Références culturelles

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rédigé le Samedi 22 Aout 2020
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Le château de Breteuil, situé à Choisel au cœur du Parc Naturel de la vallée de Chevreuse propose de découvrir la vie d’une famille au cœur de l’histoire de France. Ouvert au public depuis 1967, le site a depuis 400 ans, fait sans cesse l’objet d’embellissements et retrace dans ses appartements quatre siècles de l’Histoire de France. L’actuel propriétaire du château est Henri-François de Breteuil.
Depuis 1967, il a entrepris sans relâche la restauration du château qui aujourd’hui a retrouvé tout son éclat.
Propriété de la famille de Breteuil depuis 1712 la visite du château promet d’être un voyage envoûtant à travers l'Histoire et l'imaginaire des contes de Perrault ; ce dernier, travaillait à la cour de Louis XIV pour le contrôleur général des finances, Louis de Breteuil. Ce lien est aujourd’hui présent au cœur du château où sept des “Contes du temps passé” de Charles Perrault sont mis en scène avec des scènes de ses plus célèbres contes qui ont été reconstituées dont cinq en son et lumière.
On retrouve le malicieux Chat Botté, l’imprudent Petit Chaperon rouge, la douce Cendrillon, la belle Peau d’Âne, le terrible Barbe bleue, Ma Mère l'oie, La Belle au bois dormant, Les fées dans les anciennes écuries.
Outre les scènes historiques, plusieurs scènes avec des statues de cire ont été créées par le musée Grévin, et des automates réalisés par Janie et Armand Langlois sur le thème des contes de Perrault.
En effet, le château a vu défiler dans ses murs des ancêtres illustres de cette famille dont trois ministres, plusieurs ambassadeurs, un maréchal des camps, une femme de sciences, un préfet et quelques évêques. On y rencontre par exemple Marie-Antoinette, Louis XVI ou encore Marcel Proust.
Les collections du château comprennent des tableaux royaux, un mobilier du xviiie siècle. La visite permet en outre d'appréhender le quotidien des châtelains au fil des époques avec la visite des chambres, du fumoir, de la salle de bain, des cuisines du début du xxe siècle ou encore des écuries avec une collection d’attelages.
Les façades et toitures de l'ensemble du château ainsi que les douves, le colombier, le jardin à la française et le parc à l'anglaise sont classés au titre des monuments historiques et jardin remarquable par arrêté du 23 juillet 1973. Le parc s'étend en tout sur 75 hectares.
Les 4 jardins emblématiques offre un lieu de promenade idéal :
Le Jardin à la française
C’est à la fin du xixe siècle qu’il prend son aspect actuel. Henri de Breteuil, le huitième marquis de la famille et grand-père de l’actuel marquis de Breteuil, entreprend entre 1897 et 1903 une ambitieuse campagne de travaux confiée aux paysagistes Henri et Achille Duchêne Ces derniers établissent de grandes perspectives notamment grâce à l’aménagement d'un miroir d’eau du côté Nord qui domine la vallée de Chevreuse. Ils embellissent les pelouses et les allées, réalisent des jardins de broderies de buis côté Sud, une mosaïque de buis et des topiaires en boule ou en pyramide tronquée côté Nord. Des massifs de rhododendrons en fleurs au printemps, des tapis de cyclamens sauvages à l’automne et des arbres remarquables ponctuent la promenade qui conduit vers 2 étangs romantiques. Dans un creux de vallon, des châtaigniers greffés exceptionnels, vestiges d’une plantation datant du XVIIIième siècle, sont devenus des abris écologiques pour rapaces nocturnes et insectes sylvestres.
- Le jardin à l’anglaise, dit « jardin des Princes », est ainsi nommé en l’honneur de l’amitié entre la famille de Breteuil et la famille royale anglaise.
Ce patrimoine végétal s’est enrichi de créations contemporaines sur les terrasses à l’italienne construites au XVIIIième. Sur la plus ancienne, l’actuel Jardin des Princes comporte des plantes vivaces, pivoines arbustives, cerisiers du Japon de collection, et toutes sortes d’arbustes, le tout organisé autour de l’ancien bassin d’arrosage du potager verger et le long d’une pergola couverte de roses au printemps. Sur une autre terrasse, le labyrinthe aux 1000 buis, inauguré en l’an 2000, est une interprétation actuelle du bosquet chimérique disparu au XIXième siècle.
La restauration du jardin des Princes a commencé en 1991 sous la conduite de Séverine de Breteuil sur une étude du maître paysagiste René Péchère et de l’architecte en chef Jean Claude Rochette, avec le concours de l’Agence des espaces verts de la région Île-de-France et du Ministère de la Culture.
Le “Jardin des Princes”, dont le nom commémore la visite des princes de Galles dans les années 1900 est un ancien potager-verger qui se devait d’être réhabilité, et les travaux d’embellissement du parc, débutés dans les années 1990, en firent progressivement un lieu romantique, aux allures champêtres où l’on se plaît à observer la grande variété de fleurs qui y poussent presque sauvagement, vivaces plantées en “mixed borders” selon le goût anglais.
Pergola, jolis bancs, mur de rosiers, bassin d’arrosage du XVIIe siècle, agrémentent ce doux jardin où l’on passerait des heures.
Le labyrinthe, un parc aux mille buis
Réalisé en 2000, le labyrinthe situé sous la terrasse de l’orangerie fait écho à un autre labyrinthe aujourd’hui disparu. C’est Claude-Stanislas de Breteuil (1730-1783), maréchal de camp, qui est à l’initiative de la création du bosquet chimérique réalisé entre 1772 et mars 1773 et dont le plan est toujours conservé dans les archives du château. Il se situait derrière le colombier médiéval.
Le parc romantique, dans lequel les visiteurs se baladent à travers sous-bois, étangs, arbres remarquables, perspectives, avec aires de jeux et une riche biodiversité.
Une petite merveille au cœur des Yvelines avec un parc magnifique, un jardin merveilleux où se mêle le fantastique à la réalité.Le château de Breteuil est un lieu que l’on découvre une première fois et où l’on a envie de revenir si tôt parti tant on est fasciné et conquis par ce domaine paisible. C’est un lieu loin de la foule des grands domaines parisiens qu’il faut visiter en toute saison pour profiter de toutes les couleurs du parc, du vert printanier au rouge automnal . Venir à Breteuil c’est découvrir le château et ses richesses. Une visite captivante , atypique et ludique.

