Désultoirement vôtre !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 17 Mai 2020
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Désultoirement vôtre ! - Anecdotes
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L'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" devant revenir demain au manoir favori, il faut que je termine aujourd'hui la révision de mes dossiers en vue de retrouver, si possible, la trace des dernières autorisations administraaaâââtives reçues.

En cette aube blême, il me reste ainsi à traiter principalement quatre classeurs d'archives, ceux qui sont consacrés à l'architecte du patrimoine qui, de la série qu'il m'a été donné de côtoyer depuis trente ans, m'aura, et de loin, laissé le plus mauvais souvenir :

17 mai 2020.


Au mépris flagrant et lamentable de sa signature au bas d'un contrat, ce goujat a abandonné mon chantier en 2017 pour poursuivre ailleurs (et avec succès semble-t-il car il est aujourd'hui, à ma connaissance, le bénéficiaire de deux mandats dans le cadre de la "mission BERN" si richement dotée par choix médiatique du prince) sa recherche forcenée des moyens d'assurer au plus vite le train de vie qu'il estime mériter.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 17 Mai 2020
Désultoirement vôtre ! - Nature (hors géologie) - Météo
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Un certain nombre de plants, notamment de tomates...

17 mai 2020.

17 mai 2020.

17 mai 2020.

... mais aussi de concombres, ont souffert du gel et la rhubarbe n'arrive pas à décoller (le terrain est sans doute trop pauvre) :

17 mai 2020.

Le "projet 2014", qui rassemblait diverses petites interventions touchant à la fois à des parties classées et à des parties inscrites, a dû, la législaaaâââtion étant ce qu'elle est, être instruit parallèlement par deux administraaaâââtions saisies sur la base de formulaires différents. Un intéressant et volumineux rapport accompagnait ces paperasses, dont le principal intérêt, avec mes yeux d'aujourd'hui, est de fournir de bons plans du bâtiment Nord ainsi que des photos commentées rappelant où nous en étions alors rendus du chantier :


J'espère que je n'oublie rien d'important (ou, du moins, de supposé tel).
Dix-huit mois ne s'étaient pas encore écoulés depuis le début de notre collaboration et ce bénéficiaire d'un monopole public commençait à me signifier qu'il ne s'intéresserait qu'à des tranches de travaux suffisamment rémunératrices pour lui.

Voici en effet l'excellent projet préparé par un très bon artisan qui, lui, avait consacré du temps pour y réfléchir. Il s'agissait alors d'aménager le futur "bureau-bibliothèque-de-mes-rêves", déjà en style Louis XVI, au rez-de-chaussée du bâtiment Nord (dans l'espace dévolu actuellement à la future cuisine).
(Et désolé pour mon insuffisante maîtrise du scanner quand il s'agit de reproduire des documents de grand format) :







J'avais voulu intéresser à ce projet ledit bénéficiaire de ce monopole légal :


Voici la réponse que je m'étais attirée, bien loin de mes souhaits mais ô combien révélatrice du fossé qui allait s'élargir entre nous et que, trop longtemps, je voulus ignorer, tant il est vrai qu'un passionné de vieilles pierres aux moyens financiers limités n'a pas la même échelle de valeurs qu'un mercenaire :


Je mets ce message en ligne ici pour rendre hommage à Pascal BRESSON et pour inviter l'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" à ne pas hésiter à s'inspirer des dessins de cet artisan pour l'exécution de ma commande ; donc, dès que nous aurons résolu la question préalable, en cours d'examen, du parti à retenir pour le plafond du 1er étage du colombier ; à ce dernier sujet, on sait que, là comme ailleurs, je ne saurais me satisfaire des horreurs des années 1950.
La relation semblait pourtant partir sur de bonnes bases. Je signalais ce que j'observais et qui me paraissait présenter de l'intérêt et mériter une réponse rapide et l'architecte réagissait utilement. Ainsi, lorsqu'il me convainquit, en liaison avec l'entreprise BODIN qui opérait sur le chantier, de ne pas substituer telles quelles au dallage du seuil piétonnier de la cour les belles dalles de granit auxquelles je pensais (reliquat des travaux qui venaient d'être réalisés, à ma grande satisfaction, au rez-de-chaussée de la cage d'escalier du logis) :


Finalement, et ainsi que ce site doit le rapporter quelque part, nous décidâmes de maintenir inchangé l'ancien niveau de la cour (identique à celui de l'avant-cour), donc de tailler des escalopes dans mes belles dalles et de les poser à la chaux au-dessus de l'ancien seuil.

