Références culturelles

Jean-Pierre ARBON
rédigé le Dimanche 7 Juin 2013
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Mot de Cambronne

Lu sur un des murs de la Charité sur Loire, que le festival du Mot orne de citations diverses, cette subtile pensée de Jean Yanne :
« Cambronne ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui ».

Cambronne.

(Son fameux mot, Cambronne, par la suite, nia l'avoir prononcé. Mais, entre temps, il avait épousé une Anglaise. On sait que la paix des ménages exige parfois quelques renoncements.)

N.D.L.R. : A qui le dites-vous !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 7 Juin 2013
Désultoirement vôtre ! - Transmission du patrimoine - Références culturelles
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Mon doublement camarade et néanmoins ami bien qu'ancien collègue Pierre de LAUZUN vient de commettre un ouvrage sur un thème délicat, "finance et christianisme". Peut-être, pour m'encourager à l'étudier, devrait-il m'en dédicacer un exemplaire. En tout cas, sa visite au fin fond de ma province me ferait plaisir car il a toujours été très correct avec moi et, j'espère, réciproquement.

(début de citation)

"Le tsar légitime étant mort, le trône resta vide et les troubles commencèrent."
Auteur de ce propos lapidaire, le grand historien Kostomarov situe fort justement en 1584, à la mort d'Ivan le Terrible, le début d'une des périodes les plus tragiques de l'hisoire russe : le Temps des troubles - 'smutnoe vremia'.
Cette période va couvrir trois décennies pour s'achever en 1613 avec l'avènement d'une nouvelle dynastie, celle des Romanov.

(fin de citation)

Ainsi débute "Les Romanov" d'Hélène CARRERE d'ENCAUSSE, à l'époque où, au fin fond du bocage normand, la Chaslerie était reconstruite.

Les armes des ROMANOV.

P.S. du 9 juin 2013 : Hier soir, l'ouvrage m'est vite tombé des mains. Je n'arrive pas à entrer dans cette histoire et préfère 100 fois le travail de son fiston.

(début de citation)

Au capitaine Butler

Hauteville House, 25 novembre 1861

Vous me demandez mon avis, Monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.
Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :
Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s'appelait le Palais d'été. L'art a deux principes, l'Idée, qui produit l'art européen, et la Chimère, qui produit l'art oriental. Le Palais d'été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal. Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extra-humain était là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre une et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle. Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d'été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze et de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail des générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? Pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d'été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, le Palais d'été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'oeuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.
Cette merveille a disparu.
Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d'été. L'un a pillé, l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît. Une dévastation en grand du Palais d'été s'est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait au Parthénon, on l'a fait au Palais d'été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l'Orient. Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'oeuvre d'art, il y avait des entassements d'orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits.
Nous européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie.
Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion ! Les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.
L'empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd'hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire le splendide bric-à-brac du Palais d'été. J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.
En attendant, il y a un vol et deux voleurs.
Je le constate.
Telle est, Monsieur, la quantité d'approbation que je donne à l'expédition de Chine.

Victor Hugo

(fin de citation)

N.D.L.R. : Un donneur médiatique de leçons a perdu une autre occasion de se taire. Mais, cette fois-ci, les choses ont pu rentrer dans l'ordre assez facilement.

Le latin et le grec ne sont pas simplement des "disciplines d'ouverture". Ils sont indispensables à l'autonomie intellectuelle des jeunes, à leur faculté de raisonner et créer, et non de seulement reproduire. Veut-on des citoyens-moutons? Veut-on réserver l'autonomie intellectuelle aux enfants de riches?
Je pense qu'il faut viser 10 à 20% de bénéficiaires de ces deux enseignements, et ajouter des langues anciennes plus rares en option selon les établissements: sanscrit, hébreu, norrois, sumérien. Savez-vous que depuis une quinzaine d'années on applique directement en robotique industrielle les techniques de raisonnement géométrique basées sur les axiomatiques développées par Euclide il y a 2500 ans et récemment enfouies par notre Education Nationale au nom de l'efficacité? Vous souvenez-vous que les fonctionnaires du ministère chargé de la Recherche ont déclaré en 1971 que le laser était un "jouet inutile pour chercheurs" et "une solution à la recherche d'un problème" (sic) sans application pratique envisageable? Cela devrait enseigner la modestie aux gouvernants et redonner la parole aux spécialistes universitaires, qui habituellement savent de quoi ils parlent.

