Plomberie-chauffage

Beaucoup de nouvelles depuis une semaine.

1 - L'effet est saississant dès qu'on descend vers la Chaslerie : la nouvelle peinture rouge sang de boeuf est - du moins d'après moi - du meilleur effet. Elle tend à donner à la cour un aspect plus intime, je ressens physiquement à quel point cette couleur est celle qu'appelaient et attendaient ces bâtiments. Il ne fait pas de doute, toujours selon moi, que le blanc précédent, s'il était digne de la revue "Maisons et Jardins" des années 50, était tout simplement une aberration.

Plutôt qu'un rouge quasi vermillon comme lors du premier essai sur la lucarne du logis, j'ai choisi cette fois-ci un ton sombre (rouge Baïgorry, teinte 7822 en peinture micro-poreuse de Levis, Duol Satin), et je pense que j'ai eu raison. Attendons cependant les réactions de ma famille, du public...

2 - Afin de m'aider à opérer de bons choix en matière de chauffage à la Chaslerie, j'ai chargé M. Thierry BURIN des ROZIERS, d'I3E France, de me faire rapport sur ses diagnostics et préconisations. J'ai rencontré ce spécialiste grâce à "La Demeure Historique", fin août lors de la réunion régionale annuelle. Nous avons d'ores et déjà pris contact de concert avec le Conseil régional de Basse Normandie et il semble que notre dossier pourrait jouer un rôle pilote dans le contexte des réflexions des pouvoirs publics quant au chauffage et à l'isolation thermique des monuments historiques.

3 - Après-demain, devant Me GOUBEAUX, notaire à Domfront, je signerai la cession par Carole et moi de la nue-propriété de la cave de la Chaslerie à une S.C.I. détenue en quasi-totalité par notre fils aîné, Thibaud. Il s'agit de la "S.C.I. 4 de la cave de la Chaslerie". Je cite ici ce fait car il ne devrait pas être sans effet sur le rythme des travaux à la Chaslerie.

L'idée est pour Carole et moi de commencer à préparer notre succession tout en renforçant l'attrait immédiat de la Chaslerie pour nos fils (un schéma parallèle est encore à l'étude à propos de la ferme de la Chaslerie et de notre cadet, Walter).

Ainsi, Thibaud pourra dès les prochains jours prendre en charge la poursuite de la restauration de la cave où tout reste d'ailleurs à faire à l'intérieur et aux abords. Compte tenu de ma disponibilité, c'est moi qui continuerai à gérer le chantier, en parallèle à celui du manoir, et en ayant recours à des artisans éprouvés.

Sur ces bases, on peut estimer que le chantier de la cave durera encore une dizaine d'années (dans l'hypothèse où son travail n'entraînera pas Thibaud à l'étranger), en suivant les plans établis il y a une dizaine d'années par M. Nicolas GAUTIER, A.B.F. Ces plans n'avaient bien entendu pas manqué de donner lieu à un permis de construire.

L'acte de propriété présentera deux caractéristiques destinées à préserver malgré tout l'unité de la Chaslerie :
- d'une part l'allée qui relie le manoir à la D22 sera désormais placée en indivision entre les propriétaires du manoir, de la cave et de la ferme ;
- d'autre part, j'ai prévu que les propriétaires du manoir et de la ferme auront un droit de préemption sur la cave au cas où elle serait revendue.

Coup sur coup, deux nouvelles négatives ce matin :

- Pour les ornements de la charretterie, Pascal POIRIER vient de me communiquer son devis. Celui-ci fait apparaître un doublement du coût horaire de son intervention depuis le devis de la statue de Sainte Anne, datant d'il y a moins de deux ans. Il m'explique que celle-ci était sa première commande en granit, de sorte qu'il avait sous-estimé la difficulté de ce matériau. Je renonce donc à ces ornements qui, pour être bienvenus, n'avaient au demeurant rien d'indispensable. Pour ce qui concerne la Sainte Anne, Pascal POIRIER m'assure qu'au prix convenu sur son premier devis, le résultat sera digne d'"un des meilleurs ouvriers de France". Je n'en attends pas moins.

- Pour l'étude sur le mode de chauffage à retenir, Thierry BURIN des ROZIERS m'expose que son planning est désormais trop chargé et l'oblige à envisager de passer le relais à un confrère ; il veillerait cependant à la qualité de la transition ainsi que du rapport final, ce dont je lui sais gré. Ceci pourrait m'amener à reconsidérer le calendrier des prochaines tranches de travaux, du moins celles qui sont conditionnées par le choix du mode de chauffage.

C'est vrai, l'image des ongles rouges n'est pas forcément la plus convaincante dans le cas d'espèce, ne serait-ce que par la surface en cause.

J'ouvre la boîte à idées pour une meilleure description !

Puisque j'ai repris la plume, j'indique que Thierry BURIN des ROZIERS poursuivra finalement sa mission de conseil en matière de mode de chauffage, ce qui est très bien. J'ai seulement accepté qu'il puisse ne m'en rendre les conclusions que dans neuf mois. Lors de nos échanges de courriels, nous sommes convenus que nous avons l'un et l'autre du caractère et nous aimons cela !

Cela implique que la livraison d'une première pièce habitable attendra quelques mois supplémentaires. Mais, au bout de 18 ans d'attente, je fais l'hypothèse que ma famille n'en est plus à quelques mois près !

Pour le reste, Pascal poursuit la maçonnerie de la charretterie. Il m'a suggéré de terminer le mur pignon proche de la chapelle par des bardeaux de châtaignier, à l'instar de ce qui existe déjà sur un pignon de l'appentis de la cave ou encore sur un pignon du bâtiment Nord. Après y avoir réfléchi, j'ai choisi de lui demander de poursuivre en pierres, considérant que les bardeaux protégeaient des colombages qui seraient incongrus à la hauteur en question.

Quant aux peintres, ils vont entamer leur cinquième semaine de travail ici. Ils ont commencé à passer une première couche de peinture sur les fenêtres du logis (ou bâtiment principal) et des deux tours attenantes. Les précédentes peintures, blanches, devaient dater d'une cinquantaine d'années. Autant dire que, côtés Sud et Ouest, le bois a souffert. Heureusement, grâce à de la résine, les peintres sauront cacher ces misères, au moins pour un moment. Je serai intéressé d'observer comment lesdits renforts en résine résistent au temps et aux intempéries.

