Journal du chantier

Ma copine Loukoum m'attendait ce matin devant la porte :

31 août 2018.

Je vous le demande, comment pourrais-je résister à une aussi bonne bouille ?

31 août 2018.

Du coup, son maître, Sébastien a pu m'expliquer qu'il n'avait pas encore achevé la pose des linteaux...

31 août 2018.

... de sorte que mes critiques étaient prématurées.

P.S. : En d'autres termes :

Voici l'aspect, ce soir, de l'ancienne chambre du 1er étage du colombier. Donc avec vue directe sur la cuisine-provisoire-qui-dure :

1er septembre 2018.

1er septembre 2018.

1er septembre 2018.

1er septembre 2018.

1er septembre 2018.

Il se trouve que j'ai été échaudé par une attaque de mérule sur l'une des deux poutres que l'on voit ici (celle du fond). Par ailleurs, je n'envisage pas de rôle autre que technique (chaufferie, cuisine, w.-c., peut-être cabinet de toilettes) pour le rez-de-chaussée de ce volume. Par conséquent, un plancher de béton ne me paraîtrait pas incongru ici (je veux dire pour cette chambre du 1er étage). Du moins à ce stade de mes réflexions.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 4 Septembre 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Logis - Par corps de métier - Par lieu
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L'artiste devant son œuvre :

4 septembre 2018.


Il faudra que j'explique à mes proches que ce travail est fragile et qu'il vaudrait mieux ne plus salir ce linteau avec la suie de feux de cheminée (cette cheminée, installée là dans les années 1950, tire mal en effet). Un nettoyage au kärcher emporterait ce maquillage, comme la peinture du blason (et de ma devise en gascon) dont j'ai chargé Sébastien de décorer ce linteau.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 4 Septembre 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Logis - Par corps de métier - Par lieu
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Ces corbeaux de cheminée, trouvés près de Condé-sur-Noireau, sont à vendre. Pas cher et, en plus, livrés. Ils ont la bonne couleur de granit, 25 cm de largeur et 35 de hauteur.

4 septembre 2018.

4 septembre 2018.


Il faudra que je demande à Sébastien :
- si la largeur est suffisante pour remplacer des corbeaux, soutenant des poutres, bousillés par l'incendie de 1884 ;
- s'il pense pouvoir en tailler une autre paire sur la longueur de ces corbeaux sans compromettre leur enfoncement nécessaire dans la maçonnerie (malheureusement, je n'ai pas noté cette longueur) ;
- à défaut, si, dans mes stocks il peut trouver une paire très semblable (car j'aurais besoin de deux paires par pièce où j'envisage de les changer).

P.S. (du 5 septembre 2018) : Sébastien me dit qu'il faut prévoir 2/3 de la longueur du corbeau dans l'épaisseur du mur. Donc il n'y aura pas de possibilité de diviser ceux-ci. Mais, en raison de leur prix, je les prends quand même.
Je viens de "capturer" sur "mappy.com" la photo aérienne de notre manoir favori ainsi que celles des terres environnantes. Je les mets en ligne en circulant du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est.

Je crois que j'avais déjà commenté la photo principale : le toit du colombier avait été restauré ; derrière la cave, il y avait un truc blanc. Tout cela doit, sauf erreur de ma part, dater de juillet 2016.

Pour moi, le principal intérêt de ces photos est de montrer l'état des plantations.

Le jeu n'est pas complet mais, dans l'ensemble, cela donne une assez bonne idée de la situation.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : mercredi 5 septembre 2018 09:31
À : julien@robveille.fr
Objet : Manoir de la Chaslerie - Domfront-en-Poiraie (61)

Monsieur,

J'attends toujours votre devis pour l'électrification des extérieurs de mon manoir alors que vous êtes venu ici le 19 avril dernier.

Que se passe-t-il ?

Par ailleurs, j'aimerais que vous électrifiiez l'intérieur du colombier (la charpente).

Cordialement,

PPF

(Fin de citation)

P.S. (à 20 h) : M. ROBVEILLE vient de me répondre. Hélas son devis pour l'éclairage extérieur dépasse mes moyens immédiats, compte tenu de mes autres priorités. Mais ce n'est, je l'espère, que partie remise. Je maintiens cependant ma demande de devis pour la charpente du colombier, qui devrait être davantage dans ces moyens.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 5 Septembre 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Logis - Par corps de métier - Par lieu
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5 septembre 2018.

