Charretterie

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Mardi 2 Juin 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charpente-couverture - Terrassement - Charretterie
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La gestion des divas est un art difficile, j'en sais quelque chose, ayant dû m'y colleter dans le monde de la finance, il y a pas mal d'années déjà.

L'entreprise BOUSSIN ne déroge pas à la règle. En effet, l'équipe de Thierry n'arrive pas sur le chantier avant 10 heures du matin et elle le quitte avant 16 heures, en prenant bien entendu le temps d'un déjeuner au restaurant. Il paraît que ces gentlemen ont besoin de rentrer tous les soirs auprès de leurs chéries, à l'autre bout du département (soit 3 heures de route par jour), qui pour des problèmes de nounou (n'est-ce pas touchant tout plein ?), qui pour des histoires de piqûres (comme si, dans le Domfrontais, nous n'avions pas d'infirmières gentilles et jolies).

Pas étonnant dans ces conditions que la tranche de travaux (pose des planches et des bâches) qui, aux dires de Thierry il y a à peine huit jours, devait être terminée avant la fête des mères, ne le soit toujours pas.

Et devinez qui supporte les surcoûts de cette démagogie galopante ?

De plus, Roland BOUSSIN m'a appris aujourd'hui qu'il a trop de chantiers en même temps et qu'il a besoin de me retirer ses gars pendant quelques semaines, de manière à alléger la pression d'autres clients.

Je ne lui règlerai donc pas cette tranche-ci de travaux tant que son équipe n'aura pas réappararu pour achever la couverture. De plus, je lui ai demandé de dégager ses échafaudages pendant l'interlude, afin de ne pas gêner Pascal dans la réalisation des sols de la charretterie, y compris les drainages extérieurs, ni dans la pose à la charretterie des anciennes portes charretières de la ferme.

Roland BOUSSIN vient de décider de laisser son équipe sur le chantier de la charretterie jusqu'à la fin des travaux de couverture.

C'est, de mon point de vue, une très bonne décision qui permettra de ne pas bousculer l'enchaînement des tâches avec Pascal. Je rappelle que, pour ce qui concerne la charretterie, ce dernier est en charge de la réalisation des sols et de la pose des portes de récupération.

Donc, de l'utilité des sites internet pour faire passer certains messages...

Dans l'immédiat, l'équipe de couvreurs passe un produit, pour en occire la mousse et les lichens, sur les tuiles de la partie de la charretterie qui avait été restaurée suite à la tempête de 1999. J'ai demandé que, cette pulvérisation achevée, ces tuiles soient déposées pour être panachées avec les tuiles neuves, de manière à ce que la couleur de la toiture soit homogène une fois la restauration achevée. Comme indiqué ici le 12 décembre dernier, un coyotage est en cours de pose, de manière à suppléer à l'absence délibérée de gouttière. Un traitement devra par ailleurs être appliqué sur les maçonneries car le chêne de certaines pièces de charpente, beaucoup trop vert, a commencé à baver son tanin sur les joints refaits, ce qui est laid.

De son côté, Pascal est absorbé par d'autres travaux. La semaine dernière, il a créé deux plateformes en dallage de pierres pour y installer des bancs de jardin. L'une se situe entre les rosiers replantés le mois dernier, le long du mur de la chapelle au manoir. L'autre est en limite du Pournouët, près de la chapelle.

Ces plateformes me donnant satisfaction, j'ai d'abord pensé demander à Pascal de poursuivre par le dallage d'une terrasse devant la façade Est du logis. Puis je me suis ravisé en me rappelant les remarques récentes de Carole qui, à juste titre, ne trouvait pas heureux le choix d'un bitume concassé, utilisé naguère par le terrassier JARRY pour revêtir le sol devant la façade Sud du manoir. J'ai donc demandé à Pascal de remplacer ce revêtement laid par un dallage analogue à celui du parvis de la chapelle ou des deux plateformes de la semaine dernière.

Le problème est qu'il est délicat de décider quelle extension donner à ce dallage Sud. Dans un sens, il n'y a pas de problème : nous nous calerons sur toute la largeur du manoir. C'est dans l'autre que les choses sont plus complexes : doit-on daller la surface devant la porte charrettière de la cour ou laisser le passage en gravillons ? N'y a-t-il pas lieu de faire quelque chose pour délimiter l'herbe le long de l'allée (donc dans le sens Nord-Sud) et, si oui, comment ? C'est à cela que nous devons réfléchir rapidement.

Sans attendre le résultat de ces cogitations auxquelles il participe, Pascal, au commandes de la mini-pelleteuse, décape ladite couche de bitume concassé. Les gravats servent à boucher les ornières de l'allée principale, au Sud du manoir, au moins pour sa moitié gauche (vue du manoir), puisque cette moitié a vocation à rester en place même si nous devions décider de recentrer prochainement cette allée, ce à quoi l'inertie persistante de l'agriculteur voisin nous obligera certainement.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 11 Juin 2010
Journal du chantier - Charpente-couverture - Sculpture - Chapelle - Charretterie
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C'est la semaine prochaine que devrait être installée en hauteur, sur le mur Nord de la chapelle, la statue de Sainte Anne que termine de sculpter Pascal POIRIER, dans son atelier de La Ferté-Macé.

Ce dernier a eu beaucoup de mal à finir sa tâche. C'était la première fois qu'il sculptait du granit et le matériau lui est apparu particulièrement compact et difficile à travailler. En outre, les composants du granit, mica, feldspath et quartz, ne réagissaient pas de façon homogène sous ses burins et leur mélange de couleurs rendait délicate la vision précise de la surface de la pierre quand il s'agissait de faire apparaître les formes recherchées.

D'ailleurs, les anciens ne s'y trompaient pas et rares sont les statues en granit. Par exemple, pour les calvaires bretons, les personnages sont généralement taillés dans la kersantite, une roche basaltique noire beaucoup plus tendre.

J'avais essayé de fournir à Pascal POIRIER un bloc de kersantite et je m'étais en particulier rendu au fin fond de la Bretagne bretonnante, au lieu-dit de Kersanton. Mais la carrière est fermée depuis longtemps. Il est cependant possible de se procurer des blocs extraits de longue date du sol mais ils sont de ce fait beaucoup plus difficiles à travailler. Dans ces conditions, j'avais conclu qu'il valait mieux s'en tenir à un matériau extrait plus près de la Chaslerie et Pascal POIRIER m'avait recommandé le granit de Louvigné que nous avons finalement retenu.

