Lobbying environnemental

Fédération Environnement Durable
rédigé le Vendredi 25 Juillet 2025
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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Crise énergétique : mensonges d’État, fracture sociale et révolte des territoires

Jean-Louis Butré 24 juillet 2025
( suite revue de presse de l'association Avis de Tempête cévenole)

‍Manifestation de 40 élus (maires et un senateur) à Lathus le 22 juillet 2025
pour fêter la victoire contre les éoliennes
https://environnementdurable.org/vienne-lathus-saint-remy-succes-total-manifestation-contre-les-eoliennes/


La nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) — qui prévoit de doubler le nombre d’éoliennes terrestres, de multiplier par cinq les centrales solaires au sol, et de construire plus de 30 parcs éoliens offshore — a déclenché une vague d’indignation dans les territoires ruraux. Cette stratégie annonce un doublement du prix de l’électricité et l’industrialisation massive des campagnes françaises

Mais l’indignation n'est pas venue seulement des riverains: ce sont les maires, conseils départementaux, sénateurs, et citoyens qui s’unissent désormais pour dire non à une politique technocratique destructrice.

Le clivage se cristallise autour de la fracture entre la France urbaine, connectée aux centres de décision, et le monde rural, qui subit les effets concrets de l’implantation massive d’éoliennes et de projets photovoltaïques au sol. L’argument de la transition est utilisé pour justifier une industrialisation des campagnes au profit d’intérêts souvent extérieurs, sans bénéfice réel pour les habitants.

Face à cette mobilisation légitime, les représentants du pouvoir central et de élus nationaux ont choisi l’insulte et la caricature. Agnès Pannier-Runacher, Gabriel Attal, Patrick Cohen, Aurélie Trouvé, et surtout Sandrine Rousseau, ont ouvert le feu médiatique : les opposants sont traités de populistes, climato-négationnistes, voire ennemis de la planète.

Ce qui frappe d'abord, parmi cet échantillon et au-delà, c'est la puissance de l'invective dans les réactions de tous les milieux pro-PPE allant du centre à la gauche: «populiste» (PannierRunacher), «climato-scepticisme antiscience» (Attal), «virage anti-écolo» (Cohen), «retour à la bougie» (Trouvé). On a même cru entendre, ce jeudi, un député du bloc central parler de «climato-négationnisme»! (*)

Mme Rousseau n’a pas hésité à déclarer que la remise en cause de la PPE serait « criminelle pour le climat », affirmant qu’elle « laisserait une planète morte à nos enfants ».

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, a immédiatement affirmé sur France Info :

« Les populistes qui s’opposent aux énergies renouvelables mettent en danger les Français. Est-ce qu’ils veulent que demain, on n’ait plus d’eau ? Qu’on n’ait plus d’industrie ? »


Ce type de déclarations hystériques n’est fondé sur aucun argument scientifique sérieux.

En France, aucune preuve crédible ne démontre que les éoliennes permettent de réduire les émissions de CO₂. Notre électricité est déjà largement décarbonée, et leur production intermittente aurait même tendance à augmenter les émissions, en perturbant l’équilibre du réseau. De tels propos sont indignes de responsables publics et en disent long sur l’état d’esprit d’un pouvoir qui refuse toute remise en question de sa trajectoire idéologique et technocratique bornée.
Pour eux, s’opposer à un projet d’éoliennes de 240 mètres dans une vallée verdoyante et intacte écologiquement, c’est vouloir la fin du monde.



Ce déchaînement verbal masque mal une panique politique de fin de règne : le rejet populaire de l’éolien et du solaire industriel prend une ampleur nationale. Les appels à un moratoire se multiplient, y compris chez des élus pourtant issus du système.


Mais la duplicité de certains élus est évidente. Jean-François Copé par exemple, longtemps présenté comme un modéré, s’est en réalité illustré comme avocat d'un promoteur éolien Allemand. Il a soutenu une procédure judiciaire visant à faire condamner un village de Charente-Maritime à 4,4 millions d’euros pour avoir osé refuser un projet éolien. Ce n’est pas de la nuance politique : c’est un acte de guerre contre la démocratie locale.