Je raconte tout ceci ici car cela peut être utile à l'architecte du patrimoine en charge de la "mission n°2" dans son dialogue, dont je lui laisse bien volontiers la charge et même le monopole, avec le service régional d'archéologie alerté par mon "officier traitant", tant cet honorable fonctionnaire paraissait horrifié par ce qui, à le suivre dans son réquisitoire, pourrait être, par un chef manquant d'un minimum de discernement, qualifié ni plus ni moins que d'exactions (tu parles !) de ma part (je lui souhaite de n'avoir que des paroissiens aussi dévoués que moi à leur monument), ainsi que je l'ai compris quand il m'a été soufflé dans les bronches le 7 février dernier.
En bonne logique administraaaâââtive de l'emmerdement maximum, l'étude préalable (pardon, il faut désormais dire, la loi ayant encore changé, "étude de diagnostic") consacrée par Benoît MAFFRE aux menuiseries extérieures du logis ne suffisait pas bien qu'elle ait reçu l'imprimatur des meilleurs experts :


Il fallait encore déposer, entre autres, une demande d'autorisation de travaux... :

... à laquelle était joint un nouveau rapport, comme si le précédent n'avait pas suffi.
Donc re-paperasses :


Tout cela pour aboutir à ceci :


Et ce n'en était bien sûr pas fini, ainsi que ce site le relate par ailleurs.

La preuve ? La première menuiserie de la première tranche de cet intéressant programme n'est toujours pas posée à ce jour. Et les ouvertures correspondantes continuent à attendre le bon vouloir des uns et des autres derrière leurs fermetures provisoires en feuille de plastique.

Mais ça, oui, on en a pondu de la paperasse !
Quelle existence passionnante !

Ainsi au moins peut-on espérer avoir enfin un jour tout fait dans les formes auxquelles veille une si scrupuleuse administraaaâââtion.

Et si encore les décisions que l'on voudrait m'imposer me convenaient ? Mais pas du tout, comme je l'ai expliqué mille fois. Je vais ainsi me retrouver, parce que le titulaire d'un monopole légal au caractère de cochon et de surcroît mal contrôlé n'a jamais voulu écouter mes arguments pourtant très sérieux, avec une porte principale du logis qui m'aura coûté un bras et qui, après ce ratage manifeste, au moins à mes yeux, de tous ces très éminents correspondants, me restera en travers.

Faites-moi confiance sur un point : on n'a pas fini d'en entendre parler !
(C'est en tout cas mon sentiment à cette heure).
Cet architecte du patrimoine qui a fini par me planter avec mon chantier avait néanmoins de belles qualités, outre celle de pondre de volumineux rapports qui plaisent tant à l'administraaaâââtion.

Ainsi, relisant, dans le cadre de cet exercice fascinant, toutes les pièces des dossiers qui lui sont consacrées (encore un et demi à écluser à cette heure), je lui reconnais un excellent suivi de chantier grâce, notamment, à ses compétences techniques, réelles et importantes, et à sa capacité, très appréciable mais hélas très rare dans sa corporation et selon mon expérience, à produire rapidement des comptes rendus de chantier très bien faits à tous égards.

De plus, d'après ce que m'a dit l'excellent Franck LIEGEAS, il sait peser sur la facturation des entreprises, dans l'intérêt des maîtres d'ouvrage, d'une façon dont Franck se souvenait encore plusieurs années après les faits. Cela aussi est très rare selon moi.