Le château de Breteuil présente une architecture du xviie siècle, comportant une cour carrée, entièrement enserrée de murs ou de constructions et bordée de fossés. Sur l'avant, deux pavillons d'angle et un corps de passage central ; en fond de cour, sur toute la largeur, un grand bâtiment dont le corps central a été conservé. Les bâtiments sont à structure en brique et remplissage sous enduit :

L'affaire du collier de la reine

Habillé de rouge, le Cardinal de Rohan
La Reine Marie-Antoinette
Assis le Roi Louis XVI et à ses côtés debout le Baron de Breteuil

Le 15 août 1785 à Versailles, le Cardinal de Rohan est arrêté par le Baron de Breteuil sur ordre de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Complice involontaire, car trop naif, de l’intrigante Comtesse de la Motte, le Cardinal de Rohan achète au nom de la Reine un précieux collier de diamants. La Reine, qui a personnellement refusé à plusieurs reprises d'acheter ce collier, n'est pas au courant qu'elle « demande ce service » au Cardinal. Les deux joailliers, Boehler et Bassange, croyant en un engagement de bonne foi du Cardinal, remettent l'écrin à la Comtesse de la Motte, en échange de fausses lettres comportant de fausses signatures de la Reine. Mais quelques semaines après s'être séparés de leur précieux bijou, les joailliers ne sont toujours pas réglés, et portent l'affaire devant le Baron de Breteuil, Ministre de la Maison du Roi. Louis XVI et Marie-Antoinette, furieux que l'honneur de la Reine ait ainsi été bafoué, embastillent le Cardinal et demandent un procès public. Entre temps la Comtesse de la Motte a mené grand train en démontant le collier. Mais elle est également arrêtée, contrairement à son mari qui fuit en Angleterre avec les diamants restants. A l'issue du procès, le Cardinal sera libéré, mais le peuple gardera une grande défiance envers la Reine jugeant que sa frivolité et ses goûts dépensiers avaient rendu possible cette escroquerie.

Le Baron de Breteuil, Ministre de la Maison du Roi
Né en 1730, Louis-Auguste Baron de Breteuil commence sa carrière dans la diplomatie secrète de Louis XV : le Secret du Roi. Puis dans la diplomatie officielle, il est successivement ambassadeur de France à Stockholm, Saint-Pétersbourg, Vienne et Naples. De 1783 à 1788, il est nommé par Louis XVI Ministre de Paris et Ministre de la Maison du Roi (l'équivalant du Ministre de l'intérieur).
Il veille à considérablement améliorer l'hygiène dans les hôpitaux et les prisons de Paris. En supprimant les échoppes qui encombrent les ponts de Paris, il fluidifie la circulation des carrosses entre les deux rives de la Seine. Et toujours dans le but de lutter contre les embouteillages, c'est sous son ministère qu'est décidée la conduite à droite. C'est à lui que l'on doit l'Avenue de Breteuil en face des Invalides.
Principal Ministre : Lorsque Louis XVI renvoie Necker le 11 juillet 1789, il nomme le Baron de Breteuil au poste de Principal Ministre (on ne disait pas Premier Ministre à l'époque). Mais au lendemain de la prise de la Bastille, le Roi rappelle Necker à ce poste, et le Baron de Breteuil émigre en Suisse: son gouvernement n'aura duré que 100 heures. Il rentrera en France en 1802, ruiné et seras recueilli au château de Breteuil par son petit cousin Charles de Breteuil.

