Généalogie et sagas familiales

La partition de la Chaslerie en deux lots à l'occasion de la vente du Bien National aux Sieurs GAUPUCEAU et GOUPIL m'a longtemps étonné car je n'en comprenais pas la raison.

Sur ce point, les travaux d'Eric YVARD m'ont parfaitement éclairé.

Il est ainsi ressorti que, le 21 brumaire an III (ou 27 octobre 1794), lors de la vente à la bougie du Bien National, une alliance se forma, pour couvrir la plus forte enchère précédente, entre un Sieur GAUPUCEAU, contrôleur des actes au bureau de Domfront avant la Révolution, et le Sieur GOUPIL propriétaire demeurant à Domfront, qui avait été préposé par Louis-Marie de VASSY à gérer la Chaslerie durant les dernières années précédant cette tourmente. C’est d’ailleurs en présence de ce Sieur GOUPIL que furent dressés les Inventaires Révolutionnaires avant la mise en vente du Bien National. Ce Sieur GOUPIL revendit son lot (contenant la moitié Nord du logis) dès le 15 vendémiaire an IV (ou 5 octobre 1795) mais la partition demeura jusqu’à la réunification intervenue en 1877 lors de l’achat de l’ex-partie GOUPIL par Charles LEVÊQUE, président du tribunal civil de Vire qui avait hérité en 1876 l'ex-partie GAUPUCEAU de sa mère, Sophie Adélaïde ROULLEAUX, veuve de Constant Eugène LEVEQUE ; cette ex-partie GAUPUCEAU avait été achetée en 1809 par Jean Thomas ROULLEAUX LA VENTE (1759-1819), receveur particulier des finances de l’arrondissement de Domfront et père de Sophie Adélaïde ROULLEAUX.

J'ai porté sur un plan que j'avais copié, de mémoire, aux Archives de l'Orne, les parcelles ainsi réparties. Le passage au scanner n'en a pas amélioré la lisibilité mais on peut arriver à y distinguer :
- l'ex-propriété GAUPUCEAU, grosso modo la moitié Sud du logis et du "Pournouët", avec les terres principalement situées au Nord-Ouest et à l'Ouest du manoir,
- l'ex-propriété GOUPIL, grosso modo la moitié Nord du logis et du "Pournoët", avec des terres situées à l'Est et au sud,
- et la ferme, autre Bien National qui fut vendue à un tiers.


Il revint à Charles LEVEQUE de réunifier les ex-lots GAUPUCEAU et GOUPIL en 1877.
C'est moi qui, ayant acheté la Chaslerie en 1991 puis sa ferme en 1993, ai redonné aux abords du manoir favori leur cohérence.

La question se pose désormais de savoir quand aura lieu la prochaine dislocation, juridique ou physique, de cet ensemble.
Anthologie de la répartie (via "X")
rédigé le Mardi 23 Janvier 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Anecdotes
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Une fillette rentre de l'école et dit à ses parents :

- Vous connaissez la dernière ?

- Non.

- C'est moi.


N.D.L.R. : Ne doutez pas que je mesure ma chance que "ma petite normalienne" soit réputée "lumineuse" !
Pierre de LAUZUN (via son blog)
rédigé le Vendredi 26 Janvier 2024
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Le magistère catholique après Fiducia supplicans : retour sur une étrange approche

Ce texte a soulevé dans l’Eglise un tollé. En soi, c’est très nouveau. Mais la problématique sous-jacente n’est pas une nouveauté totale, tant s’en faut. Elle conduit à s’interroger sur l’exercice même du magistère après l’expérience étrange de ce pontificat.

Moins de doctrine, plus de processus

Déjà, depuis le début se sont multipliées les interventions pontificales hâtives et improvisées, les déclarations à l’emporte-pièce dans l’avion ou devant des journalistes sur lesquelles les services du Vatican doivent ensuite fournir des explications embarrassées. Mais cela pouvait rester une question de tempérament personnel du pape. Plus significatifs sont les textes soigneusement ambigus, à commencer par la fameuse note de Amoris laetitia (AL) sur les divorcés-remariés : l’opacité du texte et le choix du support (note de bas de page) avaient suscité des torrents de commentaires ; le pape lui-même avait dû faire une déclaration, où il validait l’interprétation des évêques argentins.

