Plomberie-chauffage

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 24 mai 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Plomberie-chauffage - Ferme et son fournil
0
M. DAUPHY, de l'entreprise LEMASSON, est venu hier mesurer devant moi le débit du puits de la ferme.

A cet effet, muni de l'engin que voici...

23 mai 2018.

... dont la puissance permet le pompage d'environ 5 m3/h ...

23 mai 2018.

... et qu'il a descendu dans le puits...

23 mai 2018.

... il a mesuré que le débit de ce puits est, en cette saison et malgré les récentes pluies abondantes, de l'ordre de 1 m3/h, donc beaucoup trop insuffisant pour de l'aquathermie, sauf à réussir une campagne de forages ad-hoc.

Mais j'avoue hésiter beaucoup à le suivre dans cette dernière recommandation car je ne souhaite pas que les nouveaux forages éventuels se traduisent, aux abords immédiats de notre manoir favori, par deux horreurs en béton de 2 m2 de surface chacune et de 50 cm de hauteur, comme l'aquathermie l'imposerait. En plus, l'eau d'ici est très ferrugineuse et je n'ai nulle envie de m'enquiquiner avec l'entretien régulier, à l'acide, des sondes nécessaires.

Pour autant, le coût de forages de géothermie profonde (une quinzaine de puits de 100 m pour les deux premières pompes à chaleur qui seraient à installer dans cette phase des travaux, donc de l'habitabilité) constitue pour moi, avec mes moyens de retraité, un vrai frein.

Quel dommage que je ne connaisse plus, depuis que nous avons perdu le contact avec Etienne BURIN des ROZIERS, d'expert indépendant capable de calculer le coût d'un chauffage par bois déchiqueté ou par granulés et de me conseiller sur le meilleur choix de combustible !

Malgré ce handicap, je crois que je vais devoir poursuivre mon enquête sur la filière-bois qui, pour moi, producteur de bois avec mes 30 ha de plantations, a d'autres inconvénients sérieux :
- nécessité de trouver un endroit facilement accessible où entreposer le combustible (voire le faire sécher s'il s'agit de bois déchiqueté). La charretterie semble la plus appropriée pour ce rôle qui accaparerait la moitié de son volume, ce qui n'est pas rien ;
- nécessité de prévoir (voire de bâtir si je retiens la charretterie) un conduit de cheminée disponible pour la chaufferie et de le faire ramoner régulièrement ;
- nécessité de me mettre en rapport avec un déchiqueteur de bois ou un fournisseur de granulés qui vont tarter le béotien que je suis ;
- nécessité de manipulations diverses qui supposent que j'emploie durablement un homme toutes mains adéquat.

Bref, je me vois mal "a priori" basculer vers le combustible bois.
Pas facile, tout ça !
J'ai téléphoné ce matin à Hubert POISSON, l'excellent régisseur du château de Canisy, pour savoir s'il était toujours content de son chauffage au bois déchiqueté. Il s'est souvenu de moi, à qui il avait fait visiter sa remarquable installation il y a quelque chose comme 4 ou 5 ans ("Ah oui, le Monsieur avec les épis de faîtage") mais m'a pourtant avoué qu'il ne fait pas partie de notre fan-club favori, ce qui est quand même un gros défaut pour un homme de cette qualité.

Il me recommande vivement d'opter à la Chaslerie pour la géothermie profonde, la chaufferie au bois comportant, selon lui, trop de manipulations et d'entretien pour un bâtiment de la taille de notre manoir favori et pour quelqu'un comme moi.

Voici un avis qui pèsera lourd dans ma balance.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : jeudi 24 mai 2018 14:00
À : Bodin Entreprise
Objet : RE: découverte carrelage

OK.

Il faudrait également que vous me trouviez un dallage de pierres pour un peu plus de 50 m2 (salle-à-manger du logis et RC de la tour NE), réduites en épaisseur de manière à ne pas entraver le chauffage par le sol.

