Désultoirement vôtre !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 17 janvier 2019
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Troisième et dernier (pour ce qui me concerne) angle d'attaque des derniers documents exhumés par Eric YVARD, à propos du mobilier. Je ferai trois remarques principales à ce sujet :

- sur le nombre de lits recensés : il est révélateur du nombre de personnes qui cohabitaient alors dans notre manoir favori (quelque chose comme 16) et de l'entassement de la domesticité dans des endroits divers :
. un petit lit de repos dans la salle-à-manger,
. un petit lit en tombeau dans une petite salle voisine,
. une couchette de bois au grenier du bâtiment Nord,
. un châlit avec son couchage dans la chambre au-dessus de la cuisine,
. une paillasse avec couchage au 1er étage de la tour Nord-Est,
. trois couches dans l'écurie,
. trois châlits au-dessus du pressoir,
. un châlit dans le pavillon au bout de la terrasse,
. deux lits et un couchage dans la chambre du vieux seigneur du lieu,
. deux lits dans la chambre des servantes ;

- sur le matériel agricole recensé : il est standard dans ce pays de cidre et de poiré ; il y a très peu de bétail :
. un bandage de charrette dans une "galerie", ainsi que des "poupées de lanfert" (?) et une cloche de métal,
. dans la cave, des tonneaux de cidre et de poiré, y compris de vinaigre,
. dans un caveau, des saloirs (y compris contenant des quartiers de cochon corrompus),
. dans un grenier, des lots de filasse ou de laine,
. dans l'écurie, quelques licols de cuir et quelques morceaux de brides à cheval,
. dans le pressoir, "une grande cuve à faire macérer le cidre",
. des merrains et trente cinq douzaines de cercles à tonneau dans une chambre au-dessus du pressoir,
. trois vaches et six cochons ainsi que trente six ruches dans les étables, ;

- sur le mobilier témoignant de la noblesse ou, plus généralement, du statut social des propriétaires : le seigneur vit dans un luxe relatif, étroitement limité à sa personne :
. un peu partout, du mobilier de chêne, souvent recouvert de cuir noir, ce qui paraît bizarre,
. une tapisserie de Bergame dans la salle-à-manger,
. des assiettes et des plats d'étain dans la cuisine, ainsi que huit "vieux mousquets à l'antique", un vieux mousquet à rouet, un fusil, un mousqueton et trois couleuvrines de bronze ; enfin un sucrier d'argent aux armes de la maison,
. une poissonnière de cuivre dans l'office,
. dans un grenier, deux devants de cuirasse, avec un "couset" (coussin ?) de cuirasse, six "vieux traits servant à carrosses",
. des livres comme "La vie des Saints" et un vieux livre "gothique" dans la chambre des servantes ; également "une grille de fer ayant garni une fenêtre",
. une "vieille petite" couverture de soie blanche dans l'écurie,
. dans la chambre du vieux seigneur, deux habits avec justaucorps, vestes et culottes, une paire de bas, un chapeau, deux perruques, une robe de chambre de soie, une paire de pistolets, une épée avec un baudrier bordé d'or et d'argent, un couchage de qualité (serge couleur de feuille morte avec des franges de soie), un mobilier nombreux et varié (y compris une chaise percée couverte de verre), divers livres (une "vieille coutume de Normandie", le "bouquet historial de vieilles heures", un "Mercure galant"), une paire de gants brodés et une "garniture d'ancienne dentelle appelée neiges", divers ustensiles en porcelaine dorée,
. dans la galerie voisine, "deux grands coussins de carrosse de velours ciselé cramoisi", un "oreiller de haute lisse", un "morceau de cuir façon de Paris", "quelques vieilles tapisseries de droguet", une "vieille coutume de Normandie avec la suite du jardinier Français" et une quinzaine de vieux livres, divers papiers juridiques dont le droit de douaire sur des terres de Briouze, une "dentelle du bas d'une jupe d'ancien point", un sac de velours rouge avec des boutons d'or bordé d'hermines, trois masques de velours noir, deux bottines de cuir,
. dans l'écurie, "un cheval de poil noir à longue queue".
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 17 janvier 2019
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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Il est lassant de constater que, malgré le rattachement de La Haute Chapelle et Rouellé à Domfront pour former la commune nouvelle de Domfront-en-Poiraie, le site internet de cette dernière continue à ignorer superbement l'existence de divers monuments historiques de son territoire, y compris ouverts au public. Comme, par hasard, tous ceux qui ne s'inscrivent pas dans le périmètre ou aux abords immédiats de la citadelle "stricto sensu".

Curieuse façon de s'obstiner à réécrire l'histoire et de manifester des préférences à propos desquelles on ne peut que se demander ce qui les justifie.

Dans ces conditions, il ne paraît pas étonnant que la manne du "projet MORIN" soit canalisée de bien étrange façon, et en veillant à ne surtout pas associer tous les acteurs réels du tourisme médiéval domfrontais.

En tout cas, cela ne peut que soulever, dès ce stade, des doutes sérieux sur la pertinence de la méthode de travail du cabinet extérieur retenu, donc sur l'emploi projeté de certains fonds publics.

P.S. : Si j'en crois les remarques de bon sens rapportées par la presse locale, il paraît grand temps que le dossier soit remis d'aplomb, sans faire miroiter des objectifs de fréquentation manifestement irréalistes ("150 000 à 200 000 visiteurs à terme") et en s'intéressant enfin aux budgets de fonctionnement. Sinon ce sera 500 000 € de plus à couvrir chaque année par de nouveaux impôts locaux, une grosse somme à l'échelle de cette commune.

Page 9 du numéro du "Publicateur Libre" du 17 janvier 2019.

Jean-Pierre ARBON
rédigé le vendredi 18 janvier 2019
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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Great smog in London
Publié le 18 janvier 2019

En s’offrant en 2016 un référendum sur l’Europe, le Royaume Uni s’est précipité sans le savoir dans deux crises existentielles simultanément. L’une est à la fois économique et géopolitique : les intérêts du pays sont-ils mieux défendus en dehors de l’Union Européenne ou en en faisant partie ? L’autre relève de la théorie politique et du fonctionnement de la démocratie : peut-on articuler démocratie parlementaire et démocratie directe, et comment ?

Lord Palmerston (1784-1865) qui fut (par deux fois) le prédécesseur de Theresa May au poste de Premier Ministre de Sa Majesté, disait que « l’Angleterre n’avait pas d’amis, seulement des intérêts ». Il découlait de cette proposition que la politique menée par le Royaume devait essentiellement viser à conforter lesdits intérêts et à garantir la puissance du pays. Encore faut-il pour cela savoir discerner ces intérêts, et à qui en revient le soin. Au gouvernement ? Au parlement ? Au peuple ? En confiant la décision tantôt aux uns, tantôt aux autres, outre-Manche, le brouillard s’est singulièrement épaissi.


N.D.L.R. : Bien sûr.