Maçonnerie-carrelage

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 12 août 2009
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage
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Ce soir, Pascal et Maxime ont terminé de maçonner le mur de terrasse, un chantier commencé il y a déjà trois ans. La restauration de ce mur, long de 120 m, m'a obligé à acheter des bâtiments en ruine alentour pour en récupérer les pierres. Mais il manquait toujours les dalles nécessaires pour en achever le dessus. Nous avons fini, il y a à peine un mois, par avoir l'idée de rouvrir une carrière à 500 mètres au Sud du manoir, l'une des deux carrières proches qui, à cette époque où il n'y avait pas de route, ont dû servir à construire le manoir. C'est Bernard qui s'est attelé à cette tâche. Et là, bonne pioche ! On a immédiatement trouvé les dalles qui nous manquaient. Donc voilà une tranche importante de travaux terminée, qui assoit bien le manoir dans le paysage quand on l'observe du Pournouët.

Reçu ce matin, par la poste, la photo d'un article transmise par Sébastien WEIL que j'en remercie.

Il s'agit de "Notes recueillies sur l'arrondissement de Domfront, au mois d'avril 1852, par M. BLANCHETIERE, Membre de la Société Française", article publié en 1853 dans le "bulletin monumental ou collection de mémoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France ; 2è série, tome 9è, 19è vol. de la collection, par les Membres de la Société Française pour la Conservation des Monuments, publié par M. de CAUMONT" à Paris.

Louis BLANCHETIERE relate dans ces notes une excursion qu'il a faite dans l'arrondissement de Domfront en avril 1852. D'emblée, ces notes témoignent des préoccupations et des compétences géologiques de leur auteur, ainsi que de son intérêt pour les routes ; on peut donc se demander si ce n'était pas une sorte d'ingénieur des Ponts ou des T.P.E., comme l'on dit aujourd'hui.

Les notes relatives à la "Châlerie" occupent 10 pages du document et sont agrémentées de la reproduction de deux croquis qui doivent être de la main de Louis BLANCHETIERE. J'ai déjà commenté ces croquis hier, notamment l'un des deux, fort instructif quant à l'état du logis avant l'incendie de 1884.

Quant au texte lui-même, il est également riche d'enseignements, même si j'y relève une erreur de date, Louis BLANCHETIERE ayant cru que le logis datait de 1558, alors qu'il date de l'année de l'édit de Nantes.

On y apprend que les épis du logis étaient en terre cuite, ce que ne permettait pas de comprendre le croquis. A cet égard, la prudence manifestée par M. RONSSERAY dans son article annexé à ce site internet ne peut qu'être louée ; il a en effet pris ses distances avec les affirmations de VIOLLET-LE-DUC pour qui une couverture en ardoise devait s'accompagner d'épis en métal. C'est sans doute la proximité géographique de GER, lieu où étaient modelés ces épis, d'ailleurs avec une argile de LA HAUTE CHAPELLE, qui a permis à M. RONSSERAY de comprendre que cette industrie locale ne pouvait qu'inonder le pays de ses productions, poussant ainsi à une sorte de sur-consommation locale de ses "grès".

Louis BLANCHETIERE donne d'utiles informations sur l'occupation des bâtiments. Le "château" est "inhabité depuis la Révolution", servant "à peine à déposer des fourrages et bois" (pas étonnant que la foudre ait pu y mettre le feu en 1884...). En revanche, l'"aile gauche est aujourd'hui à peu près toute occupée par des fermiers", écrit-il.
"Presque tout le château" est recouvert d'ardoises, ce qui confirme qu'il y avait aussi de la tuile sur certains bâtiments sur cour (on le sait aussi grâce à une photo ancienne des écuries et du colombier).
Le logis comporte une "cuisine à très-grandes dimensions", sans doute la salle-à-manger actuelle puisqu'un four est toujours visible dans sa cheminée.
Le rez-de-chaussée et le "premier étage" (il y en avait donc un second, ce qui confirme la présence de grandes lucarnes) du logis sont "pavés en briques carrées", revêtement qui a aujourd'hui totalement disparu (sauf dans un coin de la cage d'escalier).

