promenade d'hier matin, j'ai fait quelques photos du canal d'arrivée.

La première est prise comme celle, ci-dessus, où l'on me voit en train d'essayer de barrer la bifurcation :

7 novembre 2010, la bifurcation vue vers le Sud.

La végétation a donc tout envahi.

La deuxième, à hauteur du milieu de la première section, montre que le canal est toujours en eau :

7 novembre 2010, le canal d'alimentation dans sa première section, photo prise vers le Sud-Est.

La troisième se situe au niveau de la deuxième section, à peu près exactement de l'endroit où j'avais photographié Carole et les enfants. Voici donc, près de vingt ans plus tard, ces aulnes glutineux qui ont poussé spontanément :

7 novembre 2010, le canal d'alimentation à la hauteur du

L'eau est toujours là, au fond du canal, comme le montre cette autre photo, prise à la même hauteur mais à partir du "champ de Mauduit" :

7 novembre 2011, le canal d'alimentation vu du

(Soit dit en passant, je trouve cette dernière photo particulièrement réussie ; on y devine le manoir dans l'arrière-plan).

Enfin, voici la chute d'eau dans la douve Sud, telle qu'elle se présente aujourd'hui, vue de l'intérieur de la douve Sud :

7 novembre 2010, le débouché du canal d'alimentation dans la douve Sud, photo prise vers le Sud.

Là encore, la végétation spontanée s'est bien développée. Il semble que l'érosion ait affecté cette troisième section du canal d'alimentation sur une vingtaine de mètres.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 04 Novembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Chapelle - Charretterie - Murs divers
Projets relatifs aux douves (5/10) :

Troisième étape de notre promenade : le mur Ouest de la douve Sud.

Lorsque nous avons acheté la Chaslerie, il était dans un bien triste état :

30 janvier 2007, état du mur Ouest de la douve Sud avant sa restauration.

Il fallait avoir le moral - n'est-ce pas ? - pour en entreprendre la restauration. Pourtant, cet état catastrophique n'était pas exceptionnel à la Chaslerie, avant que je ne reprenne les choses en mains (mais c'est là un autre sujet, sur lequel j'envisage de revenir en décembre prochain, pour marquer le 20 ème anniversaire de ma découverte du manoir...).

Voici le plan qu'en avait dressé la S.C.P. OLLIVIER-PELLE au début de 1992 :

Janvier 1992, la partie Ouest de la douve Sud.

On y lit les 4 mètres de dénivelé de la douve, au Sud de la chapelle. Les vestiges du mur n'y ont même pas été figurés, ce qui montre à quel point ils paraissaient dégradés aux yeux d'hommes de l'art.

A partir de l'automne 2007, CLaude MARTIN a mené à bien la restauration de ce mur, avec l'aide de Pascal que je venais alors de recruter. Voici les principales étapes de cette restauration :

- les premiers coups de pelleteuse pour récupérer les pierres et faire place nette :

23 novembre 2007, le démarrage du chantier.

Cette phase des travaux est assez impressionnante, je trouve :

23 novembre 2007, le terrassier fait rapidement place nette.

En une journée de terrassement, le paysage était transformé. Mais nous avions redécouvert des canalisations oubliées qui n'avaient pas résisté au choc...

23 novembre 2007, une journée bien occupée.

- Une première semelle en béton fut ensuite coulée...

29 novembre 2007, la première coulée de béton.

... puis, la première n'ayant pas semblé suffisante, une seconde :

4 décembre 2007, coulée de la seconde semelle de béton.

- Ensuite commença la remontée du mur :

10 janvier 2008, Pascal et Claude au travail.

Bernard venait parfois aider à charrier les pierres :

24 janvier 2008, toute l'équipe rassemblée.

Bientôt, le mur entre la chapelle et la douve fut emporté par le tourbillon... Parfois, il gelait sur le chantier mais cela n'interrompait pas nos compères :

14 février 2008.

- Il fallut mettre en place un regard pour pouvoir visiter les canalisations réparées :

15 février 2008, pose d'un regard.

- Bientôt, il fut temps de rétablir un dos d'âne en haut du mur :

6 mars 2008, on approche du but.