Bien entendu, les intempéries présentes, neige la semaine dernière, pluie cette semaine, freinent le chantier. Ainsi, des grilles qui auraient dû être posée avant Noël sur le bâtiment Nord ne le seront qu'après le 1er janvier, sur décision du forgeron. Les travaux de maçonnerie n'ont pu progresser tant qu'il gelait. Enfin, les abords de la charretterie sont désormais transformés en bourbier.

C'est donc un bon moment pour réfléchir à l'enchaînement des prochaines tranches de travaux.

J'ai dû expliquer hier à Thibaud les rudiments de la fiscalité des monuments historiques. C'est un sujet bien compliqué. L'idée principale est que les dépenses d'entretien et de réparation sur de tels bâtiments sont déductibles du revenu imposable de celui qui les finance. Nous avons donc calculé l'impact qu'auraient pour Thibaud différents programmes de travaux en 2010 sur la cave de la Chaslerie (qui lui appartient désormais, par l'intermédiire d'une S.C.I. "ad hoc"). Il lui reste à me communiquer sa décision. Parmi les travaux prioritaires sur la cave, il faudrait drainer les abords ; malgré des travaux effectués il y a une quinzaine d'années, l'eau entre toujours dans le bâtiment et gâte les murs ; il est donc grand temps d'y remédier. Il faudrait également terminer le colombage de la dépendance de la ferme ("la maison de Toutou"), équiper cette dépendance d'une porte et de fenêtres, puis compléter l'édifice par du pisé et par un revêtement de sol; il serait sans doute utile d'y amener l'eau et l'électricité. Sur l'appentis de la cave, destiné à abriter la future chaudière du bâtiment, il faudrait de même insérer des fenêtres ainsi qu'une évacuation des fumées et poser du pisé et un revêtement de sol; là aussi, il serait opportun d'amener l'eau et l'électricité. A l'intérieur de la cave, les priorités sont de réaliser un plancher au premier étage et un escalier intérieur ; après cela, on pourra commencer à cloisonner le rez-de-chaussée et l'étage de manière à pouvoir ensuite enduire les murs de chaux. Si on mène à bien ce programme en 2010, on aura une bonne base de travail pour commencer les travaux d'habitabilité en 2011. Quant à la chaudière de la cave, mon idée serait de déménager la chaudière récente qui fournit actuellement l'eau chaude et le chauffage dans le seul cabinet de toilettes en état de marche à la Chaslerie (il se trouve dans le bâtiment Nord) ; c'est dire qu'il faudra coordonner avec soin les travaux de plomberie et de chauffage entre le manoir et la cave, de manière à conserver à tout moment au moins un cabinet de toilettes en état de fonctionnement sur l'ensemble de la Chaslerie.

Bref, la question du chauffage devient progressivement critique. Même si, seul de mon espèce toutefois, j'arrive encore, en m'emmitouflant dans deux couettes (et en restant habillé...), à dormir très benoîtement dans une chambre non chauffée.

@ Sébastien WEIL :

Laurent NEVOUX et moi avons échangé des courriels.

Je dois cependant reconnaître que je me hâte lentement.

D'abord, parce que, comme relaté dans la rubrique "Journal du chantier", j'ai déjà mandaté un autre expert qui devrait me rendre ses conclusions mi-2010.

Ensuite, parce que mon programme de travaux pour 2010 (et même 2011) est déjà bien chargé, les aléas boursiers ne m'incitant d'ailleurs pas à pousser encore les feux.

Encore une fois cette année, neige et gel aujourd'hui.

Nous avons donc opté pour des travaux intérieurs et préparé des palettes de tuiles pour Roland BOUSSIN à partir de mes stocks entreposés dans l'écurie. En effet, d'après ce que m'a expliqué Roland, il y aurait, du côté de Limoges, un petit groupe de potiers - au moins cinq - qui, forts de leur savoir-faire en matière de porcelaine, produisent des "tuiles périgourdines" du même modèle agréé pour les monuments historiques mais chacun d'une teinte différente. Avant de les poser sur une toiture, il convient donc de les panacher. D'où cette intervention d'aujourd'hui.

Une fois ce travail terminé, une porte de récupération a été installée pour occulter le local de la petite chaufferie actuelle du manoir, donnant sur l'arrière-cour. Enfin, le matériel du chantier et les tracteurs ont été entretenus.

Pendant ce temps, Bernard a continué d'élaguer la haie bordant la propriété le long de la route départementale.

La vie du chantier ne s'est cependant pas arrêtée là.

Sébastien LEBOISNE est venu de Saint Symphorien-des-Monts, commune manchote dont il est le maire, placer deux fenêtres de sa fabrication, l'une à la nouvelle lucarne du bâtiment Nord réalisée l'été dernier par Roland BOUSSIN, l'autre sur le trou de la grande salle du rez-de-chaussée du même bâtiment Nord, trou que je prenais à tort, comme raconté ici précédemment, pour une meurtrière. Puis Sébastien a posé des moulures, du meilleur effet, dans le dressing du 1er étage du bâtiment Nord, et procédé à diverses menues réparation de menuiserie au manoir.

Quant à Laurent NEVOUX, spécialiste du chauffage au bois recommandé par Sébastien WEIL, il a, dans l'après-midi, pris connaissance des besoins et possibilités de la Chaslerie en ce domaine. Il est en effet possible que l'expert mandaté l'été dernier pour préconiser le meilleur mode de chauffage (bois, géothermie ou autre) fasse faux bond, ce que je regretterais. Il semble à ce jour que cet expert ait perdu notre chantier de vue. Affaire à suivre.

Beaucoup d'activités sur le chantier de la Chaslerie au cours de ces derniers jours.

Avant-hier, la société en charge de la surveillance du manoir est venue, selon sa routine, contrôler ses détecteurs d'intrusion.

Le même jour, j'ai reçu la visite de Mme CUTE, du conseil général de l'Orne. Celle-ci a pris diverses photos en vue de montrer aux conseillers généraux en quoi consiste cette propriété dont ils s'apprêtent à commencer de subventionner la suite des travaux. J'ai évoqué l'opportunité d'une amélioration de la signalisation routière à propos de la Chaslerie et suggéré que le classeur que l'office départemental du tourisme distribue aux professionnels du tourisme comporte dorénavant une page sur la Chaslerie.

