Généalogie et sagas familiales

Depuis un an, on sait que je rame pour tâcher de rééquilibrer le programme de travaux en le fondant sur de bonnes bases (comme la priorité au chauffage central) et en l'adaptant à mes moyens. Je m'appuie, pour ce faire, sur divers interlocuteurs, dont un architecte du patrimoine et des artisans avec qui j'espère poursuivre des relations de travail apaisées et confiantes. Il en va de même pour mes contacts avec la D.R.A.C.

Je ne puis, à l'inverse, me laisser pourrir la vie par des intervenants qui adopteraient face à moi un comportement dont j'estimerais sereinement qu'il dépasse les bornes.

Je me rappelle l'avoir expliqué à mon cadet il y a quelques mois, alors qu'il m'exhortait à renouer avec un architecte du patrimoine au comportement incorrect (de même que "Salvador Dali = Avida Dollars", cet individu était apparu digne du sobriquet "Ferme à bifton").

Ces jours-ci, je me trouve devant le même type de choix à propos d'un salarié pour le moins rétif.
Tout bien pesé de mon côté, je suis prêt à tirer toutes conséquences de son attitude si, comme il ne me l'a déjà que trop souvent affirmé, il persiste à refuser de s'amender.

En particulier, que quiconque soit bien convaincu qu'il ne sera pas dit qu'à mon âge, je serais prêt à entamer une carrière de pétochard face au chantage, quel qu'en soit l'objet.

A bon entendeur, salut !
Sur le site du "Figaro", je remarque qu'est à vendre le château suivant, une belle bête assurément :


J'étais au courant de son existence car il porte le même nom qu'un de mes anciens élèves de l'E.N.A. Sans doute une propriété de famille dont on doit se défaire la mort dans l'âme.

P.S. : Vérification faite, ce fief avait été largué il y a belle lurette. Triste quand même.
J'ai retrouvé le message de 2010 où je rendais compte de la généalogie des LEDIN. J'en extrais le document suivant, qui devrait nous aider à nous repérer dans ce mic-mac :


Si je résume la partie de cette généalogie dont il est question dans les derniers documents exhumés par Eric YVARD, on y cite :
- "notre" Pierre LEDIN, décédé le 8 décembre 2015, fils de Jacques LEDIN, décédé le 20 novembre 1715 à la Chaslerie ; en fait, le premier document est l'inventaire après décès de ce Jacques, également désigné comme "feu seigneur de la Challerie ayeul" mais, comme son fils, "notre" Pierre est décédé dans la foulée, cela obscurcit un tantinet le message ;
- la veuve de "notre" Pierre LEDIN, Catherine de CROISILLE, décédée en 1722 au château de la Landelle qu'elle avait apporté en dot à son mari ; il est aussi question de ses enfants mineurs au décès de leur père, "notre" Pierre LEDIN ;
- le demi-frère de "notre" Pierre LEDIN, à savoir Charles-Claude LEDIN, dont la fille Marie épousera son demi-cousin germain Pierre-François, fils de "notre" Pierre ;
- Jacques COUPPEL du LUDE, apparenté aux LEDIN de façon complexe deux générations avant "notre" Pierre ;
- Robert de CROISILLE qui, j'imagine, doit être un frère de "notre" veuve, Catherine de CROISILLE ;
- Marie Anne LEDIN, sœur de "notre" Pierre et épouse de Louis Hardouin du GROULT, ainsi que leurs enfants.

Tout cela paraît normal : au décès de l'aïeul, la veuve de son aîné et ses deux autres enfants veillent au grain.

Je note également que, dans les deux documents d'Eric YVARD, sont en outre cités :
- un certain maître Pierre FEILLET, prêtre, à qui l'on confie volontiers diverses clés et qui, j'imagine, est le chapelain de la Chaslerie et, sans doute, le précepteur des enfants (peut-être l'amant de Madame, cf "Le rouge et le noir") ;
- une certaine Mme HUBERT qui me semble avoir été proche de l'aïeul en question, peut-être une femme de chambre connaissant bien le château de Godras, résidence principale des LEDIN à Domfront ; en tout cas, elle avait un lit à la Chaslerie avec, semble-t-il, une couette remplie de plumes et y possédait un tonneau de cidre ;
- un valet de l’aïeul, dénommé de la GOULANDE (comme un lieu-dit proche de la Chaslerie) ;
- une demoiselle SUFOUR, femme de chambre de Catherine de CROISILLE ;
- un certain Guillaume PRODHOMME, dit La Fleur, domestique de la même ;
- enfin une Françoise DURANT, sans doute femme de chambre, à coup sûr familière du château de la Landelle.
En fait, l'effort le plus utile à partir des trois retranscriptions de mémoire par Eric YVARD est de se demander si, au moment où ces documents ont été rédigés, soit entre 1716 et 1722, ce que j'appelle "l'aile en retour" avait déjà disparu ou était encore présente, devant ce qui est devenu le "bâtiment Nord".

