Références culturelles

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 31 Aout 2010
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Quelle trace laisserons-nous de notre passage sur la Terre ?

A ceci, Franz-Olivier GIESBERT répond de diverses façons.

Il tombe amoureux constamment, épouse chaque fois et souvent fait des enfants. Je me dis que sa trésorerie doit être obérée de nombreuses pensions alimentaires.

Deuxièmement, il écrit des romans. Le style en est enlevé, et je les lis chaque fois avec sympathie. Comme le dernier, "Un très grand amour", où il avertit d'emblée que "Ceci est un roman et il ne faut pas le lire autrement. Tous les personnages de ce livre sont purement imaginaires, sauf l'amour, le cancer et moi-même".

Dans ce "roman", donc, il confie, troisième méthode (en page 146 de l'édition parue l'an dernier chez Gallimard) : "Quand arriva l'été, je vécus une période étrange. Je n'avais plus envie de rien. Je faisais des siestes de deux heures, parfois plus, et passais le reste de mon temps dans le potager, à m'occuper de mes grosses tomates russes en rêvassant à l'organisation de mes obsèques. A la partition musicale, surtout. Je voulais être enterré sans fleurs ni couronnes ni discours, mais avec quelques-uns de mes airs préférés. J'ai retrouvé , dans de vieux papiers, une des dernières listes que j'avais établies avant la rentrée des classes. Je désirais que les morceaux fussent joués dans cet ordre :"

Suit cette liste que je complète en insérant, grâce aux vertus de la toile, les liens correspondants chez "Youtube" :

- "I came to believe" par Johnny Cash http://www.youtube.com/watch?v=BtW-KB5T83A

- Le "Kyrie" du "Requiem" de Mozart par l'orchestre philarmonique de Vienne, sous la direction de Karl Böhm http://www.youtube.com/watch?v=jqkMbk8eX6Y (après 6 minutes et 45 secondes de cet enregistrement)

- l'"Adagio" de Samuel Barber http://www.youtube.com/watch?v=1dPDO3Tfab0&feature=related (là, c'est moi qui choisis une version avec poème)

- "The Dock of the Bay" par Otis Redding http://www.youtube.com/watch?v=UCmUhYSr-e4

- L'"Ave Maria" de Caccini par Inessa Galante http://www.youtube.com/watch?v=0KSY6Ek4daA&feature=related (sans doute mon air préféré dans cette série...)

- "O Mio Babbino Caro" par Maria Callas (extrait de "Gianni Schicchi" de Puccini) http://www.youtube.com/watch?v=Rxy4qrnKwVo&feature=related

- "Unchained Melody" par les Righteous Brothers http://www.youtube.com/watch?v=t-idDbIfGvw

- "E Lucevan le Stelle" par Luciano Pavarotti (extrait de la "Tosca" de Puccini) http://www.youtube.com/watch?v=boBaYL8ZnrM

- L'air de la "Suite orchestrale n° 3 en "ré" majeur de Bach http://www.youtube.com/watch?v=qHJRaqaHiEc&feature=related (un autre air que j'aime beaucoup)

- "You Never Can Tell" par Chuck Berry http://www.youtube.com/watch?v=uuM2FTq5f1o

- L'"Agnus Dei" du "Requiem" de Fauré http://www.youtube.com/watch?v=FSi-7lxTtcU

- "Tou' Adhimou Mafsi" ("Mon âme exalte le Seigneur") par Soeur Marie Keyrouz http://www.keyrouz.com/indexfr.html (ceci est son site officiel, je n'ai pas trouvé l'air en question...)

- Le rondo (allegro) du "Concerto pour violon" opus 61 de Beethoven, par Yehudi Menuhin, avec l'orchestre philarmonique de Berlin, sous la direction de Wilhelm Furtwängler http://www.youtube.com/watch?v=1iM7sEtli44&feature=related (désolé, je n'ai pas trouvé la bonne version...)

