Murs divers

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 28 Juin 2009
Abords, Avenue, terrasse - Murs divers - Vie du site - Météo
Sur la photo-satellite de Google Earth, je remarque que les fondations de la 1ère tranche du muret de terrasse viennent juste d'être coulées, mais que les maçons n'ont pas encore commencé à monter les pierres. Cela devrait me permettre de dater précisément la photo (à partir des factures). De mémoire, cela remonte à 3 ans. Pourtant, vus du ciel, les arbres plantés il y a près de 10 ans (durant la semaine précédant la tempête) me paraissent bien petits. Mais il est vrai que nous avons reçu de fortes précipitations ces dernières années, qui ont bien facilité leur pousse. Cet été, leur feuillage rend presqu'inutile la tonte d'herbe à leurs pieds (là, j'exagère un peu).
Reçu ce matin, par la poste, la photo d'un article transmise par Sébastien WEIL que j'en remercie.

Il s'agit de "Notes recueillies sur l'arrondissement de Domfront, au mois d'avril 1852, par M. BLANCHETIERE, Membre de la Société Française", article publié en 1853 dans le "bulletin monumental ou collection de mémoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France ; 2è série, tome 9è, 19è vol. de la collection, par les Membres de la Société Française pour la Conservation des Monuments, publié par M. de CAUMONT" à Paris.

Louis BLANCHETIERE relate dans ces notes une excursion qu'il a faite dans l'arrondissement de Domfront en avril 1852. D'emblée, ces notes témoignent des préoccupations et des compétences géologiques de leur auteur, ainsi que de son intérêt pour les routes ; on peut donc se demander si ce n'était pas une sorte d'ingénieur des Ponts ou des T.P.E., comme l'on dit aujourd'hui.

Les notes relatives à la "Châlerie" occupent 10 pages du document et sont agrémentées de la reproduction de deux croquis qui doivent être de la main de Louis BLANCHETIERE. J'ai déjà commenté ces croquis hier, notamment l'un des deux, fort instructif quant à l'état du logis avant l'incendie de 1884.

Quant au texte lui-même, il est également riche d'enseignements, même si j'y relève une erreur de date, Louis BLANCHETIERE ayant cru que le logis datait de 1558, alors qu'il date de l'année de l'édit de Nantes.

On y apprend que les épis du logis étaient en terre cuite, ce que ne permettait pas de comprendre le croquis. A cet égard, la prudence manifestée par M. RONSSERAY dans son article annexé à ce site internet ne peut qu'être louée ; il a en effet pris ses distances avec les affirmations de VIOLLET-LE-DUC pour qui une couverture en ardoise devait s'accompagner d'épis en métal. C'est sans doute la proximité géographique de GER, lieu où étaient modelés ces épis, d'ailleurs avec une argile de LA HAUTE CHAPELLE, qui a permis à M. RONSSERAY de comprendre que cette industrie locale ne pouvait qu'inonder le pays de ses productions, poussant ainsi à une sorte de sur-consommation locale de ses "grès".

Louis BLANCHETIERE donne d'utiles informations sur l'occupation des bâtiments. Le "château" est "inhabité depuis la Révolution", servant "à peine à déposer des fourrages et bois" (pas étonnant que la foudre ait pu y mettre le feu en 1884...). En revanche, l'"aile gauche est aujourd'hui à peu près toute occupée par des fermiers", écrit-il.
"Presque tout le château" est recouvert d'ardoises, ce qui confirme qu'il y avait aussi de la tuile sur certains bâtiments sur cour (on le sait aussi grâce à une photo ancienne des écuries et du colombier).
Le logis comporte une "cuisine à très-grandes dimensions", sans doute la salle-à-manger actuelle puisqu'un four est toujours visible dans sa cheminée.
Le rez-de-chaussée et le "premier étage" (il y en avait donc un second, ce qui confirme la présence de grandes lucarnes) du logis sont "pavés en briques carrées", revêtement qui a aujourd'hui totalement disparu (sauf dans un coin de la cage d'escalier).

Louis BLANCHETIERE s'est beaucoup intéressé à la chapelle et à son décor intérieur. Il écrit en particulier : "Sur les murs se trouvent des fragments de peintures à fresque" (erreur, ce ne sont pas des fresques mais des peintures murales, obéissant à une autre technique ; les fresques sont peintes quand l'enduit n'est pas encore sec, contrairement aux peintures murales) "d'un fort bon style ; mais dont il est impossible de reconnaître les sujets, tant elles ont été détériorées par le temps et par le choc des fagots que les fermiers y déposent" (comme si le logis ne leur avait pas suffi, hélas !). S'ensuit une description de ces décors qui montre que, durant le siècle et demi suivant, les dégradations se sont poursuivies, Louis BLANCHETIERE ayant d'ailleurs compris que "Ce qui a malheureusement hâté la destruction de ces intéressantes décorations, c'est le peu de solidité de l'enduit qui les supporte. En effet, il n'est formé que d'une mince couche d'argile recouverte d'une pellicule de chaux, le tout cédant au moindre choc. Il est probable que cet enduit n'avait pas été fait en vue d'y appliquer des peintures, mais que l'artiste officieux, hôte du châtelain, aura, sans préparation, jeté à l'improviste ses heureuses conceptions sur les murs tels qu'il les a trouvés" (ici, je précise que cet artiste était en fait tombé amoureux de la servante du manoir qu'il a fini par épouser, un LEDIN lui servant même de témoin).
A la fin de ses notes sur la chapelle, Louis BLANCHETIERE s'intéresse aux noms peints sur les sablières intérieures de la chapelle, notamment ACHARD, LEVERRIER, FORTIN et de COURCELLES, CORMIER, COUPEL, ainsi qu'à Pierre IV LEDIN (à qui, s'étant trompé de dates comme on l'a dit, il attribue à tort la reconstruction du logis), Charles-Claude LEDIN et Pierre-François LEDIN.

En fin d'article, Louis BLANCHETIERE complète sa description du site de la Chaslerie et précise que les douves avaient "au moins 10 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur" (il négligeait leur envasement, voir photothèque jointe), que "les fermes" (sans doute la ferme et la cave, pour reprendre ma terminologie) voisinaient un verger, et que des "charmilles alignées ombrageaient le jardin" (ce sont ces dernières remarques, que j'avais déjà lues, rapportées par un autre érudit local, qui m'avaient conduit à faire replanter un verger et des charmilles alignées à la Chaslerie).
Beaucoup d'activités sur le chantier de la Chaslerie au cours de ces derniers jours.

Avant-hier, la société en charge de la surveillance du manoir est venue, selon sa routine, contrôler ses détecteurs d'intrusion.

Le même jour, j'ai reçu la visite de Mme CUTE, du conseil général de l'Orne. Celle-ci a pris diverses photos en vue de montrer aux conseillers généraux en quoi consiste cette propriété dont ils s'apprêtent à commencer de subventionner la suite des travaux. J'ai évoqué l'opportunité d'une amélioration de la signalisation routière à propos de la Chaslerie et suggéré que le classeur que l'office départemental du tourisme distribue aux professionnels du tourisme comporte dorénavant une page sur la Chaslerie.

Hier, les colombages de la "maison de Toutou" ont commencé à être restaurés. Cette dépendance de la cave, destinée à servir d'abri de jardin, avait beaucoup souffert de la tempête de 1999, notamment parce que le maçon aux services duquel je recourais à l'époque s'était révélé défaillant ; en particulier, il n'avait pas terminé les soubassements de ce petit bâtiment avant que Roland BOUSSIN n'en pose la charpente et la couverture. Il aura donc fallu près de 11 ans pour que ces dégâts importants soient enfin réparés. Une fois ce colombage restauré, il faudra poser une porte et deux fenêtres sur cette petite dépendance et du pisé entre ses colombages puis en réaliser les aménagements intérieurs, notamment le sol (je songe à un carrelage approprié) et l'alimentation en eau et en électricité.