Cordialement,

PPF

_____________________________________________________________________
De : Bodin Entreprise <bodin.ste@gmail.com>
Envoyé : jeudi 24 mai 2018 13:51
À : Pierre-Paul Fourcade
Objet : découverte carrelage

Bonjour M. FOURCADE,

M. COOS m'a fait part de votre dernière découverte à la Chaslerie; cette pièce est très intrigante...

Le mieux sera de l'avoir en mains pour prendre ses dimensions, voir la façon dont ce carreau a été façonné etc...

Le plus étonnant, ce sont ces alvéoles et la couleur de la terre. Difficile de dater cet élément et de trouver son utilisation d'origine.

Quand je serai dans la région je vous fait signe !

Cordialement

F. LE BON

BODIN
Maçonnerie - Taille de Pierre
Z.A. du Haut Gelé - 50310 MONTEBOURG
Tél. 02 33 40 20 33 - Fax 02 33 40 41 54
Web : www.ent-bodin.com - Email : bodin.ste@gmail.com

(Fin de citation)
Bien sûr, il y a quelque chose de complètement dingue dans mon mode de vie, moi qui vis seul, quasiment en permanence, dans une aussi grande bâtisse et qui, en me serrant la ceinture comme un malade, engloutis jusqu'à mes derniers picaillons dans sa restauration. Moi qui, de surcroît, m'apprête à me coller une dette sur le dos jusqu'à mes 82 ans.

Je me souviens m'en être fait la réflexion dès la première nuit que j'ai passée, déjà seul, à notre manoir favori. C'était en juin 1991, j'avais donc 39 ans, je venais de signer le jour-même l'acte d'achat et, déjà insomniaque (puisque je le suis depuis le krach de 1987), dans mon lit pliant, dans la chambre qui se trouve au-dessus de la salle-à-manger du logis (toujours en travaux 28 ans plus tard), j'avais le sentiment de me retrouver seul, moi l'ancien midship, sous les étoiles, comme à la passerelle d'un immense cargo avançant, vide, dans le silence de la nuit au milieu de l'océan.

La deuxième fois où j'ai ressenti la disproportion de mon effort, ce fut lorsque, pour complaire aux normes débiles de l'administraaaâââtion en charge du calibrage des fosses septiques (on trouve vraiment de tout dans ce pays), j'ai vu le terrassier enfouir sous le "Pournoët" un dispositif qui ne saturerait pas si un régiment d'une quarantaine de personnes, toutes atteintes de diarrhée, occupait un jour notre manoir favori. Manifestement, le truc était grotesque pour mon usage seul mais voilà, c'était la loi et je devais régler la note sans broncher.

La troisième fois, c'est maintenant où je dois me lancer dans l'installation d'un dispositif de chauffage suffisant pour couvrir le bâtiment Nord, le rez-de-chaussée du logis et, ai-je ajouté hier dans ma définition de la première tranche à chauffer, le colombier ainsi que la chapelle (cette dernière à maintenir hors-gel). Tout cela n'est pas neutre car cela implique si, comme probable, je retiens la géothermie profonde, l'installation d'une grosse pompe à chaleur, donc, pour limiter les à-coups dans son allumage (qui sont susceptibles de causer son usure prématurée), l'interposition d'un ballon de 800 litres d'eau chaude censé jouer un rôle de tampon.

800 litres d'eau maintenue chauffée en permanence (du moins pendant les mois de chauffe) pour un homme seul, c'est énorme, viens-je de réaliser. Quasiment un mètre cube, ça en ferait des baignoires pleines (alors qu'il n'y en a toujours pas la moindre ici). Et, bien sûr, la facturation suivra, non seulement pour l'installation mais aussi pour l'électricité nécessaire pour un tel bazar.

