Archives, histoire, documentation

Par des éditoriaux bien sentis des derniers numéros de leurs revues, les présidents des associations nationales de défense du patrimoine témoignent d'un grand désenchantement devant l'attitude nouvelle des pouvoirs publics.

Après Jean de LAMBERTYE...

... c'est le tour de Philippe TOUSSAINT...

... épaulé en cela par un excellent article de notre avocat favori, nouvel administrateur des V.M.F. :

Entraver la mission classique des A.B.F. ne peut que conduire à des catastrophes si on laisse des individus incultes et/ou cupides seuls aux commandes.

Il est donc grand temps que la reine des pandas garde Macron la Bulle hors de son bureau où il est en train, avec sa com-nerie bien identifiée, de détraquer beaucoup de choses qu'il devrait au contraire protéger. Et les monuments historiques et les sites ne sont qu'une part de son passif accumulé en moins de 18 mois de mandat.
HuGo Solignac
rédigé le jeudi 1 novembre 2018
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Le château de Bussy-Rabutin ou château de Bussy-le-Grand est un château de style Renaissance initialement bâti aux XIIe siècle et XIVe siècle, à Bussy-le-Grand, en Côte-d'Or en Bourgogne-Franche-Comté.

Un personnage haut en couleur : Le comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), cousin de Madame de Sévigné, est à la fois un militaire, un courtisan et un écrivain reconnu. Il est chassé de la cour pour avoir dévoilé les galanteries des grands de son temps dans l'Histoire amoureuse des Gaules. Pour illustrer sa vie, il fait décorer son château de plus de 500 portraits peints commentés des membres les plus importants de la cour de France qu'il a côtoyés et qui lui manquent, et de nombreux portraits des dames qu'il a aimées au cours de sa vie...

Ces images vous sont offertes par wikipedia en grande partie.

N.D.L.R. : Très intéressant. Vraiment.

(Je me suis efforcé de mettre un peu d'ordre dans les photos. Quelques erreurs subsistent, notamment une dans la chambre rouge.)
HuGo Solignac
rédigé le jeudi 1 novembre 2018
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Château de Vigny dans le Val-d'Oise datant de 1504 et remanié à la fin du XIX° siècle.
Lieu de tournage de nombreux films :
Versailles : série réalisé par Jalil LESPERT
Te Amo : Clip de Rihanna réalisé par Anthony MANDLER
Pub Huawe de Mercure Films
Ce jour-là, tout a changé, L’évasion de Louis XVI, téléfilm de MALATERREet A. SELIGNAC
Les Aristos : film réalisé par Charlotte de TURKHEIM
La fille de d’Artagnan : film réalisé par Bertrand TAVERNIER
La vie est un roman : film réalisé par Alain RESNAIS
On a retrouvé la 7ème compagnie : film réalisé par Robert LAMOUREUX
Raphaël ou le débauché : film réalisé par Michel DEVILLE
Mandrin, bandit gentilhomme : film réalisé par Jean-Paul LE CHANOIS
Les Barbouzes : film réalisé par Georges LAUTNER
Le Capitaine Fracasse : film réalisé par Abel GANCE
Le Voile bleu : film réalisé par Jean STELLI
Le temps des cerises : film réalisé par Jean-Paul Le CHANOIS

N.D.L.R. : Pas ma tasse de thé car beaucoup trop bidouillé au XIXème siècle. Mais j'admire les particuliers qui acceptent de subvenir à l'entretien d'un tel monstre (j'en ai connus, désormais résidents secondaires non loin de notre manoir favori).
HuGo Solignac
rédigé le jeudi 8 novembre 2018
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Musée Nissim de Camondo
63 Rue de Monceau, 75008 Paris :

Musée Nissim de Camondo
la cour d'honneur :

L'entrée sur la cour d'honneur :

La cour d'honneur à droite :

la cour d'honneur
à gauche :

la cour d'honneur :

Le vestibule : C’est dans ce vestibule qu’étaient accueillis les hôtes de Moïse de Camondo. Cette pièce doublée par une galerie de circulation est de plain-pied sur la cour d’honneur alors que tous les autres espaces de ce rez-de-chaussée bas, réservés au service, sont à demi enterrés du coté jardin. Les murs comme ceux de l’escalier sont en pierre d’Ile-de-France et non en stuc, Moïse de Camondo ayant demandé à son architecte René Sergent de ne pas utiliser de matériau de remplacement :

le vestibule, vase antique en marbre :

