Désultoirement vôtre !

Le fermier qui a creusé récemment des ornières en haut de l'allée historique est venu s'excuser ce matin. Il m'a dit qu'il avait pris bonne note de la protection de cette allée et du fait qu'il avait roulé par erreur sur mes terres. Il a promis de boucher les ornières.

L'incident est donc clos.

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : vendredi 9 mars 2018 09:59
À : anne.chevillon@culture.gouv.fr
Objet : Chaslerie - Allée ISMH - Incident récent avec un agriculteur

Chère Madame,

Pour info : https://www.chaslerie.fr/blog/message/43791

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)
Je viens enfin de terminer de passer en revue tous les messages de l'onglet "Journal du chantier/Architecte-M.O." afin de rassembler ma documentation avant de rédiger ma note de synthèse sur les travaux à venir, destinée à m'aider à recruter un nouvel architecte du patrimoine.

Combien de temps ai-je passé à ce travail de préparation ?

La réponse est ici :

- La première session commence le 6/3/18 à 2 h. J'arrête à 3 h, il me reste 940 des 968 messages à écluser.
- Puisque je n'arrive pas à fermer l’œil, autant m'y remettre. Il est 5 h 20, j'en étais resté au 9 février 2011.
- 6 h 40, les yeux me picotent. Il reste 880 messages à traiter, j'ai donc à peine fait 9 % du boulot en 2 h 20, donc il me faudra de l'ordre de 26 h de travail pour venir à bout de la simple préparation de ma copie destinée à l'architecte... J'en suis rendu au 28 juin 2012.
- 8 h : nouvelle session.
- 8 h 45 : break. J'en suis rendu à la page 42 de la tour et au 3 février 2013. Donc encore 840 messages à lire (j'ai donc dépassé la centaine de messages lus).
- 10 h 45 : reprise.
- 11 h 45 : break. J'en suis à la page 37 de la tour et au 17 février 2014. Encore 740 messages à lire.
- 17 h : je reprends.
- 18 h 50 : break. J'en suis à la page 30 de la tour et au 25 juin 2014. Il reste 600 messages à lire. Donc en 6 heures de travail, j'ai passé en revue 368 messages. Donc mon rythme est de 1 message par minute. Donc il me reste encore 10 heures de boulot.
- reprise le 7/3/18 à 3 h 20. Je suis obligé d'introduire des têtes de paragraphes dans la tour, sinon je ne verrai plus rien dans le code.
- 4 h 20, je n'avance pas, il vaut mieux que je me recouche.
- reprise le 8/3/18 à 9 h 20.
- 11 h, break. Il reste 520 messages à écluser. J'en suis arrivé au 17 mars 2015.
- 18 h 10, je reprends.
- 19 h 50, je suspends. Il reste moins de 400 messages à passer en revue.
- reprise le 8/3/18 à 3 h 30.
- 5 h 10, suspension, il reste 300 messages à lire.
- 9 h 20, reprise.
- 10 h 30, break, il reste 260 messages à lire, postérieurs au 9 janvier 2017. On va y arriver !
- 16 h 30, reprise.
- 17 h 30, break, il ne reste plus que 200 messages. J'en suis rendu au 6 janvier 2018.
- reprise le 9/3/18 à 4 h 15.
- 6 h, break. Il ne me reste plus que 100 messages à traiter, je suis arrivé au 12 février 2018.
- 9 h 50, reprise.
- 11 h 05, terminé, enfin !

Donc un peu plus de 17 h. Je pense qu'il ne serait pas inutile que je mette un peu plus d'ordre dans ce fatras. Mais je vais d'abord reprendre des forces.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 10 mars 2018
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Vu, en cette fin d'après-midi au ciné de Mayenne, "La forme de l'eau" de Guillermo del TORO.

Ce film vient de remporter 4 Oscars, dont celui du meilleur film. Certes, ce n'est pas mauvais mais il n'y a pas là de quoi s'accrocher aux lustres. La production d'Hollywood cette année doit donc être assez médiocre.

P.S. (au lendemain matin) : J'ai essayé de comprendre les raisons qui ont valu à ce film ces Oscars, dans l'atmosphère délétère post-Weinstein que la bien-pensance à l’œuvre voudrait nous imposer.