Aujourd'hui, la Chaslerie a reçu la visite d'Anne CHEVILLON, architecte des bâtiments de France en poste à Alençon, qui était accompagnée de son nouveau collaborateur, M. BOCHET. Il s'agissait pour eux de contrôler le bon usage de l'enveloppe de subventions d'entretien que l'Etat avait allouée à la Chaslerie pour 2009.

Or Roland FORNARI était sur le chantier, avec deux de ses ouvriers, pour poser 5 grilles de sa fabrication sur la façade Nord du bâtiment Nord. Anne CHEVILLON a fait part de sa satisfaction devant la qualité de ces travaux.

Nous avons pu nous promener tous ensemble autour du manoir pour évoquer les prochains travaux subventionnables :
- l'entretien du mur d'escarpe ainsi que des deux biefs et du mur Nord-Ouest des douves (ce dernier étant analogue au mur Sud-Ouest restauré il y a deux ans au Sud de la chapelle) ; j'ai expliqué que je savais où trouver les pierres et que je disposais de la main-d'oeuvre pour mener à bien l'ensemble de ces travaux, enfin que j'envisageais de faire l'acquisition d'une petite pelleteuse dans la perspective de ce chantier ;
- l'entretien de l'allée inscrite à l'I.S.M.H. de 534 mètres de long qui part du manoir vers le bourg de La Haute Chapelle ; j'ai déclaré avoir constaté l'impossibilité de trouver un accord avec la famille d'agriculteurs voisine en vue d'élargir marginalement l'emprise de cette allée ; de la sorte, il n'y a plus de préalable de mon côté à l'engagement de travaux sur cette allée qui devrait redevenir l'allée principale d'accès au manoir ;
- l'entretien de la cage d'escalier du bâtiment principal du manoir dont les granits portent les marques de l'incendie d'il y a 125 ans ;
- la repose de grilles sur les ouvertures du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est et de la façade Est du bâtiment principal ; Roland FORNARI doit fournir rapidemant le devis correspondant afin de pouvoir inscrire ces travaux au programme des subventions d'entretien des monuments historiques par l'Etat en 2010 ;
- la restauration des portes et fenêtres du manoir et de ses dépendances ; nous sommes convenus que les peintures sang de boeuf, outre qu'elles sont du meilleur effet, permettront de retarder de plusieurs années des travaux de menuiserie qui paraissaient inévitables à brève échéance ; ceci dit, il conviendra néanmoins de faire réaliser rapidement la porte sur cour du bâtiment Nord ainsi que la porte et les deux fenêtres de la "maison de Toutou".

Enfin, j'ai montré à mes interlocuteurs des preuves de la présence ancienne d'un étang à l'Est du Pournouët, étang dont on pourrait envisager la remise en eau dès que les circonstances le permettraient.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 02 Mars 2010
Journal du chantier - Ferronnerie - Logis - Murs divers
Je viens d'avoir une intéressante conversation téléphonique avec Roland FORNARI. J'entendais en fond sonore les bruits de sa forge au travail.

D'abord, il confirme qu'il y a bien une faute de frappe sur son devis : il faut y lire "16 traverses et 10 montants", ce qui explique les 160 trous renflés. Il valide également mes explications qualitatives données ici hier.

Mais venons-en à la clé du problème, ce fameux montage à mystère. J'ai enfin compris comment il s'opérait. Je vais tâcher de l'expliquer.

Supposons donc que la grille doive comporter 16 traverses (barreaux horizontaux) et 10 montants (barreaux verticaux), comme dans le cas d'espèce, et délimiter, à chacune de ses 160 mailles, un rectangle de hauteur "h" et de largeur "l". Pour commencer, on va traiter l'assemblage de 8 montants et de 14 traverses qui forment le coeur de la grille (on traitera ensuite le cas des barreaux périphériques). On doit, pour ces barreaux de coeur, avoir forgé :
. 4 montants (M1 à M4) dotés d'une section ronde sur une longueur de "6 h" et d'une section carrée sur une longueur de "11 h", chacun des montants de cette série devant comporter 9 trous dans sa partie à section carrée, distants 2 à 2 d'une longueur "h" ;
. 4 montants (M5 à M8) dotés d'une section carrée sur une longueur de "7 h" et d'une section ronde sur une longueur de "10 h", chacun de ces montants comportant 5 trous dans sa partie à section carrée, avec les mêmes caractéristiques d'espacement que les précédents ;
. 14 traverses (T1 à T14) dotées d'une section carrée sur une longueur de "6 l" et d'une section ronde sur une longueur de "5 l", chacune de ces traverses comportant 4 trous dans sa partie à section carrée, distants 2 à 2 de "l" .

(Je précise que le choix de ces sous-longueurs ne tient pas au hasard mais au souci de placer l'assemblage convenablement par rapport aux traces de meneaux visibles dans les granits des encadrements de certaines fenêtres à la Chaslerie.)

On commence par assembler les 4 montants M1 à M4 avec 5 traverses T1 à T5. On fait de même avec les 4 montants M5 à M8 et les 9 traverses T6 à T14. On a donc utilisé tout le stock de barreaux disponibles à ce stade. On se retrouve avec deux sous-assemblages en forme de L que l'on va faire coulisser en rapprochant les grandes barres desdits L. On les rapproche jusqu'à ce que la distance entre les deux sous-assemblages soit de "l". A ce stade, le coeur de la grille est assemblé.

Il faut ensuite placer les 2 montants (M9 et M10) et les 2 traverses (T15 et T16) "formant cadre". On commence par les forger. Ces montants doivent avoir été percés de 16 trous et ces traverses de 8. On place d'abord T15 au bord du coeur de grille, sur une largeur, et T16 sur l'autre, puis M9 sur une hauteur et M10 sur l'autre.

Les extrêmités des différents barreaux doivent avoir été effilés (pour l'esthétique et la protection) puis dotés de fleurs de métal forgées pour les extrêmités verticales (pour l'esthétique). Enfin, on recourbe les extrêmités et on pose.

Voilà pour l'essentiel. Mais il y a mieux. Roland FORNARI me dit qu'il va modifier ce schéma initial de manière à ce que tous les montants soient à section carrée sur toute leur longueur et que toutes les traverses soient à section ronde sur toute leur longueur. Il me dit que ce sera plus beau. En l'occurence, il va s'inspirer d'une grille du manoir de Lambosne à Clairefougère (à côté de Cerisy-Belle-Etoile) que lui a signalée notre ami François POUGHEOL.

Et, puisque Roland FORNARI est en train de restaurer des grilles au château voisin de Carrouges, il me suggère de compléter le mur du manoir à la chapelle de la Chaslerie d'une grille de fermeture de l'avant-cour et d'accès à la terrasse, qui serait aux armes des LEDIN et inspirée de ces modèles, datés de 1631 et 1641 (soit du "1er mouvement de ferronnerie décorative").

J'avoue être très tenté car cela aurait beaucoup d'allure et achèverait plaisamment la restauration de l'avant-cour du manoir.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 19 Avril 2010
Journal du chantier - Terrassement - Arboriculture-horticulture - Cave - Murs divers
Branle-bas de combat aujourd'hui à la Chaslerie ! Carole mobilise toutes les bonnes volontés !

Il faut en effet faire place nette au Sud de la cave, en vue d'y implanter un système de drainage enfin efficace, de manière à éviter que, chaque hiver, la cave ne soit inondée. Par conséquent, il faut décider rapidement où transplanter les rosiers très vigoureux de la façade Sud de ce bâtiment.