A ce sujet, un indice qui me met la puce à l'oreille est fourni par le document que je n'ai pas encore commenté, à savoir l'inventaire du 2 juillet 1716. J'y lis en effet que, dans la chambre où est décédé Jacques de LEDIN, ont été trouvés :
- "deux petits chenais étant de la cheminée de laditte chambre" (bas de la page 3 de la retranscription)
- et "un rideau de toille blanche servante à la croisée deladitte chambre quy donne sur le jardin dudit lieu avec six escrans de carton" (avant-dernier paragraphe de cette même page 3).

A ce stade, et si elle était à l'étage, cette chambre aurait pu se trouver dans les deux pièces dotées là d'une cheminée, à savoir :
- mon ancienne chambre, dans la moitié Nord, au-dessus de l'actuelle salle-à-manger (en travaux lourds actuellement) et ancienne cuisine ;
- celle que j'appelle "la pièce dévastée", au-dessus du salon actuel, étant entendu que cette pièce avait dû être divisée en deux chambres, l'une, dotée d'une cheminée, dans la moitié Nord de ladite "pièce dévastée", l'autre, sans cheminée et dans sa moitié Sud.

Si cette chambre était au rez-de-chaussée, elle aurait été dans la moitié Nord du salon actuel.

Si l'on fait l'hypothèse que l'"aile en retour" existait encore en 1716, le choix entre ces trois implantations est indécis à ce stade de l'exploitation du dernier inventaire fourni car les chambres (supposées) de la moitié Sud étaient séparées de la cour par - on peut l'imaginer - un corridor, donc ne pouvaient en tout état de cause avoir qu'une fenêtre.

Néanmoins, première conclusion, le "jardin dudit lieu", visible de la fenêtre équipée d'un rideau et de ces six écrans de carton, est ce que nous appelons désormais le "Pournouët", c'est-à-dire ce terrain de 120 mètres de long et d'environ un hectare qui borde le logis à l'Est et est entouré par les trois douves que nous savons.

Mais nous disposons d'un autre indice.

De même que dans l'autre inventaire de 1716, il est fait état ici de la "chambre estant sur la cuisine". Il en est fait état indépendamment de la "chambre où est décédé ledit feu seigneur de la Challerie". Ces deux pièces donnent en effet lieu à des visites séparées donc sont différentes. Ceci exclut par conséquent que Jacques de LEDIN ait pu rendre l'âme dans mon ancienne chambre. Sauf à trouver un nouvel indice qui nous aurait échappé à ce stade, à propos de la "chambre estant sur la cuisine" ou à propos de la cuisine elle-même, nous n'en saurons pas davantage sur la (ou les) fenêtre(s) de mon ancienne chambre, donc sur la présence alors ou non des fenêtres Ouest actuelles, donc sur la présence ou non de l'"aile en retour".

Le champ de nos rêveries en prend un coup et nous devons nous concentrer sur d'autres sujets.

Voyons ce qu'il en est de l'emplacement de la chambre où est mort Jacques de LEDIN. Nous n'avons donc plus que deux hypothèses à creuser :
- la moitié Nord du salon actuel, au rez-de-chaussée du logis,
- et la moitié Nord de la "pièce dévastée actuelle", juste au-dessus de cette dernière.

On peut imaginer que ces deux dernières pièces auraient eu le même plan. Donc une porte, donnant sur un corridor aux fenêtres donnant sur la cour, et une fenêtre chacune, en plus de la cheminée. Donc on ne peut rien tirer de la mention d'"unne tapisserie estant autour de laditte chambre de coulleur verte et rouge du pot de hongris se consistant en quatre piesse et demie" (bas de la page 2) :



(A suivre)
Pour essayer de m'y retrouver dans les quatre inventaires (ou équivalents) du début du XVIIIème siècle transmis par Eric YVARD, je viens de commencer à retranscrire leur contenu sous forme de tableaux plus faciles à manier pour moi.