- "Sunny Afternoon" par les Kinks http://www.youtube.com/watch?v=1h1oRP7FfBw

- "Libiamo Ne Lieti Calici" par Maria Callas et Francisco Albanese (extrait de "La Traviata" de Verdi) http://www.youtube.com/watch?v=Ks8BgruaQ34

- "Ya Rayah" par Rachid Taha http://www.youtube.com/watch?v=DuPhCmmfKiE

- "What a Wonderful World" par Louis Armstrong http://www.youtube.com/watch?v=xotoDy5806Y

- "La Bodega" par Chico and the Gypsies http://www.youtube.com/watch?v=cpT7Po06B4s

FOG conclut cette liste en commentant : "Du pathos, des clins d'oeil, du second degré. Il y en avait pour tout le monde. Pour le bouffon que j'étais, il fallait que mes funérailles fussent, en dernier ressort, inattendues à défaut d'être désopilantes".

Dans les fracas du siècle, je trouve que cette façon de tirer sa révérence ne manque pas d'élégance. Mais n'oublions pas trop vite que nous n'en sommes pas encore à la fin de l'été.

Projets relatifs aux douves (4/10) :

Deuxième étape du circuit des douves, le canal d'alimentation.

Ici non plus, je ne dispose pas de beaucoup de photos, et il a coulé beaucoup d'eau sous les ponts comme le montre celle-ci me représentant, il y a plus de 18 ans, en train d'essayer de bâtir un barrage, juste à côté du bief amont, pour éviter que l'eau ne continue à couler d'abondance dans ce canal. Derrière moi, on aperçoit la première section, rectiligne, de ce canal :

Janvier 1992, les ragondins sont plus doués pour barrer un cours d'eau.

La deuxième section longe d'abord des terrains désormais plantés de chênes, puis ce qu'on continue d'appeler "le champ de Mauduit". Voici justement Carole et les enfants, avec deux de leurs cousins, en train de se promener le long de cette seconde section, qui avait été terrassée de frais quelques mois plus tôt, durant l'été 1991 :

Décembre 1991, promenade le long du canal d'alimentation des douves.

Désormais, ce canal s'est de nouveau envasé et des aulnes glutineux y ont poussé spontanément (je veux dire sans intervention humaine). A noter que, lors des travaux de 1991, la pelleteuse avait rencontré quelques grilles en travers du canal, dont l'usage n'apparaissait pas clairement et qui avaient été éliminées.

La troisième section de ce canal d'alimentation est celle qui m'inquiète le plus. Elle a été restaurée en 1991, là où elle se situait sous l'Ancien Régime (voir plan cadastral sous Louis XV) et aboutit dans la douve Sud. Mais, très vite, l'érosion a chamboulé la jonction, comme le montre cette photo qui n'est que de 18 mois consécutive aux terrassements de remise en état :

Février 1993, débouché du canal d'alimentation dans la douve Sud.

Sous un autre angle, l'effet est encore plus impressionnant :

Février 1993, les effets de la puissance de l'eau...

Heureusement, là aussi, des aulnes glutineux ont poussé spontanément ; leurs racines permettent sans doute, telles celles de palétuviers roses, de freiner cette évolution préoccupante. Mais il est certain que, tôt ou tard, quand nous ferons de nouveau le ménage dans ce canal, nous aurons à régler, d'une manière ou d'une autre, ce problème d'érosion.

Il paraît cependant évident que, lorsque les douves seront de nouveau en eau, cette érosion sera grandement freinée car il n'y aura plus, à cet endroit, de chute d'eau comme actuellement.

En fait, sur ce canal d'alimentation, les travaux à effectuer à l'avenir devraient consister pour l'essentiel à :
- curer périodiquement le canal ; la mini-pelle sera de nouveau précieuse pour cette tâche ;
- consolider la confluence du canal avec la douve Sud ; là, je n'ai pas d'idées très claires ; peut-être faut-il imaginer un rempierrage ou, carrément, le coulage de béton au fond du canal ;
- et, sans doute, prévoir un pont ou une passerelle, en maçonnerie rustique mais de qualité (comme nous savons faire...) pour pouvoir passer directement de l'allée principale du manoir à la parcelle située à l'Est de la douve Est ; de la sorte, il serait possible de faire à pied un grand tour à l'extérieur du Pournouët, avec de très belles vues sur le manoir et sur son mur d'escarpe supposé restauré. On peut toujours rêver...