Derrière l’escalier une fontaine en forme de coquille en marbre rouge royal surmontée d’un dauphins en plomb doré fait face à une grande grille qui ouvrait sur la descente à couvert, passage qui permettait de descendre de voiture à l’abri des intempéries :

La fontaine :

Grille qui ouvrait sur la descente à couvert, passage qui permettait de descendre de voiture à l’abri des intempéries :

Cuisine :

Le fourneau n’est pas placé contre un mur, comme cela arrive le plus souvent dans les grandes maisons de l’époque, mais au milieu de la pièce, à l’instar de ce qui se fait dans les grands restaurants. Le fourneau porte la date de 1912 et la marque Cubain. Il est présenté dans les catalogues de cette maison comme un modèle de base pour un château ou une grande maison. Il est fabriqué en tôle bleuie et en acier poli, avec des parois de briques près du foyer pour une diffusion plus égale de la chaleur et une plus grande longévité des parties métalliques :

Cuisine - Rotisserie :

La rôtisserie murale comprend un foyer central pour faire griller à la broche de grosses pièces de viande. Les broches tournaient par un ingénieux système dû au mouvement des fumées qui entraînait une hélice située dans le dôme (smoke jack des Anglais). Dans la partie gauche se trouve un four avec un grill et à droite un autre four appelé “ salamandre ” qui, à l’origine, était alimenté au gaz. En 1931, le grill et la salamandre ont été électrifiés et un moteur a été installé pour faire tourner les broches. Rôtissoire et fours sont fermés par des tabliers à lames qui se relèvent grâce à un système de contrepoids :

Cuisine - braisière :

La Salle Des Gens :
La salle des gens ou salle à manger du personnel est visible par le passe plat. La table de 3,70 m de long a été réalisée sur les indications trouvées dans les archives. Sur le mur au fond à gauche se trouvent les 15 casiers numérotés destinés à contenir les objets personnels de chacun des domestiques : serviette, bol, médicaments, etc.

Douze à quinze personnes travaillaient à demeure : maître d’hôtel, valets de chambre, lingère, cuisinier et leurs aides. Comme pour l’office du chef les murs et le plafond sont laqués et les lambris bas sont peints façon chêne :

La Salle Des Gens :
Buffet comportant 15 casiers numérotés :

La Salle Des Gens : Chaque casier était attribué à un employé qui pouvait y conserver ses affaires personnelles :

La Salle Des Gens : on pouvait appeler le personnel de n'importe quelle pièce de l'hôtel particulier :

La Salle Des Gens : le passe-plat
Ouvrant dans la salle des gens, ce passe-plat permet de déposer directement la vaisselle sale dans la laverie :

Passe plat :

Seconde cuisine :

Dans la laverie se trouvent les bacs de la plonge destinés au lavage des casseroles, des différents ustensiles et de la vaisselle de cuisine. Dans un encadrement de fonte et de tôle noire, les bacs sont en cuivre, celui de droite à double enveloppe permettait de faire circuler de la vapeur afin de maintenir l’eau de plonge à forte température. L’eau de plonge rendue corrosive par des cristaux de soude devait en effet être très chaude pour nettoyer les casseroles par trempage. On ne pouvait pas les frotter pour ne pas altérer l’étamage intérieur. La plonge, comme les fourneaux, a été livrée par la maison Cubain :

La laverie :

L’office du chef communique avec la cuisine par une porte battante. C’est là que se trouve le monte-plat qui permettait d’élever les plats vers l’office de la salle à manger à l’étage au dessus. La pièce est séparée de l’entrée de service par un lambris vitré qui comporte un guichet afin de contrôler la livraison des denrées commandées par le cuisinier :

Dans l’office du chef, un guichet s’ouvre dans le lambris vitré vers l’entrée de service afin de contrôler les denrées qui arrivent :

Lle livre de cuisine dans l'office du chef :

L'ancien téléphone de l'office :

Vue de l’office du chef donnant sur l’entrée de service. L’entrée de service utilisée par le personnel et les fournisseurs donne sur une impasse ouvrant vers le boulevard Malesherbes :

Retour vers les escaliers d'honneur :

Le vestibule :

