Message #44863

Guillaume OUDARD
rédigé le vendredi 19 octobre 2018
Livre d'or - Désultoirement vôtre ! - Nature (hors géologie)
Une photo ancienne de La Chaslerie sur l'arrière-plan de l'ordinateur de Monsieur Nicolas Gautier m'a permis de faire quelques rapprochements. Je situe désormais un peu mieux votre logis sur la carte de France. Je salue au passage votre investissement protéiforme de longue date et de longue haleine pour cette bâtisse. Le journal de bord du chantier pourrait remplir plusieurs tomes. L'actualité est occupée par les mouches, quatrième plaie d'Egypte. Quel remède ? S'il manquait un verre sur une fenêtre ?

N.D.L.R. : Merci pour votre message. Lorsque vous reverrez Nicolas, transmettez-lui, s'il vous plaît, mes amitiés.
Pour ce qui concerne les mouches, nous avons commencé à profiter du temps sec pour ventiler ces combles. En espérant que cela améliorera la situation.

Commentaires

Guillaume OUDARD
rédigé le lundi 22 octobre 2018
Je comprends vos raisons que le cœur ne connaît pas : un chantier a ses priorités, ses contraintes dont le budget n'est pas la moindre.
L'enduit est la vêture de l'architecture, et il ne serait venu à l'esprit de personne de laisser sa maison toute nue, les fesses à l'air oserai-je dire. La mode a beau l'imposer ou s'imposer, il y a quelque mérite à suivre son goût avant celui des autres.
On est libre de penser également qu'on peut laisser quelques travaux aux générations suivantes : Paris ne s'est pas fait en un jour.
Et pour goûter aux enduits, commencer par un petit édifice, comme la chapelle : "Messire Dieu, premier servi" !
Que du bonheur en perspective !
Bonne continuation dans la suite de vos travaux.
Cordialement
Guillaume OUDARD
rédigé le dimanche 21 octobre 2018
Votre réponse sur les enduits me rassure. Loin de moi l'idée de vous forcer la main, de vous imposer quoi que ce soit. Nicolas sait user de rondeur pour parvenir à ses fins : gant de velours.
Sur le fond, vous êtes plus qu'à moitié convaincu. Un ABF vous trouverait une subvention qui traînerait depuis des lustres au fond d'un tiroir, sans emploi ni destination aucune que vous seriez partant. Vous avez même une référence littéraire pour justifier cette restauration, sans compter les sources d'archives.
Et puis, disons-le, en l'état, c'est vous qui le dites également, votre logis fait époque XXe siècle, style "Modes et Travaux". C'est un peu dommage. Et ça se corrige. J'ai même l'espoir de pouvoir découvrir un jour, sur votre blog une photo du résultat qui sera, je n'en doute pas surprenant de beauté.
Cordialement et bon dimanche !

N.D.L.R. : Je ne suis pas trop inquiet pour l'aspect "Modes et Travaux". Je le corrige, pour l'essentiel, à l'intérieur du monument. A l'extérieur, force est de reconnaître que, dans le secteur, pas un seul M.H. n'a, ce me semble, échappé à la "grande pelade" en question. On pourrait même voir là un "parti architectural" de restauration, entendu comme dans la "loi de FORNARI" - qui me plaît assez - selon laquelle "une erreur répétée est un parti architectural".

Vous voyez que je suis beaucoup moins fana que vous ne l'avez pensé de rétablir des enduits extérieurs sur notre manoir favori. En fait, la restauration d'un monument comme celui-ci, qui a été beaucoup charcuté au fil des siècles, et pas toujours de façon cohérente (aux matériaux près, Dieu merci !) pose fondamentalement la question de l'époque sur laquelle caler de nouveaux travaux. Pour ma part, j'aurais bien aimé viser 1598 mais, même sur le logis, ce choix aurait conduit, selon moi, à des bidouillages affreux ou à un programme beaucoup trop important pour mes moyens. Après avoir bien étudié le problème sous tous ses angles - du moins je le crois - nous avons retenu l'époque Transition, c'est-à-dire celle de la plus grande prospérité des LEDIN. Donc peut-être, au mieux, celle des enduits unis.