Louis BLANCHETIERE s'est beaucoup intéressé à la chapelle et à son décor intérieur. Il écrit en particulier : "Sur les murs se trouvent des fragments de peintures à fresque" (erreur, ce ne sont pas des fresques mais des peintures murales, obéissant à une autre technique ; les fresques sont peintes quand l'enduit n'est pas encore sec, contrairement aux peintures murales) "d'un fort bon style ; mais dont il est impossible de reconnaître les sujets, tant elles ont été détériorées par le temps et par le choc des fagots que les fermiers y déposent" (comme si le logis ne leur avait pas suffi, hélas !). S'ensuit une description de ces décors qui montre que, durant le siècle et demi suivant, les dégradations se sont poursuivies, Louis BLANCHETIERE ayant d'ailleurs compris que "Ce qui a malheureusement hâté la destruction de ces intéressantes décorations, c'est le peu de solidité de l'enduit qui les supporte. En effet, il n'est formé que d'une mince couche d'argile recouverte d'une pellicule de chaux, le tout cédant au moindre choc. Il est probable que cet enduit n'avait pas été fait en vue d'y appliquer des peintures, mais que l'artiste officieux, hôte du châtelain, aura, sans préparation, jeté à l'improviste ses heureuses conceptions sur les murs tels qu'il les a trouvés" (ici, je précise que cet artiste était en fait tombé amoureux de la servante du manoir qu'il a fini par épouser, un LEDIN lui servant même de témoin).
A la fin de ses notes sur la chapelle, Louis BLANCHETIERE s'intéresse aux noms peints sur les sablières intérieures de la chapelle, notamment ACHARD, LEVERRIER, FORTIN et de COURCELLES, CORMIER, COUPEL, ainsi qu'à Pierre IV LEDIN (à qui, s'étant trompé de dates comme on l'a dit, il attribue à tort la reconstruction du logis), Charles-Claude LEDIN et Pierre-François LEDIN.

En fin d'article, Louis BLANCHETIERE complète sa description du site de la Chaslerie et précise que les douves avaient "au moins 10 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur" (il négligeait leur envasement, voir photothèque jointe), que "les fermes" (sans doute la ferme et la cave, pour reprendre ma terminologie) voisinaient un verger, et que des "charmilles alignées ombrageaient le jardin" (ce sont ces dernières remarques, que j'avais déjà lues, rapportées par un autre érudit local, qui m'avaient conduit à faire replanter un verger et des charmilles alignées à la Chaslerie).
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mardi 8 septembre 2009
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Maçonnerie-carrelage - Sculpture - Charretterie
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Pascal MAIZERAY travaille depuis trois semaines sur la charretterie (ancien pressoir) dont il remonte les murs sur la base des plans établis par M. Nicolas GAUTIER, A.B.F., et du permis correspondant.

Le chantier avait dû être interrompu il y a une dizaine d'années. L'arrivée sur le manoir était gâchée, depuis plus longtemps encore, par cette plaie.

Le projet consiste à redonner au bâtiment ses dimensions d'autrefois, ce qui permettra, d'une part, d'abriter un ou deux tracteurs et, d'autre part, de pouvoir servir au garage de trois véhicules.

Il est probable que Pascal POIRIER sculptera une ou deux pierres pour agrémenter ce bâtiment dont Roland BOUSSIN sera chargé de la charpente et de la couverture en tuiles. Ces points sont encore à définir.

Au cours des trois dernières semaines, Pascal MAIZERAY a poursuivi son travail de maçonnerie sur la charretterie.

Il y a deux semaines, trois grilles en fer ont été scellées sur la façade Ouest du manoir (au rez-de-chaussée du colombier et des anciennes écuries, dans l'"aile de la belle-mère", ainsi qu'il était indiqué sur les clés permettant d'accéder aux pièces correspondantes, sur le trousseau qui nous a été remis en 1991).

Ce matin, Thierry BOURRE doit repasser voir ses plantations et me présenter ses préconisations. Nous évoquerons mon projet de planter une ou deux lignes de poiriers à l'Est du Pournouët, en limite extérieure du talus des douves, de manière à en agrémenter la vue au printemps. Il faudrait également décider enfin ce qu'on fait sur la parcelle de terrain en face du logement de la famille GAHERY.