L'installation de la statue dans la niche prévue à cet effet promet d'être une opération très délicate, en raison notamment de son poids. Sept hommes (Pascal POIRIER, Pascal MAIZERAY, Bernard et les 4 couvreurs qui travaillent actuellement sur la charretterie) ne suffiraient pas pour la bouger, "a fortiori" pour l'installer en hauteur. Il va donc falloir que Roland BOUSSIN ou bien un agriculteur voisin nous prête un Manitou. Pascal POIRIER devrait livrer sa Sainte-Anne lundi ou mardi prochain et le simple fait de la faire descendre de la remorque promet d'être très sportif.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 18 Juin 2010
Journal du chantier - Electricité - Terrassement - Abords, Avenue, terrasse - Charretterie - Murs divers
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Un regret : ne pas avoir pensé, lorsque nous remontions le mur de la chapelle au manoir, ou bien la charretterie, à inclure dans la maçonnerie des tubes pour le passage des fils électriques.

Maintenant que la première plateforme au Sud du manoir est presque terminée, je me dis aussi qu'on aurait dû prévoir, dès ce stade des travaux, la possibilité d'éclairer la façade d'arrivée avec des projecteurs enterrés.

Car, pour le reste, l'avant-cour commence à avoir désormais grande allure. Du haut des échafaudages de la charretterie, Roland BOUSSIN nous dit que la première plateforme met bien en valeur le manoir.

Pascal MAIZERAY a entamé hier les travaux pour la seconde. Une nouvelle fois, la mini-pelleteuse s'est révélée précieuse pour dégager les remblais sur 20 cm d'épaisseur, afin de substituer un dallage en grès au bitume concassé précédent. Avec la minutie qu'on lui connaît, Pascal va commencer ce matin à poser les premières dalles à droite de la porte piétonnière.

J'avais dit que nous mettions en délibéré le positionnement de l'allée principale du manoir devant celui-ci. C'est Pascal qui a eu l'idée d'élargir l'allée devant le manoir de manière à ce qu'elle débouche non seulement sur la porte charrettière mais aussi sur la piétonnière. Ce choix va permettre de lancer bientôt la restauration de cette allée à travers l'avant-cour du manoir (en particulier, il va falloir se renseigner sur les fournisseurs de topiaires).

Sur cette base, la restauration du reste de cette allée, du moins les 500 mètres suivants en direction du bourg de La Haute Chapelle (c'est-à-dire la ligne droite avant le premier virage), pourra suivre logiquement. Le hic, c'est que l'architecte des bâtiments de France me dit qu'il faut un permis de construire avant de commencer cette tranche de travaux. Absurdité des textes administratifs, manifestement inutiles en l'occurence ! Encore de la paperasse à remplir... Bien sûr, on le fera si l'on ne peut faire autrement.

Ne vaudrait-il pas mieux imaginer un système où des maîtres d'ouvrage responsables pourraient travailler en prise directe avec des artisans compétents et éprouvés au fil des années ? On peut toujours rêver...

Je cherche toujours à donner un certain rythme aux travaux de la Chaslerie. C'est un bon moyen pour entretenir une saine émulation entre les artisans et mes employés.

Ainsi, dans la perspective de la venue de TF 1 dont on a été avisés (comme raconté dans la rubrique "Sujets divers") avec un très bref préavis, j'avais demandé à Pascal MAIZERAY de "mettre le paquet" pour avancer dans le dallage des plateformes en cours, et à l'équipe de Roland BOUSSIN de réviser les couvertures non encore restaurées et dont les ardoises se détachent lors des coups de vent. Ils ont fait le nécessaire. En particulier, Pascal est arrivé deux jours de suite sur le chantier aux premières lueurs de l'aube, pour profiter de la température encore fraîche. De son côté, Bernard a coupé l'herbe aux abords immédiats du manoir et aussi en bordure de la départementale. C'était nickel. Je les en remercie.

La prochaine grande étape que je leur ai signalée sera assurément le 26 juillet prochain, en vue de la fête qu'on commence à organiser (voir "Vie de l'association"). Il faudrait alors que l'équipe de Roland BOUSSIN ait achevé son intervention sur la charretterie et que le sol de cette dernière ait pu être restauré par Pascal. Ceci pose la question de la date de réalisation du drainage de la cave, puisque ce dernier débouchera dans le drainage à prévoir de la charretterie. J'ai le souci de ne pas défoncer la pelouse avant le pique-nique du 26 juillet.

L'étape suivante sera le dimanche des "journées du patrimoine" de 2010. J'ai demandé à Roland FORNARI d'avoir fabriqué et installé à cette date les grilles que je lui ai commandées pour la façade Est du manoir. Il est actuellement débordé et tarde à me soumettre ses plans pour la grille qui sera implantée sur le mur entre la chapelle et le manoir, au passage entre l'avant-cour et la terrasse. J'ai souhaité quelque chose de beau et qui mette en évidence l'écu des LEDIN. Il y réfléchit encore.

D'ores et déjà, je pense à planifier les travaux à venir sans omettre mes perspectives fiscales, sujet qui pourrait être mouvant dans le contexte d'austérité qui se développe actuellement. Pour les journées du patrimoine de 2011, j'aimerais avoir restauré (terrassements et plantations), l'allée principale de la Chaslerie. Je viens d'étudier les textes et je n'y ai vu nulle part l'obligation de déposer une demande de permis pour une restauration d'allée. J'interroge donc les experts de "la Demeure Historique" pour en avoir le coeur net. Il y aura peut-être lieu que je demande à Anne CHEVILLON, l'architecte des bâtiments de France, ce qui précisément lui a fait me recommander de me soumettre à cette formalité. Je vais devoir aussi collationner des devis pour ces travaux afin de monter un dossier de subvention, s'il reste encore des crédits dans les comptes de l'Etat.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Dimanche 7 Juillet 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charpente-couverture - Charretterie
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Thierry et son collègue finissent de poser les tuiles sur la charretterie. Ce sera terminé vers la fin de la semaine.

Ils ont déjà retiré les échafaudages devant le préau, ce qui a permis à Pascal, dès hier, de commencer à recouvrir le sol de 15 bons centimètres d'un béton de terre et de gros gravier. La terre provient des confins de la parcelle Nord de la Chaslerie. C'est Maxime, en congés donc de retour ici, qui l'extrait avec le gros tracteur et qui prépare le mélange à la bétonnière.

Nous devrions donc tenir le délai imparti pour achever le gros-oeuvre de la charretterie avant le pique-nique du 25 juillet prochain. Il y aura cependant un travail de maçonnerie délicat à entreprendre auparavant, pour accompagner les dénivellations du terrain. Mais Pascal ne manque pas de bonnes idées en la matière.

1 - Le compte à rebours pour les festivités de la Sainte Anne (dans deux semaines) a commencé.

J'arrose l'herbe brûlée par la sécheresse devant le manoir en espérant qu'elle aura le temps de reverdir pour le 25.