Les œuvres d'art
A gauche, petit secrétaire de dame dit « Bonheur du jour » en laque, estampillé Roger van der Cruise dit Lacroix (époque Louis XVI), et coffret d'ambassadeur en cuir (ce qui deviendra la valise diplomatique).
Au-dessus de la commode, petit portrait ovale du Dauphin, futur Louis XVII, peint par Alexandre Kucharski.
Au-dessus du secrétaire dit « à guillotine », portrait ovale de Reine par Elisabeth Vigée-Lebrun. Sur la cheminée, buste en terre cuite du Baron de Breteuil par Pajou, ainsi que sa serviette de ministre en cuir :

La Bibliothèque
De gauche à droite : Charles de Breteuil, Le Duc Decazes, Le roi Louis XVIII

Dans cette bibliothèque, constituée par Geneviève de Breteil dans années 1783-1785 on retrouve le jeune Charles de Breteuil à l'âge adulte, dans son habit bleu de Préfet. Il est un des conseillers du Roi Louis XVIII en politique étrangère. Le personnage au centre est le Duc Decazes, Premier Ministre du Roi et ancêtre direct de l'épouse de l'actuel Marquis de Breteuil. Louis XVIII, frère de Louis XVI, a retrouvé le trône de ses ancêtres à la chute de Napoélon en 1814. Il régnera jusqu'à sa mort en 1824. Avec son Premier Ministre, il tente d'instaurer en France une monarchie constitutionnelle, « la Charte », selon le modèle anglais dont il a pu s'inspirer lors de son exil à Hartwell entre 1807 et 1814. Handicapé de la hanche de naissance, obèse, souffrant du diabète gras et de la goutte, il est surnommé le Roi podagre et finit sa vie dans ce fauteuil roulant. Légué par le Roi à Charles de Breteuil, ce fauteuil, exécuté en acajou massif par Jacob Desmalter, fait partie des meubles classés du château. Louis XVIII est également représenté jeune, lorsqu'il était Comte de Provence (Pastel ovale d'après Maurice Quentin de La Tour) et en tenue de sacre par Guérin (bien que la cérémonie du sacre de Louis XVIII n'ait jamais eu lieu).
Anecdote : Louis XVIII aimait tellement les huîtres qu'il pouvait en manger une centaine. Les courtisans au palais des Tuileries l'avaient ainsi surnommé Louis « dix-huîtres » :

L'Entente Cordiale dans le fumoir

En partant de la gauche, Henri de Breteuil, Le Prince de Galles, Léon Gambetta

Le 12 mars 1881, le petit-fils de Charles, Henri 8ème Marquis de Breteuil (1848-1916), reçoit son ami le Prince de Galles, fils de la Reine Victoria et futur Edouard VII, et Léon Gambetta, Président de la Chambre des Députés. Au cours de cette rencontre, seront lancées les bases de l'Entente Cordiale, amitié Franco-Britannique signée 23 ans plus tard en 1904. Les deux pays seront rejoints par la Russie en 1907 pour former « La Triple Entente » des pays alliés en 1914 contre l'Allemagne.
Henri de Breteuil, diplômé de Saint-Cyr, fut député monarchiste des Hautes Pyrénnées, circonscription tenue précédemment par son grand-père maternel Achille Fould (portrait à droite de la cheminée).
Très lié à la famille royale d'Angleterre, Henri accédera en 1912 à la demande du Roi George V d’accueillir chez lui pendant 4 mois le prince de Galles futur Edouard VIII (qui abdiquera pour devenir le Duc de Windsor).

Photographie sur la cheminée : reçu en audience privée en 2014, Henri-François de Breteuil, petit-fils d'Henri et actuel propriétaire du château, a remis à la Reine Elisabeth II trois lettres écrites par son grand-père George V à Henri de Breteuil à l'occasion des préparatifs de ce « séjour linguistique » :

Le fumoir présente la scène de la réception du 12 mars 1881, avec Henri de Breteuil, le Prince de Galles et Léon Gambetta :

La chambre de la laque

Dans cette chambre, plusieurs invités de marque ont été reçus à la fin du XIXème siècle et au début du Xxème siècle par Henri, 8ème Marquis de Breteuil (1848-1916) et son épouse : La Reine Amélie du Portugal, le Roi Alphonse XIII d'Espagne, le Prince de Galles (futur Edouard VII), le Grand-Duc Vladimir de Russie, et Marcel Proust.
Représenté ici travaillant sur son lit, Proust avait l'habitude de s'inspirer de personnages réels de la vie mondaine pour créer ses personnages de roman : il a décrit Henri de Breteuil dans « A la recherche du temps perdu » sous le pseudonyme d'Hannibal de Bréauté, en conservant les initiales HB.
Cette chambre est appelée « Chambre de laque » en raison de son exceptionnel mobilier. Très en vogue au XVIIIème siècle, les meubles en laque meublaient les salons. La commode est d'époque Louis XV, le secrétaire d'époque transition, et la petite commode au pied du lit est d'époque Louis XVI, estampillée Roger van der Cruise dit Lacroix.
Passés de mode au XIXème ils sont déplacés des salons dans les chambres qu'il faut compléter avec lits et tables de chevet : ce lit « à la polonaise » est donc d'époque Napoléon III, en verni Martin (technique imitant le laque).
Sur le secrétaire, photographies de François de Breteuil (1892-1972), compositeur de musique et entomologiste :

