Désultoirement vôtre !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 18 Aout 2010
Désultoirement vôtre !
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Photo prise ce matin à 7 heures dans la brume, de l'autre côté des douves et du bief aval, alors que je revenais d'une promenade vers le Beaudouët où j'avais pu vérifier l'état du piège. Un gros ragondin m'y attendait, 15ème rongeur pris là en une semaine... Il n'avait même pas été nécessaire d'utiliser des morceaux de pomme pour attirer celui-ci : la cage était vide quand il s'y était laissé enfermer.

Suite à sa visite en mairie hier, Thibaud m'a dit y avoir lu un arrêté déclarant cette espèce nuisible et invasive et autorisant sa chasse par tous moyens. Il paraît qu'il faut cependant déclarer ses intentions en mairie. Je devrais donc y passer, bien que je sache que l'on y lit régulièrement mes blogs...

Joel GUYONNEAU
rédigé le Mercredi 18 Aout 2010
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales
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Bonjour Monsieur Pierre-Paul FOURCADE
Dans le cadre de recherches généalogiques à limite de la hte Garonne, pres de St Sulpice, j'ai decouvert ce lieu d'échange.
Plus precisément je cherche un complément d'infos sur Juliette Germaine PAGEZE qui fut épouse de Edouard Edmond Marius CARTOU...
Bonne journée à vous

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 18 Aout 2010
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales
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@ Joël GUYONNEAU :
Juliette PAGEZE était ma grand-mère maternelle. Je l'aimais beaucoup. Que souhaiteriez-vous savoir à son sujet ?
(N.D.L.R.: ce dialogue se poursuit par échange de courriels).

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 19 Aout 2010
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales
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Ma mère vient de m'apprendre à l'instant le décès aujourd'hui de sa demi-soeur, Suzanne LEPERS née RIGAUD, dite Suzou, avec qui j'étais entré en relation assez fréquente par la vertu de ce site.

Le 30 juillet dernier, Suzou avait encore écrit sur ce blog qu'elle lisait attentivement. Son témoignage publié ici le 30 mai dernier m'avait frappé.

Suzou avait environ 90 ans. Voici sa photo qu'elle m'avait communiquée il y a moins d'un mois.

Et voici enfin un photo-montage que Suzou m'avait scanné après l'avoir composé et qui représente ma mère, âgée d'une petite vingtaine d'années (donc vers 1947), comme si elle avait posé à côté de leur père à l'occasion du mariage d'une autre demi-soeur, dite Mimi.

Le 26 juillet dernier, Suzou, ayant découvert mon visage sur le site de la Chaslerie, m'avait écrit: "j'ai trouvé une ressemblance avec mon Père c'était un trés bel homme Simone a dû vous le dire !!!!!!" Le 28 juillet, ayant réussi à transférer sur son ordinateur une de mes photos, elle avait ajouté : "ça y est , j'ai fait une magnifique photo et je peux vous assurer que votre ressemblance avec notre Père est bien effective. j'en envoie une à mes soeurs, persuadée qu'elles seront de mon avis !!!!" Mais je ne sais, à part Malue DE COËNE, qui pouvaient être ces soeurs ou plutôt, je croyais que les autres, Mimi, dont j'ignore le nom du mari, et Paulette THOORIS étaient décédées, ainsi que leur frère Freddy...
Jérôme TRAVERT
rédigé le Dimanche 22 Aout 2010
Désultoirement vôtre !
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Bonsoir Monsieur Fourcade,

Bien que je passe énormément de temps à la mise à jour de mon site internet (trop à mon goût), ce n'est qu'aujourd'hui que je prends connaissance de votre note du 26 juillet dernier concernant mes "magnifiques" photos.
Je tiens à vous remercier pour cette agréable appréciation.

J'en profite également pour indiquer à vos internautes que l'activité ULM que j'ai mise en place pour la première saison au départ de l'aérodrome de Flers, a pour but de faire découvrir la richesse Bas Normande dans sa 3° dimension et ceci de façon ludique, celui du baptême de l'air... en ULM.
A aujourd'hui, 2 circuits existent: le survol de la Suisse Normande et le survol du Bocage Ornais.

Or, il se trouve que votre manoir se situe sur le parcours du "Bocage Ornais", il est donc naturel (et puisque vous m'aviez donné votre consentement) de le faire connaître à mon tour à mes internautes.

C'est également un moyen de promouvoir une autre facette de mon activité ULM, qu'est la photographie aérienne. Si parmi votre entourage, des propriétaires étaient intéressés par cette prestation, je serais alors heureux de pouvoir les renseigner.

Ulmistement votre,

Jérôme TRAVERT
Tôt ce matin (mais en leur honneur, je n'étais plus en pyjama), par temps d'abord couvert puis clair, les "Ecureuils du bocage" ont traversé les terres de la Chaslerie. Je les ai photographiés abondamment et propose donc aux visiteurs de ce site internet de parcourir à leur tour, ici de façon virtuelle, le chemin emprunté par ces Vététistes. Cela nous donnera l'occasion d'apercevoir quelques perspectives et de nous rendre compte de l'état des plantations.

Les "Ecureuils" étaient partis une dizaine de minutes plus tôt du champ de foire de Domfront. Voici un groupe débouchant du chemin creux du manoir de la Touche et s'apprêtant donc à entrer sur les terres de la Chaslerie :

Voici par où, précisément, ils sont entrés sur ces terres, un petit pont de béton artistiquement édifié par Claude MARTIN et judicieusement agrémenté de gravier (on aura au passage un petit exemple de la qualité de la coordination de l'électrification des campagnes par les bons soins d'EdF...) :

Les concurrents de cette randonnée se sont ainsi engagés sur une Avenue en devenir que ma voisine Mme ROGUE, l'épouse du vétérinaire, appelle d'ores et déjà "l'Avenue Fourcade". Au passage, je remercie Mme ROGUE pour ce choix judicieux que je n'aurais osé suggérer, pour la bonne et simple raison que, comme l'on sait (et je suis bien connu pour cela), je souffre d'une timidité quasiment maladive...

