Journal du chantier

Enfin, les beaux jours sont de retour !

Pour la première fois de la saison, l'herbe a été coupée aux abords immédiats du manoir. Claude MARTIN, à la retraite depuis dix-huit mois, m'avait téléphoné pour proposer de se charger de cette tâche. J'avais accepté avec plaisir, très heureux de constater une nouvelle fois l'attachement à la Chaslerie de mon ancien maçon. Bernard a dû lui apprendre à se servir de la tondeuse auto-portée "John Deere 3720". Ce matin, sous le soleil, le coup d'oeil est donc très agréable.

Pascal, également encouragé par le climat clément, a pu poursuivre son travail de maçonnerie sur le fournil de la ferme. Je lui ai fait part de mes remarques sur une meilleure façon de faire coïncider les plans horizontaux des pierres d'encadrement des fenêtres avec les alignements de pierres des murs. Il me promet d'en tenir compte pour la suite.

Thibaud, mon fils aîné, se préoccupe de définir le budget de restauration de la cave. Il agit donc avec prudence depuis que je l'ai embarqué dans cette aventure. Il souhaiterait ainsi pouvoir comparer des devis. Il passe là par un stade que j'ai connu il y a près de vingt ans, lorsque je débutais dans la restauration de vieilles pierres. Habitué qu'il est à travailler dans des marchés (abusivement) considérés comme efficients et transparents, il pense qu'il en va de même pour les marchés de travaux du bâtiment. J'ai essayé de lui expliquer que le mieux à faire pour lui serait de revenir plus souvent à la Chaslerie, d'y convoquer des artisans et de leur demander lui-même tous les devis qu'il souhaite. Quant à moi, j'ai appris depuis belle lurette que l'essentiel est de traiter avec des artisans de confiance, dans le cadre d'une relation à long terme. En fait, les devis ne me servent que lorsqu'ils me sont réclamés par l'administration des affaires culturelles, dans le cadre de son instruction d'éventuels dossiers de subventions. Il appartiendra à Thibaud d'arriver aux mêmes conclusions. Cela prendra bien sûr un peu de temps.

A propos de relation de confiance à long terme avec mes artisans, je signale que l'électricien-plombier-chauffagiste est revenu sur le chantier. Nous sommes convenus du "modus operandi" pour la suite éventuelle de ses interventions. De mon côté, il faudrait que je suive de beaucoup plus près le travail de ses employés. Or, depuis le passage de ces derniers, il y a deux semaines, l'électricité disjoncte plusieurs fois par jour. La réparation que m'a dit avoir effectuée hier cette entreprise était encore une fois complètement ratée. Ma confiance est donc en chute libre.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 12 Avril 2010
Journal du chantier - Plomberie-chauffage - Electricité - Bâtiment Nord
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Autant je suis toujours heureux de dire du bien des artisans compétents et sérieux et de les recommander (comme ce site l'illustre de multiples façons), autant je n'ai pas beaucoup de temps à perdre avec les branquignols.

J'ai ainsi envoyé ce matin à l'électricien-plombier-chauffagiste une mise en demeure de réparer sans délai les dégâts commis par ses employés. Il est inadmissible que, suite aux carences manifestes de cette entreprise, la Chaslerie soit privée d'électricité (à l'exception de l'alarme, heureusement installée par une entreprise qui n'a rien à voir avec eux) et son propriétaire réduit à coucher à l'hôtel.

Pour sa défense, l'entreprise prétend que je branche trop d'appareils sur le même compteur. Cet argument ne vaut rien. Au demeurant, c'est cette entreprise qui est réputée compétente en électricité et c'est à elle, dont je suis le client depuis plusieurs années, qu'il incombait de prendre les mesures appropriées en temps utile.

Or Pascal a découvert ce matin la raison des courts-circuits à répétition que cette entreprise s'est révélée incapable de détecter. Dans la plomberie que cette même entreprise a installée il y a deux ans à peine, il y a en effet une fuite, de sorte que l'eau coule à jet continu sur la chaudière. Cette dernière, désormais détériorée, fume et sent le plastique brulé, ce qui laisse craindre le pire pour son électronique notamment.

Pascal a immédiatement déconnecté la chaudière et le court-circuit a disparu. Mais, si l'électricité est ainsi revenue, je n'ai désormais plus d'eau chaude dans le cabinet de toilettes.

En bref, cette mésaventure illustre, si c'était encore nécessaire, la réalité du mode de vie de certains amoureux de vieilles pierres.

En attendant la réponse finale de l'arttisan fautif, je pourrai toujours me remémorer mes saines lectures de jeunesse et me dire, en me gelant entre mes vieilles pierres : "Macte animo ! Generose puer, sic itur ad astra !" ou, si l'on préfère, "Courage noble enfant ! C'est ainsi que l'on s'élève vers les étoiles !"

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 14 Avril 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Sculpture - Chapelle - Charretterie
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Hier, j'ai rendu visite à Pascal POIRIER dans son atelier de La Ferté-Macé. Avec le retour des beaux jours, il s'est remis à sculpter la statue de Sainte-Anne. Je l'y ai encouragé à ma façon. Il reste encore beaucoup de finitions à réaliser, avec des outils modernes de plus en plus fins, tout en respectant les tours de main des tailleurs de granit d'autrefois. Nous avons évoqué l'inscription que je souhaiterais voir gravée sur la Bible que déchiffre la jeune Marie : ce pourrait être "P. POIRIER FECIT PRO P.P.F. - A.D. MMX". Pascal POIRIER va néanmoins s'assurer que ce texte serait conforme aux pratiques de ses lointains prédécesseurs. En tout état de cause, il me semble que sa statue sera assez solide pour parvenir à l'an 3 000 et qu'à cette époque, ce pourrait être une pièce de musée.