Au pied de l’escalier d’honneur qui conduit vers le rez-de-chaussée haut, une statue de marbre blanc figure Vénus et l’Amour :

N’ayant pu trouver une rampe en fer forgé ancienne pouvant s’adapter au développé de ce grand escalier, Moïse de Camondo fit copier celle qui se trouve à l’hôtel Dassier, rue des Couteliers à Toulouse, chef-d’œuvre exécuté vers 1780 par le serrurier Bosc :

Motif de la rampe en fer forgé :

La fontaine vue depuis les escaliers :

Depuis les escaliers vue sur le grand bureau situé rez-de-chaussée haut :

Vue sur la galerie du rez-de-chaussée haut et sur une des paires d’encoignures Attribuée à Bernard Van Risen Burgh vers 1750 : Chêne plaqué de laque du Japon et verni, bronze ciselé et doré, dessus en marbre griotte rouge. Chacun de ces meubles Louis XV s’ouvre par un vantail galbé et plaqué d’un panneau de laque du Japon à décor de paysage. Un vernis parisien à l’imitation du laque orne les côtés incurvés et la traverse inférieure. Un riche décor rocaille en bronze doré masque les joints entre laque et vernis

La Lanterne :
Bronze ciselé et doré vers 1780

Conformément à l’usage du XVIIIe siècle, Moïse de Camondo a choisi pour éclairer l’escalier d’honneur d’y suspendre une grande lanterne à huit lumières, tout en l’électrifiant pour l’adapter au confort moderne.

Chancellerie
Tapisserie de la manufacture des Gobelins
Vers 1680 Laine et soie
Cette chancellerie tissée à l’origine pour Michel Le Tellier, chancelier de 1677 à 1685, fut modifiée pour le marquis d’Argenson qui fit mettre ses armes aux angles. Le motif central présente les armes de France soutenues par deux figures ailées sur fond fleurdelisé. Il s’inspire d’un dessin du peintre ornemaniste Claude III Audran :

Haut des escaliers ; palier distribuant le grand bureau juste à gauche et la galerie :

Entrée du Grand Bureau sur la gauche :

Le Grand Bureau :

Le Grand Bureau :
Paire de candélabres
Vers 1780-1790
Bronze ciselé pariné et doré, marbre rouge griotte
À figures de femmes drapées à l’antique en bronze à patine noire portant une urne d’où sortent trois branches et une tige sommée d’une corbeille de fruits en bronze doré. Ces candélabres reposent sur des fûts de colonne en chêne plaqué de loupe d’érable avec cannelures en cuivre, draperies et bases en bronze ciselé et doré :

L’ensemble du rez-de-chaussée haut est réservé aux pièces de réception qui sont desservies par une vaste galerie dont les deux bras perpendiculaires révèlent le plan de l’hôtel. Conformément à l’usage au XVIIIe siècle, Moïse de Camondo a choisi de suspendre une grande lanterne pour éclairer l’escalier d’honneur. Les huit bras de lumière en bronze ciselé qui ornent l’escalier et la galerie proviennent du château royal de Varsovie.
De part et d’autre de l’entrée du Grand Bureau, dans l’axe du grand escalier, deux fauteuils à la reine en tapisserie de la Savonnerie sont associés à une paire de cassolettes « en athénienne », en bronze ciselé, doré et patiné. Apparu dans les années 1760, ce petit meuble tripode est représentatif du « retour à l’antique ».
Au mur, les deux tapisseries Le Jardin chinois et La Danse chinoise ont été tissées à Aubusson. Elles sont inspirées de la Tenture Chinoise tissée à Beauvais à partir des compositions de François Boucher qui en exposa les esquisses au Salon de 1742. Dans l’escalier particulier qui conduit aux appartements privés, sont présentées deux autres tapisseries de la même série, Chinoise tenant un plat et L’Audience de l’empereur chinois. Le canapé et les fauteuils disposés dans cette galerie sont couverts en tapisserie fine d’Aubusson :

Musee Nissim de Camondo
Colonne de la galerie
La lanterne :

Musée Nissim de Camondo : la galerie :

Cette fonte, tout comme son pendant L’Enfant à l’oiseau, ont été réalisées par Pierre-Philippe Thomire (1757-1843) d’après des modèles en terre cuite de Charles-Antoine Bridan (1730-1805) inspirées d’antiques de la collection Borghèse.