" A mon ami Henri-François de Breteuil , avec ma bien cordiale estime et ma chaleureuse amitié," J. Chirac 13/04/2007 :

Au pied du lit : pastel représentant Françoise de la Rochefoucauld, nièce d'Henri de Breteuil, dessiné par Lévy Dhurmer, élève de Renoir :

Le roi Louis XV enfant :

Le cabinet des trésors

La Table de Teschen, créée par le joaillier minéralogiste saxon Neuber, a été offerte en 1779 par le Prince Électeur de Saxe au Baron de Breteuil pour le remercier d'avoir mis fin, par le Traité de paix de Teschen, à la guerre de succession de Bavière. Le Prince Électeur de Bavière étant décédé sans héritier direct, plusieurs de ses neveux et cousins convoitaient sa succession. Certains étant soutenus par le Roi Frédéric II de Prusse, d'autres par l'Empereur Joseph II d'Autriche, c'est toute l'Europe centrale qui se serait embrasée sans l'intervention du Baron de Breteuil, alors Ambassadeur de France à Vienne et désigné comme médiateur de paix par Louis XVI.
Le plateau de la table comporte 5 médaillons en porcelaine de Meissen représentant les arts. On peut y lire « A Breteuil, missionnaire de la paix, 1779 » et « Les arts sont ressuscités grâce à la Paix ». 128 pierres semi-précieuses et bois pétrifiés sont numérotées de façon circulaire et répertoriées dans le livret rouge avec leur lieu d'origine (majoritairement des agates d'Europe centrale).
Cette table est une fidèle reproduction de l'originale vendue au Musée du Louvre en 2015 :

Somptueuse Pendule de Frémond, d'époque Louis XVI, en bronze ciselé et doré
Le mouvement est de Frémont, les deux cadrans à quantièmes sont signés Baffert :
La pendule a la particularité d'avoir un second cadran à l'arrière, indiquant dans le reflet du miroir, à l'endroit donc, la date et le mois.
Le vase à mouvement tournant indique le jour de la semaine en partie supérieure.
Décor de mufles de lion et guirlande de laurier.
Socle en ébène orné de rosaces feuillagées. Les deux figure allégoriques symbolisent le temps et l'étude :

Chambre de Madame du châtelet

La grande Dame de la famille est Gabrielle-Émilie de Breteuil, Marquise du Châtelet (1706-1749). Elle est l'une des premières femmes de sciences en France. A une époque où les jeunes filles de l'aristocratie apprenaient la musique, la broderie et l'histoire sainte, Gabrielle-Émilie eut la chance de ne pas être envoyée au couvent par ses parents à l'âge de 7 ans comme c'était l'usage. Elle eut les mêmes précepteurs à la maison que ses deux frères, et un libre accès à la bibliothèque familiale. Avide de savoirs, elle rencontre les grands esprits de l'époque comme Voltaire, Clairaut ou Maupertuis. Brillante mathématicienne et astrophysicienne, elle écrit les « instituions de Physique » qui serviront de référence dans l'Encyclopédie. Elle traduit et commente les travaux de Leibniz ainsi que « Les principes mathématiques » de Newton faisant ainsi connaître en France la nouvelle théorie sur la gravité.
Elle épouse le Marquis du Châtelet mais fut également la maîtresse et l'égérie de Voltaire pendant 15 ans : Elle partage avec lui ses travaux scientifiques tandis qu'il lui faisait jouer ses pièces de théâtre ou l'initiait à la philosophie : Elle écrit un « discours sur le bonheur » encore étudié dans les classes littéraires.
Beaucoup d'ouvrages de Voltaire déplaisant au Roi, il lui était utile de résider chez le Marquis et la Marquise du Châtelet, au château de Cirey, non loin de la frontière de la Lorraine qu'il pouvait rapidement franchir pour fuir la censure royale.
Le mobilier :
Lit de camp (entièrement démontable) d'époque Louis XV. Les tissus sont une réédition des toiles indiennes très en vogue au milieu d XVIIIème sicèle, et importées par la Compagnie des Indes.
Chaise percée d'époque Louis XV :

