Archives, histoire, documentation

Dans le numéro de "Ouest-France" du jour, il est question d'un de mes anciens élèves à l'E.N.A. (si mes souvenirs sont bons, je lui enseignais les "Problèmes budgétaires et fiscaux" alors que je venais juste de recevoir mon diplôme, ce qui ne manquait pas d'un certain culot de ma part ; et d'une certaine audace de la part du directeur des études qui m'avait propulsé là) :

D'après l'article, il serait reproché à ce haut fonctionnaire en position d'activité d'avoir oublié son devoir de réserve en s'exprimant, à propos d'un projet de loi actuellement débattu au Sénat, dans les termes suivants : "Le projet de loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure" et "A titre personnel, je ne suis pas sûr que cette loi favorise les repères auxquels aspirent nos concitoyens".

Je fais l'hypothèse que les propos ainsi rapportés sont exacts et expriment convenablement ce que ce préfet de région a dit en public.

Moi qui me considère libre d'exprimer, dans le cadre fixé par la loi, et en vertu d'une liberté fondamentale, telle que garantie par la Constitution, toute opinion sur quelque sujet que ce soit, je voudrais dire ce que je pense de cette affaire où un important élu local a souhaité que ce haut fonctionnaire soit démis de ses responsabilités.

La première phrase reprochée, si elle ne me paraît pas nécessairement tournée de façon optimale, c'est-à-dire compréhensible par tout un chacun, me semble exacte, donc inattaquable, s'il s'agit des questions éthiques tournant autour de l'autorisation de la P.M.A. ou de la G.P.A. En effet, dès lors que les progrès de la science rendent possibles des situations que la nature n'avait pas générées spontanément jusqu'alors, il y a bien, à mon sens, possibilité d'une évolution forte et rapide des mentalités. La question, particulièrement délicate, serait de savoir si autoriser des travaux pratiques autour de telles nouvelles compétences est souhaitable ou non. Voire, plus profondément, d'évaluer si de nouvelles réglementations seraient applicables, si tant est que l'on sache quelles règles édicter.

Sensible aux thèses défendues en la matière par divers bons auteurs, dont mon ancienne "amie Facebook" Marie-Anne FRISON-ROCHE, j'ai longtemps été persuadé que permettre aux lois du marché, "a fortiori" du marché noir, d'étendre leur emprise aux mécanismes de la procréation ne pouvait aboutir qu'à des catastrophes, en termes d'éthique personnelle comme de civilisation.

Mais la lecture récente de la partie écrite par Laurent ALEXANDRE du "livre à quatre mains" sur l'intelligence artificielle a ébranlé ces convictions. L'application que fait cet auteur de l'extrapolation dans le temps de la loi de MOORE sur la croissance de la puissance de calcul des ordinateurs, plus le constat que le monde chinois ne s'embarrasse pas des mêmes interdits moraux que les Européens font, à eux deux, que l'on doive, semble-t-il, admettre qu'en tout état de cause, il devient nécessaire de s'accoutumer à de tels "glissements de l'espèce humaine" (j'appelle cela ainsi, faute de meilleure expression qui me vienne sous la plume) parce qu'ils sont d'ores et déjà engagés avec force et efficacité par d'autres.

La seconde phrase reprochée me paraît tout autant admissible en ce qu'elle exprime une opinion personnelle, clairement déclarée comme telle.

Mais le reproche fait à ce haut fonctionnaire ne porte pas, me semble-t-il, sur la justesse de ses propos mais sur le fait qu'il les a exprimés de façon publique, dans une circonstance officielle où c'est bien en qualité de préfet de région qu'il a parlé.

A mes yeux, c'est là et uniquement là que peut être fondé un reproche justifiable : avoir fait état en public d'une opinion personnelle sur un sujet délicat faisant débat.

Pour autant, le comportement en question justifierait-il une sanction grave ?

En ces temps où les pintades volent bas, il est imaginable qu'en haut lieu, on veuille faire un exemple. Ne serait-ce que pour montrer qu'un principe général est appliqué dont on puisse rapidement, et dans un tout autre contexte, se prévaloir.

Je suppose que la suite des événements pourrait nous l'apprendre assez vite, bien que je pense que les plus hautes autorités de l'Etat ont su faire preuve d'une extrême patience quand elles l'estimaient nécessaire dans d'autres circonstances où garder son sang-froid était essentiel.