Les niches sont composées de trois panneaux de glace, la partie supérieure est à décor de caissons à rosaces surmontée d’un trophée avec instruments de musique et masques :

L'enfant à l'oiseau en face de l'enfant au nid :

Bras de lumière

Attribué à Jean-Louis Prieur (maître en 1769)
Vers 1780-1781
Bronze ciselé et doré
H. 72 ; L. 55 cm
Vingt bras de lumière de ce modèle ont été commandés en 1779 à Jean-Louis Prieur, sculpteur-ciseleur parisien. Ils devaient trouver place dans la Grande Salle d’Assemblée du château royal de Varsovie, réaménagé dans le goût moderne par l’architecte français Victor Louis, à la demande de Stanislas-Auguste Poniatowski, roi de Pologne. Les soubresauts de l’histoire polonaise laissent planer de nombreux mystères quant à leur destin, mais on sait qu’ils firent partie au XIXe siècle des collections du prince Anatole Demidoff au château de Wisniowiec en Pologne. Le comte de Camondo en acheta huit exemplaires à son décorateur, M. Decour, pour orner le vestibule et la galerie de l’étage noble de son hôtel :

Le Grand Salon
Dans cette grande pièce en angle ouverte sur le jardin, la boiserie blanc et or provenant du salon de compagnie du comte de Menou au 11, rue Royale à Paris offre un cadre somptueux aux nombreux chefs-d’œuvre que Moïse de Camondo y a disposé.

Commode à rideaux de Riesener, précieux bonheur du jour de Carlin, paire de bas d’armoire à panneaux de laque du Japon de Weisweiler et ensemble de sièges couverts en tapisserie d’Aubusson estampillés Georges Jacob composent le mobilier de cette pièce :

Le Grand Salon

Le tapis central fut livré par la manufacture de la Savonnerie en 1678 pour la Grande Galerie du Louvre. Plusieurs portraits y sont réunis : celui de Madame Le Couteulx du Molay par Elisabeth Vigée Lebrun, des enfants du marquis de Serrent par François-Hubert Drouais ou encore du prince de Bauffremont esquissé par Adelaïde Labille-Guiard. C’est un buste en marbre de Houdon, allégorie de l’Été, et non une pendule comme dans les autres pièces que Moïse de Camondo a placé sur la cheminée. De part et d’autre, une paire de vases en bois pétrifié provient des collections de la reine Marie-Antoinette et une bouteille en laque du Japon posée sur un précieux guéridon en bronze doré témoigne du goût de Madame de Pompadour à qui appartenait cet objet avant qu’il ne soit monté en bronze doré :

Le Grand Salon
Bouteille en laque du Japon posée sur un précieux guéridon en bronze doré témoigne du goût de Madame de Pompadour à qui appartenait cet objet avant qu’il ne soit monté en bronze doré :

Le Grand Salon :

Le Grand Salon
Portrait de Sigismond de Serent en costume de page du prince de Condé Drouais peignit les portraits des deux garçons du marquis de Serent qui était le gouverneur des fils du comte d’Artois. Le comte Moïse de Camondo les acheta en 1920 chez le marchand Wildenstein :

Le Grand Salon
Portrait d'Armand de Serent en uniforme de timbalier du royal-cavalerie. Drouais peignit les portraits des deux garçons du marquis de Serent qui était le gouverneur des fils du comte d’Artois. Le comte Moïse de Camondo les acheta en 1920 chez le marchand Wildenstein :

Portrait de Geneviève Le Couteulx du Molay

Par Elisabeth Louise Vigée Lebrun (1755-1842)
Huile sur toile 1788

Elisabeth Louise Vigée Lebrun s’est surtout illustrée comme portraitiste au service de la reine Marie-Antoinette et de l’aristocratie. Dans ses mémoires, elle décrit son modèle comme « une jolie femme très à la mode ». Le naturel de la pose, l’expression du visage ainsi que l’élégance de la toilette témoignent de la sensibilité du peintre et de la complicité qui l’unissait à son modèle. Elle composa ce portrait lors d’un séjour à la Malmaison, dont les Le Couteulx du Molay étaient propriétaires avant que le général Bonaparte et son épouse Joséphine ne rachètent cette demeure en 1799 :

Bouteille à saké

Bronze laqué
Japon, XVIe siècle
Monture en bronze ciselé et doré par François Rémond (maître en 1774)
1783 :