Pendant ce temps, le discours officiel mélange sciemment climat, énergie, subventions et intérêts privés. L’argument climatique, répété à l’envi, devient un prétexte à l’industrialisation des territoires ruraux.

Les médias et la technostructure parisienne décrivent toute contestation comme une hérésie, oubliant que les campagnes françaises ont déjà largement contribué à la transition énergétique



« Il s’agit d’une rupture majeure. La République des territoires se lève contre l’invasion industrielle des campagnes. L’acceptabilité sociale de l’éolien est morte. Et ce que révèle cette crise, c’est une fracture politique profonde entre un pouvoir central méprisant et une France rurale qu’il prétend gouverner sans jamais l’écouter.

Position de la Fédération Environnement Durable

La Fédération Environnement Durable rejette catégoriquement la PPE.

Elle appelle à :
- Un moratoire immédiat sur tout nouveau projet éolien ou solaire au sol,
- La suppression des subventions publiques aux filières intermittentes,
- Un débat national démocratique, fondé sur les vraies données techniques et économiques.
Fédération Environnement Durable
rédigé le Mercredi 6 Aout 2025
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Pourquoi la publication de la PPE 3 est reportée à fin septembre

GreenUnivers
Par Paul Messad 5 août 2025


A droite, Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Energie, à Bruxelles. (c) Union européenne 2025

C’était la dernière chance de publier le décret de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) ce mois-ci. Il n’y avait finalement rien, ce matin du 5 août, au Journal officiel de la République française (JORF). La publication est donc renvoyée définitivement à plus tard. Le texte a toujours « vocation à être publié avant la fin de l’été, comme le Premier ministre s’y est engagé », affirment cependant ses équipes auprès de GreenUnivers.

La date exacte reste à définir. Le Rassemblement national (RN) continue de défendre la nécessité de terminer l’examen de la loi de programmation énergétique, dite « PPL Gremillet », avant la publication de la PPE 3. Il menace, sinon, de censure. L’examen est prévu le 22 septembre, jour de la fin de l’été et date butoir de publication du décret pour le gouvernement. Ce dernier tente, en attendant, de rassurer les oppositions après cette épisode de communication difficile à gérer.

Encore de la confusion

Plusieurs semaines que la presse relatait une publication de la PPE 3 début août. Le 31 juillet, tout était prêt : le JORF, la PPE signée par le Premier ministre, le communiqué de presse officiel. Le soir même, les médias s’en font l’écho. Le lendemain, 1 heure du matin, pas de PPE au JORF.

Au média Contexte, Matignon prétexte que « le texte fait l’objet des derniers visas et relectures avant de pouvoir être publié au JORF dans les tout prochains jours ». Entre-temps, le communiqué de presse qui devait accompagner au 1er août la publication de la PPE fuite – GreenUnivers s’est assuré qu’il s’agissait bien d’un document officiel.

François Bayrou tranche

Face à la situation, au réveil des oppositions, les éléments de langages rapportés accusent des « problèmes informatiques » qui auraient empêché la publication du texte… La réalité est moins prosaïque et autrement plus contrariante. Le décret est bloqué depuis la veille, victime des tensions entre ceux qui veulent le publier, dont le ministre de l’Industrie et de l’Energie, Marc Ferracci, et les autres, derrière le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola. Au milieu, François Bayrou penche du côté de son ministre de l’Energie. En chef, il invite cependant ses troupes à ne pas se précipiter et donc à ne pas publier tout de suite.

Leur maintien à tous est en jeu. Le RN menace en effet de censurer en cas de publication de la PPE avant la fin de l’examen de la « PPL Gremillet ». « L’Assemblée a le dernier mot, politiquement et constitutionnellement, et ce n’est pas pour du flan », rappelle un député mariniste auprès de GreenUnivers.

Maigres chances de censure

Plus circonspect, un connaisseur et ancien rouage gouvernemental s’interroge sur la stratégie du Premier ministre : « s’il n’a pas réussi à décider de signer la PPE un 1er août… Quand est-ce que ce sera le bon moment ? Nous sommes au milieu du mois d’août, dans la zone de risque politique minimum ». D’autant qu’une censure est loin d’être actée d’avance. Le RN ne peut agir seul et doit s’assurer le concours des députés d’autres partis.

