Désultoirement vôtre !

Jean-François VIEL, paléographie
rédigé le mercredi 11 octobre 2017
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Nous avons ici un bel exemple de cette écriture cursive propre aux XVIe et XVIIe siècles, dont je suis si friand.

Ce texte est extrait de la rubrique « tiltres, pappiers et aultres enseignemens » d'un inventaire de 1583, dressé après le décès d'un marchand bourgeois de Paris (1) ; il mentionne et décrit un contrat d'échange de 1573 se trouvant dans les papiers du défunt. Avec ses nombreuses abréviations et ses mots « suggérés », cette écriture peut paraître à première vue hermétique ; il n’en est toutefois rien, le contexte et une bonne connaissance des abréviations et des formules notariales permettent en effet d'en venir à bout. En voici la transcription :

« Item unes aultres lectres dudict Chastellet signées Delafons
et Perier, dactées du premier jour de septembre mil
Vc LXXIII, contenant l’eschange faict entre Jehan Vernon,
Guillaume Vernon, Jehan Delacourt et Jehanne Vernon, sa femme,
d’une part, et ledict deffunct Estienne Gestard, d’aultre. Et
par icelluy apert lesdictz Vernon avoir baillé audict Gestard
une maison ainsy qu’elle se comporte, assise à Paris,
rue St Victor, où est pour enseigne la Corne de cerf,
à l’encontre de quatre vingtz trois livres six solz huict
deniers tournoiz de rente que ledict Gestard auroit baillé en
contre eschange audict Vernon, le tout selon et ainsy qu’il
est plus amplement contenu et declaré esdictes lectres, inventorié
pour seconde fois...........................................IIII. »

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(1) Archives nationales, Minutier central, ET/XI/72, inventaire après décès d’Etienne Gestard, marchand bourgeois de Paris, 28 février 1583.

Lettrine apparaissant sur l'expédition sur vélin d'un acte notarié rouennais de 1728. Logo et collection personnelle de Jean-François VIEL.

N.D.L.R. : Contemporain de la Chaslerie.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 12 octobre 2017
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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Voici revenue la joyeuse époque du paiement des impôts locaux.

Pour Pontorson, les taxes foncières dont je dois m'acquitter représentent nettement plus d'un mois de loyer, les taxes d'habitation étant à la charge des locataires, de sorte qu'ils n'en paieront plus dans un proche avenir, du fait de la mesure électoraliste que l'on sait.

Pour notre manoir favori :
- la taxe d'habitation est de l'ordre de 120 €/an/m2 habitable, ce qui paraît un peu fort de café, d'autant que la mesure démagogique en question ne m'est pas applicable puisque mon revenu fiscal de référence a augmenté dès lors que je n'ai plus eu les moyens de financer autant de travaux, ce qui est un comble ;
- je ne suis pas sûr que les taxes foncières sur les terres, qui me sont réclamées et qui sont également croquignolettes, reflètent le moins du monde la réalité des affectations en cause. En effet, depuis ma campagne de boisement de terres agricoles de 1999, je devrais être exonéré de pas mal de ces taxes. Pourtant, lors de ma visite récente au service foncier du Trésor Public de Domfront, on m'a communiqué les matrices cadastrales qui me sont applicables...

... où je peine à retrouver la réalité du terrain. D'après les indications qui m'ont été données (notées en rouge par la guichetière), quasiment toutes mes terres seraient considérées par le fisc comme des "terres agricoles" et non comme des "bois". N'importe quoi !

Encore un beau "bordel" (comme dit le Jupiter en charge) qu'il va me falloir démêler si je tiens pas à être tondu au-delà du raisonnable. Tout donne en effet à penser qu'entre le fisc qui est censé tenir à jour ces matrices cadastrales et la D.D.A. qui avait subventionné mes plantations en faisant miroiter des avantages fiscaux, on ne se parle pas...
François MICLO
rédigé le jeudi 12 octobre 2017
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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Des dizaines de millions de Français n'ont pas payé leurs cotisations à la Caisse nationale des barreaux depuis des décennies. Pourquoi s'acharner sur Raqel Garrido ?
Jean-Pierre ARBON
rédigé le samedi 14 octobre 2017
Désultoirement vôtre ! - Références culturelles
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Gloria et mousmé
Publié le 13 octobre 2017

​Je viens de faire, grâce à un service d’écoute en ligne, la découverte de la messe en mi bémol majeur de Schubert. Son Gloria est étonnant : chaque verset en est écrit sur des notes longues, sauf les deux dernières syllabes, mus-te, très brèves, dont la répétition (Lau — dá — mus te, be — ne — dí — ci — mus te, a — do — rá — muste, glo — ri — fi — cá — muste) m’a rapidement donné l’impression qu’un mot nouveau était apparu, muste donc, ou “mousté”.

