Maçonnerie-carrelage

Paul interroge son père alors que ce dernier lui fait prendre sa douche : "Papa, pourquoi Bon-Papa a déconstruit le manoir favori ?" (sic)

Réponse du père : "C'est une bonne question. Tu pourras le lui demander."

Quand je vous disais que je suis un grand incompris...

Interrogé à mon tour par ce jeune observateur, je lui ai expliqué que "Le travail était mal fait. Et, quand le travail est mal fait, le Bon-Papa demande de recommencer en s'appliquant. As-tu compris que le travail doit toujours être bien fait ?"

"Oui", m'a-t-il dit.

La transmission du patrimoine est un combat de chaque instant.
Débat familial, à l'heure du thé, à propos des trois jeux de plans que m'a transmis l'architecte du patrimoine dans le cadre de sa "mission n°2" :

21 août 2020.

21 août 2020.

21 août 2020.


Mon aîné recommande qu'on ne s'embarrasse pas d'un ascenseur dans l'aile Ouest. Cette installation serait coûteuse, servirait très peu et consommerait trop d'espace plus utile à d'autres usages, comme des salles d'eau confortables. Il suffira à ses yeux que, lorsque je ne pourrai plus gravir un escalier, je dispose d'un bureau au rez-de-chaussée d'une tour du logis.

Carole est d'avis que le respect des normes relatives aux "établissements recevant du public" ne saurait imposer des équipements manifestement surdimensionnés comme un tel ascenseur ou un gadget (marches rétractables) comparable à celui mis en place devant l'autel de Notre-Dame-de-Paris. Il lui semble qu'il suffirait d'un ou deux plans inclinés amovibles, par exemple en aluminium, qui seraient disposés, aux très rares occasions où ce serait nécessaire, au niveau du rez-de-chaussée de l'aile Ouest.

De mon côté, je signale que Sébastien DAUCE, consulté à propos des besoins des artistes (musiciens, acteurs), m'a recommandé de prévoir des espaces pour les accueillir et leur permettre de sa changer ou de se reposer à proximité de la scène où ils se produiraient. J'observe que, si l'accès du public au sens administraaaâââtif lourd du terme doit être limité, côté Ouest, au rez-de-chaussée, ainsi que nous l'envisageons au terme de cette discussion, alors il conviendrait d'aménager en conséquence la pièce du rez-de-chaussée de la tour Louis XIII ; un passage direct vers les écuries paraitrait alors justifié.
L'entrepreneur qui intervient chez nous à Paris m'a peut-être trouvé un maçon de confiance pour remplacer Igor (pour autant que ce dernier soit remplaçable). Un Polonais, prénommé Jan, ne parlant pas bien le français et qui devrait venir me rencontrer à la Chaslerie un jour prochain. D'ici là, je vais rechercher dans les parages un logement (studio ou T2) pour ce célibataire d'une quarantaine d'années : avis aux amateurs !
Je viens de parler très longuement avec mon entrepreneur parisien à propos du maçon Polonais qu'il me recommande, un dénommé Jan TUPAJ (on prononce Yann).

Nous avons évoqué, à ma demande et dans cet ordre, les points suivants :
1 - La régularité du dossier de Jan au regard des lois sur l'immigration et le travail en France. Il paraît qu'il n'y a pas de problème à ce sujet.
2 - Son sens de la sécurité puisqu'il pourra être amené à monter sur des échelles ou des échafaudages ou à manier des outils puissants : il paraît que c'est un homme très prudent et expérimenté en ces matières.
3 - Sa capacité à intervenir dans d'autres domaines que la maçonnerie. J'ai parlé, à titre d'exemple, de la découpe soigneuse de planches pour continuer le travail entrepris entre les chevrons des écuries : il paraît que ceci ne devrait pas poser de problème.
4 - Le logement qu'il souhaiterait. Il loue actuellement une chambre d'hôtel très modeste à Saint-Denis, avec un w.-c. sur le palier et des voisins envahissants. Ici, pour le même prix, il trouverait un grand T3 agréable, tranquille, refait à neuf et meublé (j'ai déjà commencé à prospecter pour lui).
5 - Corrélativement au logement, nous avons évoqué les moyens de locomotion. Il a le permis de conduire et chercherait déjà à acheter une petite voiture.
6 - La langue : c'est là que devrait résider le principal problème pratique. Il me faudra chercher des cours de français pour étrangers ou bien des compatriotes à lui dans le voisinage (je connais un kiné Polonais à Saint-Georges-de-Rouelley et les ZUREK à Mortain).
7 - La disponibilité : il paraît qu'il rentrerait en Pologne pour les grandes vacances et à Noël mais ne verrait nul inconvénient à vivre en France le reste du temps.