Je ne vois pas comment m'en sortir pour programmer les travaux de restauration intérieure des pièces dont il s'agit. Une fois restaurée, chaque pièce aura besoin d'être chauffée. Mais, sans attendre que sa restauration soit achevée, je dois avoir fait poser les tubes de chauffage par le sol (ou les radiateurs), donc savoir quel revêtement de sol je prévois et quelle isolation thermique. Tant que ce chantier n'est pas suffisamment avancé, il m'apparaît idiot de risquer d'user prématurément la chaudière, donc de la brancher.

Mais, une fois la chaudière installée et allumée, je me retrouverai dans mon paquebot certes chauffé confortablement. Mais toujours seul, comme un con, comme le con que je suis et demeurerai "ad vitam aeternam" à ma passerelle sous les étoiles.

Pas simple, tout ça !
Bonjour,

Un petit truc pourrait vous donner une solution pour les tuyaux les plus éloignés d'éventuels systèmes de chauffage (ruban chauffant mise hors gel thermostat intégré, www.degre5.com).

C'est un exemple, il en existe d'autres, d'après mon électricien qui avait proposé ce système pour un passage un peu fragile dans les troglos de mon fils ça peut ne se mettre en route qu'en cas de gel, donc peu onéreux dans l'ensemble.

Votre chapelle n'est pas vraiment un lieu de vie permanent et pourrait se satisfaire d'un tel dispositif.

Si vous remplacez le ciment par des enduits à base de chaux votre confort sera déjà bien amélioré, et pour les cloisons je vous recommande le siporex, qui ne provoque pas de condensation, est parfaitement isolant, il existe en plusieurs épaisseurs et sa mise en œuvre est facile, et surtout réversible. Et surtout pas de placo, ça prend l'humidité et sans chauffage c'est pas jouable. En règle générale pas de plâtre nulle part, ça pourrit avec l'humidité.

Les granulés peuvent se trouver en sacs qui facilitent leur manutention et une palette ou deux devraient vous permettre de vous chauffer correctement.

Le plus coûteux serait l'achat des poêles et le tubage des conduits. Revoir vos ambitions à la baisse sur le problème du chauffage ne retirerait rien à vos mérites quand on constate l'ampleur de se qui est engagé pour la remise en état de l'intérieur et le maintien et l'embellissement des extérieurs.

Profitez bien de votre séjour en Sicile, vous allez vous régaler les yeux et le ventre.

Cordialement

N.D.L.R. : Merci pour vos conseils. Je vais étudier vos recommandations à tête reposée. Bien cordialement, PPF
Dernières photos de notre chantier favori avant mon départ, c'est-à-dire hier matin :

- Sébastien DUVAL derrière le linteau qui aura été surélevé à mon retour :

25 mai 2018.

- le même en train de tailler le second granit de surélévation :

25 mai 2018.

25 mai 2018.

- le plombier-chauffagiste Régis JOURDAN, venu répondre à mes angoisses de la nuit précédente :

25 mai 2018.

- enfin la cloison de parpaings que j'ai chargé Christian d'abattre dans la semaine, en veillant à étayer les plafonds dans l'attente d'une poutrelle métallique :

25 mai 2018.

25 mai 2018.

Comme je sais que Christian me lit, je lui demande d'évacuer les gravats par la fenêtre donnant sur la cour et de veiller à ce que la poussière du chantier n'arrive pas dans l'entrée du bâtiment Nord (en maintenir fermées toutes les portes du rez-de-chaussée, y compris celle vers le petit salon). Je lui demande également d'évacuer vers le garde-meubles un maximum de petits objets actuellement entreposés au 1er étage du logis et dans la cave puisque, samedi prochain, Igor et les compagnons de Jean LEMARIE viendront nous aider à déménager les gros morceaux.