Donc Carole est en train d'imaginer la future plate-bande à l'Ouest du mur entre la chapelle et le manoir où il faudra replanter ces fleurs. Comment s'y abriter du vent ? Quelle largeur prévoir pour cette plate-bande ? Quels espacements respecter entre les rosiers ou bien entre le mur et les rosiers ? Comment éviter que la plate-bande ne soit envahie par les herbes voisines ? Où placer un banc ?

Tout cela demande des idées d'ensemble, mais aussi des mesures précises. Bref, Bernard et moi ne sommes pas de trop pour aider l'artiste à concevoir l'oeuvre.

Au volant de son "Manitou", Roland BOUSSIN replace la charpente de la charretterie. Je l'ai invité à graver dans le chêne de sa sablière "A ETE RESTAUREE PAR ROLAND BOUSSIN EN 2010".

C'est en quelque sorte un clin d'oeil que je me permets à son prédécesseur Jean MIDY, qui était intervenu sur la charpente des écuries et de la cave du manoir et les avait de même gravées, voici la bagatelle de deux siècles et demi (comme on peut le vérifier sur la page "Visite" de ce site internet).

Roland BOUSSIN, qui connaît ses classiques (je pense ici au texte de la sablière de la cave), me demande si je souhaiterais voir mon nom également inscrit, à l'instar d'un LEDIN, sur cette sablière. Je réponds que non ; mon nom sur une plaque tombale de la chapelle de la Chaslerie, ce sera bien assez pour moi, mais le plus tard possible.

Bernard a demandé à Maxime de se mettre aux commandes de la mini-pelleteuse, afin de retourner en profondeur la terre qu'il vient de finir de dégager de son herbe sur les futures plates-bandes de rosiers. Je suis surpris de la compacité du sol, au pied du mur allant de la chapelle au manoir. A l'évidence, celle-ci résulte des passages de tracteurs charriant des pierres, lors de la récente restauration de la maçonnerie de ce mur.

Mais la terre d'ici est peu fertile, tout juste bonne à produire de l'herbe à vaches quand on ne la sature pas d'engrais. Ce soir, Bernard a d'ailleurs rapporté une benne d'humus tiré de "la fontaine du Tertre Linot", un terrain qu'il connaît bien mieux que moi car il me l'a vendu après l'avoir longtemps travaillé quand il était agriculteur. Les rosiers de Carole apprécieront, sans nul doute.

Pascal taille des grès en vue de restaurer les ouvertures du fournil de la ferme. Parfois, le grès éclate en lamelles plus ou moins épaisses, obligeant Pascal à reprendre son travail à zéro.

Car la pierre d'ici est dure à travailler.

Quant à Thierry BOURRE, nous l'attendons toujours pour planter de nouveaux poiriers, comme convenu. Cette attente est d'autant plus longue à mon gré qu'alentour, les poiriers commencent à être en fleurs.

Les poiriers en fleurs, bonheur fugace du printemps, comme ces jours-ci à la Chaslerie. Ces poiriers trop souvent abattus chez des voisins par des tronçonneuses implacables dont j'entends les stridences barbares dans le lointain.

Car les tracteurs géants de l'agriculture moderne tolèrent de moins en moins les obstacles à leur progression, ici haies ou poiriers typiques du Domfrontais. C'est aussi ce qu'on appelle le progrès, prétend-on parfois.

Sous la dent des scies, le chêne de Bellême rosit avant de jaunir quelques heures plus tard. C'est ce que m'a expliqué Roland BOUSSIN hier, alors que son équipe ajustait des pièces de bois pour remonter la charpente de la charretterie.

Au milieu de la nuit dernière, à la seule lueur de la lune montante, je suis allé me promener autour de la Chaslerie. Maintenant que cette charpente est de nouveau en place, on redécouvre la masse de ce bâtiment au Sud de l'avant-cour. Je trouve qu'il occupe bien l'espace et que l'impression en est agréable lorsqu'on arrive sur le manoir, en descendant le chemin qui le relie à la D22. L'avant-cour retrouve donc, petit à petit, son équilibre profond. Dans quelques mois, la nouvelle statue de Sainte Anne, en cours de finition, et la grille vers le Pournouët, encore en projet, devraient parachever les travaux lourds sur cette avant-cour. Ne resterait plus alors qu'à traiter la lancinante question de la restauration de l'allée historique, que bloque toujours un agriculteur têtu.

Hier, Bernard a replanté les rosiers de la cave sur les nouvelles plates-bandes, le long du mur allant de la chapelle au manoir. Il lui a fallu les déterrer à la benne, le tracteur Valtra se cabrant sous l'effort qui lui était ainsi demandé.

Le plombier-chauffagiste recommandé par Didier SAMSON est revenu pour préparer ses devis. Nous sommes convenus de déplacer au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII la petite chaudière qui, à ce jour, alimente en eau chaude le seul cabinet de toilettes en fonction. La citerne à fuel n'aurait pas besoin d'être déplacée. Maintenant que nous disposons d'une mini-pelleteuse, ce sera en effet un jeu d'enfant que de creuser les tranchées nécessaires à l'alimentation de la chaudière dans la tour. En l'état du dossier, je repousse donc à des jours meilleurs le règlement de fond de la question du mode de chauffage unique de l'ensemble du manoir.

Pour le bâtiment Nord, nous sommes d'accord, le nouveau plombier et moi, pour procéder en deux temps.

Lors d'une première tranche de travaux qui pourrait commencer rapidement, il déplacerait la chaudière et installerait le chauffage dans 6 pièces dudit bâtiment : au rez-de-chaussée, l'entrée, la chambre, son cabinet de toilettes et son passage-dressing et, au premier étage, les deux chambres. Les sanitaires seraient installés dans le cabinet de toilettes du rez-de-chaussée et dans la chambre Ouest de l'étage.

La seconde phase pourrait commencer lorsque Pascal aurait effectué les travaux nécessaires pour transformer en cuisine le rez-de-chaussée de la tour Nord-Est, là où se trouve actuellement une chambre non chauffée, jouxtant la salle à manger du manoir. L'essentiel de ces travaux de maçonnerie consisterait à ouvrir le mur de la tour, sur toute son épaisseur (de l'ordre de 1,2 mètre à cet endroit), de façon à relier la future cuisine avec l'actuelle chaufferie et future arrière-cuisine. Le plombier pourrait, lors de sa deuxième tranche de travaux, faire arriver ses installations dans le nouveau salon d'hiver (ancienne cuisine), la nouvelle arrière-cuisine, la nouvelle cuisine et la nouvelle salle de bains (au premier étage de la tour Nord-Est, à la place d'un volume qui sert actuellement de débarras à la grande chambre voisine, celle du grand lit à baldaquin). Je précise ici, à toutes fins utiles, que j'écris "nouvelles" ici alors qu'il s'agit le plus souvent d'anciennes affectations, certaines antérieures à la Révolution ; mais, entre-temps, ces usages étaient tombés en désuétude.

De manière à ne pas retarder davantage le lancement des travaux sur l'escalier de l'entrée du bâtiment Nord, Pascal devrait prioritairement enduire de chaux les murs de cette pièce. Le menuisier pourrait revenir ensuite, dès que le chauffage par le sol aurait été installé.

Bien sûr, il va falloir trouver un nouvel abri pour les bûches actuellement entreposées dans la future chaufferie. Pascal propose de retaper lui-même sommairement l'appentis de la grange, près de l'ancienne carrière. Cela me paraît une bonne idée et je lui donne mon accord. Cela permettra aussi de protéger des intempéries d'autres bûches, actuellement éparses sur la propriété, suite à des coupes de bois.

