Fournil du manoir

Au cours des trois dernières semaines, Pascal MAIZERAY a poursuivi son travail de maçonnerie sur la charretterie.

Il y a deux semaines, trois grilles en fer ont été scellées sur la façade Ouest du manoir (au rez-de-chaussée du colombier et des anciennes écuries, dans l'"aile de la belle-mère", ainsi qu'il était indiqué sur les clés permettant d'accéder aux pièces correspondantes, sur le trousseau qui nous a été remis en 1991).

Ce matin, Thierry BOURRE doit repasser voir ses plantations et me présenter ses préconisations. Nous évoquerons mon projet de planter une ou deux lignes de poiriers à l'Est du Pournouët, en limite extérieure du talus des douves, de manière à en agrémenter la vue au printemps. Il faudrait également décider enfin ce qu'on fait sur la parcelle de terrain en face du logement de la famille GAHERY.

Lundi prochain, l'entreprise DUBOURG DECO de Flers (qui m'a été recommandée par mon voisin, M. ROZARD) doit commencer à repeindre (ou passer à la lasure) les portes extérieures et fenêtres du manoir et de ses dépendances. Sur le fournil, la couleur sera maintenue "bleu charron". Sur les fenêtres des bâtiments au Nord et à l'Ouest de la cour ainsi que sur celles de la cave, ce sera désormais du "rouge sang de boeuf". En effet, selon ce que m'a indiqué M. Jean-Jacques ROUCHERAY (qui réstaure magistralement le château de Pont-Rilly à Nègreville près de Valognes, dans le Nord Cotentin), grand connaisseur de ces questions, bleu charron et rouge sang de boeuf sont les couleurs authentiques et normales pour les bâtiments de ces époques et de ces statuts ; en revanche, le blanc précédent était une incongruité.

Lundi également, Pascal POIRIER doit passer afin que nous discutions d'un projet d'ornements sculptés sur la future charretterie. J'envisage en effet de m'inspirer d'un ornement du manoir du Grand Boudet à Saint-Gilles-des-Marais. Il s'agirait ainsi de poster en hauteur, à deux angles de ce bâtiment, deux loups assis regardant, l'un vers le Sud du côté de la grande allée, l'autre vers le Nord et la façade Sud du manoir ; l'un et l'autre présenteraient l'écu des LEDIN. J'ai choisi des loups en référence au loup courant de l'ancien écu de Lonlay-l'Abbaye (cf un vitrail de la chapelle) ; j'ai prévu de les assoir pour marquer que la Chaslerie était sous leur garde ; enfin, ils présenteront l'écu des LEDIN puisque, d'une part, cette famille était inféodée à l'abbé de Lonlay, d'autre part, elle aimait par-dessus tout faire étalage de ses armes. L'idée de poster deux telles sculptures sur la charretterie répond à mon souci d'offrir au visiteur des anecdotes dès qu'il lève les yeux (coq de la chapelle, épis de faîtage ou boules de noblesse sur le manoir, etc...) ; c'est une idée dont il ne faut pas abuser mais que je trouve plaisante. Bien entendu, la réalisation de ces deux ornements conditionnera la finition des maçonneries donc de la couverture de la charretterie. J'aimerais cependant avoir mené à bien ladite couverture avant les prochaines Journées du Patrimoine.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 17 Octobre 2009
Journal du chantier - Menuiserie - Peinture - Logis - Bâtiment Nord - Aile "de la belle-mère" - Fournil du manoir - Chapelle - Cave
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Les deux peintres de DUBOURG DECO ont bientôt achevé le travail que je leur avais commandé. Il est manifeste que ce chantier leur plaît. Ils font même partager ce plaisir à leur famille puisque je viens d'apprendre que le dernier intervenant à ce jour sur le Livre d'Or, Clément Douté, est le fils de l'un d'eux.

Comme toujours, c'est au fur et à mesure du chantier que je décide les travaux suivants, en m'adaptant en quelque sorte au terrain.

Ainsi, après leur avoir demandé, "pour voir", de peindre la porte du logis, côté cour, j'en suis arrivé à considérer qu'il nous fallait poursuivre cette restauration, à mes yeux si réussie, des menuiseries extérieures du manoir.