A mon retour, la surélévation et la restauration du granit du linteau du passage vers la salle-à-manger, linteau que l'on aperçoit à droite des deux dernières photos, devrait être bien engagée par l'entreprise BODIN que j'en ai chargée. Là aussi, il y a, entre les granits, d'horribles joints au ciment qui devraient avoir disparu à mon retour (de même que le bleu du mur de parpaings que je ne peux plus voir en peinture et dont le bâtiment Nord aura enfin été purgé).
Il faut que je note, avant que je ne les oublie, les enseignements de la visite, cette après-midi, du plombier Régis FOUILLEUL, de Saint Quentin les Chardonnets. Il était accompagné de Michel ENOND, gérant de l'agence de Rennes de la firme "HARGASSNER", fabricant de chaudières à bois.

Je souhaitais me renseigner sur les coûts relatifs, pour chauffer notre manoir favori, du bois déchiqueté et des granulés, par comparaison avec la géothermie profonde qui, à ce stade de mes investigations, m'a paru, comme on le sait, la plus appropriée.

Voici ce que j'ai retenu :
- 1 m3 de fuel produit 10 000 kWh, comme 3 m3 de granulés ou 10 m3 de bois déchiqueté ;
- en l'état du marché, 1 kWh de fuel coûterait 12 cents, 1 kWh de granulés 6 cents et 1 kWh de bois déchiqueté 3 cents s'il est acheté à un professionnel et moitié moins si je le produis à partir de mes plantations ;
- pour chauffer notre manoir favori, j'aurais besoin de 17 m3 de fuel par an, ce qui me coûterait, en combustible, 20 000 € ; les coûts correspondants seraient de 10 000 € avec les granulés et de 5 000 € avec du bois déchiqueté ;
- que j'utilise des granulés ou du bois déchiqueté, j'aurais besoin ici d'une chaudière de 90 kW (et, bien sûr, d'une cheminée) ;
- une telle chaudière fonctionnant aux granulés me coûterait, en investissement, 28 k€ H.T. ; il faudrait alors me doter d'un silo de 7,5 tonnes, soit environ 10 m3 (soit un cube de 2,5 mètres de côté ai-je noté mais le calcul est faux), en prévoyant 5 chargements par an ;
- avec du bois déchiqueté, la chaudière coûterait 31 k€ H.T., de sorte que le supplément de prix serait amorti en un an ; le silo d'une trentaine de m3 devrait être chargé 6 fois par an ; la partie de la charretterie où l'on gare habituellement le "Valtra" suffirait à abriter une telle chaudière et un tel silo ; mais il faudrait en faciliter l'accès en disposant à son entrée une plate-forme en béton de manière à pouvoir y déposer puis y pousser ou y soulever vers le silo le bois déchiqueté en question ;
- le devis total de l'installation au bois déchiqueté serait de l'ordre de 100 k€, soit très sensiblement moins qu'en géothermie (du fait des forages). En outre, la géothermie nécessiterait ici 54 A d'électricité, donc le passage au "tarif jaune" d'EdF, ce qui coûterait beaucoup plus cher que les 10 A requis par une chaudière à bois ;
- installer la chaufferie dans la charretterie ne poserait pas, en l'état de la technique, de problème de déperdition de la chaleur vers le manoir puisqu'on compte une perte de 1° C par 100 m de canalisation "ad-hoc".

Constatant mes réticences devant tant de manipulations à assurer et de capacités de stockage à fournir, Régis FOUILLEUL et Michel ENOND m'ont emmené à Chaunu voir l'installation au bois déchiqueté d'un de leurs clients, dont les volumes à chauffer m'ont paru nettement moins importants que ceux à quoi je réfléchis (rêve ?) pour notre manoir favori. Voici ce que j'ai observé :

- en matière de stockage :

6 juin 2018.

6 juin 2018.

- en matière de chaufferie :

6 juin 2018.

6 juin 2018.

6 juin 2018.

6 juin 2018.

- au niveau de la cheminée :

6 juin 2018.

Vous avouerai-je qu'à vue de nez, tout cela ne m'emballe guère ?