"La Fidélité "
Jean-Jacques Caffieri (1725-1792) Vers 1769
Marbre blanc

Jean-Jacques Caffieri est surtout célèbre pour ses bustes, mais il n’a pas négligé l’allégorie, telle la Fidélité, ici en marbre et dont un exemplaire en plâtre, signé et daté, se trouve dans la chambre de Nissim de Camondo au premier étage de l’hôtel :

Le Grand Salon
Lustre
Attribué à François Rémond, maître en 1774
Fin du XVIIIe siècle
Bronze ciselé, doré et bleui

Composé d’un vase ovoïde et de douze bras de lumière tenus par des figures féminines terminées en acanthes. Vraisemblablement saisi à la Révolution, ce lustre fut offert en 1808 par Napoléon à Jean-Jacques de Cambacérès et orna sa résidence parisienne, l’actuel hôtel de Roquelaure :

Musée Nissim de Camondo
Le salon des Huet

Ce salon de forme ovale, au centre de la façade sur jardin, a été spécialement conçu pour y placer la suite de panneaux peints de scènes champêtres par Jean-Baptiste Huet.

De nombreux meubles sont ici rassemblés par paire comme les deux consoles en bronze doré et argenté, révélant le goût pour la symétrie et l’équilibre qu’affectionne particulièrement Moïse de Camondo. D’autres sont uniques, tels le secrétaire à cylindre, chef-d’œuvre de l’ébéniste Oeben, la table en cabaret à plateau de porcelaine de Sèvres estampillée RVLC, le paravent provenant du salon des jeux de Louis XVI à Versailles et exécuté par Boulard, maître menuisier attaché au garde-meuble royal. Le mobilier de salon témoigne du talent de Jean-Baptiste Séné, qui travaillait lui aussi pour le roi ainsi que pour une riche clientèle particulière. Le tapis de la Savonnerie qui reprend un modèle dessiné par Pierre-Josse Perrot est aux armes de France :

Le salon des Huet
Pendule au Chinois

Mouvement par Nicolas Sotiau, maître en 1782
Vers 1785
Bronze ciselé, doré et patiné, onyx et marbre blanc
Le personnage en bronze patiné est assis sur un coussin encadré de deux palmiers soutenant une coupe. Il frappe un gong accueillant le cadran de la pendule portant le nom de Nicolas Sotiau qui fut reçu maître horloger en 1782. Le rocher et le socle sont en marbre blanc. Une pendule identique appartint à Fernando Nunez, l’ambassadeur d’Espagne auprès de Louis XVI. Un autre exemplaire proche fut fourni vers 1787 par le marchand mercier Dominique Daguerre pour le cabinet chinois de Carlton House, résidence londonienne du Prince de Galles, futur George IV, l’un des plus grands amateurs d’art français de son temps :

Le salon des Huet
Détail des dorures :

Scène pastorale

Par Jean-Baptiste Huet (1785-1811)
Vers 1776
Huile sur toile

Si vous souhaitez utiliser ce visuel, veuillez contacter la photothèque

Ce grand cycle décoratif comprend sept compositions et trois dessus de porte et illustre les progrès de l’amour entre un berger et une bergère, grâce à la complicité d’un chien et d’une colombe. Jean-Baptiste Huet fut l’un des grands peintres animaliers du XVIIIe siècle et c’est en hommage à son cycle que le salon circulaire placé à la jonction des deux ailes de l’hôtel Camondo prit le nom de Salon des Huet :

La salle à manger

Autre pièce en angle, en pendant du grand salon, la salle à manger est lambrissée de boiseries peintes en vert dans laquelle sont insérées quatre panneaux de broderies au petit point à décor de vases de fleurs et une tapisserie de Beauvais La Pêche au filet d’après une composition de François-Joseph Casanova. Également réalisées en tapisseries, et illustrant le goût pour les natures mortes, deux compositions : La Brioche et son pendant Le Service à crème furent tissées à la manufacture des Gobelins d’après des tableaux d’Anne Vallayer-Coster :

Salle à manger

Paire de candélabres à six lumières

Fin du XVIIIe siècle
Bronze ciselé et doré
H. 0,54 ; L. 0,65
En forme de trépied reposant sur trois griffons en bronze ciselé et doré, ce modèle inspiré du mobilier de métal antique est l’un des plus élégants créés à Paris à la fin du XVIIIe siècle :