Aidé de Maxime, Pascal a bien avancé cette semaine sur la restauration des maçonneries du fournil de la ferme. Avec Roland BOUSSIN, nous avons commencé à discuter de la restauration de sa charpente et de sa couverure. Avec le nouveau plombier, nous avons évoqué la mise aux normes de la fosse septique commune à ce fournil et à la ferme.

Enfin, Roland PADET, serrurier à Domfront, est passé vérifier diverses serrures extérieures du manoir et de ses dépendances.

Jérôme TRAVERT, avec qui j'ai pris contact virtuellement grâce au site (il y était intervenu le 13 mai dernier, dans la rubrique "Sujets divers"), vient de me transmettre par courriel une photo aérienne de la Chaslerie qu'il a prise ce matin-même. Je l'en remercie beaucoup.

On y voit la nette différence entre les couvertures, neuves du logis et usagées des écuries et du colombier. On y aperçoit également Claude MARTIN, à qui j'avais demandé de pulvériser du produit hydrofuge sur le mur de la chapelle au manoir (côté cour).

En revanche, on n'y voit pas Pascal, car le fournil de la ferme où il posait les linteaux intérieurs de bois de la porte et des fenêtres est hors des limites de l'image. On n'y voit pas non plus Bernard, qui devait entretenir le John Deere dans l'écurie, ni Gisèle qui devait repasser mes chemises au rez-de-chaussée du colombier, dans la cuisine provisoire. Quant à moi, j'étais, au moment où la photo a été prise, dans mon bureau de la tour Louis XIII ; j'y écrivais pour le site sur ma généalogie ; autant dire que j'étais très absorbé et que je n'ai nullement aperçu ni entendu le petit aéronef de Jérôme TRAVERT.

Enfin, Roland BOUSSIN qui aurait dû être là pour reprendre le chantier de restauration de la charretterie était absent. J'espère le revoir bientôt.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 18 Juin 2010
Journal du chantier - Electricité - Terrassement - Abords, Avenue, terrasse - Charretterie - Murs divers
Un regret : ne pas avoir pensé, lorsque nous remontions le mur de la chapelle au manoir, ou bien la charretterie, à inclure dans la maçonnerie des tubes pour le passage des fils électriques.

Maintenant que la première plateforme au Sud du manoir est presque terminée, je me dis aussi qu'on aurait dû prévoir, dès ce stade des travaux, la possibilité d'éclairer la façade d'arrivée avec des projecteurs enterrés.

Car, pour le reste, l'avant-cour commence à avoir désormais grande allure. Du haut des échafaudages de la charretterie, Roland BOUSSIN nous dit que la première plateforme met bien en valeur le manoir.

Pascal MAIZERAY a entamé hier les travaux pour la seconde. Une nouvelle fois, la mini-pelleteuse s'est révélée précieuse pour dégager les remblais sur 20 cm d'épaisseur, afin de substituer un dallage en grès au bitume concassé précédent. Avec la minutie qu'on lui connaît, Pascal va commencer ce matin à poser les premières dalles à droite de la porte piétonnière.

J'avais dit que nous mettions en délibéré le positionnement de l'allée principale du manoir devant celui-ci. C'est Pascal qui a eu l'idée d'élargir l'allée devant le manoir de manière à ce qu'elle débouche non seulement sur la porte charrettière mais aussi sur la piétonnière. Ce choix va permettre de lancer bientôt la restauration de cette allée à travers l'avant-cour du manoir (en particulier, il va falloir se renseigner sur les fournisseurs de topiaires).

Sur cette base, la restauration du reste de cette allée, du moins les 500 mètres suivants en direction du bourg de La Haute Chapelle (c'est-à-dire la ligne droite avant le premier virage), pourra suivre logiquement. Le hic, c'est que l'architecte des bâtiments de France me dit qu'il faut un permis de construire avant de commencer cette tranche de travaux. Absurdité des textes administratifs, manifestement inutiles en l'occurence ! Encore de la paperasse à remplir... Bien sûr, on le fera si l'on ne peut faire autrement.

Ne vaudrait-il pas mieux imaginer un système où des maîtres d'ouvrage responsables pourraient travailler en prise directe avec des artisans compétents et éprouvés au fil des années ? On peut toujours rêver...

Après les festivités de la Sainte Anne, la vie reprend son cours normal sur le chantier.

Pascal, qui sera encore aidé par Maxime pendant 4 semaines, a bien l'intention de finir bientôt les maçonneries du fournil de la ferme (achèvement des murs pignons et restauration du four). Il est probable qu'ensuite, il travaillera au drainage extérieur de la cave.

Bernard aura pour tâche principale, durant les prochaines semaines, d'arroser les arbres qui souffrent le plus de la sécheresse, notamment le jeune séquoïa au centre d'un cadran celtique, les hêtres des allées autour du manoir et les jeunes pommiers proches de la départementale. Pour ce faire, il utilisera la citerne que vient de réparer Maxime et pompera l'eau nécessaire dans le Beaudouët. Il faudra également qu'il coupe les "chardrons" près de la départementale et qu'il commence, notamment si la sécheresse cesse enfin, à couper l'herbe dans les plantations au Sud du manoir.

Quant à Roland FORNARI, le forgeron d'art, il vient de me prévenir que, pour les prochaines Journées du Patrimoine, il ne pourrait avoir posé la grille commandée pour le passage dans le mur entre le manoir et la chapelle. Il a en effet trop de travail en ce moment. Pour moi, ce n'est pas une mauvaise nouvelle pour des raisons fiscales qu'il serait fastidieux d'évoquer ici (tenant au très probable relèvement prochain du taux de la T.V.A. sur les travaux qui y sont soumis, ce qui n'est pas le cas des travaux confiés à cet artisan).

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 26 Aout 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charretterie - Ferme et son fournil - Murs divers
A la reprise du chantier, l'artiste et son oeuvre aux ellipses parfaites :

Pascal va maintenant s'attaquer à la restauration de la façade du four intérieure au fournil et à celle de sa voûte, deux autres tâches délicates...

Bernard m'a appris ce matin le décès de Jean-Claude RUAULT, un maçon qui était intervenu à la Chaslerie il y a plus de 12 ans. C'est lui qui avait en particulier restauré le mur de l'arrière-cour, entre le manoir et son fournil. Nous n'avions pas toujours été d'accord sur sa façon de travailler sur la charretterie, ce qui avait entraîné l'interruption de ce chantier, et j'ai compris qu'il m'en voulait encore. Mais je suis triste pour sa famille.

Ce matin à 7 heures, je suis allé vérifier le piège à ragondins. En pyjama, bottes et anorak, un accoutrement habituel pour moi à ce moment-là de la journée. Une nouvelle fois, le piège était vide. On dirait que nous avons temporairement repoussé l'invasion.

Cela m'a donné l'occasion d'apprécier l'éclairage juste avant le lever de soleil. D'abord à l'aller :

J'ai pris la photo suivante pour servir de témoin de l'éboulement progressif du terrain derrière le fournil du manoir et dans les douves. Il faudra un jour stopper cette hémorragie et restaurer le vieux mur écroulé là :

Puis au retour, avec au premier plan les arbustes plantés il y a bientôt deux ans :

Un peu plus tard dans la matinée, ayant enfin revêtu mon uniforme de "gentleman farmer", je suis revenu traîner autour des douves. En songeant au futur (?) chantier de leur mur d'escarpe. Je rêve en effet d'une promenade qui conduirait un jour le public autour du Pournouët. Elle partirait de l'allée principale...

... et passerait à l'Est des douves...

On aperçoit ici le vieux mur d'escarpe, à moitié enfoui sous les éboulis, et qui retient encore, tant bien que mal, la terre du Pournouët. C'est ce très vieux mur qu'il faudrait donc un jour restaurer...