Les couvreurs ayant fini leur tâche sur la charretterie, Pascal en a, sur 15 à 20 centimètres d'épaisseur, recouvert le sol d'un mélange de gros gravier et de terre battue. En séchant, celle-ci craquèle beaucoup mais Pascal me dit que ce n'est pas un problème. Devant le préau, il dalle en ce moment le sol, afin de réaliser une plate-forme, légèrement inclinée vers l'extérieur et de 2 mètres de large. Maxime l'assiste dans ce travail.

Il reste encore à évacuer des matériaux de construction épars derrière ce bâtiment et à aménager un glacis de terre au pied de son pignon Est. On compte sur Bernard pour s'acquitter de ces tâches dès qu'il voudra bien réapparaître ici.

2 - L'expert HUMIDITEC, contacté le 6 juillet dernier (comme relaté ici), est passé dès ce matin à la Chaslerie pour contrôler l'état sanitaire des bois et des maçonneries des bâtiments.

J'ai montré tous les endroits où des champignons lignivores avaient pu apparaître, dans chacun des bâtiments du manoir (à l'exception de la chapelle et de la charretterie où, manifestement, il n'y a pas de problème). Nous sommes montés dans les étages là où il y en a.

Les nouvelles sont très rassurantes. Dans la cave, les traces blanches résultent de fientes du hibou qui y niche, ce qui est sans risque. Dans le colombier, un traitement à base de fongicides est à prévoir ; il pourra être réalisé d'ici deux ou trois semaines. Dans la ferme, un traitement pourra être appliqué mais la situation est d'ores et déjà sous contrôle. Ailleurs, rien n'est à signaler.

Je remercie bien évidemment Roland BOUSSIN et Anne-Marie RUSIG pour m'avoir alerté et conseillé utilement dans la résolution de ce problème.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 22 Juillet 2010
Logis - Charretterie - Vie de l'association - Animation, fêtes, visites
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1 - La météo de dimanche vient d'apparaître en ligne.

Après les semaines de canicule que nous venons de traverser,
on ne peut garantir, à ce stade, que le temps sera optimal. Au moins, on ne devrait pas crever de chaleur...

Sur un autre site, les nouvelles sont cependant un peu meilleures.

2 - Deux articles dans le "Publicateur" de ce jour, et ils sont tous deux excellents. Merci, M. MORICEAU !

3 - Avec Pascal, nous avons implanté ce matin 15 panneaux indicateurs de notre "pique-nique et animations" à des endroits stratégiques autour de Domfront.

4 - J'ai compris hier que le nouveau sol en terre battue de la charretterie ne serait toujours pas sec pour dimanche. Nous perdons ainsi l'usage de 60 m2 couverts. Mais Maxime me dit que son oncle, président du comité des fêtes de la commune voisine de Rouellé, a peut-être des tentes disponibles. A suivre...

5 - Il n'est pas exclu que le w.-c. situé sous l'escalier en granit du logis (le fameux "escalier à mur d'échiffre") puisse être de nouveau opérationnel dès ce soir. Si oui, mon nouveau plombier est un champion !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 29 Juillet 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charretterie - Ferme et son fournil
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Quelques photos valant mieux qu'un long discours, voici l'état du chantier ce matin...

Pascal poursuit la restauration du fournil de la ferme

Il maçonne les pierres dont l'approvisionne, mètre en main, le toujours souriant Maxime...

Claude, notre jeune retraité, est venu, en tenue de baigneur, vérifier si tout allait bien après le pique-nique. Il n'a pu s'empêcher de reprendre les outils pour donner un coup de main et finit le rejointoiement de la charretterie

Voici donc où nous en sommes rendus des travaux sur le fournil de la ferme...

et sur la charretterie...

Pascal MAIZERAY est un homme précis et méticuleux. Il aurait sans nul doute pu poursuivre des études s'il n'avait dû suivre son père à la ferme. Il a choisi sur le tard de devenir maçon, lorsqu'il en a eu assez de devoir constamment mettre son exploitation à des normes toujours plus exigeantes et sans que, pour lui, les revenus ne suivent. C'est donc un autodidacte de la maçonnerie. Personne ne l'a réellement formé à son nouveau métier et cela lui manque parfois.

Il a remarquablement restauré les maçonneries de la charretterie et même un pinailleur comme moi y trouverait peu à redire. En revanche, sur le fournil de la ferme, je trouve qu'il commet parfois des erreurs.

Comme rapporté dans ce journal à la date du 10 avril dernier, j'avais déjà signalé à Pascal que je n'étais pas satisfait de l'ouverture qu'il avait créée dans le fournil de la ferme afin d'en aérer la future cabine de douche. Je trouvais que les pierres de l'ouverture n'étaient pas en phase avec les pierres environnantes, de sorte que la reprise était trop visible :

Pascal m'avait promis qu'à l'avenir, il se souviendrait de ma remarque. Or il vient de renouveler le même type d'erreur en ne choisissant pas bien les pierres qu'il a utilisées pour l'arc couronnant la nouvelle niche. Il a, à juste titre selon moi, préféré traiter cette ouverture en grès plutôt qu'en granite (car nulle part sur ce bâtiment il n'y a de granite) ; il a bien sélectionné les pierres pour les montants de la niche ; en revanche, il lui a fallu 7 pierres pour son arc là où je lui avais recommandé de n'en utiliser que 3 ou, à la rigueur, 5. Cela donne à mon avis à son arc une faiblesse de construction et une disgrâce dans l'aspect qu'on aurait dû éviter :

Vais-je pour autant lui demander de refaire cet arc en respectant mes orientations ? La réponse est non pour les raisons suivantes :

- bien que la ferme et ses dépendances aient été inscrites à l'I.S.M.H. en même temps que le manoir par un arrêté ministériel de 1926, ces bâtiments, dont le fournil de la ferme, n'ont pas été édifiés à l'origine avec le même soin que le manoir et ses autres dépendances ; cela nous donne un peu de flexibilité dans la restauration, et le permis de construire obtenu pour la ferme avec l'accord de l'administration des affaires culturelles l'illustre d'ailleurs sans nul doute ; à ce titre, il n'est pas inenvisageable d'apporter des modifications, même avec des erreurs de réalisation qui n'échappent pas à un oeil attentif ;

- la photo de la niche prise ce mardi matin avant le redémarrage du chantier montre la lenteur de la restauration en une journée de labeur pour deux hommes qui, pourtant, ne traînent pas ; exiger un arc en 3 pierres obligerait à défaire ce travail et à tailler de grosses pierres de grès, ce qui est toujours long et hasardeux puisque ce grès est schisteux ; je préfère d'autant plus m'en abstenir que mes employés sont payés non à la tâche mais à l'heure ;

- troisièmement, je sais d'expérience qu'il faut souvent admettre de petites erreurs sans graves conséquences pour permettre que les grosses, inévitables mais rares, se voient moins ; cela n'implique pas qu'il soit nécessaire de commettre sciemment des erreurs supplémentaires mais autorise à relativiser les couacs, notamment sur une dépendance de dépendance.