Voici le premier tableau de cette série, relatif à l'inventaire du 2 juillet 1716 consécutif au décès de Pierre de LEDIN, établi devant sa veuve Catherine de CROISILLES, document où il est également question de la succession de Jacques de LEDIN.

J'ai indiqué :
- les personnages alors vivants présents ou évoqués dans ce document
- et, par pièce visitée (dans l'ordre de l'inventaire), le mobilier recensé.

Je comprends ainsi que :
- l'aïeul, Jacques de LEDIN, avait sa chambre au-dessus de la cuisine (actuelle salle-à-manger du logis) ; en 1716, il semble que cette pièce n'ait pas tardé, cet aïeul à peine refroidi, à être attribuée à la "gouvernante des enfants mineurs", ceux-ci ayant leur chambre au premier étage de la tour Nord-Est attenante ;
- le défunt, Pierre de LEDIN, avait sa chambre dans ce qui est aujourd'hui la moitié Nord de la "pièce dévastée" (au-dessus du salon actuel) ;
- sa veuve, Catherine de CROISILLES, avait sa chambre dans l'autre moitié de ce volume ; donc tout le monde avait sa chambre à l'étage du logis, le beau-père d'un côté du grand escalier, les tourtereaux (?) de l'autre, et les lardons se baladaient avec leur nounou au gré des disponibilités ;
- la pièce au premier étage de la tour Sud-Ouest (qualifiée de "cabinet à côté sur le bout de la cour dudit logis", que j'ai numéroté 5) servait alors de débarras.

En lisant ce tableau, je ne comprends pas très bien en quoi consistait la "chambre qui est sur le bout de la cour, sous un pavillon, "occupés" par C. de C." que j'ai numérotée 13.
Peut-être ce pavillon est-il ce que nous appelons la tour Louis XIII et cette chambre, la pièce au premier étage de cette tour ?
A la réflexion, cette hypothèse me paraîtrait fortement confortée par la présence, sur le linteau de la cheminée de cette pièce, des armoiries mêlées des LEDIN et des CROISILLES :


Comme ce travail que je me suis imposé a porté des fruits, je vais le poursuivre à partir des trois autres documents transmis par Eric YVARD. Et, si je n'étais pas aussi fainéant, je devrais prolonger l'effort avec les "inventaires révolutionnaires" retranscrits par Nicolas GAUTIER ou Patrick DELAUNAY (je ne me souviens plus) et mis en ligne ici vers 2010. Car, de la comparaison de ces différents documents rédigés sur près d'un siècle, jaillirait peut-être une certaine lumière supplémentaire, sait-on jamais ?
Le deuxième (par ordre chronologique) des quatre documents récemment transmis par Eric YVARD est l'inventaire du 15 juillet 1716 consécutif au décès de Jacques de LEDIN (donc 13 jours après l'inventaire consécutif au décès de son fils Pierre).

Comme je l'avais fait pour le premier inventaire, j'ai voulu présenter sous forme d'un tableau les informations que nous apporte ce document. La chose n'est pas aisée tant le tabellion du XVIIIème siècle manquait à l'évidence de rigueur intellectuelle.

Il apparaît néanmoins qu'il distinguait entre la "chambre au-dessus de la cuisine" et la "chambre où est décédé Jacques de LEDIN". Donc l'une des principales conclusions de ma première compilation tombe à l'eau.
Ma cousine, Claudine RAVETON, m'a transmis hier soir la copie de son courriel à la cartophile intéressée par Hué et par Alphonse GUERIN, lui précisant que "nous voulons, mes sœurs et moi insister sur le fait que le livre de notre père "Réminiscences" était exclusivement destiné à ses enfants et petits-enfants. Il ne souhaitait d'ailleurs pas le faire éditer; c'est un cadeau offert par (N.D.L.R. : Je suppose que ma cousine a voulu dire "à") ses petits-enfants en 2015 .
Il en a donné un exemplaire à sa cousine Simone Fourcade mais il n'est évidemment pas dans le commerce et nous ne souhaitons pas en voir publier des extraits que ce soit dans une brochure, ou sur internet.
Nous vous remercions de respecter notre volonté."