Et Pascal, pendant ce temps, me direz-vous ? Et la restauration du fournil de la ferme ?

Elle s'est bien poursuivie, rassurez-vous. Pascal n'a pas chômé...

Voici la façade intérieure du four restaurée, telle qu'elle se présentait aujourd'hui en début d'après-midi, c'est-à-dire avant tout ravalement et rejointoiement (et avant toute restauration de l'intérieur du four) :

Si vous comparez cette image à celle datant de 5 jours, vous noterez que le linteau n'a finalement pas bougé, l'appui en granite a été remplacé par une pierre en bon état, la niche sous l'appui a été rétablie, l'entrée du four a été remontée en grès au lieu des briques industrielles antérieures. L'ouverture du four reste décentrée par rapport au conduit de cheminée ; elle l'est même par rapport à la niche. Disons que cela participe de la rusticité de l'endroit...

Mais le chantier a aussi progressé par ailleurs. La statue de calcaire a été installée dans la niche prévue à cet effet dans le pignon Est du fournil de la ferme. Elle restera là au moins jusqu'aux prochaines Journées du Patrimoine, avant de repartir en restauration :

Enfin, Pascal et moi avons commencé à étudier comment s'y prendre pour restaurer le puits de la ferme

En fait, l'eau est visible à 4 mètres sous le niveau du sol et, d'après nos mesures, sa profondeur est de 2,20 mètres. Il faudra commencer par éliminer la tuyauterie bricolée là par les exploitants agricoles précédents et remettre en place des pierres descellées dans le puits. Pour y accéder, pas d'autre moyen pour nous que d'intervenir à la mini-pelleteuse pour dégager le premier mètre du puits sous le niveau du sol. On commencera par là, dès demain.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 14 Octobre 2010
Journal du chantier - Ferronnerie - Logis - Bâtiment Nord - Charretterie - Ferme et son fournil - Murs divers
Roland FORNARI est passé dans l'après-midi pour déposer, avec l'aide d'un de ses employés, de Pascal et du tracteur Valtra, les deux grilles du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est qui avaient été fixées le 18 septembre dernier. Il doit les modifier comme convenu. C'est fou à quel point les tours, ainsi dépouillées, paraissent de nouveau incomplètes, on s'était vite habitués à la présence de ces grilles (ce qui, soit dit en passant, me pousserait à estimer que Carole s'accomodera vite de la prochaine présence de grilles sur les fenêtres de son salon...) ;

Nous en avons profité pour parler d'autres sujets d'intérêt commun :

- la grille du puits de la ferme, qui sera d'un modèle proche de celles de la tour Nord-Est ; j'ai demandé une serrure simple et une possibilité de regarder à l'intérieur du puits sans avoir à ouvrir la grille (en effet, dès que je vois un puits, je suis toujours curieux de savoir à quelle profondeur passe la couche phréatique) ; plutôt qu'un système de moucharabieh inversé auquel je pensais, Roland FORNARI propose un judas ; il s'était par ailleurs muni d'un tambour de bois et d'une manivelle destinés à remonter le seau, deux pièces anciennes (XIXème siècle) de sa collection qu'il me cèderait et qui montrent que les puits de la région sont d'un diamètre standard ;

- à l'intérieur de la charretterie, pour éclairer de futures agapes avec vue imprenable sur le manoir, un système d'éclairage aux chandelles avec un important lustre en ferronnerie qui serait accroché au bout d'un cable ou d'une grosse corde passant sur une poulie de bois massive que j'ai récemment achetée à Jean LEMARIE ; ce cable ou cette corde serait actionné par une manivelle à cliquet ; c'est Roland FORNARI qui forgerait ce lustre et cette manivelle ;

- dans la cour du manoir, deux lanternes qui pourraient être électrifiées et qui flanqueraient, à bonne hauteur, la porte principale d'accès au logis ; Roland FORNARI doit consulter sa documentation et me fera des propositions sur le style et les dimensions de ces lanternes qu'il fabriquerait ; bien entendu il devra tenir compte de la probabilité que d'autres lanternes, d'un modèle plus simple, flanquent ultérieurement d'autres portes donnant sur la même cour (je fais allusion ici au bâtiment Nord et à l'"aile de la belle-mère") ;

- sur la façade Est du logis, les trois grandes grilles dont Roland FORNARI me dit qu'elles sont en cours de finition, composées d'un fer pur qui a dû être importé d'Angleterre ; ces grilles seront montées en excroissance par rapport au plan de la façade (toujours mon problème de pigeons...) et surmontées de fleurs métalliques à deux niveaux de pétales ;

- entre la chapelle et le manoir, une grille couronnée des armes des LEDIN ; Roland FORNARI poursuit ses réflexions à propos du modèle qu'il préconisera ; à ce stade, il pencherait pour un modèle Louis XIII inspiré de certains grilles de Carrouges, parmi les plus belles, et surmonté, comme à Carrouges, d'un bouquet de fleurs en métal (du type de celui qu'on a aperçu lors du reportage de TF1 l'été dernier) ; j'espère cependant qu'il n'est pas trop ambitieux pour ma bourse ni, surtout, pour le standing de la Chaslerie...

La grande grille du château de Carrouges.

- mon projet de cadran solaire sur le pignon Sud de la ferme, évoqué récemment sur ce site parmi les "Sujets divers".

Bref, comme on le voit, ce ne sont pas les projets de ferronneries qui manquent à la Chaslerie. Dans mon esprit, tous ces projets tendent à renforcer la "manorialitude" du lieu (et ici, je suis sûr que tous les visiteurs réguliers de ce site apprécient désormais ce ségolénisme à sa juste valeur...).

Marie FRULEUX est l'adjointe d'Anne CHEVILLON, l'architecte des bâtiments de France en charge du service départemental d'architecture à Alençon.

J'ai reçu hier, de Marie FRULEUX, le courriel suivant :

"Suite à notre conversation téléphonique, je vous précise les points suivants :

-pour le mur des douves Nord, immeuble classé au titre des Monuments Historiques, en application de l'article 2 du décret 09-749 du 22 juin 2009, la maitrise d'Âœœuvre sera assurée par un architecte du patrimoine (architecte titulaire du diplôme de spécialisation et d'approfondissement en architecture, mention "architecture et patrimoine"). Ces travaux sont soumis à une demande d'autorisation sur monument classé au titre des Monuments Historiques (article l 621-9 du code du patrimoine et articles 19,20 et 21 du décret du 30 mars 2007).

-pour l'allée, les travaux seront soumis à déclaration préalable au titre du code du patrimoine (L621-27 du code du patrimoine) ; la déclaration prévue est souscrite quatre mois au moins avant la date de leur réalisation. (...)"

En d'autres termes :

- pour la restauration des douves de la Chaslerie, je suis dispensé de faire intervenir un architecte en chef des monuments historiques ; j'en suis heureux car je n'avais pas gardé un bon souvenir des deux A.C.M.H. à qui j'avais dû m'en remettre au cours des dernières années, à savoir Mme SCHMUCKLE-MOLLARD et M. RONSSERAY ; je ne suis cependant pas dispensé de confier la maîtrise d'oeuvre à un "architecte du patrimoine", ce qui est une qualification moins pompeuse, amplement suffisante ici à mon avis ; mon intention est donc de charger Lucyna GAUTIER, qui connaît bien la Chaslerie, de préparer le dossier à soumettre à l'administration pour obtenir des subventions qui seront fort bienvenues, tant pour le mur Nord des douves que pour leur mur d'escarpe (voir photos de l'état actuel de ces murs sur deux messages de ce blog, en date des 27 et 31 août derniers) ; pour la réalisation, je n'ai aucun doute que Pascal, assisté si nécessaire d'hommes toutes mains, saura faire et qu'il sera inutile de mandater une des ces très coûteuses entreprises agréées pour la restauration des monuments historiques ;

- pour l'allée principale du manoir, je prends acte du fait que les travaux d'entretien que j'entends y mener ne seront pas subventionnés ; le bon côté de la chose est que je suis dispensé de préparer tout dossier compliqué ainsi que de faire intervenir quiconque autre que mes employés ; nous pourrons donc avancer à notre seul rythme, en tenant compte seulement de la météo et de ce que nous découvrirons sur place, au fur et à mesure de ce chantier.

