Sculpture

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Pascal MAIZERAY travaille depuis trois semaines sur la charretterie (ancien pressoir) dont il remonte les murs sur la base des plans établis par M. Nicolas GAUTIER, A.B.F., et du permis correspondant.

Le chantier avait dû être interrompu il y a une dizaine d'années. L'arrivée sur le manoir était gâchée, depuis plus longtemps encore, par cette plaie.

Le projet consiste à redonner au bâtiment ses dimensions d'autrefois, ce qui permettra, d'une part, d'abriter un ou deux tracteurs et, d'autre part, de pouvoir servir au garage de trois véhicules.

Il est probable que Pascal POIRIER sculptera une ou deux pierres pour agrémenter ce bâtiment dont Roland BOUSSIN sera chargé de la charpente et de la couverture en tuiles. Ces points sont encore à définir.

Au cours des trois dernières semaines, Pascal MAIZERAY a poursuivi son travail de maçonnerie sur la charretterie.

Il y a deux semaines, trois grilles en fer ont été scellées sur la façade Ouest du manoir (au rez-de-chaussée du colombier et des anciennes écuries, dans l'"aile de la belle-mère", ainsi qu'il était indiqué sur les clés permettant d'accéder aux pièces correspondantes, sur le trousseau qui nous a été remis en 1991).

Ce matin, Thierry BOURRE doit repasser voir ses plantations et me présenter ses préconisations. Nous évoquerons mon projet de planter une ou deux lignes de poiriers à l'Est du Pournouët, en limite extérieure du talus des douves, de manière à en agrémenter la vue au printemps. Il faudrait également décider enfin ce qu'on fait sur la parcelle de terrain en face du logement de la famille GAHERY.

Lundi prochain, l'entreprise DUBOURG DECO de Flers (qui m'a été recommandée par mon voisin, M. ROZARD) doit commencer à repeindre (ou passer à la lasure) les portes extérieures et fenêtres du manoir et de ses dépendances. Sur le fournil, la couleur sera maintenue "bleu charron". Sur les fenêtres des bâtiments au Nord et à l'Ouest de la cour ainsi que sur celles de la cave, ce sera désormais du "rouge sang de boeuf". En effet, selon ce que m'a indiqué M. Jean-Jacques ROUCHERAY (qui réstaure magistralement le château de Pont-Rilly à Nègreville près de Valognes, dans le Nord Cotentin), grand connaisseur de ces questions, bleu charron et rouge sang de boeuf sont les couleurs authentiques et normales pour les bâtiments de ces époques et de ces statuts ; en revanche, le blanc précédent était une incongruité.

Lundi également, Pascal POIRIER doit passer afin que nous discutions d'un projet d'ornements sculptés sur la future charretterie. J'envisage en effet de m'inspirer d'un ornement du manoir du Grand Boudet à Saint-Gilles-des-Marais. Il s'agirait ainsi de poster en hauteur, à deux angles de ce bâtiment, deux loups assis regardant, l'un vers le Sud du côté de la grande allée, l'autre vers le Nord et la façade Sud du manoir ; l'un et l'autre présenteraient l'écu des LEDIN. J'ai choisi des loups en référence au loup courant de l'ancien écu de Lonlay-l'Abbaye (cf un vitrail de la chapelle) ; j'ai prévu de les assoir pour marquer que la Chaslerie était sous leur garde ; enfin, ils présenteront l'écu des LEDIN puisque, d'une part, cette famille était inféodée à l'abbé de Lonlay, d'autre part, elle aimait par-dessus tout faire étalage de ses armes. L'idée de poster deux telles sculptures sur la charretterie répond à mon souci d'offrir au visiteur des anecdotes dès qu'il lève les yeux (coq de la chapelle, épis de faîtage ou boules de noblesse sur le manoir, etc...) ; c'est une idée dont il ne faut pas abuser mais que je trouve plaisante. Bien entendu, la réalisation de ces deux ornements conditionnera la finition des maçonneries donc de la couverture de la charretterie. J'aimerais cependant avoir mené à bien ladite couverture avant les prochaines Journées du Patrimoine.

Coup sur coup, deux nouvelles négatives ce matin :

- Pour les ornements de la charretterie, Pascal POIRIER vient de me communiquer son devis. Celui-ci fait apparaître un doublement du coût horaire de son intervention depuis le devis de la statue de Sainte Anne, datant d'il y a moins de deux ans. Il m'explique que celle-ci était sa première commande en granit, de sorte qu'il avait sous-estimé la difficulté de ce matériau. Je renonce donc à ces ornements qui, pour être bienvenus, n'avaient au demeurant rien d'indispensable. Pour ce qui concerne la Sainte Anne, Pascal POIRIER m'assure qu'au prix convenu sur son premier devis, le résultat sera digne d'"un des meilleurs ouvriers de France". Je n'en attends pas moins.

