Menuiserie

J'avais souhaité une deuxième réunion de chantier, trois semaines après la première, non seulement parce que le compte rendu de celle-ci ne m'était toujours pas parvenu, mais surtout parce que je pensais qu'un tête-à-tête avec Arnaud PAQUIN serait utile pour préciser certains points qui m'avaient échappé lors des débats précédents avec les artisans. Et le fait est que cette seconde réunion aura été très utile pour moi.

Nous nous sommes tout d'abord rendus au 1er étage de la tour Sud-Ouest pour examiner, en présence de Christian, les désordres de la charpente, au-dessus du passage vers la salle dévastée. On se souvient qu'une sablière intérieure a tourné (ou avait été mal posée consécutivement à l'incendie de 1884) en avant du plan du parement. A son habitude (il avait fait la même chose il y a trois semaines, cette fois-là dans les combles du colombier), Arnaud PAQUIN, a escaladé la charpente tel un singe (avantage de n'avoir que 40 ans)...

12 juin 2018.

... et s'est mis d'accord avec Christian sur les modifications à effectuer, une fois que le linteau que l'on sait aura fini d'être relevé :

12 juin 2018.

Je retiens qu'il résulte des observations d'Arnaud PAQUIN que, consécutivement à l'incendie de 1884, la charpente du logis a fini d'être restaurée avant que ne commence la restauration de la charpente de la tour Sud-Ouest. C'est ce qui explique la présence de ce surprenant bout de sablière en porte-à-faux, preuve d'un certain bâclage du travail d'alors.

Dans la "pièce dévastée", Arnaud PAQUIN a relevé au laser tournant les cotes du sol :

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Il en ressort que la hauteur disponible pour l'isolation thermique ou le revêtement futur (vraisemblablement un parquet) n'est que de 7 cm par rapport au seuil constitué par le granit du dallage de la cage d'escalier du logis.

13 juin 2018.

13 juin 2018.

Comme je m'en doutais, Arnaud PAQUIN recommande de conserver ce seuil comme niveau 0, c'est-à-dire de ne pas introduire de marche dans la salle dévastée, marche destinée à accroître l'épaisseur disponible. Par voie de conséquence, il est exclus (du moins à ce stade de nos réflexions) de recourir à la solution d'un chauffage par le sol dans ce volume où nous nous en tiendrions donc au réemploi de radiateurs de fonte dans les embrasures de fenêtres. Il faudra commencer par poser des lambourdes sur les entrevous du sol, puis par remplir les interstices avec un produit isolant (dont je n'ai pas retenu le nom). Comme il ne sera pas dans mes moyens de restaurer le parquet en question (car la restauration du plafond devrait passer avant et sera coûteuse si on veut faire les choses bien), il conviendra que Christian fixe provisoirement auxdites lambourdes un dallage léger de bois permettant de ne pas abîmer l'isolation nouvelle tout en redonnant un certain usage à la pièce, notamment aux fins de garde-meubles dans un premier temps.

Toujours au premier étage du logis, cette fois dans mon ancienne chambre (au-dessus de la salle-à-manger), Arnaud PAQUIN est, comme moi, d'avis que le parquet à marqueterie bricolée dans les années 1950 (sans doute à partir de vestiges d'un appartement du quartier de la rue de l'Alboni à Paris issu de la fortune GOUPIL, telle qu'héritée par les LEVÊQUE) ne mérite pas d'être conservé :

12 juin 2018.

Nous le ferons donc sauter et, dans la foulée, en profiterons pour faire sauter l'horrible truc peint en crème entre les solives qui le supportent...

12 juin 2018.

... et, tant qu'on y est, remplacerons les deux poutres au plafond de la salle-à-manger et ferons en sorte que les nouvelles solives respectent la règle du "tant pleins que vides". Et, encore, si mon porte-monnaie n'est pas asséché, ferons en sorte que les corbeaux, tous détériorés par l'incendie de 1884, soient remplacés, ...