Ce matin, j'ai demandé à Pascal MAIZERAY et à Bernard de trier et de déménager (de "rémouver", comme ils disent dans la langue d'ici) les pierres qui se trouvent encore en tas au Sud de la charretterie. Il s'agit de faire place nette, ne serait-ce que pour permettre à Roland BOUSSIN d'installer confortablement ses échafaudages.

Certaines de ces pierres sont là depuis une douzaine d'années, laissées en vrac lors de l'abandon du chantier par un maçon défaillant. D'autres ont été achetées l'an dernier à la mère de Maxime. D'autres encore ont été déterrées l'an dernier, lors de la restauration du parvis de la chapelle.

Ces pierres doivent être triées selon leurs dimensions et leurs formes, en distinguant les pierres de fondation des pierres de parements, d'angle, ou des linteaux, le tout en séparant les granits et les grès. C'est un travail fastidieux et fatiguant, bien sûr, mais indispensable pour faciliter la réalisation des maçonneries à venir.

Ce soir, la moitié du stock en question a pu être traitée.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 16 Avril 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Plomberie-chauffage - Electricité
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L'artisan fautif que j'évoque ici depuis quelques semaines n'a pas réagi à ma mise en demeure qu'il a réceptionnée il y a trois jours. Je considère donc qu'il s'est exclu de mon panorama : bon vent !

Grâce à mon coiffeur, Didier SAMSON, "meilleur ouvrier de France" basé à Flers, j'ai peut-être résolu le problème de plomberie. L'artisan qu'il m'a recommandé est venu ce matin. Il m'a fait très bonne impression. Il a tout de suite identifié la panne sur la chaudière et l'a réparée. Il devrait revenir la semaine prochaine pour préparer les devis de ses probables futures interventions, notamment sur le chauffage du bâtiment Nord.

C'est déjà Didier SAMSON qui, il y a cinq ans, m'avait présenté et recommandé Claude MARTIN, le maçon qui m'a permis d'avancer vite et bien dans la restauration de la Chaslerie. Il est heureux pour moi d'avoir, dans le pays, un tel interlocuteur, plein de ressources et prêt à les partager de bon coeur. Je lui en suis très reconnaissant.

Quant au nouvel électricien que j'espère pouvoir bientôt tester, il m'a été recommandé par Mme COUSIN, de l'auberge "Au bon accueil", à Juvigny-sous-Andaine. J'apprécie beaucoup l'hospitalité de cette auberge dont je ne me lasse pas de la tête de veau sauce gribiche ni de la mousse au chocolat, de vrais régals selon moi. Pas étonnant que, formé dans un tel cadre, le fils de M. et Mme COUSIN soit le chef cuisinier du ministre du travail ; avec de tels plats, qui me donnent une humeur si charmante, il y a en effet de quoi plonger dans une douce béatitude les bataillons de syndicalistes les plus vindicatifs.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 19 Avril 2010
Journal du chantier - Terrassement - Arboriculture-horticulture - Cave - Murs divers
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Branle-bas de combat aujourd'hui à la Chaslerie ! Carole mobilise toutes les bonnes volontés !

Il faut en effet faire place nette au Sud de la cave, en vue d'y implanter un système de drainage enfin efficace, de manière à éviter que, chaque hiver, la cave ne soit inondée. Par conséquent, il faut décider rapidement où transplanter les rosiers très vigoureux de la façade Sud de ce bâtiment.

Donc Carole est en train d'imaginer la future plate-bande à l'Ouest du mur entre la chapelle et le manoir où il faudra replanter ces fleurs. Comment s'y abriter du vent ? Quelle largeur prévoir pour cette plate-bande ? Quels espacements respecter entre les rosiers ou bien entre le mur et les rosiers ? Comment éviter que la plate-bande ne soit envahie par les herbes voisines ? Où placer un banc ?

Tout cela demande des idées d'ensemble, mais aussi des mesures précises. Bref, Bernard et moi ne sommes pas de trop pour aider l'artiste à concevoir l'oeuvre.

Ce Bernard est une perle ! Qu'on en juge !

Ce matin, Carole l'avait chargé de dégager de leur herbe les plates-bandes destinées aux rosiers. L'herbe devait être découpée en plaques (ce que les golfeurs appellent des "escalopes", ma spécialité d'ailleurs), de manière à pouvoir être redéposée dans un autre endroit de l'avant-cour, là où, jusqu'à il y a quelques semaines, les maçons avaient stocké des pierres.

Bernard a vite compris que, pour mener à bien cette tâche, nos outils ne suffiraient pas. Il a donc manifesté l'intention de repasser chez lui chercher sa houette. C'est à ce moment-là que je lui ai demandé de m'aider, à l'occasion, à trouver des sceaux de Salomon multiflores (Polygonatum multiflorum, classe des Lilopsida, famille des Convallariaceae), comme me le demande mon professeur de biologie florale à Caen, pour un herbier que je dois rassembler.

J'ai juste eu le temps de montrer à Bernard une photographie de ce "muguet sauvage" qu'il était revenu, armé de sa houette et brandissant un seau dans lequel il me rapportait un sceau de Salomon entier, racines incluses, comme il convient.

J'ai déjà expliqué sur ces pages à quel point j'étais mauvais quand il s'agissait de choisir des couleurs de peintures. Les visiteurs assidus de ce site (que je salue, ils le méritent bien) sauront désormais que je suis encore loin d'avoir acquis le coup d'oeil d'un gars de la campagne pour reconnaître les herbes sauvages.

