Journal du chantier

Mon voisin et ami François LAUTOUR viendra me donner son avis sur la possibilité de tirer parti des forages récents pour alimenter, dans de bonnes conditions d'exploitation, un dispositif de chauffage par aquathermie.

En l'état du dossier, la question ne me semble pas évidente et je ne voudrais pas m'engager dans des investissements aussi coûteux sans avoir vérifié, autant que faire se peut, que je ne vais pas me retrouver planté.
François LAUTOUR m'a rendu visite ce matin. Je lui ai montré les forages, en ai détaillé les résultats, tels du moins que je les connais, puis lui ai fait lire le devis d'un plombier.

Selon lui, je n'ai pas de souci à me faire à propos d'un chauffage par aquathermie réalisé dans de telles conditions.
Je poursuis la rédaction d'un message délicat. Cela m'amène à me replonger dans toutes les pièces du dossier.

Puisque la lecture de ma rédaction actuelle est autorisée aux seules personnes ayant accès aux pages "Privé", à savoir mes fils, j'ai demandé à mon aîné de m'indiquer si, compte tenu des pièces que j'ai exhumées, il considère que je charrie ou si, au contraire, il trouve que j'ai raison.

Le nez sur le guidon, je ne suis sans doute pas le meilleur juge. Et mon aîné est, d'ordinaire, suffisamment critique de mon comportement général pour que je puisse penser qu'il ne me passera rien.

P.S. (du 4 janvier 2018 à 10 heures) : Interrogé à l'instant, le fiston me dit que mon début de message est trop touffu et que le plan de ma rédaction n'apparaît pas assez clairement. C'est sans doute vrai, il faut que ça décante...

Je vais quand même faire un "break", vu que je bosse là-dessus ce matin depuis 4 bonnes heures "non stop".
On a pu noter que, de temps à autre, et notamment quand la relation avec l'un de ses représentants se tend, je donne un coup de griffe en direction de ce que j'appelle une corporation bénéficiant d'un monopole légal sur sa chasse gardée. Je veux parler des architectes du patrimoine et assimilés et de leurs rapports avec les propriétaires de monuments historiques.

On peut imaginer qu'au-delà des effets de manche et autres moulinets, j'aie une sensibilité particulière à ce sujet.

Or, je le confesse, c'est exact.
En début de carrière, alors que j'étais en poste à la direction du Trésor au "bureau du marché financier", j'ai eu à connaître du "monopole des agents de change" puisque j'étais alors l'énarque le moins gradé en charge de leur tutelle. A l'époque, les cotations boursières avaient lieu à l'heure du déjeuner seulement. Pour la bonne et simple raison qu'au XIXème siècle, lorsque tout ce bazar avait été institué, la malle-poste de Lyon, chargée d'ordres de bourse comme on l'imagine, n'arrivait devant le Palais Brongniart qu'à l'heure où les bons pères de famille mettaient les pieds sous la table. Autant dire la belle époque.
A titre personnel, j'avais, dans ce cadre, développé à l'égard de ladite corporation des sentiments plutôt favorables, par exemple en meublant mes loisirs par la lecture de la saga des BOUSSARDEL de Philippe HERIAT (je crois y avoir fait allusion ici il y a peu, à la suite de la visite d'un château normand de la famille FAUCHIER-MAGNAN).
Surtout, j'ai puissamment aidé à la fortune de mes ouailles lorsque, en 1978 (il y a déjà plus de quarante ans...), j'ai été l'homme de base très actif de la "loi MONORY". Dans la foulée, j'ai été propulsé rapporteur général de la "commission chargée de moderniser les techniques de cotation, d'échange et de conservation des valeurs mobilières" ("commission PEROUSE") qui a abouti à la mise en place en France du "marché continu" et à la "dématérialisation des valeurs mobilières", deux préalables au "big bang" par lequel les banques ont pris le contrôle des agents de change, permettant au passage à ces derniers de se faire, comme si c'était encore nécessaire, des couilles en or.

Donc voilà. Je n'ai pas de mal à plaquer sur la corporations des architectes du patrimoine et assimilés la problématique des agents de change, telle que je viens de la résumer à très grands traits.

Tout cela pour dire que j'aimerais bien qu'une fois que les pouvoirs publics ont octroyé à un ancien de l'"Ecole de Chaillot" le fameux label, ils n'oublient pas de vérifier, de temps à autre, si ce personnage fait bien son boulot. Je précise que, pour ce qui me concerne, je ne demanderais guère plus qu'un contrôle minimum. Après tout, il faut bien que tout le monde vive. Mais quand même...
J'évite de recourir aux somnifères pour ne pas m'habituer à cette drogue. De plus, le somnifère que j'utilise, le "Donormyl", est, je crois, assez bénin. Enfin, lorsque je me résous à en ingurgiter, je n'en absorbe jamais qu'un demi-comprimé au plus.

