Désultoirement vôtre !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 31 janvier 2019
Désultoirement vôtre ! - O'Gustin
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Et voici ce qui arrive quand on fait trop de bêtises dans la même journée :

31 janvier 2019.


Au coin le vilain !
Il est temps que j'essaye d'extraire la substantifique moelle des trois derniers documents transmis par Eric YVARD, ces trois grimoires officiels postérieurs aux décès successifs des occupants de notre manoir favori au début du XVIIIème siècle.

Il s'agit plus précisément :
- de l'inventaire du 2 juillet 1716 (le dernier fourni et que je vais étudier immédiatement, en le comparant aux deux suivants), consécutif au décès de Pierre de LEDIN (N.B. : le titre qu'a donné Eric YVARD à sa retranscription est donc inexact),
- de l'inventaire du 15 juillet 1716, consécutif au même décès,
- du document du 14 août 1722 (voir le dernier lien ci-dessus) relatif à la pose de scellés à la suite du décès de Catherine de CROISILLES, veuve dudit seigneur.

Il ne faut pas perdre de vue dans cette affaire que Jacques de LEDIN, père dudit Pierre, est décédé le 20 novembre 1715, soit quelques jours seulement avant son fils qui passa de vie à trépas le 8 décembre 1715. La veuve de ce Pierre a survécu quelques années, 7 pour être précis, à cette hécatombe. Les trois documents en question ont été dressés par le même notaire, le dénommé Pierre LAILLER dont on ne peut pas dire que le style était suffisamment limpide pour qu'on retrouve aisément dans sa prose les points qui nous intéressent plus particulièrement, notamment la disposition des lieux ainsi que le mobilier à l'époque.

Il est fait mention dans ces grimoires de la présence, au côté du notaire, de Charles-Claude de LEDIN, demi-frère de Pierre, qui épousa une proche parente du maréchal de BASSOMPIERRE...

Le maréchal de BASSOMPIERRE.

... décéda le 17 mai 1747 et dont la fille Marie épousa en 1754 Pierre-François de LEDIN, fils de ce même Pierre, donc un demi-cousin germain si l'on peut dire. Une fille de ce couple, Louise Henriette, née le 21 juillet 1749, épousa Louis-Marie de VASSY, futur émigré, n'en eut que des filles et mourut à son tour le 30 août 1832.

Il est probable que la période de splendeur (relative) de notre manoir favori - en tout cas de la dernière période de travaux d'embellissement et d'agrandissement significatifs - date de la gestion de ce Charles-Claude. C'est du moins mon hypothèse centrale. La même que celle retenue, de fait, par Benoît MAFFRE dans son "étude préalable" que nous savons.
En fait, l'effort le plus utile à partir des trois retranscriptions de mémoire par Eric YVARD est de se demander si, au moment où ces documents ont été rédigés, soit entre 1716 et 1722, ce que j'appelle "l'aile en retour" avait déjà disparu ou était encore présente, devant ce qui est devenu le "bâtiment Nord".

A ce sujet, un indice qui me met la puce à l'oreille est fourni par le document que je n'ai pas encore commenté, à savoir l'inventaire du 2 juillet 1716. J'y lis en effet que, dans la chambre où est décédé Jacques de LEDIN, ont été trouvés :
- "deux petits chenais étant de la cheminée de laditte chambre" (bas de la page 3 de la retranscription)
- et "un rideau de toille blanche servante à la croisée deladitte chambre quy donne sur le jardin dudit lieu avec six escrans de carton" (avant-dernier paragraphe de cette même page 3).

A ce stade, et si elle était à l'étage, cette chambre aurait pu se trouver dans les deux pièces dotées là d'une cheminée, à savoir :
- mon ancienne chambre, dans la moitié Nord, au-dessus de l'actuelle salle-à-manger (en travaux lourds actuellement) et ancienne cuisine ;
- celle que j'appelle "la pièce dévastée", au-dessus du salon actuel, étant entendu que cette pièce avait dû être divisée en deux chambres, l'une, dotée d'une cheminée, dans la moitié Nord de ladite "pièce dévastée", l'autre, sans cheminée et dans sa moitié Sud.

Si cette chambre était au rez-de-chaussée, elle aurait été dans la moitié Nord du salon actuel.

Si l'on fait l'hypothèse que l'"aile en retour" existait encore en 1716, le choix entre ces trois implantations est indécis à ce stade de l'exploitation du dernier inventaire fourni car les chambres (supposées) de la moitié Sud étaient séparées de la cour par - on peut l'imaginer - un corridor, donc ne pouvaient en tout état de cause avoir qu'une fenêtre.

Néanmoins, première conclusion, le "jardin dudit lieu", visible de la fenêtre équipée d'un rideau et de ces six écrans de carton, est ce que nous appelons désormais le "Pournouët", c'est-à-dire ce terrain de 120 mètres de long et d'environ un hectare qui borde le logis à l'Est et est entouré par les trois douves que nous savons.