12 juin 2018.

... y compris au plafond des pièces au rez-de-chaussée des tours, ...

12 juin 2018.

... par des granits conformes à l'original, tel qu'on a pu l'observer au manoir du Bas au Teilleul.

Pour ce qui concerne le passage, au premier étage du logis, entre mon ancienne chambre et la tour attenante, Arnaud PAQUIN et moi sommes d'accord pour ne pas en relever le linteau, bien que bas, car celui-ci, pourtant réalisé en béton à la suite de l'incendie de 1884, ...

12 juin 2018.

... nous semble de forme suffisamment harmonieuse pour être conservé en l'état, si possible.

A ce sujet, tout dépendra des découvertes que l'on fera lorsque, dans 15 jours et avec le concours d'Igor, je ferai tomber l'enduit des murs de la pièce du 1er étage de la tour Nord-Est.

Là, une fissure a retenu l'attention d'Arnaud PAQUIN :

12 juin 2018.

Elle lui semble caractéritique d'un cisaillement dû, par exemple, à un tassement relatif de la tour par rapport au corps du logis, ainsi que l'explicite son dessin suivant :

12 juin 2018.

Dans la chambre, de nouveau, Arnaud PAQUIN a observé un assemblage de pierres voisin du passage (plus précisément, entre la cheminée et le passage), ...

12 juin 2018.

... et s'est demandé si ce n'était pas là la trace d'une ancienne niche dans le mur. Je lui ai répondu que non car la même cicatrice est visible de l'autre côté du mur, ce qui donne plutôt à penser qu'il y avait là une ancienne ouverture, communiquant avec un volume qui se serait situé au-dessus de la chaufferie actuelle, au fin fond du bâtiment Nord (ou, plutôt, de ce qui l'a précédé car celui-ci, tel qu'il nous est parvenu puis que je l'ai modifié, date du début du XIXème, même s'il a été salement bidouillé du temps de mes prédécesseurs immédiats, comme en témoigne le "bleu des mers du Sud" cher à la veuve de mon vendeur).

Arnaud PAQUIN et moi sommes ensuite allés observer la qualité du travail de l'entreprise BODIN au rez-de-chaussée du logis. Il n'y a rien à signaler de particulier au passage entre la salle-à-manger et la tour Nord-Est.

En revanche, le matin-même, profitant de l'enlèvement des échafaudages qui obstruaient, depuis le début du chantier, le passage entre la cuisine et la salle-à-manger, j'avais observé que Sébastien n'avait pas tenu compte de ma commande formelle d'en relever le linteau de 30 cm mais s'était contenté de 8 :

12 juin 2018.

Je souhaitais donc recueillir l'avis de l'architecte sur l'attitude à adopter devant cette erreur, heureusement encore corrigeable facilement à ce stade du chantier.

Arnaud PAQUIN, ainsi consulté, est d'avis que je peux me contenter de la hauteur actuelle du linteau, donc laisser Sébastien poursuivre sur sa lancée, tout en négociant avec l'entreprise BODIN un "discount" sur sa prochaine facture. Je vais donc demander à Cédrick COOS de m'indiquer la solution qu'il préfère, y compris le "discount" qu'il serait disposé à me consentir à ce sujet.

Je voulais également qu'Arnaud PAQUIN me donne son avis sur le positionnement de la (ou des) porte(s) à installer dans ledit passage. Depuis les travaux des années 1950, il y avait là deux portes, l'une ouvrant dans la salle-à-manger et posée en applique sur le mur, l'autre, posée en applique dans la cuisine et ouvrant dans le passage.

Arnaud PAQUIN est d'avis que, compte tenu notamment de la présence d'une "grotte" dans le passage entre l'entrée et la salle-à-manger (je désigne ainsi le fait que la porte de séparation est posée côté entrée et ouvre vers la salle-à-manger, sans qu'il y ait de seconde porte occultant le passage en applique sur le mur Sud de ladite salle-à-manger), il n'y a pas d'inconvénient à procéder de même en face, dans le passage entre la salle-à-manger et la cuisine. La porte unique en question serait donc posée côté cuisine, contre la feuillure existant dans le granit, et ouvrirait vers le passage. Il n'y aurait plus de seconde porte comme il y en avait une depuis les années 1950.