En réalité, il s'agit selon moi d'un film à prétentions féministes, comme en témoignent les deux scènes de masturbation féminine du début du spectacle. Ce film pose en réalité une question ô combien fondamentale par les temps qui courent : une femme, au grand cœur comme ne manquent pas de l'être les deux femmes du film (en plus, l'une est noire, ce qui est très bon pour le public afro-américain), peut-elle aimer un être aussi différent d'elle que celui dont le corps est gluant, couvert d'écailles qui se détachent et de nageoires qui se hérissent dans certains cas de figure, pourvu d'ongles proéminents et de mâchoires carnassières (pour mieux défigurer ses victimes), aussi muet qu'une carpe (comme l'héroïne d'ailleurs, ce qui lui évite au demeurant de dire des âneries), qui a besoin de tremper dans une eau glauque et saumâtre pour survivre et qui, de surcroît, détail surabondamment montré tout au long du film, est dépourvu de pénis ? La réponse est OUI, rassurez-vous Messieurs, dès lors que, comme il est démontré en fin de film, ledit batracien géant est en réalité un Dieu comme vous n'avez plus qu'à l'être, si du moins vous n'envisagez pas de tourner pd...

Voici donc un film bien calibré en termes de marketing car fait pour plaire aux frustrées qui aspirent à nous régenter : elles se lèvent en hardes sauvages et paraissent désormais si nombreuses que ça devrait marcher !

Entre la débilité d'un Dany BOON qui draine les foules d'un côté, et cette bien-pensance putride portée au pinacle de l'autre, oui, je vous le dis, on est plutôt mal barrés. Et le mal se répand si le mâle recule, ne serait-ce que par dégoût... Bien triste époque, assurément !
Dans mes efforts pour essayer de comprendre le sous-sol de notre manoir favori, j'ai reçu de Roger GRIPPON le conseil d'aller interroger M. André BRARD, agriculteur basé à Saint-Bômer-les-Forges, aux Vallées Le Coq, c'est-à-dire à 3 km à vol d'oiseau à l'Est de notre manoir favori.


M. BRARD m'a expliqué qu'il y a une vingtaine d'années, le Service Hydrologique de l'Orne avait procédé à deux forages sur ses terres en vue de trouver un approvisionnement pour la desserte en eau des populations environnantes. L'un des forages, à 80 m de profondeur entre la Bissonnière et la Planche, n'avait rien donné. L'autre non plus jusqu'à 78 m de profondeur mais l'eau y avait été trouvée à - 80 m et le forage avait été poursuivi jusqu'à - 100 m. Néanmoins, le débit de 40 m3/h avait été considéré comme insuffisant pour l'usage envisagé. Des terrains friables avaient été traversés, dont du schiste, de sorte qu'une fois le trépan retiré, le trou s'était rebouché tout seul.


A quelque temps de là, M. BRARD avait repris le forage à son compte puisque l'eau se trouvait à 130 m de dénivelé sous sa maison. Il avait alors eu recours à une entreprise de Loire-Atlantique, qui, au fur et à mesure de la descente de son engin, avait disposé un tube de PVC de 140 mm de diamètre, par empilement de sections de même longueur que les sections du tube métallique de forage, soit de l'ordre de 5 m chacune, ceci pour prévenir l'effondrement des matériaux traversés. L'eau avait jailli en surface, en puits artésien, mais elle était ferrugineuse. Donc un "défériseur" avait dû être installé, de même que, finalement, une pompe de 12, 5 CV quelque part dans le trou.

Après quoi, puisque Roger GRIPPON m'avait indiqué que M. BRARD est un agriculteur d'élite, j'ai souhaité qu'il me montre l'usine de production de méthane qu'il est en train de construire et qui traitera le fumier de ses bêtes (bovins et cochons, les cochons suivant un régime alimentaire particulier, sans O.G.M. mais avec ajout d'oméga 3, ceci afin d'obtenir les meilleures rillettes du Mans) :

10 mars 2018.

10 mars 2018.

10 mars 2018.

J'ai été impressionné par la taille de l'investissement en cours (en haut à gauche de la photo suivante dont on sait qu'elle a 20 mois) :

10 mars 2018.