- Pour l'étude sur le mode de chauffage à retenir, Thierry BURIN des ROZIERS m'expose que son planning est désormais trop chargé et l'oblige à envisager de passer le relais à un confrère ; il veillerait cependant à la qualité de la transition ainsi que du rapport final, ce dont je lui sais gré. Ceci pourrait m'amener à reconsidérer le calendrier des prochaines tranches de travaux, du moins celles qui sont conditionnées par le choix du mode de chauffage.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 10 Novembre 2009
Journal du chantier - Sculpture - Chapelle - Par corps de métier - Par lieu
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J'ai attendu quatre semaines avant de recontacter Pascal POIRIER.

Je suis passé ce soir le voir à son atelier de sculpteur. La Sainte Anne sort progressivement de son granit. Pascal POIRIER m'a dit y travailler régulièrement.

Il m'a aussi montré la nouvelle documentation qu'il a rassemblée. Il poursuit donc son travail comme il convient.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 14 Avril 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Sculpture - Chapelle - Charretterie - Par corps de métier - Par lieu
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Hier, j'ai rendu visite à Pascal POIRIER dans son atelier de La Ferté-Macé. Avec le retour des beaux jours, il s'est remis à sculpter la statue de Sainte-Anne. Je l'y ai encouragé à ma façon. Il reste encore beaucoup de finitions à réaliser, avec des outils modernes de plus en plus fins, tout en respectant les tours de main des tailleurs de granit d'autrefois. Nous avons évoqué l'inscription que je souhaiterais voir gravée sur la Bible que déchiffre la jeune Marie : ce pourrait être "P. POIRIER FECIT PRO P.P.F. - A.D. MMX". Pascal POIRIER va néanmoins s'assurer que ce texte serait conforme aux pratiques de ses lointains prédécesseurs. En tout état de cause, il me semble que sa statue sera assez solide pour parvenir à l'an 3 000 et qu'à cette époque, ce pourrait être une pièce de musée.

Ce matin, j'ai demandé à Pascal MAIZERAY et à Bernard de trier et de déménager (de "rémouver", comme ils disent dans la langue d'ici) les pierres qui se trouvent encore en tas au Sud de la charretterie. Il s'agit de faire place nette, ne serait-ce que pour permettre à Roland BOUSSIN d'installer confortablement ses échafaudages.

Certaines de ces pierres sont là depuis une douzaine d'années, laissées en vrac lors de l'abandon du chantier par un maçon défaillant. D'autres ont été achetées l'an dernier à la mère de Maxime. D'autres encore ont été déterrées l'an dernier, lors de la restauration du parvis de la chapelle.

Ces pierres doivent être triées selon leurs dimensions et leurs formes, en distinguant les pierres de fondation des pierres de parements, d'angle, ou des linteaux, le tout en séparant les granits et les grès. C'est un travail fastidieux et fatiguant, bien sûr, mais indispensable pour faciliter la réalisation des maçonneries à venir.

Ce soir, la moitié du stock en question a pu être traitée.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 11 Juin 2010
Journal du chantier - Charpente-couverture - Sculpture - Chapelle - Charretterie - Par corps de métier - Par lieu
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C'est la semaine prochaine que devrait être installée en hauteur, sur le mur Nord de la chapelle, la statue de Sainte Anne que termine de sculpter Pascal POIRIER, dans son atelier de La Ferté-Macé.

Ce dernier a eu beaucoup de mal à finir sa tâche. C'était la première fois qu'il sculptait du granit et le matériau lui est apparu particulièrement compact et difficile à travailler. En outre, les composants du granit, mica, feldspath et quartz, ne réagissaient pas de façon homogène sous ses burins et leur mélange de couleurs rendait délicate la vision précise de la surface de la pierre quand il s'agissait de faire apparaître les formes recherchées.

D'ailleurs, les anciens ne s'y trompaient pas et rares sont les statues en granit. Par exemple, pour les calvaires bretons, les personnages sont généralement taillés dans la kersantite, une roche basaltique noire beaucoup plus tendre.