J'écris ceci ici pour rappeler que je me veux objectif dans mes appréciations, quelles qu'elles soient et à toutes fins utiles.
Voici donc cette fameuse porte qu'au mépris de tous les arguments historiques ou de bon sens que j'ai rappelés, l'on voudrait m'imposer pour l'entrée principale du manoir favori :


Malgré mes meilleurs efforts, je n'arrive toujours pas à m'y faire : je la trouve incongrue à cet endroit ; elle ne correspond ainsi pas à mon goût, donc à mon souhait.
Il est 6 heures 30 du matin, j'arrive au terme du pensum que je m'étais imparti avant que l'architecte du patrimoine n'arrive, vers 11 heures, au manoir favori afin de poursuivre sa "mission n°2".

Je m'offre le plaisir de terminer cette revue en apothéose, avec la mise en ligne des documents qui ont clos ma relation avec un bien pénible titulaire du monopole légal en question.

Le coup est arrivé lors d'une rencontre sur place, en présence de mon "officier traitant". J'avais rendu compte de l'incident sur le site favori en un message que ledit fonctionnaire m'avait demandé de retirer parce que la photo de sa silhouette y apparaissait à deux endroits. Voici donc ledit message dont j'ai pris le soin de faire disparaître les photos incriminées sur le tirage-papier que je viens de scanner :


Et voici les derniers échanges qui m'ont valu, selon toute vraisemblance, d'être ni plus ni moins que black-listé longtemps par les dignes représentants régionaux de ladite corporation ; un haut-fonctionnaire retraité du ministère de la culture, mandaté à cet effet par mes soins, aura échoué à faire lever ce sympathique veto :


Comme on le constate ici une nouvelle fois, je n'ai pour ma part rien à cacher. J'espère que cela évitera à d'autres les impasses que j'ai explorées.

Je conclurai mon envoi en adressant une nouvelle fois de vifs et chaleureux remerciements à Arnaud PAQUIN, architecte du patrimoine mais, avant tout, gentleman, pour avoir eu le cœur de me sortir d'un aussi incroyable pétrin.
Jean-Pierre ARBON
rédigé le Lundi 18 Mai 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Michel Serres le 3 juin
Publié le 18 mai 2020

Pour le premier anniversaire de la mort de Michel Serres et la publication posthume de son dernier ouvrage, malicieusement intitulé « Adichats » (au revoir, en gascon), un colloque autour de son œuvre devait être organisé le 3 juin à l’Ecole Normale Supérieure.

Le covid ayant entre temps lui aussi fait son œuvre, c’est finalement par visioconférence que l’événement aura lieu. Conséquence heureuse de ce changement : le nombre de places n’est plus limité, et chacun peut s’inscrire pour y assister.

On trouvera ci-dessous le programme. J’ai le double honneur d’être l’un des cinquante contributeurs à qui il a été demandé de fournir leurs témoignages, qu’on trouvera rassemblés dans le livre « Michel Serres. Hommage à cinquante voix » ; et celui d’avoir été sollicité pour lire lors de cet événement quelques-uns des textes de cet homme à la pensée si vaste et libre, qui tissait des liens multiples et souvent géniaux entre la philosophie, les sciences, le monde et la vie, et qui fut aussi mon ami.


N.D.L.R. : Voici le lien pour s'inscrire à cette visioconférence.
Je pense avoir retrouvé, dans l'un des derniers dossiers compulsés, le nom de l'architecte qui aurait commis les plans des travaux des années 1950 :


On comprend ainsi que le conseiller général de l'Orne (canton de Passais) faisait appel aux services de l'architecte qui avait reconstruit Flers. Et l'on n'est guère surpris que le ciment n'ait pas manqué par ici aussi.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 19 Mai 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Anecdotes
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Ryszard ZUREK m'a envoyé une photo de la "Passion" qu'il est en train de restaurer :

19 mai 2020.


Je continue à trouver son travail des plus lents. Cela fait en effet six mois que je lui ai confié cet objet. Il m'avait promis qu'il en aurait fini pour la fin janvier (2020, je le précise, en attendant la suite).
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 19 Mai 2020
Désultoirement vôtre ! - Anecdotes
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Puisque nous nous trouvions à Pontorson, l'envie nous a pris de pousser jusqu'au Mont que je n'avais plus visité depuis l'époque où l'on se garait à son pied :

19 mai 2020.

19 mai 2020.

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