Mais que cela ne nous empêche pas de réfléchir, aussi bien et sincèrement que nous le pouvons, au fond du débat, c'est-à-dire aux perspectives que nous ouvre et aux dangers pour l'espèce humaine que peut recéler le transhumanisme. Sans parler des risques de débordement et d'assujettissement irréversible d'Homo Sapiens par des robots.

P.S. : (Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : jeudi 23 janvier 2020 19:12
À : Dominique Lemaire
Objet : Pour avis

Cher Domino,

J'aimerais bien qu'en ta qualité de brillant archicube, tu donnes ton avis sur mes élucubrations : https://www.chaslerie.fr/blog/message/47868

Amitiés,

PPF

(Fin de citation)
J’ai toujours pensé que l’humour constituait la plus puissante des armes contre la bêtise, l’obscurantisme, le fanatisme, le désespoir, l’absurdité de l’existence et Terry Jones fut sans conteste l’un des plus brillants soldats de cette cause au sein de la merveilleuse et pacifique armée des Monty Python.

N.D.L.R. : Le sage a dit : "On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui".

J'en ai encore reçu une illustration intéressante, bien qu'assez inattendue, du moins par moi, et pas plus tard que ce matin.

Peut-être aussi faudrait-il se méfier également des gens qui, avec beaucoup d'insistance, vous disent ou, même, vous écrivent à tout bout de champ qu'ils apprécient votre franchise. Il n'est pas exclus qu'ils puissent être les mêmes.

N.D.L.R. 2 (à 21 h 30) : Je viens d'avoir mon aîné au téléphone. Je lui avais préalablement transmis la copie d'échanges de courriels de ce matin afin qu'il puisse, à tête reposée et en faisant abstraction de tout ce qui peut biaiser ma propre appréciation, me donner son avis sur le clash en question.

Son avis est clair : il n'y avait pas lieu de prendre la mouche après mon courriel de la veille (qui a amusé mon aîné) ; mon interlocuteur aurait donc adopté une position injustifiée.

Voici qui me soulage après que j'ai essayé plusieurs fois, sans y réussir, de joindre téléphoniquement mon interlocuteur pour essayer de recoller les morceaux. Mais, au moins à propos de cette affaire, me voici conforté dans ma propre appréciation.

C'est bon d'avoir quelqu'un avec qui pouvoir échanger dans de tels cas.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 27 janvier 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Anecdotes - Références culturelles
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(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : lundi 27 janvier 2020 05:13
À : mediatheque.flers@flers-agglo.fr <mediatheque.flers@flers-agglo.fr>
Cc : accueil@flerstourisme.fr <accueil@flerstourisme.fr>
Objet : Concours d'orthographe du 8/2/20 au centre Madeleine-Louaintier

Bonjour !

Je souhaite m'inscrire, dans la catégorie "seniors amateurs", à la 6ème édition du concours d'orthographe "N'ayons pas peur des mots".

Cordialement,

Pierre-Paul FOURCADE
La Chaslerie
La Haute Chapelle
61700 - Domfront-en-Poiraie
06 12 96 01 34

(Fin de citation)
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : lundi 27 janvier 2020 09:09
À : (...)@college-de-france.fr
Cc : Carole Fourcade
Objet : RE: château

Chère Madame,

Merci beaucoup pour ce conseil que je vais m'empresser de suivre.

Merci beaucoup, également, de nous admettre dans le cénacle de vos amis, nous permettant ainsi de dialoguer avec des personnes passionnantes. A ce propos, puis-je vous demander le nom de la dame en rouge, "fieffée" du côté de Honfleur ?

Nous sommes en travaux à Paris (pour quelques semaines encore) et en Normandie (pour beaucoup plus longtemps). Mais nous aimerions beaucoup vous inviter chez nous, notamment pour vous présenter des amis qui pourraient vous aider si (...). Auriez-vous une date disponible à partir du début du printemps prochain ?