Les derniers fignolages, avant le rejointoiement :

7 mars 2008.

Enfin, un beau résultat, qu'on regarde ce mur de l'Est

19 décembre 2009, le mur des douves sous la neige.

ou de l'Ouest :

15 août 2009, effet de soleil levant derrière le mur Oust de la douve Sud.

Sur le mur Ouest de la douve Nord, c'est le même type de travaux qu'il faudra réaliser.

A l'expérience, peut-être conviendra-t-il d'y positionner plus bas la semelle de béton. C'est en effet le seul (petit) regret que j'éprouve après avoir restauré le mur Ouest de la douve Sud.

P.S. du 8 novembre 2010 : Lors de ma promenade d'hier, j'ai pris une photo de ce mur de l'intérieur de la douve Sud sous un angle inédit. Voici ce que cela donne :

7 novembre 2010, le mur Ouest de la douve Sud vu de l'intérieur de la douve.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 05 Novembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Murs divers - Références culturelles
Projets relatifs aux douves (6/10) :

Quatrièmement, le mur d'escarpe. Comme on le sait, ce mur borde à l'Est le terrain dénommé Pournouët. Ce Pournouët est la pièce de terre rectangulaire (130 m x 60 m) qui se trouve juste en contrebas de la terrasse du manoir.

Voici dans quel état se trouvait la douve Est au tout début de l'été 1991, c'est-à-dire abandonnée depuis longtemps, complètement envasée, des arbres et arbustes de diverses essences en ayant colonisé le mur d'escarpe ; il y avait notamment là des buis datant, à l'évidence, de l'Ancien Régime :

Juillet 1991, Walter et son grand-père, Marc CHASTEL, se promènent à l'extérieur du Pournouët.

Voici une autre photo, prise en juillet 1991, alors que les terrassiers venaient tout juste de commencer à curer les douves :

Juillet 1991, la douve Est vue du Sud-Est.

On voit sur ces photos que le mur d'escarpe avait alors disparu sous la vase et la végétation.

Voici maintenant la douve Est, vue du Sud, quelques semaines plus tard, peu après le passage des terrassiers :

Août 1991, la douve Est vue du Sud, juste après le passage des terrassiers.

Et la voici à la même époque, vue du Nord, c'est-à-dire du bief aval :

Août 1991, la douve Est vue du Nord.

Spectaculaire, non ? En fait, le fossé ainsi recreusé avait, à l'Est du Pournouët, environ 2,5 mètres de profondeur, ainsi que l'a constaté le géomètre-expert :

Janvier 1992, plan d'une section de la douve Est, vers le milieu de sa longueur.

Point notable, on comprend également, à l'examen minutieux de ce plan, que les bords du Pournouët se sont effondrés depuis longtemps dans les douves, et que cela représente un bon mètre supplémentaire de dénivelé, de sorte qu'il faudrait peut-être, dans le cadre de travaux de restauration de grande ampleur, rétablir le terrain du Pournouët à son niveau initial sur son bord.

Mais, trêve de plans sur la comète, je reprends le fil de ma présentation des réalités tangibles : voici encore une photo, prise à peu près du même endroit que la première ci-dessus (celle ou Walter se promène avec son grand-père). Un grand ménage avait donc été fait, moins de deux mois après l'achat du manoir !

Août 1991, la douve Est et le manoir vus de l'Est.

Mais la nature reprit vite ses droits. Depuis 1991, plus rien n'ayant été entrepris sur cette douve Est, elle s'est de nouveau envasée, au moins partiellement. Et des arbres se sont remis à pousser spontanément à proximité immédiate du mur.

Voici en effet une photo, prise hier, de la douve Est vue du Nord, près du bief aval :

4 novembre 2010, la douve Est vue du Nord.

Cette photo peut être rapprochée de l'avant-dernière ci-dessus. On peut constater la rapidité du réenvasement en l'espace d'une petite vingtaine d'années. Il est vrai que, tant que les douves ne sont pas en eau, l'érosion (due notamment à la chute d'eau à l'arrivée du canal d'alimentation dans la douve Sud) ne peut que produire de tels effets.