Voici, pour terminer et fixer les idées, un extrait du plan que la S.C.P. OLLIVIER-PELLE, géomètres-experts, avait levé du débouché de ce canal :

Le débouché du canal d'alimentation dans la douve Sud.

Sur ce plan, le Nord est en haut : la douve Sud est donc orientée horizontalement ici, et le canal d'alimentation y arrive verticalement, en bas à gauche de cet extrait (en faisant la différence entre les cotes rapportées, on comprend qu'il a 2 mètres de profondeur et que la chute d'eau en a 1 de dénivelé, par rapport au fond de la douve au débouché) ; la butte oblongue, en bas à droite du plan, correspond aux limons retirés des douves par le terrassier et entassés là, en attendant qu'ils perdent leur acidité, donc que le fermier les estime bons à répandre dans ses champs (ils ont désormais disparu du paysage).

P.S. du 8 novembre 2010 : Lors de ma promenade d'hier matin, j'ai fait quelques photos du canal d'arrivée.

La première est prise comme celle, ci-dessus, où l'on me voit en train d'essayer de barrer la bifurcation :

7 novembre 2010, la bifurcation vue vers le Sud.

La végétation a donc tout envahi.

La deuxième, à hauteur du milieu de la première section, montre que le canal est toujours en eau :

7 novembre 2010, le canal d'alimentation dans sa première section, photo prise vers le Sud-Est.

La troisième se situe au niveau de la deuxième section, à peu près exactement de l'endroit où j'avais photographié Carole et les enfants. Voici donc, près de vingt ans plus tard, ces aulnes glutineux qui ont poussé spontanément :

7 novembre 2010, le canal d'alimentation à la hauteur du

L'eau est toujours là, au fond du canal, comme le montre cette autre photo, prise à la même hauteur mais à partir du "champ de Mauduit" :

7 novembre 2011, le canal d'alimentation vu du

(Soit dit en passant, je trouve cette dernière photo particulièrement réussie ; on y devine le manoir dans l'arrière-plan).

Enfin, voici la chute d'eau dans la douve Sud, telle qu'elle se présente aujourd'hui, vue de l'intérieur de la douve Sud :

7 novembre 2010, le débouché du canal d'alimentation dans la douve Sud, photo prise vers le Sud.

Là encore, la végétation spontanée s'est bien développée. Il semble que l'érosion ait affecté cette troisième section du canal d'alimentation sur une vingtaine de mètres.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 5 Novembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Murs divers - Références culturelles
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Projets relatifs aux douves (6/10) :

Quatrièmement, le mur d'escarpe. Comme on le sait, ce mur borde à l'Est le terrain dénommé Pournouët. Ce Pournouët est la pièce de terre rectangulaire (130 m x 60 m) qui se trouve juste en contrebas de la terrasse du manoir.

Voici dans quel état se trouvait la douve Est au tout début de l'été 1991, c'est-à-dire abandonnée depuis longtemps, complètement envasée, des arbres et arbustes de diverses essences en ayant colonisé le mur d'escarpe ; il y avait notamment là des buis datant, à l'évidence, de l'Ancien Régime :

Juillet 1991, Walter et son grand-père, Marc CHASTEL, se promènent à l'extérieur du Pournouët.

Voici une autre photo, prise en juillet 1991, alors que les terrassiers venaient tout juste de commencer à curer les douves :

Juillet 1991, la douve Est vue du Sud-Est.

On voit sur ces photos que le mur d'escarpe avait alors disparu sous la vase et la végétation.

Voici maintenant la douve Est, vue du Sud, quelques semaines plus tard, peu après le passage des terrassiers :

Août 1991, la douve Est vue du Sud, juste après le passage des terrassiers.

Et la voici à la même époque, vue du Nord, c'est-à-dire du bief aval :

Août 1991, la douve Est vue du Nord.

Spectaculaire, non ? En fait, le fossé ainsi recreusé avait, à l'Est du Pournouët, environ 2,5 mètres de profondeur, ainsi que l'a constaté le géomètre-expert :

Janvier 1992, plan d'une section de la douve Est, vers le milieu de sa longueur.

