Archives, histoire, documentation

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 2 juin 2019
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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A défaut d'avoir enfin trouvé, notamment via la toile, de réponses aux questions que je me pose pour ma déclaration de revenus, voici la façon dont je remplirai mes formulaires en ligne :
- puisque je dispose de déficits fonciers reportables suffisants au titre de l'année 2008 (10ème année précédant 2018), je considérerai que tous mes revenus fonciers de 2018 sont effacés fiscalement ;
- puisque je dispose de déficits fonciers reportables au titre de 2012 (6ème année avant 2018), j'en tiendrai compte pour le calcul du déficit foncier relatif au monument historique en 2018.

Quant à la façon dont, concrètement, je ferai valoir ces informations, je me heurte à une difficulté puisque je ne vois pas dans quelles cases des formulaires en ligne (notamment celui qui correspond au "2044 spéciale") je dois imputer ces déficits.
Faute de meilleure idée, j'adopterai le parti suivant :
- pour ce qui concerne les revenus fonciers hors monument historique, j'indiquerai qu'ils sont nuls ; je continuerai néanmoins à indiquer les charges foncières correspondantes de 2018 ;
- pour ce qui concerne le monument historique, j'ajouterai le déficit foncier de 2012 aux dépenses de restauration du monument historique de 2018.

J'imagine que, par voie de conséquence, j'aurai généré un déficit foncier important au titre de 2018 qu'il me sera loisible de consommer en l'imputant, jusqu'en 2028, à mes revenus fonciers à venir hors monument historique ou en l'ajoutant, jusqu'en 2024, à mes dépenses de restauration du monument historique.

Comme on le voit, tout cela est très compliqué. Mais il paraît que c'est le prix à payer pour - comment dit-on déjà ? - l'équité fiscale.

En tout cas, si des visiteurs du site ont une interprétation différente, soit des textes relatifs aux déficits fonciers, notamment mais pas uniquement dans le cas des monuments historiques, soit de la façon d'imputer ces déficits, qu'ils n'hésitent pas à éclairer ma lanterne ! D'avance, je les en remercie chaudement !

P.S. (du 3 juin 2019 à midi) : En fait, j'ai changé mon fusil d'épaule à propos du déficit de 2012. Je n'en ai "consommé" que le tiers cette fois-ci, ce qui m'a néanmoins suffi à atteindre mon objectif principal sans toutefois me permettre de faire apparaître un déficit foncier au titre de 2018. Autrement dit - et pour autant que je comprenne quelque chose aux calculs du fisc - les deux tiers résiduels du déficit 2012 ne pourront guère me servir à l'avenir qu'à "effacer" des loyers. J'espère que, le moment venu, je ne m'en mordrai pas les doigts. Tout ceci est trop compliqué pour ma 'tite tête !
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 2 juin 2019
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Enfin une bonne nouvelle !

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : dimanche 2 juin 2019 14:52
À : Patrice CAHART; philippe.(...)@pwcavocats.com
Objet : RE: Déficits fonciers reportables

Super !

Merci beaucoup, Patrice !

PPF

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De : Patrice CAHART
Envoyé : dimanche 2 juin 2019 14:50
À : 'Pierre-Paul Fourcade'; philippe(...)@pwcavocats.com
Objet : RE: Déficits fonciers reportables

Oui, sauf que le report des déficits fonciers sur dix ans s'applique non seulement aux revenus fonciers de tes autres immeubles, mais aussi (hypothèse théorique dans ton cas) aux bénéfices que ton monument pourrait éventuellement produire durant les années à venir.

Patrice

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De : Pierre-Paul Fourcade [mailto:penadomf@msn.com]
Envoyé : samedi 1 juin 2019 12:07
À : philippe.(...)@pwcavocats.com; p.cahart
Objet : Déficits fonciers reportables

Chers Patrice et Philippe,

Je reviens vers vous au moment de boucler ma déclaration.

J'ai compris que les déficits fonciers du MH sont reportables pendant 6 ans sur le revenu global (qui, dans mon cas, cumule mes revenus fonciers et nos retraites). Et que les déficits fonciers, en provenance du MH ou pas, sont reportables pendant 10 ans sur les revenus fonciers en provenance d'autres propriétés que le MH mises en location.

Est-ce bien cela ?

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)
Jean-Pierre ARBON
rédigé le lundi 3 juin 2019
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La pomme de Michel Serres
Publié le 3 juin 2019

Le 1er septembre 2018, nous étions une dizaine à retrouver Michel Serres chez lui, pour fêter son quatre-vingt huitième anniversaire. Comme nous fêtions en même temps les vingt ans du Pommier, sa maison d’édition, quelqu’un lui lança, à la fin du repas, une sorte de défi rhétorique : Michel, qu’est-ce qu’une pomme ? Il prit alors une pomme dans sa main et annonça : « La pensée, disaient mes maîtres, doit se conduire de l’extérieur vers l’intérieur ».