Hier, les colombages de la "maison de Toutou" ont commencé à être restaurés. Cette dépendance de la cave, destinée à servir d'abri de jardin, avait beaucoup souffert de la tempête de 1999, notamment parce que le maçon aux services duquel je recourais à l'époque s'était révélé défaillant ; en particulier, il n'avait pas terminé les soubassements de ce petit bâtiment avant que Roland BOUSSIN n'en pose la charpente et la couverture. Il aura donc fallu près de 11 ans pour que ces dégâts importants soient enfin réparés. Une fois ce colombage restauré, il faudra poser une porte et deux fenêtres sur cette petite dépendance et du pisé entre ses colombages puis en réaliser les aménagements intérieurs, notamment le sol (je songe à un carrelage approprié) et l'alimentation en eau et en électricité.

Aujourd'hui, la Chaslerie a reçu la visite d'Anne CHEVILLON, architecte des bâtiments de France en poste à Alençon, qui était accompagnée de son nouveau collaborateur, M. BOCHET. Il s'agissait pour eux de contrôler le bon usage de l'enveloppe de subventions d'entretien que l'Etat avait allouée à la Chaslerie pour 2009.

Or Roland FORNARI était sur le chantier, avec deux de ses ouvriers, pour poser 5 grilles de sa fabrication sur la façade Nord du bâtiment Nord. Anne CHEVILLON a fait part de sa satisfaction devant la qualité de ces travaux.

Nous avons pu nous promener tous ensemble autour du manoir pour évoquer les prochains travaux subventionnables :
- l'entretien du mur d'escarpe ainsi que des deux biefs et du mur Nord-Ouest des douves (ce dernier étant analogue au mur Sud-Ouest restauré il y a deux ans au Sud de la chapelle) ; j'ai expliqué que je savais où trouver les pierres et que je disposais de la main-d'oeuvre pour mener à bien l'ensemble de ces travaux, enfin que j'envisageais de faire l'acquisition d'une petite pelleteuse dans la perspective de ce chantier ;
- l'entretien de l'allée inscrite à l'I.S.M.H. de 534 mètres de long qui part du manoir vers le bourg de La Haute Chapelle ; j'ai déclaré avoir constaté l'impossibilité de trouver un accord avec la famille d'agriculteurs voisine en vue d'élargir marginalement l'emprise de cette allée ; de la sorte, il n'y a plus de préalable de mon côté à l'engagement de travaux sur cette allée qui devrait redevenir l'allée principale d'accès au manoir ;
- l'entretien de la cage d'escalier du bâtiment principal du manoir dont les granits portent les marques de l'incendie d'il y a 125 ans ;
- la repose de grilles sur les ouvertures du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est et de la façade Est du bâtiment principal ; Roland FORNARI doit fournir rapidemant le devis correspondant afin de pouvoir inscrire ces travaux au programme des subventions d'entretien des monuments historiques par l'Etat en 2010 ;
- la restauration des portes et fenêtres du manoir et de ses dépendances ; nous sommes convenus que les peintures sang de boeuf, outre qu'elles sont du meilleur effet, permettront de retarder de plusieurs années des travaux de menuiserie qui paraissaient inévitables à brève échéance ; ceci dit, il conviendra néanmoins de faire réaliser rapidement la porte sur cour du bâtiment Nord ainsi que la porte et les deux fenêtres de la "maison de Toutou".

Enfin, j'ai montré à mes interlocuteurs des preuves de la présence ancienne d'un étang à l'Est du Pournouët, étang dont on pourrait envisager la remise en eau dès que les circonstances le permettraient.

Après Thibaud qui m'a rendu visite il y a quinze jours, Carole, de passage ce week-end malgré le froid, a pu examiner les travaux réalisés depuis le début de l'hiver.

Entrée sur mes pas dans le bâtiment Nord, elle a tardé à se rendre compte que des grilles venaient d'y être posées aux fenêtres. Cela prouve que, contrairement à ses craintes initiales, je ne suis pas en train de transformer la Chaslerie en prison. Ceci m'encourage à poursuivre ma politique de pose de grilles sur les ouvertures. Prochaine étape donc, la façade Est. Carole ne parcourt jamais ce site internet et je ne lui ai rien dit de ces travaux, donc elle aura la surprise de la réalisation de ces protections avant l'été, j'espère.

De même, bien qu'elle ait observé avec intérêt l'avancement des maçonneries de la charretterie et du fournil de la ferme, elle n'a pas détecté, avant que je ne le lui explique, que j'avais fait disparaître le chêne sous lequel elle garait habituellement sa Twingo, ni l'érable qui, pourtant, dissimulait le fournil il y a encore quelques jours.

Bien sûr, elle trouve qu'avant de m'attaquer au fournil de la ferme, j'aurais dû enfin privilégier l'habitabilité de deux chambres dans le bâtiment Nord. Je n'ai, bien entendu, sur ce point, d'autre argument à lui opposer que ce que j'appelle "la logique du chantier"...

Enfin, elle a beaucoup apprécié que j'aie fait repeindre l'intérieur de diverses fenêtres dans des pièces dites d'habitation. Elle estime que cela devrait rendre plus agréables à vivre, à la belle saison, ces pièces pourtant non encore chauffables en l'état du chantier.

J'ai acheté aujourd'hui, sur les conseils de Maxime, une mini-pelleteuse d'occasion (modèle de 1999, 3250 heures au compteur) de marque Pel Job, de 2,5 tonnes (le poids est l'indicateur pertinent de puissance), destinée à faciliter les terrassements à la Chaslerie, qu'il s'agisse de drainages ou de tris de pierres. Nous disposons en outre d'une écurie de trois tracteurs, dont l'un, puissant, est doté d'une benne. Autrement dit, nous commençons à être bien équipés pour la prochaine phase de travaux.

Maxime profite de ses congés scolaires pour entretenir tout le matériel. Il a ainsi rapporté aujourd'hui le gyro-broyeur dont il a remplacé les couteaux, révisé les fixations et sur la caisse duquel il a soudé une tôle destinée à renforcer une partie rouillée.