A ce stade de mes réflexions, cette solution me semble la meilleure. Arnaud PAQUIN m'a toutefois fait observer que le parement de granit, à l'entrée du passage côté cuisine, date sans doute du début du XIXème siècle, c'est-à-dire de la construction du bâtiment Nord. Cette dernière remarque, si j'en tire je ne sais encore quelle conséquence, me paraît seule à même de pouvoir justifier à mes yeux un changement du parti proposé par Arnaud PAQUIN sur cette question.

Nous nous sommes enfin rendus dans l'"aile de la belle-mère". Arnaud PAQUIN a observé que le pied du mur Ouest du salon est désormais totalement perméable à l'eau de la moindre intempérie.

12 juin 2018.

12 juin 2018.

Il est néanmoins d'avis qu'il n'y a pas lieu de relever le sol, à l'intérieur de la pièce, de plus de la hauteur d'une marche. Il trouve que l'idée d'installer là le bureau-bibliothèque-de-mes-rêves est excellente, est d'accord avec moi pour prévoir une séparation entre ce bureau-bibliothèque et la cage d'escalier, est d'accord pour réfléchir à la forme de l'"escalier-en-facteur-commun" nécessaire, est d'avis qu'il y a lieu de supprimer la cheminée dans mon futur bureau-bibliothèque-de-mes-rêves mais considère que la pièce sera suffisamment vaste pour qu'il soit inutile d'en déplacer le mur Nord, enfin en infère comme moi qu'il y aura lieu de translater vers le Nord la fenêtre Ouest de cette pièce.

Tout cela me convient.

A l'extérieur du bâtiment, Arnaud PAQUIN a observé les lieux en détail et en a conclu qu'il serait souhaitable d'aménager une rigole en béton le long du mur Ouest de l'"aile de la belle-mère", rigole qui serait à réaliser sur le modèle suivant :

12 juin 2018.

Il est entendu que je ferai d'abord rechercher jusqu'où descendent les fondations de ce mur, y compris du côté de la tour Louis XIII. Je chargerai Igor de ce travail, à moins que Christian ne sache conduire la mini-pelle, ce que j'ignore à ce stade.

En repartant, Arnaud PAQUIN a observé les moulures du mur Sud de la cour...

12 juin 2018.

12 juin 2018.

... et en a déduit que ce mur datait de la première moitié du XVIIIème siècle, c'est-à-dire de l'époque où les LEDIN, à l'aise financièrement, avaient procédé à d'importants travaux d'amélioration sur leur résidence secondaire.

Je tâcherai d'en faire autant, bien que, dorénavant, la faible profondeur de mes poches me cause souvent des cauchemars.

En résumé, excellente réunion de travail avec Arnaud PAQUIN.

La balle est dans mon camp pour rechercher les fondations du mur "Ouest" de l'"aile de la belle-mère".

Elle est surtout dans le sien pour, dans les meilleurs délais :
- me fournir le mode d'emploi des isolations thermiques à incorporer au sol du rez-de-chaussée et du 1er étage du logis ;
- rédiger sa note d'expert à l'assureur suite aux dégâts des eaux ;
- définir l'"escalier-en-facteur-commun" de l'"aile-de-la-belle-mère".

P.S. : Relisant mes notes prises en vue de cette réunion ou au cours de celle-ci, ...

12 juin 2018.