Je suis donc très satisfait des positions ainsi exprimées par l'administration. Elles sont claires, aussi simples à mettre en œuvre que possible et tout à fait adaptées, à mon avis, aux deux cas d'espèce.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 27 Octobre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Abords, Avenue, terrasse - Murs divers
Achetée le 6 mars dernier sous la pression de Pascal, la mini-pelleteuse a d'ores et déjà été utilisée 300 heures à la Chaslerie. En moins de huit mois, elle aura donc été amortie. Voilà une bonne nouvelle car je n'étais pas sûr que nous en aurions un usage suffisant. C'est tout de même un gros engin pour un particulier. Pascal est désormais expert dans sa conduite, ce qui n'était pas non plus évident "a priori".

Voici le plan sommaire des tas de pierres le long de la D22 que Pascal trie depuis 4 semaines :

Plan pour le suivi du tri des pierres le long de la D 22.

Sur ce plan, il y a 5 secteurs, marqués de 1 à 5. Chacun a 30 mètres de long. Chaque petit rond représente une benne de camion de terrassier ; certains ronds sont plus grands, lorsque le terrassier a déversé son chargement 2 ou 3 fois au même endroit. Les ronds rouges (il y en a 8, je le précise car les couleurs sont mal passées au "scanner") représentent des tas de granite, les bleus, de grès, et les verts, de grès mélangé à de l'argile (donc plus longs à trier).

Lorsque j'ai dressé ce plan, le 9 octobre dernier, Pascal, qui travaille du Sud au Nord (donc en direction de Lonlay), en était rendu au tiers du secteur 2, là où l'on voit sur mon schéma de tout petits ronds (ils correspondent à des tas de grès trié selon la taille). Aujourd'hui, il travaille au niveau du tiers du secteur 4 ; il a donc dépassé la zone des cerisiers sauvages (marqués par de petites croix sur le plan). Il lui reste ainsi à trier 8 tas dans le secteur 4 et 6 dans le secteur 5. Sachant qu'il passe en moyenne une demi-journée par tas, il n'aura pas terminé avant la fin de la semaine prochaine, si le temps reste propice. Autrement dit, il en aura eu pour 6 semaines de travail, malgré les coups de main précieux de Bernard et de Claude.

Ce sera quand même une bonne chose de faite. On y verra enfin clair dans l'état de nos stocks avant de se lancer, éventuellement, dans les travaux nécessaires au niveau des douves...

Il va donc falloir déposer une demande d'autorisation préalable pour la restauration de l'allée principale.

C'est l'occasion d'évoquer ici les plans cadastraux dont je dispose à ce sujet. Pour la clarté de l'exposé, je vais partir du plus récent puis remonter dans le temps. (N.B. : la présente rédaction de ce message tient compte des découvertes que j'ai faites aux archives départementales de l'Orne le 25 novembre 2010, et dont je rends compte, sous l'onglet "Sujets divers", dans un message du 26 novembre 2010 ; en particulier, je m'interroge désormais sur la justesse des deux derniers plans ci-après).

Le plus récent a été préparé dans le cadre du remembrement de La Haute Chapelle qui était en cours lorsqu'en 1991, j'ai acheté la Chaslerie. Il est présenté ici de façon telle que "grosso modo", le Nord soit à gauche. Trois parcelles apparaissent sur cet extrait : en haut, celle du manoir (ZT 5), en bas celle de la ferme (ZT 2), à droite celle des agriculteurs les plus proches (géographiquement), actuellement les frères VINCENT (ZT 4).

Le plan cadastral lors du dernier remembrement.

C'est sur la base de ce plan que, dans le cadre de ce remembrement, l'essentiel des terres de la Chaslerie a été regroupé en une seule parcelle. En fait, ce plan n'est pas celui qui dit le droit actuellement ; il représente en effet ce qui serait advenu si ma voisine de l'époque, Jeannette LEVEQUE, n'avait pas renié sa parole en cours de remembrement (pour le détail de cette sale affaire, voir à l'onglet "Sujets divers", neuf messages mis en ligne en novembre 2010). On pourra noter qu'à l'intérieur de ces parcelles consécutives à une étape du remembrement (mais c'est également vrai sur le plan définitif où aurait dû être retracé le dernier avatar), toute trace de haie ou de fossé a disparu (même les douves, ce qui est un comble s'agissant d'un monument historique classé !). Est-il utile que j'indique que, de mon point de vue, ce plan, ainsi laminé, constitue de fait un encouragement à faire disparaître toute haie du bocage environnant, un "pousse-au-crime" bien inutile en l'état des mœurs de certains agriculteurs peu enclins, à l'évidence, à défendre la beauté des sites ?

Deuxièmement, le plan qui était en vigueur juste avant ce remembrement. Sur cet extrait, le Nord est en haut à gauche. Là, le géomètre avait encore respecté les limites des parcelles traditionnelles.

Cadastre en vigueur jusqu'au début des années 1990.

L'allée principale y était clairement représentée et l'on voit même que, curieusement pour qui a connu les lieux depuis quelques décennies, elle s'infléchissait sur la droite entre les anciennes parcelles 27 et 29, avant, semble-t-il de longer, au niveau de l'avant-cour du manoir, le mur de la chapelle au manoir. Ce plan avait en outre l'intérêt de représenter la charretterie dans son emprise d'origine (à côté du 12) ainsi que des bâtiments aujourd'hui démontés ou même disparus (en particulier le fournil de la cave, le bûcher de l'arrière-cour du manoir - près du 15 -, ou des granges diverses à proximité de la ferme). Ce plan montre également le circuit des douves dans son état des années 1950, avec l'arrivée de l'eau à l'angle Sud-Est des douves, une première sortie en limite Sud de la parcelle 9 et une sortie importante au Nord de la parcelle 8.

Troisièmement, voici un plan datant, semble-t-il, du milieu du XIXème siècle, tel que Nicolas GAUTIER l'avait copié je ne sais où :

Le plan cadastral qui devait être en vigueur dans la seconde moitié du XIXème siècle.

Sur l'allée principale, il ne nous apprend pas grand chose, sauf peut-être qu'avant de déboucher devant la cour du manoir, elle s'incurvait nettement dans l'avant-cour (où figurait une construction disparue - j'ai entendu parler d'une forge, on l'aperçoit d'ailleurs sur certaines cartes postales du début du XXème siècle, cf photothèque -). Ce plan du XIXème siècle nous montre surtout en quoi consistait alors le circuit des douves, avec un arrivée fraîchement creusée au Sud-Est du manoir ainsi q'une sorte de canal recourbé selon les lignes du terrain au Nord-Ouest. Je signale également que n'apparaît pas sur ce plan le bâtiment Nord, ce que semble contredire un témoignage reçu récemment en "Sujets divers" sur ce site internet (à propos d'un cadran solaire daté de 1815 et aujourd'hui disparu).

