Bâtiment Nord

En cette aube de l'année 2019, notre chantier favori traverse deux zones de turbulence, affectant deux problématiques critiques conditionnant directement la suite des opérations sur le terrain. En effet, à ce jour :

- je n'ai pu obtenir du dernier architecte du patrimoine auquel j'ai dû recourir la moindre contribution écrite de nature à encadrer comme il conviendrait le travail des artisans, c'est-à-dire qui leur soit opposable, avant la mise en fabrication des menuiseries extérieures du logis ni le moindre effort significatif pour m'aider à résoudre d'autres questions dont l'urgence, signalée dès notre premier contact, il y a neuf mois, ne fait aucun doute ; ce ne sont pourtant pas les relances, de mon côté, ni les promesses d'y pourvoir, du sien, qui auront manqué. Suite à une demande plus récente, je n'ai pas eu plus de succès pour obtenir de lui le moindre début de définition d'un calendrier quelconque de préparation des dossiers requis par les textes.

- le dialogue avec le foreur a été momentanément (?) interrompu après que je lui ai demandé certains éclaircissements techniques sur la qualité de son travail et les incidences de ses résultats.

Il paraît encore possible que, dans l'un et l'autre cas, la situation évolue favorablement après les fêtes mais je n'en ai pas la certitude. Bien entendu, dès qu'elles me parviendront, je ferai part des nouvelles que j'attends.
La présentation que j'ai faite des difficultés rencontrées avec le dernier architecte du patrimoine soulève bien entendu la question de savoir ce qui a bien pu se passer pour que nous en arrivions là. Après tout, je n'ai cessé et je continuerai de souligner la sympathie que j'éprouve pour l'individu et de reconnaître les compétences du technicien. En face de cela, on sait que je suis souvent exigeant pour mes contreparties, dès lors que je les trouve en défaut, et aussi que j'ai dû, contre mon gré, continuer de supporter seul de mon espèce la pression de ce chantier auquel j'ai déjà donné beaucoup des dernières 27 années de ma vie, ce qui ne me rend pas béatement patient.

Je vais tâcher d'expliciter les positions, et de le faire de la façon la plus impartiale dont je sois capable. Je pense qu'une telle clarté peut être utile pour recoller les morceaux, si faire se peut encore car nous sommes parvenus à un instant de vérité dans cette relation qui, dans l'immédiat, conditionne la poursuite sereine du chantier.

De ce fait, ma démarche vise à la compréhension de ce qui s'est passé, et non à la préparation d'une accusation qui ne serait nullement dans mes intentions. En outre, si j'entends ne faire état ici que de faits et, si cela me semble utile, d'appréciations, il est non moins clair que je ne puis traiter que de ma relation directe avec l'architecte du patrimoine en question et que je ne me sens nullement habilité à traiter, même sur un mode suggestif, de questions plus générales comme le fonctionnement de son cabinet ou encore ses relations avec d'autres artisans que ceux intervenus sur mon chantier ou, surtout, avec d'autres clients. (A suivre)

P.S. : Je compte compléter ce message dès que j'en trouverai le temps. Il n'est, bien sûr, pas facile à rédiger. On voudrait en effet être précis sans, pour autant, manquer de tact.

Je vais commencer par copier ce message dans les pages "Privé" où je pourrai travailler tranquillement à sa rédaction, en la corrigeant autant de fois que cela me paraîtra nécessaire et utile. Puis, lorsque je serai arrivé à un texte suffisamment satisfaisant à mes yeux, je le rebasculerai ici. Quitte, bien sûr, à l'y corriger encore si j'en éprouve le besoin.

Tout cela va me prendre un jour ou deux car il faut que je puisse me référer à mes écrits antérieurs (courriels, S.M.S., messages mis à l'abri des regards tiers dans les pages "Privé" de notre site favori, comme je le fais parfois), étant entendu que tout n'a pas été consigné, donc qu'il me faudra sans doute faire également appel à ma mémoire, ce qui ne pourra qu'affaiblir la certitude de mon propos ; je le signalerai alors.
François LAUTOUR m'a rendu visite ce matin. Je lui ai montré les forages, en ai détaillé les résultats, tels du moins que je les connais, puis lui ai fait lire le devis d'un plombier.

Selon lui, je n'ai pas de souci à me faire à propos d'un chauffage par aquathermie réalisé dans de telles conditions.
Je poursuis la rédaction d'un message délicat. Cela m'amène à me replonger dans toutes les pièces du dossier.

Puisque la lecture de ma rédaction actuelle est autorisée aux seules personnes ayant accès aux pages "Privé", à savoir mes fils, j'ai demandé à mon aîné de m'indiquer si, compte tenu des pièces que j'ai exhumées, il considère que je charrie ou si, au contraire, il trouve que j'ai raison.

Le nez sur le guidon, je ne suis sans doute pas le meilleur juge. Et mon aîné est, d'ordinaire, suffisamment critique de mon comportement général pour que je puisse penser qu'il ne me passera rien.