Lundi prochain, l'entreprise DUBOURG DECO de Flers (qui m'a été recommandée par mon voisin, M. ROZARD) doit commencer à repeindre (ou passer à la lasure) les portes extérieures et fenêtres du manoir et de ses dépendances. Sur le fournil, la couleur sera maintenue "bleu charron". Sur les fenêtres des bâtiments au Nord et à l'Ouest de la cour ainsi que sur celles de la cave, ce sera désormais du "rouge sang de boeuf". En effet, selon ce que m'a indiqué M. Jean-Jacques ROUCHERAY (qui réstaure magistralement le château de Pont-Rilly à Nègreville près de Valognes, dans le Nord Cotentin), grand connaisseur de ces questions, bleu charron et rouge sang de boeuf sont les couleurs authentiques et normales pour les bâtiments de ces époques et de ces statuts ; en revanche, le blanc précédent était une incongruité.

Lundi également, Pascal POIRIER doit passer afin que nous discutions d'un projet d'ornements sculptés sur la future charretterie. J'envisage en effet de m'inspirer d'un ornement du manoir du Grand Boudet à Saint-Gilles-des-Marais. Il s'agirait ainsi de poster en hauteur, à deux angles de ce bâtiment, deux loups assis regardant, l'un vers le Sud du côté de la grande allée, l'autre vers le Nord et la façade Sud du manoir ; l'un et l'autre présenteraient l'écu des LEDIN. J'ai choisi des loups en référence au loup courant de l'ancien écu de Lonlay-l'Abbaye (cf un vitrail de la chapelle) ; j'ai prévu de les assoir pour marquer que la Chaslerie était sous leur garde ; enfin, ils présenteront l'écu des LEDIN puisque, d'une part, cette famille était inféodée à l'abbé de Lonlay, d'autre part, elle aimait par-dessus tout faire étalage de ses armes. L'idée de poster deux telles sculptures sur la charretterie répond à mon souci d'offrir au visiteur des anecdotes dès qu'il lève les yeux (coq de la chapelle, épis de faîtage ou boules de noblesse sur le manoir, etc...) ; c'est une idée dont il ne faut pas abuser mais que je trouve plaisante. Bien entendu, la réalisation de ces deux ornements conditionnera la finition des maçonneries donc de la couverture de la charretterie. J'aimerais cependant avoir mené à bien ladite couverture avant les prochaines Journées du Patrimoine.

C'est vrai, l'image des ongles rouges n'est pas forcément la plus convaincante dans le cas d'espèce, ne serait-ce que par la surface en cause.

J'ouvre la boîte à idées pour une meilleure description !

Puisque j'ai repris la plume, j'indique que Thierry BURIN des ROZIERS poursuivra finalement sa mission de conseil en matière de mode de chauffage, ce qui est très bien. J'ai seulement accepté qu'il puisse ne m'en rendre les conclusions que dans neuf mois. Lors de nos échanges de courriels, nous sommes convenus que nous avons l'un et l'autre du caractère et nous aimons cela !

Cela implique que la livraison d'une première pièce habitable attendra quelques mois supplémentaires. Mais, au bout de 18 ans d'attente, je fais l'hypothèse que ma famille n'en est plus à quelques mois près !

Pour le reste, Pascal poursuit la maçonnerie de la charretterie. Il m'a suggéré de terminer le mur pignon proche de la chapelle par des bardeaux de châtaignier, à l'instar de ce qui existe déjà sur un pignon de l'appentis de la cave ou encore sur un pignon du bâtiment Nord. Après y avoir réfléchi, j'ai choisi de lui demander de poursuivre en pierres, considérant que les bardeaux protégeaient des colombages qui seraient incongrus à la hauteur en question.

Quant aux peintres, ils vont entamer leur cinquième semaine de travail ici. Ils ont commencé à passer une première couche de peinture sur les fenêtres du logis (ou bâtiment principal) et des deux tours attenantes. Les précédentes peintures, blanches, devaient dater d'une cinquantaine d'années. Autant dire que, côtés Sud et Ouest, le bois a souffert. Heureusement, grâce à de la résine, les peintres sauront cacher ces misères, au moins pour un moment. Je serai intéressé d'observer comment lesdits renforts en résine résistent au temps et aux intempéries.