A ce stade, tout cela me convient. Donc Jan devrait venir à la Chaslerie un de ces jours prochains (mercredi ou jeudi, ceci reste à préciser) afin que nous fassions connaissance et discutions des autres menus problèmes matériels à régler.
Très longue conversation téléphonique ce matin avec l'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2", à propos, principalement, du projet d'aménagement de l'aile Ouest du manoir. Ce projet avait été redéfini fin août sur les bases suivantes :
- suppression de l'ascenseur (ce qui permet de prévoir des salles d'eau de surfaces moins riquiquies),
- création d'un passage, au rez-de-chaussée, entre les anciennes écuries et le rez-de-chaussée de la tour Louis XIII,
- substitution de lucarnes appropriées aux horribles "casts" actuels du brisis Ouest des anciennes écuries.

Cette architecte du patrimoine m'avait transmis hier soir, par courriel, des plans dont j'avais le plus grand mal à prendre connaissance, donc à comprendre les subtilités. La conversation ne s'en est pas trouvée facilitée. Malgré cela et au terme de ces échanges, j'ai retiré l'impression que le dossier a été très sérieusement étudié par elle qui a déjà réfléchi à toutes les questions que je lui posais. Les plus délicates portaient sur des espaces disponibles pour accéder, sans se fracasser le crâne, à des w.-c. qui seraient prévus dans l'emprise de l'ancien "salon de l'aile de la belle-mère". D'autres de mes questions étaient relatives à l'accès à la "chambre des tourtereaux".

A noter que Carole, sans savoir de quoi il retournait, a voulu, pendant que je téléphonais, intervenir plusieurs fois et de façon très pressante dans la conversation, notamment pour m'enjoindre d'adopter différents comportements face à l'architecte, en particulier de la laisser parler alors que je ne pouvais suivre ce que cette interlocutrice me disait. Comme on peut l'imaginer, ces interférences n'ont pas prospéré.
On me signale qu'un homme toutes mains de nationalité française, plâtrier de formation, serait sur le marché. Il vient de perdre son emploi à la suite de la séparation de ses employeurs, un couple d'étrangers propriétaire de deux châteaux normands. Il devrait me contacter pour qu'on se rencontre.
L'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" m'avait fait promettre, dès le début de notre collaboration, de ne pas mettre en ligne ses productions sur le site favori tant que nous ne serions pas parvenus à un accord sur le projet soumis à l'administraaaâââtion.

S'agissant de l'aile Ouest, il me semble qu'après tous les échanges qui ont eu lieu entre nous depuis des mois, nous en sommes arrivés à ce stade. Pour être précis, je dirais qu'il reste encore 2 % des questions soulevées par ce projet à traiter avant que notre accord soit complet.

Mais que sont 2 % de points encore en débat ? Et justifient-ils que je me prive des possibilités, précieuses à mes yeux, qu'offre ce site d'archiver mes documents, d'en disposer de façon commode pour pouvoir les réexaminer à loisir, voire de tenir le fan-club informé du dernier état des réflexions en cours, étant entendu que ses réactions sont toujours lues avec intérêt et peuvent ouvrir de nouvelles voies de réflexion.

Donc voilà, c'est décidé, je considère que les documents que m'a transmis avant-hier cette architecte du patrimoine sont arrivés à un stade de maturation et d'accord tel que, sans risquer ses foudres, je puisse les partager ici.

Je ne le ferai pas sous la forme de photos des documents bruts (dont j'ai toutefois fait disparaître ici le nom de cette architecte) car, si l'on excepte la façade Ouest, dotée comme convenu de grandes vitres sur sa partie centrale (les anciennes écuries),...

... on admettra aisément que l'échelle des plans et le format A4 des tirages possibles avec ma bécane ne favorisent pas la lecture de ces derniers :


Donc zoomons, imprimons et scannons et faisons-le niveau par niveau en nous concentrant sur le volume problématique, celui contenant le fameux "escalier-en-facteur-commun", le colombier et la zone intermédiaire entre ces deux sous-ensembles. Voici ce que cela donne :

- au rez-de-chaussée (étant entendu qu'il y a ici une petite erreur de plan - dans le passage vers les deux "w.-c. du bas" - qu'il serait trop long d'expliquer) :


- à l'étage du futur "bureau-bibliothèque-de-mes-rêves" :


- au niveau intermédiaire entre le 1er et le 2ème étage du colombier :


- enfin, au niveau de la "chambre des tourtereaux" :


Pour faciliter autant que faire se peut une compréhension rapide de ce projet complexe, j'ajoute les coupes pertinentes :


Comme on le voit, ce projet est basé sur les principales idées suivantes :
- permettre le meilleur usage du colombier en en faisant disparaître un maximum de cloisons (toutes aux étages, comme déjà réalisé),
- rendre aisé l'accès du public, y compris de personnes handicapées, au rez-de-chaussée de ladite aile ; à cet effet, respecter les normes dites "E.R.P.", y compris en prévoyant des toilettes pour handicapé ;
- disposer de facilités adéquates pour organiser des spectacles ou des concerts ; je précise - chose qui n'apparaît pas sur les photos précédentes - que le rez-de-chaussée de la tour Louis XIII serait utilisable comme loge d'artistes.