De cet envoi, je retiens d'abord les adresses de courriel des deux sœurs de Claudine. Ces adresses manquaient en effet à ma collection.

Sur le fond, je fais part, une nouvelle fois, de ma perplexité personnelle face à ce type de position, certes fondé en droit. Je signale quand même qu'après dix ans d'animation quotidienne de ce blog, je ne saisis toujours pas le moindre enjeu réel d'une telle crispation. Je tendrais même à voir - n'ayons pas peur des mots - une forme d'obscurantisme dans ce genre d'attitude, conscient qu'en sens inverse, on me qualifierait facilement d'irresponsable, voire d'exhibitionniste.

Pour garder néanmoins le débat au niveau qui convient, je me bornerai à citer MONTAIGNE, dans sa célèbre adresse "Au Lecteur" des "Essais" :


"C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive la connaissance qu'ils ont eue de moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention ni artifice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l'a permis. Que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier, et tout nu. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc : de Montaigne, ce premier de mars mille cinq cent quatre-vingt."


Contemporain de la Chaslerie.
C'est tout dire.
Ma mère m'a téléphoné ce matin qu'elle aime beaucoup les vues à travers les fenêtres du 2ème étage du colombier.

Voici donc, spécialement à son attention, une nouvelle série de photographies, prises tout à l'heure :

9 avril 2019.

9 avril 2019.

9 avril 2019.

9 avril 2019.

9 avril 2019.

9 avril 2019.


Il semble exact qu'il existe de pires spectacles.
Afin de ne pas freiner davantage le chantier et de ne pas risquer de perdre les subventions pour la restauration des menuiseries extérieures, je viens de demander à mon aîné s'il accepterait de mandater un architecte du patrimoine.

Refus.

Pourquoi en suis-je encore à imaginer pouvoir espérer une aide de sa part ?
A 6 h 30 du matin, j'ai adressé un S.M.S. à Philippe JARRY, lui suggérant de suspendre le chantier de terrassement tant que le terrain ne sera pas asséché.

Je compte profiter du répit pour dresser, avec Régis FOUILLEUL, un état sommaire des plomberies enterrées. Tous ces tubes dans tous les sens me paraissent mériter d'être recensés avant de disparaître de nouveau de notre vue. Et, comme j'ai fait retirer, systématiquement, tous les tuyaux qui traversaient le pied du mur Ouest (tous sauf l'arrivée de l'électricité), il serait opportun, avant de reboucher le fossé Nord, que je sache si les fluides pourraient aisément passer par la cour.

Il serait bon, plus généralement, que je puisse lancer le travail du bureau d'études. Pour cela, il faudrait que le géomètre envoie enfin son devis. C'est ce que j'attends (sans comprendre pourquoi cela tarde).

Dans ces affaires, je suis contraint par les limites de la disponibilité d'Igor. Et par l'absence persistante d'un (...) digne de ce nom, qui saurait répondre à mes questions techniques. Et ne parlons pas du soutien familial, (...).

P.S. : A 7 heures du matin, Philippe, joint par téléphone, accepte de repousser le retour de ses compagnons. C'est très sympa de sa part.

Il m'a appris hier, avec une émotion qui m'a touché, le décès récent de son frère aîné Francis. Francis était intervenu ici dans le circuit des douves dès l'été 1991. Triste nouvelle. Mes pensées vont à la famille de Francis.
Il faudrait que je me décide à lancer ou non le chantier de la cour.

Parmi les arguments contre :
- le désir (permanent) de ne pas ouvrir un nouveau front tant que les choses ne sont pas terminées sur d'autres ;
- le souhait que la cour ne soit pas transformée à son tour en pétaudière avant le séjour des enfants et petits-enfants que Carole m'a confirmé hier pour le début août ;
- l'idée, simple et de bon sens, qu'il vaudrait mieux connaître les préconisations du bureau d'études avant d'ouvrir des tranchées qu'on n'est pas sûrs de pouvoir refermer dans des délais raisonnables ;
- la grande incertitude sur la disponibilité de maçons pour effectuer leur part de travaux dans la cour ; à ce sujet, je ne peux m'en remettre indéfiniment à Igor, même si celui-ci est prêt à me dépanner amicalement quelques jours encore ; le fait est que son relais n'est toujours pas trouvé malgré plusieurs tentatives ;
- accessoirement (car on en a l'habitude), le risque sur la durée totale de cette tranche du chantier.