Donc retenons que, telle qu'elle se présentera, la niche de la statue du fournil de la ferme nous rappellera longtemps que nous sommes faillibles. Ce n'est donc pas une expérience inutile ni à gommer.

Indépendamment de la maçonnerie, je signale que notre tableau de chasse s'est complété, depuis mon dernier recensement, de trois bestioles, deux ragodins (dont un énorme) et un rat musqué, tous parfaitement gras et velus. Et dire qu'un syndicat des eaux de Flers pompe dans le Beaudouët l'eau potable destinée à ces voisins...

P.S. : En fin de journée, Pascal a placé un bouquet de fleurs au sommet du pignon Est du fournil de la ferme dont il vient d'achever la restauration de la maçonnerie. Il m'a ensuite déclaré qu'il fallait arroser. C'est ce que nous avons fait sans tarder (on pourra admirer au passage le confort du local qui sert actuellement de cuisine à la Chaslerie...).

Sur la photo, de gauche à droite, Maxime, PPF ("cupbearer and payer"), Thibaud (héritier présomptif, "homo pulosus, homo virilis"), Pascal, Bernard et Claude (toujours là quand il faut...), une assemblée qui n'engendre pas la mélancolie.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 23 Aout 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charretterie - Ferme et son fournil
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Toutes les maçonneries de la Chaslerie ont initialement été montées à l'argile. Quand je vois que la terre battue sous la charretterie n'est toujours pas sèche, je comprends combien ce matériau, bien posé, peut être résistant.

Le démontage ce matin du reste du four du fournil de la ferme l'a illustré une nouvelle fois. Il a fallu qu'il pleuve beaucoup sur cet édicule pour que l'argile y perde un peu trop de ses vertus :

Après avoir fini ce soir de remonter la circonférence du four, il va falloir s'occuper de son pignon, ce qui va poser un intéressant problème de géométrie descriptive (il va en effet falloir déterminer l'intersection entre un cylindre vertical et un dièdre horizontal et remonter la maçonnerie jusqu'à cette intersection) :

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 26 Aout 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Charretterie - Ferme et son fournil - Murs divers
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A la reprise du chantier, l'artiste et son oeuvre aux ellipses parfaites :

Pascal va maintenant s'attaquer à la restauration de la façade du four intérieure au fournil et à celle de sa voûte, deux autres tâches délicates...

Bernard m'a appris ce matin le décès de Jean-Claude RUAULT, un maçon qui était intervenu à la Chaslerie il y a plus de 12 ans. C'est lui qui avait en particulier restauré le mur de l'arrière-cour, entre le manoir et son fournil. Nous n'avions pas toujours été d'accord sur sa façon de travailler sur la charretterie, ce qui avait entraîné l'interruption de ce chantier, et j'ai compris qu'il m'en voulait encore. Mais je suis triste pour sa famille.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 11 Septembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Charretterie - Cave - Ferme et son fournil
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J'ai emmené Pascal voir ce matin le puits que j'avais retenu comme modèle, celui du ménage VINCENT à la Bossendière. Pascal m'a dit qu'il n'avait pas voulu entrer dans cette propriété voisine car elle est privée. Or, Madame VINCENT nous a accueillis très gentiment et nous a même aidés à prendre les mesures de son puits.

Il est donc entendu que Pascal démontera son travail des trois derniers jours et remontera notre puits en respectant les mesures de celui des VINCENT. En particulier, c'est à 1,20 mètre du sol que doit se trouver la manivelle et c'est à partir de cette hauteur que le diamètre du puits doit commencer à se réduire. A noter cependant que Pascal avait eu raison de prévoir que l'axe de la manivelle ne soit pas parallèle à l'ouverture.

Pascal pourrait avoir besoin de faire appel à Eric AUBINAIS pour tailler la pierre du sommet du puits. Je l'y ai autorisé.

Une fois le puits terminé, il conviendra de drainer les alentours de la cave et le côté Sud de la charretterie. Pascal et moi nous sommes mis d'accord sur la façon de procéder. J'ai demandé qu'à l'instar de ce qui avait été fait autour de la chapelle, les nouveaux drainages soient, autour de ces bâtiments, enchassés dans une gouttière de béton et noyés dans du gravier. Ceci, afin d'éviter que les racines des fleurs ne les bouchent rapidement. Nous sommes convenus que ces travaux de drainage pourraient démarrer dans huit jours, juste après les Journées du Patrimoine.

La tâche suivante pour Pascal pourrait consister à restaurer les ouvertures de la ferme, en débutant par la partie Sud du bâtiment. Il faudra commencer par boucher la communication interne vers le reste du bâtiment.

Un jour, alors que j'étais adulte, ma grand-mère de Tarbes a décidé de ranger une armoire dans sa maison. Sans me consulter, elle a distribué autour d'elle mes "Dinky Toys", mes "Aventures de Babar", mes "Tintin", mes "Aventures de Martin le malin" et autres "Roy Rogers" auxquels je tenais beaucoup. Un vrai désastre !

Mes fils n'auront pas eu plus de chance avec moi puisque j'avais entreposé de longue date leurs souvenirs d'enfance, y compris leurs cahiers scolaires, dans la cave de la Chaslerie. Là, ce sont les infiltrations d'eau à travers les murs qui auront eu raison de ces reliques. Ce bâtiment où je n'entrais plus jamais était ainsi transformé en pataugeoire à mon insu, de sorte que les livres et cahiers de mes fils ont pu y pourrir longtemps. J'en suis désolé pour eux, je ne suis que trop bien placé pour comprendre leurs regrets.

C'est par de telles expériences que j'ai appris à me méfier de l'eau ici. Je veille désormais à bien drainer les terrains au pied des murs des constructions.

De même, à la charretterie, l'eau, traversant les murs, entrait l'hiver dans la pièce qui correspond à une ancienne étable. Et l'on a bien noté que le revêtement en terre battue n'était toujours pas sec lors des dernières Journées du Patrimoine. Des plantules commencent même à y pousser :

19 septembre 2010, la terre battue tarde à sécher dans la charretterie.

Pourtant, j'avais déjà fait drainer les murs de la cave il y a une quinzaine d'années. Mais les drains n'avaient pas été convenablement posés. Ils avaient juste été enrobés de gravier, à même le sol, de sorte que, rapidement, les racines des roses au Sud et des hortensias au Nord les avaient obstrués, les rendant inopérants. C'est ce que j'ai vu au printemps dernier, lorsque nous avons transplanté ces fleurs.