Femme de lettres et de sciences, Gabrielle-Émilie de Breteuil, marquise du Châtelet, marqua également l’histoire du château ; Figure singulière du «Siècle des Lumières», première femme savante au monde à se vouer aux sciences, elle n’est pourtant demeurée dans les livres d’Histoire que comme l’égérie de Voltaire, dont elle partageait la même admiration pour l’œuvre de Newton. Elle marque indéniablement l’âme de la demeure de Choisel :

Sur le bureau, Lettre de Voltaire au Marquis d'Argenson relatant l'accouchement, puis la mort de la Marquise du Châtelet , 4 et 11 septembre 1749 :

Salon de musique

Le mobilier de ce salon est estampillé Pierre Bernard et a été commandé pour le château par Claude Stanislas de Breteuil en 1771. Les tapisseries d'Aubusson, au petit point de Saint Cyr, représentent les Fables de La Fontaine. Au premier plan, on reconnaît « Le corbeau et le renard, le loup et l'agneau, le renard et la cigogne ou la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf ».
La harpe date de la fin du XVIII ème siècle.
Dans la bibliothèque (et au premier plan dans la vitrine) une des premières éditions de « l'encyclopédie » de Diderot et d'Alembert, dans laquelle des travaux de Madame du Châtelet sont repris.
Sur la cheminée, deux potiches chinoises de l'époque Ming (XVIIIème sicèle), et buste du Duc de Choiseul-Praslin :

Le Roi Louis XIV enfant :

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Salle à manger

Le pâtissier de Talleyrand, Carême, aimait mener sa politique diplomatique à table en épatant ses invités avec des chefs-d’œuvre culinaires.
Les noms des convives reconstituent un déjeuner offert le 3 mois 1905 en l'honneur du Roi Edouard VII d'Angleterre venu à Breteuil fêter le premier anniversaire de l'Entente Cordiale dont Henri, 8ème Marquis de Breteuil, fut l'un des promoteurs.
Aux murs, deux grandes tapisseries de la manufacture de Gobelins apportées en dot par Geneviève de Siry de Marigny lorsqu'elle épousa Claude-Stanislas de Breteuil en 1778. Elles représentent deux scènes de la vie de Daphnis et Chloé.
Orchestre de chats musiciens par Armand et Janie Langlois. (Clavecin, violoncelle, vieille à roue, violons, harpe, chanteur) :

Gondole vénitienne d'après Carême
Création : Gaston Lenôtre :

Frère de Claude Stanislas de Breteuil le Bailly de Breteuil grand collectionneur :

La chapelle

Cette chapelle a été construite en 1860 dans un style néo-gothique puisque copiant celui du XIIIème siècle.
Les fauteuils et les prie-Dieu sont du style Troubadour, en vogue au XIXème siècle et font partie des meubles classés du château.
L'antependium (broderie devant l'autel), également classé, date de la fin du XVIIème siècle ; il est en soie brodée de fils d'or et d'argent. Les lettres au centre, AM (pour Ave Maria) font référence à la Vierge Marie à qui cette chapelle est dédiée. On retrouve d'ailleurs ce chiffre sur le lustre en cristal.
Les deux vitraux entourant l'autel proviennent de la crypte de la cathédrale de Chartres et datent du XVIème siècle. Ils représentent Saint Jean-Baptiste (patron de Choisel), et Sainte Catherine :

Au dessus de la porte d’entrée, un remarquable vitrail du XVème siècle, représentant Saint Martin. Ce dernier est légionnaire dans l'armée romaine. L 'État finance la moitié de l'uniforme, et le soldat l'autre moitié : Saint Martin coupe donc son manteau en deux pour donner au pauvre la moitié qui lui appartient :

Jardin des Princes

Restauré en 1991 par Séverine de Breteuil, avec le concours de l'agence des Espaces verts de la Région Île de France et du Ministre de la Culture , ce jardin est ainsi nommé en l'honneur des Princes de Galles. Il est essentiellement constitué de plantes vivaces et d'arbres fruitiers :

Le Verger

Le verger forme à lui seul un domaine écologique à part entière. Il attire au printemps une faune bourdonnante, séduite par les parfums et les couleurs des fleurs des arbres fruitiers.
Tous ces insectes vont involontairement ou volontairement transporter le pollen contribuant à la fécondation des parties femelles des fleurs, ou pistils. On appelle pollinisation ce transport de pollen.
Après la fécondation, les pistils vont peu à peu augmenter de volume, prenant lentement l'aspect de fruits délicieux.
Une grande partie sera récoltée, mais bon nombre d'entre eux seront abandonnée sur les arbres ou tombés au sol. Il feront alors le bonheur d'une multitude d'oiseaux.
Une cohorte d'insectes ou d'araignées circulent sur les branches des arbres fruitiers.
D'autres oiseaux, insectivores cette fois, profiteront de cette aubaine. Le bec fin des rouge-gorges, des accenteurs ou des mésanges fera merveille, attrapant les proies avec l'efficacité d'une pince à épile :