Avec l'accord de Thibaud, les peintres viennent donc de lasurer, outre les portes de la cave, les colombages de ses dépendances. Ces derniers, à l'air libre depuis leur installation il y a plus de dix ans, avaient grand besoin d'être traités, ainsi que Roland BOUSSIN me l'avait signalé.

De la sorte, toutes les menuiseries extérieures de la Chaslerie (à l'exception de la ferme) auront bientôt été repeintes (peintes pour ce qui concerne toutes celles, neuves, du bâtiment Nord).

D'ores et déjà, le basculement du blanc au rouge sang de boeuf transforme l'aspect du manoir. L'image qui me vient en tête pour expliquer en quelques mots cette transformation, à défaut de pouvoir montrer ici des photos, est celle - couleur oblige - d'une main précédemment calleuse et négligée, désormais manucurée et aux ongles vernis.

Bien sûr, on pourra objecter que ces travaux de peinture auraient dû passer après les travaux intérieurs indispensables en l'état des lieux (réfection de toute la plomberie, chauffage compris, de toute l'électricité, remplacement des enduits en ciment par de la chaux, etc...). Et il est clair qu'il faudra faire davantage attention, à l'avenir, pour sortir les gravats de ces futurs chantiers.

Mais il est bon parfois de bousculer l'ordre logique, ne serait-ce que pour garder le moral face à tout ce qui reste à faire. Accessoirement, cela permettra de prolonger la durée de vie des menuiseries du logis que je croyais devoir changer plus tôt, ce qui est loin d'être anodin pour moi.

-- Supplément, dernière nouvelle : Carole, arrivée de Paris, est enchantée par la qualité du travail des peintres ; elle souhaite qu'ils poursuivent leur travail à l'intérieur des pièces habitables (mais non chauffées à ce stade des travaux...). La face intérieure des fenêtres en question sera donc repeinte, ainsi que les volets intérieurs du salon. J'écrivais ce matin que nous bousculions parfois l'ordre logique des travaux. En voici une nouvelle illustration !

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Deux mois, c'est le temps qu'il aura fallu aux peintres de DUBOURG DECO (travaillant en moyenne en binôme) pour effectuer les tâches que je leur avais commandées. Ils doivent finir cette semaine. Je suis très satisfait de leur travail et de leur état d'esprit. Je recommande donc chaleureusement cette entreprise.

Pour le reste, le temps pluvieux et qui se refroidit ne facilite pas les travaux extérieurs. Pascal est désormais assisté d'un nouvel homme toutes mains, encore en période d'essai et qui paraît sérieux et travailleur. Comme ce dernier souffre d'une déficience auditive, il paraît que ses charges sociales devraient être réduites. Je vais tâcher de me renseigner bien que ces questions administratives me rebutent quelque peu, tant je les trouve absconses et fastidieuses. Depuis son arrivée, cet homme toutes mains trie, par ordre d'épaisseur, toutes les pierres que j'ai accumulées sur mes terres à la suite d'achats de bâtiments en ruine aux alentours, en vue de pallier la fermeture de toutes les carrières des environs. Tant que ce tri ne sera pas effectué, ces pierres ne pourront pas être réutilisées convenablement dans mes chantiers à venir. Il faut en effet que l'on y voie plus clair sur le stock, afin de savoir si l'on dispose d'ores et déjà des quantités et qualités nécessaires pour la suite. Bien entendu, je pense ici, tout particulièrement, à la restauration du mur d'escarpe des douves.

Ce matin, Bernard a, comme chaque année, planté des cosmos ("Cosmos bipinnatus") de part et d'autre des entrées de la cour, dans les plates-bandes qu'il avait méticuleusement nettoyées. Je lui ai ensuite demandé d'essayer d'occire au round-up les bambous qui prolifèrent au Sud du mur Sud de la charretterie.

Puis Bernard, Claude et Pascal ont ressorti les bancs et mobiliers de jardin entreposés dans le fournil.

En ce moment, Claude rejointoye le mur Nord du bâtiment Nord et Pascal sort des écuries où elles étaient stockées, des tuiles nécessaires pour les couvertures de la charretterie.

Sur la charretterie, 5 employés de Roland BOUSSIN clouent les chevrons et s'apprêtent à poser les planches et le tissu de protection convenus. Ils sont placés sous la direction de Thierry qui a une longue expérience de la Chaslerie, puisqu'il y était déjà intervenu sur la voûte de la chapelle et le dôme à l'impériale ainsi que sur la couverture du logis et de la tour Nord-Est.