Lors de la restauration du mur d'escarpe, il sera donc nécessaire de curer, de nouveau, cette douve.

Mais ce fameux mur d'escarpe, me direz-vous, on n'a guère fait mieux à ce stade que l'entrevoir fugitivement.

En effet. En voici donc quelques aperçus plus évocateurs. Les photos ont été prises "quand on s'promène au bord de l'eau", je veux dire de l'amont vers l'aval :

- à l'angle entre la douve Sud et la douve Est :

13 octobre 2009, le Sud du mur d'escarpe.

- quelque part vers le milieu dudit mur :

13 octobre 2009, un endroit où le mur d'escarpe est facilement visible.

- un peu plus loin :

13 octobre 2009, un endroit où le mur d'escarpe est largement dissimulé sous la terre.

- enfin, tout au Nord de la douve Est :

13 octobre 2009, le Nord du mur d'escarpe.

Mais le mur d'escarpe ne se borne pas à retenir la terre du côté de la longueur du Pournouët. Il apparaît également sur sa largeur, comme on le voit à l'angle Sud-Est de la douve Nord, au moins jusqu'au pied de Bernard sur cette photo :

27 août 2010, le retour du mur d'escarpe.

En fait, lors des terrassements de 1991, nous avons veillé à ne pas toucher ce mur avec les engins de chantier. Il est donc resté là, bien au chaud sous la terre, comme on l'a vérifié en effectuant un sondage à un endroit choisi au hasard :

13 octobre 2009, sondage au pied du mur, à la recherche de sa base.

Compte tenu de ce sondage, de la profondeur du fossé après restauration et de la nécessité de rebâtir un parapet au-dessus du mur, on peut estimer que la hauteur de maçonnerie à restaurer serait de 4 mètres au-dessus de la semelle de béton à prévoir. Sachant que le mur a 130 mètres de long, soit 150 mètres au moins avec les retours, on peut estimer, sur la base d'une épaisseur de 80 cm (identique à celle du mur de terrasse), que le cubage de maçonnerie du mur d'escarpe approcherait les 500 m3, soit plus de quatre fois plus que le mur de terrasse.

Donc, si j'arrive à trouver les financements nécessaires, il sera inévitable de prévoir, pour ce seul mur d'escarpe, plusieurs tranches espacées dans le temps. Au moins trois.

S'il y en avait trois, je pense qu'il serait préférable, plutôt que de remonter un tiers de la hauteur du mur sur toute sa longueur, de commencer par remonter la totalité du tiers central du mur, les tiers Nord et Sud venant ensuite.

Tel qu'il se présente aujourd'hui, il doit rester 200 m3 de pierres sur ce mur d'escarpe. Compte tenu du stock dont je dispose par ailleurs (en cours de tri, le long de la D 22, comme l'on sait), j'aurai du mal à trouver les 500 m3 en question.

Alors que, pour le mur Ouest de la douve Sud comme pour le mur de terrasse, nous avons monté une maçonnerie à double parement, peut-être serait-il suffisant ici de se contenter, au moins sur 2 à 3 mètres de haut à partir de la semelle, d'une maçonnerie à simple parement.

Il faudra en tout état de cause assurer la stabilité dans le temps de la semelle, donc donner à celle-ci une épaisseur suffisante.

Enfin, aux deux angles Nord-Est et Sud-Est du Pournouët, on pourrait imaginer de faire ressortir comme des bases d'anciennes tourelles, de manière à y aménager des belvédères, ainsi que l'avait suggéré Marc LECHIEN, le paysagiste recommandé par Nicolas GAUTIER, qui avait, dès 1991, réfléchi au futur aménagement en jardin du Pournouët. Afin de mûrir un tel projet, il semblerait judicieux de phaser le chantier comme je viens de le proposer.

P.S. du 8 novembre 2010 : Voici une photo, prise hier, à peu près sous le même angle que celle faisant apparaître, ci-dessus, Walter et son grand-père :

7 novembre 2010, le manoir vu de l'extérieur du Pournouët.