... je m'aperçois que j'ai omis de parler ici de quelques autres sujets abordés hier. Ainsi :

- les peintures des menuiseries extérieures vont changer de qualité ; en effet, je ne suis pas satisfait de la peinture micro-poreuse que j'utilisais jusqu'ici, l'expérience ayant montré qu'elle mutait rapidement sous l'effet des ultra-violets pour donner un truc mauve salement blanchissant qui ne me plaît guère. A ce sujet, Arnaud PAQUIN recommande des pigments naturels et doit m'en communiquer les références, sachant que nous nous sommes mis d'accord sur un orange foncé dénommé "Vauban" dans la collection en question. Donc finis les délavements tristounes, ça va péter, ça va chanter, je ne vous dis que ça !

- à propos des vitrages des nouvelles menuiseries extérieures, des considérations tenant aux dimensions des petits bois conduisent Arnaud PAQUIN à recommander de changer la feuille de route de Sébastien LEBOISNE en substituant aux doubles vitrages prévus sur le projet de Benoît MAFFRE des verres feuilletés de qualité dite "Ruysdaël". Nous y perdrons en efficacité thermique (le coefficient "UG" doublant de 1,4 à 3), ce que j'aurai à signaler au plombier pour le dimensionnement du chauffage, mais nous y gagnerons beaucoup en solidité (il faut que je pense aux ballons de mes petits-fils...) et en esthétique. Donc j'ai donné mon accord de principe ;

- pour répondre à une remarque récente de Pascal BRESSON, Arnaud PAQUIN m'a confirmé que les petits bois des fenêtres de Sébastien LEBOISNE sont bien prévus avec des moulures contre-profilées ;

- enfin, j'ai fait part à Arnaud PAQUIN des difficultés que nous pourrions avoir à trouver un dallage de granit de la qualité "ad hoc" pour le sol de la salle-à-manger, tout en faisant valoir qu'il n'y avait pas de raison d'opter déjà pour un autre choix de revêtement. Les recherches se poursuivent donc, à la diligence de Frédéric LEBON de l'entreprise BODIN.

Accessoirement, je retiens qu'Arnaud PAQUIN m'a également parlé d'une retraite salutaire qu'il a effectuée dans un monastère du côté de Vichy comme des orientations du pape actuel, ce qui m'a beaucoup intéressé bien que cela sorte clairement du champ officiel de nos travaux.

P.S. 2 : Arnaud PAQUIN m'avait déjà prouvé ses qualités d'alpiniste il y a trois semaines, en escaladant la charpente du colombier. Après l'avoir ainsi observée de près, il m'avait confirmé que, comme me l'avait déjà affirmé Benoît MAFFRE et en dépit de ma résistance devant cette thèse, la charpente dudit colombier datait, y compris pour sa partie la plus massive, de l'époque où ce bâtiment avait reçu une couverture mansardée, donc du milieu du XVIIIème siècle. Autrement dit, toute trace d'une éventuelle charpente antérieure, de forme analogue à celle de la tour Louis XIII, a bel et bien disparu.

Je me range à cet avis, l'affaire est entendue et le dossier désormais clos pour moi.
J'expliquais à Arnaud PAQUIN ce matin que l'une des utilités de notre site favori pour moi est de me servir de pense-bête.

C'est ainsi que, relisant le compte rendu de sa visite d'avant-hier, je me dis que j'ai encore oublié de lui parler d'un certains nombre de projets supplémentaires que j'aimerais lui confier :

- au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII, la restauration de la porte, sans égard particulier pour le battant actuel qui doit être un ajout des années 1970 :

14 juin 2018.

Il faudra que préalablement, j'aie fait changer la pierre de seuil sans toucher aux jambages :

14 juin 2018.

A cette occasion, et s'il se confirme que la pièce en question ne servira pas de chaufferie (ce qui paraît probable), j'engagerai la fin de la restauration du dallage de son sol. Il en manque en effet quelque chose comme 2 m2, depuis les travaux d'Igor et de Jonathan il y a environ 5 ans :

14 juin 2018.

14 juin 2018.

14 juin 2018.

- la restauration de la porte du fond de la cour en conservant le principe d'une barre de bois pour la fermeture :

14 juin 2018.

