« Le bilan est inquiétant » : sécheresses à répétition et maladies fragilisent la forêt française
Par Delphine Chayet
Publié le 07/10/2026 à 20h30
Selon l’IGN, la mortalité a été multipliée par 2,5 entre les deux dernières décennies, tandis que 9% des arbres présentent des signes de mauvaise santé
Avant même la canicule et les feux de l’été 2026, la forêt française montrait des signes de grande fragilité. Si la surface boisée continue à s’étendre, couvrant aujourd’hui 32% du territoire métropolitain, l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) pose un diagnostic préoccupant sur l’état de santé de cet écosystème. Selon l’inventaire national publié mercredi, qui couvre la période 2021–2025, les sécheresses à répétition et la progression des maladies entraînent une mortalité élevée des arbres.
Celle-ci concerne 18 millions de m³ de bois chaque année, un résultat multiplié par 2,5 par rapport à la décennie précédente. La hausse des pertes est particulièrement marquée en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est, où la mortalité a été multipliée par 6. L’épicéa commun, victime de coléoptères favorisés par le changement climatique (les scolytes), est l’espèce la plus atteinte, devant le frêne dont la mortalité a été multipliée par huit en dix ans et le châtaignier.
Les forêts poussant sur des sols favorables à la rétention d’eau connaissent une hausse de mortalité plus forte que les autres. Moins adaptées au manque d’eau, les essences qui les composent ont davantage souffert de la récurrence des épisodes de sécheresses.
« Le bilan est certes inquiétant mais doit être relativisé, tempère Nathalie Derrière, en charge de l’inventaire à l’IGN. La mortalité annuelle représente 0,6% du volume total de bois vivant sur pied. » L’experte note toutefois que le résultat est probablement sous-estimé dans la mesure où les arbres absents au deuxième inventaire de terrain sont comptabilisés dans les prélèvements, et non dans la mortalité. Or de nombreux conifères sont coupés pour des raisons sanitaires par les forestiers.
Un quart des frênes en mauvaise santé
L’état de santé des arbres, mesuré par un manque d’aiguilles ou de ramifications, mais aussi par la présence de branches mortes dans la partie haute, n’est pas bon non plus. Sur la période 2021–2025, le taux d’arbres forestiers « altérés » atteint en moyenne 9%. Avec de fortes disparités selon les régions (le quart Nord-Est abrite près de 15% d’arbres en mauvaise santé) et les espèces. Un quart des frênes, 22% des châtaigniers et 10% des chênes pédonculés présentent des signes d’altération.
L’inventaire est réalisé tous les ans depuis 2005 sur près de 6 000 nouveaux sites choisis au hasard, où les techniciens de l’IGN recensent tous les arbres présents. Ils relèvent notamment la circonférence, la hauteur, l’essence et le rythme de croissance de l’arbre déduit à partir de ses cernes. Les sites sont revus cinq ans plus tard.
Un nouvel indicateur, reflétant la pression des chevreuils, cerfs et sangliers, a été ajouté en 2023. Ces animaux sauvages peuvent laisser des traces de frottement, d’abroutissement (consommation des bourgeons ou feuilles) et d’écorçage susceptibles de perturber la croissance des arbres. Les marques sont détectées sur 15% des troncs fins. « Mais cette moyenne ne traduit pas la diversité des situations : le Nord-Est est par exemple dix fois plus touché que le Sud », souligne Nathalie Derrière.
La forêt gagne malgré tout 100 000 hectares chaque année sur des terres agricoles ou pâturages abandonnés. La production de bois semble par ailleurs se stabiliser, après avoir enregistré une baisse de 8% par rapport à la décennie 2005–2013. « Le puits de carbone, c’est-à-dire la capacité des forêts à capturer du CO₂ et participer ainsi à l’atténuation du réchauffement climatique, s’est réduit », indique le rapport. Globalement, 10 millions de tonnes par an de carbone supplémentaires sont stockées par les forêts françaises, contre 17 millions lors de la décennie précédente.
Le bilan carbone de certains massifs, notamment dans le Nord-Est, est désormais déficitaire. La mortalité et les coupes y dépassent la production biologique, entraînant « une baisse brutale des stocks de bois et carbone constitués sur plusieurs décennies ». Quant aux conséquences des sécheresses de l’été dernier, elles ne pourront être pleinement mesurées qu’à la repousse des feuilles au printemps 2027.
N.D.L.R. : Après l'éprouvante année 2026 pour mes plantations, il me paraît nécessaire de confier à un professionnel de la filière bois le soin de dresser un état des lieux et de livrer ses recommandations pour la bonne application du P.S.G. Or j'ai fait dernièrement la connaissance d'un ancien cadre de l'O.N.F..
Economie
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 7 Octobre 2026
Economie - Nature (hors géologie) - Météo - Désultoirement vôtre !
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Pierre-Paul FOURCADE
rédigé hier
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie - Références culturelles
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C'est très long, affreusement long (comme toujours avec lui) mais il faut prendre le temps de l'écouter posément car cela recale les compteurs et incite à réfléchir enfin.