A noter, pour la bonne compréhension de l'évolution du panorama, qu'un chêne, qui était visible à hauteur de la douve Est, a été abattu suite à la tempête de 1999.

Projets relatifs aux douves (7/10) :

Cinquièmement, le mur Ouest de la douve Nord. C'est un mur analogue à son pendant de la douve Sud. A ceci près qu'en 1991, il était encore en bien pire état. A tel point que, dès les terrassements de cet été-là, nous avons dû mettre de côté quasiment toutes les pierres qui en provenaient.

Je n'ai pas de photo antérieure à ces terrassements. En revanche, voici la pelleteuse à l'oeuvre à cet endroit cet été-là :

Août 1991, la pelleteuse en action pour curer la douve Nord.

Comme on le voit au premier plan de cette photo, un éboulis de pierres témoigne de la ruine avancée, à cette époque, de ce fameux mur.

Voici une autre photo qui montre, quelques jours plus tard, la douve Nord entièrement curée. On aperçoit, au fond de la douve, près de son bord, le tas des pierres ainsi récupérées sur ce mur (pour bien le voir, il faut cliquer sur la photo afin de l'agrandir) :

Août 1991, la douve Nord après son curage.

Dès janvier 1992, le géomètre-expert n'avait pas manqué de consigner l'état des lieux, aux alentours du fournil du manoir :

Janvier 1992, l'Ouest de la douve Nord.

Ici aussi, l'érosion ne nous laisse pas tranquilles. Voici une photo qui montre, à la longueur du drain qui pendouille (le tuyau blanc) de combien a reculé la douve en 6 ans :

5 juillet 1997, le recul de la douve Nord est illustré par la longueur du drain désormais déterré (les traces blanches sont de la chaux versée là par le maçon qui restaurait alors le mur allant du manoir à son fournil).

La situation paraît désormais critique, comme le prouve la photo suivante, prise l'an dernier :

13 octobre 2009, effet de l'érosion sur l'Ouest de la douve Nord.

Si on ne réagit pas rapidement, c'est le fournil du manoir qui risque, bel et bien, de se retrouver assez vite au fond de la douve.

Il y a donc urgence à restaurer le mur en question. Ce point n'est pas contesté et je viens même d'obtenir un accord de principe de l'administration des affaires culturelles pour subventionner ces travaux dès 2011, ce dont je suis, bien entendu, très reconnaissant à mes interlocuteurs.

Dès que le dossier de demande formelle d'autorisation de cette tranche de travaux aura été officiellement approuvé, le chantier pourra donc débuter.

Deux questions pratiques sont cependant à régler au préalable, qui ne devraient pas être trop délicates :

- la hauteur du mur ; je souhaiterais qu'elle soit plus importante que pour le mur analogue de la douve Sud ; en effet, en raison de la topographie, la profondeur de la douve Nord est, selon les mesures du géomètre-expert, de 4 mètres, à comparer à 3 pour la douve Sud ;

- l'alignement à retenir pour le mur à restaurer : doit-il être dans le prolongement du mur qui va du manoir au fournil ou bien dans celui du mur de terrasse ? Le mur Ouest de la douve Sud est, quant à lui, dans le prolongement, de l'équivalent du premier ; mais, ici aussi, la topographie (ainsi que les vestiges qui demeurent, me semble-t-il) peut conduire à retenir une solution qui ne soit pas strictement conforme.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 05 Novembre 2010
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Abords, Avenue, terrasse - Murs divers
Projets relatifs aux douves (8/10) :

Sixième étape : le bief aval.

Il s'agit d'une construction, située à l'angle Nord-Est des douves, destinée à permettre, en barrant la sortie, de laisser monter l'eau dans les douves.

Voici son état en 1992, envahi par le lierre :

Janvier 1992, le lierre n'a pas encore été arraché du bief aval.

Et voici le plan de ce bief aval dressé en janvier 1992 par le géomètre-expert :

Janvier 1992, le plan du bief aval.

A ce jour, il n'y a pas encore eu de travaux de restauration à cet endroit :

13 octobre 2009, le bief aval.