5 septembre 2018.

Je m'interroge sur le rôle qu'a pu avoir, dans le temps, la porte désormais murée à gauche de ce passage. Et si c'était l'entrée d'une échauguette ? Après tout, il y en avait bien une à l'angle Nord-Est de la tour Louis XIII. Alors, pourquoi pas son pendant ici ? Bien sûr, je parle d'un temps antérieur à la construction du bâtiment Nord, c'est-à-dire de l'époque où le logis était "en L", donc antérieurement à la mi-XVIIIème siècle où cette aile en retour a disparu, peut-être à l'occasion d'un premier (?) incendie. Le fait est que le haut de cette ancienne ouverture-ci est bizarre, avec sa partie haute plus étroite que le dessous.
(début de citation)

De : (...)@ORNE.fr
Envoyé : jeudi 6 septembre 2018 08:44
À : 'Pierre-Paul Fourcade'
Cc : (...)@culture.gouv.fr; arnaudpaquin architecte; thibaud.fourcade@(...)
Objet : RE: Manoir de la Chaslerie - Restauration des menuiseries extérieures du logis (2ème des 3 tranches)

Bonjour,

Bien sûr, nous vous accompagnerons encore selon les conditions que vous indiquez. (...)

Nos modalités d’intervention ne changent pas et ne sont pas appelées à évoluer.

Bien amicalement,

_________________________________________________________

De : Pierre-Paul Fourcade [mailto:penadomf@msn.com]
Envoyé : mercredi 5 septembre 2018 23:38
À : (...)@ORNE.fr
Cc : (...)@culture.gouv.fr; arnaudpaquin architecte ; thibaud.fourcade@yahoo.fr
Objet : Manoir de la Chaslerie - Restauration des menuiseries extérieures du logis (2ème des 3 tranches)

Chère (...),

La DRAC me demande de lui transmettre avant le 12 septembre prochain ma demande formelle de subvention pour la 2ème des 3 tranches envisagées pour la restauration des menuiseries extérieures du logis.

Le formulaire à remplir comporte le plan de financement prévisionnel. Il est prévu une subvention de l'Etat (celle de la 1ère tranche était au taux de 35 %).

Puis-je indiquer que le Conseil Départemental de l'Orne subventionnera cette 2ème tranche comme il l'a fait l'an dernier pour la 1ère ? Les modalités du CD61 sont-elles toujours de subventionner ce type d'opérations au taux de 20 % et dans la limite de 75 k€ de travaux ?

Je précise que cette 2ème tranche, qui devrait être réalisée en 2019, consistera, pour l'essentiel, à restaurer les trois fenêtres de la salle-à-manger du logis de la Chaslerie et les trois de la chambre située au dessus. L'architecte sera M. Arnaud PAQUIN, architecte du patrimoine, qui intervient en ce moment au titre de la 1ère tranche.

J'ajoute que, pour terminer ce programme-ci, il est prévu une 3ème tranche de montant comparable en 2020, au titre de laquelle je solliciterai le moment venu les mêmes subventions.

Bien amicalement,

PPF

(Fin de citation)
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 6 Septembre 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Logis - Par corps de métier - Par lieu
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Avant de surélever le linteau du passage, Sébastien me dit qu'il doit retirer les pierres qui le surmontent :

6 septembre 2018.

6 septembre 2018.

6 septembre 2018.

Dans la maçonnerie qu'il retire et qui date des premiers travaux postérieurs à l'incendie de 1884 (y compris le linteau de béton), il découvre des morceaux de tomettes anciennes (d'un modèle basique) :

6 septembre 2018.

A l'évidence, ces tomettes ont d'abord été trouvées dans les décombres de cet incendie. Nous disposons ainsi d'une information précieuse sur les dimensions et le style des tomettes qui recouvraient le sol de cet étage avant la Révolution, tomettes dont l'existence nous était au demeurant connue grâce aux "inventaires révolutionnaires".
On en découvre tous les jours. Ici, je parle des conneries des prédécesseurs.

Sébastien me fait remarquer qu'ont été utilisées de simples solives pour restituer les sablières intérieures de la tour Nord-Est :

6 septembre 2019.

6 septembre 2019.