J'avais donc demandé à Pascal de poser des drains autour de la cave, de son appentis et de sa "maison de Toutou", ainsi qu'autour de la charretterie, de manière à ce que pareille mésaventure ait moins de chances de se reproduire. Pour ce faire, je lui avais recommandé de s'inspirer des drainages de la chapelle, c'est-à-dire de poser ses drains sur une gouttière en béton, afin d'empêcher les racines des fleurs voisines d'y accéder.

C'est ce qu'il a fait cette semaine. Voici donc le résultat des derniers jours de travail où la gelée matinale a fait sa réapparition ici.

Une fois encore, nous avons eu recours à notre mini-pelleteuse. La voici à l'oeuvre au Sud de la cave :

Tranchée pour drainage au Sud de la cave.

En fait, la présente campagne de drainage part des roses plantées en bordure de l'allée de la cave...

...passe à l'Est de la cave, le long de l'appentis et entoure la "maison de Toutou"...

...entoure la cave puis plonge vers la charretterie...

... puis passe au Sud de la charretterie (un drain avait déjà été posé, fin juillet, au Nord de ce bâtiment) :

Voici une idée de la profondeur de ce fossé :

Samedi 25 septembre 2009, le fossé a environ 50 cm de profondeur.

Pascal a ensuite déposé un lit de gravier dans la tranchée (du moins dans les parties jouxtant les bâtiments) :

Travaux de drainage au Sud de la charretterie.

avant d'y couler une gouttière en béton :

Gouttière en béton pour le drainage du Sud de la cave.

Gouttière en béton pour le drainage du Nord de la cave.

Il reste bien entendu à parachever ce travail en déposant les drains dans ces gouttières et en les y enrobant de gravier puis à refermer le reste des tranchées.

Les nouvelles de la semaine ne s'arrêtent pas là puisque j'ai pu joindre Roland FORNARI. Il accepte de modifier comme je le souhaitais les deux grilles posées la semaine dernière. J'ai encore oublié de lui parler de mon désir qu'il travaille aussi sur le puits de la ferme que voici, dans son état actuel :

Samedi 25 septembre 2010, Pascal (sans sa casquette !) à côté du puits de la ferme

J'ai de même joint Eric AUBINAIS, le tailleur de pierres, mais il m'a annoncé que, depuis un an, il travaille comme homme toutes mains sur un château privé de la Manche. Il n'est donc pas sûr qu'il puisse se rendre disponible pour tailler la pierre de sommet du puits. Pascal POIRIER serait néanmoins prêt à prendre le relais.

Quant à Roland BOUSSIN, je devais le rencontrer ce matin mais il m'a posé un lapin.

Les travaux de drainage autour de la cave, de ses dépendances, et de la charretterie sont désormais terminés.

Les drains ont été posés sur les rigoles en béton autour des constructions...

Lundi 27 septembre 2010, pose des drains autour de la

... ils ont ensuite été recouverts de "bidim"...

Lundi 27 septembre 2010, les drains sont recouverts d'un tissu protecteur, vue du Sud de la cave.

... puis de gravier :

Lundi 27 septembre 2010, pose de gravier au-dessus du tissu de protection des nouveaux drains, vue du Nord de la cave.

Après quoi, les fossés ont été rebouchés entre les bâtiments :

Mardi 28 septembre 2010, rebouchage des fossés, la charretterie vue de la cave.

Pascal a même pensé à passer un drain à l'intérieur de l'appentis de la cave qui, enfin, devrait ne plus être inondé durant l'hiver prochain. Sur ces bases, Thibaud va pouvoir très bientôt commencer à restaurer l'intérieur de sa future résidence secondaire. Du moins, il n'aura plus d'excuse technique à invoquer pour retarder sa contribution. N'est-ce pas, Thibaud ?

Depuis hier, Pascal et Bernard ont changé de secteur : ils trient désormais les pierres que, depuis plusieurs années, j'entrepose en bordure de la D22, sur près de 150 mètres de longueur.

Voici une vue de ces tas prise aujourd'hui du Nord :

Jeudi 30 septembre 2010, les tas des pierres vus du Nord, en partie dissimulés par les mauvaises herbes.

Nombre de ces pierres proviennent d'une dépendance en ruine du manoir de la Foucherie à La Haute Chapelle. On trouve également là les pierres de l'ancien pont de Lonlay-l'Abbaye, qui avaient été achetées par le père de mon vendeur (c'est en effet des années 1950 que paraît dater le hideux pont en béton - assurément plus commode pour les camions de la biscuiterie voisine - qui franchit l'Egrenne devant l'abbaye...). Et bien d'autres encore, souvent de provenances moins illustres. Dans ces tas, il y a toutefois quelques beaux granites sculptés, montants, corbeaux ou linteaux de cheminées, restes de meneaux ou de chambranles d'ouvertures, appuis de fenêtres troués pour y sertir des grilles, provenant sans doute de bâtiments de style Renaissance ou même plus anciens qui, comme j'ai quelques raisons de le penser, auraient été détruits à la Chaslerie à la fin du XVIème siècle ou durant la première moitié du XVIIIème :

Jeudi 30 septembre 2010, quelques pierres intéressantes parmi beaucoup de banales.

Voici justement Pascal et Bernard en train de trier tous ces cailloux selon qu'ils sont dignes ou non de servir à des parements et, pour les premiers, par épaisseurs :

Jeudi 30 septembre 2010, Pascal et Bernard au travail.

Ils s'aident bien sûr de la mini-pelleteuse, mais c'est quand même un travail difficile :

Jeudi 30 septembre 2010, les cailloux triés par tailles, il reste encore beaucoup de travail...

Pour les semaines qui viennent, Pascal va continuer à trier ces pierres (au moins les grès car les granites sont beaucoup plus volumineux donc pèsent souvent plus du quintal et je ne voudrais pas risquer de les écorner davantage en les maniant à la pelleteuse). Je ne serais pas étonné, tant il y en a, qu'il lui faille y consacrer le prochain mois. Cela dépendra beaucoup de la météo. Pour le moment, le sol reste sec et permet le passage des tracteurs sans creuser d'ornières. Pourvu que ça dure ! Les déchets partent en effet encaisser l'arrivée de l'"allée oblique", celle qu'emprunte quotidiennement le fermier pour visiter ses bêtes tant qu'elles sont au paturage en contrebas. Il faut dire que, longtemps, c'est à la pelleteuse que j'ai fait démonter les bâtiments en ruine dont j'entendais récupérer les pierres. L'argile qui avait servi à les maçonner avait donc été embarquée avec les cailloux. Donc, sur nombre de tas, la végétation a pris le dessus et il faut maintenant dégager ce qu'on l'on veut finalement conserver.