Eric OLIVIER, l'électricien-plombier-chauffagiste basé à Romagny qui intervient à la Chaslerie, est venu discuter avec moi des prochaines implantations de prises électriques, interrupteurs et autres radiateurs dans sept pièces du bâtiment Nord. Les installations antérieures ont en effet été déposées pour vétusté. Une fois ces travaux réalisés, la restauration de ce bâtiment se poursuivra par les enduits intérieurs.

En contrebas du Pournouët, Thierry BOURRE a replanté des cannes de jonc pour donner une idée de l'implantation des futurs poiriers. Cela ne correspond pas tout à fait à ce que j'avais demandé mais nous allons planter ces arbres en suivant ses préconisations. L'expérience a en effet montré qu'en matière d'arbres, il est difficile d'avoir la science infuse et il est toujours temps de compléter.

Enfin, les beaux jours sont de retour !

Pour la première fois de la saison, l'herbe a été coupée aux abords immédiats du manoir. Claude MARTIN, à la retraite depuis dix-huit mois, m'avait téléphoné pour proposer de se charger de cette tâche. J'avais accepté avec plaisir, très heureux de constater une nouvelle fois l'attachement à la Chaslerie de mon ancien maçon. Bernard a dû lui apprendre à se servir de la tondeuse auto-portée "John Deere 3720". Ce matin, sous le soleil, le coup d'oeil est donc très agréable.

Pascal, également encouragé par le climat clément, a pu poursuivre son travail de maçonnerie sur le fournil de la ferme. Je lui ai fait part de mes remarques sur une meilleure façon de faire coïncider les plans horizontaux des pierres d'encadrement des fenêtres avec les alignements de pierres des murs. Il me promet d'en tenir compte pour la suite.

Thibaud, mon fils aîné, se préoccupe de définir le budget de restauration de la cave. Il agit donc avec prudence depuis que je l'ai embarqué dans cette aventure. Il souhaiterait ainsi pouvoir comparer des devis. Il passe là par un stade que j'ai connu il y a près de vingt ans, lorsque je débutais dans la restauration de vieilles pierres. Habitué qu'il est à travailler dans des marchés (abusivement) considérés comme efficients et transparents, il pense qu'il en va de même pour les marchés de travaux du bâtiment. J'ai essayé de lui expliquer que le mieux à faire pour lui serait de revenir plus souvent à la Chaslerie, d'y convoquer des artisans et de leur demander lui-même tous les devis qu'il souhaite. Quant à moi, j'ai appris depuis belle lurette que l'essentiel est de traiter avec des artisans de confiance, dans le cadre d'une relation à long terme. En fait, les devis ne me servent que lorsqu'ils me sont réclamés par l'administration des affaires culturelles, dans le cadre de son instruction d'éventuels dossiers de subventions. Il appartiendra à Thibaud d'arriver aux mêmes conclusions. Cela prendra bien sûr un peu de temps.

A propos de relation de confiance à long terme avec mes artisans, je signale que l'électricien-plombier-chauffagiste est revenu sur le chantier. Nous sommes convenus du "modus operandi" pour la suite éventuelle de ses interventions. De mon côté, il faudrait que je suive de beaucoup plus près le travail de ses employés. Or, depuis le passage de ces derniers, il y a deux semaines, l'électricité disjoncte plusieurs fois par jour. La réparation que m'a dit avoir effectuée hier cette entreprise était encore une fois complètement ratée. Ma confiance est donc en chute libre.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 12 Avril 2010
Journal du chantier - Plomberie-chauffage - Electricité - Bâtiment Nord - Par corps de métier - Par lieu
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Autant je suis toujours heureux de dire du bien des artisans compétents et sérieux et de les recommander (comme ce site l'illustre de multiples façons), autant je n'ai pas beaucoup de temps à perdre avec les branquignols.

J'ai ainsi envoyé ce matin à l'électricien-plombier-chauffagiste une mise en demeure de réparer sans délai les dégâts commis par ses employés. Il est inadmissible que, suite aux carences manifestes de cette entreprise, la Chaslerie soit privée d'électricité (à l'exception de l'alarme, heureusement installée par une entreprise qui n'a rien à voir avec eux) et son propriétaire réduit à coucher à l'hôtel.

Pour sa défense, l'entreprise prétend que je branche trop d'appareils sur le même compteur. Cet argument ne vaut rien. Au demeurant, c'est cette entreprise qui est réputée compétente en électricité et c'est à elle, dont je suis le client depuis plusieurs années, qu'il incombait de prendre les mesures appropriées en temps utile.

Or Pascal a découvert ce matin la raison des courts-circuits à répétition que cette entreprise s'est révélée incapable de détecter. Dans la plomberie que cette même entreprise a installée il y a deux ans à peine, il y a en effet une fuite, de sorte que l'eau coule à jet continu sur la chaudière. Cette dernière, désormais détériorée, fume et sent le plastique brulé, ce qui laisse craindre le pire pour son électronique notamment.

Pascal a immédiatement déconnecté la chaudière et le court-circuit a disparu. Mais, si l'électricité est ainsi revenue, je n'ai désormais plus d'eau chaude dans le cabinet de toilettes.

En bref, cette mésaventure illustre, si c'était encore nécessaire, la réalité du mode de vie de certains amoureux de vieilles pierres.

En attendant la réponse finale de l'arttisan fautif, je pourrai toujours me remémorer mes saines lectures de jeunesse et me dire, en me gelant entre mes vieilles pierres : "Macte animo ! Generose puer, sic itur ad astra !" ou, si l'on préfère, "Courage noble enfant ! C'est ainsi que l'on s'élève vers les étoiles !"

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 16 Avril 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Plomberie-chauffage - Electricité - Par corps de métier
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L'artisan fautif que j'évoque ici depuis quelques semaines n'a pas réagi à ma mise en demeure qu'il a réceptionnée il y a trois jours. Je considère donc qu'il s'est exclu de mon panorama : bon vent !