Tout cela pour dire que les théories de Ricardo sur les avantages comparatifs s'appliquent parfaitement ces jours-ci à la Chaslerie : chacun y contribue à l'effort commun au mieux de ses forces et capacités ; Carole conçoit, je planifie, finance et contrôle (ce qui n'est quand même pas rien), Pascal et Maxime (dès que sa scolarité le lui permet) maçonnent, Claude coupe l'herbe et entretient le matériel avec Maxime, Bernard soigne les arbres, les haies et les plates-bandes et trouve même le temps de m'aider dans mes études.

La morale de cette histoire est que je vais donc demander sans tarder à Bernard de rechercher la scolopendre (Asplenium scolopendrium) qui me manque toujours pour mon herbier. J'en ai certes découvert une dans le puits de la Chaslerie (le seul puits ouvert actuellement, étant entendu qu'il y en a au moins deux autres mais qui ont été bouchés ou refermés) mais je me vois mal y descendre de 3 mètres pour cette récolte.

Au volant de son "Manitou", Roland BOUSSIN replace la charpente de la charretterie. Je l'ai invité à graver dans le chêne de sa sablière "A ETE RESTAUREE PAR ROLAND BOUSSIN EN 2010".

C'est en quelque sorte un clin d'oeil que je me permets à son prédécesseur Jean MIDY, qui était intervenu sur la charpente des écuries et de la cave du manoir et les avait de même gravées, voici la bagatelle de deux siècles et demi (comme on peut le vérifier sur la page "Visite" de ce site internet).

Roland BOUSSIN, qui connaît ses classiques (je pense ici au texte de la sablière de la cave), me demande si je souhaiterais voir mon nom également inscrit, à l'instar d'un LEDIN, sur cette sablière. Je réponds que non ; mon nom sur une plaque tombale de la chapelle de la Chaslerie, ce sera bien assez pour moi, mais le plus tard possible.

Bernard a demandé à Maxime de se mettre aux commandes de la mini-pelleteuse, afin de retourner en profondeur la terre qu'il vient de finir de dégager de son herbe sur les futures plates-bandes de rosiers. Je suis surpris de la compacité du sol, au pied du mur allant de la chapelle au manoir. A l'évidence, celle-ci résulte des passages de tracteurs charriant des pierres, lors de la récente restauration de la maçonnerie de ce mur.

Mais la terre d'ici est peu fertile, tout juste bonne à produire de l'herbe à vaches quand on ne la sature pas d'engrais. Ce soir, Bernard a d'ailleurs rapporté une benne d'humus tiré de "la fontaine du Tertre Linot", un terrain qu'il connaît bien mieux que moi car il me l'a vendu après l'avoir longtemps travaillé quand il était agriculteur. Les rosiers de Carole apprécieront, sans nul doute.

Pascal taille des grès en vue de restaurer les ouvertures du fournil de la ferme. Parfois, le grès éclate en lamelles plus ou moins épaisses, obligeant Pascal à reprendre son travail à zéro.

Car la pierre d'ici est dure à travailler.

Quant à Thierry BOURRE, nous l'attendons toujours pour planter de nouveaux poiriers, comme convenu. Cette attente est d'autant plus longue à mon gré qu'alentour, les poiriers commencent à être en fleurs.

Les poiriers en fleurs, bonheur fugace du printemps, comme ces jours-ci à la Chaslerie. Ces poiriers trop souvent abattus chez des voisins par des tronçonneuses implacables dont j'entends les stridences barbares dans le lointain.

Car les tracteurs géants de l'agriculture moderne tolèrent de moins en moins les obstacles à leur progression, ici haies ou poiriers typiques du Domfrontais. C'est aussi ce qu'on appelle le progrès, prétend-on parfois.

Sous la dent des scies, le chêne de Bellême rosit avant de jaunir quelques heures plus tard. C'est ce que m'a expliqué Roland BOUSSIN hier, alors que son équipe ajustait des pièces de bois pour remonter la charpente de la charretterie.

Au milieu de la nuit dernière, à la seule lueur de la lune montante, je suis allé me promener autour de la Chaslerie. Maintenant que cette charpente est de nouveau en place, on redécouvre la masse de ce bâtiment au Sud de l'avant-cour. Je trouve qu'il occupe bien l'espace et que l'impression en est agréable lorsqu'on arrive sur le manoir, en descendant le chemin qui le relie à la D22. L'avant-cour retrouve donc, petit à petit, son équilibre profond. Dans quelques mois, la nouvelle statue de Sainte Anne, en cours de finition, et la grille vers le Pournouët, encore en projet, devraient parachever les travaux lourds sur cette avant-cour. Ne resterait plus alors qu'à traiter la lancinante question de la restauration de l'allée historique, que bloque toujours un agriculteur têtu.

Hier, Bernard a replanté les rosiers de la cave sur les nouvelles plates-bandes, le long du mur allant de la chapelle au manoir. Il lui a fallu les déterrer à la benne, le tracteur Valtra se cabrant sous l'effort qui lui était ainsi demandé.

Le plombier-chauffagiste recommandé par Didier SAMSON est revenu pour préparer ses devis. Nous sommes convenus de déplacer au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII la petite chaudière qui, à ce jour, alimente en eau chaude le seul cabinet de toilettes en fonction. La citerne à fuel n'aurait pas besoin d'être déplacée. Maintenant que nous disposons d'une mini-pelleteuse, ce sera en effet un jeu d'enfant que de creuser les tranchées nécessaires à l'alimentation de la chaudière dans la tour. En l'état du dossier, je repousse donc à des jours meilleurs le règlement de fond de la question du mode de chauffage unique de l'ensemble du manoir.