Il y aurait pourtant fort à faire, que l'on considère ce bief à partir de l'intérieur des douves...

13 octobre 2009, la sortie du bief aval.

... ou à partir de l'extérieur :

4 novembre 2010, le bief aval vu du canal d'évacuation.

Sur le plan technique, les travaux à mener sur ce bief aval sont très classiques.

Il y a cependant une difficulté pratique à régler : trouver un bon système de fermeture et de réouverture de ce bief. Le modèle d'origine consistait à immobiliser des planches de chêne entre deux rainures taillées dans le granite.

Quant à l'ordre de passage de cette restauration dans le calendrier relatif aux douves, le bon sens permet de comprendre qu'il n'est pas indispensable de remédier immédiatement aux désordres constatés. En revanche, il sera indispensable que le bief aval fonctionne bien lorsque, après la restauration du mur d'escarpe, nous désirerons remettre les douves en eau.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 06 Novembre 2010
Journal du chantier - Electricité - Terrassement - Archives, histoire, documentation
Projets relatifs aux douves (9/10) :

Septième et dernière étape de notre promenade le long du circuit des douves de la Chaslerie, le canal d'évacuation (ou de sortie, comme on préfère).

Ce qu'on en sait de plus intéressant figure sur les anciens plans cadastraux, notamment le plan sous Louis XV et le plan napoléonien que j'ai communiqués ici le 30 octobre dernier. Dans mon esprit, il n'est pas question de remettre en état le lacis de canaux alors en fonctionnement. En particulier, la place de celui qui partait vers le Nord est désormais occupée par "l'allée du Beaudouët" que j'ai fait planter de hêtres dans la semaine précédant la tempête de 1999.

On m'a cependant signalé que, durant la seconde guerre mondiale, le fermier de l'époque avait fait installer à la sortie du bief aval un turbine destinée à produire son électricité. Il ne reste plus aucune trace de cette réalisation.

Juste avant les travaux de terrassement de l'été 1991, ce canal d'évacuation se trouvait dans l'état d'abandon habituel ici. Ces travaux ont donc consisté à redonner forme à ses flancs et à y déposer un gros tube de béton pour pouvoir le franchir sans peine :

Janvier 1992, vue transversale du canal d'évacuation des douves.

Le plan du géomètre explique la situation, qui n'a pas changé depuis lors :

Janvier 1992, plan du canal d'évacuation des douves de la Chaslerie.

On voit que ce canal a moins de 40 m de long avant que ses eaux ne retrouvent le Beaudouët, et que sa dénivellation est de l'ordre du mètre.

En voici deux photos contemporaines, l'une prise vers l'Est, à partir du bief aval. On y voit le passage pour tracteurs que j'y avais fait aménager en 1991. Il a bien résisté au temps :

7 novembre 2010, le canal d'évacuation vu du bief aval.

L'autre a été prise vers l'Ouest, pratiquement du lit du Beaudouët :

7 novembre 2010, le passage pour tracteurs au-dessus du canal d'évacuation.

Ce canal n'appelle donc pas de travaux particuliers, sauf le curage périodique de son lit.

Voici donc la fin de la promenade : vous vous étiez écarté du Beaudouët au niveau du bief amont, à une cote dont je ne trouve la mesure sur aucun des plans à ma disposition (ni sur Google Earth, dailleurs) , et vous le retrouvez ici, à la cote 130, soit quelques mètres plus bas. Et c'est d'ailleurs une particularité des alentours de la Chaslerie : tous les visiteurs peinent à croire, quand, de la terrasse du manoir, ils contemplent ce paysage, que le bief amont est bâti au-dessus du niveau du bief aval.

Maintenant, vous qui avez pris la peine de me lire depuis quelques jours, vous savez enfin tout (ou presque) sur les douves de la Chaslerie.

Vous pourrez donc briller dans les salons. Ou, mieux encore, quand vous viendrez m'aider à répondre aux questions des visiteurs réels du manoir, du moins les rares (???) d'entre eux qui n'ont pas encore la chance de connaître ce site internet !

Le philosophe de Rembrandt.