Avenue Fourcade il y a donc, au moins selon l'usage local. En effet, j'avais naguère, lorsque l'occasion s'en était présentée, c'est-à-dire fortuitement, acheté quelques arpents caillouteux supplémentaires, pour me permettre de me rendre du manoir à la mairie de La Haute Chapelle sans guère avoir à quitter mes terres. L'essence que j'avais retenue pour ombrer cette promenade, des hêtres, devait bien sûr donner à cette allée, au moins à terme de 30 ou 50 ans, un caractère majestueux et même triomphal qui n'était pas pour ma déplaire.

Donc, quelques mois avant les dernières élections municipales, je m'étais permis d'approcher le maire de La Haute Chapelle, mon ami Roger GIPPON, agriculteur de son état, pour lui proposer, avec toute la modestie qu'on imagine, de me faire une petite place dans son conseil. Roger avait un peu tardé à donner suite. Au bout de quelques mois, j'étais donc retourné le voir et là, patatras, j'avais appris de sa bouche que "le conseil municipal unanime démissionnerait s'il me prenait sur sa liste" (sic). Or je connais divers "horsains" des environs à qui pareille mésaventure est arrivée : cela semble faire partie des usages locaux de sorte qu'il n'y a pas à s'en formaliser.

Voilà pourquoi je suis resté avec mon allée sur les bras, avec son kilomètre et demi supplémentaire, sans autre usage pour elle que d'y admettre de temps à autre quelques gentils visiteurs comme ces fameux "Ecureuils"...

Il est cependant temps de revenir à ces derniers. En voici justement deux qui, après avoir parcouru la première section de cette bientôt fameuse allée, doublent le bâtiment du Tertre Linot que j'ai revendu à mon voisin Hubert GAHERY après l'avoir acquis de Bernard...

En voici quatre autres sur le sentier qui raconte-t-on, servait naguère aux trafiquants de "goutte" pour échapper aux contrôleurs des droits indirects :

Après le chemin des contrebandiers, un groupe s'éloigne sur la seconde section rectiligne de l'allée :

Un peu plus loin...

... l'allée coupe la route qui permet de se rendre du bourg de La Haute Chapelle à la Thierrière (le "village" de la mère de Maxime). Notez sur la droite le potager de Bernard, en très médiocre état cette année du fait de la sécheresse :

Après avoir coupé cette route goudronnée, les "Ecureuils" devaient s'engager sur une section agréablement ombragée de chemin communal :

Ils longeaient ainsi, sur leur gauche, des prairies appartenant à mon voisin et ami Claude FAVERIS, au "village de la Guerche". A leur droite, un autre terrain que m'a vendu Bernard, avec une carrière dont furent extraites, il y a très longtemps, des pierres utilisées pour construire la Chaslerie...

Il fallait ensuite, arrivé enfin en haut de l'allée principale du manoir, bifurquer à droite vers "les Martiens". Voici d'ailleurs l'un des benjamins de l'épreuve, en pleine action :

Les concurrents se trouvaient donc là sur ce que j'appelle "l'allée oblique". Tous les jours, celle-ci est empruntée par mon fermier Hervé LEMOINE, sa mère ou son neveu, pour aller contrôler l'état de leurs veaux qui paissent en contrebas...

Et voici enfin ces fameux "Martiens", que j'appelle ainsi en raison de leur aspect redoutable avec ce qui ressemble à une énorme tête ronde quand on les aperçoit dans le lointain :

A partir de cet endroit, "la route est droite mais la pente est rude" quand on descend l'allée oblique vers les champs d'Hervé...

Juste avant d'y arriver, virage en épingle à cheveu sur la gauche, il faut longer "le champ de Mauduit". Je précise que ce Mauduit, oncle de Bernard, était l'ancien propriétaire d'une parcelle attribuée à la Chaslerie à l'occasion du dernier remembrement, il y a une quinzaine d'années

Les jeunes chênes ou hêtres que l'on aperçoit sur beaucoup de ces photos ont été plantés dans la semaine précédant la grande tempête de 1999. Ils ont donc déjà un peu plus de 10 ans

Là, je ne suis pas certain que mes voisins, les frères VINCENT, seraient heureux s'ils voyaient comment les "Ecureuils" traitent le talus qu'ils refusent de me vendre alors que mon offre leur aurait permis une plus-value très substantielle : tant pis pour eux !

Belle vue des derniers mètres de descente vers le manoir :

Souriez pour le correspondant local de "Ouest-France" !

Virage sur l'aile en bout de terrasse, près de la chapelle. Attention quand même à la douve Sud !

Les concurrents s'apprêtent à longer la douve Est :

Descente à l'extérieur de la douve Nord, vers l'endroit où se sont fait prendre, en moins de trois semaines cette année, tant de ragondins (18 à ce jour...)

L'allée du Beaudouët, qui longe ce ruisseau :

Enfin, l'Avenue Gérard PHILIPPE, que je dénomme ainsi car je l'ai plantée dans l'axe du salon de ce dernier (il s'agit non de l'acteur, mais du fils de notre chère Mme PHILIPPE, de la Josselinière...)

Ensuite, après ce hors-d'oeuvre de 3 kilomètres sur les terres de la Chaslerie, c'est la D22. Pour certains des quelques 400 concurrents, dont une dizaine de femmes, il ne restait plus que 95 kilomètres à parcourir, une paille !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 25 Aout 2010
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales - Privé - Photos d'aïeux - Généalogie des enfants
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J'en suis désolé pour les visiteurs du site qui trouveraient que je m'égare, mais je viens de remettre la main, dans le capharnaüm de la Chaslerie, sur trois vieux albums de photos de famille, deux de mes grands-parents paternels et un de mes grands-parents maternels.

Même s'il est vrai qu'évoquer mes grands-parents nous éloigne quelque peu de l'objet de ce site, je me permets de rappeler que celui-ci avait été conçu avec l'idée initiale d'une transmission de connaissances à mes fils, certes sur la Chaslerie, mais aussi - pourquoi pas ? - sur notre généalogie.