N.D.L.R. : Je crois que tu rêves un peu, camarade.
Ceci dit, je ne suis pas expert. D'ailleurs, notre prof Lecarme (te souviens-tu de ce fin lettré, un peu stalinien sur les bords ?) avait écrit sur une de mes copies de thème latin : "Comme disait ce prince d'Este à L'Arioste..." ; suivait une citation en italien qui, d'après ce que j'ai pu comprendre, devait à peu près vouloir dire "comment peut-on écrire tant de conneries en si peu de lignes ?"

N.D.L.R. 2 : En surfant sur la toile, j'ai retrouvé cette photo de Louis-le-Grand où figurent Lecarme (le prof) et Louchet (3ème rang, le dernier à droite) :

1ère C2 à Louis-le-Grand en 1967-1968.

Je suis absent de cette photo ; cette année-là, j'étais en terminale que j'ai redoublée, ce qui m'a donné l'avantage de fréquenter, dès 1968-1969, plusieurs de ces jeunes gens :
- Jean-Marc OURY, au 1er rang à gauche ; après avoir obtenu 18,625 de moyenne au bac (ce qui était un grand exploit à l'époque), il a été reçu major à Normale Sup, a bifurqué vers le corps des mines, a coulé la Compagnie Générale des Eaux (devenue Vivendi) grâce à ses opérations immobilières hasardeuses ; je l'ai revu lors du pot de GERLL et on ne s'est pas parlé, n'ayant rien à nous dire ;
- Vincent WORMS, 3ème à gauche au 1er rang (mais est-ce bien lui ici ?) ; mon camarade de promo à l'X a, je crois, fait fortune dans la "Silicon Valley" ; il n'a jamais répondu à mes demandes de reprise de contact ;
- Michel BERA, 4ème à gauche au 1er rang, à côté de LECARME ; normalien de père en fils depuis plusieurs générations (son père enseignait l'anglais à l'X), lui-même prof au C.N.A.M. ; expert incontesté en bandes dessinées (et, comme tel, fondateur du "B.D.M.") ainsi qu'en chants des "Beatles", ce fin gourmet a pris, depuis notre jeunesse, quelques kilos qui ne sont pas que de muscles ; "ami Facebook", il intervient de temps à autre sur notre site favori ; pourrait passer un de ces jours à la Chaslerie ;
- Bruno RACINE, dernier à droite au 1er rang ; littéraire formé à la dure école de GERLL ; Normale Sup, E.N.A., actuellement président de la Très Grande Bibliothèque ; humour pince-sans-rire très british, individu sans doute assez imbu de lui-même (heureusement, c'est assez rare dans ce milieu, n'est-ce pas ?); je n'ai pas lu tous ses romans, loin s'en faut, mais il me semble faire partie de ces forts en thème qui rédigent, dans un style très pur, des ouvrages complètement asexués ;
- François JOUAILLEC, 1er à gauche au 2ème rang ; X, ingénieur général de l'armement en retraite ; est intervenu sur notre site favori ; m'a rendu visite à la Chaslerie ;
- Jean-Charles URVOY, 4ème à gauche au 2ème rang, "ami Facebook" ;
- Bernard LIROLA, 2ème à gauche au 3ème rang ; le play-boy de la classe, complétait notre éducation en nous comptant ses exploits y afférents par le menu ; X, il a fait carrière comme banquier d'affaires à Wall Street (quand on s'y était croisés, m'avait traité d'"emmerdeur de fonctionnaire" et je me demande encore, offusqué comme vous l'imaginez, comment l'on ose proférer de telles insanités); "ami Facebook", réseau où il nous entretient de ses derniers goûts en matière de chansons de variétés américaines ;
- Antoine PITTI-FERRANDI ; il a fait l'E.N.A. plusieurs années après moi ;
- un membre de la famille SCHLUMBERGER, 1er à gauche au dernier rang ; bien que nous ayons passé une année entière assis côte à côte, j'ai oublié son prénom, ce qui ne doit pas avoir grande importance quand on porte ce nom ; X ; je crois que nous sommes voisins à Paris ;
- Pierre Van der CRUISE de WAZIERS, 4ème à droite au dernier rang ; mon major à l'X où sa principale activité a consisté à améliorer son handicap au golf ; surnommé "le Cruse" (= Crusader) en raison de sa dextérité, au moins pendant notre séjour commun dans la Royale et lors des escales, pour apponter, crosse déployée, sur les plus accueillantes jeunes filles en fleurs ; tour de tête de 64, il fallait lui faire ses képis et casquettes sur mesures, l'intendance n'en possédait pas de si larges (je faisais du 60, ce qui était déjà haut de gamme et je crois que ma tête a encore enflé depuis lors) ; on s'est revus au mariage d'une de ses filles avec le fils aîné d'un de mes anciens adjoints et amis ; plus grand chose à nous dire, trop de timidité (mais oui, mais oui) de part et d'autre peut-être.