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Projets relatifs aux douves (7/10) :

Cinquièmement, le mur Ouest de la douve Nord. C'est un mur analogue à son pendant de la douve Sud. A ceci près qu'en 1991, il était encore en bien pire état. A tel point que, dès les terrassements de cet été-là, nous avons dû mettre de côté quasiment toutes les pierres qui en provenaient.

Je n'ai pas de photo antérieure à ces terrassements. En revanche, voici la pelleteuse à l'oeuvre à cet endroit cet été-là :

Août 1991, la pelleteuse en action pour curer la douve Nord.

Comme on le voit au premier plan de cette photo, un éboulis de pierres témoigne de la ruine avancée, à cette époque, de ce fameux mur.

Voici une autre photo qui montre, quelques jours plus tard, la douve Nord entièrement curée. On aperçoit, au fond de la douve, près de son bord, le tas des pierres ainsi récupérées sur ce mur (pour bien le voir, il faut cliquer sur la photo afin de l'agrandir) :

Août 1991, la douve Nord après son curage.

Dès janvier 1992, le géomètre-expert n'avait pas manqué de consigner l'état des lieux, aux alentours du fournil du manoir :

Janvier 1992, l'Ouest de la douve Nord.

Ici aussi, l'érosion ne nous laisse pas tranquilles. Voici une photo qui montre, à la longueur du drain qui pendouille (le tuyau blanc) de combien a reculé la douve en 6 ans :

5 juillet 1997, le recul de la douve Nord est illustré par la longueur du drain désormais déterré (les traces blanches sont de la chaux versée là par le maçon qui restaurait alors le mur allant du manoir à son fournil).

La situation paraît désormais critique, comme le prouve la photo suivante, prise l'an dernier :

13 octobre 2009, effet de l'érosion sur l'Ouest de la douve Nord.

Si on ne réagit pas rapidement, c'est le fournil du manoir qui risque, bel et bien, de se retrouver assez vite au fond de la douve.

Il y a donc urgence à restaurer le mur en question. Ce point n'est pas contesté et je viens même d'obtenir un accord de principe de l'administration des affaires culturelles pour subventionner ces travaux dès 2011, ce dont je suis, bien entendu, très reconnaissant à mes interlocuteurs.

Dès que le dossier de demande formelle d'autorisation de cette tranche de travaux aura été officiellement approuvé, le chantier pourra donc débuter.

Deux questions pratiques sont cependant à régler au préalable, qui ne devraient pas être trop délicates :

- la hauteur du mur ; je souhaiterais qu'elle soit plus importante que pour le mur analogue de la douve Sud ; en effet, en raison de la topographie, la profondeur de la douve Nord est, selon les mesures du géomètre-expert, de 4 mètres, à comparer à 3 pour la douve Sud ;

- l'alignement à retenir pour le mur à restaurer : doit-il être dans le prolongement du mur qui va du manoir au fournil ou bien dans celui du mur de terrasse ? Le mur Ouest de la douve Sud est, quant à lui, dans le prolongement, de l'équivalent du premier ; mais, ici aussi, la topographie (ainsi que les vestiges qui demeurent, me semble-t-il) peut conduire à retenir une solution qui ne soit pas strictement conforme.

Deux bonnes nouvelles aujourd'hui, dont m'a informé Marie FRULEUX, l'architecte des bâtiments de France qui suit à Alençon le dossier de la Chaslerie : la D.R.A.C. accepte de subventionner en 2011 la restauration du mur Ouest de la douve Nord ainsi que l'étude préalable de Lucyna GAUTIER.

Le mur permettra d'éviter que le fournil du manoir ne finisse par glisser dans les douves. L'étude préalable organisera la suite des travaux de gros-oeuvre, notamment à propos de l'allée, mais aussi sur les douves et sur la ferme.

J'ai ainsi pu signer ce soir le devis de Lucyna.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 11 Juillet 2011
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Fournil du manoir - Charretterie - Murs divers
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J'ai reçu ce matin, de la D.R.A.C. de Caen, un courrier recommandé refusant l'autorisation que j'avais sollicitée de travaux sur le mur Ouest de la douve Nord, au motif de l'absence d'"une analyse historique et archéologique précise des états disparu/existant pour justifier le projet" (sic).