Point notable, on comprend également, à l'examen minutieux de ce plan, que les bords du Pournouët se sont effondrés depuis longtemps dans les douves, et que cela représente un bon mètre supplémentaire de dénivelé, de sorte qu'il faudrait peut-être, dans le cadre de travaux de restauration de grande ampleur, rétablir le terrain du Pournouët à son niveau initial sur son bord.

Mais, trêve de plans sur la comète, je reprends le fil de ma présentation des réalités tangibles : voici encore une photo, prise à peu près du même endroit que la première ci-dessus (celle ou Walter se promène avec son grand-père). Un grand ménage avait donc été fait, moins de deux mois après l'achat du manoir !

Août 1991, la douve Est et le manoir vus de l'Est.

Mais la nature reprit vite ses droits. Depuis 1991, plus rien n'ayant été entrepris sur cette douve Est, elle s'est de nouveau envasée, au moins partiellement. Et des arbres se sont remis à pousser spontanément à proximité immédiate du mur.

Voici en effet une photo, prise hier, de la douve Est vue du Nord, près du bief aval :

4 novembre 2010, la douve Est vue du Nord.

Cette photo peut être rapprochée de l'avant-dernière ci-dessus. On peut constater la rapidité du réenvasement en l'espace d'une petite vingtaine d'années. Il est vrai que, tant que les douves ne sont pas en eau, l'érosion (due notamment à la chute d'eau à l'arrivée du canal d'alimentation dans la douve Sud) ne peut que produire de tels effets.

Lors de la restauration du mur d'escarpe, il sera donc nécessaire de curer, de nouveau, cette douve.

Mais ce fameux mur d'escarpe, me direz-vous, on n'a guère fait mieux à ce stade que l'entrevoir fugitivement.

En effet. En voici donc quelques aperçus plus évocateurs. Les photos ont été prises "quand on s'promène au bord de l'eau", je veux dire de l'amont vers l'aval :

- à l'angle entre la douve Sud et la douve Est :

13 octobre 2009, le Sud du mur d'escarpe.

- quelque part vers le milieu dudit mur :

13 octobre 2009, un endroit où le mur d'escarpe est facilement visible.

- un peu plus loin :

13 octobre 2009, un endroit où le mur d'escarpe est largement dissimulé sous la terre.

- enfin, tout au Nord de la douve Est :

13 octobre 2009, le Nord du mur d'escarpe.

Mais le mur d'escarpe ne se borne pas à retenir la terre du côté de la longueur du Pournouët. Il apparaît également sur sa largeur, comme on le voit à l'angle Sud-Est de la douve Nord, au moins jusqu'au pied de Bernard sur cette photo :

27 août 2010, le retour du mur d'escarpe.

En fait, lors des terrassements de 1991, nous avons veillé à ne pas toucher ce mur avec les engins de chantier. Il est donc resté là, bien au chaud sous la terre, comme on l'a vérifié en effectuant un sondage à un endroit choisi au hasard :

13 octobre 2009, sondage au pied du mur, à la recherche de sa base.

Compte tenu de ce sondage, de la profondeur du fossé après restauration et de la nécessité de rebâtir un parapet au-dessus du mur, on peut estimer que la hauteur de maçonnerie à restaurer serait de 4 mètres au-dessus de la semelle de béton à prévoir. Sachant que le mur a 130 mètres de long, soit 150 mètres au moins avec les retours, on peut estimer, sur la base d'une épaisseur de 80 cm (identique à celle du mur de terrasse), que le cubage de maçonnerie du mur d'escarpe approcherait les 500 m3, soit plus de quatre fois plus que le mur de terrasse.

Donc, si j'arrive à trouver les financements nécessaires, il sera inévitable de prévoir, pour ce seul mur d'escarpe, plusieurs tranches espacées dans le temps. Au moins trois.

S'il y en avait trois, je pense qu'il serait préférable, plutôt que de remonter un tiers de la hauteur du mur sur toute sa longueur, de commencer par remonter la totalité du tiers central du mur, les tiers Nord et Sud venant ensuite.

