Références culturelles

N.D.L.R. : Dans un premier temps, je recenserai ici tous les messages comportant un hyperlien avec une musique. Dans un second temps, je tâcherai de rétablir les liens rompus.

On sait que les LEDIN prenaient le plus grand soin de leurs morts. J'en ai déjà donné deux exemples, l'un sous l'onglet "Histoire", l'autre ici. Et il y en aura d'autres.

Chaque fois que je trouve un vieux papier à ce sujet, je chantonne cet air :
Georges Brassens, 1960.
LES FUNÉRAILLES D'ANTAN


Jadis, les parents des morts vous mettaient dans le bain,
De bonne grâce ils en faisaient profiter les copains:
"Y'a un mort à la maison, si le coeur vous en dit,
Venez le pleurer avec nous sur le coup de midi..."
Mais les vivants aujourd'hui ne sont plus si généreux,
Quand ils possèdent un mort ils le gardent pour eux.
C'est la raison pour laquelle, depuis quelques années,
Des tas d'enterrements vous passent sous le nez.

REFRAIN:
Mais où sont les funérailles d'antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères,
Qui suivaient la route en cahotant,
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères...
Quand les héritiers étaient contents,
Au fossoyeur, au croque-mort, au curé, aux chevaux même,
Ils payaient un verre.
Elles sont révolues,
Elles ont fait leur temps,
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres,
On ne les reverra plus,
Et c'est bien attristant,
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans.

Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert
Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert,
Les malheureux n'ont même plus le plaisir enfantin
De voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin.
L'autre semaine des salauds, à cent quarante à l'heure,
Vers un cimetière minable emportaient un des leurs...
Quand, sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis
On s'aperçut que le mort avait fait des petits.

Plutôt que d'avoir des obsèques manquant de fioritures,
J'aimerais mieux, tout compte fait, me passer de sépulture,
J'aimerais mieux mourir dans l'eau, dans le feu, n'importe où,
Et même, à la grande rigueur, ne pas mourir du tout.
O, que renaisse le temps des morts bouffis d'orgueil,
L'époque des m'as-tu-vu-dans-mon-joli-cercueil,
Où, quitte à tout dépenser jusqu'au dernier écu,
Les gens avaient à coeur de mourir plus haut que leur cul,
Les gens avaient à coeur de mourir plus haut que leur cul.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 8 décembre 2010
Journal du chantier - Références culturelles
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@ Brigitte BUCHOT :

Je reviens sur cette photo qui vous avez trouvée bien sombre.

En la mettant hier matin en ligne sur ce site, je me redisais ces vers, appris dans mon enfance (précisément en classe de 5ème au Lycée Paul Langevin de Suresnes) :

Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : La légende des siècles)

La conscience

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 8 décembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Qu'on se le dise ! J'attends ce matin la visite d'une figure emblématique de l'intelligentsia du bocage. Cette personne a souhaité me montrer des "manuscrits importants pour l'histoire de la Chaslerie, annotés par CAILLEBOTTE".

Connaissant un peu ce personnage que j'avais toutefois perdu de vue, à tort sans doute, je me dis qu'au pire, nous en serons quittes pour une bonne petite séance d'apérobic...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 8 décembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Mon visiteur est reparti. Il a énormément parlé, peu touché à mon "Balvenie" mais ne m'a pas appris grand chose de nouveau. Le document qu'il voulait me montrer date du XIXème siècle. Ce n'est pas exactement ce qui m'intéresse, ni qui me paraît entretenir une grande proximité avec la vérité historique (si tant est qu'il y en ait une).

Le philosophe de Rembrandt.

Tel le philosophe de Rembrandt, Pascal a travaillé aujourd'hui sous un escalier tournant. Le voici commençant à creuser le fossé de fondation d'un futur mur de refend :

8 décembre 2010, creusement d'un fossé de fondation dans la ferme.

Il faut dire qu'avec la neige qui est tombée et le vent, il a vite renoncé à remonter davantage le chambranle gauche de l'ouverture de la ferme vers son fournil :

8 décembre 2010, les travaux en cours sur la porte Sud de la ferme.

Ce soir, à la lumière électrique, le fossé est terminé. Pascal devrait pouvoir couler le béton demain.

8 décembre 2010, vue de l'intérieur de la ferme.

Ensuite, Pascal aura à remonter, sur cette nouvelle fondation, un mur de pierres pour séparer le futur salon de la ferme de la future grande salle du rez-de-chaussée. Ce mur de refend devrait fournir un support bienvenu à la charpente dont, depuis des travaux intérieurs datant de quatre ans, le poids portait trop directement sur les murs extérieurs du bâtiment.

Je serai beaucoup plus modéré à l'égard de François LEVEQUE, mon vendeur, que je ne l'ai été ici à propos de son père.

Il y a plusieurs raisons à cela.

D'abord, j'ai bien sûr pitié d'un homme qui était gravement malade depuis une douzaine d'années lorsqu'il m'a vendu la Chaslerie. Il n'était plus en état de s'exprimer directement en juin 1991 ; il est d'ailleurs décédé six mois environ plus tard. Une des pièces, significative à mes yeux de profane, du dossier est donc le pouvoir en 5 pages, dont voici la première, qu'il avait donné à son épouse dès 1988 devant un notaire espagnol de Grenade :

Page 1 du pouvoir de 1988.

Deuxièmement, les échos que j'ai entendus à propos de François LEVEQUE (à part ceux de quelques agriculteurs du coin mais je sais que plusieurs de ceux-ci n'ont pas la même échelle de valeurs que moi) ont toujours été favorables. M. Jacques de MALGLAIVE, en particulier, m'en a dit beaucoup de bien. Il n'a pas été le seul.

Troisièmement, si, comme on le verra, j'ai beaucoup à redire à propos des travaux commandés par François LEVEQUE, je comprends fort bien qu'il ait cru bien faire en suivant la route qu'en matière de "restauration" (?) de vieilles pierres, son père lui avait si malencontreusement ouverte. Il me paraît vraisemblable que la personnalité sans doute écrasante de son père n'a pas dû faciliter son propre épanouissement (ce problème est réputé connu).

P.S. : Quatrièmement, et ceci ne compte pas pour rien, il n'y a pas de comique troupier pour essayer, au sujet de François LEVEQUE, de faire prendre des vessies pour des lanternes...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 29 décembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Références culturelles
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@ Guy HEDOUIN :

Pas de problème, c'est moi qui n'avais pas vu que votre message attendait ma "validation". J'étais sans doute trop occupé à narrer mes dernières découvertes de horsain.

A ce propos, je découvre qu'un horsain est aussi un forain, ce qui me ramène à la vie de mes ancêtres journaliers du pays d'Henri IV, les roms de l'époque en quelque sorte...

Pour le reste, oui, je suis de Paris...