Et voyez comme je suis facile à distraire : à peine formé, voici que ce mousté se détache de l’œuvre et envahit ma pensée. Il se transforme, s’altère, mousse-thé, moucheté, mousmé, et m’emporte par sa sonorité vers des rêveries japonisantes, raffinées et sensuelles, qui, quand on le rapporte ainsi, paraissent bien loin de la prière, mais qui peut-être chantaient encore sans le savoir la gloire de Dieu.

N.D.L.R. : C'est sans doute ce qui s'appelle prendre la vie du bon côté.
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Le curé qui cherchait la clef

Après l'agitation de la décennie précédente, le bourg d'Aucun semble maintenant renouer avec une vie plus paisible. Le Concordat de 1801, signé par Joseph Bonaparte et ratifié par le Pape, a pacifié les relations entre l'Eglise et l'Etat, en apparence tout au moins.

En novembre 1803, l'une des premières tâches du nouveau maire, Joseph Nadalle(1), consiste à évaluer les dépenses nécessaires à l'exercice du culte : rachat du presbytère, réparations diverses dans l'église et dans la maison du curé, achat de mobilier, location d'un logement pour le vicaire de Labat. Le tout est estimé à 636 francs pour l'église Saint-Félix et à 120 francs pour l'église du quartier de Labat, éloignée du centre du bourg.

La prise de possession de l'église

Le dimanche 29 janvier 1804, c'est donc l'installation du nouveau curé, désigné, semble-t-il, par l'évêque de Bayonne. François Serez prend officiellement possession de sa paroisse et la cérémonie se déroule avec une certaine solennité.

Eglise d'Aucun, collection personnelle.

Après la lecture "à haute et intelligible voix de son institution canonique" et la prestation de serment de fidélité au gouvernement prévue par le Concordat, François Serez est conduit dans le chœur. Il s'incline devant l'autel et devant les Evangiles, ouvre le tabernacle et bénit les paroissiens assemblés avec le ciboire(2).

Il est ensuite conduit aux fonts baptismaux, de là au confessionnal où il s'assoit un instant, puis vers la cloche qu'il fait "tinter", enfin vers la chaire où il s'assied pour parler au peuple.

Outre le paraphe du nouveau curé, le procès-verbal est signé par Bernard Prat, le prêtre qui l'a assisté, le maire Joseph Nadalle, ainsi que plusieurs notables dont les noms sont régulièrement apparus dans les actes municipaux de la décennie écoulée. Parmi eux, je reconnais la signature de mon ancêtre Alexis Fourcade.

L'affaire des confessions

Mais des tensions ne tardent pas à apparaître dans le bourg d'Aucun. Dès la mi-mars 1804, soit un mois et demi à peine après son installation, le nouveau curé est convoqué devant le maire et son conseil.

De quoi s'agit-il ? Il sème le trouble et l'inquiétude parmi ses paroissiens en leur affirmant que les confessions des douze dernières années sont à refaire ! Et pourquoi donc ? Eh bien, parce qu'elles ont été entendues par des prêtres jureurs et que, ces derniers ayant été condamnés par le pape, le sacrement de pénitence dispensé par eux n'est pas valable…

François Serez campe sur ses positions. Devant son opiniâtreté, le maire décide d'adresser une pétition à qui de droit.

Un jeu de cache-cache

L'affaire dégénère bientôt. Le 8 avril suivant, jour de Quasimodo(3), pas de curé à la messe dominicale de 10 heures, et pas davantage de prêtre pour célébrer les vêpres ! Même constat, le dimanche suivant 15 avril.

Le 10 mai, jeudi de l'Ascension, c'est au tour du curé de se plaindre. Il se rend chez le sieur Casajoux, adjoint du maire : impossible de mettre la main sur la clef qui ouvre la porte de l'église ! L'adjoint ne l'a pas et le sacristain non plus. Mais ce dernier précise que le maire est passé la retirer la veille…

Bref, c'est la guerre entre le maire et le curé. Cela ne vous rappelle rien ?

Le registre des actes communaux reste muet sur la fin de cette querelle, mais je ne puis m'empêcher d'imaginer les allées et venues d'un homme en noir, martelant le chemin entre l'église et la mairie d'un pas vindicatif, sa soutane virevoltant de part et d'autre de sa personne…


(1) En vertu de la Constitution de l'an VIII (13 décembre 1899), les maires et autres fonctionnaires publics sont choisis par l'Etat ou son représentant, le préfet, sur une liste de confiance résultant du vote des citoyens.

(2) Vase muni d'un couvercle, dans lequel sont placées les hosties consacrées.

(3) Il s'agit du premier dimanche après Pâques.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mardi 17 octobre 2017
Désultoirement vôtre ! - Nature (hors géologie) - Anecdotes
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4 heures du matin, alors que je monte à mon bureau, je découvre au pied de l'escalier un jeune hérisson. Première rencontre de ce type en 26 ans dans la cour de notre manoir favori. Petit curieux, par où es-tu entré ?

Le temps que j'aille chercher un appareil photo, il a déjà rebroussé chemin, franchi le plessis, trotté dans les fines herbes...

17 octobre 2017

... et s'apprête à traverser les muguets du fond de la cour :

17 octobre 2017