Tel qu'il se présente aujourd'hui, il doit rester 200 m3 de pierres sur ce mur d'escarpe. Compte tenu du stock dont je dispose par ailleurs (en cours de tri, le long de la D 22, comme l'on sait), j'aurai du mal à trouver les 500 m3 en question.

Alors que, pour le mur Ouest de la douve Sud comme pour le mur de terrasse, nous avons monté une maçonnerie à double parement, peut-être serait-il suffisant ici de se contenter, au moins sur 2 à 3 mètres de haut à partir de la semelle, d'une maçonnerie à simple parement.

Il faudra en tout état de cause assurer la stabilité dans le temps de la semelle, donc donner à celle-ci une épaisseur suffisante.

Enfin, aux deux angles Nord-Est et Sud-Est du Pournouët, on pourrait imaginer de faire ressortir comme des bases d'anciennes tourelles, de manière à y aménager des belvédères, ainsi que l'avait suggéré Marc LECHIEN, le paysagiste recommandé par Nicolas GAUTIER, qui avait, dès 1991, réfléchi au futur aménagement en jardin du Pournouët. Afin de mûrir un tel projet, il semblerait judicieux de phaser le chantier comme je viens de le proposer.

P.S. du 8 novembre 2010 : Voici une photo, prise hier, à peu près sous le même angle que celle faisant apparaître, ci-dessus, Walter et son grand-père :

7 novembre 2010, le manoir vu de l'extérieur du Pournouët.

A noter, pour la bonne compréhension de l'évolution du panorama, qu'un chêne, qui était visible à hauteur de la douve Est, a été abattu suite à la tempête de 1999.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 25 Novembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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J'ai passé une bonne partie de l'après-midi aux archives départementales de l'Orne. La moisson a été bonne. En particulier, j'ai pu photographier tous les inventaires révolutionnaires relatifs aux biens de l'"émigré Vassi".

Mais il va me falloir un peu de temps avant de mettre en ligne divers de ces documents.

Pour vous permettre de patienter, je vous propose un nouvel intermède de danse, celui-ci à inspiration météorologique car, pour la première fois de l'année, il a neigé aujourd'hui sur la Chaslerie.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 29 Novembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Muni du recueil sur les LEDIN qu'avait préparé Patrick DELAUNAY en 1997 (voir à l'onglet "Repères bibiographiques" de ce site) car il me donnait les cotes de documents à retrouver, je suis retourné dans l'après-midi aux archives départementales de l'Orne. J'ai bien sûr buté sur les parchemins anciens, pratiquement illisibles pour moi. Mais, une nouvelle fois néanmoins, la moisson a été excellente. Notamment grâce au "fonds Durand de Saint Front". Je mets donc de l'ordre dans mes nouvelles photographies, puis je reviens vers vous.

En attendant, conformément à nos habitudes désormais connues, je vous propose un troisième interlude de danse.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 1er Décembre 2010
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Ce matin, en rentrant tôt de Paris, j'ai fait étape à Alençon, aux archives départementales de L'Orne.

J'étais là dès l'ouverture, à 8 h 30 du matin. Mais il m'a fallu attendre 9 h 45 pour pouvoir consulter les premiers documents, le temps que le préposé aille chercher les classeurs sur les étagères. Ensuite, on n'a le droit de le déranger que 3 fois au maximum par demie heure. Et il part déjeuner à midi pile, pour ne pas revenir, semble-t-il, avant 13 h 45. Bref, c'est plutôt laborieux de travailler à son rythme. Un thésard du professeur MORICEAU, qui effectuait là des recherches sur l'histoire de la culture du sarrasin, m'a dit qu'il en allait de même dans tous les services d'archives. Heureux archivistes, donc, qui vivent hors du temps ! J'ai repris la route de la Chaslerie juste après midi, loin d'avoir pu remplir le programme que j'avais eu l'audace de m'assigner.

En attendant que je trie cette nouvelle récolte, vous seriez déçus, je pense, que je ne vous propose pas un nouvel intermède de danse. Je le choisis particulièrement vigoureux et volontiers latino car il fait ici un froid de loup (-10° C ?) et j'aurais bien besoin de bouger de la sorte pour me dégourdir un peu...