Ce courrier m'intrigue.

Faut-il laisser le fournil du manoir s'écrouler dans la douve ? N'est-il pas évident qu'il y avait là un mur, dont les vestiges ont d'ailleurs été signalés dans le dossier soumis aux nombreux échelons administratifs concernés ? Pourquoi devrait-on s'expliquer sur les raisons pour lesquelles ces échelons auraient, dans le passé, laissé partir les pierres pour remblayer des chemins ? Faudra-t-il rechercher ces pierres manquantes dans les chemins aux alentours ?

Pourquoi demande-t-on ici une telle étude alors qu'il n'en avait jamais été question pour la reconstitution du mur de terrasse, monument historique classé dont les travaux ont d'ailleurs été subventionnés, ou bien pour la charretterie, monument inscrit à l'I.S.M.H. pour lequel je n'ai reçu aucune aide ?

Dans l'immédiat, je vais cependant demander à mon architecte du patrimoine, Lucyna GAUTIER, de m'expliquer en quoi le dossier qu'elle m'a récemment fait signer pourrait bien être incomplet. Ce dossier me semblait en effet excellent.

Voici le courriel que j'ai adressé à la responsable du service des bâtiments de France à Alençon. Je le cite ici car il est bon que les tiers qui consulteraient éventuellement ce site aient, sur la question de la protection de la Chaslerie au titre de la législation sur les monuments historiques, toutes les données du dossier. Je précise que ce rappel ici aura également pour avantage - et ce n'est pas le moindre - de permettre à tous ceux qui en auraient besoin (et pour commencer, moi, mes fils, mes successeurs) de retrouver ces documents importants dispersés dans diverses chemises pas toujours bien rangées, en tout cas à la Chaslerie.

(début de citation)

Madame,

Comme je vous l'ai signalé vendredi, il ressort de contacts avec vos collaborateurs qu'il semble exister un débat quant à la bonne compréhension de l'extension de la protection au titre des M.H. sur le manoir de la Chaslerie. Cette question est bien entendu très importante pour la poursuite du programme de restauration du manoir puisqu'elle emporterait des conséquences négatives si l'interprétation restrictive était fondée.

Je me suis donc replongé dans mes dossiers et suis en mesure de vous communiquer la copie de documents officiels montrant que l'information de vos services semble incomplète et que, par voie de conséquence, leurs conclusions, telles qu'elles me parviennent, seraient à corriger.

Comme vous le savez, la protection de la Chaslerie est intervenue en trois étapes :

1 - Par arrêté ministériel du 2 novembre 1926, l'ensemble du manoir, de ses dépendances et des murs alentours a été inscrit à l'I.S.M.H. A l'époque, l'administration ne se livrait pas à une énumération ponctuelle des parties protégées ; elle se bornait le plus souvent à protéger un ensemble ; en particulier, il était entendu que, dans ce cadre et sauf mention contraire, toute protection relative aux extérieurs valait également pour les intérieurs ; seules les pièces préparatoires de l'arrêté explicitaient, dans la meilleure des hypothèses, l'extension de l'arrêté.

C'est ce qui s'est passé à la Chaslerie, à l'initiative d'Edouard HERRIOT, président du conseil, qui avait découvert le manoir lors d'une cure à Bagnoles et en a rendu compte dans son ouvrage "Dans la forêt normande". Je me suis procuré à Paris, dans les services de la direction du patrimoine, la "description sommaire du monument" datant d'août 1923, qui constitue la seule pièce explicative de l'arrêté de 1926, pièce dont je vous transmets ci-joint la copie :

Page 1 du rapport préparatoire à l'arrêté de 1926.

Page 2 du rapport préparatoire à l'arrêté de 1926.


On constate que :
- les dépendances situées à l'Ouest du manoir, qualifiées de "fermes" sont bien citées sur ce document ; à ce seul titre, on peut donc affirmer que les bâtiments de la ferme de la Chaslerie sont inscrits à l'I.S.M.H., tant pour leurs extérieurs que pour leurs intérieurs ;
- de même, le jardin est cité, donc protégé, étant entendu qu'il est décrit comme étant "circonscrit de trois côtés par un fossé de dix mètres de largeur et de deux à trois de profondeur" (il n'avait pas dû être curé depuis longtemps) ; à ce seul titre, ce que nous appelons aujourd'hui la terrasse et le "Pournouët" sont protégés, y compris les douves qui les entourent et les murs qui les délimitent.