- la restauration de la porte donnant accès au 1er étage de la tour Louis XIII, sans égard pour le modèle actuel, pour la même raison que précédemment :

14 juin 2018.

Cette porte est en effet en coma avancé :

14 juin 2018.

- surtout, la restauration prioritaire de la porte qui, de la chaufferie actuelle, donne accès à l'arrière-cour :

14 juin 2018.

Je voudrais que, sans en compromettre la solidité, cette porte comporte une partie vitrée protégée, par exemple, par des barreaux.

Quand je parle ici de "restauration", il faut comprendre que le champ est libre en ce qui concerne le décor de ces menuiseries extérieures qui doivent, avant tout, respecter une certaine cohérence par rapport au logis et, plus généralement, à ce que j'appelle "l'esprit des lieux".

Enfin, j'ai omis à tort d'évoquer mon souci de drainer le pied des murs des bâtiments sur cour, surtout sur les façades Nord et Est de cette dernière.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : vendredi 15 juin 2018 11:37
À : LEBOISNE Ebénisterie
Objet : RE: FENETRES


Oui, sauf impossibilité (ma mère a fait un malaise ce matin et je pars à Paris tout à l'heure). Mais Christian et Sébastien seront là.

Bien cordialement,

PPF

______________________________________________________

De : LEBOISNE Ebénisterie <leboisne0564@orange.fr>
Envoyé : vendredi 15 juin 2018 11:34
À : fourcade
Objet : FENETRES

Bonjour,

je n’ai pas pu venir cette semaine.
je reçois mes plaques translucides lundi
et on peut commencer le démontage Mardi 19 à 8 h30
serez vous présent ?

bonne journée
Sébastien Leboisne

(Fin de citation)
J’ai fait venir hier matin un démolisseur. Je souhaite en effet que, si possible, il recherche pour moi, pour la salle à manger, outre le dallage de granit que nous savons, des poutres et des solives de qualité manoriale ainsi que des corbeaux et - pourquoi pas ? - une cheminée plus authentique que celle que nous connaissons et dont Sébastien m’a montré à quel point elle avait été bidouillée dans les années 1950.

En sens inverse, je lui ai proposé de me débarrasser du parquet de mon ancienne chambre au premier étage du logis ainsi que de la cheminée du XIVeme siècle en provenance du manoir de Mebzon qui avait été installée là, toujours dans les années 1950, alors qu'elle n’a pas grand chose à y faire.
Lors d'une conversation téléphonique hier, Arnaud PAQUIN m'a mis en garde contre le risque que le réseau d'EdF ne permette pas de desservir notre manoir favori au "tarif jaune" nécessaire pour la géothermie (profonde), formule de chauffage qui, à ce jour, aurait ma préférence en dépit de son coût et en raison, notamment, de sa facilité d'entretien et du caractère non invasif de la chaufferie correspondante. Il me recommande le chauffage au bois et, comme je lui signale l'encombrement du stockage du bois déchiqueté et la lourdeur des manipulations de ce combustible, me pousse vers le chauffage aux granulés. Je vais donc chercher à me renseigner davantage sur cette solution.

Par ailleurs et plus généralement, compte tenu de l'importance et de la complexité du programme de restauration du logis, tel que je l'envisage à ce stade de mes réflexions, et de l'opportunité d'en cerner les ordres de grandeur du coût avant d'en planifier le calendrier, je souhaiterais (je n'en ai pas encore parlé clairement à Arnaud PAQUIN) lui confier la réalisation d'une "étude préalable" à ce sujet. Je vais d'abord essayer de savoir si la D.R.A.C. pourrait subventionner une telle étude. Je sais en effet qu'il y a quelques années, elle disposait d'une ligne de crédits pour cela.