Hey ! Mambo !

Il se confirme donc que M. DELTA est un champion, je l'avais déjà compris quand il avait, d'une chiquenaude, remis en marche pour la Sainte Anne les w.-c. sous le grand escalier. Il m'avait alors expliqué où se trouvaient les vannes, il en avait même déplacé une pour rendre son accès plus commode. Mais je l'avais écouté d'une oreille distraite car les questions de plomberie, comme d'ailleurs d'électricité et, plus généralement, de fluides divers (TV, branchements internet, "immeubles intelligents") m'ont toujours cassé les pieds ; je préfère mille fois le stable, le solide, comme la maçonnerie, la ferronnerie, voire la charpente, la couverture, ou même la menuiserie ; question de tempérament sans doute, longue ascendance terrienne peut-être.

Tout ceci me donne envie de me replonger dans les écrits du Sire de GOUBERVILLE, ou plutôt dans la préface et résumé qu'avait produits Emmanuel LEROY-LADURIE, si toutefois l'inondation d'hier me permet de réouvrir mon exemplaire (voir "Repères bibliographiques"). Je tâcherai donc de reparler, un jour prochain en "Sujets divers", du confort des manoirs bas-normands au XVIème siècle. Car, pendant quelques heures, j'ai pu me croire, absence de tout confort oblige, revenu en ces lointaines époques.

Et puisque tout doit finir en chansons, "mais où sont les neiges d'antan ?"

@ Marie-Françoise LAURENSOU :

Je suppose que ce sont vos 5 ans de séjour londonien qui vous ont donné un tel sens de la litote. A moins que ce ne soient vos puissantes et vastes racines normandes !

Intéressante ? Vous voulez rire ? Le méridional que je demeure trouve tout à fait extraordianaire de trouver ainsi, petit à petit, grâce à ce site, la confirmation progressive de ses intuitions de départ.

"Bon sang mais c'est bien sûr..." On dirait que les pièces du puzzle commencent à se mettre en place...

Reste quand même à faire le lien avec Charles François Laurent GOUPIL. A cet égard, rappelons-nous que, dans son intéressant article paru dans "Le publicateur libre" du 10 janvier 1992 (dont on trouvera la copie dans un message, sous cet onglet, du 23 novembre dernier), M. Jacques BROCHARD nous avait appris, entre autres, que la date de 1819 avait un sens pour l'histoire de la Chaslerie.

Je me demande donc s'il ne faudrait pas tourner désormais nos regards vers les archives notariales...

On sait que les LEDIN prenaient le plus grand soin de leurs morts. J'en ai déjà donné deux exemples, l'un sous l'onglet "Histoire", l'autre ici. Et il y en aura d'autres.

Chaque fois que je trouve un vieux papier à ce sujet, je chantonne cet air :
Georges Brassens, 1960.
LES FUNÉRAILLES D'ANTAN


Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain,
De bonne grâce ils en faisaient profiter les copains:
"Y'a un mort à la maison, si le coeur vous en dit,
Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi..."
Mais les vivants aujourd'hui ne sont plus si généreux,
Quand ils possèdent un mort ils le gardent pour eux.
C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années,
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.

REFRAIN:
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus,
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert
Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert,
Les malheureux n'ont même plus le plaisir enfantin
De voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin.
L'autre semaine des salauds, à cent quarante à l'heure,
Vers un cimetière minable emportaient un des leurs...
Quand, sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

Plutôt que d'avoir des obsèques manquant de fioritures,
J'aimerais mieux, tout compte fait, me passer de sépulture,
J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où,
Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.
O, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil,
L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil,
Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu,
Les gens avaient à coeur de mourir plus haut que leur cul,
Les gens avaient à coeur de mourir plus haut que leur cul.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 8 Décembre 2010
Journal du chantier - Références culturelles
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@ Brigitte BUCHOT :

Je reviens sur cette photo qui vous avez trouvée bien sombre.