2 - Par arrêté préfectoral du 26 octobre 1993, l'inscription à l'I.S.M.H. a été étendue à l'allée principale du manoir.

A l'occasion de cet arrêté, la D.R.A.C. de Caen a récapitulé sur un plan (dont copie jointe), qu'ils m'ont communiqué, l'implantation des protections au titre des deux premiers arrêtés :

Plan annexé à l'arrêté de 1993.


3 - Par arrêté ministériel du 4 juillet 1995, un certain nombre de parties inscrites à l'I.S.M.H. en 1926 ont vu leur degré de protection augmenté par classement parmi les monuments historiques ; à cette occasion, aucune des parties précédemment inscrites et qui n'ont pas été classées n'a vu sa protection diminuer.

Ainsi, "la terrasse située à l'est du manoir supportant l'ancien jardin avec ses murs de clôture et de soutènement, ses douves et le bief situé à l'angle nord-est ainsi que le bief amont" ont été classés parmi les monuments historiques. La ferme et ses dépendances n'étant pas évoqués dans ce dernier arrêté demeuraient donc inscrites au titre de l'arrêté de 1926 :

Page 1 de l'arrêté de classement de 1995.

Page 2 de l'arrêté de classement de 1995.


Comme la situation devenait complexe, Mme SINCE, qui avait instruit le classement, a récapitulé les niveaux de protection sur le plan joint (fourni ici, pour des raisons techniques, en deux pages mais mon original tient en une) :

Plan annexé à l'arrêté de 1995 (moitié gauche).

Plan annexé à l'arrêté de 1995, moitié droite.

Ce plan a d'ailleurs permis de corriger certaines imprécisions du plan de 1993. Tel qu'il se présente, il constitue un document officiel de la D.R.A.C. et montre sans ambiguïté que :
- la ferme et toutes ses dépendances (même celles en colombages qui avaient dû être démontées compte tenu de leur dangerosité suite à l'incurie de précédents occupants) sont inscrites à l'I.S.M.H.;
- le classement parmi les M.H. couvre la totalité de l'espace colorié en rouge sur le plan, à l'est du manoir, en particulier l'intégralité des fossés des douves et toutes les maçonneries attenantes (y compris celles dont l'existence n'était plus, à de minimes vestiges près, qu'un souvenir avant que je ne m'en préoccupe).

C'est dans le cadre de cette protection ainsi entendu que je veille à restaurer le manoir de la Chaslerie et l'ensemble de ses dépendances et maçonneries. Il est connu et, je pense, apprécié, que je le fasse de façon parfaitement transparente puisque tous détails sont fournis en temps réel sur un site internet ouvert au public.

C'est en particulier dans ce cadre que j'ai sollicité, à ce stade verbalement mais en obtenant un accord de principe de vos collaborateurs ("réservation de crédits"), des subventions de l'Etat pour :
- une étude préalable que je souhaite confier à Mme Lucyna GAUTIER et qui couvrirait, entre autres, la restauration de la ferme de manière à lui redonner son aspect initial de longère (j'attends encore le dernier devis de Mme GAUTIER qui a été freinée par les échos qu'elle entendait chez vous sur la protection de la ferme ainsi que de sa grange détruite, après restauration, par la tempête de 1999) ;
- la restauration de ce que j'appelle "le mur Ouest de la douve Nord" ; or il se trouve que je me suis rendu compte dernièrement du fait que le cubage de maçonnerie à restaurer sur ce mur serait très sensiblement supérieur à celui du mur Ouest de la douve Sud (sur la base de l'expérience duquel j'avais formulé ma première demande) ; j'ai donc recontacté vos services dès que je m'en suis aperçu, voici environ un mois, et, là encore, j'ai obtenu l'information qu'une seconde tranche de crédits serait programmée pour 2012.

Ceci étant, il n'est pas clair pour moi de savoir si la restauration du mur Ouest de la douve Nord est dispensée ou non de l'intervention d'un architecte. Lucyna GAUTIER, qui a pris l'attache de vos services, me dit que son intervention n'est pas nécessaire. Le fait est qu'il n'y a pas eu d'architecte pour la restauration du mur Ouest de la douve Sud, ni d'ailleurs pour la restauration du mur de terrasse ; pourtant, j'avais obtenu des subventions de l'Etat à l'époque.