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A ce stade, à Roland BOUSSIN près, qui est dubitatif, je ne recueille que des avis favorables sur le rouge sang de boeuf. Le dernier émane de ma mère aujourd'hui car, toujours curieuse dès qu'il est question de la Chaslerie, elle a tenu, malgré le mauvais temps, à venir sans tarder se rendre compte de l'effet produit. Le choix de ce coloris n'a pourtant pas été une décision facile car ce rouge pouvait au pire - sait-on jamais ? - donner à la Chaslerie l'allure d'une de ces boucheries chevalines de mon enfance ; c'est en tout cas ce que, sans le dire, je craignais. Je ne sais hélas apprécier les couleurs qu'une fois le travail réalisé, mais pas sur échantillons.

A cet égard, les coloris que nous avons retenus pour le premier cabinet de toilettes restauré (le seul qui, à ce jour, soit en état de fonctionnement dans l'ensemble de la Chaslerie !) s'avèrent partiellement malheureux : la couleur de fond s'harmonise bien à la céramique ; en revanche, la teinte retenue pour les poutres et les menuiseries ne convient pas : il va falloir essayer autre chose. Cette fois-ci, je vais laisser Carole décider car le mauvais choix précédent est de mon seul fait.

Depuis une bonne semaine, la pluie a empêché la poursuite de la maçonnerie de la charretterie. Pascal a donc travaillé à l'intérieur du bâtiment Nord. Désormais, le volume de l'ancienne cuisine, futur "salon d'hiver - bibliothèque - bureau de Madame - salle de jeux des petits-enfants" se comprend aisément (l'affectation n'est pas encore fixée ; il est vrai que nous tardons, à mon goût, à avoir des petits-enfants...). Je trouve que ce volume est de bonnes dimensions, peut-être un peu bas de plafond, d'autant que nous avons dû conserver une poutre de bois qu'il faudra habiller : en matière de restauration - réhabilitation, on ne peut pas toujours faire tout ce qu'on voudrait.

Au passage, nous avons réouvert ce que je pensais être une meurtrière, à savoir une ouverture étroite et verticale dans le mur de séparation entre la cour et la salle que je viens d'évoquer. Cette fente était certes bien proche du sol pour que je sois sûr que c'était bien une meurtrière. En fait, une fois dégagée, elle apparaît un peu trop large et, surtout, Pascal vient de m'expliquer qu'il y avait un barreau vertical dans cette fente. C'était donc plutôt une sorte d'aération lorsque ce bâtiment était à usage agricole, de son origine aux années 1950, à ma connaissance. En tout état de cause, je vais conserver cette fente (il faudra y apposer une vitre) car elle témoigne de l'ancien usage du bâtiment. En plus, elle permettra à Carole, assise à son bureau (dans l'hypothèse où l'ancienne cuisine deviendrait le "bureau de Madame"), de surveiller les allers et venues dans la cour sans quitter son poste de travail ni son écran d'ordinateur, ce qui sera le comble du confort, n'est-ce pas ?

Bientôt, je vais donc pouvoir lancer la fabrication de l'escalier intérieur de ce bâtiment Nord. Sans doute sans attendre d'y voir plus clair en matière de chauffage. J'espère que le résultat sera bon. L'escalier précédent était étroit, raide et, à mon sens, laid car bas de gamme ; je l'ai donc éliminé. L'idée est de donner à l'entrée de ce bâtiment un effet de hauteur en remplaçant sur son emprise le plafond par une simple galerie reliant les deux chambres prévues à l'étage, là où il y en avait, suite aux travaux des années 1950, trois incommodes (il fallait en effet en traverser une pour accéder à l'autre); cette galerie sera donc fixée à l'intérieur du bâtiment et le long du mur de séparation avec la cour ; elle sera accessible par l'escalier démarrant dans l'entrée. Pour la conception de ce projet, j'ai été beaucoup aidé par Marc CHALUFOUR, un ami qui a remarquablement restauré le logis de Sainte-Marie-la-Robert, près de Carrouges (il a d'ailleurs remporté un grand prix national de "Chefs-d'oeuvre en péril", l'émission de Pierre de LAGARDE). Plutôt qu'une rampe en bois, nous imaginons une rampe simple en fer forgé. Cela pourrait être élégant tout en restant sobre, ce qui nous semble approprié.