Comme cette histoire d'architecte entravait mon sommeil depuis plusieurs jours, j'ai avalé un demi-comprimé hier soir. Et grand bien m'en a pris. Au réveil ce matin, j'ai une idée lumineuse qui devrait, je pense, permettre de débloquer la situation. En fait, une idée de compromis.

Avant de la coucher sur le papier et de la proposer, il faut encore que je travaille au bilan de cette affaire. Pour le simple bon ordre de mes dossiers, puisque c'est ainsi que je procède toujours. Et puis je vais devoir participer à Paris à l'anniversaire de mon second petit-fils, ce qui va ralentir ma production.

Mais je devrais être prêt à présenter mon offre dans le courant de la semaine prochaine. A suivre donc.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le vendredi 4 janvier 2019
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Ferronnerie - Menuiserie - Logis
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(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : vendredi 4 janvier 2019 18:11
À : Arnaud Paquin Architecte; (...)@culture.gouv.fr
Objet : TR: Envoi d’un message : P8120609.jpg, P8120608.jpg

Pour info.

Le chantier se trouve totalement bloqué, me semble-t-il.

Je réfléchis aux meilleurs moyens de le débloquer.

Bien cordialement,

PPF

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De : hogue robert <hogue@serrure.fr>
Envoyé : vendredi 4 janvier 2019 13:02
À : Pierre-Paul Fourcade
Objet : Re: Envoi d’un message : P8120609.jpg, P8120608.jpg


Bonjour Monsieur Fourcade,

Merci pour vos vœux et recevez les miens en retour de santé et bonheur.

Pour l'instant j'attends la décision de Mr (...) via Monsieur Leboisne et la commande correspondante, j'ai retenu qu'il s'agirait des deux premières tranches dans un premier temps mais nous suivrons de toute façon selon son planning.

N'hésitez pas à m'appeler si besoin au 02 96 39 09 03 ou au 06 07 30 72 92.

Bien cordialement

R Hogué

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Le 30/12/2018 à 08:36, Pierre-Paul Fourcade a écrit :

> Bonjour M. HOGUE,
>
> D'abord tous mes vœux pour 2019.
>
> Qu'avez-vous prévu pour le devis : quelle(s) tranche(s) de travaux ? quel destinataire ?
>
> Bien cordialement,
>
> PPF

(Fin de citation)
Cela m'a bien réussi de prendre un demi comprimé de "Donormyl" hier soir. Je vais recommencer ce soir afin d'être en pleine forme demain pour avancer dans mon pensum.

En fait, je ne mettrai pas en ligne (autrement qu'en pages "Privé") le détail de mon analyse. Il me paraît clair qu'agir autrement rendrait vain tout effort de recoller les morceaux.

Lorsque j'aurai terminé cette analyse qui pourra être très complète et factuelle tant sont nombreux les matériaux accumulés, je pourrai articuler ma proposition.

Pour dire les choses clairement et donner une idée de ce que j'ai derrière la tête, il me semble urgent de définir un nouveau cadre, très simplifié, pour mes relations avec l'architecte.

Je pense qu'il ne faut pas chercher à blinder le dossier au moyen d'un cadre contractuel complet et pérenne mais qu'il suffirait pour avancer que :
- de mon côté, je précise clairement les parties du chantier qui me paraissent devoir être réglées prioritairement ; on se bornerait, du moins dans un premier temps, à ne contracter qu'à propos de celles-ci ;
- du côté de l'architecte, on s'engage fermement à tenir un calendrier suffisamment serré sur ce programme ainsi limité en s'en donnant enfin les moyens.

Si l'expérience se révèle probante, vue de mon côté, c'est-à-dire gérable du côté de l'architecte, nous aurons fait un grand pas en avant qui pourra être réitéré.

Sinon (ou si le blocage actuel devait se prolonger), j'espérerais que l'architecte m'aide effectivement à lui trouver un successeur en toute sérénité. Si possible aussi sympathique que lui et aussi compétent sur le plan technique.

Mais il vaudrait mieux, quand même, que je ne rêve pas trop.
Igor, en vacances cette semaine, m'a proposé de venir nous donner un coup de main à la Chaslerie. J'ai tout de suite accepté.

Je me suis dit qu'il pourrait finir de gratter les restes de ciment sur les murs du troisième étage du colombier et creuser à la mini-pelle les fossés pour enterrer les tuyaux bleus du foreur.