Souvent dans ce cas, les élus socialistes ont la main sur le bouton d’éjection. Or, un député de ce groupe rappelle à GreenUnivers qu’ils « n’ont jamais menacé de censurer pour publication de la PPE avant la PPL Gremillet ». Quel que soit le contenu de la PPE, même avec objectifs renouvelables rabaissés, « pour nous, la ligne rouge, c’est le budget, a priori pas la PPE », assure-t-il.

Des concertations supplémentaires

Afin de calmer des ardeurs visiblement tièdes, le gouvernement va tout de même organiser un nouveau tour de « concertations parlementaires » à partir de la mi-août. « Au moment où il a été décidé que la PPE serait publiée, le besoin de clarification s’est confirmé », s’explique l’entourage du Premier ministre à GreenUnivers. En revanche, ce « travail de clarification ne vise pas à rouvrir les orientations de la PPE sur le fond, mais à démontrer que des ajustements ont bien été faits au regard du débat parlementaire ». En clair : l’exécutif propose une explication de texte, mais sans possibilité de le modifier.

Une façon, surtout, de gagner du temps veulent croire quelques observateurs interrogés. « Ils ne savent pas quoi faire », confie l’un d’eux, bien informé des discussions interministérielles. Et « quand bien même la PPE paraîtrait avant la fin de l’examen de la PPL Gremillet, elle serait ajustée en conséquence à l’issue du vote final du texte », conclut le cabinet de François Bayrou. Par ces mots, il rappelle que le calendrier visé est très étriqué puisque l’examen de la PPL Gremillet est prévu le 22 septembre, soit le jour même de la fin de l’été avant lequel Matignon veut publier mordicus sa PPE.

N.D.L.R. : Un autre feuilleton de l'été, celui-ci autrement plus préoccupant que des élucubrations tout autant déjantées mais relativement locales.
Pour éviter une crise sociale, il faut renoncer à tout décret sur la programmation pluriannuelle de l’énergie

Plusieurs élus et personnalités *, dont François-Xavier Bellamy, Alexandre Jardin, David Lisnard et Robert Ménard, appellent le gouvernement à renoncer à la publication du décret sur la programmation pluriannuelle de l’énergie. Face au risque d’explosion de la facture d’électricité des Français, ils demandent un véritable débat démocratique sur la question.

Après le scandale des ZFE, la crise de la facture d’électricité qui s’annonce est une bombe à fragmentation. Une attaque sans précédent contre notre économie, contre nos vies, avec l’étrange complicité de l’État français.

Quelle économie exsangue comme la nôtre pourrait absorber un nouveau doublement - désormais possible - de la facture d’électricité ? 22 % des Français sont dans le rouge à partir du 15 du mois. Plus de 50 % n’arrivent pas à l’équilibre à la fin du mois. On a répertorié 66 422 défaillances d’entreprises en 2024, soit un niveau record en quinze ans (+ 28 % par rapport à 2019). Lucides, nous le voyons.

Et voilà que, dans ce contexte d’extrême fragilité, le gouvernement prépare, dans la moiteur d’un mois d’août, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui engage notre avenir énergétique pour… 300 milliards d’euros ! Alors qu’on peine à trouver 40 milliards d’économies dans les dépenses de l’État.

Disons-le sans détour : c’est un hold-up à ciel ouvert, une trahison de l’intérêt des gens et la promesse d’une révolte. Quand vous exécutez les classes moyennes et populaires, elles manquent soudain d’humour. Les protégés l’oublient trop souvent.

La facture électrique annuelle des Français pourrait doubler. Pour les artisans, c’est l’asphyxie : un boulanger voit déjà sa facture grimper à 12 000 euros, le double en trois ans. C’est insurmontable. Les TPE, PME, transporteurs, agri­culteurs, pêcheurs et commerçants vont aussi être les victimes directes ou indirectes. C’est une condamnation à mort de l’économie locale et ­nationale.