Pendant ce temps, Claude, désormais et pour quelques mois en tenue de chasse, est venu proposer ses services. Le voici en train de rejointoyer le puits de la ferme ; je calcule qu'à la Chaslerie, les joints que Claude a restaurés doivent représenter à ce jour une longueur de l'ordre de 50 kilomètres. Et, chaque fois, le miracle opère, la pierre, jusque là terne, se remet à chanter...

Jeudi 30 septembre 2010, les joints neufs donnent un petit air sympathique au puits de la ferme.

Si tout se passe bien, Roland BOUSSIN devrait pouvoir poser, d'ici quelques semaines, la charpente restaurée du fournil de la ferme, puis ses tuiles. Pour ce même bâtiment, je suis d'ores et déjà en contact avec un menuisier "meilleur ouvrier de France", recommandé par Patrice CAHART, et dont j'attends le devis des huisseries ; je lui ai demandé de s'inspirer de celles du fournil du manoir mais, ici, de prévoir des doubles vitrages.

Enfin, pour ce qui concerne le bâtiment Nord, j'attends toujours le devis d'un électricien. C'est un peu laborieux. Mais cela conditionne l'intervention du plombier en charge du chauffage, notamment par le sol, dans ce même bâtiment.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 14 Octobre 2010
Journal du chantier - Ferronnerie - Logis - Bâtiment Nord - Charretterie - Ferme et son fournil - Murs divers
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Roland FORNARI est passé dans l'après-midi pour déposer, avec l'aide d'un de ses employés, de Pascal et du tracteur Valtra, les deux grilles du rez-de-chaussée de la tour Nord-Est qui avaient été fixées le 18 septembre dernier. Il doit les modifier comme convenu. C'est fou à quel point les tours, ainsi dépouillées, paraissent de nouveau incomplètes, on s'était vite habitués à la présence de ces grilles (ce qui, soit dit en passant, me pousserait à estimer que Carole s'accomodera vite de la prochaine présence de grilles sur les fenêtres de son salon...) ;

Nous en avons profité pour parler d'autres sujets d'intérêt commun :

- la grille du puits de la ferme, qui sera d'un modèle proche de celles de la tour Nord-Est ; j'ai demandé une serrure simple et une possibilité de regarder à l'intérieur du puits sans avoir à ouvrir la grille (en effet, dès que je vois un puits, je suis toujours curieux de savoir à quelle profondeur passe la couche phréatique) ; plutôt qu'un système de moucharabieh inversé auquel je pensais, Roland FORNARI propose un judas ; il s'était par ailleurs muni d'un tambour de bois et d'une manivelle destinés à remonter le seau, deux pièces anciennes (XIXème siècle) de sa collection qu'il me cèderait et qui montrent que les puits de la région sont d'un diamètre standard ;

- à l'intérieur de la charretterie, pour éclairer de futures agapes avec vue imprenable sur le manoir, un système d'éclairage aux chandelles avec un important lustre en ferronnerie qui serait accroché au bout d'un cable ou d'une grosse corde passant sur une poulie de bois massive que j'ai récemment achetée à Jean LEMARIE ; ce cable ou cette corde serait actionné par une manivelle à cliquet ; c'est Roland FORNARI qui forgerait ce lustre et cette manivelle ;

- dans la cour du manoir, deux lanternes qui pourraient être électrifiées et qui flanqueraient, à bonne hauteur, la porte principale d'accès au logis ; Roland FORNARI doit consulter sa documentation et me fera des propositions sur le style et les dimensions de ces lanternes qu'il fabriquerait ; bien entendu il devra tenir compte de la probabilité que d'autres lanternes, d'un modèle plus simple, flanquent ultérieurement d'autres portes donnant sur la même cour (je fais allusion ici au bâtiment Nord et à l'"aile de la belle-mère") ;

- sur la façade Est du logis, les trois grandes grilles dont Roland FORNARI me dit qu'elles sont en cours de finition, composées d'un fer pur qui a dû être importé d'Angleterre ; ces grilles seront montées en excroissance par rapport au plan de la façade (toujours mon problème de pigeons...) et surmontées de fleurs métalliques à deux niveaux de pétales ;

- entre la chapelle et le manoir, une grille couronnée des armes des LEDIN ; Roland FORNARI poursuit ses réflexions à propos du modèle qu'il préconisera ; à ce stade, il pencherait pour un modèle Louis XIII inspiré de certains grilles de Carrouges, parmi les plus belles, et surmonté, comme à Carrouges, d'un bouquet de fleurs en métal (du type de celui qu'on a aperçu lors du reportage de TF1 l'été dernier) ; j'espère cependant qu'il n'est pas trop ambitieux pour ma bourse ni, surtout, pour le standing de la Chaslerie...

La grande grille du château de Carrouges.

- mon projet de cadran solaire sur le pignon Sud de la ferme, évoqué récemment sur ce site parmi les "Sujets divers".

Bref, comme on le voit, ce ne sont pas les projets de ferronneries qui manquent à la Chaslerie. Dans mon esprit, tous ces projets tendent à renforcer la "manorialitude" du lieu (et ici, je suis sûr que tous les visiteurs réguliers de ce site apprécient désormais ce ségolénisme à sa juste valeur...).

Il va donc falloir déposer une demande d'autorisation préalable pour la restauration de l'allée principale.

C'est l'occasion d'évoquer ici les plans cadastraux dont je dispose à ce sujet. Pour la clarté de l'exposé, je vais partir du plus récent puis remonter dans le temps. (N.B. : la présente rédaction de ce message tient compte des découvertes que j'ai faites aux archives départementales de l'Orne le 25 novembre 2010, et dont je rends compte, sous l'onglet "Sujets divers", dans un message du 26 novembre 2010 ; en particulier, je m'interroge désormais sur la justesse des deux derniers plans ci-après).

Le plus récent a été préparé dans le cadre du remembrement de La Haute Chapelle qui était en cours lorsqu'en 1991, j'ai acheté la Chaslerie. Il est présenté ici de façon telle que "grosso modo", le Nord soit à gauche. Trois parcelles apparaissent sur cet extrait : en haut, celle du manoir (ZT 5), en bas celle de la ferme (ZT 2), à droite celle des agriculteurs les plus proches (géographiquement), actuellement les frères VINCENT (ZT 4).

Le plan cadastral lors du dernier remembrement.