Salle à manger

Buste de Négresse

D’après Jean-Antoine Houdon (1741-1828)
Inscrit : « fondu, ciselé par thomire » (Pierre-Philippe Thomire (1751-1843))
Fonte par Rubéron
Bronze patiné et bronze doré

Inscription sur le piédouche : RENDUE A LA LIBERTÉ ET A L’ÉGALITÉ PAR LA CONVENTION NATIONALE DU 16 PLUVIOSE DEUXIÈME DE LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE UNE ET INDIVISIBLE. Ce buste rappelle l’abolition de l’esclavage décrétée par la Convention le 4 février 1794. Ce buste est tiré d’une fontaine extraordinaire, exposée par Houdon au Salon de 1783 et placée par le duc d’Orléans dans son jardin de Monceau, l’actuel parc Monceau. Elle représentait, de grandeur naturelle, une jeune suivante noire (en plomb peint en noir) versant l’eau d’une aiguière de bronze doré sur le corps d’une jeune femme au bain (en marbre blanc) :

L’office de la salle à manger

C’est dans cet office que le maître d’hôtel reçoit les plats déposés par le cuisinier dans le monte-plat. Un chauffe-plat, qui sert également de chauffe-assiettes, permet de les tenir au chaud si nécessaire. Une glacière, dissimulée dans un des buffets, gardait au froid les sorbets du dessert.

C’est également dans cette pièce que l’on rangeait la vaisselle de porcelaine et les verres et qu’elle était lavée sur place dans le double évier d’étain. Au dessus de l’évier un stérilisateur à ozone permettait de purifier l’eau. Dans l’entresol situé au dessus, un second office était réservé à l’entretien de l’argenterie :

L’office de la salle à manger

Chauffe-assiettes
Fonte
Maison Cubain
Le chauffe-assiette en fonte a été livré par la maison Cubain :

L’office de la salle à manger
Stérilisateur à eau

Commercialisé par la société Lacarrière

Trois appareils pour la stérilisation de l’eau grâce à des rayons ultraviolets ont été posés dans les offices et la cuisine :

Cache derrière une porte : l'ascenseur :

Boutons d'appel de l'ascenseur :

Musée Nissim de Camondo
Le petit bureau
Egalement appelée Salon Anglais et donnant sur la cour d’honneur, cette pièce de petites dimensions aux murs tendus de soie cramoisie est aménagée avec raffinement. L’exceptionnel ensemble d’esquisses montrant divers épisodes des chasses de Louis XV par Oudry révèle le goût de Moïse de Camondo pour ce divertissement. Il voisine avec des vues de Venise par Guardi et des Portes Saint-Denis et Saint-Martin à Paris par Hubert Robert. Une série de médaillons de terre cuite par Jean-Baptiste Nini représentant les profils de personnalités du XVIIIe siècle constitue une saisissante galerie de portraits. Le mobilier d’ébénisterie compte plusieurs chef-d’œuvres : une table mécanique « à la Bourgogne » de RVLC et une table à ouvrage dénommée « chiffonnière en auge » estampillée de Riesener qui la livra pour le cabinet intérieur de la reine Marie-Antoinette en 1788 au château de Saint-Cloud :

Le petit bureau : la cheminée sur laquelle trone un portrait de Necker

Portrait de Jacques Necker
Par Joseph-Siffred Duplessis (1725-1802)
Vers 1781 - Huile sur toile

Jacques Necker (1732-1804) fut le directeur général des finances sous Louis XVI. Le cadre en bois sculpté et doré est décoré de cornes d’abondance et d’un nid :

Le petit bureau :

Le petit bureau :

Huit esquisses pour les cartons de tapisserie de la Tenture des Chasses de Louis XV
Par Jean-Baptiste Oudry (1686-1755)
1733-1745
Huile sur toile

Oudry reçut en 1733 la commande de trois cartons de tapisserie illustrant les chasses de Louis XV. Les tapisseries, tissées aux Gobelins, devaient orner la chambre du roi, son antichambre et le cabinet du conseil au château de Compiègne. En 1738, il fut décidé que le cycle devait comprendre neuf cartons. Oudry en acheva la réalisation en 1746. Moïse de Camondo procéda à leur acquisition chez le marchand Jacques Seligmann en 1921 :