Le plan insensé du gouvernement présenté en mars ambitionne de couvrir la France de 20 000 éoliennes terrestres, de hérisser nos côtes de 50 parcs offshore, de multiplier par cinq le solaire… pour produire de l’électricité au mauvais moment, au mauvais endroit, quand le vent souffle ou que le soleil tape, mais pas quand nous en avons besoin. Alors même que notre électricité est déjà presque entièrement décarbonée, grâce à un parc nucléaire qui sera directement fragilisé par l’intermittence de ces énergies renouvelables. Le sujet n’est donc pas l’écologie.

Et pour quoi ? Pour gonfler les marges de ceux qui n’investissent que parce que l’État - c’est-à-dire vous - les subventionne à coups de milliards. On produit à perte, on vend à perte, et ce sont les factures des citoyens fragilisés qui compensent. Inadmissible. Cette logique de subventions massives, sans nécessité d’intérêt public, fausse les signaux de marché, décourage l’investissement privé fondé sur l’innovation et renchérit artifi­ciellement une électricité pourtant censée être abondante et compétitive. Plus on produit, plus le prix de gros de l’électricité s’effondre, plus la compensation que vous payez explose. Le résultat ? Une bombe financière prête à sauter : 248 milliards d’euros si le marché tombe à 50 €/MWh. Plus de 300 milliards si on descend à 40. Une hémorragie de fonds publics qui alimentera l’accise, cette taxe au nom obscur qui tombe directement sur votre facture, cet impôt déguisé dont personne ne vous parle.

On nous vend la PPE3 comme une vision. Mais c’est un mirage, un document technocratique hors sol. La version présentée au mois de mars postule une croissance continue de la consommation électrique jusqu’à 600 TWh en 2035… en organisant la décroissance. Les Français n’achètent plus de voiture électrique par crainte de l’inflation, les industries ferment ou fuient, et la précarité énergétique gagne.

C’est une imposture politique et démocratique : pas une étude d’impact, pas une évaluation environnementale digne de ce nom. Même pas un vote au Parlement, que demandent pourtant légitimement les élus de tous bords qui représentent les Français. Juste un décret qui prépare toutes les crises futures dans le silence de l’été, pensé par une administration hors de contrôle, prête à pénaliser notre compétitivité alors qu’on nous parle de réindustrialiser la France. Une administration prête à désorganiser le fonctionnement du parc nucléaire : pour laisser la priorité d’accès au réseau à l’électricité solaire ou éolienne, les réacteurs devront demain s’arrêter, quand bien même leurs charges de fonctionnement ne seront pas supprimées… Ces variations brutales et répétées accélèrent déjà l’usure des installations, alourdissent les coûts et fragilisent le système. C’est dément.

Il est encore temps d’agir, de rouvrir le dialogue, de faire de la transition énergétique un projet sain et responsable, partagé et compris. Il est encore temps d’éviter une crise sociale imminente. Temps de dire non. Temps d’exiger :

- L’arrêt immédiat de tout décret sur la PPE.

- La fin de tout financement public pour l’éolien et le solaire, qui n’apportent à notre réseau qu’une intermittence coûteuse à gérer.

- L’organisation à l’Assemblée nationale d’un véritable débat démocratique sur notre avenir énergétique, pas un simulacre. Remettons tout à plat, dans l’intérêt du peuple français, y compris les contrats déjà signés.

- Que seuls les projets ayant un sens économique, écologique et énergétique voient le jour. Aujourd’hui, les éoliennes ne produisent que des subventions. Cet argent, les 15 à 20 milliards par an que l’État entend siphonner, investissons-le dans la souveraineté énergétique, la stabilité tarifaire, l’avenir industriel. Pas dans les profits des marchands de vent et des vendeurs d’illusions. Privilégions l’efficacité économique et la compétitivité de notre tissu productif plutôt que les rentes garanties.

Électrifions les usages ; là est notre avenir. Cela veut dire : travaillons à réduire le prix de l’électricité décarbonée, pas à l’augmenter ! Le bon sens doit revenir de toute urgence.