Pour le bâtiment Nord, nous sommes d'accord, le nouveau plombier et moi, pour procéder en deux temps.

Lors d'une première tranche de travaux qui pourrait commencer rapidement, il déplacerait la chaudière et installerait le chauffage dans 6 pièces dudit bâtiment : au rez-de-chaussée, l'entrée, la chambre, son cabinet de toilettes et son passage-dressing et, au premier étage, les deux chambres. Les sanitaires seraient installés dans le cabinet de toilettes du rez-de-chaussée et dans la chambre Ouest de l'étage.

La seconde phase pourrait commencer lorsque Pascal aurait effectué les travaux nécessaires pour transformer en cuisine le rez-de-chaussée de la tour Nord-Est, là où se trouve actuellement une chambre non chauffée, jouxtant la salle à manger du manoir. L'essentiel de ces travaux de maçonnerie consisterait à ouvrir le mur de la tour, sur toute son épaisseur (de l'ordre de 1,2 mètre à cet endroit), de façon à relier la future cuisine avec l'actuelle chaufferie et future arrière-cuisine. Le plombier pourrait, lors de sa deuxième tranche de travaux, faire arriver ses installations dans le nouveau salon d'hiver (ancienne cuisine), la nouvelle arrière-cuisine, la nouvelle cuisine et la nouvelle salle de bains (au premier étage de la tour Nord-Est, à la place d'un volume qui sert actuellement de débarras à la grande chambre voisine, celle du grand lit à baldaquin). Je précise ici, à toutes fins utiles, que j'écris "nouvelles" ici alors qu'il s'agit le plus souvent d'anciennes affectations, certaines antérieures à la Révolution ; mais, entre-temps, ces usages étaient tombés en désuétude.

De manière à ne pas retarder davantage le lancement des travaux sur l'escalier de l'entrée du bâtiment Nord, Pascal devrait prioritairement enduire de chaux les murs de cette pièce. Le menuisier pourrait revenir ensuite, dès que le chauffage par le sol aurait été installé.

Bien sûr, il va falloir trouver un nouvel abri pour les bûches actuellement entreposées dans la future chaufferie. Pascal propose de retaper lui-même sommairement l'appentis de la grange, près de l'ancienne carrière. Cela me paraît une bonne idée et je lui donne mon accord. Cela permettra aussi de protéger des intempéries d'autres bûches, actuellement éparses sur la propriété, suite à des coupes de bois.

Aidé de Maxime, Pascal a bien avancé cette semaine sur la restauration des maçonneries du fournil de la ferme. Avec Roland BOUSSIN, nous avons commencé à discuter de la restauration de sa charpente et de sa couverure. Avec le nouveau plombier, nous avons évoqué la mise aux normes de la fosse septique commune à ce fournil et à la ferme.

Enfin, Roland PADET, serrurier à Domfront, est passé vérifier diverses serrures extérieures du manoir et de ses dépendances.

L'équipe de Thierry BOURRE a planté aujourd'hui, à l'Est du Pournouët, une cinquantaine de poiriers. Je lis sur l'étiquette "Poirier Caleryana".

Mais Wikipedia me donne plus de détails. J'apprends ainsi que "le poirier de Chine (Pyrus calleryana) est une espèce de poirier originaire de Corée et du Japon. Il doit son nom latin et anglais (Callery pear) à un missionnaire français nommé Joseph-Marie Callery qui le ramena de Chine en 1858.
C'est un arbre à feuilles caduques au port naturellement érigé pouvant mesurer de 15 à 20 m de haut".
Thierry BOURRE m'a pourtant assuré qu'il ne dépasserait pas 3 mètres. Curieux. J'ai donc bien fait de suivre la suggestion de Carole et de ne pas planter là où cela aurait bouché la vue vers l'Est, le "poumon" (une tourbière) ainsi que les terres louées au fermier.

"Son écorce grise est rugueuse et fissurée. Les feuilles brillantes vert foncé alternées mesurent de 4 à 7 cm de long, ont un long pétiole et virent au rouge vif en automne."
Intéressant.

"Les fleurs blanches de 2 à 3 cm de diamètre et à 5 pétales apparaissent au début du printemps avant les feuilles. Elles sont légèrement malodorantes."
Ceci n'est pas gênant pour moi, en raison de l'éloignement du manoir.

"Le fruit comestible ressemble à une pommette marron très dure de 1 cm de diamètre. Il se ramollit après une période de gel mais reste très aigre et sans intérêt gustatif."
De toutes façons, j'en aurais été bien embarrassé.

"Il contient une ou deux petites graines. C'est à son petit fruit que l'arbre doit son surnom d'arbre « à haricot » en Chine. Pyrus calleryana est un arbre hermaphrodite rustique (jusqu'à -25°C, zone USDA 5), vigoureux et peu regardant sur le type de sol. De croissance rapide, il peut donner ses premiers fruits dès sa troisième année. À l'état naturel, P. calleryana est un arbre à rameau épineux mais de nombreux cultivars sont inermes."

"Il a une période de dormance assez courte et conserve ses feuilles longtemps en automne."
Intéressant pour moi.

"Il tolère l'ombre mais a besoin d'une exposition ensoleillée pour bien fructifier. Certains cultivars, comme « Bradford », sont résistants au feu bactérien, au phytophthora, au chancre du collet et peu sensibles au dépérissement du poirier. P. calleryana se reproduit facilement par semis. On obtient en moyenne 10% d'arbres faibles particulièrement sujets au dépérissement du poirier et il est important de les éliminer."