J'avais essayé de fournir à Pascal POIRIER un bloc de kersantite et je m'étais en particulier rendu au fin fond de la Bretagne bretonnante, au lieu-dit de Kersanton. Mais la carrière est fermée depuis longtemps. Il est cependant possible de se procurer des blocs extraits de longue date du sol mais ils sont de ce fait beaucoup plus difficiles à travailler. Dans ces conditions, j'avais conclu qu'il valait mieux s'en tenir à un matériau extrait plus près de la Chaslerie et Pascal POIRIER m'avait recommandé le granit de Louvigné que nous avons finalement retenu.

L'installation de la statue dans la niche prévue à cet effet promet d'être une opération très délicate, en raison notamment de son poids. Sept hommes (Pascal POIRIER, Pascal MAIZERAY, Bernard et les 4 couvreurs qui travaillent actuellement sur la charretterie) ne suffiraient pas pour la bouger, "a fortiori" pour l'installer en hauteur. Il va donc falloir que Roland BOUSSIN ou bien un agriculteur voisin nous prête un Manitou. Pascal POIRIER devrait livrer sa Sainte-Anne lundi ou mardi prochain et le simple fait de la faire descendre de la remorque promet d'être très sportif.

"Habemus Annam !" La statue d'Anne est enfin installée. Tout s'est très bien passé. Nous avons fêté l'évènement avec Pascal POIRIER et tous ceux qui ont prêté main forte lors de la dernière étape, notamment Pascal MAIZERAY, Bernard CORBIERE, Roland BOUSSIN et son équipe, sans oublier Claude MARTIN.

Il reste donc à l'inaugurer. C'est prévu pour la prochaine fête de Sainte Anne, c'est-à-dire lundi 26 juillet prochain à partir de 11 heures du matin. Il y aura des trompes de chasse, des chants grégoriens et, peut-être, une cornemuse. La cérémonie sera suivie d'un pique-nique sur place, selon la formule du vide-paniers.

Tous ceux qui souhaitent en être sont invités de bon coeur ! Je leur demande seulement de me prévenir quelques jours avant, afin que je puisse adapter l'installation.

Le mauvais temps a gêné Pascal et Maxime dans la poursuite de la restauration du fournil de la ferme. Ils viennent à peine d'en remonter le conduit de cheminée du pignon Ouest.[img:500]2010_08_11_13 bis[/img]Ils ont néanmoins commencé à installer les échafaudages nécessaires pour le pignon Est.

J'ai demandé à Pascal de prévoir, dans ce pignon Est, une niche de manière à ce que nous puissions y installer la statue non identifiée qui, jusqu'à l'arrivée de la Sainte Anne en juin dernier, trônait dans la niche extérieure de la chapelle du manoir. Cette statue de calcaire étant en mauvais état, c'est Morgane POIRIER, la fille aînée du sculpteur de la Sainte Anne, qui doit la restaurer (elle vient d'être admise à un difficile concours administratif de restauratrice de statues pour les musées) :

Si le mauvais temps devait continuer, il faudrait néanmoins que Pascal et Maxime aient de quoi s'occuper, puisque je les paye à l'heure. En l'état du chantier, il n'y a pas de travaux à réaliser à l'abri ; en particulier, la poursuite de la restauration intérieure du bâtiment Nord est conditionnée dans l'immédiat par l'intervention du plombier (qui doit poser le système de chauffage par le sol au rez-de-chaussée et par des radiateurs à l'étage), puis par celle d'un électricien (celui que j'ai contacté semble avoir du mal à organiser son planning - problème connu, c'était déjà le cas de son oncle...-).

J'envisage donc de demander à Pascal d'installer un parapluie au-dessus du puits de la ferme, de manière à pouvoir en restaurer confortablement la maçonnerie. Il faudrait rétablir la construction en forme de pain de sucre, typique des puits du secteur. Voici d'ailleurs deux photos d'un puits distant de moins de 500 mètres de la Chaslerie, qui montrent à quoi je pense :

Il va donc falloir retrouver la pierre conique du sommet, ce qui ne va pas être facile dans notre capharnaüm...

Le mauvais temps n'ayant pas que des inconvénients, Bernard a pu cesser d'arroser les hêtres, charmes et fruitiers qui souffraient le plus. Il s'est donc translaté dans une parcelle au Nord du manoir, le long du Beaudouët ; là, il coupe les "doches" et les "chardrons" qui envahissent les plantations d'il y a deux ans.

Ce faisant, Bernard a remarqué le passage fréquent de rongeurs le long de la rive du ruisseau qu'ils ont largement sapée. Il a donc placé son piège, des pommes servant d'appât. En 3 jours, il vient d'attraper 9 bestioles, rats, rats musqués ou ragondins.