* Signataires : François-Xavier Bellamy (député européen), Nicolas Daragon (maire de Valence), Laurent Jaoul (maire de Saint-Brès et secrétaire général des #Gueux), Alexandre Jardin (écrivain, fondateur des #Gueux), David Lisnard (maire de Cannes), Emmanuelle Ménard (ancienne députée française) et Robert Ménard (maire de Béziers).

N.D.L.R. : Ce ne sera pas faute d'avoir prévenu !
Fédération Environnement Durable
rédigé le Lundi 1er Septembre 2025
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Électricité : une manipulation des prévisions pour justifier un plan ruineux

La Fédération Environnement Durable (FED) dénonce une manipulation systémique et inacceptable des prévisions de consommation d’électricité, fondement du projet de Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3).

Selon une note confidentielle du Haut-Commissaire à l’Énergie Atomique (HCEA), récemment révélée, l’hypothèse centrale du scénario A du Réseau de Transport de l'Electricité (RTE), utilisée pour justifier la PPE3, repose sur une surévaluation massive et irréaliste de la demande d’électricité à l’horizon 2035.

Une fraude méthodique pour servir des intérêts privés

Les chiffres sont clairs :
- La consommation réelle d’électricité en France baisse ou stagne depuis 2019 (−3 % depuis 2022).
- Les objectifs affichés pour les véhicules électriques, l’industrie électrifiée ou l’hydrogène sont hors de portée à l’horizon annoncé.

Pourtant, l’État projette d’ajouter 10 000 éoliennes, 30 parcs offshore et de quintupler le solaire, dans un contexte de surcapacité déjà constatée.

Cette stratégie n’est pas dictée par les besoins du pays, mais par la volonté d’alimenter une filière industrielle sous perfusion d’argent public.

Le HCEA estime que cette inflation artificielle des prévisions de la demande sert de prétexte à un programme ruineux, sans fondement, ni économique, ni écologique, ni énergétique.

Une arnaque à 300 milliards d’euros

Ce mensonge organisé engage l’État dans un programme :
- coûtant jusqu’à 300 milliards d’euros ;
- provoquant un doublement potentiel de la facture d’électricité ;
- affaiblissant EDF, en forçant ses réacteurs à l’arrêt pour laisser passer l’intermittence.

Le rapport du HCEA est formel : cette dérive menace la sécurité du système électrique, la souveraineté énergétique, et l’équilibre financier du pays.

Un coup d’État administratif sous le radar de l’été

La FED rappelle que le ministère de l’Énergie, malgré le gel temporaire du décret PPE3, poursuit en coulisses les démarches pour publier ce texte illégalement, en l’absence de loi de programmation, en contournant le Parlement, et contre la volonté majoritaire des citoyens et de leurs représentants.

La FED exige :

- L’arrêt immédiat du processus de publication du décret PPE3.

- L’ouverture d’une enquête parlementaire sur la manipulation des prévisions de consommation.

- Le respect du cadre constitutionnel (article 34) et du Code de l’énergie (L.100-1 A et L.141-1).

« On ment aux Français pour justifier 300 milliards de dépenses inutiles. C’est une fraude d’État, au profit de quelques intérêts privés.

Nous n’avons pas besoin d’éoliennes : nous avons besoin de vérité, de souveraineté, et de justice énergétique. »


‍ Jean-Louis Butré
Je suis en train de lire, avec beaucoup de sympathie, le dernier roman de Jacques BROCHARD, intitulé 'Les Malveillants" (édité chez "Hello Editions").

J'y retrouve des sensations éprouvées et des épisodes traversés lors du combat qui nous fit nous connaître puis nous apprécier, Jacques et moi. Par exemple, une évocation d'un faux en écritures publiques, turpitude très grave à mes yeux, commise par un très dynamique élu local que j'aurais souhaité poursuivre au pénal, ce dont un autre ami me dissuada (j'avais suivi le conseil de Patrice, non parce qu'il m'avait convaincu mais en raison de son prestige moral à mes yeux).