C'est sur la base de ce plan que, dans le cadre de ce remembrement, l'essentiel des terres de la Chaslerie a été regroupé en une seule parcelle. En fait, ce plan n'est pas celui qui dit le droit actuellement ; il représente en effet ce qui serait advenu si ma voisine de l'époque, Jeannette LEVEQUE, n'avait pas renié sa parole en cours de remembrement (pour le détail de cette sale affaire, voir à l'onglet "Sujets divers", neuf messages mis en ligne en novembre 2010). On pourra noter qu'à l'intérieur de ces parcelles consécutives à une étape du remembrement (mais c'est également vrai sur le plan définitif où aurait dû être retracé le dernier avatar), toute trace de haie ou de fossé a disparu (même les douves, ce qui est un comble s'agissant d'un monument historique classé !). Est-il utile que j'indique que, de mon point de vue, ce plan, ainsi laminé, constitue de fait un encouragement à faire disparaître toute haie du bocage environnant, un "pousse-au-crime" bien inutile en l'état des mœurs de certains agriculteurs peu enclins, à l'évidence, à défendre la beauté des sites ?

Deuxièmement, le plan qui était en vigueur juste avant ce remembrement. Sur cet extrait, le Nord est en haut à gauche. Là, le géomètre avait encore respecté les limites des parcelles traditionnelles.

Cadastre en vigueur jusqu'au début des années 1990.

L'allée principale y était clairement représentée et l'on voit même que, curieusement pour qui a connu les lieux depuis quelques décennies, elle s'infléchissait sur la droite entre les anciennes parcelles 27 et 29, avant, semble-t-il de longer, au niveau de l'avant-cour du manoir, le mur de la chapelle au manoir. Ce plan avait en outre l'intérêt de représenter la charretterie dans son emprise d'origine (à côté du 12) ainsi que des bâtiments aujourd'hui démontés ou même disparus (en particulier le fournil de la cave, le bûcher de l'arrière-cour du manoir - près du 15 -, ou des granges diverses à proximité de la ferme). Ce plan montre également le circuit des douves dans son état des années 1950, avec l'arrivée de l'eau à l'angle Sud-Est des douves, une première sortie en limite Sud de la parcelle 9 et une sortie importante au Nord de la parcelle 8.

Troisièmement, voici un plan datant, semble-t-il, du milieu du XIXème siècle, tel que Nicolas GAUTIER l'avait copié je ne sais où :

Le plan cadastral qui devait être en vigueur dans la seconde moitié du XIXème siècle.

Sur l'allée principale, il ne nous apprend pas grand chose, sauf peut-être qu'avant de déboucher devant la cour du manoir, elle s'incurvait nettement dans l'avant-cour (où figurait une construction disparue - j'ai entendu parler d'une forge, on l'aperçoit d'ailleurs sur certaines cartes postales du début du XXème siècle, cf photothèque -). Ce plan du XIXème siècle nous montre surtout en quoi consistait alors le circuit des douves, avec un arrivée fraîchement creusée au Sud-Est du manoir ainsi q'une sorte de canal recourbé selon les lignes du terrain au Nord-Ouest. Je signale également que n'apparaît pas sur ce plan le bâtiment Nord, ce que semble contredire un témoignage reçu récemment en "Sujets divers" sur ce site internet (à propos d'un cadran solaire daté de 1815 et aujourd'hui disparu).

Quatrièmement, le plan dit "du cadastre napoléonien", copié ici par Nicolas GAUTIER sur l'original conservé aux archives départementales à Alençon :

Copie par Nicolas GAUTIER du plan dit

Si cette copie est exacte, la principale information que j'y découvre tient au fait qu'avant de franchir la douve Sud, l'allée principale passait entre deux petites parcelles qui me semblent témoigner de la présence très ancienne, à cet endroit, de deux pavillons d'entrée ou d'un châtelet. Apparemment, ces constructions avaient déjà disparu à l'époque de ce plan mais on en conservait encore la mémoire. Quant aux douves, l'on voit qu'il en restait un bout derrière la charretterie et l'on a confirmation de l'implantation de leur ancienne arrivée d'eau, un circuit que j'ai fait recreuser dès 1991.

P.S. du 26 novembre 2010 : il semble que la copie par Nicolas GAUTIER du "plan cadastral napoléonien" (en fait, plan de 1824) comporte des erreurs. Je signale que je donne aujourd'hui la bonne version de ce plan dans un message édité sous l'onglet "Sujets divers".

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 31 Octobre 2010
Journal du chantier - Terrassement - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse - Charretterie
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Je vais maintenant vous expliquer à quel stade nous en sommes rendus de la restauration de l'allée principale de la Chaslerie.

D'abord, voici dans quel état elle se trouvait lors de notre achat :
- une première vue vers le Nord, en direction du manoir :

28 février 1993, en arrivant sur le manoir.

- une seconde vue vers le Sud et l'entrée de l'allée :

28 février 1993, en direction du bourg de La Haute Chapelle.

De prime abord, elle paraissait donc tout à fait accueillante.

En fait, malgré cette apparence pimpante, le chemin n'était plus carrossable que pour les tracteurs agricoles, tant il était défoncé, et les arbres semblaient souvent rabougris, des fils barbelés s'y étant en outre enkystés.

Tout à mon idée d'inclure dans ma restauration le renouvellement des arbres, j'ai donc fait abattre les chênes, souvent creux et malades, en question :

Mars 1993, abattage des chênes, ici un arbre creux.

On a ainsi retrouvé, dans nombre de ces arbres, les marques noires provoquées par l'impact d'une bombe américaine à la Libération :

Mars 1993, des marques noires troublantes.

En 1997, des travaux de terrassement ont permis de faciliter l'entretien du terrain derrière la charretterie...

16 novembre 1997, terrassements derrière la charretterie.

... et de rétablir un talus disparu en bas de l'allée :

22 novembre 1997, rétablissement du talus sur le faux-plat.

En 2008, 17 ans donc après l'achat de la Chaslerie, aucun compromis n'avait toujours pu être trouvé avec les frères VINCENT, les agriculteurs voisins. J'ai donc décidé de tourner la page et me suis résolu à envisager un déplacement de la chaussée de l'allée. Les tilleuls que j'avais déjà fait planter à l'arrivée sur le manoir ont donc dû, pour la moitié d'entre eux, être transplantés de quelques mètres vers l'Est :

18 janvier 2008, transplantation de tilleuls près du manoir.

Voici d'ailleurs l'un des frères LEMARINIER à l'oeuvre :

18 janvier 2008, transplantation de tilleuls.

Le terrassier JARRY est ensuite intervenu pour déplacer de 8 mètres vers l'Est l'un des deux talus de l'allée, celui à droite en descendant. Le voici au travail en bas de l'allée :

6 février 2008, déplacement du talus à droite en descendant.

et le voici en haut de l'allée :

6 février 2008,déplacement du talus et creusement du fossé à droite en descendant.

Lors de ce travail, nous étions convenus que Philippe JARRY devait sauver un maximum d'arbres du talus de droite, afin de ne pas trop déséquilibrer l'allée :

8 février 2008, de jeunes chênes sont replantés sur le talus.