Parmi les arguments pour :
- le fait que l'été est la bonne saison pour procéder à de tels travaux ;
- la nécessité de les effectuer prioritairement à ce stade du calendrier d'ensemble du chantier ;
- la disponibilité immédiate du terrassier (avant fin juillet) et, sous les réserves indiquées, d'Igor ;
- le risque, si l'on ne se lance pas très rapidement, de retarder d'une année entière la disponibilité d'un chauffage, question à avoir pourtant réglée avant toute livraison de pièce habitable.

En fait, à ce stade de mes réflexions et malgré tous les inconvénients de ce choix, je penche pour un lancement très rapide des terrassements dans la cour.
Je sens que ça va encore couiner dans mon entourage (certes éloigné à beaucoup d'égards) et qu'une fois de plus, j'aurai beaucoup de mal à être compris.
Mais "such is life", "voilà mon sort à moi, malheureux prisonnier !"
Et moi qui pensais que la furia du nettoyage passait avec l'âge...

Hier, cela a recommencé avec ma "Twingo", jugée trop sale. Puis il a été question de changer de nouveau mes housses de couette et d'oreiller. Dans les deux cas, j'ai résisté.

A propos des tommettes vernissées que j'avais eu l'imprudence d'exposer en guise de repose-plat dans la cuisine (provisoire), ma chère et tendre a émis hier soir un avis clairement négatif au sujet de leur achat : elle pense qu'elles seront trop difficiles à entretenir, argument définitif à ses yeux.
J'ai tâché de faire valoir que, notre mode de vie étant ce qu'il est, on n'utiliserait que rarement la salle-à-manger restaurée. Ce fut vain.
(Une fois de plus, je vais être amené à passer outre son avis. Si du moins le vendeur atterrit, ce qui est une autre histoire.)

S'agissant de la cage d'escalier du logis, elle exprime le vœu d'en récurer les marches. Le fait est que ce ne serait pas du luxe. J'explique néanmoins qu'en l'état du chantier, ce serait une perte de temps et qu'il faudra, en tout état de cause, utiliser le kärcher juste avant que les murs soient enduits, ce qui n'est pas demain la veille, du moins tant que les menuiseries de fenêtres n'ont pas été restaurées.

Elle me demande alors de l'aider à nettoyer le salon ce week-end, afin qu'il soit utilisable lors du prochain séjour des enfants. Je rappelle que j'ai souligné, de longue date, l'impossibilité de maintenir le salon propre en cette phase du chantier. J'ai même demandé que les meubles en soient déménagés pour leur éviter la poussière mais que cela m'a toujours été refusé, ce qui est évidemment idiot.
Rien à faire cette année encore, elle n'en démord pas.
Je crois que je ne couperai pas à la perspective de travaux ménagers tout à l'heure, dès que le jour sera levé :

Inutile que j'explique que les terrassements de la cour, la semaine prochaine, rendront vains tous ces efforts.

Au moins, lundi, elle sera rentrée à Paris et je pourrai souffler un peu. C'est quand même pénible de devoir se battre pied à pied sur de tels sujets.
A 20 h 39 précisément, en provenance de Maisons-Laffitte, bien sûr, avec étape à Alençon, bien entendu, voici l'arrivée tant attendue de Carole :

18 juillet 2019.

La photo mérite d'être zoomée :

18 juillet 2019.

L'effroi se lisait sur son visage :

18 juillet 2019.

Pourtant, reconnaissez qu'ici, depuis 24 heures au moins, on endurait pire spectacle que celui-ci qu'elle a ainsi découvert :

18 juillet 2019.

18 juillet 2019.

18 juillet 2019.

Et dire que nous avions même eu la prescience et, admettez-le, s'il vous plaît, le tact d'assortir à ses escarpins, donc à sa robe, la passerelle donnant désormais accès au bâtiment Nord et à son luxe inégalé (du moins ici) :

18 juillet 2019.

On ne sera pas surpris si j'ajoute que le dîner qui a suivi a été vite expédié. Comme le sera ce séjour de Carole, si j'ai bien compris.
Promenade du soir, en compagnie de Carole et du loïde, aux abords du manoir favori.