Grâce à mon coiffeur, Didier SAMSON, "meilleur ouvrier de France" basé à Flers, j'ai peut-être résolu le problème de plomberie. L'artisan qu'il m'a recommandé est venu ce matin. Il m'a fait très bonne impression. Il a tout de suite identifié la panne sur la chaudière et l'a réparée. Il devrait revenir la semaine prochaine pour préparer les devis de ses probables futures interventions, notamment sur le chauffage du bâtiment Nord.

C'est déjà Didier SAMSON qui, il y a cinq ans, m'avait présenté et recommandé Claude MARTIN, le maçon qui m'a permis d'avancer vite et bien dans la restauration de la Chaslerie. Il est heureux pour moi d'avoir, dans le pays, un tel interlocuteur, plein de ressources et prêt à les partager de bon coeur. Je lui en suis très reconnaissant.

Quant au nouvel électricien que j'espère pouvoir bientôt tester, il m'a été recommandé par Mme COUSIN, de l'auberge "Au bon accueil", à Juvigny-sous-Andaine. J'apprécie beaucoup l'hospitalité de cette auberge dont je ne me lasse pas de la tête de veau sauce gribiche ni de la mousse au chocolat, de vrais régals selon moi. Pas étonnant que, formé dans un tel cadre, le fils de M. et Mme COUSIN soit le chef cuisinier du ministre du travail ; avec de tels plats, qui me donnent une humeur si charmante, il y a en effet de quoi plonger dans une douce béatitude les bataillons de syndicalistes les plus vindicatifs.

Sous la dent des scies, le chêne de Bellême rosit avant de jaunir quelques heures plus tard. C'est ce que m'a expliqué Roland BOUSSIN hier, alors que son équipe ajustait des pièces de bois pour remonter la charpente de la charretterie.

Au milieu de la nuit dernière, à la seule lueur de la lune montante, je suis allé me promener autour de la Chaslerie. Maintenant que cette charpente est de nouveau en place, on redécouvre la masse de ce bâtiment au Sud de l'avant-cour. Je trouve qu'il occupe bien l'espace et que l'impression en est agréable lorsqu'on arrive sur le manoir, en descendant le chemin qui le relie à la D22. L'avant-cour retrouve donc, petit à petit, son équilibre profond. Dans quelques mois, la nouvelle statue de Sainte Anne, en cours de finition, et la grille vers le Pournouët, encore en projet, devraient parachever les travaux lourds sur cette avant-cour. Ne resterait plus alors qu'à traiter la lancinante question de la restauration de l'allée historique, que bloque toujours un agriculteur têtu.

Hier, Bernard a replanté les rosiers de la cave sur les nouvelles plates-bandes, le long du mur allant de la chapelle au manoir. Il lui a fallu les déterrer à la benne, le tracteur Valtra se cabrant sous l'effort qui lui était ainsi demandé.

Le plombier-chauffagiste recommandé par Didier SAMSON est revenu pour préparer ses devis. Nous sommes convenus de déplacer au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII la petite chaudière qui, à ce jour, alimente en eau chaude le seul cabinet de toilettes en fonction. La citerne à fuel n'aurait pas besoin d'être déplacée. Maintenant que nous disposons d'une mini-pelleteuse, ce sera en effet un jeu d'enfant que de creuser les tranchées nécessaires à l'alimentation de la chaudière dans la tour. En l'état du dossier, je repousse donc à des jours meilleurs le règlement de fond de la question du mode de chauffage unique de l'ensemble du manoir.

Pour le bâtiment Nord, nous sommes d'accord, le nouveau plombier et moi, pour procéder en deux temps.

Lors d'une première tranche de travaux qui pourrait commencer rapidement, il déplacerait la chaudière et installerait le chauffage dans 6 pièces dudit bâtiment : au rez-de-chaussée, l'entrée, la chambre, son cabinet de toilettes et son passage-dressing et, au premier étage, les deux chambres. Les sanitaires seraient installés dans le cabinet de toilettes du rez-de-chaussée et dans la chambre Ouest de l'étage.

La seconde phase pourrait commencer lorsque Pascal aurait effectué les travaux nécessaires pour transformer en cuisine le rez-de-chaussée de la tour Nord-Est, là où se trouve actuellement une chambre non chauffée, jouxtant la salle à manger du manoir. L'essentiel de ces travaux de maçonnerie consisterait à ouvrir le mur de la tour, sur toute son épaisseur (de l'ordre de 1,2 mètre à cet endroit), de façon à relier la future cuisine avec l'actuelle chaufferie et future arrière-cuisine. Le plombier pourrait, lors de sa deuxième tranche de travaux, faire arriver ses installations dans le nouveau salon d'hiver (ancienne cuisine), la nouvelle arrière-cuisine, la nouvelle cuisine et la nouvelle salle de bains (au premier étage de la tour Nord-Est, à la place d'un volume qui sert actuellement de débarras à la grande chambre voisine, celle du grand lit à baldaquin). Je précise ici, à toutes fins utiles, que j'écris "nouvelles" ici alors qu'il s'agit le plus souvent d'anciennes affectations, certaines antérieures à la Révolution ; mais, entre-temps, ces usages étaient tombés en désuétude.

De manière à ne pas retarder davantage le lancement des travaux sur l'escalier de l'entrée du bâtiment Nord, Pascal devrait prioritairement enduire de chaux les murs de cette pièce. Le menuisier pourrait revenir ensuite, dès que le chauffage par le sol aurait été installé.

Bien sûr, il va falloir trouver un nouvel abri pour les bûches actuellement entreposées dans la future chaufferie. Pascal propose de retaper lui-même sommairement l'appentis de la grange, près de l'ancienne carrière. Cela me paraît une bonne idée et je lui donne mon accord. Cela permettra aussi de protéger des intempéries d'autres bûches, actuellement éparses sur la propriété, suite à des coupes de bois.

Aidé de Maxime, Pascal a bien avancé cette semaine sur la restauration des maçonneries du fournil de la ferme. Avec Roland BOUSSIN, nous avons commencé à discuter de la restauration de sa charpente et de sa couverure. Avec le nouveau plombier, nous avons évoqué la mise aux normes de la fosse septique commune à ce fournil et à la ferme.

Enfin, Roland PADET, serrurier à Domfront, est passé vérifier diverses serrures extérieures du manoir et de ses dépendances.