Voici le piège en position ce matin ; comme on le voit, un ragondin y était pris :

Et voici ce ragondin aux pieds de Bernard : un gros pépère, assurément, et bien dodu (le ragondin, pas Bernard), ce qui montre à quel point on peut prospérer à la Chaslerie ! Ses longues incisives orange étaient impressionnantes...

Ce matin à 7 heures, je suis allé vérifier le piège à ragondins. En pyjama, bottes et anorak, un accoutrement habituel pour moi à ce moment-là de la journée. Une nouvelle fois, le piège était vide. On dirait que nous avons temporairement repoussé l'invasion.

Cela m'a donné l'occasion d'apprécier l'éclairage juste avant le lever de soleil. D'abord à l'aller :

J'ai pris la photo suivante pour servir de témoin de l'éboulement progressif du terrain derrière le fournil du manoir et dans les douves. Il faudra un jour stopper cette hémorragie et restaurer le vieux mur écroulé là :

Puis au retour, avec au premier plan les arbustes plantés il y a bientôt deux ans :

Un peu plus tard dans la matinée, ayant enfin revêtu mon uniforme de "gentleman farmer", je suis revenu traîner autour des douves. En songeant au futur (?) chantier de leur mur d'escarpe. Je rêve en effet d'une promenade qui conduirait un jour le public autour du Pournouët. Elle partirait de l'allée principale...

... et passerait à l'Est des douves...

On aperçoit ici le vieux mur d'escarpe, à moitié enfoui sous les éboulis, et qui retient encore, tant bien que mal, la terre du Pournouët. C'est ce très vieux mur qu'il faudrait donc un jour restaurer...

Et Pascal, pendant ce temps, me direz-vous ? Et la restauration du fournil de la ferme ?

Elle s'est bien poursuivie, rassurez-vous. Pascal n'a pas chômé...

Voici la façade intérieure du four restaurée, telle qu'elle se présentait aujourd'hui en début d'après-midi, c'est-à-dire avant tout ravalement et rejointoiement (et avant toute restauration de l'intérieur du four) :

Si vous comparez cette image à celle datant de 5 jours, vous noterez que le linteau n'a finalement pas bougé, l'appui en granite a été remplacé par une pierre en bon état, la niche sous l'appui a été rétablie, l'entrée du four a été remontée en grès au lieu des briques industrielles antérieures. L'ouverture du four reste décentrée par rapport au conduit de cheminée ; elle l'est même par rapport à la niche. Disons que cela participe de la rusticité de l'endroit...

Mais le chantier a aussi progressé par ailleurs. La statue de calcaire a été installée dans la niche prévue à cet effet dans le pignon Est du fournil de la ferme. Elle restera là au moins jusqu'aux prochaines Journées du Patrimoine, avant de repartir en restauration :

Enfin, Pascal et moi avons commencé à étudier comment s'y prendre pour restaurer le puits de la ferme

En fait, l'eau est visible à 4 mètres sous le niveau du sol et, d'après nos mesures, sa profondeur est de 2,20 mètres. Il faudra commencer par éliminer la tuyauterie bricolée là par les exploitants agricoles précédents et remettre en place des pierres descellées dans le puits. Pour y accéder, pas d'autre moyen pour nous que d'intervenir à la mini-pelleteuse pour dégager le premier mètre du puits sous le niveau du sol. On commencera par là, dès demain.

Un jour, alors que j'étais adulte, ma grand-mère de Tarbes a décidé de ranger une armoire dans sa maison. Sans me consulter, elle a distribué autour d'elle mes "Dinky Toys", mes "Aventures de Babar", mes "Tintin", mes "Aventures de Martin le malin" et autres "Roy Rogers" auxquels je tenais beaucoup. Un vrai désastre !

Mes fils n'auront pas eu plus de chance avec moi puisque j'avais entreposé de longue date leurs souvenirs d'enfance, y compris leurs cahiers scolaires, dans la cave de la Chaslerie. Là, ce sont les infiltrations d'eau à travers les murs qui auront eu raison de ces reliques. Ce bâtiment où je n'entrais plus jamais était ainsi transformé en pataugeoire à mon insu, de sorte que les livres et cahiers de mes fils ont pu y pourrir longtemps. J'en suis désolé pour eux, je ne suis que trop bien placé pour comprendre leurs regrets.

C'est par de telles expériences que j'ai appris à me méfier de l'eau ici. Je veille désormais à bien drainer les terrains au pied des murs des constructions.