Quatrièmement, le plan dit "du cadastre napoléonien", copié ici par Nicolas GAUTIER sur l'original conservé aux archives départementales à Alençon :

Copie par Nicolas GAUTIER du plan dit

Si cette copie est exacte, la principale information que j'y découvre tient au fait qu'avant de franchir la douve Sud, l'allée principale passait entre deux petites parcelles qui me semblent témoigner de la présence très ancienne, à cet endroit, de deux pavillons d'entrée ou d'un châtelet. Apparemment, ces constructions avaient déjà disparu à l'époque de ce plan mais on en conservait encore la mémoire. Quant aux douves, l'on voit qu'il en restait un bout derrière la charretterie et l'on a confirmation de l'implantation de leur ancienne arrivée d'eau, un circuit que j'ai fait recreuser dès 1991.

P.S. du 26 novembre 2010 : il semble que la copie par Nicolas GAUTIER du "plan cadastral napoléonien" (en fait, plan de 1824) comporte des erreurs. Je signale que je donne aujourd'hui la bonne version de ce plan dans un message édité sous l'onglet "Sujets divers".

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 02 Novembre 2010
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Abords, Avenue, terrasse - Murs divers
Projets relatifs aux douves (1/10) :

Je viens de prier Lucyna GAUTIER de préparer le dossier de demande d'autorisation de la restauration des douves de la Chaslerie. Je rappelle que ces douves sont classées au titre des monuments historiques, de sorte que l'on doit respecter un certain nombre de procédures ; en contrepartie, on peut solliciter des subventions.

Je ne sais, à ce jour, si ces travaux pourront être menés à bien de mon vivant. Ils seront en effet très lourds, en tout cas à mon échelle. A titre d'exemple, il a fallu trois ans de travail aux maçons, de septembre 2006 à juillet 2009, pour restaurer le mur de terrasse dont le cubage est de 120 m3. Avec les douves, et pour s'en tenir au seul mur d'escarpe, nous parlons d'un cubage de 500 m3 de maçonnerie.

Disons que ce serait pour moi une très grande satisfaction de pouvoir mener à bien ce projet et redonner ainsi à la Chaslerie tout son ancrage dans le paysage du bocage domfrontais. Je vais donc faire de mon mieux mais je ne maîtrise pas tous les éléments du dossier, notamment en termes de financements ainsi que de disponibilité pour surveiller le chantier.

La restauration des douves serait bien entendu réalisée en plusieurs tranches. Toutes n'ont certainement pas le même degré d'urgence.

Il paraît d'ores et déjà inévitable de lancer rapidement la restauration du mur Ouest de la douve Nord. Les travaux devraient y être en tout point analogues à ceux effectués sur le mur Ouest de la douve Sud, de novembre 2007 à mars 2008.

Je préciserai, dans de prochains messages ici, ce qui a déjà été fait sur les douves depuis 1991 et ce qui reste à y entreprendre.

Projets relatifs aux douves (2/10) :

Il me semble que le plus simple, pour présenter les travaux à effectuer sur les douves, est de nous promener au fil de l'eau.

Je me propose donc de rédiger une suite de messages qui seront consacrés, les uns après les autres :
- au bief amont, qui se trouve à 500 mètres environ au Sud-Est du manoir, sur le cours du Beaudouët ;
- au canal d'alimentation des douves, qui commence à une bifurcation du bief amont et finit au milieu de la douve Sud ; ce canal a donc plus de 500 mètres de long et nous examinerons ses trois sections, notamment son débouché dans la douve Sud où l'érosion a beaucoup détérioré les terrassements de 1991 ;
- au mur Ouest de la douve Sud, qui a donc déjà été restauré en 2007-2008 ;
- au mur d'escarpe, long de 130 m et représentant 500 m3 de maçonnerie, qui retient les terres du Pournouët le long de la douve Est ;
- au mur Ouest de la douve Nord, dont la restauration, dont je montrerai l'urgence, est d'ores et déjà programmée pour les prochains mois ;
- au bief aval, qui se trouve au coude entre la douve Est et la douve Nord et qui devrait comporter de nouveau un dispositif de barrage pour permettre à l'eau de monter dans les douves ;
- au canal de sortie des douves, long de quelques dizaines de mètres avant sa jonction avec le lit du Beaudouët.

Je rappelle que le Beaudouët (ou Choisel) est un ruisseau affluent de l'Egrenne au lieu-dit Gué-Viel, un nom qui désigne à l'évidence un vieux gué. Comme expliqué à l'onglet "Histoire" de ce site internet, je suis d'avis que c'est ce vieux gué qui a justifié l'implantation d'un manoir à la Chaslerie. Enfin, je signale que, pour l'administration, le Beaudouët est un "cours d'eau de première catégorie", ce qui signifie qu'il est considéré comme fréquenté par des salmonidés.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 04 Novembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Chapelle - Charretterie - Murs divers
Projets relatifs aux douves (5/10) :

Troisième étape de notre promenade : le mur Ouest de la douve Sud.

Lorsque nous avons acheté la Chaslerie, il était dans un bien triste état :

30 janvier 2007, état du mur Ouest de la douve Sud avant sa restauration.

Il fallait avoir le moral - n'est-ce pas ? - pour en entreprendre la restauration. Pourtant, cet état catastrophique n'était pas exceptionnel à la Chaslerie, avant que je ne reprenne les choses en mains (mais c'est là un autre sujet, sur lequel j'envisage de revenir en décembre prochain, pour marquer le 20 ème anniversaire de ma découverte du manoir...).

Voici le plan qu'en avait dressé la S.C.P. OLLIVIER-PELLE au début de 1992 :

Janvier 1992, la partie Ouest de la douve Sud.

On y lit les 4 mètres de dénivelé de la douve, au Sud de la chapelle. Les vestiges du mur n'y ont même pas été figurés, ce qui montre à quel point ils paraissaient dégradés aux yeux d'hommes de l'art.

A partir de l'automne 2007, CLaude MARTIN a mené à bien la restauration de ce mur, avec l'aide de Pascal que je venais alors de recruter. Voici les principales étapes de cette restauration :

- les premiers coups de pelleteuse pour récupérer les pierres et faire place nette :

23 novembre 2007, le démarrage du chantier.

Cette phase des travaux est assez impressionnante, je trouve :

23 novembre 2007, le terrassier fait rapidement place nette.

En une journée de terrassement, le paysage était transformé. Mais nous avions redécouvert des canalisations oubliées qui n'avaient pas résisté au choc...

23 novembre 2007, une journée bien occupée.

- Une première semelle en béton fut ensuite coulée...

29 novembre 2007, la première coulée de béton.

... puis, la première n'ayant pas semblé suffisante, une seconde :

4 décembre 2007, coulée de la seconde semelle de béton.

- Ensuite commença la remontée du mur :

10 janvier 2008, Pascal et Claude au travail.

Bernard venait parfois aider à charrier les pierres :

24 janvier 2008, toute l'équipe rassemblée.

Bientôt, le mur entre la chapelle et la douve fut emporté par le tourbillon... Parfois, il gelait sur le chantier mais cela n'interrompait pas nos compères :

14 février 2008.

- Il fallut mettre en place un regard pour pouvoir visiter les canalisations réparées :

15 février 2008, pose d'un regard.

- Bientôt, il fut temps de rétablir un dos d'âne en haut du mur :

6 mars 2008, on approche du but.

Les derniers fignolages, avant le rejointoiement :

7 mars 2008.

Enfin, un beau résultat, qu'on regarde ce mur de l'Est

19 décembre 2009, le mur des douves sous la neige.

ou de l'Ouest :

15 août 2009, effet de soleil levant derrière le mur Oust de la douve Sud.

Sur le mur Ouest de la douve Nord, c'est le même type de travaux qu'il faudra réaliser.