Elargir ainsi l'objet du site a au moins deux autres avantages :
- d'une part, éviter que ne se perdent des informations (pas forcément essentielles, je le reconnais) que peu de personnes encore en vie connaissent ; de ce point de vue, le temps est nécessairement compté ;
- d'autre part, inciter des tiers à apporter des témoignages ; or, sans entrer dans des détails qu'un visiteur attentif du site a déjà pu comprendre, je puis confier qu'en ce domaine, celui-ci a d'ores et déjà plus que prouvé son utilité.

En plus, je viens de retrouver le mode d'emploi pour scanner les photos.

Donc, que vous le vouliez ou non, je vais mettre en ligne plusieurs vieilles photos. Et, pour commencer, "à tout seigneur, tout honneur" me voici à Tarbes, à l'âge de quelques mois (donc vraisemblablement en 1952 puisque j'ai été déclaré le 1er janvier de cette année-là), entre mes grands-parents paternels, Henri FOURCADE et son épouse Renée, née LABATU. Me reconnaissez-vous ? Et ne trouvez-vous pas que, dans ma barboteuse, j'étais (déjà ?) mignon tout plein ?

Il faut dire que mes parents n'étaient pas mal non plus. Les voici, photographiés à Dakar, sans doute en 1961. Mon père était alors officier dans l'artillerie de marine (ex coloniale) ; il devait, à l'époque, être l'aide de camp de l'ambassadeur Claude HETTIER de BOISLAMBERT, un gaulliste historique qui termina sa carrière comme grand chancelier de l'ordre de la libération. A Dakar, ma mère, professeur certifiée d'anglais, devait enseigner dans un collège de la médina.

Dans le prolongement de ce que j'ai indiqué ici le 25 mai dernier, je vais pouvoir illustrer à quel point les milieux sociaux d'origine de mes parents étaient différents.

Voici par exemple une photo prise en 1935 à Bouliac - je pense que c'était chez un oncle maternel de ma grand-mère paternelle qui avait fait fortune en Extrême-Orient, je ne me rappelle plus son prénom, l'oncle Alphonse peut-être -. Cette photo montre mon père en train de viser vers un tourniquet de pigeons de carton (et vers le photographe, sans doute son père) ; il est entouré de sa mère, de sa soeur aînée Jacqueline (morte en 1936, littéralement "en odeur de sainteté", de son frère Georges (décédé, je crois, en 1954) et d'un autre garçonnet, plus grand, que je ne suis pas sûr d'identifier ; il pourrait cependant s'agir de Jacques FOURNOL, petit-fils d'Alphonse GUERIN, je crois, et mari de ma marraine.

A peu près à la même époque, voici mon père en enfant de choeur (je me demande si la photo n'a pas été prise devant la "grotte miraculeuse" de Lourdres) :

Voici une idée des loisirs de mon père dans sa jeunesse, un camp scout dans une ambiance digne de l'époque :

On m'a raconté que mon père avait mal réagi à ce type d'éducation. Il manifesta son caractère en passant en coup de vent dans nombre d'établissements scolaires et eut même sa période zazou, comme le montre la photo suivante où il ne porte cependant pas sa fameuse cravate marquée P.M.F.I. (ce qui signifiait, paraît-il, "profond mépris pour la foule imbécile"...). Sur cette photo, il pose adolescent à côté de son frère cadet, Georges

Et l'on voudrait qu'avec un tel père, je n'aie pas l'esprit indépendant ? Mais ceci est une autre histoire, revenons à notre sujet.

D'abord avec une photo des grands-parents maternels de mon père, sachant que je n'en ai aucune de ses grands-parents paternels. Il s'agit ici de Paul LABATU et de son épouse, née GUERIN. Paul LABATU n'avait pas trouvé de meilleure idée que d'être brasseur à Tarbes, c'est-à-dire loin de tout champ de houblon. Son affaire, d'abord prospère, ne survécut pas à la crise de 1929.

Mon grand-père Henri FOURCADE a, lui aussi, tenté sa chance en créant une société dont je retrouve ce document, écrit de sa main :

Mais, là aussi, l'affaire périclita, de sorte que mon grand-père fit l'essentiel de sa carrière comme ingénieur à l'arsenal de Tarbes. Il tenta longtemps de démontrer que le "principe de Carnot" était faux, avec le succès que l'on imagine. Lorsque, à la fin des trop rares dîners que j'ai pris en sa compagnie je lui demandais : "Bon-Papa, fabrique-moi un mât-totem !", il choisissait une banane, la pelait soigneusement, la sculptait de quelques coups de couteau et me la donnait à manger ; c'étaient alors pour moi les meilleures bananes de la Terre...

Bref, pour en revenir à mon père, après une jeunesse jugée trop turbulente, il fut ni plus ni moins que sommé par sa mère de s'engager dans l'armée, direction l'Indochine. Car, pour cette sainte femme, il avait développé "des goûts et des occupations incompatibles avec son âge et sa situation" (sic)...

Mais avant de partir si loin se faire éventuellement tuer pour la patrie, les hasards de sa formation militaire lui firent faire étape dans la région de Toulouse. Le voici donc en bidasse à Castres, au côté de Georges. C'est alors, soit en 1950 je pense, qu'il rencontra ma mère au Café CARTOU de Saint-Sulpice-la-Pointe.

Aux termes d'un rapport préparé pour ma grand-mère paternelle, très inquiète de cette relation, par une de ses consoeurs de l'"Action catholique", ma mère, étudiante à Toulouse, était alors une "belle plante, élégante et attrayante". "Ah! Qu'en termes galants ces choses-là sont mises !" Qu'on en juge :

Et voici le Café CARTOU où avait poussé cette "plante", photographié au milieu des années 1930. Ma mère est l'enfant de six ou sept ans debout sur la table, semble-t-il.

Vous pourrez noter, au premier plan de cette dernière photo, un caniveau. Ce caniveau évoque pour moi un souvenir très précis : lorsque mes parents, en poste en Afrique (Tunisie ou Sénégal) revenaient passer une partie de leurs vacances en France, ma mère ne comprenait pas ce qui m'arrivait dès notre arrivée à "Saint-Sul" ; en effet, mon corps s'y recouvrait rapidement de boutons qui me démangeaient au point que, chaque soir, elle devait m'enduire de Phénergan pour m'éviter de me gratter. La vérité, que je n'ai comprise que dernièrement, c'est que, découvrant ou retrouvant ce fameux caniveau, si différent pour moi des terrains de jeux desséchés de mon Afrique accoutumée, je passais mon temps à y barboter avec des galopins de mon âge ou à y faire naviguer de frêles esquifs de ma fabrication. Le seul problème, vous l'avez deviné, c'est qu'à l'époque, à Saint-Sul, il n'y avait pas encore de tout-à-l'égoût...