1 - Les prévisions de la météo ont tendance à s'améliorer pour dimanche après la matinée, semble-t-il. Heureusement car Maxime n'a pu joindre son oncle de Rouellé, de sorte que nous n'aurons pas de tentes.

2 - Le nouveau plombier a réussi à remettre en fonctionnement les toilettes sous le grand escalier. Je révèle donc l'identité de ce champion : M. DELTA (P.S. : ce nom a été changé par souci de discrétion car cet individu s'est ultérieurement révélé quelque peu vindicatif bien que toujours incapable de rigueur) !

3 - FR 3 m'a téléphoné hier. Ils ont l'intention de couvrir l'événement. Je leur ai clairement recommandé d'être là le dimanche mais il n'est pas impossible qu'ils préfèrent le lundi, cela dépendra de la disponibilité de leur équipe de tournage.

Gisèle a entendu dire qu'un journal de la Mayenne évoque notre fête. Je ne sais où ils ont pêché l'info car je n'ai eu aucun contact dans ce secteur. Cela prouve que le "buzz" fonctionne et c'est tant mieux !

4 - Groupama vient de m'adresser un courriel. Ils acceptent finalement d'assurer nos festivités. Quand j'écrivais que ce site avait des vertus puissantes, je disais vrai... Merci donc à Mme BADEUIL pour son efficace travail de persuasion auprès de ses collègues, et merci à Groupama !

5 - Carole est arrivée ce matin de Paris. Telle un général en chef sur le front des troupes, elle a commencé par réunir toutes nos forces vives (Bernard, Gisèle, Pascal, Maxime et Claude) dans la pièce qui sert actuellement de cuisine et là, entre cafés et croissants dont elle s'était approvisionnée sur la route, elle a distribué les rôles. L'accent est mis sur la sécurité des personnes et des biens, le reste en découle. Quant à moi, je n'ai plus qu'à m'effacer, mission accomplie... Pour l'instant, du moins...

6 - Je signale enfin que la prochaine AG de l'association se déroulera après le 18 août prochain, ceci afin de pouvoir y bénéficier des conseils de Michel POUSSIER pour le lancement de notre concours de photographies déjà évoqué ici.

La restauration du fournil de la ferme se poursuit. Le travail est assez lent comme le montre la photo suivante, à comparer à celle du 29/7

Il est vrai que les échafaudages ne facilitent pas la tâche de Pascal et Maxime, d'autant que la maçonnerie comporte un conduit de cheminée qui doit pouvoir rester opérationnel. A cet égard, Carole vient d'avoir la bonne idée de transplanter dans ce fournil l'insert qui ne sert à rien dans mon bureau (au 1er étage de la tour Louis XIII du manoir), pour insuffisance de la longueur du tube d'évacuation des gaz brûlés ; dans le fournil, on pourra l'installer convenablement, d'autant que le four est décentré par rapport au conduit (et même par rapport au bâtiment ainsi que le confirme la photo suivante)


A l'aide des photos dont je dispose par ailleurs, je calcule qu'en 5 jours de chantier où ils n'ont pourtant pas été gênés par une chaleur excessive comme les jours précédents, Pascal et Maxime ont remonté moins de 6 m3 de maçonnerie, certes à double parement et sur une épaisseur de mur de 60 cm, ce qui correspond à un travail soigné.

Au départ, Pascal avait imaginé que la restauration des maçonneries de ce bâtiment prendrait deux mois : il s'était donc bien trompé.

Le mauvais temps a gêné Pascal et Maxime dans la poursuite de la restauration du fournil de la ferme. Ils viennent à peine d'en remonter le conduit de cheminée du pignon Ouest.[img:500]2010_08_11_13 bis[/img]Ils ont néanmoins commencé à installer les échafaudages nécessaires pour le pignon Est.

J'ai demandé à Pascal de prévoir, dans ce pignon Est, une niche de manière à ce que nous puissions y installer la statue non identifiée qui, jusqu'à l'arrivée de la Sainte Anne en juin dernier, trônait dans la niche extérieure de la chapelle du manoir. Cette statue de calcaire étant en mauvais état, c'est Morgane POIRIER, la fille aînée du sculpteur de la Sainte Anne, qui doit la restaurer (elle vient d'être admise à un difficile concours administratif de restauratrice de statues pour les musées) :

Si le mauvais temps devait continuer, il faudrait néanmoins que Pascal et Maxime aient de quoi s'occuper, puisque je les paye à l'heure. En l'état du chantier, il n'y a pas de travaux à réaliser à l'abri ; en particulier, la poursuite de la restauration intérieure du bâtiment Nord est conditionnée dans l'immédiat par l'intervention du plombier (qui doit poser le système de chauffage par le sol au rez-de-chaussée et par des radiateurs à l'étage), puis par celle d'un électricien (celui que j'ai contacté semble avoir du mal à organiser son planning - problème connu, c'était déjà le cas de son oncle...-).

J'envisage donc de demander à Pascal d'installer un parapluie au-dessus du puits de la ferme, de manière à pouvoir en restaurer confortablement la maçonnerie. Il faudrait rétablir la construction en forme de pain de sucre, typique des puits du secteur. Voici d'ailleurs deux photos d'un puits distant de moins de 500 mètres de la Chaslerie, qui montrent à quoi je pense :

Il va donc falloir retrouver la pierre conique du sommet, ce qui ne va pas être facile dans notre capharnaüm...

Le mauvais temps n'ayant pas que des inconvénients, Bernard a pu cesser d'arroser les hêtres, charmes et fruitiers qui souffraient le plus. Il s'est donc translaté dans une parcelle au Nord du manoir, le long du Beaudouët ; là, il coupe les "doches" et les "chardrons" qui envahissent les plantations d'il y a deux ans.

Ce faisant, Bernard a remarqué le passage fréquent de rongeurs le long de la rive du ruisseau qu'ils ont largement sapée. Il a donc placé son piège, des pommes servant d'appât. En 3 jours, il vient d'attraper 9 bestioles, rats, rats musqués ou ragondins.

Voici le piège en position ce matin ; comme on le voit, un ragondin y était pris :

Et voici ce ragondin aux pieds de Bernard : un gros pépère, assurément, et bien dodu (le ragondin, pas Bernard), ce qui montre à quel point on peut prospérer à la Chaslerie ! Ses longues incisives orange étaient impressionnantes...