De même, à la charretterie, l'eau, traversant les murs, entrait l'hiver dans la pièce qui correspond à une ancienne étable. Et l'on a bien noté que le revêtement en terre battue n'était toujours pas sec lors des dernières Journées du Patrimoine. Des plantules commencent même à y pousser :

19 septembre 2010, la terre battue tarde à sécher dans la charretterie.

Pourtant, j'avais déjà fait drainer les murs de la cave il y a une quinzaine d'années. Mais les drains n'avaient pas été convenablement posés. Ils avaient juste été enrobés de gravier, à même le sol, de sorte que, rapidement, les racines des roses au Sud et des hortensias au Nord les avaient obstrués, les rendant inopérants. C'est ce que j'ai vu au printemps dernier, lorsque nous avons transplanté ces fleurs.

J'avais donc demandé à Pascal de poser des drains autour de la cave, de son appentis et de sa "maison de Toutou", ainsi qu'autour de la charretterie, de manière à ce que pareille mésaventure ait moins de chances de se reproduire. Pour ce faire, je lui avais recommandé de s'inspirer des drainages de la chapelle, c'est-à-dire de poser ses drains sur une gouttière en béton, afin d'empêcher les racines des fleurs voisines d'y accéder.

C'est ce qu'il a fait cette semaine. Voici donc le résultat des derniers jours de travail où la gelée matinale a fait sa réapparition ici.

Une fois encore, nous avons eu recours à notre mini-pelleteuse. La voici à l'oeuvre au Sud de la cave :

Tranchée pour drainage au Sud de la cave.

En fait, la présente campagne de drainage part des roses plantées en bordure de l'allée de la cave...

...passe à l'Est de la cave, le long de l'appentis et entoure la "maison de Toutou"...

...entoure la cave puis plonge vers la charretterie...

... puis passe au Sud de la charretterie (un drain avait déjà été posé, fin juillet, au Nord de ce bâtiment) :

Voici une idée de la profondeur de ce fossé :

Samedi 25 septembre 2009, le fossé a environ 50 cm de profondeur.

Pascal a ensuite déposé un lit de gravier dans la tranchée (du moins dans les parties jouxtant les bâtiments) :

Travaux de drainage au Sud de la charretterie.

avant d'y couler une gouttière en béton :

Gouttière en béton pour le drainage du Sud de la cave.

Gouttière en béton pour le drainage du Nord de la cave.

Il reste bien entendu à parachever ce travail en déposant les drains dans ces gouttières et en les y enrobant de gravier puis à refermer le reste des tranchées.

Les nouvelles de la semaine ne s'arrêtent pas là puisque j'ai pu joindre Roland FORNARI. Il accepte de modifier comme je le souhaitais les deux grilles posées la semaine dernière. J'ai encore oublié de lui parler de mon désir qu'il travaille aussi sur le puits de la ferme que voici, dans son état actuel :

Samedi 25 septembre 2010, Pascal (sans sa casquette !) à côté du puits de la ferme

J'ai de même joint Eric AUBINAIS, le tailleur de pierres, mais il m'a annoncé que, depuis un an, il travaille comme homme toutes mains sur un château privé de la Manche. Il n'est donc pas sûr qu'il puisse se rendre disponible pour tailler la pierre de sommet du puits. Pascal POIRIER serait néanmoins prêt à prendre le relais.

Quant à Roland BOUSSIN, je devais le rencontrer ce matin mais il m'a posé un lapin.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 6 Novembre 2010
Journal du chantier - Menuiserie - Peinture - Sculpture - Bâtiment Nord - Cave - Ferme et son fournil - Par corps de métier - Par lieu
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J'ai toujours eu beaucoup de considération pour le savoir-faire et la conscience professionnelle des "meilleurs ouvriers de France". Mon coiffeur, Didier SAMSON, de Flers, en fait partie. Il est même leur président au niveau départemental.

Pascal POIRIER, le sculpteur de La Ferté-Macé qui a réalisé la statue de Sainte Anne a été admis parmi eux il y a deux ou trois ans.

Denis DUVEAU, menuisier-ébéniste, de Saint-Germain-de-la-Coudre, en est un troisième. Il m'a été recommandé par Patrice CAHART, très satisfait de ses interventions au manoir de la Fresnaye, sur le territoire de la même commune.

Denis DUVEAU est venu m'apporter ce matin un certain nombre de devis qu'il avait préparés à ma demande. Ces devis m'ont paru raisonnables. Je lui ai donc passé commande pour la porte d'entrée du bâtiment Nord (en effet, j'en ai plus qu'assez de la mochissime porte blanche en sapin héritée de mes prédécesseurs ; elle est d'ailleurs quasiment H.S.)...