Le labyrinthe de Ma Mère l'Oie

L'actuel labyrinthe aux mille buis a été réalisé en 2000. Situé sous la terrasse de l'Orangerie, il fait écho à un autre labyrinthe aujourd'hui disparu dont le plan est toujours conservé dans les archives du château. Clou du jardin à la fin du XVIIIe siècle, il se situait derrière le colombier médiéval.
A l'époque de Charles Perrault, au XVIIe siècle, le terme de « Mère l'Oie » désignait la Mère-grand, la conteuse qui envoûte son auditoire lors de veillées pour l'emmener vers des monde mystérieux et magiques. L'oralité est essentielle dans la transmission des contes. On retrouve cette appellation de « Mère l'Oie » sur une illustrations des premières éditions des Contes de Perrault. Au fil des siècles, cette expression s'est si bien imposée que l'on pense souvent que c'est le titre. Cependant, le célèbre recueil s'intitule en réalité Histoires ou contes du temps passé avec des moralités (1697) :

COLOMBIERS ET PIGEONS quelques mots d'histoire

LES COLOMBIERS
Le droit de construire des colombiers était un droit seigneurial.
L'importance des colombiers était donc réglementée. En Île de France un arpent (soit environ un demi-hectare) donnait droit à un boulin. Ainsi peut-on penser qu'au Moyen-Age le domaine de Breteuil avait une superficie d'environ 1600 hectares.

LES PIGEONS
Dans les cahiers de doléances figurent de nombreuses plaintes concernant les dommages causés par les pigeons, spécialement à l'époque des semailles et des moissons. Dans la nuit du 4 août 1789 l'exclusivité du droit de colombier est
abolie et l'obligation d'enfermer les pigeons à certaines périodes de l'année apparaît. Le 5 octobre 1791, le Code rural confirme l'autorisation pour tous de tirer les pigeons pendant ces périodes.

LES TROIS USAGES DES PIGEONS
1. L'alimentation. Ainsi en 1261 il fallait 400 pigeons par jour pour la cour du roi Saint Louis.
2. La colombine, fiente des pigeons extrêmement utile pour enrichir les terres.
3. Les messages. Depuis Noé et la plus haute antiquité les pigeons voyageurs sont les messagers de l'air.
Dans son roman, « la Tulipe Noire », Alexandre Dumas raconte les aventures d'un de ces pigeons.
Pendant le siège de Paris en 1870, les pigeons transportèrent des lettres et les Allemands tentèrent de les détruire avec des faucons.
Actuellement les pigeons transportent, des hôpitaux aux laboratoires des prélèvements sanguins. De plus il aident parfois à repérer des naufragés en mer :

L'étang
Avec la présence de l'eau en abondance, la vie se bouscule. Entre tous les animaux de l'étang s'établissent des réseaux alimentaires complexes ou chacun se nourrit aux dépens de l'autre, mais les chaînes alimentaires qui les composent commencent toujours par des végétaux, seuls capables, grâce à leur chlorophylle, d'utiliser l'énergie solaire.
Une multitude de poissons profite de ces eaux stagnantes. Les carpes, les brèmes ou les brochets se satisfont de ces eaux peu oxygénées, dans laquelle ils trouvent une nourriture abondante. A la surface de l'eau, les canards, les oies et les bernaches sont les oiseaux les plus visibles. Mais d'autres espèces se cachent dans les roseaux et les plantes du bord de l'eau. En cherchant bien, on peut observer le héron cendré, la poule d'eau ou la foulque. Avec un peu de chance, on peut voir passer le martin-pêcheur, dont le plumage est particulièrement éclatant.
Contrairement aux poissons qui prélèvent l'oxygène dans l'eau, presque tous les insectes aquatiques respirent grâce à l'air qu'ils viennent chercher en surface.
Les notonectes ou les dytiques stockent l'air sous leurs ailes, tandis que les nèpes ou les ranatres disposent d'un tube respiratoire qui affleure en surface. Une araignée aquatique s'installe même dans une bulle d'air sous la surface :

Liberté solitaire
Publié le 26 août 2020

La liberté est solitaire. Pessoa écrivait : « Tu es libre si tu peux t’éloigner des hommes et que rien ne t’oblige à les rechercher ».

Mais les désirs d’argent, de gloire, de pouvoir, ne trouvent guère « d’aliment dans la solitude et le silence ». Alors qu’on rêve d’épanouissement et de réussite, on entre à l’égard des autres dans une forme de dépendance, voire de soumission. Ce faisant, on tourne le dos, sans le savoir, à l’étroit chemin vers le large et le grand air.


N.D.L.R. : Donc, à cette aune, de nouveau et enfin libre.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 28 Aout 2020
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J'ai commencé la lecture de "Le temps gagné" de Raphaël ENTHOVEN.