Il est également question d'EHPAD et de vieillesse, et ceci me rappelle ma mère qui, elle du moins, n'avait opposé aucune résistance quand je l'avais amenée à admettre l'opportunité d'un tel déménagement.

J'avais tardé à me lancer dans la lecture de ce roman mais ne suis pas déçu. Et Guillaume a eu raison de relancer mon intérêt en m'annonçant que la fin du récit est particulièrement sombre. Je n'en suis pas encore arrivé là mais suis néanmoins bien accroché.

En tout cas, Jacques, un grand bravo !
Le brutal coup d’arrêt sur les énergies renouvelables en France

DÉCRYPTAGE - Le développement de l’éolien et du solaire se heurte à une opposition de plus en plus violente. Faute de nouveaux projets en nombre suffisant, certains acteurs du domaine craignent le pire.

« Jamais la France n’aura installé aussi peu d’éoliennes que cette année », constate William Arkwright, président de la commission éolien terrestre au Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui tient son colloque annuel ce mardi. Dans le secteur, le décompte se fait en mégawatts (MW). Au cours des six premiers mois de l’année, 276 MW ont été installés. Si la tendance devait se confirmer, moins de 500 MW le seront en 2025, soit moitié moins qu’en 2024 et un tiers de moins que pendant la période 2021-2023. De quoi réjouir les opposants à cette technologie et donner des sueurs froides à toute une filière industrielle, qui dénonce « une vaste campagne de désinformation. Le sujet est devenu tellement passionnel que nous ne sommes plus en mesure d’avoir un débat rationnel sur la politique énergétique à l’Assemblée nationale », déplore Jules Nyssen, le président du SER.

« Dans certaines préfectures, il y a un moratoire qui ne dit pas son nom », ajoute William Arkwright, inquiet des conséquences économiques de ce brutal coup d’arrêt. Lorsque Agnès Pannier-Runacher était ministre de la Transition énergétique, elle veillait au suivi des dossiers. Depuis le début de 2024 et le gouvernement Attal, le vent a tourné. L’absence de gouvernement ne fait qu’accentuer l’incertitude. « Pour certaines administrations, ce vide politique donne lieu à des interprétations personnelles, constate Jules Nyssen. Nous savons qu’il y a des endroits où ça ne vaut même pas la peine de déposer un dossier. »

Une équation compliquée

Un point paradoxal, alors que, conformément à la loi d’accélération des renouvelables, plus de 7000 zones ont été proposées pour l’installation d’éoliennes par les collectivités locales. Et pour cause. « L’éolien terrestre, c’est 10 000 euros de fiscalité par éolienne et par an pour les communes. Et des revenus pour le budget de l’État », ajoute le SER. En effet, la Commission de régulation de l’énergie notait l’année dernière que « la filière éolienne terrestre est particulièrement peu coûteuse pour l’État. Après 2023, où elle a contribué pour 3,4 milliards d’euros au budget de l’État, la filière représente toujours une recette au titre de 2024, à hauteur de 300 millions. » La suite dépend du niveau des prix de gros de l’électricité - plus ils sont bas, plus les compensations versées par l’État aux producteurs augmentent - et des nouvelles capacités mises sur le marché. Sachant que, dans le même temps, certains parcs plus anciens sortent de ces mécanismes.

Comparé à l’éolien terrestre, le solaire se porte bien. Au premier semestre, 3300 MW ont été installés, sur des toitures, des parkings ou au sol. Pour autant, Xavier Daval, président de la commission solaire au SER, est encore plus pessimiste. Faute de nouveaux projets en nombre suffisant, il craint un effondrement du marché dans deux ans, avec toutes les conséquences négatives que cela peut représenter pour les entreprises, notamment les installateurs qui ont l’avantage d’offrir des emplois non délocalisables. D’ici là, le secteur vivra des dossiers encore en suspens, dans l’attente d’un raccordement au réseau électrique, par exemple.