7 novembre 2010, le bâtiment Nord vu de la cour.

... ainsi que pour la porte et deux fenêtres de la "maison de Toutou" (c'est ainsi que j'appelle l'abri de jardin, cette dépendance de la cave) et pour deux châssis fixes pour l'appentis de la cave.

La porte du bâtiment Nord devrait être posée en janvier prochain, c'est-à-dire en temps utile avant le retour du peintre DUBOURG, de Flers, qui pourra ainsi la peindre en rouge sang de boeuf quand il viendra s'occuper du dressing du premier étage. Quant aux huisseries des dépendances de la cave, la perspective de leur installation va nous obliger à compléter enfin les colombages correspondants avec le torchis qu'ils appellent, les malheureux, depuis plus de dix ans.

De son côté, Pascal POIRIER m'a écrit une belle lettre pour décliner ma demande qu'il restaure la statue de calcaire que je souhaite exposer dans la niche Est du fournil de la ferme. Voici son texte, que je viens de recevoir :

" Après examen de la statue que vous m'avez confiée pour un devis de restauration, je vous donne mon avis de professionnel.

Il me paraît difficile d'envisager des travaux pour les raisons suivantes :
- La pierre de cette statue présente des fissures et fait partie des calcaires gélifs. Il est donc déconseillé de continuer à l'exposer à l'extérieur.
- Les restaurations du passé (plâtre ? ciment clair ?) ne tiennent pas et les rajouts que l'on tentera de faire ne tiendront pas plus ; malgré une intervention, l'ensemble, même exposé à l'intérieur, restera fragile et surtout inesthétique (souligné).

Je ne peux pas me lancer dans une opération douteuse qui ne contentera personne.

Dans l'attente de votre prochaine visite.

Cordialement,

Pascal POIRIER."

Cette lettre est un exemple de la qualité de relation que je souhaite développer avec les artisans qui interviennent à la Chaslerie.

Je remercie donc Pascal POIRIER pour son avis motivé, dont j'ai pris connaissance avec attention et intérêt.

Toutefois, considérant que la niche prévue pour la statue est orientée à l'Est (donc à l'abri de l'essentiel des pluies), que cette statue n'est pas une œuvre d'art bien considérable, qu'elle ne représente personne, sainte ou autre, que je reconnaisse, et qu'elle devrait pouvoir tranquillement terminer sa brave vie de statue dans la niche que je lui destine, j'irai la rechercher chez Pascal POIRIER et je demanderai à Pascal MAIZERAY de la reposer pour moi dans la niche en question.

Et le jour où cette statue se déliterait de façon laide et trop apparente, nous aviserions sur la conduite à tenir.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 26 Mars 2011
Sculpture - Désultoirement vôtre ! - Dans l'Orne - Par corps de métier - Annonces
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Hier, en rentrant de Rânes, j'ai fait étape à La Ferté-Macé, chez Pascal POIRIER.

J'ai trouvé Pascal en plein travail dans son atelier. Il est en train de copier une statue du Christ réalisée en pitchpin en 1840 mais qui a mal supporté d'être exposée aux intempéries dans un illustre site touristique normand des bords de mer (je n'en dirai pas plus car Pascal m'a demandé de laisser la primeur de l'info à cette ville qui est ainsi sa cliente). La copie de Pascal est en douglas ; elle remplacera l'original, qui sera mis à l'abri dans un musée local.

Prenons le temps de savourer ensemble, grâce à ce site, cette visite de l'atelier d'"un des meilleurs ouvriers de France". D'abord, voici Pascal tel qu'il m'est apparu alors que j'entrais dans son atelier :

25 mars 2011, Pascal POIRIER au travail.

Le douglas est un bois étonnant : l'espacement entre les cernes témoigne de la rapidité remarquable de sa croissance :

25 mars 2011, l'état de la sculpture du visage du Christ en douglas.

A l'aide de sa "croix de mise aux points" posée sur trois points fixes, Pascal enregistre et reporte soigneusement les cotes de différents points à la surface de l'original :

25 mars 2011, Pascal POIRIER ajuste sur un point précis sa

C'est un travail quasi chirurgical :

25 mars 2011, le malade sur le billard.

Il translate ensuite son instrument sur le bloc de douglas et taille le bois avec une collection de ciseaux de tailles diverses, tous impeccablement alignés sur l'établi...