Hier matin avec l'architecte du patrimoine, hier après-midi avec Carole, j'ai discuté d'un certain nombre de difficultés que je percevais dans ce projet. Pour moi, tout est clair à ce stade sous réserve des 2 % que je retiens encore et qui sont tous relatifs aux escaliers.

Ces questions résiduelles à mes yeux sont les suivantes :
- à la hauteur du premier virage sur la droite quand on monte, le balancement des deux escaliers (le grand escalier et celui qui permet d'accéder à la "chambre des tourtereaux") est-il optimal ? Ne serait-il pas possible d'assouplir l'ascension à ces endroits ?
- la rampe du grand escalier respecte certes les normes contemporaines relatives à la sécurité des enfants en la matière (d'où ces deux barres métalliques entre les poteaux de bois). Mais ne pourrait-on imaginer un mode de barreaudage moins orthopédique ? Je pense ici à quelque chose du genre de ce que Marc CHALUFOUR avait réalisé en chêne, voici une bonne trentaine d'années, pour l'escalier du duplex de Paris (dont je n'ai pas encore retrouvé de meilleure photo que la suivante) :


Pour conclure ce message, j'adresse mes très vifs remerciements :
- à Arnaud PAQUIN qui a su, le premier, imaginer un "escalier-en-facteur-commun" qui ait du sens ;
- à l'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" qui a relevé le flambeau et poussé la réflexion dans tous ses aspects, y compris les plus reculés, jusqu'à réussir à définir ce projet dans le stade actuel que je trouve, en résumé, particulièrement convaincant, même s'il reste encore à caler le traitement des ouvertures Ouest.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>Envoyé : vendredi 18 septembre 2020 07:24
À : (...)architecte@gmail.com>
Objet : RE: DOMFRONT - Manoir de la Chaslerie - Projet adapté sans ascenseur

Madame,

Après notre dialogue d'hier matin et étude plus complète de votre projet, je vous donne mon accord sur celui-ci pour ce qui concerne les 5 planches en question. Il faudra toutefois clarifier la question des ouvertures de la façade Ouest des anciennes écuries.

Je me pose cependant deux questions :

- à la hauteur du premier virage sur la droite quand on monte, le balancement des marches des deux escaliers (le grand escalier et celui qui permet d'accéder à la "chambre des tourtereaux") est-il optimal ? Ne serait-il pas possible de faciliter l'ascension à ces endroits et, par voie de conséquence, de limiter les risques d'y tomber à la descente ? Je fais ici allusion au fait que les marches de ces angles ont un angle très pointu ;

- la rampe du grand escalier respecte certes, comme vous me l'avez dit, les normes contemporaines relatives à la sécurité des enfants en la matière (d'où ces deux barres métalliques entre les poteaux de bois). Mais ne pourrait-on imaginer un mode de barreaudage moins orthopédique ? Je pense ici à quelque chose du genre de ce que Marc CHALUFOUR, artisan ornais désormais à la retraite mais avec qui je suis toujours en contact amical, avait réalisé en chêne, voici une bonne trentaine d'années, pour l'escalier intérieur de notre duplex à Paris (escalier dont je n'ai pas encore retrouvé de meilleure photo que celle ci) :


Je dois également vous dire que mon épouse demeure sceptique à deux sujets :

- les w.c. du 1er étage de la tourelle Nord qu'elle souhaiterait compartimenter (odeurs et tranquillité) dans un angle de la pièce ; pour ma part, je vous soutiens dans votre souci de ne pas casser le volume de cette pièce ;

- le fait que des plates-bandes réapparaitraient au pied de murs de la cour, ce qui va à l'encontre de son souci d'assainir le pied des murs ; je ne suis pas loin d'être d'accord avec elle à ce sujet, ainsi que je vous l'ai déjà dit.

Je vous laisserai la convaincre. Elle voudrait d'ailleurs recueillir votre avis sur le choix des couleurs des peintures des parties communes de notre immeuble à Paris. Si vous pouvez vous y rendre, ce serait une bonne occasion de dialoguer avec elle.

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)