Edouard CARTOU était un homme intelligent. Il me disait qu'il m'aimait "autant que ses chiens", ce qui, de son point de vue, était beaucoup. Parfois, en m'emmenant les promener jusque "là où le soleil touche la Terre", il m'entraînait à chanter son air préféré en conspuant sa bête noire, la "Séphio". Gravement blessé pendant la guerre de 14-18, il avait été ouvrier puis contremaître chez LATECOERE à Toulouse, puis chez RIGAUD, à Saint-Sulpice. Le voici, en espadrilles et cravate mais, curieusement pour moi, sans béret, devant son café, en train de réceptionner une livraison (c'est bien sûr ma mère qui est montée sur le marchepied du camion) :

M. RIGAUD, industriel entreprenant, avait coutume d'inviter périodiquement ses employés et les membres de leurs familles à diverses réjouissances. Un jour, ce devait être en 1925, ce fut au cirque à Lavaur. Malheureusement, il y eut un accident de voiture, sans doute l'un des premiers dans cette région, et mon arrière-grand père Pierre PAGEZE y périt. De ce dernier, il ne me reste plus que son "certificat de bonne conduite" que voici :

J'y note que mon arrière-grand-père mesurait 1 m 64. Or j'observe que ma mère mesure 1 m 70 et que mon père atteignait 1 m 78. De mon côté, j'ai plafonné à 1 m 87. Et mes fils mesurent tous deux plus de 1 m 95. Il semble donc que, dans ma famille, on prenne une petite dizaine de centimètres à chaque génération. C'est sans doute ce qu'on appelle la dégénérescence de l'espèce. Mais fermons la parenthèse.

Ma grand-mère maternelle, Juliette PAGEZE (dite Julietotte) avait très peu d'instruction mais un coeur d'or. Très jeune, elle avait été placée en usine où elle fabriquait des brosses en chiendent. Souvent, elle me chantait "le temps des cerises" ou encore "les roses blanches" qu'aujourd'hui encore je ne puis réécouter sans avoir les larmes aux yeux, et je lui répliquais en fredonnant "Julie la rousse" dont je n'étais bien sûr pas en âge de comprendre toutes les paroles, mais c'était là un autre de ses surnoms. Je crois qu'elle m'adorait. Elle me l'écrivait parfois, avec son orthographe si personnelle. En plus, c'était une excellente cuisinière et je garde un souvenir ineffable mais inoubliable de ses soupes aux choux aux longs filaments de gruyère, de ses "soupes à l'ivrogne", des escargots qu'elle faisait longuement jeûner dans la cave avant de les mitonner d'une façon unique, de ses "croustades" servies encore tièdes et légèrement caramélisées avec un fond de rhum. Bref, avec une telle grand-mère, ce n'était pas un hasard si Saint-Sulpice appartenait au Pays de cocagne. Voici donc Julietotte devant son comptoir du Café CARTOU, entre une bouteille de Pernod et une réclame de Byrrh :

Pour dire la vérité, mon rêve d'enfance était tout simplement que Julietotte eût épousé mon grand-père Henri FOURCADE. Car alors, je n'eusse plus eu de raison d'aller en vacances ailleurs que chez eux... (Ici, je ne suis pas sûr de ne pas me planter dans les modes et les temps ; il serait plus raisonnable que je me calme ou qu'à tout le moins j'interroge ma licenciée ès-lettres de mère...).

J'abrège, rassurez-vous. Donc, en 1952, je suis né à Rennes parce que mon père était élève à Coëtquidan. Le voici d'ailleurs en grand uniforme de Saint-Cyrien :

J'ai été prénommé Pierre-Paul, Henri, Bernard car Pierre était Pierre LEUTARD, mon parrain, un camarade de chambrée ami de mon père au camp de Castres, et Bernard, l'abbé Bernard de SOLAGES, qui unit mes parents. Lorsqu'il me vit pour la première fois, mon père déclara : "Voici Poussy le polytechnicien !" Comme mon premier acte fut d'arroser d'abondance le chirurgien-accoucheur, il ajouta : "Ce sera un bon artilleur !" Il ne me restait plus qu'à lui donner raison mais je ne l'ai fait qu'en partie...

Mes fils trouveront la suite de cette histoire dans la vingtaine d'albums de photos assemblés par mon père jusqu'à son décès en 1983 et conservés chez ma mère à Paris. Après 1983, c'est moi qui aurais dû prendre le relais. Mais je ne l'ai pas bien fait, la barre était trop haute. Les photos que j'ai prises irrégulièrement sont conservées dans des cartons, ici je crois, à la Chaslerie. Ou peut-être à Paris. Il resterait à les mettre en ordre. Je préfèrerais tirer parti des progrès techniques en en commentant quelques-unes sur ce site. Pour terminer, en voici une que Carole vient de retrouver et qui représente nos fils dans les tenues chinoises que j'avais dû leur rapporter d'un voyage professionnel à Hong Kong, en 1986. Mais ceci est une autre histoire...

(Zut alors ! Je ne sais pas où Carole a rangé cette dernière photo, je ne la retrouve pas. Quand je disais que c'est toujours le bazar ici...).
Ne manquons pas la suite de votre feuilleton favori, la restauration du fournil de la ferme...

Pascal a commencé ce matin à remonter tout ce qui s'était écroulé hier, vaste programme !

Et d'abord, il a eu l'idée de rétablir la niche qui avait dû exister sous l'âtre, pour ranger les fagots :

Ensuite, il lui fallait trouver le granite qui servirait d'appui à la cheminée. Là, il n'avait que l'embarras du choix car je passe mon temps à rechercher des matériaux de construction dans les bâtiments en ruine des parages et à les entasser non loin du manoir. Voici la pierre sur laquelle il a jeté son dévolu, un linteau de cheminée de 1,70 m de long :

Bien sûr, ce choix signifie que nous resterons avec deux corbeaux privés de leur linteau. Mais nous pourrons toujours les utiliser, le moment venu, comme linteaux ou appuis de fenêtres, par exemple lorsque nous en arriverons à restaurer la ferme. Ceci n'est toutefois pas encore à l'ordre du jour. Qu'en dis-tu, Walter ?