Je viens d'appeler Roland BOUSSIN et lui ai demandé : "Diagnostic, Docteur ?"

La poutre atteinte par la mérule, photo prise juste avant le traitement du 23 août 2010 par HUMIDITEC (on voit la partie atteinte, à gauche de la poutre, dans le mur dont le parement intérieur avait été préalablement démonté).

Pour la poutre du rez-de-chaussée du colombier, il recommande de la translater légèrement en la complétant marginalement (à l'intérieur de la maçonnerie) par de la résine.

La poutre atteinte par la mérule, photo prise juste après le traitement (la partie de la poutre atteinte a été enlevée ; en outre la poutre et le mur ont été imbibés de fongicides introduits par les petits trous visibles notamment sur la poutre).

Il me fait observer que les solives de cette pièce, rectangulaires, ne sont pas très anciennes et que l'aspect de ce plafond serait plus beau si on les remplaçait pas des solives carrées. Cela nécessiterait de démolir le plancher de béton dont mes prédécesseurs avaient affublé le sol de la chambre du 1er étage du colombier.

Je donne mon accord. Cela réduira encore la trace de ces prédécesseurs à la Chaslerie.

A la réflexion, je me dis qu'on pourrait profiter de ces travaux pour donner un peu de hauteur sous plafond à ce rez-de-chaussée. Bien entendu, cela réduirait d'autant le 1er étage. Il faudrait voir si la hauteur des fenêtres du 1er par rapport au plancher le permet. Et bien sûr, cela condamnerait, dans sa forme actuelle, l'escalier intérieur de "l'aile de la belle-mère". De toutes façons, cet escalier, mis en place par mes prédécesseurs dans les années 1950, m'a toujours paru complètement raté, inutilement biscornu et fondamentalement moche. Donc j'aurais plaisir à lui faire rejoindre son homologue du bâtiment Nord, commandé par les mêmes. C'est-à-dire à la poubelle.

Bien entendu, ne nous leurrons pas, la "logique du chantier" imposerait alors de décider le devenir du système de chauffage de cette aile, ainsi que la répartition des salles d'eau. Autant dire que c'est la restauration de toute l'"aile de la belle-mère" qui serait alors lancée.

Il me faudrait donc décider rapidement si je ne préfère pas laisser ce travail à mes successeurs. Choix délicat. A suivre...

Les travaux de drainage autour de la cave, de ses dépendances, et de la charretterie sont désormais terminés.

Les drains ont été posés sur les rigoles en béton autour des constructions...

Lundi 27 septembre 2010, pose des drains autour de la

... ils ont ensuite été recouverts de "bidim"...

Lundi 27 septembre 2010, les drains sont recouverts d'un tissu protecteur, vue du Sud de la cave.

... puis de gravier :

Lundi 27 septembre 2010, pose de gravier au-dessus du tissu de protection des nouveaux drains, vue du Nord de la cave.

Après quoi, les fossés ont été rebouchés entre les bâtiments :

Mardi 28 septembre 2010, rebouchage des fossés, la charretterie vue de la cave.

Pascal a même pensé à passer un drain à l'intérieur de l'appentis de la cave qui, enfin, devrait ne plus être inondé durant l'hiver prochain. Sur ces bases, Thibaud va pouvoir très bientôt commencer à restaurer l'intérieur de sa future résidence secondaire. Du moins, il n'aura plus d'excuse technique à invoquer pour retarder sa contribution. N'est-ce pas, Thibaud ?

Depuis hier, Pascal et Bernard ont changé de secteur : ils trient désormais les pierres que, depuis plusieurs années, j'entrepose en bordure de la D22, sur près de 150 mètres de longueur.

Voici une vue de ces tas prise aujourd'hui du Nord :

Jeudi 30 septembre 2010, les tas des pierres vus du Nord, en partie dissimulés par les mauvaises herbes.

Nombre de ces pierres proviennent d'une dépendance en ruine du manoir de la Foucherie à La Haute Chapelle. On trouve également là les pierres de l'ancien pont de Lonlay-l'Abbaye, qui avaient été achetées par le père de mon vendeur (c'est en effet des années 1950 que paraît dater le hideux pont en béton - assurément plus commode pour les camions de la biscuiterie voisine - qui franchit l'Egrenne devant l'abbaye...). Et bien d'autres encore, souvent de provenances moins illustres. Dans ces tas, il y a toutefois quelques beaux granites sculptés, montants, corbeaux ou linteaux de cheminées, restes de meneaux ou de chambranles d'ouvertures, appuis de fenêtres troués pour y sertir des grilles, provenant sans doute de bâtiments de style Renaissance ou même plus anciens qui, comme j'ai quelques raisons de le penser, auraient été détruits à la Chaslerie à la fin du XVIème siècle ou durant la première moitié du XVIIIème :

Jeudi 30 septembre 2010, quelques pierres intéressantes parmi beaucoup de banales.

Voici justement Pascal et Bernard en train de trier tous ces cailloux selon qu'ils sont dignes ou non de servir à des parements et, pour les premiers, par épaisseurs :

Jeudi 30 septembre 2010, Pascal et Bernard au travail.

Ils s'aident bien sûr de la mini-pelleteuse, mais c'est quand même un travail difficile :

Jeudi 30 septembre 2010, les cailloux triés par tailles, il reste encore beaucoup de travail...

Pour les semaines qui viennent, Pascal va continuer à trier ces pierres (au moins les grès car les granites sont beaucoup plus volumineux donc pèsent souvent plus du quintal et je ne voudrais pas risquer de les écorner davantage en les maniant à la pelleteuse). Je ne serais pas étonné, tant il y en a, qu'il lui faille y consacrer le prochain mois. Cela dépendra beaucoup de la météo. Pour le moment, le sol reste sec et permet le passage des tracteurs sans creuser d'ornières. Pourvu que ça dure ! Les déchets partent en effet encaisser l'arrivée de l'"allée oblique", celle qu'emprunte quotidiennement le fermier pour visiter ses bêtes tant qu'elles sont au paturage en contrebas. Il faut dire que, longtemps, c'est à la pelleteuse que j'ai fait démonter les bâtiments en ruine dont j'entendais récupérer les pierres. L'argile qui avait servi à les maçonner avait donc été embarquée avec les cailloux. Donc, sur nombre de tas, la végétation a pris le dessus et il faut maintenant dégager ce qu'on l'on veut finalement conserver.