Cet ouvrage m'apparaît bien décevant : encore des caprices d'enfant né dans un milieu privilégié, c'est un peu trop facile de cracher ainsi dans la soupe sans lever le petit doigt.

P.S. (le 2 septembre 2020 à 16 heures) : Je réagissais là à ma première impression. En fait, ce type est très compliqué et difficile à suivre dans ses élucubrations dites philosophiques. Assez obsédé du cul par ailleurs, ce qui lui permet censément de lever autre chose.
Secrets d'Histoire (via "Facebook")
rédigé le Samedi 5 Septembre 2020
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🔴 𝗖𝗛𝗘𝗭 𝗟𝗘 𝗠𝗔𝗥𝗤𝗨𝗜𝗦 𝗗𝗘 𝗩𝗔𝗨𝗕𝗔𝗡 | En avant première, voici quelques images de l'extraordinaire Château de Bazoches, demeure de Vauban - Officiel !

👉🏻 Depuis cette magnifique propriété de la Nièvre, Stéphane Bern vous présentera le destin de l'architecte militaire de Louis XIV le lundi 14 septembre à 21h05 sur France 3 ! 😍
⚠️ 𝗜𝗡𝗘𝗗𝗜𝗧

©️ Pierre Holley
— à Château de Bazoches


N.D.L.R. : Tout me plaît.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 6 Septembre 2020
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Lu "Yoga" d'Emmanuel CARRERE. Pas très intéressant. Une tendance marquée au politiquement correct qui m'agace, notamment quand il se croit obligé, sans doute pour poursuivre une carrière à laquelle il attache beaucoup d'importance, de cracher sur Renaud CAMUS.

Il parle bien, cependant, de Martha ARGERICH jouant la "Polonaise n°6 l'héroïque".
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 6 Septembre 2020
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Concert, dans le cadre de "Septembre musical de l'Orne", cette après-midi à l'église Saint-Julien de Domfront :

6 septembre 2020.

La jauge était assez loin d'être pleine, COVID-19 oblige, mais nous avons beaucoup applaudi les interprètes, tous excellents, à savoir Pierre GENISSON à la clarinette et le "quatuor Hermès" aux cordes :

6 septembre 2020.

J'ai beaucoup aimé le quintette en la majeur pour clarinette et cordes K. 581 de MOZART mais suis moins sensible au quintette en si mineur pour clarinette et cordes op. 115 de BRAMHS.
Jean-Pierre ARBON
rédigé le Mardi 8 Septembre 2020
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Triangle d’été
Publié le 8 septembre 2020

Il y a dans l’hémisphère nord, au zénith du ciel d’été, un grand triangle formé par trois étoiles plus brillantes que les autres : Deneb, Véga, et Altaïr. La Voie lactée passe en son milieu.

On dit qu’au Japon, autrefois, les amants attendaient avec impatience le septième soir de la septième lune, car la croyance populaire disait que c’était celui où Altaïr de l’Aigle, franchissant le « fleuve céleste », rejoignait « Véga la fileuse », sa bien-aimée, pour une nuit.

Le ciel, pour cause d’amour, n’était pas tout-à-fait immuable.

Altaïr, en bas à gauche. Vega à droite. Deneb au milieu en haut.
Jean-Pierre ARBON
rédigé le Mercredi 9 Septembre 2020
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Les amants des étoiles
Publié le 9 septembre 2020

Altaïr était un bouvier, et Véga une princesse. Elle était fille du Soleil. Elle vivait dans un palais, et avait pour principale occupation de filer, ce qu’elle faisait si bien qu’on l’avait surnommée « la Fileuse ».

Un jour Altaïr, qui était jeune et très beau, passa sous sa fenêtre avec ses bœufs. Véga et lui n’échangèrent qu’un regard, mais qui scella leur destin : ils tombèrent amoureux dans l’instant. Leur amour était d’une si resplendissante évidence que personne dans le palais, pas même le Soleil, ne s’y opposa. Les jeunes gens se fréquentèrent, un peu, beaucoup, passionnément. Bientôt, ils se mirent à vivre ensemble.

Cependant, comme ils s’occupaient de jour en jour davantage de leur bonheur et de leur plaisir, et de moins en moins de leur travail, le rouet de Véga s’immobilisa, et les bœufs d’Altaïr, livrés à eux-mêmes, s’éparpillèrent partout dans le ciel, bousculant les constellations et mettant le désordre dans les étoiles.

A la vue du firmament ainsi piétiné, les Dieux se fâchèrent. Ils sommèrent le bouvier d’y mettre bon ordre. Celui-ci n’écoutait pas, trop épris pour quitter les bras de sa belle. Alors le Roi le chassa de son palais, et l’exila avec son troupeau de l’autre côté du « fleuve céleste », ainsi que les Chinois nomment la Voie lactée.