Vous noterez que Pascal a commencé sa reconstruction par la façade du four, et non par les parties arrières.

Voici le nouvel appui du four en position dès le début de l'après-midi :

Enfin, voici ce chantier en fin de journée. A ce stade, les travaux sont moins spectaculaires car tout se passe désormais derrière la façade. Pascal a tout rangé. Excellent travail. Voici donc une semaine qui a été bien occupée !

Et Bernard, me direz-vous, cela fait longtemps qu'on ne l'a plus vu sur ce site, toutes ses groupies le réclament !

Après avoir tari momentanément la source des ragondins, semble-t-il, il chemine tranquillement dans les douves. Le voici en train de m'indiquer jusqu'où au moins devait arriver, il y a bien longtemps, le retour du mur d'escarpe de celles-ci :

Ce soir, il coupe les roseaux au fond de la douve Nord. :

Ils ont 3 bons mètres de haut, de vrais géants !

Si des dames sont intéressées, je suis persuadé que Bernard leur en coupera bien volontiers pour confectionner des bouquets très décoratifs. N'hésitez pas, c'est le moment !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 31 Aout 2010
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Quelle trace laisserons-nous de notre passage sur la Terre ?

A ceci, Franz-Olivier GIESBERT répond de diverses façons.

Il tombe amoureux constamment, épouse chaque fois et souvent fait des enfants. Je me dis que sa trésorerie doit être obérée de nombreuses pensions alimentaires.

Deuxièmement, il écrit des romans. Le style en est enlevé, et je les lis chaque fois avec sympathie. Comme le dernier, "Un très grand amour", où il avertit d'emblée que "Ceci est un roman et il ne faut pas le lire autrement. Tous les personnages de ce livre sont purement imaginaires, sauf l'amour, le cancer et moi-même".

Dans ce "roman", donc, il confie, troisième méthode (en page 146 de l'édition parue l'an dernier chez Gallimard) : "Quand arriva l'été, je vécus une période étrange. Je n'avais plus envie de rien. Je faisais des siestes de deux heures, parfois plus, et passais le reste de mon temps dans le potager, à m'occuper de mes grosses tomates russes en rêvassant à l'organisation de mes obsèques. A la partition musicale, surtout. Je voulais être enterré sans fleurs ni couronnes ni discours, mais avec quelques-uns de mes airs préférés. J'ai retrouvé , dans de vieux papiers, une des dernières listes que j'avais établies avant la rentrée des classes. Je désirais que les morceaux fussent joués dans cet ordre :"

Suit cette liste que je complète en insérant, grâce aux vertus de la toile, les liens correspondants chez "Youtube" :

- "I came to believe" par Johnny Cash http://www.youtube.com/watch?v=BtW-KB5T83A

- Le "Kyrie" du "Requiem" de Mozart par l'orchestre philarmonique de Vienne, sous la direction de Karl Böhm http://www.youtube.com/watch?v=jqkMbk8eX6Y (après 6 minutes et 45 secondes de cet enregistrement)

- l'"Adagio" de Samuel Barber http://www.youtube.com/watch?v=1dPDO3Tfab0&feature=related (là, c'est moi qui choisis une version avec poème)

- "The Dock of the Bay" par Otis Redding http://www.youtube.com/watch?v=UCmUhYSr-e4

- L'"Ave Maria" de Caccini par Inessa Galante http://www.youtube.com/watch?v=0KSY6Ek4daA&feature=related (sans doute mon air préféré dans cette série...)

- "O Mio Babbino Caro" par Maria Callas (extrait de "Gianni Schicchi" de Puccini) http://www.youtube.com/watch?v=Rxy4qrnKwVo&feature=related

- "Unchained Melody" par les Righteous Brothers http://www.youtube.com/watch?v=t-idDbIfGvw

- "E Lucevan le Stelle" par Luciano Pavarotti (extrait de la "Tosca" de Puccini) http://www.youtube.com/watch?v=boBaYL8ZnrM

- L'air de la "Suite orchestrale n° 3 en "ré" majeur de Bach http://www.youtube.com/watch?v=qHJRaqaHiEc&feature=related (un autre air que j'aime beaucoup)

- "You Never Can Tell" par Chuck Berry http://www.youtube.com/watch?v=uuM2FTq5f1o

- L'"Agnus Dei" du "Requiem" de Fauré http://www.youtube.com/watch?v=FSi-7lxTtcU

- "Tou' Adhimou Mafsi" ("Mon âme exalte le Seigneur") par Soeur Marie Keyrouz http://www.keyrouz.com/indexfr.html (ceci est son site officiel, je n'ai pas trouvé l'air en question...)

- Le rondo (allegro) du "Concerto pour violon" opus 61 de Beethoven, par Yehudi Menuhin, avec l'orchestre philarmonique de Berlin, sous la direction de Wilhelm Furtwängler http://www.youtube.com/watch?v=1iM7sEtli44&feature=related (désolé, je n'ai pas trouvé la bonne version...)

- "Sunny Afternoon" par les Kinks http://www.youtube.com/watch?v=1h1oRP7FfBw

- "Libiamo Ne Lieti Calici" par Maria Callas et Francisco Albanese (extrait de "La Traviata" de Verdi) http://www.youtube.com/watch?v=Ks8BgruaQ34

- "Ya Rayah" par Rachid Taha http://www.youtube.com/watch?v=DuPhCmmfKiE

- "What a Wonderful World" par Louis Armstrong http://www.youtube.com/watch?v=xotoDy5806Y

- "La Bodega" par Chico and the Gypsies http://www.youtube.com/watch?v=cpT7Po06B4s

FOG conclut cette liste en commentant : "Du pathos, des clins d'oeil, du second degré. Il y en avait pour tout le monde. Pour le bouffon que j'étais, il fallait que mes funérailles fussent, en dernier ressort, inattendues à défaut d'être désopilantes".