Tel le philosophe de Rembrandt, Pascal a travaillé aujourd'hui sous un escalier tournant. Le voici commençant à creuser le fossé de fondation d'un futur mur de refend :

8 décembre 2010, creusement d'un fossé de fondation dans la ferme.

Il faut dire qu'avec la neige qui est tombée et le vent, il a vite renoncé à remonter davantage le chambranle gauche de l'ouverture de la ferme vers son fournil :

8 décembre 2010, les travaux en cours sur la porte Sud de la ferme.

Ce soir, à la lumière électrique, le fossé est terminé. Pascal devrait pouvoir couler le béton demain.

8 décembre 2010, vue de l'intérieur de la ferme.

Ensuite, Pascal aura à remonter, sur cette nouvelle fondation, un mur de pierres pour séparer le futur salon de la ferme de la future grande salle du rez-de-chaussée. Ce mur de refend devrait fournir un support bienvenu à la charpente dont, depuis des travaux intérieurs datant de quatre ans, le poids portait trop directement sur les murs extérieurs du bâtiment.

On sait qu'Henri LEVEQUE, conseiller général de l'Orne, fit redresser l'arrivée de l'avenue sur le manoir. Il fit même goudronner les premières centaines de mètres de cette avenue.

Je serais curieux de retrouver trace des factures et des paiements correspondants car la réalisation, de très médiocre qualité, n'a pas résisté au temps. Il vaudrait donc mieux qu'à l'occasion, j'évite de m'adresser au même fournisseur.

Et, tant qu'on y est, passant ô combien innocemment du coq à l'âne, j'aimerais aussi découvrir si Henri LEVEQUE était membre d'une commission du conseil général qui engageait des dépenses de travaux publics...

Dans mon second message du 21 novembre dernier sous cet onglet, j'ai relevé, dans un "inventaire révolutionnaire" de la Chalerie (le troisième cité là), la mention de l'existence d'un ancien étang à l'Est du manoir. Bien sûr, cette information m'intéresse car j'y vois, entre autres, une justification de l'existence des douves de la Chaslerie et, en particulier, du mur d'escarpe. Or l'on sait que j'envisage (à un horizon encore indéfini) de restaurer ces douves et ce mur.

D'après la conformation du terrain, je comprends que cet étang devait avoir au moins 500 mètres de diamètre et se situer, "grosso modo", entre la Chaslerie, la Josselinière et la Thierrière. A cet endroit, le terrain demeure en effet quelque peu marécageux et les joncs se plaisent manifestement.

Je recherche donc toute information relative à cet ancien étang. Voici ce que j'ai trouvé dans le cahier de Jean DURAND de SAINT FRONT, conservé aux archives départementales de l'Orne. Ces documents sont tirés de la retranscription du chartrier de la Chaslerie : [img:700]2010_12_01_25 - Copieb, 1ère page du cahier de Jean DURAND de SAINT FRONT.[/img]La 17ème liasse de cet inventaire est relative aux servitudes d'eau entre la Chaslerie, la Renaudière et la Thierrière. On serait donc là assez près de notre sujet...[img:700]2010_12_01_37 - Copie,Le contenu de la 17ème liasse de l'inventaire des biens du dernier LEDIN.[/img]Les 31ème et 33ème liasses paraissent également traiter de questions analogues au même endroit :[img:700]2010_12_01_41 - Copieb[/img][img:700]2010_12_01_42 - Copie[/img]Il est regrettable que les originaux de ces documents aient été dispersés, depuis près de deux siècles, par de prétendus érudits locaux et des marchands de vieux papiers. Mais on ne sait jamais, il ne faut pas perdre l'espoir de les voir réapparaître un jour...

Poursuivons notre promenade parmi les anciennes dépendances aujourd'hui disparues.

Il y avait ainsi, à gauche de l'allée qui descend de la D 22, une grange qui avait été construite en trois morceaux, à trois époques différentes sans doute (au moins deux). La photo suivante, prise de l'arrière-cour et où l'on aperçoit Walter (à droite, à côté de son cousin William), permet de comprendre où elle se trouvait :

Juillet 1991, Walter et William explorent la Chaslerie, alors en cours de débroussaillage.