Du rez-de-chaussée haut au premier étage :

Le rez-de-chaussée haut vu depuis les escaliers menant au 1er étage :

Les escaliers vers le 1er étage :

Palier du 1r étage :

Vestibule :

Musée Nissim de Camondo
Le salon bleu

Le salon bleu a pris la place de l’appartement de Béatrice. Elle avait continué à vivre chez son père après son mariage avec Léon Reinach et la naissance de leurs deux enfants. Lorsqu’ils partent s’installer à Neuilly en 1923, Moïse de Camondo a réuni la chambre et le boudoir de sa fille pour créer cette grande pièce lumineuse dont il fit un salon-bureau qui prit le nom de « salon bleu », en raison de la couleur des boiseries, à l’origine peinte en bleu canard qui a verdi avec le temps :

Musée Nissim de Camondo
Le salon bleu

Moïse de Camondo y a placé des meubles élégants et confortables et a réuni une série de tableaux représentant Paris ainsi que huit aquarelles de Jongkind datant des années 1880 que lui avait légué son cousin Isaac :

Le salon bleu :

Le salon bleu : détail de la peinture accrochée au mur

Portrait présumé du duc et de la duchesse de Chartres entourés des familles de Penthièvre et de Conti

Par Jean-Baptiste-André Gautier-Dagoty
Vers 1775-1776
Huile sur toile

Longtemps objet de débat, l’identité de ce couple semble aujourd’hui résolue : ce tableau serait en effet un portrait du duc et de la duchesse de Chartres entourés de leur famille. Cette oeuvre constituerait ainsi un véritable manifeste dynastique, à la gloire de l’intriguant cousin de Louis XVI :

La bibliothèque

De cette pièce en rotonde qui occupe le centre des appartements privés de l’hôtel, on profite d’une belle vue panoramique sur le parc Monceau. Les boiseries en chêne naturel sculpté ont déterminé la hauteur de cet étage et créent une atmosphère chaleureuse. C’est ici que Moïse de Camondo consultait ses catalogues de ventes et de nombreux périodiques dont la Gazette des Beaux-Arts qu’il faisait soigneusement relier en maroquin rouge :

La bibliothèque

Tapisserie « Une halte »
Manufacture de Beauvais
Vers 1780 Laine et soie

Fragment d’une pièce de la suite des Bohémiens, d’après des compositions de François-Joseph Casanova (1727-1802) peintes en 1777. Cette tapisserie avait fait partie des collections de Nissim de Camondo, père du collectionneur :

La Bibliotheque

Pendule en forme d’obélisque

Vers 1780
Bonze ciselé et doré ; marbres jaune antique, bleu turquin, rouge griotte et vert de mer.
Inscription sur le cadran : Crosnier à Paris (Antoine Crosnier, maître horloger en 1763)

Le mécanisme de cette pendule est surmonté d’un obélisque, symbole d’éternité, sur lequel Iris la messagère des dieux, voyage entre le ciel, matérialisé par la sphère au sommet et la mer symbolisée par Neptune, le dieu des océans :[img:900][/img]

Musée Nissim de Camondo
L’appartement de Moïse de Camondo

L'’appartement est composé d’une chambre, d’une salle de bain et à la suite d’une pièce appelée « habillage ».

Pour sa chambre, Moïse de Camondo a choisi des boiseries provenant d’une maison du Cours du Chapeau Rouge à Bordeaux. Dans l’alcôve, un lit à trois chevets en bois sculpté et peint, date des années 1765-1775. Sur les murs sont réunis des scènes de genre et des portraits. Le mobilier regroupe plusieurs pièces de grande qualité : une paire de fauteuils à la reine de Georges Jacob, une commode marquetée qui porte l’estampille de Matthieu-Guillaume Cramer, un paravent de Louis Falconnet. Le tapis de la Savonnerie fut livré au Garde-Meuble royal en 1760 « pour servir à Mesdames de France les festes et dimanches à la chapelle de Versailles ».

