Message #46549

Michel Auclair‎ à LES BEAUX CHÂTEAUX ET AUTRES TRESORS DU PATRIMOINE EUROPEEN (via "Facebook")
rédigé le samedi 20 juillet 2019
Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Références culturelles
Bateman’s dans l’East Sussex (Angleterre)

Bateman’s est un domaine situé entre Tunbridge Wells et Hastings, à une dizaine de kilomètres de la Manche. Il est constitué d’un terrain, d’un ancien moulin et d’une maison de style jacobéen (règne du roi Jacques 1er et début du règne de Charles 1er) construite en 1634, on ne sait pas très bien par qui.

A partir de la fin du XIXème siècle, la maison fut transformée en ferme et son état se dégrada d’une façon importante jusqu’à ce que l’écrivain Rudyard Kipling (1865-1936) l’achète en 1902.

A cette époque, il commence à être célèbre et cette célébrité deviendra universelle lorsqu’il recevra le prix Nobel qu’en 1907. La maison étant en piètre état, il peut l’acheter pour une somme relativement modeste avec 13 hectares de terrain.

Kipling, sa femme et ses deux enfants se sont installés dans ce coin paumé pour ne pas être dérangés par des admirateurs ou des journalistes. Kipling refuse le téléphone et les messages urgents arrivent par la poste du village voisin.

La maison est meublée en style jacobéen et ne possède pas l’électricité. Kipling, à la demande de ses enfants, fait installée un groupe électrogène qui fonctionne 4 heures chaque soir.

L’auteur du Livre de la Jungle étant un maniaque de l’heure, les repas devaient être pris à l’heure tapante. Même en absence d’invités, Kipling exigeait une tenue impeccable. De sa jeunesse en Inde, l’écrivain avait gardé le goût des plats épicés, habitude qu’il devra abandonner lorsqu’il souffrira d’ulcères à l’estomac. Selon tous les témoignages, la nourriture était sans intérêt, mais le vin toujours excellent.

Cependant, le train de vie des Kipling n’avait rien de spartiate puisque la maisonnée se composait au moins, de 5 femmes de service, d’une gouvernante et d’un chauffeur pour la rutilante Rolls-Royce.

De nombreux amis et écrivains sont passé à Bateman’s, notamment le plus anglais des écrivains américains, Henry James (1843-1916), ainsi que le colonel Lawrence (1888-1935), le fameux Lawrence d’Arabie. Néanmoins celui dont il se sent le plus proche et qu’il invite dans son bureau — privilège rarissime — est Henry Rider-Haggard (1856-1925). Pratiquement oublié aujourd’hui, cet auteur de romans populaires fut célébrissime en son temps pour son récit « Les mines du roi Salomon » et pour un roman fantastique « She ». L’Afrique était pour Rider-Haggard, ce que l’Inde avait été pour Kipling, avec, peut être, un peu moins de préjugés colonialistes. C’est en tout cas un auteur à redécouvrir.

Lorsque le fils de Kipling, John, fut tué lors de la bataille de Loos-en-Gohelle en 1915, l’atmosphère de la maison devint beaucoup plus sombre, d’autant que c’est Kipling qui avait poussé son fils à s’engager, malgré un myopie importante.

La maison et les jardins sont ouverts tous les jours.

Bateman’s.

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N.D.L.R. : J'aime le bureau. Et le mobilier en bois. Sur le reste, je suis beaucoup plus réservé. Not my cup of tea, too much restored.

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