Il semble bien qu’il y ait là une méthode et une position globales. On sait que le pape François a une grande méfiance par rapport à ce qu’il voit comme les risques de la doctrine : risque du pharisaïsme qui jette des affirmations abruptes à la figure des gens, « comme des pierres » dit-il ; risque plus profond de bloquer, par des objections, des processus se déroulant dans le temps et qui en ont besoin. Cela se résume dans la conjonction de deux de ses aphorismes favoris : « le temps est supérieur à l’espace » (l’espace symbolisant la prise de contrôle, jugée suspecte) et « la réalité est supérieure à l’idée » (méfiez-vous des idées et de leur logique).

Il en résulte que son agenda de transformation de l’Eglise n’a presque jamais pris la forme d’une position doctrinale remettant directement en cause des enseignements antérieurs. Bien au contraire, il a insisté chaque fois sur l’idée que la doctrine ne changeait pas. Le fait est évident avec Fiducia supplicans (FS), à travers les propos répétés de son porte-parole le cardinal Fernandez. Mais régulièrement on introduit, à côté de la doctrine, des éléments nouveaux qui, pour un esprit logique, ne sont pas d’emblée cohérents avec elle, et notamment une pratique (une praxis ?) nouvelle, censée être l’émergence, dans le temps, de processus situés dans la réalité, supérieurs selon cette approche à l’idée doctrinale.

Le seul cas où on peut voir un changement frontal assumé de la doctrine est la peine de mort, avec une modification brutale du catéchisme, décidée sans débat ni concertation, d’ailleurs inutile puisque l’impossibilité pratique de la mettre en œuvre dans le contexte actuel était déjà affirmée par le texte antérieur. Mais ce dernier prenait soin de rappeler la doctrine traditionnelle sans la contredire. Ici, dans la formulation comme dans les justificatifs, on donne l’impression que l’évolution de la sensibilité (sur la ‘dignité de l’homme’) suffit à elle seule pour remettre en cause vingt siècles pratiquement unanimes et solidement appuyés sur la Bible. De façon symptomatique, ici aussi, le processus évolutionniste prime manifestement sur l’attachement à la permanence de la vérité.

Faire glisser la doctrine par juxtaposition

Le fait que c’est là le seul exemple de changement assumé ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’autres exemples de changements réels, mais plus subtils. Ils ne se présentent pas comme tels, mais juxtaposent des affirmations nouvelles avec la doctrine antérieure, sans faire le pont entre les deux. Ainsi du passage de la déclaration d’Abu Dhabi, indiquant que le pluralité des religions était voulue par Dieu : les bonnes âmes l’expliquent par des besoins diplomatiques. Mais ce sont toutes les évocations que le pape François fait des religions autres que chrétiennes qui manifestent chez lui une forme d’acceptation de cette pluralité. Et ce n’est jamais confronté avec la doctrine, celle que rappelait naguère encore la déclaration Dominus Jesus, pour qui le christianisme est la seule religion essentiellement vraie.

La même remarque vaut pour un texte majeur du magistère comme l’encyclique Fratelli tutti, comme je l’avais fait observer dans un article. A côté d’une inspiration de fond stimulante (sur la fraternité notamment), le pape met de nombreuses touches personnelles aboutissant à modifier de fait sensiblement l’enseignement magistériel. Ainsi sur les migrations, paraissant affirmer un droit absolu, toujours et partout, de tout migrant pour aller s’installer là où il veut, et marginalisant l’Etat national, comme si désormais le seul bien commun était universel. Ou la guerre juste, le pape expliquant même que la doctrine jusque-là permanente n’a plus de valeur – mais sans la changer. Plus troublante est à nouveau la place de la religion. L’essentiel du texte se comprend sans religion (même s’il utilise des textes chrétiens) ; ce n’est qu’à la fin qu’on lit d’une part que la fraternité est impossible sans paternité, donc sans croyance en Dieu ; mais que d’autre part celle-ci suffit, donc dans le cadre de n’importe quelle religion.