Si l'on préfère, voici une autre idée de son emplacement :

30 janvier 1993, vue de l'arrière-cour vers la ferme.

Sur la photo précédente, on reconnaît à gauche la tour Louis XIII, à droite le bûcher désormais démonté ; on aperçoit aussi dans le lointain la grange de la ferme qui a été détruite par la tempête de 1999.

La grange en trois tronçons que nous évoquons n'était pas laide, de prime abord :

Juillet 1991, la grange en trois tronçons, telle que je l'ai connue.

Mais le tronçon de gauche était totalement vermoulu, donc dangereux, et il fallut vite l'éliminer :

Juillet 1991, très vite un tiers de cette grange fut démonté.

En réalité, cette grange était inrestaurable ainsi qu'en témoigne aussi la photo suivante :

28 février 1993, la grange en trois (deux) tronçons sous la neige.

Elle fut donc démontée :

2 avril 1993, la grange en trois (deux) tronçons entièrement démontée.

Quelques années plus tard, les terrassiers effacèrent même toute trace du terre-plein où cette grange avait un jour été bâtie :

22 novembre 1997, toute trace de la grange en trois tronçons a désormais disparu.

Examinons maintenant comment a été restaurée, à ce stade, la "maison de Toutou", cette nouvelle dépendance de la cave.

A l'origine, cette construction se trouvait à l'angle Nord-Est de la parcelle de la ferme...

30 janvier 1993, la

... où elle servait d'abri aux moutons de mes voisins Jean-Paul et Christine VANNIER :

8 juillet 1998, la

Dès mon achat de la ferme, en 1993, je fus convaincu de l'impossibilité de la restaurer sur place mais aussi de l'opportunité de la transplanter à côté de la cave. Il fallut donc la démonter :

9 juillet 1998, démontage de l'ancienne

Nous eûmes ainsi confirmation qu'il n'y avait rien à récupérer...

10 juillet 1998, suite du démontage de l'ancienne

... de sorte qu'elle fut finalement rasée :

18 juillet 1998, fin du démontage de l'ancienne

Avec l'accord de l'administration des affaires culturelles, j'entrepris de la rebâtir une centaine de mètres plus au Sud. Le maçon auquel je recourais alors creusa des fossés pour les fondations du nouvel édicule...

24 juillet 1998, le tracé des fondations de la nouvelle

... mais choisit ce moment pour disparaître définitivement du chantier. Roland BOUSSIN ne voulut pas attendre que je lui trouve un successeur, donc que les soubassements soient réalisés, avant de me livrer la superstructure :

11 mars 1999, la superstructure de la nouvelle

Il me poussa donc à prendre le risque d'une installation on ne peut plus précaire :

19 mars 1999, la superstructure de la future

La tempête de 1999, quelques mois plus tard, démontra que le pari avait été mauvais. Elle prouva également que le travail de Roland BOUSSIN avait été là de médiocre qualité, puisqu'au lieu de cheviller les pièces de bois, il s'était bien trop souvent contenté de les clouer. Bref, la tempête ravagea l'édicule :

27 décembre 1999, juste après la tempête...

Inutile de préciser que je ne félicitai pas Roland BOUSSIN. Le recrutement d'un maçon salarié permit, avec plusieurs années de retard, de régler la question des soubassements :

13 juillet 2009, Roland BOUSSIN en train de réparer la couverture de la

Je fis appel à un charpentier tiers pour reprendre convenablement les pièces de bois, cette fois en les chevillant :

19 février 2010, Hervé BESNIER au travail.

Pour conclure, je précise qu'après que je lui ai battu froid pendant quelque temps, je me suis réconclilié avec Roland BOUSSIN. Il est maintenant convaincu qu'à la Chaslerie, on ne cherche pas à réaliser des décors de théâtre mais des constructions solides et traditionnelles. La leçon n'a donc pas été perdue, je pense.

Comme sur l'appentis de la cave, il reste à poser le torchis entre les pièces de bois. Mais il faudrait également penser vite à la porte et aux deux fenêtres de ce petit abri de jardin, désormais drainé comme l'on sait.