Dans les fracas du siècle, je trouve que cette façon de tirer sa révérence ne manque pas d'élégance. Mais n'oublions pas trop vite que nous n'en sommes pas encore à la fin de l'été.

Ce matin à 7 heures, je suis allé vérifier le piège à ragondins. En pyjama, bottes et anorak, un accoutrement habituel pour moi à ce moment-là de la journée. Une nouvelle fois, le piège était vide. On dirait que nous avons temporairement repoussé l'invasion.

Cela m'a donné l'occasion d'apprécier l'éclairage juste avant le lever de soleil. D'abord à l'aller :

J'ai pris la photo suivante pour servir de témoin de l'éboulement progressif du terrain derrière le fournil du manoir et dans les douves. Il faudra un jour stopper cette hémorragie et restaurer le vieux mur écroulé là :

Puis au retour, avec au premier plan les arbustes plantés il y a bientôt deux ans :

Un peu plus tard dans la matinée, ayant enfin revêtu mon uniforme de "gentleman farmer", je suis revenu traîner autour des douves. En songeant au futur (?) chantier de leur mur d'escarpe. Je rêve en effet d'une promenade qui conduirait un jour le public autour du Pournouët. Elle partirait de l'allée principale...

... et passerait à l'Est des douves...

On aperçoit ici le vieux mur d'escarpe, à moitié enfoui sous les éboulis, et qui retient encore, tant bien que mal, la terre du Pournouët. C'est ce très vieux mur qu'il faudrait donc un jour restaurer...

Et Pascal, pendant ce temps, me direz-vous ? Et la restauration du fournil de la ferme ?

Elle s'est bien poursuivie, rassurez-vous. Pascal n'a pas chômé...

Voici la façade intérieure du four restaurée, telle qu'elle se présentait aujourd'hui en début d'après-midi, c'est-à-dire avant tout ravalement et rejointoiement (et avant toute restauration de l'intérieur du four) :

Si vous comparez cette image à celle datant de 5 jours, vous noterez que le linteau n'a finalement pas bougé, l'appui en granite a été remplacé par une pierre en bon état, la niche sous l'appui a été rétablie, l'entrée du four a été remontée en grès au lieu des briques industrielles antérieures. L'ouverture du four reste décentrée par rapport au conduit de cheminée ; elle l'est même par rapport à la niche. Disons que cela participe de la rusticité de l'endroit...

Mais le chantier a aussi progressé par ailleurs. La statue de calcaire a été installée dans la niche prévue à cet effet dans le pignon Est du fournil de la ferme. Elle restera là au moins jusqu'aux prochaines Journées du Patrimoine, avant de repartir en restauration :

Enfin, Pascal et moi avons commencé à étudier comment s'y prendre pour restaurer le puits de la ferme

En fait, l'eau est visible à 4 mètres sous le niveau du sol et, d'après nos mesures, sa profondeur est de 2,20 mètres. Il faudra commencer par éliminer la tuyauterie bricolée là par les exploitants agricoles précédents et remettre en place des pierres descellées dans le puits. Pour y accéder, pas d'autre moyen pour nous que d'intervenir à la mini-pelleteuse pour dégager le premier mètre du puits sous le niveau du sol. On commencera par là, dès demain.

Malgré le temps qui se gâte, le chantier du puits de la ferme progresse, désormais sous l'abri d'un parapluie :

Mardi 7 septembre 2010, vers 17 heures.

Par ailleurs, Bernard a tondu l'herbe aux abords immédiats du manoir. Elle avait bien repoussé courant août. Ce soir, l'aspect en est impeccable. La Chaslerie devrait donc être en beauté pour les prochaines Journées du Patrimoine, dans moins de deux semaines.

En revanche, je n'ai plus de nouvelles du forgeron, Roland FORNARI, qui avait pourtant, de longue date, promis ses grilles pour cette échéance.

Rien de neuf non plus du côté de Roland BOUSSIN, le charpentier-couvreur dont j'attends toujours le devis pour le fournil de la ferme.

Enfin, le nouvel électricien auquel j'ai fait appel semble incapable de s'organiser. Il avait l'avantage de ne pas venir de loin. Je dois donc en rencontrer prochainement un nouveau, établi dans une commune un peu plus éloignée.

Quand le chat est parti... Il aura suffi que je m'absente trois jours pour que le chantier du puits de la ferme dérape.

En trois jours en effet, la construction a continué de s'élever sans que son diamètre ne soit réduit, ce qui commence à donner à l'ensemble une allure de conduit de cheminée. En outre, l'ouverture pour la manivelle est mal positionnée puisque sa hauteur rendrait impossible l'usage du puits à quiconque ne se jucherait pas sur un escabeau pour actionner le mécanisme ; l'axe de la manivelle n'est pas dans un plan parallèle à l'ouvertute, ce qui me paraît réduire l'accès utile au puits et entraver la manoeuvre d'un seau ; enfin, cet axe n'est pas horizontal, de sorte que la manivelle, en tournant, buterait sur la maçonnerie. Le soin mis par ailleurs dans l'assemblage des pierres ne rend que plus décevant le résultat de ces trois jours de travail.

A l'évidence, Pascal n'a pas tenu compte de ma demande qu'il copie le puits de voisins. Je vais en parler avec lui, mais je ne vois pas comment il pourrait éviter de démonter et de recommencer ce travail non conforme.

Toujours sans nouvelles de Roland FORNARI, je lui ai téléphoné ce matin. Il m'a expliqué que sa petite équipe avait eu plusieurs accidents de travail. Et, comme si cette justification à ses retards ne me suffirait pas, il a ajouté qu'il manquait de fer et devrait se réapprovisionner, désormais en Allemagne. Tout ceci pour avouer qu'il ne pourra livrer, pour les prochaines Journées du Patrimoine, que deux grilles, celles du rez-de-chaussée de la tout Nord-Est du manoir, au lieu des six commandées. Il ne me donne pas de date pour les trois grandes prévues pour le rez-de-chaussée de la façade Est. Et il me dit que son plan de celle prévue pour le mur entre la chapelle et le manoir n'est pas prêt mais qu'il y réfléchit toujours. Je conclus donc qu'il ne faut pas être pressé, ni même espérer qu'il respecte les calendriers qu'il avait lui-même établis de longue date et confirmés partiellement il y a à peine six semaines.