Nous en avons également profité pour récurer les fossés et poser des drains le long de l'allée :

Depuis lors, nous nous sommes bornés à maintenir la chaussée en état carrossable, quitte à la rempierrer de temps à autre, comme ici en 2010 :

7 juin 2010, Bernard en train de rempierrer la chaussée.

Désormais, la future emprise de l'allée ne fait plus débat. Les travaux à venir vont consister à en déplacer la chaussée de 4 mètres vers l'Est et à planter des arbres de haute tige (essence à définir) de part et d'autre de cette avenue :

26 juillet 2010, l'allée principale vue de son extrêmité Sud.

Il faudra également préciser le tracé de l'allée lors de sa traversée de l'avant-cour ; c'est d'ailleurs pour me rendre compte des effets produits que, comme l'on sait, j'ai placé des blocs de granite sur la pelouse de l'avant-cour.

A ce stade, la priorité est donc de déposer la demande d'autorisation prévue par la réglementation. J'imagine que la réalisation pourrait intervenir avant l'été prochain.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 4 Novembre 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Chapelle - Charretterie - Murs divers
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Projets relatifs aux douves (5/10) :

Troisième étape de notre promenade : le mur Ouest de la douve Sud.

Lorsque nous avons acheté la Chaslerie, il était dans un bien triste état :

30 janvier 2007, état du mur Ouest de la douve Sud avant sa restauration.

Il fallait avoir le moral - n'est-ce pas ? - pour en entreprendre la restauration. Pourtant, cet état catastrophique n'était pas exceptionnel à la Chaslerie, avant que je ne reprenne les choses en mains (mais c'est là un autre sujet, sur lequel j'envisage de revenir en décembre prochain, pour marquer le 20 ème anniversaire de ma découverte du manoir...).

Voici le plan qu'en avait dressé la S.C.P. OLLIVIER-PELLE au début de 1992 :

Janvier 1992, la partie Ouest de la douve Sud.

On y lit les 4 mètres de dénivelé de la douve, au Sud de la chapelle. Les vestiges du mur n'y ont même pas été figurés, ce qui montre à quel point ils paraissaient dégradés aux yeux d'hommes de l'art.

A partir de l'automne 2007, CLaude MARTIN a mené à bien la restauration de ce mur, avec l'aide de Pascal que je venais alors de recruter. Voici les principales étapes de cette restauration :

- les premiers coups de pelleteuse pour récupérer les pierres et faire place nette :

23 novembre 2007, le démarrage du chantier.

Cette phase des travaux est assez impressionnante, je trouve :

23 novembre 2007, le terrassier fait rapidement place nette.

En une journée de terrassement, le paysage était transformé. Mais nous avions redécouvert des canalisations oubliées qui n'avaient pas résisté au choc...

23 novembre 2007, une journée bien occupée.

- Une première semelle en béton fut ensuite coulée...

29 novembre 2007, la première coulée de béton.

... puis, la première n'ayant pas semblé suffisante, une seconde :

4 décembre 2007, coulée de la seconde semelle de béton.

- Ensuite commença la remontée du mur :

10 janvier 2008, Pascal et Claude au travail.

Bernard venait parfois aider à charrier les pierres :

24 janvier 2008, toute l'équipe rassemblée.

Bientôt, le mur entre la chapelle et la douve fut emporté par le tourbillon... Parfois, il gelait sur le chantier mais cela n'interrompait pas nos compères :

14 février 2008.

- Il fallut mettre en place un regard pour pouvoir visiter les canalisations réparées :

15 février 2008, pose d'un regard.

- Bientôt, il fut temps de rétablir un dos d'âne en haut du mur :

6 mars 2008, on approche du but.

Les derniers fignolages, avant le rejointoiement :

7 mars 2008.

Enfin, un beau résultat, qu'on regarde ce mur de l'Est

19 décembre 2009, le mur des douves sous la neige.

ou de l'Ouest :

15 août 2009, effet de soleil levant derrière le mur Oust de la douve Sud.

Sur le mur Ouest de la douve Nord, c'est le même type de travaux qu'il faudra réaliser.

A l'expérience, peut-être conviendra-t-il d'y positionner plus bas la semelle de béton. C'est en effet le seul (petit) regret que j'éprouve après avoir restauré le mur Ouest de la douve Sud.

P.S. du 8 novembre 2010 : Lors de ma promenade d'hier, j'ai pris une photo de ce mur de l'intérieur de la douve Sud sous un angle inédit. Voici ce que cela donne :

7 novembre 2010, le mur Ouest de la douve Sud vu de l'intérieur de la douve.

Merci à Guy HEDOUIN et à la sympathique famille DESHAYES de prendre des nouvelles du vieil ours dans son antre ! Tout va rentrer dans l'ordre, petit à petit !

Voici des photos que j'ai prises ce matin au rez-de-chaussée de la cage d'escalier, à côté du w.-c. que M. DELTA avait remis en état de marche. On voit l'argile déposée sur l'affreux carrelage industriel, simili rustique et à joints en ciment, qu'avaient fait poser là mes prédécesseurs :

6 décembre 2010, le dégât des eaux.

Les meubles ont souffert, notamment au niveau de leurs pieds. L'eau qui ruisselait s'est en effet accumulée dans la cuvette en forme de pédiluve existant entre ce carrelage hideux et la pierre de seuil (c'est d'ailleurs, ici, un nouvel exemple de ce qui peut arriver quand on succède à des gens qui ont fait réaliser des travaux aussi stupides que moches) :

6 décembre 2010, une cuvette devant un w.-c., il fallait vraiment en avoir l'idée, chapeau bas !

Passons cependant aux choses plus réjouissantes.

Ce matin, Pascal est déjà à pied d'oeuvre, il remonte le chambranle gauche de la porte extérieure du bâtiment Nord. Il s'est excusé d'avoir mal coupé l'eau, comme je le lui avais pourtant demandé en temps utile...

6 décembre 2012, la porte extérieure du bâtiment Nord.

J'attends la visite de l'électricien E.J.S. Il doit commencer son intervention dans le bâtiment Nord et je souhaite être présent pour dialoguer avec lui. Rien n'est plus laid que des fils électriques installés sans goût, et l'on se souvient peut-être que j'avais congédié son prédécesseur pour cette raison.

J'attends aussi le retour de Roland BOUSSIN. Je voudrais qu'il me donne son avis sur un important lot de poutres, solives, arbalétriers et autres pièces de charpente que l'on me propose au démontage et à l'achat. Cela pourrait nous aider pour restaurer la ferme...

Je viens enfin de relancer Roland FORNARI. Il est au travail, le lustre de la charretterie est prêt, les idées sur les lanternes progressent, la grille du puits est terminée, les grilles de la façade Est sont en cours de montage (ou de modification), il poursuit ses réflexions sur la grande grille, donc tout va bien !