Pendant ce temps, Claude, désormais et pour quelques mois en tenue de chasse, est venu proposer ses services. Le voici en train de rejointoyer le puits de la ferme ; je calcule qu'à la Chaslerie, les joints que Claude a restaurés doivent représenter à ce jour une longueur de l'ordre de 50 kilomètres. Et, chaque fois, le miracle opère, la pierre, jusque là terne, se remet à chanter...

Jeudi 30 septembre 2010, les joints neufs donnent un petit air sympathique au puits de la ferme.

Si tout se passe bien, Roland BOUSSIN devrait pouvoir poser, d'ici quelques semaines, la charpente restaurée du fournil de la ferme, puis ses tuiles. Pour ce même bâtiment, je suis d'ores et déjà en contact avec un menuisier "meilleur ouvrier de France", recommandé par Patrice CAHART, et dont j'attends le devis des huisseries ; je lui ai demandé de s'inspirer de celles du fournil du manoir mais, ici, de prévoir des doubles vitrages.

Enfin, pour ce qui concerne le bâtiment Nord, j'attends toujours le devis d'un électricien. C'est un peu laborieux. Mais cela conditionne l'intervention du plombier en charge du chauffage, notamment par le sol, dans ce même bâtiment.

Examinons maintenant le projet pour lequel Lucyna GAUTIER a obtenu un permis de construire (par arrêté du 7 juillet 2006 du maire de La Haute Chapelle).

C'est l'ordre dans lequel Lucyna et moi avons mené nos réflexions qui commandera, ci-après, l'ordre de passage des différents dessins, et non plus l'ordre dans lequel on découvre le bâtiment quand on ne le connaît pas, ordre qui avait été retenu lors du message précédent.

Notre principal souci au départ était en effet d'obtenir l'habitabilité la plus plaisante à vivre. C'est ainsi qu'un rôle important a été dévolu d'entrée de jeu à la future cuisine-salle à manger, installée sur 35 m2 au Sud du bâtiment, dans l'ancien salon :

Plan du rez-de-chaussée de la ferme après travaux prévus au permis.

De même, le confort des chambres a été privilégié, avec l'idée de ne pas lésiner sur leurs dimensions (car c'est selon moi un charme important de la campagne que d'y disposer de grandes chambres) et de les doter chacune d'un cabinet de toilettes et d'un dressing ; les rythmes de la charpente ont évidemment joué un rôle dans leurs positionnements respectifs ; la chambre Sud, au plafond d'autant plus élevé qu'on y faisait disparaître le grenier, devait devenir celle "des parents" et les deux autres à l'étage, sous comble, celles "des enfants" (ou "des amis") ;

Plan de l'étage de la ferme après les travaux prévus au permis.

Les autres volumes ont été affectés comme conséquence de ces choix initiaux :
- afin d'assurer un chauffage bon marché des pièces d'habitation, nous avons maintenu au rez-de-chaussée un salon de taille raisonnable, 5 m 13 sur 6 m 48, ce qui fait quand même plus de 31 m2 de surface ;
- l'entrée principale du bâtiment a été imaginée près du chemin d'arrivée et dotée d'une pièce annexe de débotté ;
- derrière cette entrée ont été reléguées la lingerie et une pièce destinée à recevoir tous les matériels d'électro-ménager bruyants et volumineux dont nous encombre la vie moderne.

Restait donc à affecter un volume de plus de 53 m2 au rez-de-chaussée pour lequel nous avons imaginé un statut principal de salle de jeux pour les enfants (donc à l'abri des intempéries et sous la surveillance facile des parents).

La question de la desserte de l'étage par des escaliers a été difficile à résoudre ; nous n'avons pas trouvé de meilleure solution que d'imaginer deux escaliers, l'un à la place de celui que nous connaissions, l'autre, en bout de la grande salle du rez-de-chaussée ; le premier desservirait ainsi l'appartement des parents, le second, le volume des enfants, avec bien sûr une interconnexion à l'étage entre ces deux espaces.

Dans ce projet, les hauteurs sous plafond restaient néanmoins limitées puisque nous ne modifions pas les niveaux du sol ni ne relevions les poutres du plafond du rez-de-chaussée :

Coupe longitudinale de la ferme après les travaux prévus au permis.

La hauteur sous plafond demeurait ainsi à 2 m 51 dans le nouveau salon et stagnait à 2 m 22 sous poutres dans la nouvelle salle de jeux :

Au final, ce sont ces choix d'aménagements intérieurs qui impliquaient les changements à apporter aux façades.

D'abord, la façade Ouest, avec sa nouvelle entrée près du chemin et, toujours, une certaine retenue dans le percement d'ouvertures nouvelles :

Façade Ouest de la ferme après travaux selon permis.

Ensuite, la façade Est, remise en ordre sans faire disparaître sa fonction initiale de bâtiment à usage partiellement agricole :

Façade Est après travaux selon permis.

A noter que la porte Nord de la façade Est (celle à droite) correspond à la nouvelle chaufferie que nous avons voulu établir près du chemin, afin de faciliter les livraisons de carburant.

On pourra observer, à l'étage, que nous n'avons pas souhaité percer de lucarnes trop volumineuses, de manière à ne pas porter atteinte au charme (à retrouver) du bâtiment.

Sur le pignon Nord, apparaissent tois ouvertures minimalistes, destinées à donner du jour dans le cabinet de toilettes et le dressing de la chambre à l'étage et, le cas échéant, dans la chaufferie au rez-de-chaussée :

Pignon Nord de la ferme après travaux selon permis.

Enfin, sur le pignon Sud, une porte remplace la fenêtre du rez-de-chaussée et la fenêtre de l'étage disparaît :

Pignon Sud de la ferme après travaux selon permis.

C'est compte tenu de ces réflexions préalables et de ce permis qu'il convient désormais de se demander quelles améliorations on pourrait apporter à ces plans et, aussi, comment phaser les travaux. C'est à ce stade que j'attends dorénavant les suggestions de Walter...