Deux mois, c'est le temps qu'il aura fallu aux peintres de DUBOURG DECO (travaillant en moyenne en binôme) pour effectuer les tâches que je leur avais commandées. Ils doivent finir cette semaine. Je suis très satisfait de leur travail et de leur état d'esprit. Je recommande donc chaleureusement cette entreprise.

Pour le reste, le temps pluvieux et qui se refroidit ne facilite pas les travaux extérieurs. Pascal est désormais assisté d'un nouvel homme toutes mains, encore en période d'essai et qui paraît sérieux et travailleur. Comme ce dernier souffre d'une déficience auditive, il paraît que ses charges sociales devraient être réduites. Je vais tâcher de me renseigner bien que ces questions administratives me rebutent quelque peu, tant je les trouve absconses et fastidieuses. Depuis son arrivée, cet homme toutes mains trie, par ordre d'épaisseur, toutes les pierres que j'ai accumulées sur mes terres à la suite d'achats de bâtiments en ruine aux alentours, en vue de pallier la fermeture de toutes les carrières des environs. Tant que ce tri ne sera pas effectué, ces pierres ne pourront pas être réutilisées convenablement dans mes chantiers à venir. Il faut en effet que l'on y voie plus clair sur le stock, afin de savoir si l'on dispose d'ores et déjà des quantités et qualités nécessaires pour la suite. Bien entendu, je pense ici, tout particulièrement, à la restauration du mur d'escarpe des douves.

Roland BOUSSIN, le charpentier-couvreur, revient ce matin sur le chantier, afin de prendre les mesures de la charretterie pour préparer son devis. Je lui ai demandé d'utiliser ici les "tuiles périgourdines" neuves actuellement en dépôt dans les écuries. Je les avais stockées là en prévision de la restauration de la couverture desdites écuries, mais je choisis donc de faire passer celle-ci après la finition de la charretterie. Roland m'indique que son chantier pourra démarrer sur la charretterie dès février prochain mais qu'il convient de passer rapidement commande des ardoises des écuries car les ardoisières d'Angers, mon fournisseur, a signalé qu'il relèverait très bientôt ses tarifs.

En ce qui concerne la charretterie, Pascal MAIZERAY, le maçon, aura bientôt achevé sa part du chantier.

Roland m'a proposé de prévoir des gouttières. J'ai refusé car cette quincaillerie n'est pas dans le style de mes bâtisses. En revanche, il y aura un léger coyotage de la couverture du côté du manoir.

Pour les socles des deux piliers de bois à prévoir pour séparer la partie garage en trois tiers, nous avons choisi de réutiliser deux granits finement sculptés qui, à l'initiative de mes prédécesseurs, avaient été placés de part et d'autre de l'entrée sur cour du logis. Je n'ai jamais compris quel avait pu être le rôle initial de ces deux pierres, de même que celui des deux autres qui, de l'autre côté de la cour, marquent l'entrée de "l'aile de la belle-mère". Cela ressemble un peu à des chapiteaux mais, à vrai dire, je n'en sais rien.

Enfin, j'ai demandé à Roland que, lorsque de l'intérieur de la charretetterie, on regardera vers la couverture, l'on ne voie pas le dessous des tuiles, mais des lattes de bois. Il m'a proposé du sapin. J'ai préféré du chêne. Il m'a prévenu que ce bois, qu'il va commander, ne sera pas posé aussi sec qu'il conviendrait, de sorte qu'il y aura des retraits dont il m'assure qu'ils ne seront pas gênants. Grâce à ce décor, j'espère rendre la charretterie agréablement utilisable pour des banquets, expositions, etc, avec vue imprenable, vers le Nord, sur les bâtiments principaux du manoir.

Quant à Pascal, une fois qu'il en aura fini avec les murs de la charretterie, je lui ai demandé de nettoyer le chantier de tous les gravats et rejets de bétonnière accumulés depuis le premier jour de travail ici de Claude MARTIN, son prédécesseur. Il faudra en profiter pour mettre à son niveau final le sol de la charretterie. Je ne sais pas encore quelle solution nous choisirons pour le revêtement correspondant. Sans doute de la terre battue, tout simplement.