J'ai néanmoins demandé à Régis FOUILLEUL de me préparer un devis que je puisse comparer, en investissement comme en fonctionnement, à ses devis de géothermie.
J'avais souhaité une deuxième réunion de chantier, trois semaines après la première, non seulement parce que le compte rendu de celle-ci ne m'était toujours pas parvenu, mais surtout parce que je pensais qu'un tête-à-tête avec Arnaud PAQUIN serait utile pour préciser certains points qui m'avaient échappé lors des débats précédents avec les artisans. Et le fait est que cette seconde réunion aura été très utile pour moi.

Nous nous sommes tout d'abord rendus au 1er étage de la tour Sud-Ouest pour examiner, en présence de Christian, les désordres de la charpente, au-dessus du passage vers la salle dévastée. On se souvient qu'une sablière intérieure a tourné (ou avait été mal posée consécutivement à l'incendie de 1884) en avant du plan du parement. A son habitude (il avait fait la même chose il y a trois semaines, cette fois-là dans les combles du colombier), Arnaud PAQUIN, a escaladé la charpente tel un singe (avantage de n'avoir que 40 ans)...

12 juin 2018.

... et s'est mis d'accord avec Christian sur les modifications à effectuer, une fois que le linteau que l'on sait aura fini d'être relevé :

12 juin 2018.

Je retiens qu'il résulte des observations d'Arnaud PAQUIN que, consécutivement à l'incendie de 1884, la charpente du logis a fini d'être restaurée avant que ne commence la restauration de la charpente de la tour Sud-Ouest. C'est ce qui explique la présence de ce surprenant bout de sablière en porte-à-faux, preuve d'un certain bâclage du travail d'alors.

Dans la "pièce dévastée", Arnaud PAQUIN a relevé au laser tournant les cotes du sol :

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Il en ressort que la hauteur disponible pour l'isolation thermique ou le revêtement futur (vraisemblablement un parquet) n'est que de 7 cm par rapport au seuil constitué par le granit du dallage de la cage d'escalier du logis.

13 juin 2018.

13 juin 2018.

Comme je m'en doutais, Arnaud PAQUIN recommande de conserver ce seuil comme niveau 0, c'est-à-dire de ne pas introduire de marche dans la salle dévastée, marche destinée à accroître l'épaisseur disponible. Par voie de conséquence, il est exclus (du moins à ce stade de nos réflexions) de recourir à la solution d'un chauffage par le sol dans ce volume où nous nous en tiendrions donc au réemploi de radiateurs de fonte dans les embrasures de fenêtres. Il faudra commencer par poser des lambourdes sur les entrevous du sol, puis par remplir les interstices avec un produit isolant (dont je n'ai pas retenu le nom). Comme il ne sera pas dans mes moyens de restaurer le parquet en question (car la restauration du plafond devrait passer avant et sera coûteuse si on veut faire les choses bien), il conviendra que Christian fixe provisoirement auxdites lambourdes un dallage léger de bois permettant de ne pas abîmer l'isolation nouvelle tout en redonnant un certain usage à la pièce, notamment aux fins de garde-meubles dans un premier temps.

Toujours au premier étage du logis, cette fois dans mon ancienne chambre (au-dessus de la salle-à-manger), Arnaud PAQUIN est, comme moi, d'avis que le parquet à marqueterie bricolée dans les années 1950 (sans doute à partir de vestiges d'un appartement du quartier de la rue de l'Alboni à Paris issu de la fortune GOUPIL, telle qu'héritée par les LEVÊQUE) ne mérite pas d'être conservé :

12 juin 2018.

Nous le ferons donc sauter et, dans la foulée, en profiterons pour faire sauter l'horrible truc peint en crème entre les solives qui le supportent...

12 juin 2018.

... et, tant qu'on y est, remplacerons les deux poutres au plafond de la salle-à-manger et ferons en sorte que les nouvelles solives respectent la règle du "tant pleins que vides". Et, encore, si mon porte-monnaie n'est pas asséché, ferons en sorte que les corbeaux, tous détériorés par l'incendie de 1884, soient remplacés, ...