Pour terminer ce tour d'horizon, Roland BOUSSIN m'a enfin rappelé. Son devis pour le fournil de la ferme n'est toujours pas prêt. Je l'ai donc prévenu qu'il devrait me parvenir avant sa facture pour le solde de son travail sur la charretterie. En fait, Roland BOUSSIN voulait me parler de la poutre du rez-de-chaussée du colombier, celle qui a été attaquée par la mérule, comme relaté ici les 6 et 12 juillet derniers, et que l'expert HUMIDITEC a énergiquement soignée le 23 août en imbibant de fongicides l'extrêmité atteinte et les murs avoisinants. Roland viendra la semaine prochaine à la Chaslerie constater l'état de cette poutre et préparer sa préconisation. Je pense qu'il sera inutile de changer la poutre ni même de la translater pour compenser la perte d'une partie d'un de ses extrêmités. En raison de la relativement faible hauteur sous poutre et par souci esthétique, j'exclus l'ajout d'un corbeau. En revanche, il sera sans doute nécessaire de renforcer l'extrêmité en cause d'une greffe de résine. La question sera vraisemblablement de savoir s'il y a lieu ou non d'ouvrir le plancher de la pièce du 1er étage pour accéder au dessus de la poutre.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 12 Septembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Géologie
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Je commence à étudier la géologie du Domfrontais, à travers un article de vulgarisation du parc naturel régional Normandie-Maine (paru dans le numéro de février dernier de leur revue) et surtout, à travers les plans du bureau de la recherche géologique et minière (B.R.G.M.) à l'échelle de 1/50 000 que je me suis procurés.

Mon idée est de mieux comprendre la localisation possible des anciens bâtiments en ruine où je pourrais approvisionner en pierres le chantier de la Chaslerie. En effet, l'exploitation de toutes les carrières du secteur a cessé depuis quelques décennies sauf, parfois, à usage de gravières.

Je rendrai compte ici de ce que je comprendrai dans cette littérature d'aspect aride.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 13 Septembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Géologie
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Sur la géologie, il y a Géoportail, un site du B.R.G.M. qui diffuse leurs cartes géologiques, mais je n'en trouve pas la légende en ligne.

Ce site permet toutefois, en changeant d'échelle, de voir l'importance de la faille qui se situe en contrebas de la D22, c'est-à-dire non loin de la Chaslerie.

Il va donc falloir que je me plonge dans la lecture de la "notice explicative de la feuille Flers-de-l'Orne à 1/50 000" pour essayer de comprendre de quoi il retourne...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 14 Septembre 2010
Désultoirement vôtre ! - Géologie
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Donc voilà, c'est le premier enseignement de cette recherche géologique, il y a une faille significative non loin à l'Ouest de la Chaslerie, courant du village de Beauchêne au Mont Margantin et dessinant une partie de la vallée de l'Egrenne puis bifurquant vers Notre-Dame-sur l'Eau, le manoir de la Raterie et l'emplacement de l'ancien manoir de Chaponnais, en contrebas de Domfront. C'est pour cette raison que la Mangeantière voisine de la Chaslerie domine le couchant. C'est aussi pourquoi la commune ici s'appelle La Haute Chapelle et surplombe des marécages.

Une deuxième faille, moins importante, passe à 1 km au Nord-Est du manoir. C'est elle qui explique que, du Rocher voisin, on aperçoive la Chaslerie en contrebas, une jolie promenade d'ailleurs.

Une troisième faille, encore plus modeste semble-t-il, passe apparemment sous la Chaslerie-même.

Resterait à savoir la fréquence des mouvements de terrains dans le secteur. Au château de Lignou, distant de 25 km, Bernard de VAUCELLES m'avait dit se souvenir d'un tremblement de terre dans son enfance. Il faudrait le réinterroger à l'occasion.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mercredi 15 Septembre 2010
Désultoirement vôtre !
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Patrice CAHART vient de me faire parvenir son roman, "Le maître des fontaines" (1978, Denoël), avec la dédicace suivante : "Pour Pierre-Paul et Carole, cette aventure spirituelle dans un Orient qui se détourne de nous, Avec mon amitié fidèle, Nicolas Saudray".

Au milieu de la nuit, je suis plongé dans sa lecture. C'est captivant...

Je viens d'appeler Roland BOUSSIN et lui ai demandé : "Diagnostic, Docteur ?"

La poutre atteinte par la mérule, photo prise juste avant le traitement du 23 août 2010 par HUMIDITEC (on voit la partie atteinte, à gauche de la poutre, dans le mur dont le parement intérieur avait été préalablement démonté).

Pour la poutre du rez-de-chaussée du colombier, il recommande de la translater légèrement en la complétant marginalement (à l'intérieur de la maçonnerie) par de la résine.

La poutre atteinte par la mérule, photo prise juste après le traitement (la partie de la poutre atteinte a été enlevée ; en outre la poutre et le mur ont été imbibés de fongicides introduits par les petits trous visibles notamment sur la poutre).

Il me fait observer que les solives de cette pièce, rectangulaires, ne sont pas très anciennes et que l'aspect de ce plafond serait plus beau si on les remplaçait pas des solives carrées. Cela nécessiterait de démolir le plancher de béton dont mes prédécesseurs avaient affublé le sol de la chambre du 1er étage du colombier.

Je donne mon accord. Cela réduira encore la trace de ces prédécesseurs à la Chaslerie.

A la réflexion, je me dis qu'on pourrait profiter de ces travaux pour donner un peu de hauteur sous plafond à ce rez-de-chaussée. Bien entendu, cela réduirait d'autant le 1er étage. Il faudrait voir si la hauteur des fenêtres du 1er par rapport au plancher le permet. Et bien sûr, cela condamnerait, dans sa forme actuelle, l'escalier intérieur de "l'aile de la belle-mère". De toutes façons, cet escalier, mis en place par mes prédécesseurs dans les années 1950, m'a toujours paru complètement raté, inutilement biscornu et fondamentalement moche. Donc j'aurais plaisir à lui faire rejoindre son homologue du bâtiment Nord, commandé par les mêmes. C'est-à-dire à la poubelle.