En la mettant hier matin en ligne sur ce site, je me redisais ces vers, appris dans mon enfance (précisément en classe de 5ème au Lycée Paul Langevin de Suresnes) :

Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : La légende des siècles)

La conscience

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 8 Décembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Qu'on se le dise ! J'attends ce matin la visite d'une figure emblématique de l'intelligentsia du bocage. Cette personne a souhaité me montrer des "manuscrits importants pour l'histoire de la Chaslerie, annotés par CAILLEBOTTE".

Connaissant un peu ce personnage que j'avais toutefois perdu de vue, à tort sans doute, je me dis qu'au pire, nous en serons quittes pour une bonne petite séance d'apérobic...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 8 Décembre 2010
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Mon visiteur est reparti. Il a énormément parlé, peu touché à mon "Balvenie" mais ne m'a pas appris grand chose de nouveau. Le document qu'il voulait me montrer date du XIXème siècle. Ce n'est pas exactement ce qui m'intéresse, ni qui me paraît entretenir une grande proximité avec la vérité historique (si tant est qu'il y en ait une).

Le philosophe de Rembrandt.

Tel le philosophe de Rembrandt, Pascal a travaillé aujourd'hui sous un escalier tournant. Le voici commençant à creuser le fossé de fondation d'un futur mur de refend :

8 décembre 2010, creusement d'un fossé de fondation dans la ferme.

Il faut dire qu'avec la neige qui est tombée et le vent, il a vite renoncé à remonter davantage le chambranle gauche de l'ouverture de la ferme vers son fournil :

8 décembre 2010, les travaux en cours sur la porte Sud de la ferme.

Ce soir, à la lumière électrique, le fossé est terminé. Pascal devrait pouvoir couler le béton demain.

8 décembre 2010, vue de l'intérieur de la ferme.

Ensuite, Pascal aura à remonter, sur cette nouvelle fondation, un mur de pierres pour séparer le futur salon de la ferme de la future grande salle du rez-de-chaussée. Ce mur de refend devrait fournir un support bienvenu à la charpente dont, depuis des travaux intérieurs datant de quatre ans, le poids portait trop directement sur les murs extérieurs du bâtiment.

Je serai beaucoup plus modéré à l'égard de François LEVEQUE, mon vendeur, que je ne l'ai été ici à propos de son père.

Il y a plusieurs raisons à cela.

D'abord, j'ai bien sûr pitié d'un homme qui était gravement malade depuis une douzaine d'années lorsqu'il m'a vendu la Chaslerie. Il n'était plus en état de s'exprimer directement en juin 1991 ; il est d'ailleurs décédé six mois environ plus tard. Une des pièces, significative à mes yeux de profane, du dossier est donc le pouvoir en 5 pages, dont voici la première, qu'il avait donné à son épouse dès 1988 devant un notaire espagnol de Grenade :

Page 1 du pouvoir de 1988.

Deuxièmement, les échos que j'ai entendus à propos de François LEVEQUE (à part ceux de quelques agriculteurs du coin mais je sais que plusieurs de ceux-ci n'ont pas la même échelle de valeurs que moi) ont toujours été favorables. M. Jacques de MALGLAIVE, en particulier, m'en a dit beaucoup de bien. Il n'a pas été le seul.

Troisièmement, si, comme on le verra, j'ai beaucoup à redire à propos des travaux commandés par François LEVEQUE, je comprends fort bien qu'il ait cru bien faire en suivant la route qu'en matière de "restauration" (?) de vieilles pierres, son père lui avait si malencontreusement ouverte. Il me paraît vraisemblable que la personnalité sans doute écrasante de son père n'a pas dû faciliter son propre épanouissement (ce problème est réputé connu).

P.S. : Quatrièmement, et ceci ne compte pas pour rien, il n'y a pas de comique troupier pour essayer, au sujet de François LEVEQUE, de faire prendre des vessies pour des lanternes...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 29 Décembre 2010
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@ Guy HEDOUIN :

Pas de problème, c'est moi qui n'avais pas vu que votre message attendait ma "validation". J'étais sans doute trop occupé à narrer mes dernières découvertes de horsain.

A ce propos, je découvre qu'un horsain est aussi un forain, ce qui me ramène à la vie de mes ancêtres journaliers du pays d'Henri IV, les roms de l'époque en quelque sorte...

Pour le reste, oui, je suis de Paris...