25 mars 2011, l'établi de Pascal POIRIER.

... et tous parfaitement entretenus :

25 mars 2011. Comme disait ma grand-mère Juliettotte,

Je ne me lasse pas de l'observer travailler...

25 mars 2011, vue à partir du fond de l'atelier.

... ni de bavarder avec lui :

25 mars 2011, Pascal en pleine discussion.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 7 Septembre 2011
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Sculpture - Cave - Ferme et son fournil - Par corps de métier - Par lieu
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Dans la niche située sur le pignon Est du fournil de la ferme, Igor a replacé la statue inrestaurable que l'on sait. Il l'a solidement arrimée :

7 septembre 2011, la statue non identifiée a retrouvé sa place sur le fournil de la ferme.

Pendant qu'il rampanne le four du même fournil, Valentin a commencé à poser le torchis sur la "maison de Toutou" (ou annexe de la cave) :

7 septembre 2011, début de la pose du torchis sur la

Notre voisin Claude FAVERIS a bien voulu nous prêter sa plateforme en béton pour y mélanger l'argile et la paille sous les roues d'un tracteur et je l'en remercie. J'aime beaucoup voir enfin la couleur de l'argile locale entre les colombes laissées à l'air libre depuis trop d'années. Mais cette vision ne durera pas puisque j'ai prévu de faire recouvrir le torchis de chaux de tous les côtés, du moins extérieurement, ce dont Igor et Valentin se chargeront à leur retour de congés.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 21 Décembre 2011
Journal du chantier - Ferronnerie - Sculpture - Charretterie - Ferme et son fournil - Par corps de métier - Par lieu
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Comme prévu, Roland FORNARI est venu aujourd'hui installer la grille du puits de la ferme et le lustre de la charretterie.

Voici Roland et deux de ses collaborateurs (comme le confirme la coupe de cheveux, celui de gauche est encore apprenti) :

21 décembre 2011, l'équipe de Roland FORNARI à pied d'œuvre en début d'après-midi.

Il faut des talents d'équilibriste pour arrimer la manivelle dans le puits :

21 décembre 2011, le compagnon de Roland au travail dans le puits de la ferme.

Le résultat me paraît très satisfaisant et, je dirais même plus, parfaitement manorial :

21 décembre 2011, la grille du puits de la ferme et sa manivelle.

Sur ce puits, il ne reste plus qu'à tailler la pierre destinée à couronner l'édicule. Pascal POIRIER (le sculpteur de la statue de Sainte Anne de la chapelle) m'a d'ailleurs très aimablement proposé d'enseigner à Igor et Valentin comment s'y prendre pour travailler le grès.

Dans la charretterie, le compagnon de Roland a commencé à fixer très solidement le support du lustre :

21 décembre 2011, travaux de ferronnerie sous la charretterie.

Voici qui nous promet un éclairage sympathique pour de futurs dîners aux chandelles, avec vue imprenable sur le manoir :

21 décembre 2011, poursuite de l'installation du lustre de la charretterie.

Bientôt, l'équipe de Roland doit s'éclairer aux phares de sa camionnette :

21 décembre 2011, en attendant les chandelles.

Il va sans dire que le lustre étant démontable sera toujours mis à l'abri entre deux utilisations...

Ceci étant, si l'un des visiteurs du site connaît un bon fournisseur de bougies (qui ne fument ni ne coulent) d'un diamètre de 6 cm environ, je suis preneur : il m'en faudrait 12.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 21 Mars 2012
Journal du chantier - Menuiserie - Sculpture - Dans l'Orne - Ailleurs - Par corps de métier - Annonces
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Le 26 mars 2011, j'avais rendu compte, sous l'onglet "Sujets divers", de ma visite chez Pascal POIRIER, à La Ferté-Macé. J'y suis repassé hier. Je souhaitais en effet m'assurer qu'il se tient toujours prêt à enseigner à Igor et Valentin comment tailler les pierres afin que nous couronnions le puits de la ferme du volume qui lui manque ; il n'y a pas de problème, m'a répondu Pascal.

La reproduction d'une statue du Christ sur laquelle il travaillait déjà, il y a un an, est pratiquement finie. Il doit livrer cette nouvelle statue aujourd'hui à sa cliente, la ville de Honfleur. Il ne lui reste plus qu'à raboter quelques pièces destinées à boucher les fissures du bois...

20 mars 2011, le Christ de Honfleur.

... notamment sur la tête :

20 mars 2011, la tête du Christ de Honfleur.