A l'expérience, peut-être conviendra-t-il d'y positionner plus bas la semelle de béton. C'est en effet le seul (petit) regret que j'éprouve après avoir restauré le mur Ouest de la douve Sud.

P.S. du 8 novembre 2010 : Lors de ma promenade d'hier, j'ai pris une photo de ce mur de l'intérieur de la douve Sud sous un angle inédit. Voici ce que cela donne :

7 novembre 2010, le mur Ouest de la douve Sud vu de l'intérieur de la douve.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 05 Novembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Murs divers - Références culturelles
Projets relatifs aux douves (6/10) :

Quatrièmement, le mur d'escarpe. Comme on le sait, ce mur borde à l'Est le terrain dénommé Pournouët. Ce Pournouët est la pièce de terre rectangulaire (130 m x 60 m) qui se trouve juste en contrebas de la terrasse du manoir.

Voici dans quel état se trouvait la douve Est au tout début de l'été 1991, c'est-à-dire abandonnée depuis longtemps, complètement envasée, des arbres et arbustes de diverses essences en ayant colonisé le mur d'escarpe ; il y avait notamment là des buis datant, à l'évidence, de l'Ancien Régime :

Juillet 1991, Walter et son grand-père, Marc CHASTEL, se promènent à l'extérieur du Pournouët.

Voici une autre photo, prise en juillet 1991, alors que les terrassiers venaient tout juste de commencer à curer les douves :

Juillet 1991, la douve Est vue du Sud-Est.

On voit sur ces photos que le mur d'escarpe avait alors disparu sous la vase et la végétation.

Voici maintenant la douve Est, vue du Sud, quelques semaines plus tard, peu après le passage des terrassiers :

Août 1991, la douve Est vue du Sud, juste après le passage des terrassiers.

Et la voici à la même époque, vue du Nord, c'est-à-dire du bief aval :

Août 1991, la douve Est vue du Nord.

Spectaculaire, non ? En fait, le fossé ainsi recreusé avait, à l'Est du Pournouët, environ 2,5 mètres de profondeur, ainsi que l'a constaté le géomètre-expert :

Janvier 1992, plan d'une section de la douve Est, vers le milieu de sa longueur.

Point notable, on comprend également, à l'examen minutieux de ce plan, que les bords du Pournouët se sont effondrés depuis longtemps dans les douves, et que cela représente un bon mètre supplémentaire de dénivelé, de sorte qu'il faudrait peut-être, dans le cadre de travaux de restauration de grande ampleur, rétablir le terrain du Pournouët à son niveau initial sur son bord.

Mais, trêve de plans sur la comète, je reprends le fil de ma présentation des réalités tangibles : voici encore une photo, prise à peu près du même endroit que la première ci-dessus (celle ou Walter se promène avec son grand-père). Un grand ménage avait donc été fait, moins de deux mois après l'achat du manoir !

Août 1991, la douve Est et le manoir vus de l'Est.

Mais la nature reprit vite ses droits. Depuis 1991, plus rien n'ayant été entrepris sur cette douve Est, elle s'est de nouveau envasée, au moins partiellement. Et des arbres se sont remis à pousser spontanément à proximité immédiate du mur.

Voici en effet une photo, prise hier, de la douve Est vue du Nord, près du bief aval :

4 novembre 2010, la douve Est vue du Nord.

Cette photo peut être rapprochée de l'avant-dernière ci-dessus. On peut constater la rapidité du réenvasement en l'espace d'une petite vingtaine d'années. Il est vrai que, tant que les douves ne sont pas en eau, l'érosion (due notamment à la chute d'eau à l'arrivée du canal d'alimentation dans la douve Sud) ne peut que produire de tels effets.

Lors de la restauration du mur d'escarpe, il sera donc nécessaire de curer, de nouveau, cette douve.

Mais ce fameux mur d'escarpe, me direz-vous, on n'a guère fait mieux à ce stade que l'entrevoir fugitivement.

En effet. En voici donc quelques aperçus plus évocateurs. Les photos ont été prises "quand on s'promène au bord de l'eau", je veux dire de l'amont vers l'aval :

- à l'angle entre la douve Sud et la douve Est :

13 octobre 2009, le Sud du mur d'escarpe.

- quelque part vers le milieu dudit mur :

13 octobre 2009, un endroit où le mur d'escarpe est facilement visible.

- un peu plus loin :

13 octobre 2009, un endroit où le mur d'escarpe est largement dissimulé sous la terre.

- enfin, tout au Nord de la douve Est :

13 octobre 2009, le Nord du mur d'escarpe.

Mais le mur d'escarpe ne se borne pas à retenir la terre du côté de la longueur du Pournouët. Il apparaît également sur sa largeur, comme on le voit à l'angle Sud-Est de la douve Nord, au moins jusqu'au pied de Bernard sur cette photo :

27 août 2010, le retour du mur d'escarpe.

En fait, lors des terrassements de 1991, nous avons veillé à ne pas toucher ce mur avec les engins de chantier. Il est donc resté là, bien au chaud sous la terre, comme on l'a vérifié en effectuant un sondage à un endroit choisi au hasard :

13 octobre 2009, sondage au pied du mur, à la recherche de sa base.

Compte tenu de ce sondage, de la profondeur du fossé après restauration et de la nécessité de rebâtir un parapet au-dessus du mur, on peut estimer que la hauteur de maçonnerie à restaurer serait de 4 mètres au-dessus de la semelle de béton à prévoir. Sachant que le mur a 130 mètres de long, soit 150 mètres au moins avec les retours, on peut estimer, sur la base d'une épaisseur de 80 cm (identique à celle du mur de terrasse), que le cubage de maçonnerie du mur d'escarpe approcherait les 500 m3, soit plus de quatre fois plus que le mur de terrasse.

Donc, si j'arrive à trouver les financements nécessaires, il sera inévitable de prévoir, pour ce seul mur d'escarpe, plusieurs tranches espacées dans le temps. Au moins trois.

S'il y en avait trois, je pense qu'il serait préférable, plutôt que de remonter un tiers de la hauteur du mur sur toute sa longueur, de commencer par remonter la totalité du tiers central du mur, les tiers Nord et Sud venant ensuite.

Tel qu'il se présente aujourd'hui, il doit rester 200 m3 de pierres sur ce mur d'escarpe. Compte tenu du stock dont je dispose par ailleurs (en cours de tri, le long de la D 22, comme l'on sait), j'aurai du mal à trouver les 500 m3 en question.

Alors que, pour le mur Ouest de la douve Sud comme pour le mur de terrasse, nous avons monté une maçonnerie à double parement, peut-être serait-il suffisant ici de se contenter, au moins sur 2 à 3 mètres de haut à partir de la semelle, d'une maçonnerie à simple parement.

Il faudra en tout état de cause assurer la stabilité dans le temps de la semelle, donc donner à celle-ci une épaisseur suffisante.

Enfin, aux deux angles Nord-Est et Sud-Est du Pournouët, on pourrait imaginer de faire ressortir comme des bases d'anciennes tourelles, de manière à y aménager des belvédères, ainsi que l'avait suggéré Marc LECHIEN, le paysagiste recommandé par Nicolas GAUTIER, qui avait, dès 1991, réfléchi au futur aménagement en jardin du Pournouët. Afin de mûrir un tel projet, il semblerait judicieux de phaser le chantier comme je viens de le proposer.

P.S. du 8 novembre 2010 : Voici une photo, prise hier, à peu près sous le même angle que celle faisant apparaître, ci-dessus, Walter et son grand-père :

7 novembre 2010, le manoir vu de l'extérieur du Pournouët.

A noter, pour la bonne compréhension de l'évolution du panorama, qu'un chêne, qui était visible à hauteur de la douve Est, a été abattu suite à la tempête de 1999.