"Pyrus calleryana fut initialement introduit en Amérique du Nord dans le cadre de programme de croisement génétique afin de créer des poiriers domestiques disposant de la résistance au feu bactérien de certaines variétés de P. calleryana. Ce fut un échec mais en raison de sa très belle floraison printanière et de son beau feuillage rouge en automne, le poirier de Chine a été, depuis 1950, « reconverti » en arbre d'ornement principalement dans toute l'Amérique du Nord. L'espèce n'a pourtant pas que des avantages. En raison de la grande dispersion de ses graines par les oiseaux et de sa grande tolérance à tous types de sols et de climats, P. calleryana s'est aujourd'hui tellement propagé aux États-Unis qu'il y est désormais considéré comme une espèce invasive. Autre inconvénient, son bois est assez cassant, ses fleurs ne sentent pas très bon et son pollen peut provoquer des allergies."
Le fait que le bois soit cassant peut présenter des inconvénients par tempête, comme cela arrive ici.

"On utilise les semis de Pyrus calleryana comme porte-greffe pour de nombreuses variétés de poirier commun et surtout de nashi. Il est aussi particulièrement adapté aux variétés Comice, Bosc, et Seckel. Il est surtout utilisé en Chine et plus récemment aux États-Unis et au Japon.
Ce porte-greffe tolère des sols plus humides que le porte-greffe OHxF ou le cognassier."
Ca tombe bien, le terrain où il est planté ici est très humide.

"L'arbre fructifie plus vite et donne des fruits plus gros mais peut avoir un comportement irrégulier. À maturité, l'arbre est légèrement plus petit qu'un semis de Pyrus communis. Il est intéressant en climat chaud et terre sableuse ; s'adapte bien en France. Il se propage également bien par bouturage. Il existe de nombreux cultivars tels que « Bradford » (poirier de Bradford, le plus répandu), « Capital », « Chanticleer », « Red spire », « Aristocrat », « Autumn Blaze », « Cleveland Select », « Fauriei » ou « Whitehouse ». Les quatre premiers sont les plus résistants au feu bactérien et font donc de meilleurs porte-greffes pour les variétés de poires sensibles telles que la passe-crassane.
« Bradford », a un port très érigé qui le rend intéressant en zone urbaine mais, du fait de sa ramification anguleuse, il est également assez fragile et résiste mal aux tempêtes de neige ou aux grands vents."
Ca, ça tombe mal...

"De plus, sa durée de vie ne dépasse pas 25 ans, c'est pourquoi on lui préfère désormais des variétés plus résistantes telles que « Cleveland Select »."
Cette brève durée de vie est un inconvénient pour moi qui travaille à horizon de 150 ans, en général.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 9 Mai 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charpente-couverture - Charretterie
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Pascal achève le rempannage de la charretterie (Rempannage : (n.m.) En maçonnerie, action de remplir les redents d'un pignon et de l'araser au niveau du dessus des pannes ou des chevrons).

L'équipe de Roland BOUSSIN a en effet quitté le chantier il y a deux semaines. Elle reviendra dès que Pascal aura assuré la parfaite jonction des pièces de bois de la charpente avec la maçonnerie.

Et, puisque les échafaudages sont en place sur ce bâtiment, Claude MARTIN s'occupe de son rejointoiement (Rejointoiement , rejointoyage : (n.m.) Action de refaire les joints d'une maçonnerie). Comme toujours, je suis frappé par l'impression de gaieté qui émane d'un bâtiment fraîchement rejointoyé.

Un de mes vieux amis, le préfet Paul C., me demandait récemment quelle trace je laisserais sur cette Terre. Je lui ai immédiatement répondu "la restauration d'un monument historique", non sans ajouter "ce n'est peut-être pas considérable mais, au moins, ça ne fait de mal à personne".

En fait, nous venons de planter sur la parcelle au Nord du manoir et au centre du grand calendrier celtique, le plus à l'Est, un "Sequoia sempervirens" de 2 mètres de haut à ce stade mais dont un cousin a déjà atteint 115 mètres de haut quelque part en Californie.

Au centre de l'autre calendrier celtique, le plus proche de la D22, nous avons de même planté un "cèdre du Liban" ; un tel arbre peut vivre plusieurs milliers d'années.

Tout cela laisse rêveur. Quand je vous disais (voir un échange dans le Livre d'Or, à la date du 19 novembre dernier) qu'il faut être un peu fou pour entreprendre la restauration d'un monument historique...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 12 Mai 2010
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Transmission du patrimoine - Désultoirement vôtre !
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Le jeune Louis-Marie S., venu servir la messe en latin à la chapelle de la Chaslerie selon le rite tridentin, m'a posé une très bonne question. Si je résume, il m'a demandé pourquoi je restaurais autant de bâtiments qui, malgré d'importants travaux, restaient vides ou, pire, inachevés. Manifestement, il trouvait mon attitude quelque peu compulsive et ne comprenait pas que j'ouvre autant de chantiers en même temps.

Pour faire simple, j'ai répondu à cet enfant d'une famille nombreuse que je destinais la cave à mon fils aîné et la ferme à mon cadet. Je ne suis pas sûr de l'avoir convaincu. A son âge, les problèmes de transmission de patrimoine lui sont assurément étrangers.

J'aurais aussi pu invoquer le temps nécessaire pour mener à bien un programme de travaux aussi vaste. Du haut de sa dizaine d'années, je ne suis pas persuadé qu'il aurait mieux compris. Pourtant, la Terre a près de 5 milliards d'années, les arbres les plus vieux peuvent avoir 5000 ans, le logis de la Chaslerie a été construit il y a 412 ans et je ne m'en occupe que depuis 20.