Jérôme a commencé à rendre à peu près présentable l'allée qui longe le bâtiment Ouest :

19 juillet 2019.

Derrière le manoir, on retrouve la trace de notre chasseur de taupes favori, Gérard :

19 juillet 2019.

Il aura à intervenir plus loin, entre deux petits bosquets, où il faudra également combler d'autres ornières...

19 juillet 2019.

... et retirer des saletés abandonnées là du fait de la flemme bien connue de mes deux derniers employés :

19 juillet 2019.

J'ai proposé à Carole de prendre en main l'entretien des cadrans celtiques, le grand...

19 juillet 2019.

... et le petit :

19 juillet 2019.

Elle a voulu que nous passions sous l'"allée courbe", un endroit qu'elle me dit beaucoup aimer...

19 juillet 2019.

... mais qui n'est pas courbe jusqu'au bout :

19 juillet 2019.

19 juillet 2019.

19 juillet 2019.

Près de la D22, il y a d'autres taupes oubliées :

19 juillet 2019.

Le loïde se perdait parfois dans les herbes :

19 juillet 2019.

19 juillet 2019.

Près de la terrasse, Carole a eu la satisfaction de voir que nous n'avions pas porté atteinte à d'autres de ses roses :

19 juillet 2019.

Quant à moi, j'ai remarqué, dans l'herbe, près de la tour Nord-Est,...

19 juillet 2019.

... une peau, abandonnée par un serpent pendant sa mue :

19 juillet 2019.

Qui saurait nous dire de quelle espèce il s'agit ?
La question, périodiquement posée par mes proches (au moins lorsqu'ils m'honorent de leur visite), de la mise à disposition de ma famille d'un nombre suffisant de m2 habitables est certes une bonne question.

Avant que je ne puisse y répondre favorablement, un certain nombre de préalables sont à régler par moi (puisque je demeure le seul à financer tout ça) :

- pour ce qui concerne la moitié Nord du logis, la restauration des "poutres pourries" au plafond du 1er étage ; s'agissant de "parties classées", ceci est conditionné par l'intervention d'un architecte du patrimoine ;

- pour l'ensemble des nouveaux espaces habitables, l'installation d'un mode de chauffage performant ;

- de façon encore plus générale, la disposition de revenus suffisants puisque la voie de l'emprunt m'est bouchée, donc la mise en location de suffisamment de m2 à Paris et, si possible, la vente de Pontorson.

Autrement dit, je ne pourrai rien livrer d'acceptable selon leurs critères (de confort) et les miens (de qualité) avant plusieurs années. Combien d'années ? Je l'ignore mais ne vois pas comment il pourrait y en avoir moins de trois, sinon cinq.

On atteint ainsi l'horizon avant lequel mon aîné exclut en tout état de cause de prendre mon relais.

Il ne reste donc plus à Carole et aux enfants qu'à prendre leur mal en patience. CQFD
Et, accessoirement, qu'à espérer que je reste en vie suffisamment longtemps, si nécessaire, pour subvenir à ce genre de "besoins".

J'ai reçu hier la visite d'Eric YVARD, historien du patrimoine que j'ai mandaté, en septembre 2017, pour effectuer des recherches sur l'histoire de notre manoir favori et de ses habitants.

A dire vrai, n'ayant plus reçu de nouvelles utiles d'Eric depuis un certain temps, j'en étais arrivé à me demander s'il ne s'était pas endormi sur ma commande mais il a pu me rassurer en transférant sur mon ordi le fichier de ses trouvailles et en me les commentant verbalement.

En fait, il est allé beaucoup plus loin que Patrick DELAUNAY dans ses recherches et a trouvé quelques perles relatives mais, à ce stade, il n'a pas encore rédigé la synthèse de ses résultats et des commentaires qui, en tant que nécessaire, éclaireraient ceux-là aux yeux d'un néophyte.