Au total et en résumé, je vous prie de bien vouloir :
- me confirmer que les informations que je vous ai rappelées ont bien ôté de votre esprit tout doute sur l'extension de la protection de la Chaslerie, c'est-à-dire en particulier sur les faits que la ferme et inscrite et le mur classé ;
- m'indiquer si, pour la restauration du mur, je peux réglementairement me passer d'un architecte ;
- me confirmer que je peux vous adresser sans tarder, sur la base de nos derniers entretiens avec vos services, une demande de subvention pour la première tranche de restauration du mur Ouest de la douve Nord.

Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes salutations distinguées.

Pierre-Paul FOURCADE

(fin de citation)

N.D.L.R. : Pour la commodité de lecture de ce message, j'ai inséré les documents invoqués dans le corps du texte alors qu'ils sont simplement annexés à mon courriel.

Il faut enfin savoir qu'en plus des documents que j'ai reproduits ici, il y en a d'autres que je n'ai pas encore cités afin de ne pas allonger inconsidérément mon message.

J'ai un problème que je vous soumets.

Je dois remonter un mur, faute de quoi un bâtiment déjà restauré à mes frais exclusifs serait vite en péril. Je rémunère deux maçons que je paye, certes, à l'heure mais je ne puis décemment les garder longtemps inemployés, d'autant que ce sont de bons gars et qu'ils ont besoin de travailler pour subvenir à leurs besoins. La saison avance ; déjà le sol est boueux et cela ne va pas s'arranger au cours des prochaines semaines, de sorte que tout retard supplémentaire va vite obliger à repousser le démarrage des travaux au printemps prochain ; le grossiste vient de me livrer des matériaux nécessaires pour le mur et, à cette occasion, nous avons pu constater que le sol supporte mal le passage d'engins lourds comme le tracteur dont les maçons ont besoin pour travailler :

5 novembre 2011, le sol à proximité du futur mur Ouest de la douve Nord.

Or, pour respecter la réglementation applicable aux monuments historiques, il conviendrait, en toute rigueur, que j'attende un dernier coup de tampon sur un dernier document officiel avant de commencer à engager les travaux.

Je vous pose la question : si vous étiez à ma place que feriez-vous ?

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 23 Janvier 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Fournil du manoir - Murs divers
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J'ai demandé à Igor et Valentin de profiter de l'opportunité offerte par les terrassements du mur Ouest de la douve Nord pour mettre en place, au niveau du fournil du manoir, un drainage de compétition. Je suis en effet las de constater que l'humidité remonte dans les murs de ce fournil, nuisant ainsi à son confort potentiel.

Une fois de plus, avec le souci de bien faire qui les caractérise et beaucoup d'application, Igor et Valentin ont interprété extensivement mes instructions, au risque de déchausser ce bâtiment dont les fondations sont superficielles. :

12 janvier 2012, Igor en train de déplacer un rosier, Valentin en train de creuser un fossé.

Au fond du fossé, nous avons immédiatement coulé une semelle de béton...

14 janvier 2012, la semelle en béton du drainage du fournil.

... sur laquelle nous avons agencé une rigole en parpaings perméables, destinée à retenir la terre sur ses côtés et à être prochainement remplie de gravier disposé autour d'un tuyau de drainage :

21 janvier 2012, la rigole du drainage à l'Ouest du fournil du manoir.

A Florence, dans le Jardin de Boboli, c'est-à-dire chez les grands-ducs de Toscane, Mr T. a remarqué un mode de drainage des allées que nous ne saurions copier à la Chaslerie, tant il est luxueux. Voici en effet la bouche, en pierre sculptée, d'évacuation de l'eau vers une canalisation souterraine :

Une observation inédite de Mr T.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 26 Février 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Fournil du manoir - Météo - Désultoirement vôtre !
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Après le dégel du sol et alors que le terrain s'assèche lentement, j'observe l'apparition de micro-fissures sur le pignon Ouest du fournil du manoir, comme si le cul du four avait commencé à se cisailler. J'attendais ce type de réaction de la part des murs de cette construction montée à la terre. Il était certain que les joints ne suffiraient pas à garantir la stabilité de l'édifice. Mais, avant de poursuivre les travaux de drainage, il va falloir que je surveille avec soin.