Vers de nouvelles éoliennes plus puissantes et moins nombreuses

Certes, ces nouvelles peuvent réjouir les opposants aux renouvelables. Mais la satisfaction pourrait être de courte durée. D’abord parce que les Français sont majoritairement favorables au solaire, avec 89 % d’opinions favorables, contre 75 % pour l’éolien, selon un sondage Ifop réalisé au printemps auprès de 12 000 personnes pour le compte d’Engie. Ensuite, parce que rien ne dit que la consommation d’électricité, atone depuis une décennie, ne finira pas par décoller, sous l’effet de l’installation de nouveaux consommateurs comme les centres de données ou l’électrification du parc automobile. « Si on ne fait rien aujourd’hui, on n’aura pas suffisamment de moyens de production d’électricité dans deux ou trois ans », redoute Xavier Daval.

Un point devrait satisfaire aussi bien les opposants que les partisans des renouvelables : la bonne tenue du « repowering ». L’anglicisme désigne le remplacement d’anciennes éoliennes en fin de vie - généralement au bout de vingt à vingt-cinq ans - par des machines plus récentes et plus puissantes. Conséquence : il est possible de produire davantage d’électricité avec moins d’éoliennes ou plus d’électricité avec autant de machines. Ce qui est rendu possible par les importants progrès technologiques réalisés par les fabricants d’éoliennes qui, pour l’heure, sont encore essentiellement européens. Lorsque le gabarit des nouvelles éoliennes est plus grand de 30 % ou plus grand que celui des anciennes, les procédures pour les installer sont simplifiées. Pas sûr que cela suffise à rassurer les industriels, qui sont de plus en plus nombreux à lever le pied, à l’image de l’allemand RWE qui pourrait quitter la France, ou de l’américain GE Vernova, au risque de voir des centaines d’emplois disparaître.

N.D.L.R. : À suivre. La situation des comptes publics va-t-elle finir par faire évoluer les termes du débat ?

Bernard Accoyer : « Dans la confusion politique, il serait scandaleux que la PPE3 soit publiée en s’affranchissant du Parlement »

TRIBUNE - Reportée par François Bayrou, la publication du décret sur la programmation pluriannuelle de l’énergie pourrait intervenir sans débat au Parlement. Cela constituerait un déni démocratique et une erreur en matière de politique énergétique, s’inquiète le président de PNC France*.

Ancien président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer est président de PNC France.

Dans l’actualité agitée du moment, le débat sur la programmation pluriannuelle de l’énergie a presque été oublié. Pourtant, dès la nouvelle équipe gouvernementale mise en place, la technostructure étatique et les lobbies industriels concernés mettent la pression pour que le projet de PPE3 (2030/2035) soit publié rapidement par décret, avant même que les travaux parlementaires sur la proposition de loi Gremillet soient achevés. Une telle entourloupe serait condamnable sur la forme et gravement dommageable pour la France et les Français. Elle serait condamnable sur la forme, car elle consacrerait un déni de démocratie. Il appartient au Parlement d’établir et de voter les textes législatifs, et il serait inacceptable que, cédant à des intérêts privés, des services de l’État contournent ainsi son rôle.

Elle serait gravement dommageable pour la France et les Français, car il est démontré que le projet actuel de PPE3 comporte des aberrations qui demandent impérativement à être corrigées. Quels que soient les arguments fallacieux et intéressés des lobbies du gaz et des énergies renouvelables, il est établi que le développement massif des sources d’énergie éolienne et photovoltaïque proposé à court terme par le projet actuel ne répond à aucun besoin et est ruineux pour l’économie française et les consommateurs. Dans la situation économique de la France, avec 3400 milliards de dettes, il convient d’écarter tout engagement financier non indispensable. Pour éclairer son analyse, le gouvernement peut s’appuyer sur les conclusions et recommandations de la commission d’enquête sénatoriale sur la production, la consommation et le prix de l’électricité aux horizons 2035 et 2050.

