Désultoirement vôtre !

Cette journée, avant-hier, avec la "Demeure Historique", m'aura permis de découvrir de très beaux endroits. Il faudra d'ailleurs que je retourne me promener du côté de La Perrière, "petite cité de caractère" riche de l'attachement manifeste de ses habitants pour le patrimoine de leur commune.

Je me déclare particulièrement admiratif de tout ce que j'ai vu au manoir de Soisay. Il faudrait une plume bien mieux exercée que la mienne pour expliciter les sentiments que j'ai éprouvés lors de cette visite, d'autant que, dans une vie antérieure, j'avais rencontré le propriétaire des lieux, ce qui, pour moi, introduit des biais. Il y aurait en effet lieu de parler d'équilibres subtils, de sensibilités en phase, d'une austérité de grande élégance, de la beauté d'épures géométriques, d'ouverture sur un monde conceptuel et riche de vie personnelle, et d'un couple accordé et sachant rayonner à sa façon, calme et raffinée. Un exemple à méditer.

Pour ce qui concerne la relation entre un monument et son propriétaire, c'est à Blavou que je me suis le plus senti en terrain de connaissance. Comme la mienne, cette restauration avance un peu dans tous les sens, du moins pour les esprits superficiels (ou ceux qui n'ont qu'une vision administraaaâââtive de ces sujets), mais on ressent l'exigence des propriétaires (lui est un de mes "jeunes" camarades, réputé pour sa truculence et sa jovialité) et aussi leur énergie et leur bonheur partagés de s'adapter aux contraintes et découvertes de leur projet. Beaucoup d'éléments décoratifs riches et authentiques dans leur manoir, par ailleurs bien bousculé par le temps comme le mien, plus la chance de pouvoir et le talent de savoir s'appuyer sur leur prédécesseur, ce qui change beaucoup de choses ; à ces deux titres, un exercice très différent du mien et, à beaucoup d'égards, plus facile, du moins en apparence.

Plus généralement, je me suis, au cours de cette journée comme chaque fois qu'il m'est donné de les côtoyer, ressenti à beaucoup d'égards différent de la quasi-totalité (par choix, je laisse une ouverture) des participants à cette excursion. Contrairement à nombre d'entre eux, je n'ai pas hérité de mon monument ni ne chasse à courre (les chevaux ne m'ayant jamais aimé, et ce ne sont pas les seuls). Contrairement à la plupart d'entre eux, mon existence est, pour sa plus grande part, absorbée par des travaux qui, certes, me passionnent (faute de mieux) mais ont fini de m'user sans que j'aie jamais réussi à livrer un produit fini, ni même quelque chose qui s'en rapproche un tant soit peu. Contrairement à chacun d'entre eux, je demeure profondément marqué par une carrière professionnelle avortée et dont je n'aurai guère retiré qu'un ressentiment définitif à l'encontre de beaucoup de structures, de pratiques ou de personnalités dont eux ont dû savoir s'accommoder ainsi que divers indices forts en témoignent à mes yeux. Dans ce monde qui est le leur, je ne me sentirai plus jamais qu'un "back-bencher" ou, même, un "outsider".

Mais peu importe, la vie continue, à sa façon. Et Sisyphe de rouler son rocher, jusqu'à ce qu'il l'écrase s'il le faut :


Sur le fond des exposés auxquels nous avons assisté l'après-midi, je retiendrai l'envie, ou plutôt la nécessité, de mieux me documenter sur trois questions qui se posent à moi :
- comment organiser au mieux la transmission de mon monument, si la voie familiale est retenue, une perspective le long de laquelle je continue à naviguer à vue ; il y a là des contraintes fiscales à explorer, plus un état d'esprit à découvrir puisque je n'ai aucune pratique de ces questions, étant, en la matière, un "homme neuf" ;
- comment anticiper l'évolution de la fiscalité locale, qui va nécessairement exploser avec la faillite organisée de toutes les structures publiques correspondantes ; à ce sujet, les "demeures exceptionnelles" sont en risque évident mais c'est un sujet que j'ai, jusqu'ici, toujours fui tant je le trouve poussiéreux et peu ragoutant ;
- comment participer à la définition des nouvelles réglementaaaâââtions particulières qui pourraient changer la donne lors de la prochaine révision de règlements d'urbanisme, dès lors que la loi elle-même a mis en place de nouvelles usines à gaz en la matière, rendant sans doute obsolète mon peu de savoir sur ce sujet affriolant.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 5 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Anecdotes
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(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : dimanche 5 juillet 2020 10:26
À : info@normandie-antiquites.com <info@normandie-antiquites.com>
Objet : Chaslerie - Cheminée de Mebzon

Pierre-Paul Fourcade
La Chaslerie
61700 - Domfront-en-Poiraie

Je confirme avoir, depuis le 12/11/19, confié, par un mandat non exclusif à M. Jean LEMARIE, antiquaire à Notre-Dame-du-Touchet (50), la vente, pour un montant de 5 000 € net vendeur, d'une cheminée en granit du XIVè siècle issue du manoir de Mebzon à Sept-Forges (61).