12 juin 2018.

... y compris au plafond des pièces au rez-de-chaussée des tours, ...

12 juin 2018.

... par des granits conformes à l'original, tel qu'on a pu l'observer au manoir du Bas au Teilleul.

Pour ce qui concerne le passage, au premier étage du logis, entre mon ancienne chambre et la tour attenante, Arnaud PAQUIN et moi sommes d'accord pour ne pas en relever le linteau, bien que bas, car celui-ci, pourtant réalisé en béton à la suite de l'incendie de 1884, ...

12 juin 2018.

... nous semble de forme suffisamment harmonieuse pour être conservé en l'état, si possible.

A ce sujet, tout dépendra des découvertes que l'on fera lorsque, dans 15 jours et avec le concours d'Igor, je ferai tomber l'enduit des murs de la pièce du 1er étage de la tour Nord-Est.

Là, une fissure a retenu l'attention d'Arnaud PAQUIN :

12 juin 2018.

Elle lui semble caractéritique d'un cisaillement dû, par exemple, à un tassement relatif de la tour par rapport au corps du logis, ainsi que l'explicite son dessin suivant :

12 juin 2018.

Dans la chambre, de nouveau, Arnaud PAQUIN a observé un assemblage de pierres voisin du passage (plus précisément, entre la cheminée et le passage), ...

12 juin 2018.

... et s'est demandé si ce n'était pas là la trace d'une ancienne niche dans le mur. Je lui ai répondu que non car la même cicatrice est visible de l'autre côté du mur, ce qui donne plutôt à penser qu'il y avait là une ancienne ouverture, communiquant avec un volume qui se serait situé au-dessus de la chaufferie actuelle, au fin fond du bâtiment Nord (ou, plutôt, de ce qui l'a précédé car celui-ci, tel qu'il nous est parvenu puis que je l'ai modifié, date du début du XIXème, même s'il a été salement bidouillé du temps de mes prédécesseurs immédiats, comme en témoigne le "bleu des mers du Sud" cher à la veuve de mon vendeur).

Arnaud PAQUIN et moi sommes ensuite allés observer la qualité du travail de l'entreprise BODIN au rez-de-chaussée du logis. Il n'y a rien à signaler de particulier au passage entre la salle-à-manger et la tour Nord-Est.

En revanche, le matin-même, profitant de l'enlèvement des échafaudages qui obstruaient, depuis le début du chantier, le passage entre la cuisine et la salle-à-manger, j'avais observé que Sébastien n'avait pas tenu compte de ma commande formelle d'en relever le linteau de 30 cm mais s'était contenté de 8 :

12 juin 2018.

Je souhaitais donc recueillir l'avis de l'architecte sur l'attitude à adopter devant cette erreur, heureusement encore corrigeable facilement à ce stade du chantier.

Arnaud PAQUIN, ainsi consulté, est d'avis que je peux me contenter de la hauteur actuelle du linteau, donc laisser Sébastien poursuivre sur sa lancée, tout en négociant avec l'entreprise BODIN un "discount" sur sa prochaine facture. Je vais donc demander à Cédrick COOS de m'indiquer la solution qu'il préfère, y compris le "discount" qu'il serait disposé à me consentir à ce sujet.

Je voulais également qu'Arnaud PAQUIN me donne son avis sur le positionnement de la (ou des) porte(s) à installer dans ledit passage. Depuis les travaux des années 1950, il y avait là deux portes, l'une ouvrant dans la salle-à-manger et posée en applique sur le mur, l'autre, posée en applique dans la cuisine et ouvrant dans le passage.