Les principales idées que je retiens néanmoins sont que :
- il y a une très forte probabilité que l'ancienneté de la noblesse des LEDIN soit une fable, patiemment forgée au cours du temps par ceux-ci, au fur et à mesure de leur incorporation puis de leur élévation (relative) au sein de cet ordre ;
- le nom de la Chaslerie provient d'une famille CHASLES établie là avant les LEDIN ; entre les deux, il y a même eu une autre famille ;
- sur ce qu'a pu être la Chaslerie à l'époque de la Guerre de Cent-Ans, on manque toujours d'éléments pour conforter les hypothèses que j'ai pu émettre lors de mes travaux de restauration.

Dès qu'Eric aura apporté à son travail les améliorations de forme que je lui ai demandées, je mettrai bien entendu ses résultats et conclusions en ligne sur notre site favori.

Dans l'immédiat, voici toutefois quelques photos, tirées du "Fonds HUBERT" des Archives de l'Orne (dépôt récent) que j'extrais de son fichier, certaines inédites pour moi comme ces photos de la chapelle en 1899...

... ou du tympan de la porte principale du logis (avec traces de l'ancien enduit qui, contrairement à ce qu'avait imaginé Nicolas GAUTIER, ne me semble pas avoir été bicolore même s'il a comporté un traitement de surface en damiers)...

... et d'autres moins nouvelles pour moi, comme celles-ci :

Alors que j'ai acheté la Chaslerie il y a plus de 28 ans et qu'après plus de 28 ans de travaux de restauration permanente, je n'y dispose encore que de 65 m2 habitables (selon les standards normaux), je suis en mesure, cette nuit de faire la déclaration suivante :

La restauration intérieure du manoir a, du moins à mes yeux, franchi hier un stade critique qui m'autorise à affirmer que, sauf événement dramatique (géopolitique, économique ou personnel), on aperçoit désormais le bout du tunnel :
- le positionnement de l'"escalier-en-facteur-commun" susceptible de desservir proprement l'aile Ouest est défini, grâce aux travaux d'Arnaud PAQUIN ;
- le lancinant problème de la perte d'imperméabilité de différents murs extérieurs et des dégâts des eaux subséquents a été résolu, l'apport intellectuel le plus décisif en la matière ayant été le fait d'Yves LESCROART ;
- le traitement professionnel du préalable à tous travaux intérieurs constitué par le chauffage des bâtiments paraît en bonne voie, au moins pour ce qui concerne la définition des moyens à mettre en œuvre ;
- pour ce qui concerne les parties classées, mon impression à ce stade est que nous avons enfin, et en y mettant beaucoup du nôtre il est vrai, peut-être trouvé l'architecte du patrimoine qui saura parfaire la mise hors d'eaux des bâtiments.

Donc tout baigne à ce stade !

Mon principal défi pour les années à venir consistera à obtenir de mon aîné qu'il se prépare à me relayer dès que possible, c'est-à-dire :
- qu'il adapte son mode de vie familiale de manière à le rendre, le moment venu, compatible avec une suffisante présence sur place ;
- qu'il se force à suivre les péripéties du chantier, y compris en venant en rencontrer régulièrement les intervenants, de manière à ce que se tissent entre eux les relations de confiance sans lesquelles rien de plaisant ne pourrait se poursuivre dans l'intérêt du monument.
Hier soir, au cours du dîner que nous nous sommes offert à "La terrasse" à Bagnoles-de-l'Orne (excellente cuisine familiale ; un peu chérot pour mon budget ; il faut réserver à l'avance car ce restaurant est généralement bondé), Carole n'a pas manqué de m'interroger sur mes projets pour la cour du manoir favori. Elle rêve de plates-bandes fleuries, voire d'un arbuste au milieu de la cour. Ma proposition d'implanter un potager dans un coin de la cour avait vite été rejetée, trop de boulot (et le fait est que ce n'est pas moi qui m'en chargerais) ; donc il n'en fut pas question.

J'ai dû lui révéler (puisqu'elle ne consulte quasiment jamais - du moins, c'est ce qu'elle prétend - le site favori, ce qui est quand même un comble) qu'il n'y aura plus de plates-bandes le long des murs car j'ai dû les remplacer par des "trottoirs". J'ai essayé de lui expliquer pourquoi ces "trottoirs" seraient de largeurs différentes selon les murs qu'ils bordent (ou borderont). A mon soulagement, la conversation a vite dérivé vers d'autres sujets. Mais il faudra que, lorsque le jour sera revenu, je lui fasse faire un tour du chantier favori afin de lui expliquer un peu du pourquoi et du comment de mes choix.