Mais nous disposons d'un autre indice.

De même que dans l'autre inventaire de 1716, il est fait état ici de la "chambre estant sur la cuisine". Il en est fait état indépendamment de la "chambre où est décédé ledit feu seigneur de la Challerie". Ces deux pièces donnent en effet lieu à des visites séparées donc sont différentes. Ceci exclut par conséquent que Jacques de LEDIN ait pu rendre l'âme dans mon ancienne chambre. Sauf à trouver un nouvel indice qui nous aurait échappé à ce stade, à propos de la "chambre estant sur la cuisine" ou à propos de la cuisine elle-même, nous n'en saurons pas davantage sur la (ou les) fenêtre(s) de mon ancienne chambre, donc sur la présence alors ou non des fenêtres Ouest actuelles, donc sur la présence ou non de l'"aile en retour".

Le champ de nos rêveries en prend un coup et nous devons nous concentrer sur d'autres sujets.

Voyons ce qu'il en est de l'emplacement de la chambre où est mort Jacques de LEDIN. Nous n'avons donc plus que deux hypothèses à creuser :
- la moitié Nord du salon actuel, au rez-de-chaussée du logis,
- et la moitié Nord de la "pièce dévastée actuelle", juste au-dessus de cette dernière.

On peut imaginer que ces deux dernières pièces auraient eu le même plan. Donc une porte, donnant sur un corridor aux fenêtres donnant sur la cour, et une fenêtre chacune, en plus de la cheminée. Donc on ne peut rien tirer de la mention d'"unne tapisserie estant autour de laditte chambre de coulleur verte et rouge du pot de hongris se consistant en quatre piesse et demie" (bas de la page 2) :



(A suivre)
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 3 février 2019
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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Lu sur "Facebook" : "Un magnifique salon Napoléon III, des décennies d’histoire. Une momie arrive, prend 500.000 euros dans la poche du contribuable, et détruit tout. Un scandale."

Je dois reconnaître que je suis assez d'accord avec l'ensemble de cette appréciation.

Pour autant, je suis d'avis qu'on devrait foutre la paix aux momies. Y compris les momies des sables.
Ma mère m'a remis hier la photocopie de son testament conservé par Me CHATAING, notaire à Paris :

Il s'agit pour elle de libérer de son mobilier son ancien logement, à Paris, de manière à en permettre la remise en état dans les meilleurs délais. Ma sœur et moi, ainsi que nos enfants, sommes en effet conviés à le vider en nous répartissant ces actifs comme indiqué.

Pour ma part, j'hérite ainsi, principalement :
- d'un dessin au crayon représentant le parc de la Gagnerie, propriété ayant appartenu aux parents de mon arrière-grand-mère LABATU née GUERIN et dont j'ai déjà parlé ici :

- du bureau, avec son fauteuil, de mon grand-père Henri FOURCADE sur lesquels, enfant, j'ai passé tant d'heures à m'acquitter des devoirs de vacances imposés "pour mon plus grand bien" par ma mère ;
- des albums de photos qu'avait tenus mon père avec grand soin et même passion (et dont j'ai commencé, il y a quatre ans déjà, à scanner des pages pour les mettre en ligne sur notre site favori) ; je compte transporter ces albums à notre manoir favori à un endroit, si possible, sec et chauffé, ce qui est rare en l'état de la restauration qui se prolonge indépendamment de ma volonté (à première vue, je pense au fournil de la ferme, hélas très rarement habité en dépit de mes vifs souhaits) ;
- d'un tapis Ferahan antique (198x396) que mes parents avaient acheté au Printemps vers 1970, sur les conseils avisés de mon grand-oncle René BONEU ;
- d'une très belle table moderne à pied de bronze signé de l'artiste, Fred BROUARD, achetée par mes parents vers 1970 chez Sant'Angelo, boulevard Saint-Germain à Paris :

Table de Fred BROUARD.

Ma mère m'a déclaré souhaiter que cette table trône au centre de mon bureau-bibliothèque dès que j'aurai réussi à en faire aménager un dans une tour de notre manoir favori.

A noter que les souvenirs normands de la famille sont attribués à ma sœur (un service en faïence de Rouen encore très fourni bien que déjà partagé avec les cousins BONEU) et à sa fille (une armoire de style Louis XV). A ma connaissance, ceux-ci proviennent également des LABATU, du côté GUERIN, voire sont plus anciens.
En l'absence persistante de tout membre d'une corporation en situation de monopole légal, O'Gustin m'a aidé ce matin à réceptionner les récents travaux d'Igor :

4 février 2019.

Il n'a pas eu l'air mécontent de constater qu'il y a bien de quoi loger un couple de pigeons dans chaque trou :

4 février 2019.

Toujours dans le colombier, il est monté s'entretenir avec Christian qui vient de reprendre le travail à l'abri d'une pluie qui tombe d'abondance :

4 février 2019.