Arnaud PAQUIN est d'avis que, compte tenu notamment de la présence d'une "grotte" dans le passage entre l'entrée et la salle-à-manger (je désigne ainsi le fait que la porte de séparation est posée côté entrée et ouvre vers la salle-à-manger, sans qu'il y ait de seconde porte occultant le passage en applique sur le mur Sud de ladite salle-à-manger), il n'y a pas d'inconvénient à procéder de même en face, dans le passage entre la salle-à-manger et la cuisine. La porte unique en question serait donc posée côté cuisine, contre la feuillure existant dans le granit, et ouvrirait vers le passage. Il n'y aurait plus de seconde porte comme il y en avait une depuis les années 1950.

A ce stade de mes réflexions, cette solution me semble la meilleure. Arnaud PAQUIN m'a toutefois fait observer que le parement de granit, à l'entrée du passage côté cuisine, date sans doute du début du XIXème siècle, c'est-à-dire de la construction du bâtiment Nord. Cette dernière remarque, si j'en tire je ne sais encore quelle conséquence, me paraît seule à même de pouvoir justifier à mes yeux un changement du parti proposé par Arnaud PAQUIN sur cette question.

Nous nous sommes enfin rendus dans l'"aile de la belle-mère". Arnaud PAQUIN a observé que le pied du mur Ouest du salon est désormais totalement perméable à l'eau de la moindre intempérie.

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Il est néanmoins d'avis qu'il n'y a pas lieu de relever le sol, à l'intérieur de la pièce, de plus de la hauteur d'une marche. Il trouve que l'idée d'installer là le bureau-bibliothèque-de-mes-rêves est excellente, est d'accord avec moi pour prévoir une séparation entre ce bureau-bibliothèque et la cage d'escalier, est d'accord pour réfléchir à la forme de l'"escalier-en-facteur-commun" nécessaire, est d'avis qu'il y a lieu de supprimer la cheminée dans mon futur bureau-bibliothèque-de-mes-rêves mais considère que la pièce sera suffisamment vaste pour qu'il soit inutile d'en déplacer le mur Nord, enfin en infère comme moi qu'il y aura lieu de translater vers le Nord la fenêtre Ouest de cette pièce.

Tout cela me convient.

A l'extérieur du bâtiment, Arnaud PAQUIN a observé les lieux en détail et en a conclu qu'il serait souhaitable d'aménager une rigole en béton le long du mur Ouest de l'"aile de la belle-mère", rigole qui serait à réaliser sur le modèle suivant :

12 juin 2018.

Il est entendu que je ferai d'abord rechercher jusqu'où descendent les fondations de ce mur, y compris du côté de la tour Louis XIII. Je chargerai Igor de ce travail, à moins que Christian ne sache conduire la mini-pelle, ce que j'ignore à ce stade.

En repartant, Arnaud PAQUIN a observé les moulures du mur Sud de la cour...

12 juin 2018.

12 juin 2018.

... et en a déduit que ce mur datait de la première moitié du XVIIIème siècle, c'est-à-dire de l'époque où les LEDIN, à l'aise financièrement, avaient procédé à d'importants travaux d'amélioration sur leur résidence secondaire.

Je tâcherai d'en faire autant, bien que, dorénavant, la faible profondeur de mes poches me cause souvent des cauchemars.

En résumé, excellente réunion de travail avec Arnaud PAQUIN.

La balle est dans mon camp pour rechercher les fondations du mur "Ouest" de l'"aile de la belle-mère".

Elle est surtout dans le sien pour, dans les meilleurs délais :
- me fournir le mode d'emploi des isolations thermiques à incorporer au sol du rez-de-chaussée et du 1er étage du logis ;
- rédiger sa note d'expert à l'assureur suite aux dégâts des eaux ;
- définir l'"escalier-en-facteur-commun" de l'"aile-de-la-belle-mère".

P.S. : Relisant mes notes prises en vue de cette réunion ou au cours de celle-ci, ...

12 juin 2018.