En fait, par quelque bout que je retourne le problème, c'est ce que j'appelle, faute de mieux, la "logique du chantier" qui résume le moins mal mon attitude. C'est d'ailleurs l'argument que je mets en avant lorsque des adultes me posent la même question que le jeune Louis-Marie.

Est-ce que je les convaincs davantage ? A dire vrai, je n'en suis pas sûr.

A propos de ma façon de diriger les travaux, j'ai déjà parlé ici de "despotisme éclairé". On ne voudrait quand même pas que j'avoue me fier beaucoup à "mon bon plaisir" ? On sait que, par cette formule de lettres de chancellerie, le roi marquait sa volonté dans les édits. Donc problème : après Catherine II et, ici, François 1er, ne vais-je pas finir par me prendre pour Napoléon ?

Jérôme TRAVERT, avec qui j'ai pris contact virtuellement grâce au site (il y était intervenu le 13 mai dernier, dans la rubrique "Sujets divers"), vient de me transmettre par courriel une photo aérienne de la Chaslerie qu'il a prise ce matin-même. Je l'en remercie beaucoup.

On y voit la nette différence entre les couvertures, neuves du logis et usagées des écuries et du colombier. On y aperçoit également Claude MARTIN, à qui j'avais demandé de pulvériser du produit hydrofuge sur le mur de la chapelle au manoir (côté cour).

En revanche, on n'y voit pas Pascal, car le fournil de la ferme où il posait les linteaux intérieurs de bois de la porte et des fenêtres est hors des limites de l'image. On n'y voit pas non plus Bernard, qui devait entretenir le John Deere dans l'écurie, ni Gisèle qui devait repasser mes chemises au rez-de-chaussée du colombier, dans la cuisine provisoire. Quant à moi, j'étais, au moment où la photo a été prise, dans mon bureau de la tour Louis XIII ; j'y écrivais pour le site sur ma généalogie ; autant dire que j'étais très absorbé et que je n'ai nullement aperçu ni entendu le petit aéronef de Jérôme TRAVERT.

Enfin, Roland BOUSSIN qui aurait dû être là pour reprendre le chantier de restauration de la charretterie était absent. J'espère le revoir bientôt.

Ce matin, Bernard a, comme chaque année, planté des cosmos ("Cosmos bipinnatus") de part et d'autre des entrées de la cour, dans les plates-bandes qu'il avait méticuleusement nettoyées. Je lui ai ensuite demandé d'essayer d'occire au round-up les bambous qui prolifèrent au Sud du mur Sud de la charretterie.

Puis Bernard, Claude et Pascal ont ressorti les bancs et mobiliers de jardin entreposés dans le fournil.

En ce moment, Claude rejointoye le mur Nord du bâtiment Nord et Pascal sort des écuries où elles étaient stockées, des tuiles nécessaires pour les couvertures de la charretterie.

Sur la charretterie, 5 employés de Roland BOUSSIN clouent les chevrons et s'apprêtent à poser les planches et le tissu de protection convenus. Ils sont placés sous la direction de Thierry qui a une longue expérience de la Chaslerie, puisqu'il y était déjà intervenu sur la voûte de la chapelle et le dôme à l'impériale ainsi que sur la couverture du logis et de la tour Nord-Est.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 2 Juin 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charpente-couverture - Terrassement - Charretterie
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La gestion des divas est un art difficile, j'en sais quelque chose, ayant dû m'y colleter dans le monde de la finance, il y a pas mal d'années déjà.

L'entreprise BOUSSIN ne déroge pas à la règle. En effet, l'équipe de Thierry n'arrive pas sur le chantier avant 10 heures du matin et elle le quitte avant 16 heures, en prenant bien entendu le temps d'un déjeuner au restaurant. Il paraît que ces gentlemen ont besoin de rentrer tous les soirs auprès de leurs chéries, à l'autre bout du département (soit 3 heures de route par jour), qui pour des problèmes de nounou (n'est-ce pas touchant tout plein ?), qui pour des histoires de piqûres (comme si, dans le Domfrontais, nous n'avions pas d'infirmières gentilles et jolies).

Pas étonnant dans ces conditions que la tranche de travaux (pose des planches et des bâches) qui, aux dires de Thierry il y a à peine huit jours, devait être terminée avant la fête des mères, ne le soit toujours pas.

Et devinez qui supporte les surcoûts de cette démagogie galopante ?

De plus, Roland BOUSSIN m'a appris aujourd'hui qu'il a trop de chantiers en même temps et qu'il a besoin de me retirer ses gars pendant quelques semaines, de manière à alléger la pression d'autres clients.

Je ne lui règlerai donc pas cette tranche-ci de travaux tant que son équipe n'aura pas réappararu pour achever la couverture. De plus, je lui ai demandé de dégager ses échafaudages pendant l'interlude, afin de ne pas gêner Pascal dans la réalisation des sols de la charretterie, y compris les drainages extérieurs, ni dans la pose à la charretterie des anciennes portes charretières de la ferme.

Roland BOUSSIN vient de décider de laisser son équipe sur le chantier de la charretterie jusqu'à la fin des travaux de couverture.

C'est, de mon point de vue, une très bonne décision qui permettra de ne pas bousculer l'enchaînement des tâches avec Pascal. Je rappelle que, pour ce qui concerne la charretterie, ce dernier est en charge de la réalisation des sols et de la pose des portes de récupération.