Quant aux subventions, sachez que le taux moyen des subventions sur l'ensemble des travaux que j'ai réalisés depuis 1991 (pour un nombre significatif de fois le prix d'achat...) doit être de quelque chose comme 11 %, à un poil près. Pas génial, n'est-ce pas ? Je précise en outre que, vue de ma fenêtre, l'époque où un A.B.F. pouvait sortir une belle enveloppe de son chapeau paraît hélas révolue, si du moins elle a existé. (Aujourd'hui, les pouvoirs publics me sembleraient plutôt décidés à rogner les ailes des A.B.F., comme vous l'avez sans doute noté. Ce serait d'ailleurs à se demander ce qui a bien pu causer une telle vengeance qu'on imagine longuement ruminée...).
Jacqueline X.
rédigé le samedi 20 octobre 2018
Bonsoir,

En ce qui concerne votre avalanche de mouches je pense qu'il faut chercher une source d'asticots, il y en a trop pour que ce soit fortuit.

Avez vous une nid de chouette ou alors des rongeurs qui seraient venus trépasser dans le secteur.

Il faudrait regarder avant que les larves se transforment, donc l'an prochain, j'ai détecté un nid de fourmis avec des débris de larve qui tombaient à chaque ouverture de fenêtre, le nid se trouvait entre le bâti et la pierre de façade, j'ai eu bien du mal à m'en défaire, les écolos ayant éradiqué tout commerce de produits efficaces. Il a fallu traiter plusieurs fois jusqu'au dernier oeuf éclos.

Bonne fin de week-end

Cordialement

JG
Guillaume OUDARD
rédigé le samedi 20 octobre 2018
Je le revois lundi matin, aussi je n'y manquerai pas. Une petite question de néophyte : je m'étonne de voir les pierres apparentes sur vos murs extérieurs. D'après les photos anciennes, il devait y avoir un enduit, au moins sur le corps de logis, non ? Et Nicolas Gautier qui est un fervent défenseur des enduits, je m'étonne qu'il n'ait pas fait des pieds et des mains pour les maintenir...ou vous les recommander vivement...ou vous les prescrire d'office !

N.D.L.R. : Vous avez bien sûr raison de poser ces questions. Et Nicolas, qui est un illustre fana d'enduits, a même phosphoré sur le rétablissement d'enduits qu'il a supposés bicolores à l'origine.

Mais l'affaire est plus compliquée qu'il n'y paraît.

Pour ma part, je pense que les photos anciennes qui ont inspiré ces remarques montrent qu'il a dû y avoir deux enduits successifs sur le logis :
- l'un, sans doute contemporain de sa construction (reconstruction d'après moi), donc vraisemblablement daté de 1598, recouvrait l'extérieur du logis (au moins du côté qui est devenu la cour) à l'époque où le logis avait une forme de "L" ; il était à damiers mais je ne suis pas persuadé que ce cloisonnement était exprimé par des couleurs différentes ;
- nous savons que le retour du "L" a disparu au début du XVIIIème siècle, époque à partir de laquelle le logis n'a plus eu qu'une forme rectangulaire (aux deux tours près) ; en ce temps-là, les LEDIN étaient prospères et il ont mis ce qui restait du logis au goût du jour, y compris en en modernisant les ouvertures ; je pense qu'à cette occasion, ils se sont contentés d'un enduit uni ;
- mais l'absence d'entretien de la Chaslerie pendant des décennies postérieures à la vente du "Bien National", plus l'incendie de 1884, ont dû conduire les propriétaires du début du XXème siècle, les LEVÊQUE, à faire disparaître ce qui restait des enduits ; disons que les années où le plus "dynamique" d'entre eux a sévi voyaient le triomphe de la revue "Modes et Travaux", d'où, entre autres, le recours massif au ciment. J'ai donc acheté la Chaslerie sans ses enduits en 1991 (à une petite plaque près, sur le mur Sud du logis).

Quant à l'idée de doter de nouveau la Chaslerie d'enduits, unis ou bicolores, elle n'entre pas dans mes projets, même si je reconnais qu'il serait bon, sur un plan général, de faire reculer ce que l'écrivain, esthète et polémiste Renaud CAMUS, par exemple, appelle à juste titre la "grande pelade" des bâtiments anciens.

Les raisons pour lesquelles je ne donne pas suite à une telle suggestion tiennent principalement au fait que j'ai d'autres urgences, notamment celle d'accroître la superficie habitable (elle stagne toujours à 65 m2...) alors que mes moyens financiers sont des plus comptés désormais.

Pour dire les choses plus simplement, j'ai passé 26 ans de ma vie à m'occuper des extérieurs de notre manoir favori, ce pour quoi je ne reçois que des éloges de tiers. Il me paraît temps de passer aux intérieurs où il y a fort à faire.

Quant à l'idée que quelqu'un, fût-ce Nicolas GAUTIER, puisse m'imposer des travaux sans que j'adhère au projet, elle relève d'une vue de l'esprit comme tous ceux qui me connaissent personnellement, à quelque titre que ce soit, pourraient, je pense, vous le confirmer.