PPF
06 12 96 01 34

(Fin de citation)
Claire FOURIER (via "Facebook")
rédigé le Mardi 7 Juillet 2020
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Le nouveau gouvernement. – Typiquement signé Macron. Seule la transgression passionne Macron. Il s’épanouit dans la transgression. Subvertir, pervertir donnent du sens à sa vie. Le reste l’ennuie. Ce n’est pas la politique qui le passionne, encore moins le destin de la France. – Le destin de la France, une vieille lune ! Que c’est fade ! Mais la transgression, quel piment ! Subvertir, voilà qui est jouissif... et si aisé à obtenir hélas. – En somme, la transgression, qui ne suppose que l’habileté, est une solution de facilité.
RACINES et PATRIMOINE de FRANCE (via "Facebook")
rédigé le Mardi 7 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Prononciation du français au 17ème siècle

Accompagné par Jean-Luc Perrot au clavecin (dans une allemande de Jean-Henry d'Anglebert), le comédien Jean-Luc Épallle déclame en prononciation restituée un texte de Charles Perrault :

"Tous les Siecles ont donné de grands Hommes, mais tous les siecles n'en ont pas esté également prodigues. Il semble que la Nature prenne plaisir de temps en temps à montrer sa puissance dans la richesse des talens qu'elle répand sur ceux qu'elle aime, & qu'ensuite elle s'arreste comme épuisée par la grandeur & par le nombre de ses profusions.

Quoyque ces momens ne soient pas reglez, on a remarqué néanmoins que cette humeur bienfaisante luy prend ordinairement lorsque le Ciel a resolu de donner à la Terre quelque grand Prince qui en doit faire l'ornement; car comme si elle se croyait obligée de parer l'entrée de ce Heros dans le monde, elle fait naître avant luy, ou avec luy, une foule d'Hommes d'un mérite extraordinaire pour le recevoir, & pour estre ou les instrumens de ses grandes Actions, ou les Ouvriers de sa magnificence, ou les Trompettes de sa gloire."

N.D.L.R. : Contemporain de la Chaslerie (ou presque).
Les Fans d' Audiard [C'est ici et pas ailleurs ] (via "Facebook")
rédigé le Mercredi 8 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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Quelle culture !


N.D.L.R. : Mais où allons-nous ?

Belle illustration de la politique à la com' que nous sert le Jupiter-de-mes-deux-sans-foi-ni-loi. Au moins, en voici une qui s'accroche, nous confirme qu'il n'y a pas d'âge pour les braves et saura agir au niveau de la fonction.

Une fois de plus, la transgression apparaît pour ce qu'elle est depuis le début de ce quinquennat : plus qu'une posture, une véritable imposture. Tout cela finira très mal.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 9 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Anecdotes
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Jean LEMARIE, ayant décidé de prendre bientôt sa retraite, est venu hier matin, avec trois compagnons, livrer ou rapporter les meubles qu'il gardait en dépôt pour moi dans ses hangars de Notre-Dame-du-Touchet. Ainsi, les deux grandes tables, celle de la salle-à-manger du logis et celle qui trônait précédemment au rez-de-chaussée du colombier. Mais aussi, entre autres, diverses armoires, plus des meubles achetés par Carole à sa famille (dont je n'ai jamais su, simple détail, ce qu'on va pouvoir faire). Et un nombre invraisemblable de cartons de B.D. appartenant à mon aîné qu'il ne serait pas absurde qu'il vienne récupérer, maintenant qu'il dispose d'une grande cave. Egalement un lot d'anciennes portes intérieures (Louis XV rustique peint, avec les ferronneries) du manoir des Brosses à Céaucé que m'avaient données Marie-Annick de SAINT-MELOIR. En revanche, il a oublié de me livrer les boiseries d'une tour du manoir de la Raterie à Domfront ; il paraît que ce sera pour septembre.

A dire vrai, à part les tables, je ne sais pas très bien où, ni même si, je vais pouvoir trouver l'usage de tout ce bazar.
Jean-Pierre ARBON
rédigé le Samedi 11 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Généalogie et sagas familiales
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Billet interrompu
Publié le 10 juillet 2020

© Dibujos.net


Quand il eut à peu près l’âge que j’ai aujourd’hui, mon grand-père affirma, de manière quelque peu théâtrale, que son existence était derrière lui. Et moi, du haut de mes dix ans, je m’étais étonné qu’il prenne la peine d’énoncer une telle évidence.

Cette affirmation s’appliquant désormais parfaitement à mon cas, je m’apprêtais à mon tour à écrire quelques phrases sur le sujet quand le gamin qui subsiste en moi a resurgi et persiflé : — ça se voit, tu sais, à quoi sert de le dire ?

Ce jeune imbécile m’a fait douter. Ma plume est demeurée en l’air. Par conséquent, pour l’heure, je n’en dirai pas plus.