Donc, de l'utilité des sites internet pour faire passer certains messages...

Dans l'immédiat, l'équipe de couvreurs passe un produit, pour en occire la mousse et les lichens, sur les tuiles de la partie de la charretterie qui avait été restaurée suite à la tempête de 1999. J'ai demandé que, cette pulvérisation achevée, ces tuiles soient déposées pour être panachées avec les tuiles neuves, de manière à ce que la couleur de la toiture soit homogène une fois la restauration achevée. Comme indiqué ici le 12 décembre dernier, un coyotage est en cours de pose, de manière à suppléer à l'absence délibérée de gouttière. Un traitement devra par ailleurs être appliqué sur les maçonneries car le chêne de certaines pièces de charpente, beaucoup trop vert, a commencé à baver son tanin sur les joints refaits, ce qui est laid.

De son côté, Pascal est absorbé par d'autres travaux. La semaine dernière, il a créé deux plateformes en dallage de pierres pour y installer des bancs de jardin. L'une se situe entre les rosiers replantés le mois dernier, le long du mur de la chapelle au manoir. L'autre est en limite du Pournouët, près de la chapelle.

Ces plateformes me donnant satisfaction, j'ai d'abord pensé demander à Pascal de poursuivre par le dallage d'une terrasse devant la façade Est du logis. Puis je me suis ravisé en me rappelant les remarques récentes de Carole qui, à juste titre, ne trouvait pas heureux le choix d'un bitume concassé, utilisé naguère par le terrassier JARRY pour revêtir le sol devant la façade Sud du manoir. J'ai donc demandé à Pascal de remplacer ce revêtement laid par un dallage analogue à celui du parvis de la chapelle ou des deux plateformes de la semaine dernière.

Le problème est qu'il est délicat de décider quelle extension donner à ce dallage Sud. Dans un sens, il n'y a pas de problème : nous nous calerons sur toute la largeur du manoir. C'est dans l'autre que les choses sont plus complexes : doit-on daller la surface devant la porte charrettière de la cour ou laisser le passage en gravillons ? N'y a-t-il pas lieu de faire quelque chose pour délimiter l'herbe le long de l'allée (donc dans le sens Nord-Sud) et, si oui, comment ? C'est à cela que nous devons réfléchir rapidement.

Sans attendre le résultat de ces cogitations auxquelles il participe, Pascal, au commandes de la mini-pelleteuse, décape ladite couche de bitume concassé. Les gravats servent à boucher les ornières de l'allée principale, au Sud du manoir, au moins pour sa moitié gauche (vue du manoir), puisque cette moitié a vocation à rester en place même si nous devions décider de recentrer prochainement cette allée, ce à quoi l'inertie persistante de l'agriculteur voisin nous obligera certainement.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 11 Juin 2010
Journal du chantier - Charpente-couverture - Sculpture - Chapelle - Charretterie
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C'est la semaine prochaine que devrait être installée en hauteur, sur le mur Nord de la chapelle, la statue de Sainte Anne que termine de sculpter Pascal POIRIER, dans son atelier de La Ferté-Macé.

Ce dernier a eu beaucoup de mal à finir sa tâche. C'était la première fois qu'il sculptait du granit et le matériau lui est apparu particulièrement compact et difficile à travailler. En outre, les composants du granit, mica, feldspath et quartz, ne réagissaient pas de façon homogène sous ses burins et leur mélange de couleurs rendait délicate la vision précise de la surface de la pierre quand il s'agissait de faire apparaître les formes recherchées.

D'ailleurs, les anciens ne s'y trompaient pas et rares sont les statues en granit. Par exemple, pour les calvaires bretons, les personnages sont généralement taillés dans la kersantite, une roche basaltique noire beaucoup plus tendre.

J'avais essayé de fournir à Pascal POIRIER un bloc de kersantite et je m'étais en particulier rendu au fin fond de la Bretagne bretonnante, au lieu-dit de Kersanton. Mais la carrière est fermée depuis longtemps. Il est cependant possible de se procurer des blocs extraits de longue date du sol mais ils sont de ce fait beaucoup plus difficiles à travailler. Dans ces conditions, j'avais conclu qu'il valait mieux s'en tenir à un matériau extrait plus près de la Chaslerie et Pascal POIRIER m'avait recommandé le granit de Louvigné que nous avons finalement retenu.

L'installation de la statue dans la niche prévue à cet effet promet d'être une opération très délicate, en raison notamment de son poids. Sept hommes (Pascal POIRIER, Pascal MAIZERAY, Bernard et les 4 couvreurs qui travaillent actuellement sur la charretterie) ne suffiraient pas pour la bouger, "a fortiori" pour l'installer en hauteur. Il va donc falloir que Roland BOUSSIN ou bien un agriculteur voisin nous prête un Manitou. Pascal POIRIER devrait livrer sa Sainte-Anne lundi ou mardi prochain et le simple fait de la faire descendre de la remorque promet d'être très sportif.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 17 Juin 2010
Journal du chantier - Charpente-couverture - Sculpture - Chapelle - Animation, fêtes, visites - Vie de l'association
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"Habemus Annam !" La statue d'Anne est enfin installée. Tout s'est très bien passé. Nous avons fêté l'évènement avec Pascal POIRIER et tous ceux qui ont prêté main forte lors de la dernière étape, notamment Pascal MAIZERAY, Bernard CORBIERE, Roland BOUSSIN et son équipe, sans oublier Claude MARTIN.