Les boiseries de l’habillage sont en acajou. C’est là que le valet de chambre apportait à Moïse de Camondo ses vêtements de la journée. Cette pièce est maintenant consacrée au souvenir du comte. Différents portraits de lui, des albums de photographies et des documents d’archives retracent sa vie, celle de ses enfants et l’histoire de sa collection :

L’appartement de Moïse de Camondo
Entree de la salle de bain :

En total contraste avec la chambre, le décor de la salle de bain est d’une grande modernité, avec ses murs recouverts de carreaux de céramique bleu et blanc disposés suivant un motif de vannerie :

L’appartement de Nissim de Camondo

L’appartement de Nissim n’a pas gardé son aménagement d’origine. Le mobilier a été rassemblé dans son bureau. Au dessus de son lit en acier et bronze doré a été placé le portrait de son grand-père, le comte Nissim de Camondo (1830-1889), peint par Carolus Duran en 1882. Une statuette équestre en bronze réalisée par Georges Malissard en 1923 représentant sa sœur Béatrice est posée sur la commode en demi-lune. Plusieurs tableaux du début du XIXe siècle illustrent l’intérêt de la famille de Camondo pour la chasse et l’équitation.

La pièce voisine aux murs tendus de pékin de soie rouge était à l’origine la chambre de Nissim. Elle est maintenant utilisée pour présenter des expositions-dossier renouvelées régulièrement.

Une pièce réservée à l’habillage et une salle de bain complètent cet appartement :

L’appartement de Nissim de Camondo :

L’appartement de Nissim de Camondo
La salle de bain :

Le jardin

Le jardin a été dessiné par Achille Duchêne (1866-1947). Paysagiste renommé pour la restauration et la création de grands parterres de broderies des châteaux, Duchêne est également à l’origine de nombreux jardins de ville, notamment à Paris.

Comme l’avait fait Sergent pour la construction de l’hôtel, il tire parti de l’emplacement privilégié du terrain à l’angle du parc Monceau et de l’avenue Velasquez et pour mieux isoler le jardin privé du parc public, il en accuse le surplomb, ce qui permet de s’abstraire des promeneurs et de bénéficier des frondaisons.

Une pelouse ombragée propice au repos occupe presque tout l’espace, tandis que sur la terrasse au pied de l’hôtel un décor de rinceaux de buis est en harmonie avec l’architecture :

Musée Nissim de Camondo
L'Hotel particulier vu depuis les jardins :

N.D.L.R. : Comme on peut l'imaginer, je trouve de tels reportages sur "Facebook". Ils n'ont, à dire vrai, pas grand chose à voir avec notre manoir favori et témoignent souvent d'un goût du luxe et d'un sens de l'apparat dont je me défie.

En effet et pour ma part, j'ai toujours trouvé le mobilier XVIIIème inquiétant dans sa perfection formelle et son raffinement extrême et je me demande comment les commanditaires de telles somptuosités privées ont pu s'y prendre pour ne pas voir venir la Révolution qu'appelaient leurs excès manifestes.

Pour en revenir à nos moutons, ce sont ici les pièces d'eau et les cuisines qui me bottent le plus et qui pourraient, si j'en avais les moyens, constituer un modèle à rusticiser fortement dans le cadre de notre manoir favori.
Prix du timbre : les nouveaux tarifs à compter du 1er janvier 2019

Le timbre des lettres prioritaires va franchir la barre symbolique d'un euro. En moyenne, le tarif des timbres va augmenter de 4,7%.

N.D.L.R. : Saloperie de "service public" pourri. Je ne reçois plus le courrier qu'un jour sur deux en moyenne. La qualité de "service" n'arrête pas de se dégrader. Aucune fiabilité. Virez-moi tous ces planqués !
Je n'arrive pas à obtenir de la fiscaliste de la "Demeure Historique" de réponse à mes courriels sur la réintégration, dans mes prochaines déclarations de revenus, de mes déficits fonciers reportables. Sans doute est-elle débordée par les questions d'autres adhérents. Sur les conseils de mon ami Patrice qui m'étonne en me disant que mes questions ne sont pas simples, j'ai donc laissé hier après-midi un message téléphonique à l'attention de la correspondante qu'il m'a désignée.
En parcourant le site de "Fer Art Forge" puis en surfant sur la toile, je m'aperçois qu'Alexandre GURY n'est pas l'artisan auprès de qui j'avais loué deux voitures anciennes en 2014. Peut-être est-ce son fils, il faudrait que je le vérifie.

Je note aussi cette image extérieure d'un évier qui permet peut-être de comprendre comment était monté l'évier de la Julinière que Xavier m'a vendu récemment et que j'envisage d'installer dans la tour Nord-Est de notre manoir favori :