Quelle trace laisserons-nous de notre passage sur la Terre ?
A ceci, Franz-Olivier GIESBERT répond de diverses façons.
Il tombe amoureux constamment, épouse chaque fois et souvent fait des enfants. Je me dis que sa trésorerie doit être obérée de nombreuses pensions alimentaires.
Deuxièmement, il écrit des romans. Le style en est enlevé, et je les lis chaque fois avec sympathie. Comme le dernier, "Un très grand amour", où il avertit d'emblée que "Ceci est un roman et il ne faut pas le lire autrement. Tous les personnages de ce livre sont purement imaginaires, sauf l'amour, le cancer et moi-même".
Dans ce "roman", donc, il confie, troisième méthode (en page 146 de l'édition parue l'an dernier chez Gallimard) : "Quand arriva l'été, je vécus une période étrange. Je n'avais plus envie de rien. Je faisais des siestes de deux heures, parfois plus, et passais le reste de mon temps dans le potager, à m'occuper de mes grosses tomates russes en rêvassant à l'organisation de mes obsèques. A la partition musicale, surtout. Je voulais être enterré sans fleurs ni couronnes ni discours, mais avec quelques-uns de mes airs préférés. J'ai retrouvé , dans de vieux papiers, une des dernières listes que j'avais établies avant la rentrée des classes. Je désirais que les morceaux fussent joués dans cet ordre :"
Suit cette liste que je complète en insérant, grâce aux vertus de la toile, les liens correspondants chez "Youtube" :
- "I came to believe" par Johnny Cash http://www.youtube.com/watch?v=BtW-KB5T83A
- Le "Kyrie" du "Requiem" de Mozart par l'orchestre philarmonique de Vienne, sous la direction de Karl Böhm http://www.youtube.com/watch?v=jqkMbk8eX6Y (après 6 minutes et 45 secondes de cet enregistrement)
- l'"Adagio" de Samuel Barber http://www.youtube.com/watch?v=1dPDO3Tfab0&feature=related (là, c'est moi qui choisis une version avec poème)
- "The Dock of the Bay" par Otis Redding http://www.youtube.com/watch?v=UCmUhYSr-e4
- L'"Ave Maria" de Caccini par Inessa Galante http://www.youtube.com/watch?v=0KSY6Ek4daA&feature=related (sans doute mon air préféré dans cette série...)
- "O Mio Babbino Caro" par Maria Callas (extrait de "Gianni Schicchi" de Puccini) http://www.youtube.com/watch?v=Rxy4qrnKwVo&feature=related
- "Unchained Melody" par les Righteous Brothers http://www.youtube.com/watch?v=t-idDbIfGvw
- "E Lucevan le Stelle" par Luciano Pavarotti (extrait de la "Tosca" de Puccini) http://www.youtube.com/watch?v=boBaYL8ZnrM
- L'air de la "Suite orchestrale n° 3 en "ré" majeur de Bach http://www.youtube.com/watch?v=qHJRaqaHiEc&feature=related (un autre air que j'aime beaucoup)
- "You Never Can Tell" par Chuck Berry http://www.youtube.com/watch?v=uuM2FTq5f1o
- L'"Agnus Dei" du "Requiem" de Fauré http://www.youtube.com/watch?v=FSi-7lxTtcU
- "Tou' Adhimou Mafsi" ("Mon âme exalte le Seigneur") par Soeur Marie Keyrouz http://www.keyrouz.com/indexfr.html (ceci est son site officiel, je n'ai pas trouvé l'air en question...)
- Le rondo (allegro) du "Concerto pour violon" opus 61 de Beethoven, par Yehudi Menuhin, avec l'orchestre philarmonique de Berlin, sous la direction de Wilhelm Furtwängler http://www.youtube.com/watch?v=1iM7sEtli44&feature=related (désolé, je n'ai pas trouvé la bonne version...)
- "Sunny Afternoon" par les Kinks http://www.youtube.com/watch?v=1h1oRP7FfBw
- "Libiamo Ne Lieti Calici" par Maria Callas et Francisco Albanese (extrait de "La Traviata" de Verdi) http://www.youtube.com/watch?v=Ks8BgruaQ34
- "Ya Rayah" par Rachid Taha http://www.youtube.com/watch?v=DuPhCmmfKiE
- "What a Wonderful World" par Louis Armstrong http://www.youtube.com/watch?v=xotoDy5806Y
- "La Bodega" par Chico and the Gypsies http://www.youtube.com/watch?v=cpT7Po06B4s
FOG conclut cette liste en commentant : "Du pathos, des clins d'oeil, du second degré. Il y en avait pour tout le monde. Pour le bouffon que j'étais, il fallait que mes funérailles fussent, en dernier ressort, inattendues à défaut d'être désopilantes".
Dans les fracas du siècle, je trouve que cette façon de tirer sa révérence ne manque pas d'élégance. Mais n'oublions pas trop vite que nous n'en sommes pas encore à la fin de l'été.