Il reste donc à l'inaugurer. C'est prévu pour la prochaine fête de Sainte Anne, c'est-à-dire lundi 26 juillet prochain à partir de 11 heures du matin. Il y aura des trompes de chasse, des chants grégoriens et, peut-être, une cornemuse. La cérémonie sera suivie d'un pique-nique sur place, selon la formule du vide-paniers.

Tous ceux qui souhaitent en être sont invités de bon coeur ! Je leur demande seulement de me prévenir quelques jours avant, afin que je puisse adapter l'installation.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 18 Juin 2010
Journal du chantier - Electricité - Terrassement - Abords, Avenue, terrasse - Charretterie - Murs divers
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Un regret : ne pas avoir pensé, lorsque nous remontions le mur de la chapelle au manoir, ou bien la charretterie, à inclure dans la maçonnerie des tubes pour le passage des fils électriques.

Maintenant que la première plateforme au Sud du manoir est presque terminée, je me dis aussi qu'on aurait dû prévoir, dès ce stade des travaux, la possibilité d'éclairer la façade d'arrivée avec des projecteurs enterrés.

Car, pour le reste, l'avant-cour commence à avoir désormais grande allure. Du haut des échafaudages de la charretterie, Roland BOUSSIN nous dit que la première plateforme met bien en valeur le manoir.

Pascal MAIZERAY a entamé hier les travaux pour la seconde. Une nouvelle fois, la mini-pelleteuse s'est révélée précieuse pour dégager les remblais sur 20 cm d'épaisseur, afin de substituer un dallage en grès au bitume concassé précédent. Avec la minutie qu'on lui connaît, Pascal va commencer ce matin à poser les premières dalles à droite de la porte piétonnière.

J'avais dit que nous mettions en délibéré le positionnement de l'allée principale du manoir devant celui-ci. C'est Pascal qui a eu l'idée d'élargir l'allée devant le manoir de manière à ce qu'elle débouche non seulement sur la porte charrettière mais aussi sur la piétonnière. Ce choix va permettre de lancer bientôt la restauration de cette allée à travers l'avant-cour du manoir (en particulier, il va falloir se renseigner sur les fournisseurs de topiaires).

Sur cette base, la restauration du reste de cette allée, du moins les 500 mètres suivants en direction du bourg de La Haute Chapelle (c'est-à-dire la ligne droite avant le premier virage), pourra suivre logiquement. Le hic, c'est que l'architecte des bâtiments de France me dit qu'il faut un permis de construire avant de commencer cette tranche de travaux. Absurdité des textes administratifs, manifestement inutiles en l'occurence ! Encore de la paperasse à remplir... Bien sûr, on le fera si l'on ne peut faire autrement.

Ne vaudrait-il pas mieux imaginer un système où des maîtres d'ouvrage responsables pourraient travailler en prise directe avec des artisans compétents et éprouvés au fil des années ? On peut toujours rêver...

Je cherche toujours à donner un certain rythme aux travaux de la Chaslerie. C'est un bon moyen pour entretenir une saine émulation entre les artisans et mes employés.

Ainsi, dans la perspective de la venue de TF 1 dont on a été avisés (comme raconté dans la rubrique "Sujets divers") avec un très bref préavis, j'avais demandé à Pascal MAIZERAY de "mettre le paquet" pour avancer dans le dallage des plateformes en cours, et à l'équipe de Roland BOUSSIN de réviser les couvertures non encore restaurées et dont les ardoises se détachent lors des coups de vent. Ils ont fait le nécessaire. En particulier, Pascal est arrivé deux jours de suite sur le chantier aux premières lueurs de l'aube, pour profiter de la température encore fraîche. De son côté, Bernard a coupé l'herbe aux abords immédiats du manoir et aussi en bordure de la départementale. C'était nickel. Je les en remercie.

La prochaine grande étape que je leur ai signalée sera assurément le 26 juillet prochain, en vue de la fête qu'on commence à organiser (voir "Vie de l'association"). Il faudrait alors que l'équipe de Roland BOUSSIN ait achevé son intervention sur la charretterie et que le sol de cette dernière ait pu être restauré par Pascal. Ceci pose la question de la date de réalisation du drainage de la cave, puisque ce dernier débouchera dans le drainage à prévoir de la charretterie. J'ai le souci de ne pas défoncer la pelouse avant le pique-nique du 26 juillet.

L'étape suivante sera le dimanche des "journées du patrimoine" de 2010. J'ai demandé à Roland FORNARI d'avoir fabriqué et installé à cette date les grilles que je lui ai commandées pour la façade Est du manoir. Il est actuellement débordé et tarde à me soumettre ses plans pour la grille qui sera implantée sur le mur entre la chapelle et le manoir, au passage entre l'avant-cour et la terrasse. J'ai souhaité quelque chose de beau et qui mette en évidence l'écu des LEDIN. Il y réfléchit encore.

D'ores et déjà, je pense à planifier les travaux à venir sans omettre mes perspectives fiscales, sujet qui pourrait être mouvant dans le contexte d'austérité qui se développe actuellement. Pour les journées du patrimoine de 2011, j'aimerais avoir restauré (terrassements et plantations), l'allée principale de la Chaslerie. Je viens d'étudier les textes et je n'y ai vu nulle part l'obligation de déposer une demande de permis pour une restauration d'allée. J'interroge donc les experts de "la Demeure Historique" pour en avoir le coeur net. Il y aura peut-être lieu que je demande à Anne CHEVILLON, l'architecte des bâtiments de France, ce qui précisément lui a fait me recommander de me soumettre à cette formalité. Je vais devoir aussi collationner des devis pour ces travaux afin de monter un dossier de subvention, s'il reste encore des crédits dans les comptes de l'Etat.