Désolé pour les autres grosses têtes dont j'ai oublié le nom.

En donnant à Igor et Jonathan mes instructions pour les prochains jours, je viens d'avoir une révélation...

14 juin 2013, l'installation du chantier de l'

C'est à propos de la différence de couleurs entre le bas et le haut du mur de la façade Ouest des écuries.

Jusqu'à présent, je pensais que la partie basse était plus ancienne et que la partie haute avait été construite avec un lot de pierres plus conforme à ce qui se voit ailleurs à la Chaslerie. Cette théorie ne me plaisait pas trop. En particulier, elle n'expliquait pourquoi les pierres blanches montaient, à gauche de l'horrible porte, plus haut qu'à droite. En outre, j'avais vaguement l'idée que les pierres blanches venaient de Domfront alors que les rousses sont plus locales ; dès lors, il paraissait curieux qu'un ancien approvisionnement du chantier ait fait appel là, et nulle part ailleurs, à des pierres d'une nature différente, venant de plus loin à une époque où les transports étaient plus difficiles.

J'ai demandé à Igor et Jonathan de faire tomber le parement intérieur des écuries, du côté Nord, c'est-à-dire près de la tour Louis XIII (à gauche des écuries sur la photo précédente). La raison en est que, en observant des photos prises à la saison des pluies (hum), j'ai remarqué que le mur paraissait beaucoup plus mouillé à cet endroit qu'ailleurs, comme s'il y avait des infiltrations à la jonction entre la tour Louis XIII et les écuries, et surtout du côté des écuries. On va donc faire tomber ce parement intérieur à cet endroit pour le remonter à la chaux et non à la terre, comme il l'avait été par nos lointains prédécesseurs. Ce sera nettement plus costaud, je pense, et résistant à la flotte.

Donc j'ai inspecté, comme je ne l'avais jamais fait, le parement intérieur correspondant et là, j'ai constaté qu'il avait été monté entièrement en pierres rousses et qu'on n'y voyait pas l'ombre d'une pierre blanche.

D'où ma nouvelle théorie : l'emploi des pierres blanches serait postérieur à celui des rousses ; les prédécesseurs auraient fait tomber le bas du parement extérieur, sans doute trop détérioré, pour le remplacer par des pierres blanches, plus solides. Ils auraient pu procéder de la sorte au moment du percement d'une première porte qui se serait trouvée à l'emplacement de l'actuelle.

Pourquoi cette idée de deux portes successives ? Parce que l'actuelle, particulièrement moche, tant en raison de ses proportions que de ses matériaux, comme du béton des années 1950 à son linteau, a été mal montée (ce qui signe la contribution de la "grande âme du Domfrontais", j'ai nommé l'illustrissime Tonton que l'on sait), de sorte qu'on voit de nombreuses marques de reprise ratée de maçonnerie à son pourtour.

Tout cela me paraît coller nickel chrome.

Pas con, le mec, hein ?

Je m'abreuve au robinet de la culture...

Pour la fête des pères, j'ai reçu 4 cadeaux, une boîte de nougats enrobés de chocolat, sans doute pour modérer mon régime "low-fat", et 3 bouquins.

Deux de ceux-ci ont été choisis par Mr T. et le troisième par moi mais offert par Carole.

Les deux bouquins des enfants sont "La France en miettes" de Philippe BILGER, chez Fayard et "Sous la plume, petite exploration du pouvoir politique" de Marie de GANDT, chez Robert Laffont. Le troisième est "Dictionnaire amoureux de l'Histoire de France" par Max GALLO, chez Plon.