26 février 2012, l'angle Sud-Ouest du fournil du manoir.

26 février 2012, l'angle Nord-Ouest du fournil du manoir, vu de l'Ouest.

26 février 2012, le haut du mur Nord du fournil du manoir, vu de l'extérieur du bâtiment.

Car j'entends déjà Guy HEDOUIN rappeler : "Je vous l'avais bien dit !"

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 28 Février 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Fournil du manoir
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Igor et Valentin n'ont pas tardé à intervenir au pied du fournil du manoir, afin d'achever le drainage de son pignon Ouest. Ils ont procédé en suivant à peu près correctement mes instructions :

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (1).

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (2).

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (3).

27 février 2012, le drainage au pignon Ouest du fournil du manoir (4).

Il faudra que je vérifie si le béton coulé sur le gravier est bien disposé en devers, vers l'extérieur du bâtiment. En outre, j'aurais préféré qu'il soit enterré plus profondément et soit segmenté pour en faciliter le démontage le cas échéant.

Bonsoir,

Alors là, si ce drainage fonctionne, courez vite déposer un brevet.

J'ose espérer que ce n'est pas votre architecte favori qui vous a conseillé cela. Si tel était le cas, je rentre dans les ordres dès demain.

J'aime assez l'expression "le démontage le cas échéant".

Je ne manquerai pas de suivre l'évolution de cette affaire.

Bonne soirée !

N.D.L.R. : Et moi, je constate que vous ne vous connectez plus tous les jours à notre site favori...

Guy HEDOUIN
rédigé le Mercredi 29 Février 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Fournil du manoir - Murs divers
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Bonjour,

Voyez ceci, afin de déterminer la profondeur de la tranchée et sa distance par rapport au mur.

Bonne journée !

N.D.L.R. : Je viens de donner ce document à Igor, en lui demandant d'interrompre ce travail, le temps que nous réfléchissions davantage. Voici où il en était rendu ce matin :

29 février 2012, derrière le fournil du manoir.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 29 Février 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charpente-couverture - Terrassement - Fournil du manoir
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1992, le fournil du manoir vu de l'W-S-W.

Voici dans quel état se trouvait le fournil du manoir avant que je ne le restaure. Cette photo date de 1992, j'avais commencé par faire crever le lierre. Je me dis qu'au pire, malgré les travaux de drainage en cours, nous ne nous sommes pas trop mal occupés de cette dépendance depuis une vingtaine d'années...

Guy HEDOUIN
rédigé le Mercredi 29 Février 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charpente-couverture - Terrassement - Fournil du manoir
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Effectivement, il y a eu du travail de réalisé, oui mais les joints ont-ils été réalisés à la chaux ?

Déjà on remarque dans le pignon, en haut à droite une lézarde, est-ce qu'il y a eu une reprise de maçonnerie, ou s'est-on contenté de la reboucher ?

Vos maçons sont rapides à la besogne, le ciment est déjà coulé, et après vous faites quoi ?

Vous appelez cela le fournil, mais où était le cul du four, je ne distingue rien qui y ressemble.

Bon courage !

N.D.L.R. : C'est un véritable interrogatoire de police ou bien ça y ressemble. Je rappelle que la restauration du fournil est documentée (comme tous les travaux ayant précédé le lancement de ce site) dans la "Photothèque" ; je vous y renvoie donc.

Environ 60 % du volume du bâtiment est "habitable", les autres 40 % sont occupés par le cul du four (la cheminée marque la "frontière", au niveau de la toiture). Il est vrai que la silhouette du bâtiment n'est pas commune pour un fournil mais je rappelle que c'est un fournil de manoir ; plus précisément, lors de la restauration, nous avons rétabli la silhouette initiale que d'aucuns avaient bousillée, comme beaucoup de ce qu'ils touchaient.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 14 Mars 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Fournil du manoir - Murs divers
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Igor et Valentin corrigent la malfaçon du drainage du mur Ouest de la douve Nord, Valentin à la pioche...

14 mars 2012, Valentin en train de creuser.

... et Igor à la mini-pelleteuse :

14 mars 2012, Igor aux manettes.

Ce soir, l'erreur a presque disparu :

14 mars 2012, les parpaings qui manquaient.

Parallèlement, Igor a continué à s'occuper du drainage au Nord du fournil voisin.

14 mars 2012, au Nord du fournil du manoir.