Véga se mit à dépérir. Elle pleurait jour et nuit, elle était inconsolable. Craignant pour la vie de sa fille, le Roi adoucit la sentence : il accorda aux amoureux le droit de se retrouver une fois par an, le septième jour de la septième lune. Et pour franchir le fleuve et son bouillonnement d’astres, une déesse commanda à toutes les pies de l’Empire de se rassembler au-dessus, et de former un pont sur lequel les amoureux puissent marcher.

Cette nuit-là, il ne fait jamais beau. Au début tombe une bruine légère, qui sont les larmes de bonheur des amants qui se retrouvent. A la fin, il pleut à verse, ce sont les sanglots de la séparation. Et l’on ne voit pas les étoiles.


Voici ce qu’on raconte au Japon et en Chine, où l’on n’est jamais à court d’histoires nées de la contemplation du monde.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 9 Septembre 2020
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Dîné ce soir avec une ancienne major de Normale Sup ("cacique"), grande spécialiste de sémiotique, et son mari, diplomate fan de l'E.N.A. J'ai fait part à ma voisine de mes doutes sur l'expression "chambrette monacalo-monastique" et elle m'a facilement convaincu d'abandonner le second qualificatif ; en effet, si mon mode de vie et beaucoup de mes goûts peuvent être qualifiés de monacaux, il est clair que je n'ai jamais eu de vocation ni d'aspirations monastiques.

J'ai parlé de ma "petite normalienne" qui, à l'âge de 5 ans m'a demandé, de fil en aiguille (à propos de Rascar Capac),...

... de lui expliquer ce qu'est un sacrilège, puis une civilisation, et me suis laissé dire que les grands-pères ont un rôle important dans la formation de la jeunesse, beaucoup plus qu'ils ne l'imaginent. A méditer.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 10 Septembre 2020
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Vu ce soir, au cinéma de La Ferté-Macé, "Abou Leïla" de Amin SIDI-BOUMEDINE.

Je n'ai rien compris à l'intrigue et n'ai donc pas été étonné d'apprendre que ce film avait été choisi par le(s) programmateur(s) sur la base de sa seule bande-annonce. Je veux croire qu'il ne doit pas être nécessaire d'être très malin pour imaginer des méthodes plus pertinentes.
Message envoyé ce soir via "Facebook" à Jean-Pierre ARBON :

"Cher Jean-Pierre, je n'oublie pas votre proposition d'un concert à la Chaslerie. Je viens de participer à la création d'une association qui pourra être utile pour les questions matérielles et nous réfléchissons aux prochains événements, après une première très réussie, le 12 août dernier, avec Sébastien Daucé et l'ensemble "Correspondances". Est-ce que le cœur vous en dit toujours ? Amicalement, PPF"

P.S. (du 14 septembre 2020 à midi) : Jean-Pierre ARBON m'a donné son accord de principe. Il devrait venir reconnaître les lieux en novembre prochain.
Jean-Pierre ARBON
rédigé le Jeudi 17 Septembre 2020
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Le sermon sur la mort
Publié le 17 septembre 2020

En écoutant l’autre jour le sermon sur la mort de Bossuet, j’avais été frappé par ce passage : « Il n’y aura plus sur la terre aucuns vestiges de ce que nous sommes : la chair changera de nature ; le corps prendra un autre nom ; même celui de cadavre ne lui demeurera pas longtemps : il deviendra, dit Tertullien, un je ne sais quoi qui n’a plus de nom dans aucune langue ».

Et pourquoi cette disparition radicale ? Parce que « la nature (…) ne peut pas nous laisser longtemps ce peu de matière qu’elle nous prête, qui ne doit pas demeurer dans les mêmes mains, et qui doit être éternellement dans le commerce : elle en a besoin pour d’autres formes, elle la redemande pour d’autres ouvrages. »

Voilà parfaitement exprimée la loi du recyclage universel. Mais si l’on considère que tout nous appelle à la mort, comment concevoir que chacun a droit à la vie éternelle ? Bossuet invoque la lumière céleste qui sort des âmes. Il soutient que l’homme vaut mieux que la nature car il est fait aussi à l’image de Dieu. Il tâche de raisonner, il prétend démontrer ce que l’Eglise enseigne, mais ses arguments sonnent artificiels et je ne le trouve pas convainquant. L’intelligence, la raison, ne prouveront jamais rien en matière de métaphysique, ni l’existence de Dieu, ni celle d’une vie après la mort. A la vérité, si elles tendent à quelque chose, c’est plutôt à prouver l’inverse.

Face à cette fondamentale contradiction, je préfère ceux qui en assument le mystère, plutôt que de la nier en se contorsionnant l’esprit. Le dernier mot (si dernier mot il y a) semble appartenir là encore à Tertullien : « le fils de Dieu est mort : je le crois, parce que cela révolte ma raison ; le Christ est ressuscité : c’est certain, parce que c’est impossible. »


N.D.L.R. : Il va sans dire que tout cela me passe très largement au-dessus de la tête.