En ce qui concerne les restes de ciment à gratter et autres interventions en maçonnerie du 3ème étage du colombier, l'architecte m'a confirmé depuis la mi-novembre que ces travaux, s'inscrivant dans le droit fil de mes efforts antérieurs pour faire disparaître les horreurs manifestes de mes prédécesseurs, ne nécessitent pas d'autorisation particulière.

Donc Igor a pu commencer, dès aujourd'hui, par faire tomber l'enduit de ciment autour de la fenêtre Nord-Oust :

7 janvier 2019.

On s'est alors aperçu qu'il serait trop difficile de remplacer par des pierres les parpaings de béton disposés autour des fenêtres lorsqu'elles ont été percées. Je me bornerai donc là, pour l'essentiel, à substituer de la chaux au ciment des éveils, ce qui permettra de ne pas tout casser à cet endroit :

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

Par ailleurs, ne pouvant décemment pas garder le ciment et la brique creuse de la niche du coin Nord-Ouest de la pièce, j'ai demandé à Igor de les faire sauter...

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

... mais là, nous avons eu la surprise de tomber sur une feuillure en bonne qualité de maçonnerie de pierres...

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

... avec des pierres de seuil convenablement agencées...

7 janvier 2019.

... de sorte que j'ai décidé de ne pas faire disparaître cette niche mais de la conserver pour y installer, le moment venu, un rangement de menuiserie. Je comprends en effet que cette niche était une porte, trop basse pour pouvoir être utilisée en tant que telle de nos jours, qui a été percée et proprement maçonnée dans le courant du XIXème siècle, lorsque d'anciens trous de colombe ont fait les frais de cette opération. Cette porte basse a été bouchée et salopée dans les années 1950, lorsque a été percée la porte centrale qui demeurera, comme l'a prévu le projet de juillet dernier de l'architecte. Conclusion : je ne vais guère rétablir les trous de colombe initiaux dans la moitié Ouest du mur Nord du colombier. Juste remettre un peu d'ordre dans ceux qui entourent la niche de cette partie du mur.

En revanche, il est confirmé que la niche Nord-Est est bien, en totalité, une saloperie bâclée des années 1950. Donc là, pas de quartier : on fera disparaître cette horreur et on rétablira à sa place les trous de colombe envolés :

7 janvier 2019.

Je continue à réfléchir à mon projet de lettre à l'architecte. Je voudrais trouver le ton juste pour arriver à le convaincre qu'il est aussi de son intérêt de débloquer la situation.

Il faudra donc, sans doute, que je n'évoque que par allusions le calendrier antérieur. Ce n'est pas le plus facile pour moi qui, par caractère, suis enclin à mettre les points sur les "i" d'une façon qui peut être contre-productive.

J'ai toujours été comme cela. Je me rappelle ainsi une réflexion de Mme HETTIER de BOISLAMBERT à ma mère, vers 1960, à propos de mes dessins d'enfant : elle notait que mes couleurs étaient fortement appliquées et nettement délimitées. Du DERAIN plus que du Marie LAURENCIN, en quelque sorte. Par comparaison, ma sœur donnait dans le genre pastel.
J'ai demandé hier soir au foreur comment procéder pour enterrer les tuyaux d'évacuation des puits.

Voici sa réponse, ce matin :

(Début de citation)

Tout d'abord, les tuyaux de forage peuvent effectivement être enterrés mais les tuyaux gris d'évacuation valent moins cher (tube de forage alimentaire : 9.65 euros H.T. le mètre) ; à vous de voir.

Il faut tout d'abord ouvrir les tranchées afin d'y poser les tubes d'évacuation et ensuite creuser tout autour des forages afin de poser des drains autour avec du cailloux 20x40 et d'orienter les drains dans les tubes d'évacuation.

Le cailloux et les drains posés, recouvrir les drains de cailloux 20x40 et ensuite idéalement poser des buses de puits par exemple de 50 cm de haut mais enterrées pour quelle ne dépassent pas du sol. (voir plan schématique joint ; excusez-moi je ne suis pas un grand dessinateur).

Tant que les PAC ne sont pas installées, j'ai peur qu'en fermant la vanne le forage déborde davantage entre la cimentation et le terrain ; donc il vaut mieux la laisser ouverte.

(Fin de citation)

Comme indiqué hier, j'envisageais de demander à Igor de faire le nécessaire. Mais Christian craint que les chenilles de la mini-pelle ne défoncent le terrain ; il me recommande donc ce matin d'attendre le retour des beaux jours pour donner suite, non sans ajouter qu'il sait lui aussi conduire la mini-pelle.