L’Académie des sciences, quant à elle, critique formellement le projet de PPE3 et de multiples voix parmi les plus compétentes, dont celle du Haut-Commissaire à l’Énergie Atomique, s’élèvent contre des objectifs déraisonnables de croissance des productions d’électricité aléatoires et intermittentes. Malgré la multiplication par deux du prix de l’électricité pour les consommateurs depuis le Grenelle de l’environnement, malgré les menaces sur la stabilité du réseau que les politiques énergétiques de la France et de l’Europe ont entraînées, certains membres de l’exécutif et de la technostructure étatique, influencés par de puissants lobbies, entendent préserver la philosophie affichée dans la loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte de 2015 (LTECV), non abrogée malgré le basculement stratégique de 2022.

C’est ainsi que la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), la Commission de régulation de l’énergie (CRE), et les deux entreprises qui transportent et distribuent l’électricité, RTE et Enedis, ont proposé d’engager notre pays dans des investissements qui se chiffrent en centaines de milliards d’euros, en multipliant par environ trois d’ici à 2035 les productions cumulées éolienne et solaire, dont on sait qu’elles sont intermittentes, voire intempestives, et très dispersées géographiquement. Un constat s’impose : la France produit largement plus d’électricité qu’elle n’en consomme, grâce à ses parcs de production hydraulique et nucléaire. Nous avons exporté 89 TWh en 2024, soit 20 % de notre consommation intérieure (450 TWh), parfois à des prix extrêmement bas. En clair, nous avons financé la décarbonation de nos voisins. Or le projet de PPE3 propose d’en faire encore plus !

Un surcroît de production intermittente qui aurait encore priorité d’accès au réseau, puisque telle est la règle européenne, se substituerait à une production nucléaire pourtant moins carbonée et indispensable à l’équilibre du réseau électrique. Après le black-out ibérique, il est clair que les productions solaire et éolienne fragilisent tout le réseau, le rendant vulnérable par leurs excès. RTE le confirme : « Les exigences de sécurité d’alimentation ne sont tout simplement pas compatibles avec un pourcentage trop élevé d’énergies fatales intermittentes » Enfin, qui peut contester que l’accroissement de la production renouvelable se traduira fatalement par une augmentation supplémentaire du prix de l’électricité fournie aux clients, privés ou professionnels ?

Des déclarations publicitaires biaisées ou mensongères masquent la réalité des coûts complets de l’électricité produite par les énergies renouvelables intermittentes, et elles cachent leur poids sur le budget de l’État. In fine, c’est le consommateur-contribuable qui est trompé - c’est lui qui paye -, tandis que la France s’affaiblit. Les publications biaisées de la CRE, (« Démêler le vrai du faux ») s’associent à ces mensonges, un comble pour une autorité administrative indépendante ! L’exemple de l’échec cuisant de la politique énergétique allemande devrait alerter même les plus réticents.

Les publications de la CRE révèlent que les parcs éoliens bénéficient de prix garantis jusqu’à trois à cinq fois supérieurs au prix du MWh du parc nucléaire. Sans risque de se tromper, il est possible d’affirmer que les propositions d’investissements massifs en énergies renouvelables intermittentes, accompagnés de développements considérables des réseaux, mais aussi des moyens de compensation de l’irrégularité de leurs productions qui sont particulièrement importants pour l’éolien flottant et le solaire, conduiront à une augmentation déraisonnable du prix de l’électricité pour le consommateur domestique ou l’industriel. Une telle perspective est incompatible avec le redressement économique de la France, sa décarbonation et sa réindustrialisation, et elle serait porteuse de conséquences sociales graves.

Si une programmation prévisionnelle de l’énergie doit être définie, les enjeux sont d’une importance telle que les décisions doivent s’appuyer sur des analyses rationnelles et objectives, avec des perspectives raisonnables. PNC-France demande donc qu’une étude d’impact des choix envisagés soit conduite sous le contrôle de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, avec l’appui des académies. Dans l’attente, il serait scandaleux que, dans la confusion politique qui prévaut hélas actuellement, la PPE3 soit publiée en s’affranchissant du Parlement et en ignorant les alertes d’organismes compétents récemment rendues publiques. Alors que les autorisations déjà accordées pour de nouvelles installations éoliennes et solaires sont encore considérables, rien ne saurait ni ne pourrait justifier une telle errance démocratique.

N.D.L.R. : Parfait sur le fond !