N.D.L.R. : Sentiments connus.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 11 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Je viens de terminer la lecture d'un brulot que Carole avait dû acheter à l'"Intermarché" du coin. "Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde" de Philippe de VILLIERS est d'un style surchargé de références culturelles et témoigne du goût de M. le Vicomte pour les poses, mèche au vent, à la CHATEAUBRIAND. Cela part de la fameuse (?) rencontre au Puy du Fou où il a cru être entendu par le Jupiter-de-mes-deux-enfumeur-sans-foi-ni-loi et se développe en une judicieuse mise en cause du confinement et de ses organisateurs, pour terminer sur une exaltation de la France conçue comme un "roman d'amour" (titre, je suppose, du prochain opuscule d'une déjà longue série).

Rigolo de voir qu'il s'est senti personnellement floué par le caméléon-en-charge, toujours prompt, par devant, à offrir son regard bleu ciel d'enfant de chœur pour, immédiatement après, trahir et transgresser en se délectant de la fange. Pauvre vieux pays vermoulu, livré à un tel charlatan. On n'a pas fini d'en payer le prix exorbitant.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 12 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Nature (hors géologie) - O'Gustin
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"Mes pareils à deux fois ne se font point connaître...

12 juillet 2020.

... et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître !"

12 juillet 2020.

12 juillet 2020.

12 juillet 2020.

12 juillet 2020.

12 juillet 2020.

12 juillet 2020.


Pendant que j'arrose, Guguss se met aux abris (on se demande bien pourquoi) :

12 juillet 2020.

Jean-Pierre ARBON
rédigé le Lundi 13 Juillet 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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La société militaire de 1815 à nos jours
Publié le 13 juillet 2020

La fin du confinement et les événements qui ont suivi, notamment la mort de mon beau-père, m’ont détourné d’aller au bout de l’exercice pour lequel Claudine et Brian Thompson m’avaient sollicité, et qui consistait à sélectionner dix livres pour mes amis sur Facebook.

Je crois que j’en étais parvenu à sept. Décidons tout de suite de sauter les deux qui manquent, et d’aller directement à la conclusion de la série. Mon dixième ouvrage, pour lequel j’éprouve une affection particulière malgré le fait (ou peut-être à cause du fait) que je ne l’ai pas lu, s’intitule La société militaire de 1815 à nos jours.


Cette non-lecture remonte à vingt et quelques années. Je me trouvais chez mon ami Michel Béra pour une séance de musique dans sa maison des Rivières. J’étais à la recherche d’une idée de chanson, et parcourais la bibliothèque incroyablement éclectique qu’il y avait rassemblé (sciences, mathématiques, économie, géographie, histoire, technologie, BD…) lorsque je suis tombé sur ce titre, qui, allez savoir pourquoi, m’a enchanté. — Ce serait drôle d’écrire une chanson là-dessus, dis-je en nous lançant une forme de défi. Je ne suis même pas sûr d’avoir sorti le bouquin du rayon.

Aussitôt dit, aussitôt fait. A l’époque, les paroles de chansons me venaient bien plus facilement qu’aujourd’hui, et l’ami Béra n’était jamais en panne d’inspiration musicale pour peu qu’on lui propose une idée chatouilleuse. Celle-ci l’émoustilla instantanément, et c’est ainsi que La société militaire de 1815 à nos jours, en plus d’être un essai dont le sujet, à vrai dire, ne m’intéressait pas vraiment, est devenue une métaphore de la bibliothèque, de toutes les bibliothèques, et du bonheur de pouvoir assouvir par les livres la persistante curiosité que nous avons du monde.

Je possède dans ma bibliothèque
Beaucoup de livres j’en ai vraiment pour tous les goûts
La vie des saints l’histoire de la pastèque
Toutes les manières de préparer un bon ragoût
Cependant je n’en fais pas mystère
Celui qu’je préfère entre tous
C’est la société militaire
De 1815 à nos jours

Le récit des expéditions arctiques
Les archives de la révolution au Congo
Trois traités de mécanique quantique
Tradition et modernité du tango
Mais rangé près de la Gloire de mon père
Avec les Travaux et les Jours
C’est la société militaire
De 1815 à nos jours

Au rayon ethnologique
J’ai tout sur le cuit et le cru
La poterie la céramique
Et le drapé et le cousu
Toute la comédie humaine
A la recherche du temps perdu
Discours sur les prolégomènes
Mais n’te promène donc pas tout’nue

On peut lire dans ma bibliothèque
Toute l’histoire des Valois et des Bourbon
Le guide Michelin, les trésors des Aztèques
Apprendre à parler en public en dix leçons
Le traitement chimique du minerai de fer
Le guide des premiers secours
Et la société militaire
De 1815 à nos jours

Côté anglais il y a de quoi faire
Tenez ami venez voyez
Près des raisins de la colère
L’amant de Lady Chatterley
Moby Dick Manhattan Transfer
Love Story et Ivanhoé
Les voyages de Gulliver
Le songe d’une nuit d’été

On trouvera dans ma bibliothèque
Les Fables le hasard et la nécessité
Vie et mœurs des australopithèques
Précis de finance et de comptabilité
L’encyclopédie des chemins de fer
Les joies du sexe et de l’amour
Et la société militaire
De 1815 à nos jours


N.D.L.R. : Dommage que je ne sache plus mettre en ligne sur le site favori les musiques de l'ami ARBON. Mais on les trouvera sur son blog.