P.S. (du 4 janvier 2018 à 10 heures) : Interrogé à l'instant, le fiston me dit que mon début de message est trop touffu et que le plan de ma rédaction n'apparaît pas assez clairement. C'est sans doute vrai, il faut que ça décante...

Je vais quand même faire un "break", vu que je bosse là-dessus ce matin depuis 4 bonnes heures "non stop".
J'évite de recourir aux somnifères pour ne pas m'habituer à cette drogue. De plus, le somnifère que j'utilise, le "Donormyl", est, je crois, assez bénin. Enfin, lorsque je me résous à en ingurgiter, je n'en absorbe jamais qu'un demi-comprimé au plus.

Comme cette histoire d'architecte entravait mon sommeil depuis plusieurs jours, j'ai avalé un demi-comprimé hier soir. Et grand bien m'en a pris. Au réveil ce matin, j'ai une idée lumineuse qui devrait, je pense, permettre de débloquer la situation. En fait, une idée de compromis.

Avant de la coucher sur le papier et de la proposer, il faut encore que je travaille au bilan de cette affaire. Pour le simple bon ordre de mes dossiers, puisque c'est ainsi que je procède toujours. Et puis je vais devoir participer à Paris à l'anniversaire de mon second petit-fils, ce qui va ralentir ma production.

Mais je devrais être prêt à présenter mon offre dans le courant de la semaine prochaine. A suivre donc.
Cela m'a bien réussi de prendre un demi comprimé de "Donormyl" hier soir. Je vais recommencer ce soir afin d'être en pleine forme demain pour avancer dans mon pensum.

En fait, je ne mettrai pas en ligne (autrement qu'en pages "Privé") le détail de mon analyse. Il me paraît clair qu'agir autrement rendrait vain tout effort de recoller les morceaux.

Lorsque j'aurai terminé cette analyse qui pourra être très complète et factuelle tant sont nombreux les matériaux accumulés, je pourrai articuler ma proposition.

Pour dire les choses clairement et donner une idée de ce que j'ai derrière la tête, il me semble urgent de définir un nouveau cadre, très simplifié, pour mes relations avec l'architecte.

Je pense qu'il ne faut pas chercher à blinder le dossier au moyen d'un cadre contractuel complet et pérenne mais qu'il suffirait pour avancer que :
- de mon côté, je précise clairement les parties du chantier qui me paraissent devoir être réglées prioritairement ; on se bornerait, du moins dans un premier temps, à ne contracter qu'à propos de celles-ci ;
- du côté de l'architecte, on s'engage fermement à tenir un calendrier suffisamment serré sur ce programme ainsi limité en s'en donnant enfin les moyens.

Si l'expérience se révèle probante, vue de mon côté, c'est-à-dire gérable du côté de l'architecte, nous aurons fait un grand pas en avant qui pourra être réitéré.

Sinon (ou si le blocage actuel devait se prolonger), j'espérerais que l'architecte m'aide effectivement à lui trouver un successeur en toute sérénité. Si possible aussi sympathique que lui et aussi compétent sur le plan technique.

Mais il vaudrait mieux, quand même, que je ne rêve pas trop.
Je continue à réfléchir à mon projet de lettre à l'architecte. Je voudrais trouver le ton juste pour arriver à le convaincre qu'il est aussi de son intérêt de débloquer la situation.

Il faudra donc, sans doute, que je n'évoque que par allusions le calendrier antérieur. Ce n'est pas le plus facile pour moi qui, par caractère, suis enclin à mettre les points sur les "i" d'une façon qui peut être contre-productive.

J'ai toujours été comme cela. Je me rappelle ainsi une réflexion de Mme HETTIER de BOISLAMBERT à ma mère, vers 1960, à propos de mes dessins d'enfant : elle notait que mes couleurs étaient fortement appliquées et nettement délimitées. Du DERAIN plus que du Marie LAURENCIN, en quelque sorte. Par comparaison, ma sœur donnait dans le genre pastel.
Mon projet de courriel à l'architecte est prêt. J'y présente des excuses pour mes torts ("if any", Nicodème, comme tu me l'as recommandé). Surtout j'y formule une contre-proposition qui me paraît simple et de bon goût.
CQFD
(Je me donne encore 24 heures pour laisser ma prose décanter.)
A la réflexion, pourquoi attendre davantage ?

C'est parti, mon kiki !

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : mercredi 9 janvier 2019 18:43
À : Arnaud Paquin Architecte
Objet : Chaslerie - Proposition de déblocage de la situation


Monsieur,

Je souhaite revenir sur nos derniers échanges pour voir avec vous s’il serait possible de poursuivre notre collaboration, quitte à en adapter les modalités. Cela me paraitrait en effet souhaitable pour chacun de nous deux

En premier lieu, je voudrais vous présenter mes excuses pour les termes que j’ai pu employer dans mes échanges avec vous à la fin de l’année dernière et qui ont pu vous heurter à une période où vous-même aviez des soucis familiaux que j’ignorais. J’espère que ceux-ci ont pu s’estomper et forme le vœu que votre année 2019 se déroule sous les meilleurs auspices.