De tels glissements sont à rapprocher de ce qui a été relevé en matière morale, avec AL et FS. Dans ces cas, c’est l’appel au discernement qui prend de telles proportions qu’on ne sait plus quelle est la portée réelle des principes. Cela aboutit en pratique à la même juxtaposition de règles générales maintenues et de possibilités ouvertes, dont la cohérence avec les précédentes n’est pas véritablement traitée. Dans ces deux cas, la logique de ces voies nouvelles, telles qu’on les comprend spontanément, eût impliqué par cohérence une modification des principes : un deuxième mariage dans un cas (comme chez les orthodoxes) ; une révision de la morale sexuelle (notamment sur l’homosexualité) dans l’autre. Mais cela aurait soulevé de très graves questions et justement ce n’est pas la méthode employée. La solution est attendue de la praxis, du travail du temps, supposé guidé par l’Esprit. Mais comment concilier cela avec un magistère ? Si la doctrine se trouve relativisée de fait par le titulaire en place, quelle est l’autorité de l’un et de l’autre ?

Une approche nouvelle mais peu convaincante

Cette approche est en partie explicable par une tradition jésuite où l’exaltation du discernement a pu déboucher autrefois sur les joies de la casuistique, et par le contexte argentin de la théologie du peuple, méfiante à l’égard des élites. Ce n’est pas celle du magistère antérieur, attaché à la continuité et à la cohérence dans la doctrine. Mais ce n’est pas non plus celle des progressistes : ils soutiennent le pape François, mais auraient préféré des positions nettes, des changements doctrinaux assumés, voire une anthropologie différente. Ceux qui pensaient que FS apaiserait les dissidents allemands ou autres seront bien déçus.

Combinée avec un style de gouvernement abrupt et autoritaire, cette méthode étrange et inédite suscite inévitablement des réactions embarrassées. Si la révolte contre FS reste un cas exceptionnel, l’effet dominant de tout cela est en définitive un plus grand détachement à l’égard du magistère. Détachement des progressistes, mais c’était le cas depuis longtemps. Mais désormais aussi des conservateurs, comme on le voit notamment aux Etats-Unis, avec la multiplication de livres et articles sur les limites de la papauté et sur les excès passés de ce qu’ils appellent hyperpapalisme, qu’ils font d’ailleurs remonter bien avant François. En clair, les conservateurs sont de moins en moins ultramontains : une rupture historique majeure, et trop peu soulignée.

Le successeur de François devra donc s’y prendre autrement, sauf à élargir la déchirure, ou à perdre encore en crédibilité. Plus d’écoute, plus de cohérence, et la concentration sur l’essentiel : le message permanent de la foi et ses exigences.

N.D.L.R. : Je crains que tout ceci soit un peu difficile à comprendre pour moi. Je vais néanmoins essayer.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 27 Janvier 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Références culturelles
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J'ai commencé la lecture de "Le piéton d'Italie" de Dominique FERNANDEZ...


... qui se trouve être le père d'un de mes anciens collègues, la mère étant la sœur d'un de mes anciens patrons (assez peu patron, du moins pour ce qui me concerne, le neveu n'ayant jamais eu de raison de pouvoir imaginer avoir, en la même matière, eu plus de reconnaissance de ma part, finalement).

Livre très intéressant et, bien évidemment, fort bien écrit.
J'ai passé une partie de l'après-midi à naviguer sur le site de mon doublement camarade et néanmoins ami Pierre de LAUZUN dont je n'ai jamais eu matière à douter de la constance ni de l'élévation de l'inspiration.

Ceci me rappelle, s'il en était besoin et par comparaison, le caractère très médiocrement terre-à-terre des préoccupations dont je n'arrive plus à m'extraire ni à me distraire, même pour dormir en laissant dire, comme je le devrais peut-être parfois.


En début d'après-midi, une jolie jeune femme et son fils aux beaux yeux bleus (véhicule immatriculé 31) paraissaient émerveillés en découvrant par hasard le manoir favori : mon action depuis 33 ans aurait-elle encore un peu de sens au milieu de tant de médiocrités qui me bouchent désormais tout l'horizon et me minent le moral ?
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 6 Février 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Nature (hors géologie) - Anecdotes
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Se termine un cycle de plus de trois mois au cours duquel, écrasé de boulot et de soucis divers, je n'ai pas sorti la tête de l'eau. Je suis allé au bout de mes forces.

Le physique s'en ressent : dos cassé, tâches noires apparues dans ma vision de l’œil droit (après l’œil gauche il y a quelques semaines).

La nuit dernière, épuisé mais enfin apaisé, j'ai dormi, sans aide de la moindre pilule, quelque chose comme onze heures en trois bordées.