De telles études préalables sont souvent susceptibles d'apporter, au moins aux tiers, des informations rares et intéressantes sur les monuments historiques qui en sont l'objet. A ce propos, j'ai cherché à me procurer l'étude préalable à la restauration de Notre-Dame-sur-l'Eau, une église qui fut longtemps considérée par les LEDIN (propriétaires de la Chaslerie jusqu'à la Révolution) comme leur chapelle familiale. Cette étude préalable vient d'être réalisée par un architecte du patrimoine autre que MM. MAFFRE ET PAQUIN. Selon mes informations, ledit architecte du patrimoine, qui m'avait promis de me communiquer ce document lorsque j'envisageais de le mandater pour succéder à Benoît MAFFRE, aurait demandé dernièrement à la mairie de Domfront, maître d'ouvrage en la matière, vers qui je me suis naturellement tourné (après avoir constaté que cet architecte du patrimoine ne tenait pas parole à mon égard), d'en freiner la diffusion au point que l'agent communal qui détient ce dossier vient de solliciter l'avis de la C.A.D.A. sur cette question.
J'avoue être d'autant plus surpris de cette évolution de ma requête que je pense être fondé, pour au moins trois raisons, à obtenir communication dudit document :
- je suis contribuable en France et cette étude a, j'imagine, été subventionnée par la D.R.A.C.,
- je paye des impôts locaux à Domfront-en-Poiraie et cette commune a dû prendre en charge, j'imagine, la part non subventionnée par l'Etat du coût de l'étude,
- l'histoire de cette église est intimement liée à celle du manoir dont je suis le propriétaire et je détiens des informations en la matière telles que je m'étonne de n'avoir pas été interrogé à ce sujet, parfois malmené par ceux que j'appelle, y compris CAILLEBOTTE (acheteur au kilo du chartrier de la Chaslerie qu'il a interprété à sa façon vers 1830), les "érudits locaux auto-proclamés".
J'attends donc avec impatience la réponse de la C.A.D.A. et, d'ici là au moins, m'interroge sur le comportement de l'architecte du patrimoine en question, qui ne tient pas parole et, si j'analyse bien la situation, chercherait ensuite à mettre des bâtons dans les roues à celui qui a choisi de ne pas le retenir pour encadrer ses propres travaux.
Assisté d'un de ses compagnons...

19 juillet 2018.

19 juillet 2018.

... Sébastien LEBOISNE est venu ce matin démonter les fenêtres de la tranche 1 de restauration des menuiseries extérieures du logis...

19 juillet 2018.

... afin de les remplacer par le matériau suivant...

19 juillet 2018.

... le temps que l'entreprise BODIN n'en restaure les encadrements de granit :

19 juillet 2018.

Voici l'aspect de notre logis favori cette après-midi,...

19 juillet 2018.

... digne des vitraux de SOULAGES à Conques. Enfin presque digne.

Je rappelle que la tranche 1 en question concerne les 2 fenêtres ainsi que les meurtrières de la tour Sud-Ouest, les 4 fenêtres de la "pièce dévastée", 4 ouvertures de la cage d'escalier plus la porte principale du logis.
(Début de citation)

De : (...)@culture.gouv.fr
Envoyé : jeudi 21 juin 2018 09:16
À : Pierre-Paul Fourcade
Objet : Re: Chaslerie - Etude préalable sur la restauration intérieure du logis - Etude préalable de M. (...) sur la restauration de N.-D.-sur l'Eau.

Bonjour Monsieur Fourcade,

Votre demande d'étude pour le logis, qui concernera essentiellement des travaux d'aménagement et de confort, ne pourra être aidée par l'Etat. Par contre, les travaux qui relèveraient de la restauration pourraient évidemment bénéficier d'une participation financière de l'Etat. Pour le moment, nous avons inscrit prioritairement une nouvelle tranche de menuiserie en 2019.

S'agissant de l'étude sur l'église Notre-Dame sur l'Eau, je peux vous préciser qu'elle a fait l'objet d'observations importantes et de réserves de la part de l'Etat. A ce stade, il me paraît donc légitime qu'elle ne puisse être diffusée par la ville qui l'a commandée.