Concrètement, il me semble que nous pourrions nous contenter, au moins dans un premier temps, de borner cette collaboration à la restauration des menuiseries extérieures de la Chaslerie. Celles-ci sont classées donc nécessitent l’intervention d’un architecte du patrimoine et il me semble que, prenant le relais d’un de vos confrères, vous avez su diagnostiquer le caractère inapplicable en l’état de préconisations de ce dernier et engager avec les artisans concernés un dialogue utile pour y remédier. Votre dernier courriel me confirme que vos idées sont très claires à ce sujet, de sorte qu’il ne devrait pas être long ni difficile pour vous de débloquer la situation en couchant vos idées par écrit, sous forme d’un document qui permettrait à la D.R.A.C. d’assurer le « contrôle scientifique et technique » dont elle est en charge et aux artisans de ne pas avoir de doute sur leur commande. Comme, rien que sur le logis, il existe une vingtaine de fenêtres de modèles très proches, il ne devrait pas être gênant pour vous que votre mission couvre également les ouvertures de l’aile Ouest (notamment au niveau des lucarnes du colombier) où la problématique est identique ainsi que des portes dont l’état sanitaire est préoccupant, l’une d’entre elles posant en outre, comme vous le savez, un problème urgent de sécurité.

Sur un tel programme, nous pourrions confirmer votre mode de rémunération, étant signalé que je ne vois pas pourquoi, en dépit de votre offre généreuse, je ne devrais rien vous régler au titre de l’ « esquisse » du « projet » de restauration de l’aile Ouest que vous m’avez remise il y a six mois et que je considère comme la meilleure qu’il m’ait été donné de voir à ce jour.

Au-delà de ce programme, j’envisagerais si, comme je le comprends, vous n’êtes pas disposé à prendre les engagements dont j’ai besoin sur un calendrier de livraison de vos prestations, de confier la maîtrise d’œuvre à un (ou une) architecte qui ne soit pas nécessairement architecte du patrimoine mais qui aurait néanmoins le goût et la compétence indispensables pour traiter de vieilles pierres. La réglementation l’autorise puisque tous les travaux de cette catégorie porteront en effet sur des parties seulement inscrites.

Je désirerais néanmoins que, si vous faisiez vôtre cette dernière orientation, le passage du relais à un (ou une) tel(le) architecte pour les seules parties inscrites s’effectue dans les meilleures conditions de confraternité possibles. A ce titre, je tiendrais le plus grand compte de vos indications sur l’identité possible du successeur, identité que je ne manquerais pas de solliciter de votre expertise.

En tout état de cause, je me déclare disponible pour vous rencontrer, y compris à votre cabinet si vous le préférez, afin que nous puissions officialiser un accord de ce type et dans cet esprit. Bien entendu, toute autre hypothèse demeurerait envisageable dès lors qu’elle permettrait de débloquer la situation.

Cordialement,

PPF

(Fin de citation)
La réponse n'a pas tardé :

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : mercredi 9 janvier 2019 22:55
À : Arnaud Paquin
Cc : C.F. : T.F.
Objet : RE: Chaslerie - Proposition de déblocage de la situation

Merci beaucoup. Je suis heureux de cette réponse qui réjouira de nombreuses personnes.

Bien cordialement,

PPF

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De : Arnaud Paquin <arnaudpaquin.architecte@gmail.com>
Envoyé : mercredi 9 janvier 2019 22:39
À : 'Pierre-Paul Fourcade'
Objet : RE: Chaslerie - Proposition de déblocage de la situation


Bonsoir Monsieur,

Je vous remercie pour votre message dont je viens de prendre connaissance.

Je suis d’accord sur le principe de reprendre notre collaboration en ce qui concerne les menuiseries extérieures du logis et celles de l’aile ouest. J’ai à cœur en effet de finaliser cette mise au point avec les entreprises et de pouvoir concrétiser leur fabrication avec ces artisans qui sont de grande qualité. J’établirai donc, dès que possible, le compte rendu de la mise au point technique avec le dessin des corrections nécessaires sur la base de mes notes, que j’ai conservées, et des plans de mon confrère B. Maffre dont j’ai les fichiers informatiques.

Pour le reste, je vais réfléchir avec vous prochainement à la meilleure façon de procéder. Je serai très pris jusqu’au 20 janvier et nous pourrions avoir un rendez-vous après ce terme. Ce qui ne m’empêche pas d’y réfléchir, en particulier à la collaboration éventuelle avec un confrère.

Je vous adresse mes plus sincères salutations et vous souhaite une bonne nouvelle année.

Bien cordialement,

Arnaud PAQUIN architecte D.P.L.G.
architecte du Patrimoine DSA Chaillot.
2, rue du Collège 50300 AVRANCHES
Tél. 02 50 26 01 32
arnaudpaquin.architecte@gmail.com

(Fin de citation)