Archives, histoire, documentation

Détail chantourné du décor de la cheminée du salon du manoir de La Cousinière (Orne) :

© Cécile Dégremont


N.D.L.R. : La Cousinière, les plus belles menuiseries intérieures et boiseries que je connaisse dans le Domfrontais. Heureux d'en voir ici une photo. Les Anciens avaient beaucoup de talent !
Connaissance des arts
rédigé le Mardi 3 Aout 2021
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Joyau des Alpes, un château du XIIIe siècle remanié par Vauban vendu 661 000 euros aux enchères :

La forteresse du XIIIe siècle, renforcée par Vauban au XVIIe siècle, était estimée entre 2 et 3 millions d'euros.

Le 15 avril dernier, le Fort Queyras, situé dans le département des Hautes-Alpes (05) a été vendu aux enchères judiciaires par le tribunal de Gap à une société immobilière d’Aix-en-Provence. Pour rembourser ses dettes, François Marty, l’ancien propriétaire, a été contraint de vendre ce « joyau des Alpes », comme beaucoup aiment à l’appeler.

N.D.L.R. : "Sic transit gloria mundi" !
Jean-Pierre ARBON
rédigé le Mardi 3 Aout 2021
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Barjac : commentaires et commentaire sur les commentaires
Publié le 3 août 2021


Barjac : la cour du château (le jour suivant)


Nous devions jouer La Fontaine / Brassens dans le cadre magnifique de la cour du château. Mais il a plu. C’est donc sous le chapiteau prévu pour servir de repli que nous nous sommes installés.

Claude Juliette Faivre, en chroniqueuse avisée du festival de Barjac, a rendu ainsi compte de la chose : « Marie-Christine Barrault et Jean-Pierre Arbon vont de sauts en gambades dans les Fables de La Fontaine et les chansons de Brassens. C’est un régal que de voir se mêler l’art du fabuliste et celui du croque-note… J’avoue avoir un goût pour les textes de chansons recréés lorsqu’ils ne sont plus chantés… Ici c’était assez magistral ! Deux excellents comédiens…
Au passage, j’ai trouvé le spectateur un peu frileux, un peu coincé sous son masque sur ce coup là… J’avais tellement envie de fredonner, de bouger sur les chansons de Brassens…»

Le public de Barjac est un public spécial : composé d’amateurs de chanson française pour la plupart extrêmement avertis. Avec, concernant Brassens notamment, ceux qui acceptent qu’on le « revisite » (je crois que c’est la grande majorité), mais aussi ceux qui se posent en intraitables gardiens du temple face au plus petit changement de phrasé ou à la moindre altération d’une harmonie.

Ces derniers argumentent que les chansons de Brassens étant parfaites dans leur écriture (texte et musique) ainsi que dans l’interprétation qu’en a donnée le maître, tout écart aboutit nécessairement à du moins bien. « On l’a bien vu hier soir ! » s’est exclamé l’un d’eux au cours d’une causerie avec Joël Favreau (le guitariste de Brassens) le lendemain du spectacle. Et un autre, résumant ce sentiment, écrit sur FB : « Brassens massacré ».

J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion d’expliquer qu’à mon sens, mettre Brassens dans la continuité de La Fontaine (et sur un pied d’égalité avec lui), et jouer de leur proximité jusqu’à parfois les faire se confondre supposait de rapprocher leurs voix et leurs phrasés. C’est donc ce que j’ai fait. Et puis, quitte à chanter les chansons d’un autre, autant se les approprier et les chanter comme si soi-même on les avait écrites. Ça m’a d’ailleurs pris beaucoup de temps de m’écarter de l’interprétation originale pour en proposer ma propre version. Elles y ont pris des couleurs nouvelles et un aspect parfois inattendu. Je conçois que cela puisse surprendre, et même en déranger certains.

Mais s’il est vrai qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, il arrive aussi qu’on ne déplaise pas à tout le monde non plus. « Une réussite exceptionnelle », « Fabuleuse soirée ! Un immense bravo ! » « Barrault, rayonnante… Arbon, que je découvre, magistral ! Merci pour cette soirée ! »

Ne négligeons pas les critiques, et surtout pas les bonnes.
Des véritables raisons de nos choix
Publié le 5 août 2021


« Nous ne tendons pas vers une chose parce que nous la jugeons bonne, nous la jugeons bonne parce que nous tendons vers elle ». Cette réflexion de Spinoza explique à mon sens pourquoi la plupart de nos discussions sont inutiles. Dans la vie courante, nos idées procèdent de notre tempérament et des dispositions de notre caractère. La raison, que nous brandissons pourtant haut et hardiment, n’y tient en vérité qu’une modeste part. De sorte que dans les positions que nous prenons, le mouvement premier, le choix de départ, est un choix d’affinité ou de désir.

Pour convaincre un interlocuteur du bien-fondé de ces positions, nous nous efforçons néanmoins d’user d’arguments rationnels, avec plus ou moins de bonheur. Il est rare en effet que l’exercice entraîne l’adhésion de qui que ce soit. Ceux qui croient blanc s’agrègent entre eux sans qu’il soit besoin de les persuader, ceux qui croient noir font de même, et l’on ne passe qu’exceptionnellement d’un groupe à l’autre tant la question de la préférence pour blanc ou pour noir relève davantage de facteurs irrationnels que de la seule analyse ou de l’examen des faits.

La présente controverse sur les vaccins contre le Covid en fournit une excellente illustration. Les vaccinés font confiance à la science, à l’intelligence, à l’ingéniosité humaine ; les « antivax » s’en méfient et se demandent à qui le crime profite. Les uns et les autres en disputent abondamment, ils échangent articles, études et chiffres, et finissent par s’époumoner sur leurs contradicteurs, alors que leurs logiques ne sont tout simplement pas conciliables. Leurs présupposés ne sont pas les mêmes, ni leur degré d’insouciance, de préoccupation, d’inquiétude, ou de paranoïa.

Même au sein des familles, on se fracture sur le sujet presque aussi nettement et violemment qu’on l’avait fait autrefois au moment de l’affaire Dreyfus. Peu importe que personne ne sache réellement de quoi il retourne : le débat sert d’exutoire aux angoisses, de déversoir aux aigreurs, de défouloir aux antipathies.

© Caran d’Ache

N.D.L.R. : Paroles d'un sage.