Message #52689

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 25 Décembre 2021
SVAADE (A.G.) - SVAADE (travaux) - Transmission du patrimoine - Désultoirement vôtre ! - SVAADE
Lors de la séance du bureau à laquelle nous assistions avant l'A.G. de la SVAADE, Carole a demandé que le "Bail" soit résilié automatiquement en cas de vente de la Chaslerie. L'idée mise en avant était que l'existence du "Bail" plomberait la valeur vénale du "Bien", un acquéreur éventuel se sentant nécessairement gêné par la présence d'un tiers dans les lieux. Ainsi présentée, cette idée paraît exacte, donc le bureau a suivi, d'autant que je ne m'y suis pas opposé, ceci pour valoriser l'intervention de mon épouse afin qu'elle ne puisse pas se plaindre que c'est moi qui lui impose tout ce montage sans lui laisser voix au chapitre.

A la réflexion, je me dis que cette approche ignore à quel point le montage de l'"usine à gaz" a été difficile, notamment pour moi qui ai dû, de surcroît, opérer dans le brouillard des textes, et fait aussi l'impasse sur tous les services qu'elle peut rendre au nouveau propriétaire, quel qu'il soit.

Donc je rumine en cette journée de Noël une nouvelle rédaction de cette clause du "Bail" qui pourrait disposer que "En cas de vente du Bien ou de décès ou d'incapacité du Bailleur, le Bail se poursuit, sauf si le nouveau propriétaire, à condition qu'il ne soit pas parent au 4ème degré du Bailleur, demande qu'il soit résilié."

De la sorte :
- si le nouveau propriétaire appartient à ma famille, le Bail se poursuit nécessairement, sans que je lui laisse le choix, ce qui aurait pour conséquence que la valeur vénale du Bien au moment où il me relaie s'en ressente nécessairement, dans l'intérêt de ce parent ; je fais en outre l'hypothèse, non triviale à mes yeux, que mon successeur familial soit suffisamment intelligent pour avoir compris les avantages, pour lui, du Bail ;
- si, au contraire, le nouveau propriétaire m'est étranger, alors il a toute latitude pour mettre fin au Bail, une fois cependant qu'il a bien pesé le pour et le contre, dans son cas, de l'existence de l'"usine à gaz".

Derrière tous ces raisonnements, il y a un double constat sans appel :
- qu'en l'état du chantier et du marché immobilier, la vente de la Chaslerie se traduirait pour moi par une énorme moins-value. J'accepte le principe de cette moins-value que, seul, je ne saurais réduire significativement, même en y consacrant toute mon épargne financière résiduelle et la fin de mon existence ; il est même vraisemblable que, parti comme c'est parti, si je persistais à supporter plus longtemps la charge du monument, j'y laisserais nombre de plumes supplémentaires jusqu'à me retrouver carrément à poil et d'autant plus rapidement bon pour l'hospice que ma santé a déjà connu diverses alertes ;
- que mon successeur, quel qu'il soit, "entrerait" à la Chaslerie sur la base d'un prix de revient très bas. Autrement dit que tout se passerait comme dans le cas d'une entreprise fondamentalement saine pour un repreneur mais obérée pour l'actionnaire failli par des dettes considérables. Il y a là matière à opérer ce que les financiers appellent un "coup d'accordéon". C'est-à-dire que je quitterais la scène avec un pécule très inférieur à ma mise mais que, pour le successeur, l'avenir serait beaucoup plus riant. Pour lui en effet, la finalisation du programme de restauration du monument se traduirait, une fois prises en compte les subventions probables et les économies fiscales imaginables, par une mise supplémentaire nette qu'il devrait, lui, retrouver en cas de revente ultérieure.

En clair, l'alternative est simple :
- ou bien mon aîné cesse de faire glisser devant moi l'horizon de son relais éventuel, comme il s'en est fait la spécialité depuis trop longtemps, donc me déclare enfin être prêt à me succéder très rapidement dans ce dossier qui aura été l’œuvre de ma vie ("ma danseuse", selon ce délicieux commentateur),
- ou bien j'enclenche le processus de vente, sur la base d'un prix demandé tenant compte de l'état du marché mais dans le haut de la fourchette, donc sans précipiter les choses nécessairement ; je le fais dès que je dispose de l'étude préalable que l'on sait, qui fournira aux candidats acquéreurs le descriptif professionnel de l'état des lieux et le devis détaillé du programme de travaux restant à mener, dans l'hypothèse du moins où l'acquéreur retenu n'en rabattrait pas sur le souci, qui aura été permanent pour moi, que les travaux soient menés "dans l'intérêt du monument" et en veillant au respect constant de la "qualité FOURCADE".

En résumé et alors que je deviens septuagénaire, j'ai pris mon parti du fait que, dans tous les cas de figure, la fin de la récréation sera très bientôt sonnée.

Pour moi, le temps de la patience est révolu.

Commentaires