J'ai laissé le BILGER provisoirement de côté, considérant, peut-être à tort, que je connais trop ses idées et m'enlise assez dans le style verbeux de son blog pour compléter mon information sur le sujet dont il se délecte.

J'ai donc entamé prioritairement le bouquin de Marie de GANDT. Sa lecture m'est vite apparue pénible et, deux fois déjà, je me suis endormi sur un laïus pâteux où l'auteur exalte ses bons sentiments "degôche" pour tenter de faire passer la pilule de sa collaboration avec le camp d'en face. Page 57, la phrase suivante a fini de m'achever : "Je te fais grâce, et laisse de côté, pour un débat avec des économistes hétérodoxes, l'idée que l'élément factuel pourrait, même vérace, être biaisé, les outils servant à mesurer la réalité étant déjà un formatage de l'esprit". Mon Dieu, que c'est chiant ! Chère Marie, tu me fais grâce, grand merci, je ne me le ferai pas dire deux fois !

Le GALLO, survolé en diagonale, commence la lettre R par 4 pages sur "Rashi, Salomon Ben Isaac, dit". Ben mon colon, en voici au moins un que je ne me serais pas douté de trouver en si brillante compagnie...

Hélène LEROY
rédigé le 22 Juin 2013
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles - Annonces - Dans l'Orne
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Encou...Rageons... MiMi !‏

N.D.L.R. : De tout cœur avec lui !

On peut bien entendu ne pas être d'accord avec toutes les idées philosophiques ou politiques que brasse Mimi mais il paraît incontestable que c'est un type bien et qui apporte énormément à beaucoup de monde, et bénévolement, ce qui est remarquable.

A la Chaslerie, on le soutient mordicus avec la plus grande énergie. Et, s'ils sont trop cons à Argentan pour le garder, qu'il n'hésite pas à venir planter sa guitoune chez nous, on l'y accueillera avec joie !

Michel BERA
rédigé le 25 Juin 2013
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Je me répète peut-être mais je sors du nouveau Superman (2013) : soit je suis très très vieux et bien dépassé, soit le film est nul malgré quelques moments hilarants (probablement involontaires) et quelques trouvailles sympa en ergonomie du futur...

Jean-Pierre ARBON
rédigé le 27 Juin 2013
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Notre-Père et tentation

La question de soustraire aux regards les parties du corps qui éveillent les tentations est fort ancienne, et la littérature en parle abondamment. On connait ces vers de Tartuffe : « Couvrez ce sein que je ne saurais voir / Par de pareils objets les âmes sont blessées / Et cela fait venir de coupables pensées ».

En voici un autre exemple trouvé chez Marivaux (le Paysan parvenu) : « Je fus scandalisé l'autre jour de la manière indécente dont Mlle*** était vêtue. Peut-on venir à l'église dans cet état-là? Je vous dirai qu'elle me donna une distraction, dont je demande pardon à Dieu, et qui m'empêcha de dire mes prières. »

Le Notre-Père, dans la version qui avait cours dans mon enfance, s'efforçait de régler la chose en faisant appel à la force de caractère des fidèles, qui imploraient : « Ne nous laissez pas succomber à la tentation ». La version moderne est devenue moins héroïque : « Et ne nous soumets pas à la tentation.» Cet abaissement du niveau d'exigence est bien dans l'air de l'époque. Les vertus des vieux âges nous semblent de plus en plus hors d'atteinte. Plutôt que de résister, nous prions pour ne pas être tentés. C'est plus facile, moins réaliste. On se raconte des histoires, on s'en remet négligemment à Dieu des épreuves que nous ne savons plus affronter par nous-mêmes. Le synéisaktisme est bien loin...

N.D.L.R. : Il me semble que vous avez trouvé là un style de mortification qui me conviendrait...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 28 Juin 2013
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Terminé cette nuit la lecture du dernier roman de John GRISHAM, "Le manipulateur". Tous les ans depuis 20 ans, cet auteur pond un ou deux best-sellers du même modèle : dans le Sud des Etats-Unis, une arnaque apporte la fortune à un juriste malin. Aucune valeur morale là-dedans, juste la même recette. Avec cette scie, l'auteur a dépassé les 400 M€ et il n'y a rien d'autre à en dire.