Nous avons longuement parlé, d'un côté, de la dureté de la condition d'artisan et, de l'autre, de la difficulté de trouver chez le même individu un niveau technique suffisant et un goût authentique pour son métier ainsi qu'une réelle capacité à conseiller le client. Pascal s'exprimait en tant que "meilleur ouvrier de France" et moi comme client un peu décontenancé par l'un de ses confrères, menuisier de son état.

Pascal POIRIER
rédigé le Samedi 6 Avril 2012
Journal du chantier - Sculpture - Dans l'Orne - Ailleurs - Par corps de métier - Annonces
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N.D.L.R. : Il s'agit là de la copie d'un Christ réalisée en douglas par Pascal POIRIER, "un des meilleurs ouvriers de France", pour la ville de Honfleur où cette statue, qui doit encore être peinte, doit remplacer l'original du 19è siècle en pitchpin abîmé par les intempéries. J'en avais encore parlé ici le 21 mars dernier.

Bravo Pascal, c'est de la belle ouvrage !

Je rappelle que Pascal est l'auteur de la Sainte Anne en granit de la Chaslerie.

En classant de vieux papiers à la recherche de vieux devis, je retrouve ces dessins (par M. PAILLETTE) de trois portes de manoir dues à l'évidence au même tailleur de pierres, qui intervenait donc dans le Domfrontais autour de 1598.

De gauche à droite :
- la Chaslerie,
- la Bouëtte à Saint-Roch-sur-Egrenne,
- Loraille à Saint-Mars-d'Egrenne.

Portes manoriales du Domfrontais.

Il faudrait compléter par la porte de la Servière à Céaucé.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 19 Juin 2012
Journal du chantier - Ferronnerie - Sculpture - Charretterie - Ferme et son fournil - Par corps de métier - Par lieu
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Roland FORNARI, assisté de deux compagnons, Thomas HOLT et Rudy EDMOND, est venu achever le travail commencé quelques jours avant Noël. Il a ainsi suspendu le lustre dans la charretterie...

19 juin 2012, Roland et ses deux compagnons sous la charretterie.

... où, au moins d'après moi, il produit un effet boeuf...

19 juin 2012, le lustre de la charretterie avec son système de poulie et de manivelle.

... bien qu'il appartienne encore à Carole de le compléter par des chandelles d'un bon calibre.

Puis Roland et ses compagnons ont peaufiné les finitions du puits de la ferme...

19 juin 2012, il suffit désormais d'actionner la manivelle pour avoir l'eau à la ferme.

... avant de poser triomphalement pour la postérité :

19 juin 2012, puits armé !

A noter que Thomas HOLT, le très élégant compagnon à droite de la photo précédente (admirez le pantalon montant et les bretelles), a découvert Roland grâce à notre site préféré ; il travaillait dans une vie antérieure comme informaticien dans une banque d'affaires parisienne et notre site a, paraît-il, contribué à le convaincre qu'il avait mieux à faire dans la vie que traquer les apprentis KERVIEL...

P.S. : Comme on le voit sur la photo précédente, je n'ai toujours pas décidé comment couronner le puits. Jonathan me dit qu'il saurait me tailler un grès en forme de pain de sucre aplati ou de galette. Mais Roland suggère de sceller une terre cuite ; je crains toutefois que des garnements ne la maltraitent (car j'ai fait pire dans ma jeunesse contre une armée de pots de fleurs méticuleusement alignés par la mère d'un copain...).

Bonjour,

Fichu temps, il pleut encore et j'ai tant de choses à faire à l'extérieur.

Voici de bien belles images d'escalier que vous devez connaître :

Quel travail, je me demande si aujourd'hui nous aurions des artisans pour réaliser ce chef-d'œuvre.

Pour poursuivre la visite, cliquez ici.

Bonne journée !

N.D.L.R. : On saurait sans doute. Mais à quel coût ? Et pour quel commanditaire ?

J'ai le plaisir de vous informer de mon nouveau site internet !

Pascal POIRIER Sculpteur. Maître Artisan. M.O.F
99, avenue du président Coty
61600 LA FERTE-MACE
Tel : 06.70.60.25.46

Détail de la poupe d'une frégate qui a valu à Pascal POIRIER son diplôme d'

N.D.L.R. : Très beau site, magnifique travail, nerveux et enlevé ! Merci, on note aussi les références du frangin en plus de celles de l'épouse dont on appréciait déjà le talent ! Et on retrouve avec plaisir notre Sainte Anne favorite, qui illustre la difficulté particulière de la sculpture du granit...