Qu'on en juge : il y a là deux cuves de béton de 15 mètres de diamètre et 6 m de hauteur chacune, dites "dégusteurs", comportant, dans la masse du béton, un dispositif de chauffage du fumier pour obtenir une meilleure fermentation des matières et une troisième cuve, pour le stockage des jus avant qu'ils ne soient répandus en guise d'engrais sur l'exploitation, de 35 mètres de diamètre et de 8 m de hauteur (le chien ne donne pas l'échelle) :

10 mars 2018.

Comme il n'existe pas de canalisation pour emporter le méthane produit vers ses consommateurs extérieurs, il est transformé sur place en électricité, celle-ci empruntant alors des fils électriques. Un local neuf abrite notamment un volume cadenassé dédié à Edf. Cette 4ème citerne, d'environ 4 mètres de profondeur, sera remplie d'eau et les pompiers pourront y puiser :

10 mars 2018.

M. BRARD m'explique que cette usine sera rentable pour lui alors que le montant de l'investissement qu'il me laisse entendre correspond au prix de plusieurs monuments historiques en bon état du secteur.

Mme BRARD m'a très aimablement offert le café. Puis, au cours de notre promenade à proximité de ses cuves, pendant laquelle j'ai pris les photos précédentes, M. BRARD m'a présenté ses deux fils qui lui ont succédé dans cette très remarquable exploitation que lui-même avait débutée avec 8 ha et 20 vaches. Assurément la plus remarquable exploitation qu'il m'ait été donné de voir dans le secteur à ce jour.

Sur les cinq petits-enfants de M. et Mme BRARD, il y en a, paraît-il, trois qui expriment d'ores et déjà l'intention de poursuivre sur les voies tracées par leurs parents, une perspective qui ne saurait, on l'imagine, me laisser indifférent, moi qui ai totalement échoué en ce domaine.

Je suis reparti admiratif devant tant de travail, d'efforts réfléchis et de succès dans l’œuvre d'une vie, ainsi que de gentillesse et de bienveillance dans l'accueil.

J'oubliais de signaler que les BRARD vont prochainement ouvrir sur leurs terres, de l'autre côté de la butte qui borde leur horizon au Sud, donc tournée vers le soleil, une unité de production photo-voltaïque d'électricité. Tout cela est vraiment très impressionnant.

P.S. : Je ne trouve pas trace, sur internet, d'un Service Hydrologique de l'Orne mais ceci et cela que je vais devoir étudier.
L'ouvrage de la DREAL sur l'hydrologie de la Basse-Normandie est un étouffe-chrétien de plus de 500 pages :

Plutôt que de le lire, j'en mets en ligne quelques images qui, à première vue, me semblent intéressantes (le numéro de la page est indiqué en fin de nom de la photo, tel que ce dernier apparaît en bas à gauche de l'écran quand on passe la souris sur une image).

Regardons d'abord, la conclusion...

... puis le glossaire :

Manque de pot, le secteur de notre manoir favori n'est pas traité en détail sur ce document bas-normand (il faudra aller voir le site de la DREAL des Pays de la Loire) :

Je note cependant une tendance à l'assèchement de la Varenne voisine :

Pour le reste, laissons-nous porter par les images, dans l'ordre où elles apparaissent dans le bouquin :

Ici, nous sommes donc dans une zone de "mesures ponctuelles".

Donc ici un bon mètre de flotte par an (ou peu s'en faut)...

Pas limpide cette carte mais, en se repérant grâce aux deux cluses que l'on sait, on voit qu'on est ici sur le Massif Armoricain (roches sédimentaires et roches métamorphiques, les roches magmatiques n'étant pas loin).

Ici, je dis chapeau à celui qui arrive à lire quelque chose sur cette carte. La situation a l'air passablement complexe dans le secteur de notre manoir favori. Il semble toutefois qu'il y ait par ici une bande de terrain Est-Ouest de nature hydromorphe. Mais il y a surtout des "sols bruns acides".

Sur la carte précédente, entre le Domfrontais et les Alpes Mancelles, on reconnaît notamment la cluse de l'Egrenne (très nette), la cluse de la Varenne et le Mont Margantin.