Renaud CAMUS
rédigé le 11 Juillet 2013
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Le parti de l’In-nocence a depuis ses débuts demandé avec insistance la création d'une station de radio résolument culturelle, qui, dans un climat de déculturation générale, puisse servir de sanctuaire à l'art, à la littérature, à la philosophie, à la musique, à la vue spirituelle et à la réflexion en général. La nécessité de pareille création devient de plus en plus urgente à l’heure où sur la prétendue “France Culture” le moindre débat, le matin, si sérieux soit-il, est obligatoirement entrecoupé de chansonnettes de préférence débiles et du type de sonorisation qui sévit sur toutes les autres stations ; et tandis qu’à midi l’animatrice titulaire d'une grande émission prétendument “culturelle”, elle aussi, entendant parler, semble-t-il pour la première fois, du Winterreise de Schubert, une des œuvres-phares du corpus occidental, est capable de demander sans rire, non seulement : « Comment ça se prononce ? », passe encore, mais aussi : « C’est quoi, cette musique ? ».

Le parti de l'In-nocence estime qu’on atteint là un degré de dérisoire sinistre qui fait souhaiter que France Culture, abandonnant, de préférence, son nom de plus en plus usurpé, rejoigne le troupeau des stations dites “généralistes” ou “grand public”, dont elle ne se distingue plus qu'à peine. Il en va d’elle comme du baccalauréat, en effet : elle se vante enfantinement de son audience croissante, comme lui de son “taux de réussite” — il ne tient qu’à eux d’accroître encore l’un et l’autre, en se dépouillant davantage de tout sens et de toute exigence.

N.D.L.R. : On dirait que j'ai trouvé plus râleur que moi.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 12 Juillet 2013
Désultoirement vôtre ! - Fac - Références culturelles
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Je recevrai la semaine prochaine à la Chaslerie mon condisciple chez GERLL et, dernièrement, "ami Facebook" Michel BERA, professeur au conservatoire national des arts et métiers.

Le grand-père paternel de Michel est mort au champ d'honneur en 1914, l'année où naissait son fils, père de Michel. Dans cette famille, le grand-père, le père et le fils sont passés par la rue d'Ulm. Michel a longtemps été le collaborateur de Philippe CAMUS, avec qui j'ai enseigné les "techniques des marchés de l'argent" il y a 30 ans à Sciences Po.

Le père de Michel a été élève au lycée de Flers et sa grand-mère maternelle était originaire de Tinchebray. Michel revient donc se promener sur la terre de ses ancêtres.

Nous aurons beaucoup de choses à nous raconter pour renouer les fils d'un dialogue interrompu il y a une quarantaine d'années. Dernièrement, et grâce à Michel, j'ai rencontré Jean-Pierre ARBON et Marie-France FRISON-ROCHE qui, comme lui, ne sont plus étrangers aux visiteurs de notre site favori.

Histoire de me remettre dans une ambiance qui a longtemps été la mienne (mélange de maths et de finances et, plus modestement et récemment, d'informatique et de biologie), je viens d'écouter la conférence inaugurale de Michel au C.N.A.M. qui fut présidée par Philippe. Inutile de dire que tout cela vole un peu au-dessus de mes cours de droit civil de la fac de Caen. Il va donc vraisemblablement falloir que je m'accroche parfois...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 20 Juillet 2013
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Références culturelles
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Denis GERLL en plein cours de maths à ses élèves de terminale du lycée Louis-le-Grand, à la fin des années 1960 sans doute.

Michel BERA me faisait part hier d'une confidence de Denis GERLL. Notre vieux maître considérait que notre année avait été sa meilleure et qu'il "aurait pu nous emmener n'importe où" (sur la planète mathématique, s'entend). Michel est d'avis que tous les anciens de GERLL ont développé auprès de lui et grâce à lui une indépendance d'esprit très particulière, à laquelle on peut les reconnaître. Ce n'est sans doute pas faux ; en tout cas, cela me définirait assez bien, je crois.

Michel, en ayant déjà parlé avec Jean-Marc OURY, voudrait maintenir un lien entre tous les anciens de GERLL. Nous pourrions nous réunir de temps à autre. Je lui ai dit que je serais partant (et même prêt à abriter une agape, si le cœur leur en dit).