P.S. (à 15 heures) : En plus de cette nuit d'anthologie, je sors à l'instant d'une sieste de près de deux heures. Ceci confirme que j'étais arrivé au bout du rouleau.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 15 Février 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Anecdotes
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Carole m'a laissé entendre hier qu'elle pourrait passer trois jours au manoir favori la semaine prochaine avec les trois enfants de notre aîné. Je crois comprendre pourquoi, il y a sans doute une triste raison (tenant, j'imagine, à la santé du "troisième grand-père").

A suivre. Cette fois-ci, je ne serai pas écrasé de boulot comme durant ces derniers mois, donc en tout début d'année. Certes, j'ai un truc délicat à préparer pour "Domfront-Patrimoine au Carré" mais un peu d'air sur ce front ne saurait me faire de mal.
Anthologie de la répartie (via "X")
rédigé le Samedi 17 Février 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Transmission du patrimoine - Anecdotes - Références culturelles
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Crébillon était accusé de ne pas écrire ses pièces. Un jour, on lui demande quel est le meilleur de ses ouvrages. Il désigne son fils qu'il appréciait peu et dit :

- En tout cas, voici le plus mauvais.

Réponse du fils :

- C’est parce que celui-ci, vous l'avez fait vous-même.


N.D.L.R. : Ici comme ailleurs, "si jeunesse savait, si vieillesse pouvait"...
Pierre TOUBERT est un médiéviste reconnu, membre de l'Institut. A ma connaissance, cet ami de Georges DUBY lui a succédé au Collège de France.

En surfant sur la toile cette après-midi, j'ai trouvé cette interview qui donne une idée de ses travaux.

Il va sans dire que cela vole à une autre altitude que certaines bassesses et fausses valeurs locales, repérées comme telles.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 23 Février 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Privé - Chez l'aîné - Hector
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Lors de ce bref séjour, j'en ai appris un peu plus sur la personnalité de mon petit-fils Hector qu'à dire vrai, je connaissais assez peu.

Je savais déjà qu'il est très vigoureux physiquement mais, comme il a tardé à parler, j'avoue que je m'interrogeais sur sa capacité à étudier.

Or, quand on l'interroge sur son école, il répond qu'il "n'aime pas l'école". Il semble que, dans son école publique de quartier, il n'ait pas encore eu la chance d'avoir de bonnes maîtresses. L'an prochain, il rejoindra ses aînés à "Franklin", ce qui devrait lever cet obstacle.

Quoi qu'il en soit, j'ai pu observer ces trois jours que, lorsqu'il colorie une image, il remplit très bien ce qui doit l'être sans jamais déborder des limites. Et j'ai noté qu'il est demandeur de lire et consacre du temps à parcourir, dans l'ordre, différentes pages de "Tintin".

De façon générale, il n'est pas turbulent mais apparaît posé.

Bref, "un bon élément", me semble-t-il.

Ainsi, le Bon-Papa est rassuré.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 23 Février 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Privé - Chez l'aîné - Paul junior
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Paul m'est toujours apparu très ordonné, ce en quoi il tranche nettement sur sa sœur.

Mais j'avais souvent du mal à le comprendre car il peut piquer de grosses colères de nature à l'isoler.

Il est gaucher et demeure quelque peu maladroit dans divers de ses gestes. Toutefois s'entraîner à colorier des images via l'écran l'a beaucoup intéressé.

J'ai toujours pensé qu'il devrait réussir dans des études scientifiques. Son intérêt pour le jeu d'échecs, qui me semble étonnant pour un enfant de son âge, serait de nature à me le confirmer.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 23 Février 2024
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Privé - Chez l'aîné - Garance
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Garance, "ma petite normalienne lumineuse", m'a toujours impressionné par ses facilités d'apprentissage et son tempérament d'artiste (sauf en matière d'étude du piano, ce qui, selon moi, est dommage).

Pour ces vacances-ci, sa maîtresse lui avait demandé de lire "Le petit Nicolas" de GOSCINNY et elle y renâclait. Je lui ai demandé pourquoi, elle m'a répondu que cette histoire est sans intérêt, ce qui est exactement mon opinion.

Hier après-midi, elle a toutefois avalé la potion amère et poursuivi par trois albums de "Tintin", dans la foulée l'un de l'autre.

Elle a vraiment beaucoup d'aisance dans les études. Ce serait bien qu'elle soit un peu plus ordonnée et, je dirais même plus (comme les DUPOND et DUPONT), un peu moins foutraque.

Lorsqu'elle est partie, je lui ai demandé de penser à m'écrire de temps en temps. On verra...