Respectueusement,

PPF

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De : (...)@college-de-france.fr
Envoyé : lundi 27 janvier 2020 08:53
À : penadomf@msn.com <penadomf@msn.com>
Objet : château

Cher ami,

Après votre départ, hier, nous avons parlé de votre problème (...) à notre ami (...) et il s'en est étonné. Je pense que vous devriez lui téléphoner car il pourrait vous préciser vos droits.
Claude était professeur d'architecture à la Sorbonne, ami d'Alexandre Gady, et très au courant des lois. Époux de (...) que nous connaissons par France Culture.
Leur numéro de téléphone est le (...).
En espérant que cela puisse vous être utile.

Merci encore pour les chocolats et votre présence,

Amitiés à votre épouse et à vous,

(...)

(Fin de citation)
Jean-Pierre ARBON
rédigé le lundi 27 janvier 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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France Culture, les deux rats et moi
Publié le 27 janvier 2020

Il semble que mon interprétation des fables de La Fontaine vienne de trouver un début de reconnaissance. L’une d’elles (Les deux rats le renard et l’œuf) a été diffusée samedi matin sur France Culture, au début de l’émission Concordance des temps de Jean-Noël Jeanneney, dont on trouvera le podcast ici (fable à partir de 3mn 20s).

J’avoue avoir été assez surpris d’apprendre par un ami que j’étais en train de parler à la radio. Mais quoi ? Mon nom était cité, et si je n’ai mis aucune restriction à l’utilisation de mes enregistrements postés sur Youtube (ils sont de libre accès et de libre usage), c’est bien pour qu’ils puissent être diffusés le plus largement possible, medias nationaux compris (même si, à la vérité, je n’avais jamais jusqu’ici envisagé le cas).

Que France Culture donc, ou toute autre station, continue à puiser dans mes versions des fables pour faire entendre du La Fontaine et procurer (espérons-le) quelque plaisir à leurs auditeurs.


N.D.L.R. : Même opinion pour l'usage de mes œuvres (si la chose en vaut la peine). Et vive la liberté d'expression !
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 27 janvier 2020
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
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Par curiosité, j'ai acheté "Des profondeurs de nos cœurs", l'ouvrage de Benoit XVI et du cardinal Robert SARAH sur le célibat des prêtres. En vente à l'"Intermarché" de Domfront où je m'approvisionnais en pots d'entremets à la semoule.

J'essayerai de comprendre comment un pape démissionnaire ose encore intervenir sur les plates-bandes de son successeur.
"Something is rotten in the State" of Vatican, serais-je tenté de considérer.

Dès les premières pages, je remarque des flèches témoignant d'un art hautement consommé de l'hypocrisie. Ensuite, on se perd dans une exégèse de la Bible qui me passe très largement au-dessus de la tête. De ce point de vue, le numéro doit être bien rodé aussi.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : mardi 28 janvier 2020 17:38
À : Igor
Objet : TR: Atelier Stuc et Badigeon

Tu pourrais regarder à défaut de mettre la main à la pâte...

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De : Logis Nature - Falaise <logisnature@orange.fr>
Envoyé : mardi 28 janvier 2020 14:52
À : (...)
Objet : Atelier Stuc et Badigeon

Bonjour à tous,

Comme convenu lors de votre présence à l’atelier terre nous devions vous communiquez la date de notre prochain atelier STUC et BADIGEON : celui-ci aura lieu le Samedi 08 février de 9h30-12h, si vous souhaitez vous inscrire contactez-nous.

Cordialement

L’équipe Logis Nature
Logis Nature - Falaise
02 31 90 78 84
https://www.logis-nature.fr/

(Fin de citation)
Jacques ATTALI (via "Facebook")
rédigé le mardi 28 janvier 2020
Vie du site - Aspects juridiques - Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Pouvoirs publics, élus locaux
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Pause, s’il vous plaît !

Les mots ont toujours tué. Soit par le mal que l’insulte et la diffamation peuvent faire. Soit par l’incitation à la violence physique qu’ils peuvent entraîner.
Des gens insultés, harcelés, au travail ou dans leur vie privée, ont mis fin à leurs jours. Des gens dont on promène la tête au bout d’une pique, dont on encourage à l’usage de la force pour leur faire quitter un pouvoir démocratiquement conquis, ne sont pas loin d’être dans la même situation : le harcèlement politique n’est jamais bon pour la démocratie.

On en est là aujourd’hui, dans beaucoup de pays.