Avait alors commencé un étonnant voyage. Autour de la pomme d’abord : pomme de la connaissance, pomme de discorde, pomme tendue par Ève à Adam, pomme du jugement de Pâris, pomme de Newton, pomme d’or des Hespérides, pommes de Cézanne (et pendant qu’il parlait je voyais apparaître et graviter comme des planètes toutes ces pommes symboliques ou métaphoriques, fruits de la culture, autour de la pomme primordiale qu’il tenait entre ses doigts). Puis vers la pomme, fruit végétal, dans son environnement (pommiers, vergers), dans ses multiples variétés (reinette, golden, clochard, boskoop, Canada…), dans ses usages (alimentation, cidre, calvados…) Enfin, au centre du système, il en vint à la pomme singulière qu’il tenait à la main : une peau, de la chair et des pépins, mais aussi des tissus, des saveurs, des cellules, de la biochimie, des gènes, des molécules… Nous étions repartis vers le cosmos.

J’ai aimé cette pensée libre, déliée, fractale, dans laquelle le monde était contenu dans chacun de ses objets. J’ai aimé cette intelligence poétique, fulgurante, bienveillante. J’ai aimé cet homme qui était l’être le plus exquis qui soit.

A la fin de la soirée, après le départ des autres convives, je me suis attardé un peu. Il m’a parlé de mes chansons. — Tu sais, Jean-Pierre, je les aimais beaucoup. Vraiment… — Tu te souviens que nous en avons écrit deux ensemble ? — Bien sûr que je m’en souviens… J’ai soudain été étreint par le regret violent de n’avoir pas poussé plus loin l’aventure. Son regard me disait qu’il le regrettait aussi.

A la porte de sa maison, j’ai retrouvé mon amie Sophie Bancquart, son éditrice. Nous avons fait taxi commun. Elle m’a appris qu’il souffrait d’un cancer et qu’il n’avait plus que quelques mois à vivre. Son médecin lui avait dit : « Vous avez un choix à faire. Soit je vous aide à conserver une vie confortable, soit nous nous battons pour la durée. » Il avait pris la première option.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 9 juin 2019
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - O'Gustin - Références culturelles
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L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

(Victor HUGO)


P.S. (à 4 heures du matin) : Quant à moi, j'ai beau tendre l'oreille, je n'entends guère que les ronflements, réguliers et profonds, de ce brave O'Gustin...
Jeean-Pierre ARBON
rédigé le mardi 11 juin 2019
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Obsèques à Agen
Publié le 11 juin 2019

Samedi, je me suis rendu à Agen, pour assister aux obsèques de Michel Serres. La cathédrale Saint Caprais était pleine de monde et des gradins avaient été installés à l’extérieur. Pas de ministres toutefois, ni d’académiciens : pour les huiles nationales en exercice, Agen est sans doute bien loin de Paris, même (ou surtout) un week-end de Pentecôte.


Au fond, c’était très bien ainsi. Michel a toujours eu un côté franc-tireur qui déplaisait à ses collègues philosophes, et il s’est toujours tenu à l’écart de la politique et des engagements partisans. C’était un esprit trop libre pour s’attirer la considération de l’Université et trop indépendant pour être utile au pouvoir, de quelque côté qu’il penche. Le prestige de Michel s’est bâti en dehors des limites étroites du microcosme, auprès de ceux qui ont aimé son intelligence bienveillante et son parler chaleureux. C’était un penseur pour qui il n’y avait pas la philosophie d’un côté et la science de l’autre, et pour qui l’esprit ne pouvait être séparé du corps. Il faut relire les lignes extraordinaires qu’il a écrites sur le Magnificat et le moment où « la chair se fait verbe ». Michel a été un penseur incarné, donc vivant.

Hommage du maire d’Agen, homélie de l’évêque, chants lumineux. Vers la fin de la cérémonie, un de ses fils a pris la parole. « Dans la maison de notre enfance, il y avait nous, les quatre enfants, il y avait notre mère, et il y avait un philosophe, qui se nourrissait de silence. » Les enfants jouaient, criaient, la mère s’efforçait de les tenir à distance. Ça dérangeait le philosophe. L’homme aimé du public recevait ainsi sa part d’ombre : père invisible, et écrasant.

Au moment de la sortie, fils et petits-fils néanmoins prirent le cercueil sur leurs épaules. Des applaudissements éclatèrent. La salve enfla, spontanée, reconnaissante, et se transportant du dedans au dehors, dura longtemps, pour saluer une dernière fois le philosophe en artiste.

N.D.L.R. : "père invisible, et écrasant"...
Pour ce qui concerne les drainages, mon intention est de mettre en œuvre un mix des recommandations d'Yves LESCROART et de Tiez Breiz (que je connaissais déjà, grâce à Guy HEDOUIN, mais que m'a retransmises le bureau d'études "bee +").

Reste à savoir si je vais arriver à toper avec le vendeur de pavés. Il a en effet un comportement assez fuyant face à moi.
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N.D.L.R. : Très bien. Un matériau bien moins polluant que le béton.

Ça, c'est du boulot d'écolos sensés, comme on aimerait en avoir un peu plus.

Ceci dit, il y a clairement des progrès à faire sur l'esthétique. Et la démonstration serait plus convaincante si on ne devait pas, encore une fois, recourir aux "investissements d'avenir" de l'Etat (qu'est-ce que c'est encore que ce jargon à la con ?)...