Bien entendu, ne nous leurrons pas, la "logique du chantier" imposerait alors de décider le devenir du système de chauffage de cette aile, ainsi que la répartition des salles d'eau. Autant dire que c'est la restauration de toute l'"aile de la belle-mère" qui serait alors lancée.

Il me faudrait donc décider rapidement si je ne préfère pas laisser ce travail à mes successeurs. Choix délicat. A suivre...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 18 Septembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Ferronnerie - Logis - Ferme et son fournil - Météo - Désultoirement vôtre !
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Au cours de la semaine qui vient de s'écouler, Pascal a démonté le haut du puits

Le 13 septembre 2010, Pascal a dû démonter le haut du puits sous la pluie.

Il l'a ensuite remonté en lui redonnant une forme approchant de ce que je souhaitais. Il a veillé à placer une pierre de belles dimensions au sommet du cylindre intérieur du puits :

Mardi 14 septembre 2010, une très belle pierre a été placée au sommet du puits.

Il a également rejointoyé l'intérieur de cet édicule, utilisant ainsi pour la première fois l'échelle de 8 mètres dont j'ai dernièrement dû faire l'acquisition :

Mercredi 15 septembre 2010, Pascal a rejointoyé le parement intérieur du puits de la ferme.

Je regrette cependant que la transition entre la partie cylindrique extérieure du puits et la construction supérieure ne soit pas plus douce ; cela ressemble trop, à mon goût, à un cône placé sur un cylindre ; j'aurais préféré quelque chose de plus progressif, de plus enrobé :

Vendredi 17 septembre 2010, il faut encore choisir la pierre qui couronnera le puits.

Deuxièmement, je constate que Pascal a utilisé des granites trop petits au sommet des chambranles du puits, juste au-dessous du linteau. J'espère donc que la porte que je devrai refaire installer là (et dont je compte confier la réalisation, ainsi que celle de la manivelle, à Roland FORNARI) permettra de dissimuler cette faiblesse.

Enfin, tout bien réfléchi, je ne crois pas, en l'état du chantier, opportun de couronner notre puits d'une pierre pointue comme chez les VINCENT. Sinon, la raideur de la réalisation serait encore accentuée. Je vais donc demander à Pascal de trouver une pierre qui arrondisse plutôt le sommet.

Pour le reste, le travail est bien fait. Le puits de la ferme pourra de nouveau veiller, comme une sentinelle dans sa guérite, sur la tranquillité de la Chaslerie. Sa forme nous redeviendra familière et l'on oubliera vite la période où il avait été arasé. Touche par touche, nous arrivons ainsi à panser les plaies de la Chaslerie et c'est une vraie joie.

Samedi 18 septembre 2010, vue du puits de la ferme entre la ferme (à droite) et son fournil (à gauche).

Au cours des derniers jours, Claude MARTIN est revenu donner un coup de main à Pascal pour rejointoyer les murs du fournil de la ferme :

Mardi 14 septembre 2010, Claude rejointoye un mur intérieur du fournil de la ferme.

C'est très agréable pour moi de voir l'attachement de Claude à ce chantier et de noter aussi que Maxime conserve un bon souvenir de nous.

Par ailleurs, l'équipe de Roland FORNARI a placé deux des grilles commandées, en l'occurence au rez-de-chaussée de la tour Nord-Est :

Vendredi 17 septembre 2010, les compagnons de Roland FORNARI fixent une grille sur la tour Nord-Est du logis.

Là non plus, la réalisation ne correspond pas tout à fait à ma commande. Je souhaitais en effet des grilles qui forment protubérance par rapport à l'enveloppe extérieur de la tour, en vérité de manière à diminuer les risques d'une trop abondante récolte de fientes de pigeon sur les carreaux des fenêtres :

On voit la différence entre la nouvelle grille et celle, située juste au-dessus, qui a déjà eu le temps de rouiller.

Mais les nouvelles grilles laissent un jour disgracieux, selon moi, entre le mur et le métal :

Un défaut, selon moi, auquel il faudra vite remédier.

Comme Roland FORNARI m'a dit qu'il passerait ici dimanche après-midi à l'occasion des Journées du Patrimoine, je lui demanderai de rectifier.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 18 Septembre 2010
Vie de l'association - Animation, fêtes, visites - Météo - Désultoirement vôtre !
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Le ciel était pur et l'on entendait le silence. J'étais en train de retailler au sécateur les charmilles qui bordent la départementale quand un véhicule Espace, immatriculé dans le Calvados, s'est arrêté à ma hauteur, un couple à bord.

Elle, par la fenêtre : "Pardon, Monsieur, nous cherchons le manoir de la Chaslerie."

Lui, au volant, derrière son épouse : "Oui, nous n'arrêtons pas de parcourir cette route dans tous les sens et nous ne le trouvons pas."

Moi : "Bonjour, vous y êtes, c'est ici !".

Lui, apercevant le toît de tuiles de la ferme par-dessus mon épaule : "Non, les toitures sont en ardoise..."

Moi, amusé : "Oui, mais c'est quand même ici..."

Lui, vraiment pas convaincu : "Non, les bâtiments étaient recouverts d'ardoise... Et c'était grandiose !"

Moi, tout sourire : "Mais c'est bien ici, vous y êtes, en contrebas, sur votre droite...".

Ce visiteur ô combien déterminé à retrouver "sa" Chaslerie était un "Ecureuil du bocage". Il avait fait partie du peloton des vététistes d'il y a moins d'un mois, engagé pour une randonnée de plus de 80 km. Il tenait à montrer à son épouse ce manoir qui l'avait tant impressionné ce jour-là mais qu'il n'avait guère aperçu qu'en descendant l'allée principale puis en parcourant le Pournouët.

Quand ils sont repartis, après avoir visité la chapelle et fait le tour des bâtiments, je les ai encouragés à laisser un message sur le Livre d'Or. Aurai-je été entendu ?

P.S. : A ma dernière question, la réponse est non. On a l'habitude...