... je m'aperçois que j'ai omis de parler ici de quelques autres sujets abordés hier. Ainsi :

- les peintures des menuiseries extérieures vont changer de qualité ; en effet, je ne suis pas satisfait de la peinture micro-poreuse que j'utilisais jusqu'ici, l'expérience ayant montré qu'elle mutait rapidement sous l'effet des ultra-violets pour donner un truc mauve salement blanchissant qui ne me plaît guère. A ce sujet, Arnaud PAQUIN recommande des pigments naturels et doit m'en communiquer les références, sachant que nous nous sommes mis d'accord sur un orange foncé dénommé "Vauban" dans la collection en question. Donc finis les délavements tristounes, ça va péter, ça va chanter, je ne vous dis que ça !

- à propos des vitrages des nouvelles menuiseries extérieures, des considérations tenant aux dimensions des petits bois conduisent Arnaud PAQUIN à recommander de changer la feuille de route de Sébastien LEBOISNE en substituant aux doubles vitrages prévus sur le projet de Benoît MAFFRE des verres feuilletés de qualité dite "Ruysdaël". Nous y perdrons en efficacité thermique (le coefficient "UG" doublant de 1,4 à 3), ce que j'aurai à signaler au plombier pour le dimensionnement du chauffage, mais nous y gagnerons beaucoup en solidité (il faut que je pense aux ballons de mes petits-fils...) et en esthétique. Donc j'ai donné mon accord de principe ;

- pour répondre à une remarque récente de Pascal BRESSON, Arnaud PAQUIN m'a confirmé que les petits bois des fenêtres de Sébastien LEBOISNE sont bien prévus avec des moulures contre-profilées ;

- enfin, j'ai fait part à Arnaud PAQUIN des difficultés que nous pourrions avoir à trouver un dallage de granit de la qualité "ad hoc" pour le sol de la salle-à-manger, tout en faisant valoir qu'il n'y avait pas de raison d'opter déjà pour un autre choix de revêtement. Les recherches se poursuivent donc, à la diligence de Frédéric LEBON de l'entreprise BODIN.

Accessoirement, je retiens qu'Arnaud PAQUIN m'a également parlé d'une retraite salutaire qu'il a effectuée dans un monastère du côté de Vichy comme des orientations du pape actuel, ce qui m'a beaucoup intéressé bien que cela sorte clairement du champ officiel de nos travaux.

P.S. 2 : Arnaud PAQUIN m'avait déjà prouvé ses qualités d'alpiniste il y a trois semaines, en escaladant la charpente du colombier. Après l'avoir ainsi observée de près, il m'avait confirmé que, comme me l'avait déjà affirmé Benoît MAFFRE et en dépit de ma résistance devant cette thèse, la charpente dudit colombier datait, y compris pour sa partie la plus massive, de l'époque où ce bâtiment avait reçu une couverture mansardée, donc du milieu du XVIIIème siècle. Autrement dit, toute trace d'une éventuelle charpente antérieure, de forme analogue à celle de la tour Louis XIII, a bel et bien disparu.

Je me range à cet avis, l'affaire est entendue et le dossier désormais clos pour moi.
Le dialogue se poursuit informellement avec Arnaud PAQUIN :

1 - Je lui ai demandé son avis sur le lot de 200 m2 de pavés que je suis susceptible d'acquérir :

15 juin 2018.

15 juin 2018.

2 - Il m'a fourni les références de la peinture que nous utiliserons désormais pour les menuiseries extérieures de notre manoir favori : "La Malouinière saint Malo Rouge Vauban ref : DF OIS".

"Rouge Vauban".

3 - Il m'a également rappelé qu'il faut brosser les lattes de parquet récupérées à l'acide oxalique afin de les éclaircir, ce qui permettra d'éviter les chutes auxquelles nous aurait exposés une pose à l'envers. Je parle ici des lattes que Christian posera entre les chevrons, dans les combles du colombier.

4 - Enfin, j'ai précisé que j'avais besoin du "mode d'emploi pour les isolations thermiques" également pour la future cuisine.