L'entreprise BOUSSIN, qui a restauré, il y a une dizaine d'années, la charpente et la couverture de ladite poivrière, certes sous le contrôle d'un A.C.M.H. alcoolique, ne m'avait pourtant rien signalé d'anormal.
(Début de citation)

De : Arnaud PAQUIN <arnaudpaquin.architecte@gmail.com>
Envoyé : vendredi 7 septembre 2018 10:06
À : Pierre-Paul Fourcade
Objet : Re: Chaslerie - Travaux au plafond de la cuisine (colombier)

Bonjour Monsieur Fourcade

OK.
Il faut demander à votre maçon qu'elle épaisseur fera son plancher poutrelles hourdis. D'après mes abaques on pourrait avoir un plancher 16+4 cm
Soit 20 cm. Comptez 1 à 2 cm de plâtre au dessous. Donc 22
Ensuite
L'isolant du plancher chauffant fait 48mm
Puis chape liquide d'enrobage 52mm.
Donc 32 cm.
Enfin la tomette avec barbotine de scellement 20 à 25 mm.
Donc 34 cm et demi en tout.
La moitié de l'épaisseur actuelle.

Cordialement
AP

_________________________________________________

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : vendredi 7 septembre 2018 03:18
À : arnaudpaquin architecte
Objet : Epaisseur de l'ancien plafond du rez-de-chaussée du colombier (et plancher du 1er étage)

Cher Monsieur,

Pour faire suite à notre discussion d'hier, je viens d'aller mesurer l'épaisseur en question.

Il y a (ou avait), de bas en haut :
- 38 centimètres pour la plus grosse poutre (la première en entrant),
- 22 cm pour les anciennes solives et planches qui les surmontaient (désormais démontées),
- 15 cm pour la terre et la couche de ciment qui constituaient le sol de la chambre à l'étage (retirées),
soit un total de 75 cm, ce qui est énorme.

Mon projet est de substituer à tout cela, de bas en haut :
- un dispositif de béton (poutres de béton et hourdis),
- un dispositif d'isolation thermique,
- un dispositif de plancher chauffant,
- des tomettes.

Pouvez-vous m'indiquer quelles doivent être les épaisseurs à réserver pour ces différents matériaux ?

Quant à l'opportunité de substituer au dispositif ancien les matériaux en question, elle résulte à mes yeux des considérations suivantes que je rappelle :
- sur le plan archéologique, le dispositif ancien, de facture agricole pour ne pas dire bricolée, avait pour principal inconvénient qu'on se rabotait le crâne aux poutres du rez-de-chaussée alors même que le sol avait été absurdement décaissé dans les années 1950 (cause principale des dégâts des eaux à répétition que vous savez) ;
- sur le plan sanitaire, l'une des deux poutres en cause avait été attaquée par la mérule ; malgré le traitement chimique énergique auquel on avait eu recours il y a quelques années, il n'est pas exclus que restent dans les murs des miasmes qui contamineraient des poutres et solives de remplacement ;
- sur le plan pratique et esthétique, le volume du rez-de-chaussée du colombier, particulièrement sombre malgré deux fenêtres ratées percées dans les années 1950, est destiné à n'abriter à l'avenir que des locaux techniques dont, principalement, la chaufferie centrale du manoir (autrement dit, à ce stade de mes études, des pompes à chaleur reliées à de la géothermie profonde).

En fait, ce colombier a été souvent remanié profondément au cours des siècles :
- Sa charpente actuelle date du XVIIIème, époque où les deux niveaux du dessous (rez-de-chaussée et chambre de l'étage), alors rendus plus ou moins habitables - moins pour le rez-de-chaussée, plus pour le 1er étage - ont perdu les trous de colombes de leur parement intérieur et où la porte du rez-de-chaussée et les deux fenêtres de l'étage ont été percées.
- Ce colombier a été littéralement massacré dans les années 1950 avec ce décaissement débile du rez-de-chaussée et l'absurde percement de 6 fenêtres, rien de moins (2 au rez-de-chaussée et 4 au 2ème étage), pour ne rien dire de l'escalier débilissime qui desservait depuis lors cet ensemble.

Je ne fais donc rien d'autre qu'essayer de réintroduire un peu de bon sens et, si possible, de goût dans le dossier, après les âneries intenses des années 1950 (qui avaient, à l'époque, reçu le feu vert des instances chargées du contrôle des monuments historiques...).

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)