On reconnaît la cluse de la Varenne. La Chaslerie est à son Nord-Ouest, sur la hauteur Domfront-Avranches (par Mortain), en limite de "région à réseau hydrographique divergent", près de la ligne de partage des eaux vers la Loire.

On se trouve très près du "marais de la faille de la Varenne" (cf la Saucerie ou Saint-Gilles-des-Marais).

Ici, on est au cœur de notre sujet. Il serait sans doute utile que je contacte Jean-Michel CADOR, l'auteur de ce dessin.

Grosse différence de débit des cours d'eau entre l'hiver et l'été par ici, de l'ordre de 1 à 10.

"Coefficient de ruissellement" de l'ordre de 30 % par ici.

Il me semble qu'on n'est pas loin ici d'un "aquifère d'intérêt supra-régional" mais on doit le louper de 2 ou 3 km et se trouver dans un "aquifère d'intérêt local", sur le "socle sédimentaire de l'Armorique".

Bref, tout cela gagnerait à être sérieusement précisé. En attendant de rencontrer Christian ENOUF, le co-auteur de la carte géologique locale, il faudrait peut-être que j'arrive à me faire expliquer les choses par Jean-Michel CADOR.
Toujours sur les conseils de Roger GRIPPON, j'ai rendu visite ce matin à mon voisin, M. TOUTAIN père, à 1,2 km à vol d'oiseau au NNO de notre manoir favori :

Il y a deux ou trois ans, M. TOUTAIN a chargé l'entreprise MANGOT de Magny-le-Désert de lui forer un puits à un endroit qu'il lui a désigné derrière sa maison. Ce premier forage n'a rien donné.

L'entreprise MANGOT a proposé un second forage à un endroit qu'elle a choisi, au pied d'une butte, devant la maison.

Ce second forage a eu 50 m de profondeur. Les 20 premiers mètres ont trouvé de l'argile, puis est sorti le schiste, d'abord marron puis noir. L'eau a été trouvée à - 30 m dans du schiste noirci par l'humidité. L'eau était d'abord ferrugineuse, mais, en-dessous, tout à fait limpide et parfaitement potable bien qu'un peu calcaire. L'installation fonctionne à la satisfaction de la famille TOUTAIN.
Le site de l'entreprise de forage MANGOT fait état d'un crédit d'impôt prévu par l'article 200 du c.g.i.. Mais, en première lecture et si je ne me trompe pas, on dirait que ce régime n'a plus cours depuis le début de 2017.

En tout état de cause, je suppose que ce régime doublonne (ou doublonnait) largement avec le régime fiscal des monuments historiques. Il était toutefois question là de crédit d'impôt, ce qui est plus favorable qu'une déduction de type monument historique.

Il va donc falloir que je me fasse expliquer cette usine à gaz.

P.S. : Sur la première question, j'ai trouvé que le dispositif a été reconduit mais recentré. Tu parles d'un bazar, il va falloir que je m'habitue à tout ce jargon ! Je note que, pour bénéficier du crédit d'impôt, il faut que le logement soit une résidence principale ; le crédit d'impôt est de 30 % maximum et ne concerne les dépenses éligibles que dans la limite de 8 000 € pour une personne seule et du double pour un couple. Autrement dit, beaucoup d'emmerdements administraaaâââtifs en contrepartie d'un avantage réduit.

Sur la seconde question, propre aux M.H., il n'y a pas photo, les dépenses relatives à l'installation d'un chauffage central, les travaux d'électricité et de plomberie, etc, sont bien déductibles.

Donc il me reste à voir à ce stade s'il n'existe pas de bonnes raisons d'obliger Carole ou moi à déclarer sa résidence principale à la Chaslerie. A première vue, cela n'aurait guère d'effet que sur les 2 400 € de crédit d'impôt ci-dessus (au plus) ainsi qu'en matière d'impôts locaux (étant entendu qu'après sa promesse démagogique d'exonérer de taxe d'habitation les foules, le Jupiter en charge va bien finir par nous présenter la douloureuse, sous forme de nouvel impôt destiné à compenser la perte de recettes fiscales pour les collectivités locales).