Bien cordialement

(...)
__________________________________________________________

Pierre-Paul Fourcade a écrit :
>
> Cher Monsieur,
>
> Comme vous le savez, le logis de la Chaslerie est classé extérieurement et inscrit intérieurement. Il a subi en 1884 un incendie qui a ravagé, entre autres, toute sa poutraison et conduit au déménagement vers l'aile Ouest ("aile de la belle-mère" dans mon jargon) de sa porte principale (comme l'a prouvé M. MAFFRE) et, très probablement d'autres vestiges en bois rescapés de l'incendie comme une importante cheminée (abîmée par les dégâts des eaux de 2018, 12 à ce jour dans l'"aile de la belle-mère"...) et des portes intérieures de même époque que cette porte principale. L'incendie a également ravagé, au niveau des ouvertures, des granits de la partie intérieure de ces murs extérieurs dont la restauration ne sera pas couverte par la restauration en cours des menuiseries extérieures.
>
> La restauration de ce logis est complexe puisque tous les corps de métier vont devoir intervenir dans toutes ses parties (sauf la cage d'escalier, dont la restauration sera bientôt achevée). Outre la nécessité de respecter ce que j'appelle l'"esprit des lieux", elle pose divers problèmes d'ordre technique, souvent complexes (notamment du fait du besoin de chauffage), et sera coûteuse. Il importe d'autant plus pour moi que les choses soient encadrées professionnellement que j'ai dû reprendre la maîtrise d'ouvrage malgré la chute de mes revenus et la fin de mon épargne financière. J'aurais donc besoin, également, d'un calendrier réfléchi et raisonnable de mise en œuvre.
>
> Il me paraitrait opportun de confier cette étude préalable à M. Arnaud PAQUIN, architecte du patrimoine. Je ne lui en toutefois pas encore parlé clairement à ce stade.
>
> Je souhaiterais en effet savoir au préalable si la D.R.A.C. accepterait de subventionner cette étude.
>
> Par ailleurs, et indépendamment de ceci mais sur un sujet connexe, je m'interroge sur l'attitude d'un confrère de MM. MAFFRE et PAQUIN qui, ayant réalisé une étude préalable sur l'église Notre-Dame-sur-l'Eau de Domfront, chercherait à en freiner la diffusion, bizarrement à mes yeux (ceci à plusieurs égards). A votre connaissance, une telle étude préalable serait-elle néanmoins "accessible au public" ? Concrètement, quelles sont à votre connaissance les pratiques normales en la matière ?
>
> Bien cordialement,
>
> PPF

(Fin de citation)
Notre site favori comporte, à ce jour, 7 185 messages relatifs au "Journal du chantier", répartis sur 360 pages. J'ai cliqué sur la première et relu les messages correspondants.

Je trouve que le texte n'a pas pris une ride, c'est satisfaisant.
Si j'en juge par les réactions de mon aîné et de sa petite famille, il n'y a pas de contestation à propos de ma façon de mener notre chantier favori :
- accord sur les conclusions provisoires sur le choix du meilleur combustible (y compris sur la perspective d'implantation de cellules photo-voltaïques dans les "nouvelles terres") ainsi que sur le phasage des travaux de chauffage ;
- accord sur les conclusions provisoires sur la meilleure implantation de la cuisine dans le bâtiment Nord, sur l'idée d'un escalier "en facteur commun" dans l'"aile de la belle-mère" et sur l'implantation de mon futur bureau dans le salon de cette aile (y compris sur l'idée de déplacer une fenêtre Ouest) ;
- accord sur toutes les interventions de l'entreprise BODIN, aussi bien achevées qu'envisagées ; en particulier, les nouvelles hauteurs de linteaux et la qualité des travaux correspondants sont loués ; idem pour le traitement du cul du four, considéré comme très réussi.

En ce qui concerne ma mère, accord également sur le choix du "Parc" où elle paraît aussi heureuse que possible et compréhension, du moins m'a-t'il semblé, de mes réflexions sur la suite.