Bien entendu, les intempéries présentes, neige la semaine dernière, pluie cette semaine, freinent le chantier. Ainsi, des grilles qui auraient dû être posée avant Noël sur le bâtiment Nord ne le seront qu'après le 1er janvier, sur décision du forgeron. Les travaux de maçonnerie n'ont pu progresser tant qu'il gelait. Enfin, les abords de la charretterie sont désormais transformés en bourbier.

C'est donc un bon moment pour réfléchir à l'enchaînement des prochaines tranches de travaux.

J'ai dû expliquer hier à Thibaud les rudiments de la fiscalité des monuments historiques. C'est un sujet bien compliqué. L'idée principale est que les dépenses d'entretien et de réparation sur de tels bâtiments sont déductibles du revenu imposable de celui qui les finance. Nous avons donc calculé l'impact qu'auraient pour Thibaud différents programmes de travaux en 2010 sur la cave de la Chaslerie (qui lui appartient désormais, par l'intermédiire d'une S.C.I. "ad hoc"). Il lui reste à me communiquer sa décision. Parmi les travaux prioritaires sur la cave, il faudrait drainer les abords ; malgré des travaux effectués il y a une quinzaine d'années, l'eau entre toujours dans le bâtiment et gâte les murs ; il est donc grand temps d'y remédier. Il faudrait également terminer le colombage de la dépendance de la ferme ("la maison de Toutou"), équiper cette dépendance d'une porte et de fenêtres, puis compléter l'édifice par du pisé et par un revêtement de sol; il serait sans doute utile d'y amener l'eau et l'électricité. Sur l'appentis de la cave, destiné à abriter la future chaudière du bâtiment, il faudrait de même insérer des fenêtres ainsi qu'une évacuation des fumées et poser du pisé et un revêtement de sol; là aussi, il serait opportun d'amener l'eau et l'électricité. A l'intérieur de la cave, les priorités sont de réaliser un plancher au premier étage et un escalier intérieur ; après cela, on pourra commencer à cloisonner le rez-de-chaussée et l'étage de manière à pouvoir ensuite enduire les murs de chaux. Si on mène à bien ce programme en 2010, on aura une bonne base de travail pour commencer les travaux d'habitabilité en 2011. Quant à la chaudière de la cave, mon idée serait de déménager la chaudière récente qui fournit actuellement l'eau chaude et le chauffage dans le seul cabinet de toilettes en état de marche à la Chaslerie (il se trouve dans le bâtiment Nord) ; c'est dire qu'il faudra coordonner avec soin les travaux de plomberie et de chauffage entre le manoir et la cave, de manière à conserver à tout moment au moins un cabinet de toilettes en état de fonctionnement sur l'ensemble de la Chaslerie.

Bref, la question du chauffage devient progressivement critique. Même si, seul de mon espèce toutefois, j'arrive encore, en m'emmitouflant dans deux couettes (et en restant habillé...), à dormir très benoîtement dans une chambre non chauffée.

Enfin, le travail a pu reprendre à la Chaslerie après l'enneigement le plus long que j'y ai connu depuis 1991 : nous avons ainsi pu parachever la maçonnerie du dernier pignon de la charretterie, celui qui est le plus proche de la chapelle. Dans son atelier de l'autre bout du département de l'Orne, Roland BOUSSIN vient de commencer à restaurer les principales poutres de cet édifice, de manière à pouvoir prendre le relais sans trop perdre de temps.

Par ailleurs, j'ai passé commande des tuiles et des ardoises nécessaires pour la couverture des écuries. La réglementation étant ce qu'elle est, la Chaslerie risquait de perdre le bénéfice de subventions de l'Etat pour ces travaux si je n'étais pas capable de produire de factures à ce sujet avant juillet prochain. Compte tenu des délais de certains fournisseurs, j'ai préféré ne pas courir ce risque.

Le tour d'horizon sera complet quand j'aurai indiqué attendre toujours la pose de grilles sur la façade Nord du bâtiment Nord. Le forgeron me dit que cela ne saurait tarder.