En Grande Bretagne, en Italie, aux Etats-Unis, en Espagne, et dans tant d’autres pays, la violence des mots atteint des proportions folles. Les propos hallucinants du président des Etats-Unis et de ses soutiens allument bien des mèches. A l’autre extrême, certains extrémistes écologistes en arrivent à demander qu’on en finisse avec l’espèce humaine, parce qu’elle a depuis toujours eu le projet de soumettre la nature. Dans un tout autre contexte, le discours de haine des fondamentalistes a précédé leur passage à l’acte ; contre les femmes, contre les infidèles, contre leurs propres coreligionnaires, contre ceux qui mettent en avant les principes de la laïcité.

Les réseaux sociaux ajoutent à cette libération de la parole. La haine y est partout. Les menaces de mort, en général anonymes, s’y multiplient. Comme si ces gens-là prenaient prétexte de ne pas être entendus, dans le cadre des institutions, pour crier de plus en plus fort. Cela ne s’arrêtera pas au champ de la politique. Ce langage deviendra celui de la conversation quotidienne, et la menace n’y sera plus, ne sera plus virtuelle. C’est là où « la banalité du mal », concept philosophique imaginé en 1963 par Hannah Arendt à propos de Adolf Eichmann, prend un tout nouveau sens.

Ce retour de la violence verbale, prélude à celui de la violence physique, est particulièrement inquiétant en France, pays qui n’a jamais accepté l’idée de se réformer, et qui n’avance que par des révolutions. Au point que ce sont des révolutions, ou des coups d’Etat, qui ont enfanté, d’une façon ou d’une autre, nos cinq républiques.

Les comportements de l’ancienne direction de France Telecom, qui a poussé au suicide bien des employés de la firme, rejoignent les discours hallucinants des dirigeants de la France Insoumise, qui en appellent à la violation des lois, à la violence physique contre le président de la République et les élus de son parti. Et plus encore, ces dirigeants politiques, appuyés par quelques syndicalistes et quelques associations, soutenus par quelques médias suicidaires, en sont même à organiser des retraites aux flambeaux : n’importe qui avec un peu de culture y voit un rappel des grandes parades fascistes et nazies. Et même s’ils prétendent que cela renvoie aux premiers 14 juillet, ce rappel de la révolution française met surtout l’accent sur l’horreur de la Terreur, symbolisée par les abjectes silhouettes de la tête d’Emmanuel Macron placée au bout d’une pique.

Tout cela ne sert que Marine Le Pen, dont pourtant tout, en principe, sépare l’extrême gauche. Oui, Jean-Luc Mélenchon, qui fut un grand ministre et qui reste un homme cultivé, est en train de devenir le marchepied de l’extrême droite. Ce ne serait pas le premier, dans la gauche française, à avoir fait ce chemin. Sans doute le fait-il, au moins inconsciemment, pour faire battre celui qui le dérange surtout parce qu’il a réussi à conquérir démocratiquement en six mois un pouvoir dont lui, Mélenchon, rêve depuis quarante ans.

Je dis cela sans viser particulièrement un élu. Ni pour défendre un président particulier de la République. Ni pour soutenir des réformes dont je n’approuve pas toutes les modalités. Ce sont les institutions qui sont en cause. Ce sont elles qu’il faut défendre. Et en particulier la liberté d’opinion, la liberté de la presse, la liberté syndicale, qui seront les premières victimes de ce que ces fossoyeurs croient défendre.

Il faut y mettre fin au plus tôt.

D’abord en appliquant avec rigueur les lois de la république, qui condamnent ce genre de comportements, même si leurs auteurs sont des représentants du peuple, ou des syndicalistes : Plus on a de responsabilités publiques, plus on doit donner l’exemple.

Ensuite en dénonçant, discréditant ceux qui tiennent de tels propos, même s’ils ne sont pas illégaux. Ils doivent comprendre qu’insulter, crier, n’est pas un argument, et ne convainc personne. Ils doivent comprendre que, par leurs fonctions même, leur rôle est d’être les intermédiaires des inquiétudes et des colères des peuples, et non de les exacerber.

La République est notre bien commun ; et avec elle, la tolérance, la laïcité, et bien d’autres trésors. Soyons en fier. Ne les bafouons pas. En faisant des mots les alliés, et non les ennemis, de la liberté.

j@attali.com

N.D.L.R. : D'accord.

Défendre la liberté d'opinion, la liberté d'expression : vaste programme !